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Conférence de presseLe Média (sur YouTube)· 26 avril 2019 8 minActualité / polémiqueRetraitesInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

CONFÉRENCE DE MACRON : DROIT DANS SES BOTTES, DROIT DANS LE MUR

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:45Emmanuel MacronPromesse
    « La CAF pourra prélever les pensions alimentaires impayées directement sur le compte des conjoints défaillants. »
  • 1:35Emmanuel MacronFait
    « Cette réforme n'a pas été la suppression de l'impôt sur la fortune. Elle a conduit à créer un impôt sur le patrimoine immobilier, qui continue, au même taux, à taxer les détentions immobilières de nos concitoyens. »
  • 3:55Emmanuel MacronPromesse
    « Un nouvel acte de décentralisation qui confierait de nouvelles compétences aux collectivités territoriales. »
  • 6:35Emmanuel MacronPromesse
    « Il sera toujours possible de partir à 62 ans. Mais avec une décote accrue. »
  • 7:15Emmanuel MacronFait
    « Je veux réussir, furieusement, passionnément, ce mandat. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Un p’tit coup de Bourbon spécial ce soir, puisque ce numéro 30 sera intégralement consacré à la conférence de presse du Président de la République. Mais nous vous raconterons aussi pourquoi nous n’avons pas pu assister à cette fameuse conférence. Lâcher juste ce qu’il faut pour sauver tout le reste.

C’était l’équation de cette première conférence de presse présidentielle. Car Emmanuel Macron l’a reconnu lui-même, les Français ne lui passeront rien. Au fond ce moment, il m'a convaincu d'une chose : c'est que je n'aurai pas de répit.

De fait, le président a lâché des miettes. Il est prêt à envisager de surseoir à la suppression de 120 000 fonctionnaires. Il veut bien simplifier le référendum d’initiative partagée en abaissant à un million le seuil de signatures des citoyens.

Il réindexera toutes les retraites en 2021, La CAF pourra prélever les pensions alimentaires impayées directement sur le compte des conjoints défaillants. Mais, pour tout le reste, c’est non. Le référendum d’initiative citoyenne : Tel qu'il est proposé, il me semble remettre en cause notre démocratie représentative.

La reconnaissance du vote blanc qui ramènerait vers les bureaux de vote les électeurs insatisfaits par l’offre politique. A juste titre, les gens qui votent blanc nous disent : "je veux être entendu, je veux que ce soit pris en compte." Est-ce qu'il faut lui donner une reconnaissance particulière, j'ai un moment été tenté par cette option, j'y ai beaucoup réfléchi, et je ne la retiendrai pas.

Je ne la retiendra pas parce que, au fond la crise de notre démocratie est aussi une crise d'efficacité, de capacité à prendre les décisions. Alors on peut avoir des projets, dont aucun ne nous plait totalement à une élection. Mais on doit choisir, parfois le moindre mal, ou le mieux possible.

Le rétablissement de l’ISF : Je veux d'abord dire que cette réforme n'a pas été la suppression de l'impôt sur la fortune. Elle a conduit à créer un impôt sur le patrimoine immobilier, qui continue, au même taux, à taxer les détentions immobilières de nos concitoyens, mais elle a supprimé la partie du patrimoine qui était investie dans l'économie. pour faire quoi ? pour encourager l'investissement en direction de l'économie réelle, de la recherche, des usines, de la production.

Parce que s'il n'y a pas d'investissement national, il n'y a pas d'économie. Ou alors, il y a une économie qui se vend aux investisseurs étrangers. Et notre pays y est oh combien sensible.

Cette partie de la réforme, je juge de mon devoir de la défendre. Voilà pour le concret. Sans doute encore habité par l’esprit des bâtisseurs des cathédrales qu’il exaltait au lendemain de l’incendie de Notre-Dame, le chef de l’État s’est montré prodigue en chantiers.

Chantiers dont l’avantage est de remettre à plus tard les promesses. Pêle-mêle ont donc été évoqués La réforme constitutionnelle qui abaissera le nombre d’élus et verra 20 % de ces derniers être élus à la proportionnelle. Un nouvel acte de décentralisation qui confierait de nouvelles compétences aux collectivités territoriales.

Mais avec quel financement ? Au rayon des gadgets, le chef de l’État avait également de la ressource. 150 citoyens tirés au sort siégeront dès juin au Conseil économique, social et environnemental.

Pour quoi faire ? On ne le sait pas. Citons encore la création de maisons France services dans chacun des 2 000 cantons de France.

Encore un effort et le président redécouvrira à quoi pouvaient bien servir les mairies. Après la carotte, ce fut le bâton. La baisse de l’impôt sur le revenu à hauteur de 5 milliards, comme la rumeur en circulait, est confirmée.

Mais pour payer moins d’impôts, eh bien, il faudra travailler plus. J'ai dit, en effet on doit travailler davantage. Là dessus, nous devons regarder notre société.

Je le disais toute à l'heure rapidement. Quand je nous regarde et je nous compare à nos voisins, ou aux autres pays de l'OCDE, on travaille moins par rapport à la vie tout entière, et on travaille moins rapporté à l'année. Et toutes les études économiques le montrent, le différentiel que nous avons de création de richesses et donc de revenus pour nos concitoyens, il est lié à ce travail en moins.

Si on se compare aux allemands sur les 15 dernières années, si on se compare aux américains. Donc bien souvent, on veut dire "baissez nos impôts", mais pas travailler plus. Alors après, comment le faire ?

Travailler plus, ça peut se faire d'une autre manière. C'est d'allonger la durée de cotisation et de laisser le libre choix. Ce qui est d'ailleurs au coeur du projet qui est porté par Jean-Paul Delevoye Jean-Paul Delevoye le dit lui-même : il dit, le point d'équilibre de notre régime de retraite, il est aux retours de 64 ans.

Et quand je regarde aujourd'hui ce que font nos concitoyens, ils partent pas tous à 62 ans. Même de moins en moins. Ils vont plutôt vers 63, 64 ans, parce qu'ils ne veulent pas la décote, qui va avec le système.

Et donc, ce sur quoi peut travailler le gouvernement avec le parlement, c'est de regarder si on peut allonger la période de référence, sans bouger l'âge légal, pour avoir un système de décote, qui incite à travailler davantage. Mais sans forcer tout le monde. Il sera toujours possible de partir à 62 ans.

Mais avec une décote accrue, puisque le grand projet, c’est d’allonger la période qui permet de partir avec une retraite à taux plein. Un vrai tour de passe passe. Et si l’on rajoute à cette mystification l’instauration de la retraite à points – point dont la valeur pourra varier au gré de la fantaisie du gouvernement - on devine aisément que nos vieux jours seront placés sous le signe de la misère.

La destruction du pacte social se poursuit. C’est une véritable déclaration de guerre J’assume pleinement de ne pas avoir cédé, durant les deux premières années, sur ce qui était, et ce qui demeure, le coeur du projet que nous portons et que je crois très profondément bon pour le pays, très profondément. Je crois que la colère qui s'est exprimée, n'est d'ailleurs pas le fruit de ces réformes.

Je l'ai dit, et j'ai essayé de la qualifier toute à l'heure, je pense qu'elle est le fruit d'une méthode qui n'était pas la bonne, résolument, qu'elle était le fruit d'une manque d'humanité, mais j'en prends ma part de responsabilité, mais qu'elle est le fruit aussi d'échecs enfouis depuis très longtemps, d'hypocrisies passées, et en quelque sorte, du fait qu'on a laissé notre pays, depuis des décennies il faut bien le dire, avec les structures, les habitudes, l'organisation qui avait été bâtie la deuxième guerre mondiale, alors que, le monde, lui, avait profondément changé, que la vie familiale était bousculée, que le monde du travail avait changé, en disant, on va s'ajuster, vous allez vous adapter. Je me fiche de la prochaine élection. Je veux réussir, furieusement, passionnément, ce mandat.

Je veux le réussir. Et pour le réussi, je dois assumer, sans doute, de prendre d'autres décisions qui seront impopulaires, ou difficiles. Quant aux gilets jaunes, le président de la République ne leur concède plus aucune légitimité.

Ce mouvement a ensuite été récupéré, nous l'avons tous vu, par les violences de la société. L'antisémitisme, l'homophobie, les attaques contre les institutions, les journalistes parfois, les forces de l'ordre. Aujourd'hui, l'ordre public doit revenir, avant tout.

Je ne cède rien à ceux qui détruisent les institutions, veulent le pire, au fond, veulent l'émeute, et ne manifestent même plus. Ceux là dont vous parlez, qui ont ces pancartes, très sincèrement, ils peuvent les avoir très longtemps, ça ne m'émeut pas, ça ne m'émeut pas. Ça passe ou ça casse, voilà la philosophie réelle de l’entreprise présidentielle.

Aux Français de dire maintenant s’ils entendent laisser se poursuivre cette politique. Comme nombre de nos confrères nous avons voulu nous faire accréditer pour assister à la conférence du président. Hélas, un étrange bug informatique est intervenu.

Nous vous proposons d’écouter le déconcertant échange téléphonique que nous avons eu avec le service de presse de l’Élysée à ce sujet. Il vous est proposé juste après cette vidéo. On ne sait si l’on doit en rire ou bondir d’indignation.

À vous de juger. Les deux options peuvent être retenues, bien sûr.