Nous devons garantir un progrès véritable au service de la personne humaine
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:39Invité politiqueFait
« Certains nous feront croire qu'il s'agit de droit à l'avortement, mais le sujet est en réalité beaucoup plus large, beaucoup plus vaste. »
- 1:20Invité politiqueFait
« évidemment dans ces éléments qui sont avancés de manière très affirmée, une violation très grave de la subsidiarité sur laquelle est fondée l'Union européenne »
- 2:04Invité politiqueFait
« Il y a, dans le texte qui nous a été proposé, une expression qui m'a personnellement révolté : l'expression de soi-disant clause de conscience qu'il faudrait écarter ; "the so-called conscience clause". »
- 3:28Invité politiquePromesse
« Nous avons, dans ce texte que nous avons proposé, exprimé notre désir de soutenir, bien sûr, les droits fondamentaux, de soutenir les droits des femmes »
- 4:09Invité politiqueFait
« une manière positive de répondre à cette espèce de provocation à laquelle nous faisons face aujourd'hui, de cette montée d'une vision de plus en plus radicale »
Temps de parole
- François-Xavier Bellamy100 %
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Bonjour à tous, très heureux de vous retrouver depuis le Parlement européen. Aujourd'hui je voudrais vous parler d'un sujet qui a beaucoup occupé les esprits ces derniers jours : il s'agit d'un rapport consacré à la situation des droits sexuels et reproductifs dans l'Union européenne. Derrière ce long rapport Matic, du nom de son auteur, il y a un texte très fourre-tout, dans lequel sont abordés des sujets extrêmement variés, et qui pose, j'en suis convaincu, des problèmes majeurs.
C'est la raison pour laquelle j'ai voté contre ce texte, et c'est la raison pour laquelle avec notre groupe le PPE, nous avons déposé une résolution alternative pour proposer une autre vision de ce que nous croyons être les droits fondamentaux, et notamment les droits des femmes. Ce texte, le rapport Matic, qui aborde les droits des femmes, le fait en réalité avec un prisme idéologique extrêmement radical extrêmement marqué. Certains nous feront croire qu'il s'agit de droit à l'avortement, mais le sujet est en réalité beaucoup plus large, beaucoup plus vaste. On a par exemple dans ce texte l'idée que les femmes devraient... les hommes pardon ! Lapsus révélateur...
que les hommes devraient avoir le droit à la grossesse, qu'un homme devrait pouvoir porter un bébé, l'idée d'un droit à l'enfant, qui est explicitement mentionnée, la revendication d'une extension sans limites des techniques de procréation médicalement assistée à toutes les personnes, quel que soit leur sexe. Or il y a évidemment dans ces éléments qui sont avancés de manière très affirmée, une violation très grave de la subsidiarité sur laquelle est fondée l'Union européenne, une violation des traités européens, et évidemment un mépris complet de la souveraineté des États membres sur ces sujets là.
L'Union européenne n'a pas été créée pour décider de la politique familiale, ou la politique des pays européens en matière de société. Elle a été créée pour que les pays européens puissent se renforcer en construisant des stratégies communes dans la mondialisation ; ça n'a rien à voir avec ce qui est en jeu dans un texte comme celui-ci. Plus grave encore, ce texte revient sur un droit fondamental : sur la clause de conscience qui peut être invoquée, en particulier par des personnels soignants.
Il y a, dans le texte qui nous a été proposé, une expression qui m'a personnellement révolté : l'expression de soi-disant clause de conscience qu'il faudrait écarter ; "the so-called conscience clause".
Comment les pays européens, qui sont les héritiers d'une civilisation millénaire, qui a commencé avec l'Antigone de Sophocle, avec le procès de Socrate, qui s'est continuée avec la tradition judéo-chrétienne, comment les pays européens qui ont traversé au XXème siècle l'expérience du totalitarisme nazi et soviétique, et qui ont payé le tribut le plus lourd pour avoir renoncé à l'idée que rien ne devait être mis au dessus de la conscience, comment les pays européens peuvent-ils laisser un Parlement européen décider que la clause de conscience est une fiction dont il faut se débarrasser ? Il y a là une trahison très profonde de l'idéal européen.
Une trahison de notre droit, du droit de la plupart des États membres de l'Union, mais aussi des textes fondamentaux de notre droit européen, de la convention européenne des droits de l'homme par exemple, il y a là une violation manifeste de cet état de droit dont tant de parlementaires ici ne cessent de parler avec des trémolos dans la voix, mais qu'ils violent ensuite de manière éhontée lorsqu'ils votent un rapport comme celui-là. Je suis très fier que nous ayons avec notre famille politique déposé une résolution commune ; ça a été un long travail, que nous avons mené ensemble pour aboutir à une position claire.
Nous avons, dans ce texte que nous avons proposé, exprimé notre désir de soutenir, bien sûr, les droits fondamentaux, de soutenir les droits des femmes, exprimé la nécessité que l'Union européenne soutienne les familles, parce qu'elle n'aura pas d'avenir si elle ne soutient pas les familles ; exprimé le fait que nous avons confiance dans les familles et dans les parents pour pouvoir prendre leur responsabilité dans l'éducation de leurs enfants ; exprimé la nécessité de respecter les traités, de respecter les compétences des États membres en matière de subsidiarité. Et nous avons affirmé sur tous ces sujets là nos convictions et notre engagement.
Et il s'agit pour moi d'une manière positive de répondre à cette espèce de provocation à laquelle nous faisons face aujourd'hui, de cette montée d'une vision de plus en plus radicale, de plus en plus sectaire aussi, idéologique ; une manière de détourner la cause de ces droits fondamentaux pour les retourner contre notre Constitution, mais aussi contre les traités européens, et contre, encore une fois, ce que je crois être le lieu de notre liberté fondamentale, c'est à dire notre conscience.
Nous voyons se dérouler aujourd'hui dans le monde universitaire, dans le monde médiatique, dans le débat public, nous voyons sous nos yeux s'accomplir la montée d'une forme d'agenda idéologique très radical qui menace nos libertés les plus fondamentales, et la liberté de conscience en fait partie. Je suis extrêmement triste et déçu que cette résolution alternative que nous avions proposée n'ait pas reçu de majorité. Ce soir, selon toute probabilité, le rapport Matic sera adopté, ici au Parlement européen. Je voterai bien sûr contre. Notre groupe, le PPE, a indiqué qu'il voterait contre, et je crois que c'était nécessaire.
Maintenant, il nous reste à travailler pour reconstruire, pour reconstruire une vision plus positive de ces droits fondamentaux, et pour réussir à l'emporter contre cet agenda idéologique désastreux auquel tant, malheureusement, y compris parmi nos nos collègues français des autres groupes politiques, semblent prêter leur concours. Je ne manquerai pas de vous reparler bien sûr de ces questions. Nous y reviendrons. En attendant, merci. Je sais que beaucoup d'entre vous nous ont écrit, beaucoup se sont inquiétés de ce qui était en train de se produire.
Je partage cette inquiétude, et je partage surtout l'espoir de voir notre débat public retrouver le sens d'abord des vraies urgences, des véritables priorités, et le goût de la liberté, le respect authentique des droits fondamentaux, et le souci d'un progrès véritable au service de la personne humaine. Merci encore et à très bientôt.
François-Xavier Bellamy