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Podcast / conversationLe Parisien· 5 octobre 2026 23 minComplaisantActualité / polémiqueJusticeInstitutions & électionsÉconomie & entreprises

[PODCAST] Pourquoi Renault lui a versé 900 000 euros ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 30 %Défensif 70 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 6:58non_speechFait
    « Le contrat il est signé en 2009. Les gens étaient au courant. Personne n'a rien dit. Vous pouvez pas venir nous chercher des noises x années plus tard. C'est prescrit. »

Temps de parole

  • ?99 %

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0:00
Locuteur

Bonjour, c'est Jules Lavie pour Code Source, le podcast [musique] d'actualité du Parisien.

0:09
Non speech

[musique]

0:10
Locuteur

L'ancienne ministre de la justice, Rachid Adati, jugé pour corruption [musique] et trafic d'influence. Le procès s'est tenu du 16 au 28 septembre devant le tribunal de Paris. Les procureurs ont réclamé à son encontre 4 ans de détention dont deux enfermes [musique] sous bracelet électronique, 450000 € d'amende et 5 ans d'inéligibilité. Le jugement sera rendu le 21 janvier. En cause, un contrat passé en tant qu'avocate avec le patron de Renault Nissan Carlos Gon, qui lui a rapporté [musique] 900000 € en 3 ans entre 2010 et 2013. Pour le parquet national financier, Rachid Adati a fait-il également un travail [musique] de lobiliste pour Renault ?

De son côté, l'ancienne ministre clame son innocence et dénonce un dossier vide. Dans code source, aujourd'hui, on résume cette affaire et ce procès avec Timothé Bouteri du service Police justice du Parisien. Timothé, à l'origine de l'enquête judiciaire sur cette affaire, il y a la plainte d'une petite actionnaire de l'entreprise Renault. Rappelle-nous ça. Oui, elle s'appelle Daniel Coutas RLAN. Elle porte plainte en 2019. Ça fait suite aux révélations l'année précédente visant Carlos Gaun, l'ancien PDG de Renault Nissan. Il y a des soupçons de de malversation, de corruption qui ont émergé.

C'est sur cette base-là que cet actionnaire ultra minoritaire constate que potentiellement il pourrait y avoir eu euh des malversation de la corruption en lien avec Rashid Adati. Cette plainte va donner lieu à l'ouverture d'une enquête préliminaire par le parquet national financier puis à l'ouverture d'une information judiciaire. En résumé, de quoi est accusé Rachidati ?

Pour faire très court, on va dire que Rashid Adati a été rémunéré de 900000 € par l'alliance Renault Nissan entre 2010 et 2013 et elle était en parallèle députée au Parlement européen et donc selon l'accusation, elle a servi de cheval de 3 de relais de Renault au sein du Parlement européen et que c'est ça qui justifierait en fait cette rémunération. Ces faits-là sont qualifiés par l'accusation de corruption de trafic d'influence. Elle elle se défend comment ? Toujours en résumé.

Oui, en résumé, elle dit que elle a travaillé pour Renault Nissan, que ses 900000 € sont justifiés par un vrai travail d'avocate et que par ailleurs, elle n'a absolument pas relayé les positions de Renault au Parlement européen et que en gros ces deux activités étaient étanches. Côté justice, c'est aujourd'hui que s'ouvre le très attendu procès de l'ancienne ministre Rachidati au côté de l'expdg de Renault Nissan Carlos Gaun et cela pour corruption. Le procès de l'ancienne ministre de la justice et actuel maire du 7e arrondissement de Paris se tient devant le tribunal de Paris du 16 au 28 septembre. Timothé, elle est comment quand elle apparaît pour le premier jour d'audience ?

Rachida Dadati, elle est très calme. Elle fait aucune déclaration avant son entrée dans la salle. Elle s'installe sur le Strapontin réservé au prévenu à côté de ses avocats et elle ne regarde jamais les autres bancs et elle se retourne jamais vers le public et vers la presse. Elle est vraiment immobile, totalement stoïque. L'ancien patron de Renault Nissan, Carlos Gon, lui n'est pas là. Il est au Liban depuis sa fuite du Japon caché dans une valise le 29 décembre 2019. Oui, on se souvient tous de cet épisode recambolesque. Carlos Gon a été arrêté au Japon. Il a d'abord été incarcéré puis il était en résidence surveillé.

Il a décidé de se soustraire à la justice japonaise en fuyant dans cette fameuse malle pour se retrouver au Liban. Son pays d'origine enfin il est brésilo, libano français. Carlos Gaon. Depuis il est en résidence surveillée au Liban et il fait l'objet d'un d'un mandat d'arrêt en France. Mais la justice libanaise a confisqué son passeport et donc il peut pas se déplacer. Donc on est dans une situation un peu particulière puisque on a un prévenu renvoyé dans le tribunal qui est en fuite dans un autre pays dont il peut théoriquement pas sortir. Et la justice française l'a informé trop tard des dates du procès à Paris.

Il y a eu un glgliot qui a été soulevé d'emblé lors du procès parce que Carlos Gon a envoyé un courrier par l'intermédiaire d'un de ses avocats libanais pour dire je n'ai pas reçu ma convocation en temps en heure, il y a un délai à respecter. Il se trouve que le consulat de France à Beyou avait envoyé une lettre simple et pas une lettre recommandée. On se demande d'ailleurs pourquoi. Qu'il aura fallu beaucoup de temps après moute relance du parquet national financier pour envoyer une lettre recommandée. Carlos Gon évidemment a fait le mort et une fois qu'il a récupéré enfin cette citation, il était trop tard.

Donc il y a eu un débat au départ pour savoir si il fallait renvoyer une audience ou non, s'il fallait disjoindre, c'est-à-dire séparer le cas de Carlos Gone du cadre de Rachi Adati. Finalement, il a été décidé que le procès allait se tenir et que Carlos Gon serait jugé par défaut. Ça veut dire que on le jugerait hors de sa présence.

4:50
Non speech

[musique]

4:53
Locuteur

Le procès permet de se replonger en détail dans cette affaire. Et pour bien comprendre, on remonte le temps. On se replace en 2009. En mai 2007, Rachida Dati, l'ancienne porte-parole du candidat Nicolas Sarkozi, avait été [musique] nommé ministre de la justice. Elle est restée à ce poste 2 ans jusqu'au mois de juin 2009 et à cette période, elle démarche le patron de Renault Nissan. Donc Carlos Gon. Oui. Rachid Dadati déclare que elle avait eu envie à l'époque de diversifier ses activités. Elle explique qu'elle était pas certaine de poursuivre dans la politique, qu'elle en avait un petit peu marre.

Elle a aussi créé une société de consulting et elle a démarché plusieurs entreprises dont Renault, il y a eu un peu un débat au cours de l'instruction de pour savoir si c'était Renault qui avait fait appel à elle ou elle qui avait sollicité Renault et là c'est elle qui a sollicité directement Carlos Gaon et après par un échange téléphonique, ils sont rencontrés et c'est comme ça qu'il y a une une convention qui a été signée en octobre 2009. Mais elle a été élue députée européenne le 7 juin 2009 et en tant qu'euréputée, elle n'a pas le droit de faire du conseil en parallèle de son travail d'élu. C'est interdit. Du coup, que fait-elle ?

Le code électoral indique que la seule possibilité pour elle de conseiller Rena, c'est de devenir avocate. Et donc en fait, sa société de consulting qui a été créée va va jamais avoir d'activité. Elle va être inscrite au barreau. Ça va lui permettre de de pouvoir travailler. Pour l'accusation, c'est un tour de pass en fait. Ils disent que son projet était d'obtenir de l'argent enfin d'être rémunéré de Renault et puis avocate bon bah c'était le seul moyen et donc c'est pour ça qu'elle est devenue avocate. Qui est au courant du contrat de la convention qui est signée par Carlos Gon et Rachid Adati ?

Contrat important puisque Rachid Adati va gagner une forte somme d'argent 300000 € par an pendant 3 ans. Donc 900000 € au total. C'est un peu tout le débat. L'accusation dit euh bah personne n'était au courant à part un tout tout petit cercle de très haut cadre de Renault ce qui fait que c'était dissimuler et ça a son importance puisque ça joue sur la prescription. Les avocats de Rachid Adati disent "Non mais toute cette affaire elle est prescrite." La prescription c'était 3 ans à l'époque. Le contrat il est signé en 2009. Les gens étaient au courant. Personne n'a rien dit. Vous pouvez pas venir nous chercher des noises x années plus tard. C'est prescrit.

L'accusation dit cette convention d'honoraire, elle est confidentielle. Très peu de gens voire même un nombre infime de personnes étaient au courant. Donc c'est dissimulé et à partir de là on se sent légitime à poursuivre et selon nous c'était pas possible de d'engager l'action publique, d'engager des poursuites et donc il y a pas de prescription. Concrètement c'est l'entreprise Renault Nissan qui a payé Rachi Adati. Cette convention elle est signée par une société qui s'appelle RNBV qui est une société néerlandaise et c'est une société qui chapote l'alliance Renault Nissan.

7:35
Non speech

[musique]

7:37
Locuteur

Et dans cette affaire, l'entreprise Renault s'est constituée partie civile, c'est-à-dire qu'elle se considère comme victime dans ce dossier. Timothé, d'après l'enquête, il n'y a pas ou presque pas de trace du travail effectué par Rachidati pour Renault Nissan. C'est ça en fait la convention prévoyait des compte-rendus annuels. Or on n trouve pas trace. Rachidati dit euh "C'est parce que Carlos Gaone était très méfiant depuis l'affaire des faux espions. Il ne conservait rien. Je l'ai vu déchirer une note.

Il préférait des compte-rendus à l'oral." L'accusation va dire "Oui, mais il y a rien du tout, euh, pas un MMO, pas un rendez-vous, euh, pas une note de frais, rien dans vos agendas." Et en fait, il y a clairement des accusations de d'emploi fictif qui sont soutenu par l'accusation. Rachidati, elle répond quoi à ça ? Rachidetti, elle explique que elle a effectivement travaillé, que elle a été missionnée euh sur des dossiers en lien avec le Maghreb et le proche Orient. C'est pour ça que elle avait démarché Carlos G.

C'est pour ça qu'elle a été embauchée, qu'elle a notamment travaillé sur le projet de construction d'une usine à Tanger au Maroc qu'elle a travaillé avec l'Iran sur la question des sanctions internationales. Elle a travaillé aussi en Turquie où il y avait possibilité de boycott de la France suite à des bisbilles entre la France et la Turquie et aussi sur l'Algérie. Et les avocats de l'entreprise Renault, ils disent quoi sur ce qu'a fait Rachid Adati pour l'entreprise ? Bah, ils disent que encore une fois, il y a quasiment aucune trace.

Quand elle indique avoir travaillé euh sur le dossier de l'usine au Maroc, euh au départ, elle a expliqué que c'était euh sur le financement de ce projet alors que le financement a était bouclé auparavant. Et donc, elle adapte ses réponses en disant que désormais, elle a travaillé sur euh sa bonne exécution. Enfin, on est sur des détails mais eux disent voilà, il y a quasiment rien. Vous avez peut-être passé trois coups de fil à des ambassadeurs. Et surtout ce qui est assez important, c'est que les dirigeants de Renault au Maroc, le chef de la région euroméditerranée ont été entendu et indiquent qu'ils étaient pas du tout au courant de l'implication de Rachidati dans ce projet.

Alors, c'est des gens qui sont des opérationnels qui qui ont le nez sur cette construction d'usine qui est évidemment très importante et ils disent "Non mais Rachati absolument pas au courant. Donc ça c'est ça a été vraiment très questionné. Rashid Adati, elle dit "Oui, mais j'ai des attestations de haut fonctionnaires marocains de très haut cad de Renault qui indique que oui, eux ils étaient au courant et que en gros elle intervenait à un un niveau supérieur supraétatique et qui fait que c'était logique que les opérationnels ne soient pas au courant." Mais ça c'est vrai que c'est surprenant et ça a été plusieurs fois remis dans les débats.

C'est une pièce importante de l'accusation de dire vous dites que vous avez travaillé mais les gens qui étaient concrètement en charge de ce projet ont jamais entendu parler de vous. Et les attestations produites par Rachi Adati, elles sont considérées comme flou par le parquet national financier ? Le Parquet national financier dit que ces attestations ne prouve rien, qu'elles ne suffisent pas à pouvoir dire de manière certaine que oui, Rachid Dadati a œuvreté pour Renault et pour des émolumements aussi importants que 300000 € par an. Le lundi 21 septembre, un eurodéputé allemand, un élu vert, vient témoigner et ce qu'il raconte semble mauvais pour la défense de Rachid Adati.

Cet homme, Daniel Freund, avant d'être eurodéputé vert allemand, il a été assistant d'un autre eurodéputé qui a été chargé de mener une enquête, on va dire, déontologique lorsque la presse s'est fait l'écho d'intervention de Rachid Dadati pour le secteur gazier. Et à ce moment-là, Rachidati a expliqué qu'elle était avocate mais que son travail consistait à assister des victimes de violence conjugale notamment et absolument pas à conseiller des grandes entreprises et encore moins celle de Renault. Après les avocats ont pas à dévoiler le nom de leurs clients, c'est aussi le le secret mais elle aurait pu dire qu'elle conseillit des grandes entreprises à minima.

En tout cas, elle indique qu'elle était plutôt sur un domaine privé, civil et absolument pas au conseil de de grandes entreprises. Ce qui pour l'accusation peut nourrir les soupçons de dissimulation qui sont euh au fondement de ce dossier. Oui, parce qu'en tout cas à l'époque en tant quebuté, elle n'a jamais euh signalé cette activité avec Renault Nissan. Non. Alors après, elle indique à juste titre que elle n'est pas la seule député européen qui était avocate, que les avocats ont pas à révéler de leurs clients, ça c'est vrai.

Mais on lui a plusieurs fois dit "Mais quand même, vous auriez pu de vous-même constater qu'il y avait un conflit d'intérêt." Elle dit "Non, mais un conflit d'intérêt, ça ne se présume pas." Elle répète cette phrase, "J'ai toujours bien fait attention. Ça n'avait rien à voir. C'est tout l'objet du procès de savoir si est-ce que elle a vraiment conservé une distance entre cette convention, son travail d'avocat et son mandat." Pason l'accusation. Timothé, tu le disais tout à l'heure, d'après l'accusation, Rachidati a finalement fait un travail de lobbyiste pour Renault Nissan au Parlement européen. Elle a notamment déposé trois questions écrites qui concernent l'automobile.

Est-ce qu'on en sait plus ? Oui, il y a notamment une question écrite euh sur la législation sur le bruit des moteurs. Il y en a deux autres qui concernent l'automobile. Il y a aussi euh une note qui a été retrouvée en 2013 euh dans laquelle euh Rashid Adati fait le bilan de toutes ses interventions sur euh la question de l'automobile. C'est une note qui a été rédigée par son assistant parlementaire. On a aussi trouvé des méos d'une réunion des dirigeants de Renault dans lesquels ils indiquent en quoi Archiadati pourrait leur être utile au sein du Parlement européen.

Et c'est ça qui constitue des pièces de l'accusation pour matérialiser l'exécution du pacte de corruption qui est reproché à Rachid Adati et à Carlos Gon. Rachid Adati, elle répond quoi au sujet de ces questions écrites sur le secteur de l'automobile ? Rachid Adati, elle explique que ces questions écrites n'ont aucun impact sur la législation. Elle dit qu'en gros ça sert à rien, que c'est rédigé par des assistants parlementaires et que ça n'a aucune influence. Elle dit d'ailleurs qu'elle n'a eu aucune influence sur quoi que ce soit au sein du Parlement européen sur les questions de Renault. Elle explique que cette note qu'on trouve en 2013, c'est l'équivalent d'une newsletter.

Elle a elle l'a envoyé personnellement à Carlos Gon parce que c'était son client mais que sinon il l'aurait reçu par ailleurs. L'accusation dit bah non, c'est quand même curieux que vous envoyez un message personnellement à Carlos Gom pour faire le bilan de tout ce que vous avez fait. Selon nous, ça matérialise l'exécution de ce pacte de corruption. [musique] Et au-delà de ce sujet des questions écrites, elle dit clairement qu'elle n'était [musique] pas investie dans son travail d'urodéputé. Oui, elle dit qu'elle y allait peu souvent. On lui a demandé mais pourquoi elle était allée euh se faire élire ? Elle dit "C'était pour moi une bulle de respiration quand j'étais dans le train.

Moi, j'avais pas de polémique parce que je suis très attaqué sinon par ailleurs." Elle parle du Parlement européen comme d'un grand campus international. D'elle-même, elle dit qu'elle est pas très investie. Ça sert aussi sa défense en disant non mais j'ai j'ai vraiment pas servi de de relais de Renault parce que le jeu faisait pas grand-chose d'une part. Ce que je faisais n'avait pas beaucoup d'influence. Donc en fait elle est là pour minimiser au maximum l'impact qu'elle a pu avoir pour se prémunir de cette de ses poursuites pour trafic d'influence.

Par contre, elle explique qu'elle a eu un rôle diplomatique en plaidant la cause de Renault Nissan dans plusieurs pays comme le Maroc ou encore la Turquie. Et elle le dit avec force le mercredi 23 septembre. Rashid Adati, elle explique que son métier c'était pas d'être le né sur la construction de l'usine, mais c'était de pouvoir décrocher son téléphone pour joindre tel au fonctionnaire marocain. Ça va attirer les les mots creris de la partie civile et du manière général. l'accusation et la partie ville disent vous revendiquez votre intervention dans un domaine hyper pointu, hyper technique mais bon en gros vous pouviez pas avoir les compétences pour faire tout ça.

Et là elle s'énerve, elle dit "Oui, je vois bien vous voulez réduire mon travail à on boit le thé entre arabes" et elle dit "Non mais j'ai des compétences, j'ai une expérience, j'ai une personnalité et c'est aussi ça que Renault est venu chercher en venant m'embaucher et en me payant 300000 € par an."

15:15
Non speech

[musique]

15:18
Locuteur

La défense de Rachid Adati, est-ce qu'elle a changé au cours du procès ? On a senti une évolution chez Rachidati les premiers jours du procès. Elle était, on l'a dit, très calme, stoïque. Elle répondait aux questions du tribunal et on l'a senti se se rédire à partir du moment où les questions sont venues du parquet national financier. Déjà, il y a eu des questions un peu plus offensives des juges assesseurs et là avec le parquet, elle s'est rédit. En gros, elle a eu le sentiment qu'on lui faisait un procès en incompétence et donc elle s'est énervé à plusieurs reprises et on a retrouvé une rachette d'Adati dont on se fait l'image.

En tout cas euh grande gueule si je puis dire, une batailleuse, on a retrouvé un peu une Rachid Dadati beaucoup plus goyeuse. On l'a dit, Rachid Dadati était la porte-parole du candidat Nicolas Sarkozi. À ce moment-là, dans les années 2009-2010, Nicolas Sarkozy est toujours président de la République. Est-ce que ça ça a pu jouer dans la décision de Carlos Gon de lui signer un contrat aussi important ? B disons que la question s'est posée, elle apparaît en filigrane et même au moment des réquisitions, le le parking national financier soumet différentes thèses en disant voilà pourquoi Carlos Gone a embauché Rach Dadati.

On vient de l'évoquer, il y a plusieurs hypothèses et le PNF lui-même soulève une thèse, celle de la proximité avec le président de la République. D'ailleurs, le PNF qualifie Rachid Dati de Nicolas Sarkozy et le PNF reconnaît lui-même que cette thèse là n'a pas été démontrée. Mais ça va aussi faire réagir la défense de Rachidti qui dit "Non mais voilà, d'où on vient lui chercher des noises là-dessus ? Elle était proche de Nicolas Sarkozi et alors est-ce que ce serait une infraction en soi d'être proche de l'ancien président de la République ? Le [musique] lundi 28 septembre, les deux procureurs énoncent leur réquisition et ils ont des mots très durs au sujet de Rachidadi.

Oui, ils vont dire que on est sur des faits exceptionnellement graves qui porte atteinte à la confiance que les citoyens peuvent avoir en leurs élus, qu'elle a dévoyé la profession d'avocate, qu'elle a aussi dévoyé son mandat d'élu. Alors ça c'est un argumentaire qu'on retrouve assez fréquemment dans les réquisitions du du parquet national financier devant cette chambre là. L'idée est de dire comment derrière le pacte républicain euh peut être maintenu, peut prospérer quand des élus de cette importance-là se compromette pour de l'argent. Et il parle de trahison et de leur tristesse d'avoir à poursuivre une ancienne garde des saut.

Ils disent "C'est pas de gâté de cœur qu'on poursuit une ancienne ministre de la justice." Les procureurs réclament une peine de détention. Oui, ils disent que la gravité est telle que ils sont obligés de requérir de la prison et de la prise en ferme. Donc, ils vont recueir une peine de 4 ans de prison dont 2 ans avec surcis. Donc, ça fait 2 ans ferme. Et le Parquet national financier indique que cette partie ferme pourra être purgée à domicile avec le port d'un bracelet. Et le parquet national financier indique par ailleurs, non sans une certaine ironie que cet aménagement est possible grâce à une loi qui a été voté à l'époque sous l'égadati, ministre de la justice.

Les procureurs demandent aussi 450000 € d'amende, la confiscation des 900000 € qu'elle a gagné avec Renault et il réclame une peine complémentaire Timothé, une peine d'inéligibilité, une peine avec exécution provisoire, c'est-à-dire avec effet immédiat. Ça veut dire que si le tribunal suivait ses réquisitions, Rachid Dadati perdrait automatiquement son mandat de maire du 7e arrondissement qui est le le seul mandat qu'elle détient aujourd'hui. Le PNF requiert aussi la privation de l'exercice de la profession d'avocat et de toute fonction publique. Et ça c'est important puisque Rachid Adati est magistrate et elle a demandé à réintégrer le corps de la magistrature.

Et là, l'idée des procureurs, c'est de par anticipation l'empêcher de de redevenir magistrate parce que si elle était condamnée à cette peine complémentaire, alors elle ne pourrait plus exercer cette fonction. Des réquisitions très dures. Comment réagit Rachida Dati ? Bah Rachid Dati, comme depuis le début du procès, elle ne regarde absolument pas les procureurs à aucun moment. Elle est droite, elle regarde le tribunal, à plusieurs reprises, elle se tourne vers ses avocats, à elle, mais vraiment, elle ne jette aucun œil à ses accusateurs, tout comme elle n'avait pas réagi lors de la virulente plaido de partie civile des avocats de Renault qui ont été très très combattifs.

Et là encore, elle ne les avait pas regardé pendant toute la plé d'oreille. Que disent les avocats de la défense de Rachid Adati après ses réquisitions ? Alors, ils vont euh indiquer qu'ils sont sidérés par euh la violence de ces réquisitions. Ils vont parler d'une peine de mort civile, euh d'un échafau civil si elle peut plus être ni avocate, ni élu, ni magistrate. Ils vont vraiment euh se battre sur ces réquisitions et aussi ben longuement développer leur pl d'oril en défense pour soutenir la relaxe de leurs clientes qui à leurs yeux n'a commis aucune infraction. Rachid Adati, quels sont ces derniers mots à l'audience ?

Elle va euh dire que ses rquisitions sont condescendantes, que c'est un dénigrement. C'est le sentiment qu'elle a eu en j'ai l'impression tout au long de cette audience et de pas avoir été considérée et elle estime que c'est le cas jusqu'au bout dans les réquisitions. Une nouvelle fois, elle clame son innocence et elle demande d'être jugée pour ce qu'elle a fait et pas pour ce qu'elle est. Timothé, la petite actionnaire de Renault dont on parlait au début de cet épisode de code source, Daniel Coutas repl. Elle n'a pas pu voir l'issue de son combat judiciaire.

Non, puisque elle est morte, donc elle ne pouvait pas être là, mais elle était en quelque sorte représentée par son mari Jean-Paul Baduel qui était présent en tant que partie civile. Une partie civile très contestée par la défense de Rachid Danati, une partie civile aussi contestée par le parquet national financier, mais en l'état du droit, il était présent, il a pu poser quelques questions et lui aussi livrer une plédoirie. Mais c'est vrai que voilà, c'est une présence d'outreetombe au sein de cette salle d'audience. [musique] Et le jugement sera rendu le 21 janvier.

Timothé [grognement] Rachid Adati est inquiété dans trois autres affaires, notamment une affaire comparable avec les entreprises Orange et GDF Suè qui avait été révélé par nos confrères de Libération LOPS et France 2. Rappelle-nous de quoi il s'agit. Il s'agit effectivement du d'une affaire similaire puisque parmi ses clients, il s'avère que Rachidetti avait GDF Suèz. Cette collaboration avec GDF, elle l'avait nié auprès du Parlement européen qu'elle avait nié dans des interviews. Or nos confrères ont retrouvé la trace des factures et des virements. Là aussi, il y a eu des interventions directes au Parlement sur la question gazière et de l'énergie.

Donc on est sur un schéma assez similaire et il y a une enquête en cours qui pourrait donner lieu éventuellement à un autre procès.

21:54
Non speech

[musique]

22:00
Locuteur

On rappelle que Rachid Adati est présumé innocente. Merci Timothé Bouterie. Cet épisode de code source a été produit par Clara Garnier Amourou et Thbo Lambert. Réalisation Pierre Chafangon. Code source est le podcast quotidien d'actualité du parisien. N'oubliez pas de vous abonner pour ne rater aucun épisode et vous pouvez aussi nous écrire codesource@lparisien.fr. [musique] FR. On vous invite également à écouter Crim Story, le podcast fait d'hiver du Parisien présenté par Claudia [musique] Prolonge et Damien Delsoni. Crim story, c'est un nouvel épisode chaque samedi matin.

22:33
Non speech

[musique]