Bayrou : la chute
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
- C.Roux: F.Bayrou a tenu son cap jusqu'au bout.
Il savait que son sort était scellé, mais il a tenu à donner de la gravité à ce moment politique, renvoyant dos à dos ceux qui ont choisi de lui opposer la confiance. Les oppositions politiques sont déjà dans la presse, entre offres de services et lignes rouges. - L'affluence des grands jours à l'Assemblée nationale, cet après-midi.
Journée historique dont l'épilogue sera très certainement la chute du gouvernement ce soir, malgré les derniers efforts du Premier ministre. - F.Bayrou: Le plus grand risque était de ne pas en prendre, de laisser continuer les choses sans que rien ne change, de faire de la politique comme d'habitude, de faire durer sans prendre les décisions qui s'imposent jusqu'au moment où l'irréparable est là et où on arrive au bord de la falaise. - A la tribune, l'opposition ne fait pas de quartier et enfonce le bilan du Premier ministre, qui n'a même pas pu compter sur ses alliés du socle commun. - L.Wauquiez: Si vous aviez écouté la France qui travaille, vous auriez aujourd'hui le soutien unanime des députés de la droite républicaine.
Tel n'a pas été le cas. - B.Vallaud: Ce vote n'est pas un acte de courage, c'est une dérobade.
Face à l'adversité, vous vous résignez. Face à la difficulté, vous reculez. Face à la responsabilité aujourd'hui, vous vous effacez. - F.Bayrou a pourtant essayé de changer l'issue du jour dans une ultime ligne droite.
Tournée d'adieux sur un nombre incalculable de plateaux ce week-end, toujours dans une ambiance très tendue. - F.Bayrou: Vous faites des commentaires de dessins animés.
Vous ne décrivez pas la réalité. Cette manière désobligeante de présenter les choses...
Vous ne comprenez pas que c'est gênant pour ceux qui vous écoutent? - A gauche comme à droite, on prépare déjà l'après-Bayrou. Ce week-end, M.Le Pen a fixé ses conditions à une non-censure du prochain gouvernement. - M.Le Pen: Nous avons répété qu'il était illusoire de prétendre résoudre l'équation budgétaire de notre pays sans s'attaquer aux 4 grands tabous que sont l'immigration, le train de vie de l'Etat, les fraudes de toute nature, sociale, fiscale, et la contribution de la France à l'UE. - J.-L.Mélenchon enjambe déjà F.Bayrou, son futur successeur, et même le président de la République. - J.-L.Mélenchon: Le 10, nous bloquons tout pour faire partir monsieur Macron lui-même car c'est lui qui est le responsable de la crise.
Nous ne sommes candidats à aucune autre place sinon à la 1re pour tout changer. - Le scénario le plus probable reste pourtant la désignation d'un nouveau Premier ministre issu du socle commun. Parmi les favoris, 4 ministres: G.Darmanin, S.Lecornu, E.Lombard, C.Vautrin et un outsider, X.Bertrand.
Ce dernier pourrait bénéficier de l'indulgence du PS qui, décidément, se place au centre du jeu. O.Faure veut incarner l'alternance à Matignon et a reçu hier le soutien de F.Hollande. ...
Une hypothèse rejetée par le ministre de l'Intérieur et patron de LR, B.Retailleau. - B.Retailleau: Ce qui a fait le plus de mal à la France, c'est le social-étatisme.
Ecoutez le discours de Blois et monsieur Faure. Vous savez ce que c'est? Ca tient en 3 actions.
Tout ce qui bouge, on le taxe. Ce qui bouge encore, on le réglemente. Ce qui ne bouge plus du tout, on le subventionne. - Très attendu, E.Macron pourrait s'exprimer prochainement, peut-être dès demain, sur la situation politique du pays avant la journée de blocage de mercredi. - C.Roux: Nous allons revenir sur ce que peut faire E.Macron.
D'abord, cette question. On a beaucoup de questions de cette tonalité des spectateurs de "C dans l'air". Ce qui est en train de monter, c'est aussi ça? - C.Barbier: Les Français sont en train de percevoir le grand écart ahurissant, comme on n'en a peut-être pas connu depuis 1958, entre les ambitions personnelles de 2027 et l'urgence du moment, l'intérêt général.
Ca commence à se voir beaucoup. Dans les moindres prises de parole, comme celle d'E.Philippe...
Il pense qu'avec une dissolution, il y aura un chaos supplémentaire et que ce sera plus simple. La droite LR, réduite par une dissolution, devra faire venir quelqu'un de populaire, par exemple lui-même. L.Wauquiez se dit qu'il peut être poussé par une union des droites.
Chacun fait du calcul en fonction de 2027. Ca se voit fort parce que c'est revendiqué et assumé chez LFI et chez le RN, mais c'est vrai dans tous les partis et les Français s'en rendent compte. Là, ça donne un moment de crise civique où la défiance va s'exprimer d'une quelconque manière.
La colère est ce que J.-L.Mélenchon appelle de ses voeux.
La colère, c'est soit par les urnes, la dissolution, soit par la rue. On va prendre un exemple avec le 10. On aura peut-être un 2e exemple le 18 avec la grande grève encadrée par les syndicats.
On peut aussi avoir des exemples spontanés comme le modèle des "gilets jaunes" l'avait montré. - A.Rosencher: Il y a un burn-out politique en France.
A la fois un intérêt, les gens s'y intéressent parce qu'on sent que l'heure est importante. Temps, un dépit face à ce qu'ils ne considèrent pas comme étant à la hauteur. S'il y a une chose qui monte dans le reproche adressé aux hommes et femmes politiques, c'est leur manque de sincérité.
C'est comme si, avec les années, la communication avait tellement pris le pas parfois sur la politique...
Et des logiques de draguer sa clientèle avec ce fameux RN qui leur permettait d'être élus au 2e tour et de n'avoir qu'à atteindre le 2e tour pour pouvoir être élus...
Ils ont oublié de s'adresser à la majorité des Français. Ils se sont contentés de chauffer à bloc leur électorat, ce qui donne cette espèce d'impression de théâtre où les gens s'invectivent, ne s'écoutent plus...
On a l'impression qu'il y a des France irréconciliables. Je pense que les France ne sont pas si irréconciliables que ça mais que les politiques ne sont pas à la hauteur. - C.Roux: Certains considèrent qu'il y a des compromis possibles.
C'est le cas de G.Attal. Il propose un accord d'intérêt général pendant 18 mois pour faire face aux échéances, notamment le vote du budget.
On a ces propositions qui plaisent aussi aux gens qui nous regardent, qui consistent à dire: on met sur pause, on s'entend et on travaille ensemble. Aujourd'hui, vu l'état du pays, c'est impossible. C'est ce qu'ont essayé F.Bayrou et M.Barnier? - M.Siraud: Les Français demandent aux hommes et femmes politiques de s'entendre.
Or, on voit depuis la dissolution qu'on a un paysage politique qui n'a jamais été aussi fragmenté. Il y a aussi tous les calculs politiciens et les postures qui monopolisent tout en vue de l'élection présidentielle. Ca empêche tout compromis et tout dialogue.
On peut peut-être tirer les leçons des échecs de M.Barnier et F.Bayrou.
Est-ce qu'à un moment donné, il ne peut pas y avoir
Bruno Retailleau