[DIRECT] Mathilde Panot, présidente du groupe LFI | LCP, Lundi C'est Politique - 16/02/26
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Le climat politique se tend à un mois des municipales et à un tout petit peu plus d'un an de la présidentielle. Mathilde Panot est l'invité de LCP, lundi c'est politique. Bonsoir et merci d'être avec nous comme tous les lundis soirs. Bonsoir Mathilde Panot.
Bonsoir.
Je salue la présence ce soir sur le plateau pour vous interroger à mes côtés. Dervé Gattegnaud pour Radio Classique, bonsoir Hervé. Gaël Mack de Chalange, bonsoir Gaël. Clément Méric pour LCP, bonsoir. Bonsoir. Hugo, bonsoir. Hugo Couturier, Hugo Perchoir qui relaie cette émission en direct sur la chaîne Twitch LCP Assemblée Nationale et qui remontera toutes les questions, les commentaires à votre attention. Et puis en fin d'émission avec notre invité nous prendrons le temps de débattre sur le sujet de la fin de vie qui revient en débat à partir d'aujourd'hui à l'Assemblée Nationale. La droite a complètement détricoté le texte au Sénat mais ça on y reviendra aussi un petit peu avant.
D'abord l'événement qui fait débat depuis quelques jours maintenant, la mort de Quentin de Ranque, 23 ans, étudiant à Lyon. Il a été passé à tabac dans la rue jeudi soir au moment où se tenait une réunion de Rima Hassan à Sciences Po. Depuis l'annonce de la mort de ce militant identitaire avant-hier, les thèses se sont succédées. Le collectif d'extrême droite Némésis a immédiatement accusé le mouvement Antifa, la jeune garde, d'être responsable d'une opération de lynchage. Pour le ministre de l'Intérieur, il n'y a aucun doute que c'est l'ultra-gauche qui est derrière ce drame. Cet après-midi, le procureur de Lyon a fait le point sur l'enquête.
Une enquête criminelle des chefs d'homicide volontaire et une enquête délictuelle pour violences aggravées par trois circonstances. Les trois circonstances, c'est Réunion, Masqué et Porteur d'armes. Et du chef d'association de malfaiteurs en vue de commettre un délit puni de cinq ans d'emprisonnement a été confié au service de police de Lyon, de la division criminelle territoriale.
Mathilde Panot, voilà la première déclaration du procureur de la République. Est-ce que vous vous attendiez à plus d'éléments ?
Non, je crois que le procureur de la République a essayé d'être factuel et je me permets de commencer, M. Letellier, en adressant, comme l'a fait Jean-Luc Mélenchon hier, toutes nos pensées et notre compassion à la fois pour la famille et les proches de Quentin avec une condamnation qui a été une condamnation extrêmement claire de notre mouvement politique puisque vous n'aurez jamais entendu aucun dirigeant insoumis et aucun député insoumis appelé à la violence. Et je suis très choquée de la manière dont on essaye de marginaliser la France insoumise en nous faisant peser la responsabilité.
Je veux le rappeler d'abord, puisqu'il est souvent dit que c'était en marge d'une conférence qui a été tenue par Rima Hassan. Ni la France insoumise, ni encore moins Rima Hassan, ni notre service d'ordre n'ont été au contact d'aucun problème lors de cette conférence qui se tenait à Sciences Po Lyon. Donc la France insoumise là...
– Vous dissociez ce qui s'est passé de la conférence de Rima Hassan.
– Ah oui, tout à fait. Et d'ailleurs, vous remarquerez que le procureur, lui, ne fait pas de lien avec ce qui s'est passé. Par contre, je veux le dire aussi très clairement, à ceux qui nous accusent d'avoir une responsabilité morale, alors vous remarquerez qu'au départ, nous avions une responsabilité directe, puis depuis, c'est devenu une responsabilité morale. Je rappelle que garantir l'ordre public dans ce pays est la responsabilité unique et uniquement du gouvernement. Et nous avons alerté depuis des années sur la manière dont, à la fois nos rassemblements, nos meetings, nos manifestations étaient attaqués par des groupes d'extrême droite.
Et vous remarquerez que lorsque, par exemple, Federico Martina Ramburu, ce rugbyman qui a été tué directement en pleine rue par balle par des militants du GUD à trois semaines de l'élection présidentielle, vous remarquerez que le président de la République ne s'était alors pas une fois exprimé sur ce meurtre et cet assassinat, puisque cette fois-ci, c'était un assassinat, et que nous avons depuis 2022 11 personnes qui ont été tuées par l'extrême droite. Donc, moi, je le dis, il y a alerte dans ce pays. Ça va mal finir, ça va mal finir si on laisse la violence dégénée.
Alors, d'abord, une question, Hugo. Oui, Madame Panot, selon nos confrères de Mediapart, les renseignements territoriaux étaient avertis depuis plusieurs jours du projet d'action de Nemesis devant l'IEP. Pour autant, aucune présence policière visible n'a été déployée aux alentours du bâtiment. Est-ce que le ministre doit s'expliquer devant les députés sur cette absence de sécurité ?
Oui, bien sûr. Et d'ailleurs, je vous avais pris effectivement cet extrait de Mediapart, parce que je crois qu'il pose des questions très importantes. À partir du moment où les renseignements territoriaux étaient au courant, et où, y compris dans un communiqué sans spolion, lui-même dit « L'établissement a tout mis en œuvre pour assurer la sécurité des personnes et des biens dans l'ordre de la venue de Rima Hassan », les différents services de l'État, je cite toujours le communiqué, ont été informés en amont de la tenue de cette conférence et à chaque étape de son organisation. Des agents de sécurité et la direction de l'établissement étaient présents pour prévenir tout débordement.
Donc oui, il y a une question de savoir pourquoi est-ce que la préfecture, la police n'était pas là pour assurer que...
Attendez, quand vous dites qu'il y a une question, c'est une question au ministre de l'Intérieur ?
Oui, bien sûr.
Donc vous demandez que Laurent Nunez rende des comptes ?
Mais vous comprenez que, par exemple, en décembre 2022, M. Le Tellier, que s'est-il passé ? Il s'est passé quelque chose qui aurait pu conduire à un drame similaire. En décembre 2022, vous avez deux députés insoumis qui se trouvent à la faculté de Bordeaux. Et lorsqu'ils tiennent une conférence avec des étudiants dans un amphithéâtre, notre service d'ordre est attaqué par des personnes qui sont cagoulées, qui sont armées de barres de fer. Et fort heureusement, notre service d'ordre a réussi à les repousser. La police est venue une demi-heure après et n'a même pas contrôlé ces militants qui se trouvaient de l'autre côté de la rue. Non, non, il y a une question qui est posée.
Nous sommes à un an...
Une question à qui ?
Mais au gouvernement, M. Le Tellier. Nous sommes à un an d'une échéance électorale qui est extrêmement importante dans notre pays. Nous sommes à un mois des élections municipales. C'est au gouvernement de pouvoir garantir les conditions démocratiques d'un débat démocratique qui puisse se tenir et pour éviter ce type de drame.
Ça veut dire quoi concrètement ? Que le ministère de l'Intérieur doit envoyer des policiers à tous les meetings ?
Mais quand vous savez que... Je ne sais pas, je vous pose la question. Par exemple, quand vous savez que Rima Hassan est multi-menacée par l'extrême droite, quand vous savez que la nuit de vendredi, nous avons au moins 10 locaux de la France insoumise et permanence parlementaire qui ont été dégradée. Qu'aujourd'hui, nous apprenons que notre tête de liste, candidat au Lila, a eu sa maison personnelle dégradée et taguée. Que nous sommes, nous, députés insoumis, des dizaines à être menacés de mort, au point que certains ont dû déménager tant ils étaient menacés de mort par l'extrême droite. Oui, j'estime que c'est au gouvernement de prendre des mesures pour faire en sorte...
Mais concrètement, quelles mesures ?
Par exemple, faire en sorte que... C'est exactement les questions que Mediapart pose. Pourquoi est-ce qu'il n'y avait pas de dispositif...
Non mais pour les autres cas, quelles mesures vous demandez ?
Pourquoi est-ce qu'on laisse... Vous savez, nous, par exemple, nous n'allons pas dans les meetings de l'extrême droite jamais. Nous n'y allons pas. Pourquoi est-ce qu'on laisse des groupuscules d'extrême droite venir systématiquement à nos meetings ? Pourquoi est-ce qu'on laisse des personnes venir cagouler près de nos meetings et de nos conférences avec des armes ? Pourquoi ? Vous comprenez que c'est une question qui se pose.
Non mais ce que je ne comprends pas, moi, c'est ce que vous demandez concrètement à Laurent Nunez. Est-ce qu'il doit envoyer des policiers partout ?
Je demande qu'on sécurise la démocratie. Mais comment ? Mais si par exemple... Je vais reprendre, monsieur le défi. Mais non, mais non, je ne comprends pas. J'ai l'impression d'être très claire. Non, mais ça ne l'est pas.
Est-ce qu'à chaque meeting, il faut des policiers ? C'est tout simplement ça.
Mais pas à chaque meeting, mais dans les meetings, lorsque, par exemple, vous avez l'IEP qui accueille, qui dit lui-même qu'ils ont alerté les renseignements territoriaux, qu'ils ont alerté la préfecture, oui, il faut un dispositif policier visible, qui est dissuasif et qui permet de s'assurer que de tels drames ne puissent pas se produire.
Alors vous savez que depuis cette affaire, il y a l'un des collaborateurs parlementaires de Raphaël Arnaud, Jacques-Élie Favreau, qui a été pointé du doigt par l'extrême droite. Il s'est mis en retrait le temps de l'enquête. Yael Brunpivet, la présidente de l'Assemblée, lui a interdit ensuite l'entrée à l'Assemblée nationale. C'était une bonne décision ? C'est la décision qu'il fallait prendre ?
C'est une décision sans objet, M. Le Tellier. Je ne vais même pas polémiquer sur cette décision. C'est pas une polémique, juste il prend lui cette décision. Oui, mais polémiquer avec Yael Brunpivet, pas avec lui. Ah, d'accord. C'est une décision sans objet, puisque lui-même a assuré qu'il se mettait en retrait de toute son activité. Il a pris la bonne décision ? Je pense que de toute façon, ce n'est pas possible autrement, puisqu'il est menacé de mort partout en Europe et en France, donc il ne peut pas aider dans son travail parlementaire. Raphaël Arnaud, ça c'est la première chose.
Et la deuxième chose, c'est que vous êtes au courant qu'il y a une enquête sur un sujet extrêmement sérieux et que donc cette enquête doit déterminer les responsabilités. Donc je trouve ça effectivement responsable de faire cela. Pour aller plus loin. Mais il faut noter quand même que Yael Brunpivet, même si je ne veux pas polémiquer, n'a pas pris les mêmes décisions vis-à-vis, par exemple, du collaborateur RN qui vient juste de menacer de mort quatre insoumises et à sa traorée, notamment Sofia Chikirou, Rima Hassan, qui devaient tenir un meeting à Paris.
– Il n'a pas été viré ?
– Non, il a été mis à pied par le RN, mais il n'a pas eu de décision similaire de Mme Yael Brunpivet.
– Vous dites qu'il y a un deux poids de mesure, c'est ça que vous voulez dire ?
– Oui, mais on est habitué avec Yael Brunpivet, qui est celle, la présidente de l'Assemblée, je le rappelle, qui a donné le plus de sanctions de toute l'histoire de l'Assemblée nationale, de toute l'histoire de la Ve République, cumulée en une seule présidence.
– Revenons à la jeune garde. – Nous avons l'habitude de cela. – Le mouvement antifa en cours de dissolution, parce qu'il y a eu un recours devant le Conseil d'État, créé donc par Raphaël Arnaud, qui est un député, qui siège dans votre groupe, le groupe dont vous êtes la présidente. Il a toujours sa place dans vos rangs ?
– Alors, je vais être très claire, Raphaël Arnaud siégeait à l'Assemblée nationale au moment où Rima Hassan tenait sa conférence, et au moment où il y avait donc… – C'est pas ça ma question ? – Ah oui, je vais vous répondre très clairement. Raphaël Arnaud n'a rien à voir avec cela. Raphaël Arnaud était effectivement le porte-parole de la jeune garde, il en a été le créateur. La jeune garde est aujourd'hui dissoute, vous l'avez dit. – En cours, il y a un recours au Conseil d'État. – Ah non, elle est dissoute. Ah bah non, mais tant que le recours n'a pas eu lieu, elle est dissoute, de fait. – Ce n'est pas suspensif. – Ce n'est pas suspensif.
Et le recours devait avoir lieu, devait être examiné justement la semaine dernière. La date a été repoussée, donc le Conseil d'État statuera quand il le voudra, mais aujourd'hui, la jeune garde n'existe pas.
– Donc Raphaël Arnaud a toute sa place dans votre groupe.
– Oui, tout à fait. Et n'a rien à voir avec cela, je le répète. Et je veux d'autant plus le dire que la jeune garde est un mouvement antifasciste qui a principalement contribué, si on regarde ce qu'ils ont fait, donc qui est né justement à Lyon, puisque Lyon détient le triste record du nombre d'agressions d'extrême droite de tout le pays. Il y a 102 faits de violence de l'extrême droite à Lyon entre 2010 et 2025, ce qui est quand même énorme. Donc elle a été créée justement par cela. Et le principal fait qu'a fait la jeune garde, c'est de faire fermer des locaux dans lesquels s'organisait justement une extrême droite extrêmement violente.
Et je ne crois pas que la jeune garde serait d'accord un seul moment avec les images qu'on a vues qui sont terrifiantes, c'est-à-dire de taper quelqu'un qui est d'ores et déjà à terre. Ça, ce ne sont pas des méthodes d'autodéfense.
– Je reviens d'un mot sur Raphaël Arnaud. Demain, il y aura les questions au gouvernement, séance importante. Raphaël Arnaud sera présent à l'Assemblée nationale ?
– Eh bien, je ne sais pas, mais je ne suis pas sûre. Je ne sais pas.
– Vous souhaitez qu'il soit là ?
– Je ne souhaite pas forcément, non. Je ne vois pas pourquoi j'infligerais une violence telle. Je pense que demain, les questions au gouvernement vont être extrêmement violentes. Je pense par ailleurs que la manière dont ce drame est instrumentalisé est lamentable politiquement et vise encore une fois à marginaliser le mouvement de la France insoumise pour restreindre des libertés publiques. Pourquoi pas nous interdire un jour ? – Qu'est-ce que vous craignez ? – Je vais alerter là-dessus.
Je vais alerter parce que c'est très grave d'instrumentaliser un fait aussi dramatique soit-il pour derrière restreindre des libertés politiques, pour derrière décrédibiliser un mouvement politique qui, encore une fois, n'a rien à voir avec cette violence-là.
– Qu'est-ce que vous craignez des questions au gouvernement de demain ?
– Eh bien, je crains ce qui est dit sur toutes les antennes par à la fois l'extrême droite, la droite, certains macronistes qui visent à nous présenter comme des assassins. Vous savez, nous sommes dans un moment... – Vous pensez que toutes les questions vous tourneront autour de vous ? – Je pense qu'il y aura beaucoup de questions qui tourneront autour de nous, mais bon, il y a une obsession dans ce pays et autour de la France insoumise. Mais quand même, M. Letellier, je veux vous alerter sur la dérive Trump-Pis qu'il y a dans ce pays.
Rendez-vous compte que la semaine dernière, les questions portées sur Francesca Albanese, rapporteur spécial de l'ONU pour les territoires palestiniens occupés, qui est accusée d'avoir dit une phrase dont tout le monde, tous les journaux, admettent qu'elle ne l'a jamais dit, mais pour laquelle la France demande quand même la démission, ce qui est une honte absolue. Et du coup, là, on est arrivé dans un moment où, vous savez, c'était ce que décrivaient les antifascistes dans les années 30, où les antiracistes deviendraient des racistes, où les antifascistes deviendraient des fascistes et des violents.
Et je crois que c'est très grave et qu'il faut prendre la mesure du moment historique dans lequel nous sommes.
– Avant de passer la parole à mes collègues et consœurs, une question encore. Demain, en question du gouvernement, est-ce que vous allez interpeller le Premier ministre directement sur quoi ?
– Sur cette question-là, bien sûr. – Quelle question ? – Mais sur ce drame qui s'est produit, évidemment.
– Mais sur quoi ? – Vous avez eu une explication sur quoi ?
– Ah, ça, vous verrez.
– Non, mais sur le maintien de l'ordre, sur la sécurité ?
– Eh bien, vous verrez quelles questions nous poserons.
– Mais vous interpellerez le Premier ministre.
– Mais bien sûr, j'interpellerai le Premier ministre.
– Gaëlle, vous avez deux slots de questions. Vous utiliserez vos deux questions sur ce thème-là ou ce sera juste un thème sur celui-là ?
– Une décision que nous prenons le lundi soir en bureau, donc nous attendons à la décision du bureau.
– Alors, en réaction, Jean-Luc Mélenchon a dénoncé des prises de parole truquées. Il a dit que tous les récits faits n'ont aucun rapport avec la réalité. C'est ce que vous soutenez ?
– Je soutiens qu'effectivement, si on se base uniquement sur ce qu'a dit l'extrême droite au départ, il y a des grandes chances qu'il y ait un récit truqué, en effet. D'ailleurs, vous remarquerez que le procureur de la République, lorsqu'on lui pose la question de savoir s'il y a eu une rixe avant les images que nous voyons après, qui sont, je le redis, terribles et inexcusables, il confirme qu'il y a bien eu une rixe juste avant. Et donc, je crois que vous ne savez pas, et moi non plus, quelles sont les conditions exactement dans lesquelles c'est produit. – C'est l'enquête qui le dira en effet.
– Non, mais Truquet, ça donnait un peu l'idée que c'était un peu prémédité, qu'il y avait une sorte de piège, enfin… – En tout cas, se baser uniquement sur ce que dit l'extrême droite, et je crois effectivement un problème, oui. – Et je pense que, enfin, je réinsiste dessus, mais face à la gravité de la situation, tout le monde doit se poser la question de ce qui est en train de se passer, et de ce que, par les paroles, chacun et chacune assume de faire pour la suite. – Hervé, Hervé. – Vraiment, j'insiste là-dessus, il y a des gens qui ont été assassinés dans ce pays par l'extrême droite, sur lequel aucun média n'a jamais eu un mot.
Vous ne savez pas qui est Jamel Benjabala, vous ne savez pas qui c'est. Pourtant, il a été assassiné il y a un an et demi, par une voiture qui lui a roulé trois fois dessus. C'était un membre de la brigade française patriote, qui n'a toujours pas été dissous. Et on a retrouvé chez lui deux obus, des grenades, des armes. Il qualifiait sans sèche Jamel Benjabala de sale bougnoule. Ce meurtre n'a pas été qualifié de raciste. Vous n'en avez jamais parlé.
– Bien, on en a parlé.
– Donc, posez-vous des questions aussi sur ce qui se passe derrière, et la manière dont l'extrême droite nous met.
– Hervé va vous poser d'autres questions. – On a cité le nom de Jacques-Élie Favreau, donc c'est le collaborateur du député de votre groupe Raphaël Arnaud, cofondateur du mouvement dont nous parlons, le Jeune Garde. Ce collaborateur, il se dit, certains militants d'extrême droite, certains médias disent qu'il était sur les lieux au moment de cette séance de violence terrible qui a abouti à la mort de Clément. – De Quentin. – De Quentin, pardon, excusez-moi. Ce militant, Manuel Bompard a dit qu'il l'ignorait s'il était réellement sur place. Est-ce que vous, vous le savez ?
– Eh bien, moi, la seule chose que je peux vous dire, c'est que vous avez vu que son avocat ou son avocate, je ne sais plus, a publié un communiqué dans lequel le… – Elle ne précise pas ce point. – Oui, mais dans lequel il nie toute responsabilité dans ce drame. Ça sera ensuite à l'enquête de déterminer les faits. Et évidemment, il est impossible dans le cas… – Manuel Bompard a répondu qu'il ne le savait pas. – Vous ne le savez pas non plus ? – Ah non, je ne sais pas s'il était présent ou non.
– Oui, alors, l'avocat de… – Voilà, il est un avocat. – … dont vous parlez, a dit qu'il se tenait à disposition de la justice. – Oui. – Est-ce que vous, vous l'invitez à aller au-delà de cette mise à disposition ? C'est-à-dire, est-ce qu'il doit collaborer avec l'enquête et éventuellement, s'il était sur place, dénoncer les participants à ces violences que vous venez de condamner ?
– Mais quand un avocat dit qu'il se tient à disposition de la justice, cela veut dire qu'il répondra à la fois à toutes les convocations… – Oui, bien sûr, j'invite à collaborer avec la justice pour que justice soit rendue et que l'enquête puisse se faire dans les conditions qui permettent de savoir exactement ce qui s'est passé à ce moment-là.
– Clément. – J'aimerais évoquer la relation de LFI avec la jeune garde et le rôle que peut jouer la jeune garde dans les réunions publiques de LFI. Le 30 avril 2025, dans un meeting à OCR, Jean-Luc Mélenchon décrivait la jeune garde dans ses termes en disant « ce sont des jeunes gens qui se mettent en rang par deux, par trois, par quatre pour protéger nos cortèges quand on vient nous taper dessus ». Ce que Jean-Luc Mélenchon décrit là, c'est un service d'ordre parallèle à LFI ?
– Ah non, puisque c'était une organisation, je parle au passé puisqu'ils ont été dissous, ce que je conteste toujours. C'était une organisation propre qui, du coup, n'était pas…
– C'est-à-dire une organisation qui intervient pour assurer la sécurité dans vos rassemblements sans que vous ne la sollicitiez ?
– Non, là, je crois qu'ils viennent dire dans des manifestations. Dans les manifestations, nous avons aussi le service d'ordre de la CGT qui n'est pas le nôtre.
– Ils interviennent pour protéger nos cortèges quand on vient nous taper dessus.
– Oui, cortèges, ça s'appelle une manifestation.
– Nos cortèges, oui.
– Oui, une manifestation dans nos cortèges, par exemple, quand on fait un cortège contre la retraite à 64 ans, vous avez aussi le service d'ordre du POI qui est là, de la CGT, de Sud. Ce sont nos cortèges et qui sont défendus. Vous savez, c'est une tradition ouvrière depuis très longtemps d'avoir des services d'ordre. Et moi, je veux saluer notre propre service d'ordre qui le fait dans des conditions vraiment très, très difficiles et sans aucune coopération de personnes.
– Ça veut dire que la jeune garde n'intervient pas dans les réunions publiques de la France Insoumise pour assurer la sécurité en parallèle de notre service d'ordre ?
– Non, non, non, nous utilisons notre propre service d'ordre et ce sont nos propres camarades qui sont formés. Et vous remarquerez quand même que, alors que depuis des années et encore plus depuis quelques mois, nos réunions sont systématiquement attaquées, vous remarquerez que jamais personne n'a été ni blessé, ni, bon, encore pire, dans les rassemblements que nous faisons. Et pourtant, nous sommes fortement attaqués. Donc je veux encore une fois remercier les camarades du service d'ordre qui font ce travail avec sang-froid et qui luttent contre la montée de l'extrême droite dans notre pays jour après jour. – Exactement.
– Dans ce même meeting, Jean-Luc Mélenchon a présenté la jeune garde comme une organisation alliée, liée à LFI. Ça veut dire quoi ? Quels sont les liens qui existent entre vous et la jeune garde ?
– Bien, comme avec d'autres organisations, que ce soit syndicales, associatives et encore une fois, nous avons un député qui…
– Vous n'êtes pas alliée à des syndicats ?
– Comment ?
– Vous n'êtes pas alliée à des syndicats ?
– Si, on fait beaucoup de choses ensemble. Enfin, je veux dire, on fait beaucoup de manifestations, des rassemblements pour les libertés publiques et associatives dans ce pays. Donc si, mais je vais vous dire, je ne vais pas me cacher, nous, nous avons choisi d'avoir Raphaël Arnaud dans notre groupe. Il se trouve que depuis la jeune garde est dissoute. Donc la jeune garde n'existe plus. Mais je rappelle que la jeune garde était un mouvement d'auto-défense qui a fait principalement fermer des locaux avec des organisations néo-nazies.
Vous savez que par exemple, la semaine dernière, Thomas Porte et Anthony Smith ont été dans la Meuse pour tenter de faire fermer un local qui est tenu par des néo-nazies qui sont eux aussi impliqués dans des meurtres et dont nous tentons d'obtenir la fermeture. Voilà ce qu'a fait par exemple la jeune garde. Et je le dis, nous ne cautionnerons jamais, je vais le dire très clairement, nous ne cautionnerons jamais qu'on frappe un homme à terre. Voilà, c'est clair comme ça ? Cela n'a rien à voir avec nous.
Si l'enquête devait démontrer l'implication de membres de cette ancienne association, puisqu'elle a été dissoute, dans la mort de ce militant identitaire, vous rompriez les liens avec toute personne ayant appartenu à la jeune garde ?
Nous romprions les liens avec toute personne qui ont participé à cela. Et j'appelle à ce qu'effectivement, ils soient punis puisque nous n'avons rien à voir avec des gens qui frappent des hommes à terre. Mais quant à la jeune garde, je répète que la jeune garde ne peut pas être impliquée en tant que telle dans ce drame puisqu'elle est dissoute. Il n'y a plus de commandement, il n'y a plus de... Donc s'il y a des gens ex-jeunes gardes qui se trouvent dedans, j'appelle à ce qu'ils soient punis.
Et je rappelle que dans ce pays, ceux qui font monter sans cesse la violence et dont nous payons le prix, parce que nous l'avons vu notamment dans les pays d'Amérique latine, eh bien c'est à chaque fois la gauche qui en paye le prix. Donc nous, nous avons décidé de refuser la violence en politique et de prôner la révolution par les urnes, par le vote.
Oui, Madame Panot, concernant Lyon, la question n'était pas si mais quand est-ce qu'un drame comme ça allait arriver ? Ça fait des années qu'il y a ces batailles internes à la ville qui ont lieu. Est-ce qu'il faudrait faire une commission d'enquête sur cette bataille entre l'extrême droite et l'extrême gauche au sein de Lyon et des villes aussi, de ces batailles ?
Ce n'est pas faute d'avoir alerté sur cette question-là et d'ailleurs on avait présenté une commission d'enquête justement, enfin d'ailleurs on avait même utilisé notre premier droit de commission d'enquête en 2018 justement sur les groupuscules d'extrême droite. C'est pour dire depuis combien d'années nous alertons sur cette question. Rendez-vous compte qu'il y a un an, jour pour jour, quasiment, à Paris était projeté un film antifasciste. Je rappelle que cette projection de film avait été attaquée par des gens qui criaient Paris et les Kurdes, qui criaient Paris est nazi et Lyon aussi, c'était les cris qu'il portait à ce moment-là.
Nous avions à ce moment-là posé une question au gouvernement. Je rappelle qu'à ce moment-là il y avait un militant CGT qui avait été tabassé, qui s'était retrouvé à l'hôpital avec à un moment son pronostic vital engagé. Donc je rejoins ce qui a été dit sur le fait que effectivement il y avait tous les prémices pour qu'un tel drame puisse se produire malheureusement. Et donc nous avions alerté. Et je rappelle qu'à cette époque-là, quelle a été la réponse du gouvernement ? Il n'y a pas eu un mot de condamnation de ce qui s'était passé. Pas un mot.
Mathilde Panot.
Donc encore une fois, encore une fois.
Sur Lyon, en face de la jeune garde, j'allais dire, il y avait Némésis. Oui. Demandez-vous, vous, la dissolution de Némésis à votre tour ?
Mais oui, enfin, je vais vous dire, nous demandons, même pas la dissolution de Némésis, nous demandons à ce que Némésis soit tenu en dehors de nos conférences, en dehors de nos meetings, en dehors de nos manifestations. Sinon ça va mal finir.
Némésis et d'autres organisations ?
Je suis...
Némésis et d'autres organisations ? Mais bien sûr.
Lesquelles ? Nous vivrons par exemple, qui intervient sans cesse dans nos meetings, les groupuscules, le groupuscule dont je vous parlais là, qui tient la caverne de Thor dans la Meuse. Nous demandons la fermeture de ce local. Je demande la dissolution de la brigade française patriote qui est responsable pour un de ses membres d'avoir assassiné Jamel Benjabala à coups, en l'écrasant trois fois devant sa fille de neuf ans. Voilà ce qui s'est passé. Et donc personne ne parle.
Donc je veux redire, nous demandons à ce qu'on puisse exercer notre droit démocratique normal en tant qu'opposant dans ce pays, qui puisse tenir des réunions publiques, nous adresser normalement dans la démocratie et arrêter avec cette marginalisation qui est faite par un certain nombre de gens dans ce pays, évidemment avec l'extrême droite en tête, qui vise uniquement à une chose, c'est-à-dire à nous détruire, à nous décriminaliser. À détruire la France insoumise, Olivier. Et qui a commencé, vous l'avez très bien dit dans votre introduction tout à l'heure, qui a commencé notamment avec le fait de nous classer à l'extrême gauche.
Alors justement, on y vient, parce que le ministère de l'Intérieur a décidé de classer désormais la France insoumise à l'extrême gauche, une définition d'ailleurs qui a été reprise par Emmanuel Macron.
Je ne fais pas les classements de sensibilité, c'est au ministère de l'Intérieur de le faire pour les élections, mais je crois qu'il n'y a pas tellement de mystère pour dire qu'ils sont à l'extrême gauche.
Alors vous avez dit à la France insoumise que vous feriez un appel devant le Conseil d'État pour justement arrêter cette classification à l'extrême gauche. Est-ce que cette démarche a été faite ?
Oui, je vous annonce que ça vient d'être déposé aujourd'hui. Donc notre recours est déposé devant le Conseil d'État et ce recours devant le Conseil d'État vise à contester notre classement à l'extrême gauche. Je rappelle que dans toutes les élections précédentes, nous avions été classés à gauche, qu'il faut normalement des arguments juridiques et encore une fois, je le dis avec beaucoup de sympathie pour l'extrême gauche qui existe dans ce pays avec lequel je n'ai aucun problème. Mais ils ne veulent pas de nous. Nathalie Arthaud a dit « moi je ne veux pas de la France ». Mais nous avons effectivement un différent stratégique.
Nous, nous avons décidé de rentrer dans les institutions, de faire la révolution par les urnes et ce n'est pas la stratégie de l'extrême gauche.
Juste une chose, c'est déposé le recours devant le Conseil d'État.
Tout à fait.
Vous espérez une décision avant les municipales ?
Ah bah oui, je pense qu'elle va arriver très rapidement. Normalement, c'est une décision, ça va arriver assez rapidement et même avant les municipales, effectivement. Donc oui, oui, j'espère que ça ira très vite.
Et vous avez bon espoir d'être entendu ?
Ah oui, parce que quand vous regardez les arguments qui sont utilisés en face, excusez-moi, mais quand vous voyez un ministre de l'Intérieur qui explique, normalement c'est juridique la manière dont c'est basé. D'ailleurs, on devrait se demander pourquoi est-ce que c'est le ministère de l'Intérieur qui se prend sur le fait du prince de classer tel ou tel dans je ne sais quelle catégorie. On pourrait imaginer une autorité indépendante ou autre qui rendrait les choses un peu plus sérieuses.
Mais enfin, quand vous entendez le ministre de l'Intérieur expliquer que parce que nous appelons à la censure du gouvernement, alors nous serions à l'extrême gauche, c'est quand même un argument qui est fort de café. Quand nous entendons que, par exemple, un des arguments qui est donné, c'est que nous nous présentons contre des mairies socialistes, que nous présentons des listes insoumises, ce qui est quand même assez incroyable. Nous n'avons plus le droit de nous présenter dans une démocratie. Qu'est-ce que c'est que ça ? Enfin, donc oui, c'est risible. Et je crois que si ce n'était pas aussi grave, il faudrait effectivement en rire.
Vous avez bon espoir que le Conseil d'État vous donne raison. Clément ? Toujours sur ce sujet, vous revendiquez une forme de radicalité, vous prônez l'insoumission. Qu'est-ce qui vous dérange à ce point dans le fait d'être étiqueté extrême gauche ?
Qu'est-ce qui nous dérange à ce point-là ? Nous ne sommes pas l'extrême gauche. Encore une fois, il y a une extrême gauche dans ce pays, nous n'en sommes pas. Et je vais vous dire, à la fin, ça vise, et je le comprends très bien comme cela, dans le cadre d'une élection présidentielle, à expliquer que vous auriez d'un côté l'extrême droite. Je rappelle qu'il y a eu une décision du Conseil d'État en 2024 qui confirmait que l'extrême droite, le Rassemblement national était bien l'extrême droite et que nous, nous étions la gauche. Ça a été confirmé en 2024.
Nous étions classés à gauche aux élections municipales de 2020, aux élections présidentielles de 2022, aux élections sénatoriales de 2023, aux législatives de 2024. Donc, je ne vois pas pourquoi, puisque notre programme ne change pas de manière substantielle, nous l'actualisons à chaque fois, pourquoi d'un coup nous serions l'extrême gauche. Donc, ça vise à une chose, c'est de nouveau à banaliser l'extrême droite et à stigmatiser la France insoumise. Donc, je crois que c'est effectivement très grave et qu'il faut que nous gagnions ce recours.
Vous voyez bien que vous-même, vous invoquez la décision du Conseil d'État concernant le Rassemblement national et pourtant, vous-même, dans votre langage, vous qualifiez toujours le RN de parti d'extrême droite. Pour vous, ils sont l'extrême droite. Marine Le Pen, par exemple...
Le Conseil d'État l'a confirmé. Oui, mais... Quel est le problème avec ce que je dis ?
Donc, eux-mêmes, depuis des années, ils dénoncent, eux aussi, comme vous, cette étiquette de parti extrémiste. En même temps, on les a vus gagner des scrutins nationaux, qualifier leurs candidats au second tour de l'élection présidentielle. D'une certaine façon, leur stratégie n'a pas si mal marché. Est-ce que finalement, est-ce que c'est vraiment payant pour vous de refuser à ce point cette étiquette ?
Mais je vais vous dire, pourquoi si en 2022, à l'élection présidentielle, nous étions de gauche ? Pourquoi serions-nous devenus d'extrême gauche ? Sur quoi est-ce que ça change ? Non, mais attendez. Parce que le Conseil d'État, normalement, ne juge pas au pif de « on a l'impression que je ne sais quoi ». Non, non, normalement, ce sont des arguments juridiques. Donc, donnez-nous les arguments juridiques. Si les arguments juridiques, c'est vous appeler à la censure. Parce que, je vais vous dire, l'insoumission dans notre pays est quelque chose qui fait écho à l'histoire très longue de notre pays.
L'insoumission, c'est d'abord le fait de refuser l'ordre du monde tel qu'il va, de refuser la résignation. Et je vais vous dire que l'insoumission que nous portons dans notre pays, dans le cadre des institutions républicaines, vous l'aurez remarqué, donne du courage à beaucoup de gens dans ce pays de relever la tête et de dire qu'ils ne sont pas des étrangers, y compris dans leur propre pays, au moment où l'extrême droite agite un racisme de plus en plus virulent et de plus en plus grave dans ce pays.
Alors, dimanche, le président de la République, Emmanuel Macron, a parlé de... est intervenu sur la question de l'antisémitisme et il a proposé l'inégibilité pour ceux qui ont été condamnés pour propos racistes ou antisémites. Je crois que Maniel Bompard a dit qu'il était plutôt d'accord avec cette idée. Plutôt d'accord ou tout à fait d'accord ?
C'est-à-dire qu'il faut regarder comment c'est fait parce que vous comprenez qu'on est un peu surpris sur quelque chose. Vous, à LCP, je pense que vous avez la mémoire de cela. Vous vous rappelez la loi sur la moralisation de la vie politique en 2017. Il se trouve qu'en 2017, le Conseil constitutionnel, il y avait déjà cet article dedans, le Conseil constitutionnel avait censuré cette mesure. Donc je ne vois pas très bien comment, si elle avait été censurée en 2017, elle passerait aujourd'hui. Donc ça, c'est la première question. Et je vais vous dire pourquoi Maniel Bompard a dit plutôt oui.
C'est que nous avons quand même une inquiétude parce que nous voyons ce qui est en train de se passer sur une nouvelle définition de l'antisémitisme qui assimilerait antisémitisme et antisionisme, donc critique légitime d'un gouvernement avec notamment ce qui se passe autour de la proposition de loi Yadan que nous réfutons complètement et qui vise à faire quelque chose qui est très dangereux dans ce pays sur lequel nous avons alerté à de nombreuses reprises, qui vise à assimiler les personnes juives de notre pays à la politique génocidaire de Netanyahou. Et nous, nous refusons absolument cela parce que c'est cela qui met en danger les personnes juives dans notre pays.
Donc le plutôt oui, c'est pour clarifier la définition de l'antisémitisme, c'est ça ?
Ah non, la proposition de loi Yadan, je crois qu'elle fait tout le contraire de clarifier, c'est-à-dire qu'elle veut criminaliser ceux qui luttent contre le génocide du peuple palestinien. C'est plutôt oui, à condition que ce soit clair. Et vous noterez quand même qu'encore ce dimanche, personne n'en parle, mais ce dimanche, il y a eu des frappes de nouveau avec 12 Palestiniens qui ont été tués, ce qui monte à plus de 600 Palestiniens, le nombre de Palestiniens tués depuis le soi-disant cessez-le-feu, et qu'il y a eu encore ce dimanche des frappes sur le sud-Liban de la part de Netanyahou qui ont fait, eux, 4 morts.
Et je crois que c'est notre honneur, nous, le peuple français, de refuser absolument aux côtés des autres peuples du monde, ce génocide qui continue.
Avant d'en venir aux travaux parlementaires, parce qu'il y a quand même une vie parlementaire, une dernière question à propos de vos classifications à l'extrême-gauche. Olivier Faure a dit que c'était injuste, numéro 1 du PS. Est-ce que vous espérez le soutien de vos collègues de tous les autres partis de gauche pour faire front, j'allais dire, face à cette classification à l'extrême-gauche ?
Mais vous savez, je crois que, enfin j'espère, que certains dans ce pays comprendront que... Ce qui est fait à la France insoumise,
est-ce que vous attendez un geste de vos partenaires de gauche ?
Il l'a déjà fait, vous venez le noter. Olivier Faure,
mais les autres, on n'a pas trop entendu.
Oui, vous leur poserez les questions puisque vous les recevez. Mais je vais vous dire, j'espère que tout le monde comprend que la manière dont on essaye de flétrir la France insoumise est quelque chose qui, si nous, nous cédons, sera fait au reste de la gauche en entier. D'ailleurs, les écologistes le savent parce qu'eux-mêmes, après les avoir accusés d'éco-terrorisme, avoir eu une répression sans faille où nous étions nous-mêmes présents à Sainte-Soline, tout le monde comprend que si nous, nous cédons, derrière, ce sera fait à d'autres.
Donc tout le monde a intérêt à bien réfléchir à ce qu'il fait et à ce qu'il dit parce que c'est aussi la condition pour garder un État de droit et une démocratie digne de ce nom dans ce pays.
Plus que deux semaines de débats dans l'hémicycle avant un arrêt forcé pour cause d'élections municipales, il n'y aura pas de vote finalement sur la programmation pluriannuelle de l'énergie dans laquelle le gouvernement détaille les investissements entre nucléaire, éolien, solaire, pour les années qui viennent et le ministre de l'Économie, Roland Lescure, espère que ça permettra de limiter ou voire de stopper même les augmentations du prix d'énergie.
Toutes celles et ceux qui nous font des procès en disant on investit pour augmenter les prix se mettent le doigt dans l'œil, ils ne comprennent pas l'énergie. Si vous n'investissez pas dans l'énergie, vous dégradez vos réseaux, vous vous retrouvez en manque d'énergie et vous vous retrouvez in fine avec de l'électricité qui monte.
Clément. Alors Roland Lescure, pour bien comprendre, il répond aux critiques du RN qui estiment que cette programmation pluriannuelle de l'énergie va augmenter les tarifs de l'énergie de 50%. Est-ce que vous partagez les craintes du RN sur ce sujet ?
Je vais vous dire ce qui va augmenter les tarifs de l'énergie avant même de commencer par la programmation pluriannuelle de l'énergie. Ce qui augmente les tarifs de l'énergie dans notre pays, c'est tous ceux qui ont cotisé, accepté, ce qui se passe au niveau du marché européen où on accepte que le prix de l'énergie soit indexé sur le gaz et non pas sur le prix de production de l'énergie. Ça, c'est la première chose. Et nous, la France insoumise, nous avons été les seuls à voter contre au Parlement européen. Ça, c'est la première chose.
Ensuite, la deuxième chose, nous avons des critiques
exactement inverses du RN sur cette programmation pluriannuelle de l'énergie. D'abord, je dois dire que c'est un scandale démocratique. Vous l'avez dit tout à l'heure, il n'y a pas eu de vote. C'était une programmation pluriannuelle de l'énergie qui a été attendue depuis trois ans, qui engage notre pays pour les dix prochaines années et probablement plus encore, parce que quand vous faites des investissements type EPR, ce n'est pas pour dix ans, on voit bien le désastre de Flamanville, mais c'est encore pour plus longtemps.
Et surtout, cette programmation pluriannuelle de l'énergie sacrifie les énergies renouvelables en faisant quasiment un moratoire sur la question de l'éolien et du photovoltaïque. Or, je rappelle que les énergies renouvelables dans notre pays, c'est 80 000 emplois et des filières qui sont des filières d'excellence qu'il faudrait tout au contraire aider pour sortir à la fois des fossiles mais aussi du nucléaire.
Quand on vous entend, vous êtes très critique. Est-ce que ça justifie, selon vous, de déposer une motion de censure au nom du groupe LFU ou une motion transpartisane ? C'est ce qu'appelle Marine Le Pen.
Alors ça, c'est une décision du groupe parlementaire. Donc, nous avons notre réunion de groupe comme tous les groupes le mardi matin. Donc, c'est à ce moment-là que nous prenons des décisions. Vous êtes favorable ? Alors oui, moi, j'y suis favorable. Je vais faire tomber ce gouvernement et je trouve que ce 49-3 énergétique qui est utilisé, puisque c'est un 49-3 contre les parlementaires, puisque nous n'avons pas eu de vote, devrait être sanctionné.
Mais je vais vous dire, je vais quand même vous alerter sur un point, c'est que vous le savez, nous avons, lorsqu'il y a un 49-3, une motion de censure automatique comme une réponse de dignité de l'Assemblée nationale pour faire tomber et le texte et le gouvernement. mais dans le cadre d'un 49-2, donc d'une motion de censure qu'on appelle spontanée, nous avons un nombre limité de motions de censure et donc nous, nous avons bien ça en tête puisque nous en avons utilisé deux et qu'il est permis dans une session d'en utiliser trois. Donc, je vais vous dire que la question se pose avec aussi les règles que nous avons dans cette Assemblée.
Mais je vous confirme que je trouve que c'est un scandale démocratique.
Donc, une motion de censure transpartisane, vous auriez favorable ?
Je ne signerai pas une motion de censure avec le Rassemblement national, monsieur Lézé. Je vais vous expliquer pourquoi.
Donc, vous dénoncez cette PPE en disant qu'elle freine finalement l'éveillement des énergies renouvelables et en même temps, elle renonce aussi à la sortie du nucléaire qui était le cas de la précédente PPE qui le prévoyait. Mais bon, ce n'est pas un peu du luxe de vouloir à la fois sortir des énergies fossiles et sortir du nucléaire qui est une énergie décarbonée, je rappelle. Je veux dire, aujourd'hui en France, ça coûte 6 à 8 milliards d'euros les énergies renouvelables. C'est des subventions publiques qui sont élevées et pour le solaire et pour l'éolien, sachant qu'elles utilisent des terres rares chinoises.
Donc, ce n'est pas non plus et que dans les panneaux solaires, c'est vraiment la Chine qui fournit. Alors que bon...
Mais pourquoi, madame ?
Pourquoi on n'a pas de filière française ? Posez-vous la question
de savoir combien on a sacrifié de filières en France. Laissez-moi terminer
pour le nucléaire aujourd'hui. L'ancien nucléaire, je ne parle même pas de créer des nouvelles qui fonctionnent. Bon, elles permettent quand même à la France d'exporter de l'électricité et ça nous a rapporté 5 milliards l'an dernier. Donc, ça nous coûte 6 à 8 milliards d'un côté, ça nous rapporte 5 milliards de l'autre. Est-ce que dans le contexte budgétaire actuel, on peut se dire qu'on laisse tomber le nucléaire qui est, je rappelle, une énergie décarbonée ? C'était une question. Une énergie... Oui, non mais...
Avec un exposé. Non mais moi, j'adore, je trouve ces débats très intéressants. C'est pas un débat seulement une question. J'avais organisé, par exemple, une votation de sortie du nucléaire qui avait recueilli 300 000 votants et qui avait fait une campagne un peu partout dans le pays. Je vais vous dire, je sais qu'officiellement le nucléaire est devenu l'énergie décarbonée qu'on a annoncé au niveau européen. Eh bien, moi, je dis que le nucléaire est une énergie sale qui produit des déchets dont personne ne sait que faire.
Si vous voulez m'expliquer quoi faire des déchets, allez-y parce que je suis intéressée puisqu'ils veulent les enfouir à Bure pour à peu près des centaines de milliers d'années. Donc, vous comprendrez que c'est une énergie sale. C'est une énergie qui nous rend dépendantes et l'épanium ne tiendront seulement trois ans avec l'énergie nucléaire. C'est une énergie et surtout, j'insiste sur le point A, c'est une énergie qui n'est pas adaptée aux dérèglements climatiques.
Vous aurez remarqué, par exemple, qu'en 2022, il y a eu un moment où il y avait 27 réacteurs qui étaient arrêtés et que quand nous savons que, par exemple, le Rhône, qui est le fleuve le plus nucléarisé, nous sommes d'ailleurs le pays le plus nucléarisé en termes de nombre d'habitants au monde, le Rhône, vous savez que le GIEC dit, par exemple, que le Rhône va avoir une baisse de débit de 40%. Que ce qui se passe, notamment l'été, c'est que la température de l'eau augmente et comme l'eau est utilisée pour refroidir les réacteurs, nous avons un problème sur cette question-là.
Et que, par ailleurs, une chose dont personne ne parle jamais et dont vous devriez vous intéresser, vous aussi, les pro-nucléaires, parce que c'est une question d'intérêt général. – Ah, mais c'est pro-nucléaire, Gaëlle, alors bon, je ne sais pas si c'est le cas. – Non, mais c'est la question et d'ailleurs, nous allons faire un colloque cette semaine sur cette question-là. – Mais il existe des écologiques – Mercredi, vous êtes bienvenus pour y venir, sur les 33 000 sous-traitants nucléaires qui reçoivent 80% de la dose radioactive. Je le dis parce que, y compris, nous sommes en train de faire du nucléaire low cost. Et tout le monde devrait s'alarmer de ce qui est en train de se faire.
– Mais il y a une grande filière aussi dans le nucléaire en France, il y a beaucoup d'enquête aussi. – Oui, mais d'accord,
mais ça ne vous intéresse pas de savoir que, par exemple, quand il y a eu la chute du générateur de vapeur à Paluel, c'est le CHHCT, puisque ça existait encore à l'époque, qui avait mis en avant qu'il y avait une cascade de sous-traitance qui avait mené à un accident qui aurait pu être extrêmement grave dans ce pays. Le nucléaire, comme on m'a dit une fois dans la Drôme, nous ne sommes pas en train de faire de la raviole. Donc, excusez-moi, mais ça nous intéresse de savoir quelles sont les conditions de travail de ces salariés. Pourquoi est-ce qu'ils ont des cancers puisqu'ils recevront la majorité de la dose radioactive ? Et donc, par exemple, nous nous tiendrons à leur côté.
Et moi, en tant qu'anti-nucléaire qui ne veut pas fermer du jour au lendemain les réacteurs, contrairement à ce qui est dit, qui veut qu'on planifie la sortie, ce que nous avons toujours dit, eh bien, je m'intéresse à eux, j'ai été manifestée avec eux et je pense que d'autres devraient faire de même parce que c'est une question pour le coup d'intérêt général qui est très forte et de santé des travailleurs.
Voilà ce sujet. Je disais tout à l'heure en ouvrant cette émission... Je pourrais vous en parler encore longtemps parce que ça m'intéresse vraiment comme sujet. Moi aussi. Je disais tout à l'heure en ouvrant cette émission... Il y avait aussi un autre débat qui revenait à l'Assemblée nationale depuis aujourd'hui, c'est le débat sur la fin de vie. Hervé. Le texte donc revient à l'Assemblée. Les sénateurs ont largement modifié, pour ne pas dire défait, le travail des députés sur ce sujet sensible.
Est-ce que votre objectif au moment où le texte revient à l'Assemblée, c'est purement et simplement de revenir à la version antérieure telle qu'elle était sortie de l'hémicycle de l'Assemblée nationale ou est-ce que vous comptez vous inspirer éventuellement de certains des débats qui ont eu lieu au Sénat pour ajouter éventuellement des protections des garde-fous ?
Non, je crois que le texte qui était sorti de l'Assemblée nationale était un texte qui avait non seulement réussi à construire une majorité, qui était un texte qui était équilibré entre des différentes craintes qui pouvaient s'exprimer sur « y a-t-il assez de garde-fous ? » etc. qui permettait donc de garantir un nouveau droit auquel nous, nous sommes très attachés. Vous avez vu aussi que c'est un texte qui est très attendu par des gens, notamment je pense aux personnes qui ont la maladie de Charcot et d'autres qui attendent ce texte pour pouvoir savoir qu'ils ont le droit de décider quand est-ce qu'ils veulent partir et qui est majoritaire dans la société française.
Donc nous, si on arrive à la même version que ce qui était sorti de l'Assemblée nationale, ça nous va très bien. Mais je vais vous dire que notre inquiétude, c'est plutôt les 2100 amendements qui ont été déposés par l'extrême droite et par la droite qui visent, puisque vous avez raison M. Le Tellier, puisqu'il y aura trois semaines de suspension, qui visent à faire déborder le calendrier parlementaire et à nous empêcher d'aller au bout des deux textes puisque maintenant il y a deux textes.
Il y a une volonté de ralentir ?
Bien sûr. Et puis avec des amendements, il faut citer quand même les amendements. Par exemple, le droit de mourir dans la dignité serait réservé aux personnes qui sont riches, serait réservé aux personnes qui n'ont pas d'enfants. Donc si vous êtes parent, vous n'avez pas le droit d'en bénéficier, etc. Donc ce sont des amendements qui sont extrêmement graves et que nous voulons combattre en hémicycle.
Donc vous souhaitez qu'on aille le plus vite possible ou est-ce qu'il faut laisser encore du temps au débat pour promouvoir
l'essentiel des Français ? Alors vous vous rappelez qu'on a eu déjà deux fois le débat. Enfin je rappelle que nous n'avons pas eu que la première lecture puisque ça avait été juste avant la dissolution que nous avions eu un autre débat. Donc nous avons déjà eu des longs débats dans notre Assemblée nationale sur cette question-là. Donc je n'appelle pas particulièrement à ce qu'on aille vite, c'est-à-dire qu'on bâcle le travail parlementaire, mais j'aimerais qu'on arrive à tenir un calendrier parlementaire.
Il faut que ce soit tranché avant la présidentielle.
Qui nous permette d'arriver effectivement avant les présidentielles pour cette lecture-là puisqu'ensuite il faut encore une lecture au Sénat et une lecture à l'Assemblée pour pouvoir...
Ah vous pensez que ce ne sera pas voté définitivement avant 2027 ? Ah si. Ah si d'accord.
Il faut que... Il faut que ce soit. Eh bien il faut qu'on détermine cette lecture avant justement qu'il y ait...
Cette lecture et le vote donc.
... des municipales.
Et le vote. Et le vote après avant la présidentielle. Ah bien sûr. Hervé, au sein du groupe que vous présidez, est-ce qu'il y a qu'elle travaille beaucoup la société française ? Et est-ce qu'il y aura liberté de vote à la fin du débat ?
Alors je... Il faudrait que je revoie ce que j'avais dans la première lecture de ce texte-là. Mais on avait une quasi-unanimité du vote pour puisque c'est un droit que nous, nous voulons y compris inscrire dans la Constitution qui s'inscrit dans la vision humaniste que nous avons de l'être humain. C'est-à-dire d'être maître de son corps à toutes les étapes de sa vie et y compris jusqu'au moment où on décide de partir dans les conditions qui sont celles du texte. Je rappelle, lorsqu'il y a une maladie qui est incurable, qui provoque des souffrances irréfragrables, etc. Donc il y a des conditions quand même bien bordées qui sont mises à ce texte.
Après, évidemment, il y aura une liberté de vote si certains ne souhaitent pas la voter. Et je le dis, je crois que... Ça peut arriver dans votre groupe LFI qu'il y ait des gens qui ne veulent pas la voter ? Oui, enfin, vous savez, sur des questions comme ça, vous avez la réponse ?
Oui, c'est 62 pour et 4 abstentions. Sophia Chikriou, Christophe Bex, Idir Boumérite et Abdel Kader Lama. Voilà, donc c'était... Je pense qu'on était le groupe
qui avait pratiquement la plus grande unité puisque c'est depuis très longtemps sur un autre programme. Mais je vais vous dire, moi, je ne caricature pas ce débat-là, y compris parce que cela fait appel tellement à des expériences personnelles qui sont, y compris, très douloureuses parfois, à des convictions personnelles aussi et que, donc, je crois qu'on est sur un débat qui est que nous allons gagner car il est majoritaire dans le pays mais qu'il ne faut pas caricaturer.
On va, de toute façon, y revenir tout à l'heure sur le fond avec notre invité tout à l'heure. Je voudrais qu'on parle des relations entre la France et l'Algérie qui restent tendues. Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nouniès, débute aujourd'hui un voyage à Alger sur fond de tension sur les OQTF, les obligations de quitter le territoire français.
Dans un état d'esprit très constructif, constructif et en tout cas, déterminer à aboutir et à réenclencher une relation sécuritaire avec l'Algérie et même au-delà, bien évidemment. On ne peut pas ne pas avoir de relation sécuritaire avec l'Algérie. Ça n'est pas possible. Ça n'est pas possible. C'est mettre en danger nos concitoyens. C'est mettre en danger nos concitoyens parce qu'avec l'Algérie, on a toujours travaillé en étroite confiance.
L'un des grands sujets de tension entre les deux pays, vous le savez, ce sont les OQTF, les obligations de quitter le territoire français. L'Algérie ne veut pas reprendre les personnes qui sont visées en France par ces OQTF. Est-ce que vous considérez, vous, que l'Algérie peut, de cette façon, imposer, au fond, sa propre règle à l'État français ?
Non, je vais vous dire, moi, pour une fois, je vais dire quelque chose de bien sur ce gouvernement. Je crois qu'il est très important d'essayer de réparer tout ce que le ministre Retailleau a délibérément cassé avec des blessures très fortes dans notre pays. D'abord parce que nous avons une histoire de colonisation, avec l'Algérie. Donc je le rappelle parce qu'il s'agit aussi pour la France de sortir d'une domination néocoloniale et d'une relation de mépris qu'avait notamment M. Retailleau qui ne cessait de jeter de l'huile sur le feu vis-à-vis de l'Algérie.
Et il faut revenir à des relations diplomatiques, donc c'est mieux, respectueuses, y compris parce que je rappelle qu'il y a 4 millions de binationaux dans notre pays, donc franco-algériens qui s'y trouvent, et que nombre des nôtres, de notre peuple, sont liés d'amour, d'affection avec des Algériens et des Algériennes. Donc ça serait bien d'arrêter de le voir uniquement par le prisme d'ailleurs du ministre de l'Intérieur. Je rappelle que c'était quand même bizarre que ce soit M. Retailleau qui en parle tout le temps et pas le ministre des Affaires étrangères.
Là, c'est Laurent Nounia, son successeur, qui va en Algérie.
Oui, oui, oui. Bien sûr, mais je note quand même, OK, on peut avoir des coopérations sécuritaires, mais vous comprenez que le fait que l'Algérie soit traitée uniquement par le biais du ministère de l'Intérieur pose aussi des questions. Et quant aux OQTF, je vais vous dire, là aussi, si vraiment il y a des ressortissants à éloigner, alors il faut faire de la diplomatie avec l'Algérie.
Mais quant aux OQTF, on ferait bien aussi d'en mettre beaucoup moins dans ce pays parce que quand vous voyez par exemple des parents d'enfants scolarisés qui se retrouvent avec des OQTF, ce qui est un scandale absolu, eh bien là aussi, il y a des questions à se poser et notamment sur la nouvelle circulaire de régularisation qui avait été faite par Rotailleau qui est absolument dramatique.
Avec des critères plus stricts.
Exactement. Le nombre de personnes qui peuvent être régularisées alors qu'ils travaillent ici, qu'ils vivent ici.
On va parler maintenant de la présidentielle. Je l'évoquais tout à l'heure pour le calendrier. Clément, avec des initiatives à gauche. Oui, avec cette primaire qui est en train de s'organiser autour des écologistes et des socialistes et donc vous, la France insoumise, ne voulez pas entendre parler.
Ah bon ? Des socialistes ? Ils ont dit officiellement qu'ils en faisaient partie.
Olivier Feur était présent sur la scène. Il était présent au lancement officiel de cette primaire de la gauche. Mais le reste du parti n'est pas d'accord. Pour l'instant, ce n'est pas franché. Et pourquoi vous ne voulez pas en entendre parler ? Qu'est-ce qui vous dérange dans cette idée de départager les candidats de gauche à la présidentielle avant le premier tour ?
Alors déjà, on nous resserre souvent la même soupe. Rappelez-vous, c'était la même chose lors des dernières élections présidentielles, lors de l'élection présidentielle d'avant. À chaque fois, c'est la même chose. C'est-à-dire, on nous explique qu'il y aura un candidat unique à gauche. Puis, lorsque un est élu, alors soit il retire sa candidature comme ça s'est passé lors d'une dernière élection, elle en l'occurrence, soit il y en a un qui était dans la primaire qui avait promis, promis, promis qu'il allait soutenir celui qui avait gagné et qui en fait décide de soutenir un autre candidat voire de se présenter autrement. Bon, on connaît le système de la politique. Vous ne croyez pas ?
Pour vous, ça ne marche pas ? Non, je vais vous dire pourquoi nous, on est cohérents. Nous, nous ne souhaitons pas être dans un processus qui, jusqu'à la fin de l'automne 2026, vise à se parler entre nous, alors que l'urgence, c'est d'aller convaincre à l'extérieur. Et donc, nous, nous disons que nous avons un programme que autour de ce programme, nous appelons toutes celles et ceux qui veulent défendre ce programme, à faire union populaire avec nous pour aller porter ce programme-là.
Et vous remarquerez que la dernière fois, Jean-Luc Mélenchon a raté le second tour de l'élection présidentielle, ce qui aurait changé un peu l'ambiance politique du pays à 420 000 voix et que c'est donc celles et ceux qui se sont présentés autrement. Il en avait beaucoup voulu à Fabien Roussel et justement, Clément, qui nous ont empêché d'accéder à ce second tour. Il en avait beaucoup voulu à Fabien Roussel. Oui, après, on a jeté la rancune à la rivière, on a fait la NUPES. Ah,
mais il y a autre chose depuis. Vous ne voulez pas que la gauche se parle à elle-même, comme vous dites. Et en même temps, il y a cette offre faite par Jean-Luc Mélenchon, ce bras tendu au Parti communiste, une offre fédérative avec un deal. Donc, c'est quoi le deal exactement ? Ce n'est pas de candidat pour le Parti communiste à la présidentielle et en échange, la France insoumise cédera certaines de ses circonscriptions au Parti communiste
ou aux législatives ? On leur propose un accord et vous comprenez que nous, à la dernière élection de 2022, ce n'était pas le cas, malheureusement, mais aux deux dernières élections, Jean-Luc Mélenchon était notre candidat commun. Donc, nous avons des différences sur des choses, mais nous avons des points d'accord qui sont très larges sur le nombre de nos programmes. Mais c'est quoi le deal ? Il n'y a qu'à voir comment on vote à l'Assemblée nationale. Eh bien, l'accord que nous proposons, c'est d'avoir une candidature commune à l'élection présidentielle et des candidatures, ensuite, à l'élection législative. Voilà ce qui est posé sur la table et ensuite, chacun y regardera.
Mais je vais vous dire, regardez ce qui se passe en ce moment avec les écologistes qui est assez intéressant. Parce que, vous remarquerez par exemple que Jean-Luc Mélenchon était à Montpellier avec notamment... Hier. Hier, exactement. Avec notamment une des responsables, une des anciennes responsables du Parti des écologistes au niveau national qui a rejoint la campagne menée par Nathalie Oziol. Oui, on parlait pas.
Et qu'il y a nombre de cadres chez les écologistes qui disent qu'ils ne veulent pas avoir un parti politique, en l'occurrence, leur parti politique des écologistes, qui tourne le dos au programme du Nouveau Front Populaire et privilégie une alliance avec le Parti Socialiste qui a dit maintes fois qu'il ne voulait plus rien avoir à faire avec la France insoumise qui est pourtant le premier groupe de gauche à l'Assemblée nationale. Donc vous faites
une offre fédérative aussi aux écologistes. Nous faisons une offre fédérative
et je vais vous dire contrairement à ce qui est...
Également aux écologistes donc.
Mais bien sûr. Contrairement à ce qui est dit souvent sur nous puisque nous serions les vilains petits canards de toute la politique et c'est pour ça qu'on vous appelle à nous mettre au pouvoir parce que comme nous sommes déjà responsables de tout, autant l'être vraiment.
Mais du coup, comme nous sommes souvent les petits vilains canards, je rappelle que c'est nous qui avons fait l'union avec la NUPES en jetant la rancune à la rivière en permettant à tous d'avoir un groupe parlementaire, que c'est nous qui avons refait l'union lors de la dissolution en donnant sans circonscription aux socialistes et que donc nous, nous avons fait des preuves d'union et que les preuves d'union ne marchent que si on garantit que le programme reste un programme de rupture.
Et à propos de programme, Gaëlle, justement...
Voilà.
Mais bon, cette offre... Excellente transition. Voilà. Cette offre, elle marche si c'est Jean-Luc Mélenchon qui se présente, j'imagine. En tout cas, je vois déjà... Pourquoi ? Pourquoi vous dites ça ? Parce qu'on a l'impression qu'il y a besoin d'un... Enfin, que vous voulez un candidat à la présidentielle et j'imagine que Jean-Luc Mélenchon se prépare de nouveau dans cette affaire.
Mais nous prendrons... Nous avons dit maintes fois, je vais vous le redire pour que comme ça ça soit clair pour tout le monde, nous avons dit maintes fois qu'en temps voulu, nous prendrons notre propre décision. Et donc, nous prendrons notre décision. Alors, une question sur le programme, Gaëlle.
Voilà. Donc, en tout cas, je vois que Jean-Luc Mélenchon et LFI se remettent à parler d'économie et notamment à lancer un programme en faveur des petits patrons, un peu les petits patrons contre les gros, avec son pacte productif. Est-ce que ça marche, cette opération de séduction ?
Alors, c'est une opération, non pas de séduction, comme on dit, mais de discussion. Et nous, nous sommes très fiers d'avoir fait ce colloque, effectivement, que chacun peut regarder avec l'Institut Laboessi. Et il se trouve que c'est justement un des responsables des syndicats des petits patrons qui nous a conseillé de travailler sur le changement de représentativité patronale en disant « nous ne nous sentons pas représentés par ce que dit le MEDEF sur beaucoup de choses ». Donc, oui… Le 2P, c'est ça ? Comment ? Oui, je crois que c'était ça. Enfin, vous devez mieux savoir que moi là-dessus.
Et donc, pour nous, c'est intéressant que ceux qui font le tissu économique de la France et surtout qui, je crois, ont un intérêt à ce que nous arrivions au pouvoir parce que, par exemple, si vous augmentez les salaires dans ce pays, c'est ce qui permet de relancer la consommation populaire. Or, vous le savez, l'activité économique de notre pays dépend à 53% de notre pays de la consommation populaire. et c'est pourquoi nous sommes très inquiets du budget passé par 49,3 car il fait peser un risque de récession sur notre pays et notamment sur les petites et moyennes entreprises.
Il est l'heure maintenant dans cette émission d'accueillir notre invité de Face à vous pour parler avec vous, je vous le disais, de la fin de vie, le sujet de société que ça représente. Le portrait de notre invité est signé Valérie Brochard.
Face à vous, Mathilde Panot, un médecin qui s'est spécialisé dans la fin de vie, engagé au sein de la Société française d'accompagnement et de soins palliatifs. Ce médecin urgentiste de formation s'est orienté vers les soins palliatifs en intégrant le département de soins de support de l'Institut Curie en 2011. Aujourd'hui, les mots « aide à mourir » dans l'intitulé même du texte restent décriés même si le rapporteur continue de défendre ce vocabulaire.
À un moment, il faut intégrer la réalité de l'évolution des mots dans l'histoire. Si le mot euthanasie avait gardé son acception originelle, étymologique, je serai le premier à le défendre. Sauf que ce mot, je l'ai dit, il a été souillé, il a été défiguré.
Et des amendements déposés par la gauche proposent le libre choix, ce qui ouvre la possibilité d'un suicide assisté pour les personnes en fin de vie, avec une exception d'euthanasie pour les patients en incapacité physique de s'administrer eux-mêmes la substance létale. Une ligne rouge pour le médecin en face de vous. Pas assez de garde-fous et la crainte d'un élargissement progressif des critères d'accès comme dans certains pays qui ont légalisé ces pratiques conduisent des médecins, des infirmières à se demander dans quel sens la clause de conscience permettant de refuser de pratiquer l'aide à mourir doit être appliquée. Face à vous, le docteur Alexis Burneau.
Alexis Burneau qui fait son entrée sur le plateau. Bonsoir docteur. Merci d'être avec nous. Je vous laisse saluer Mathilde Panot. Bonsoir. Bonsoir monsieur. Et vous allez pouvoir vous installer pour débattre pendant 7-8 minutes avec Mathilde Panot. A vous l'honneur. Bonsoir madame. Comme vous le savez, il y a un peu plus de deux ans maintenant, il y a eu ce projet de loi dite fin de vie proposée par monsieur Falorni avec un préambule dans lequel il parlait de la possibilité de pouvoir aider des gens dans un ultime recours quand ils étaient dans des situations de fin de vie avec des souffrances réfractaires après avoir tout essayé.
Et puis, d'ailleurs, le titre de cette proposition de loi était loi relative à la fin de vie. Et puis, petit à petit, les choses ont changé. Le titre a été enlevé, les mots fin de vie ont été enlevés et aujourd'hui, on se retrouve avec une proposition de loi qui est le droit à une aide à mourir avec un pronostic dont le terme a été enlevé, avec une vision beaucoup plus large de la situation, avec des gens qui sont avec des maladies incurables, certes, mais peuvent avoir plusieurs années devant eux. Et en fait, ma question est la suivante.
Est-ce que vous et votre groupe, vous défendez la possibilité toujours de cet ultime recours, c'est-à-dire des situations d'exception, de fin de vie, quand malgré tout ce qu'on essaye, il n'y a rien qui marche, ou est-ce que vous défendez finalement un droit à une mort choisie, finalement, j'allais dire, quand on le décide, comme c'est devenu le cas dans un certain nombre de pays ?
Alors, je vais vous répondre déjà bonsoir. Nous, nous défendons le texte qui est sorti de l'Assemblée nationale et je veux contester un peu la manière dont vous le présentez parce qu'il y a, donc effectivement, vous l'avez dit, le fait que c'est une maladie incurable qui engage le pronostic vital avec quand même un encadrement très strict qui a été fait dans cette loi et j'entends que souvent on joue sur la peur, c'était présenté notamment dans le portrait, sur le fait qu'à la fin on aurait une sorte de glissement qui s'opérerait ou à la fin plus aucun critère ne vaudrait.
Je rappelle que, par exemple, puisque c'est souvent dit, j'en profite que vous soyez là, qu'être porteur de handicap n'ouvre pas au droit à l'aide à mourir. Je le rappelle parce que c'est une des choses qui est beaucoup mise en avant et donc nous, nous défendons le texte tel qu'il est aujourd'hui et moi, je vais vous retourner un peu la question parce que je sais que vous, vous défendez beaucoup les soins palliatifs et vous avez raison. Il se trouve que moi, j'ai été extrêmement choquée de ce qui s'est passé en commission. Je ne sais pas si vous l'avez vu, donc je vais vous raconter ce qui s'est passé.
En commission, il se trouve que, normalement, il y a deux textes et certains disent nous sommes contre l'aide à mourir mais nous sommes pour les soins palliatifs. Or, dans les soins palliatifs, dans le texte ils ont supprimé le droit opposable aux soins palliatifs que nous avions introduit. Ils ont supprimé le fait qu'il y ait 106 maisons d'accompagnement, c'est-à-dire un par département et territoire d'outre-mer, donc qu'il n'y ait pas ça et ils ont supprimé aussi
le fait que ça soit
non lucratif pour les maisons d'accompagnement et donc ce sont ceux qui sont contre l'aide à mourir qui en fait rationnent aussi et sont en train d'attaquer les soins palliatifs et donc ma question, c'est quand quelqu'un en soins palliatifs vous dit qu'il n'en peut plus ? Quelle est la réponse que vous pouvez apporter à cette question ? S'il n'y a pas ce nouveau droit
qui est ouvert ? Quand quelqu'un est en soins palliatifs et qu'il n'en peut plus, il est dans une situation de fin de vie, ce qui n'est pas le cadre de la proposition de loi. Et je reviens sur les critères très stricts dont vous parlez. Un des critères,
c'est une souffrance réfractaire. Mais réfractaire à quoi ?
Donc vous êtes favorable ? Attendez, on va commencer par étapes. Si quelqu'un vous dit en soins palliatifs je n'en peux plus, vous êtes favorable à l'aide à mourir ? Dans ce cadre-là. Madame, vous n'avez pas
ma question. Je ne sais pas, je ne comprends pas. Parmi les cinq critères, c'est quand même important. On a des souffrances physiques ou psychiques réfractaires. Ça veut dire quoi ? C'est quoi la définition de réfractaire ? Oui, mais moi je ne sais pas. Vous êtes d'accord qu'il est bien dit
lorsqu'il y a une maladie incurable ? Vous êtes d'accord ?
Oui, mais là c'est
les souffrances. Et bien ensuite, la deuxième chose, pour qu'en réfractaire, si, si, je vais répondre à votre question. C'est tellement grave, il s'agit de vie de mort quand même. Oui, mais bien sûr, mais bien sûr. Vous savez que par exemple, c'est grave lorsque des personnes, lorsqu'elles sont atteintes par exemple de maladies type un cancer ou de maladies dégénératives, essayent de se suicider parce qu'elles espèrent le faire tant qu'elles peuvent encore le faire. Et que parfois, ce sont des personnes qui n'y arrivent pas, qui se retrouvent avec des souffrances encore plus grandes et donc que nous parlons effectivement de sujets extrêmement graves.
Je vous rejoins. Mais vous comprenez qu'on dit en permanence sur les plateaux de télévision qu'on est dans des critères très stricts. On dit qu'il y a des gens qui ont des maladies graves et incurables. Des gens qui ont des maladies graves et incurables, il y en a des centaines de milliers. Il y a plein de maladies qui sont graves et incurables mais qui permettent, les gens ne guérissent pas, mais il y a des traitements qui permettent de tenir et puis ils peuvent avoir des souffrances effectivement. Le critère de souffrance réfractaire, le texte ne définit pas ce que c'est qu'une souffrance réfractaire. C'est-à-dire quoi une souffrance réfractaire ?
C'est réfractaire à un pansement, à un doliprane, à de la morphine, à la consultation d'un médecin qui ne connaît pas grand-chose en douleur ou à la consultation d'une équipe spécialisée douleur. Vous voyez que ce n'est pas la même chose.
Vous aurez remarqué que...
C'est-à-dire qu'on confère au médecin un pouvoir qui est très très fort qui est de pouvoir décider sur des critères flous. Toi, tu vas pouvoir avoir une euthanasie. Toi, tu n'en auras pas. Et avec un caractère qui, nous, nous paraît quand même très expéditif puisqu'il peut y avoir seulement deux jours entre le moment où on fait la demande et le moment où on a cette euthanasie, même si on a du temps devant soi, alors que la vie, c'est des changements d'avis. Surtout si on a mal dormi, surtout si on a eu mal. Est-ce qu'il n'y a pas un risque d'euthanaser trop vite des gens qui auraient demandé du soin qui, lui, n'arrivent pas ?
Il n'y aura pas que deux jours parce que, vous le savez, pour pouvoir ouvrir ce droit, il va falloir que la personne demande de manière répétée et réitérée à dire qu'elle veut choisir elle-même d'en finir maintenant.
Réitérer, c'est deux jours dans le texte. Je le connais par cœur.
Oui, mais non, ce n'est pas juste deux jours. Enfin, répéter et réitérer. Donc, cela veut dire que quand vous posez la question de réfractaire, ça veut dire qu'il y a effectivement des personnes dans deux situations similaires, toutes les deux atteintes d'une maladie incurable, dont certaines auront des souffrances très fortes et l'autre aussi, les mêmes souffrances, on va dire, même si c'est très dépendant de la personne. Eh bien, si l'une d'entre elles décide qu'elle préfère en finir, entourée des siens, plutôt que de se retrouver dans une situation dont la personne ne veut pas,
eh bien, du coup,
c'est ça être maître de sa personne. C'est réfractaire par rapport à soi-même.
Madame, je comprends la démarche. Du coup, ce que vous êtes en train de dire, et moi, je suis tout à fait favorable à pouvoir discuter de ce débat-là, ce que vous êtes en train de dire, c'est qu'à partir du moment où la personne le veut et qu'il n'y a pas besoin qu'elle soit en fin de vie. Mais vous comprenez bien que du coup, on est en train de découvrir dans un autre débat.
On est un autre débat, c'est-à-dire que les Français découvrent qu'en fait, le texte initial où on les a rassurés en disant qu'il faut quelque chose qui soit un ultime recours, une échappatoire, devient finalement un projet qui est celui de la mort choisie qui permet que quand on décide que la vie doit s'arrêter, eh bien, il y a un devoir qu'un médecin ou qu'un infirmier ne veut vous arrêter la vie.
Non, parce que dedans, vous oubliez qu'il faut avoir une infection grave qui doit être incurable avec les souffrances réfractaires. Donc, en fait, tous ces critères-là ne sont pas un, l'autre et l'autre. Je vais vous dire...
Madame, croyez-moi, il n'y a aucune définition des critères réfractaires, aucune définition de grave... Et on va terminer là-dessus. Croyez-moi que nous sommes
face à un nouveau droit qui est un droit de l'émancipation auquel personne ne sera jamais forcé de recourir. Donc, faites attention sur la question de la peur parce qu'encore une fois, il y a des malades qui attendent... Ceux qui auront accès à des soulagements
seront soulagés et ceux qui n'auront pas auront l'euthanasie, en fait. Comment ? Ceux qui auront des accès à un soulagement possible parce qu'ils seront dans des régions où il y a un accès au soulagement de la douleur et à la prise en charge seront soulagés. Et ceux qui n'auront pas pourront avoir l'euthanasie sans avoir eu le temps peut-être de changer un mot et on termine. Ce qui se passe aujourd'hui,
c'est que ceux qui ont de l'argent vont à l'étranger et les autres ne peuvent pas le faire. Ceux qui auront des soins politiques
et ceux qui n'ont pas d'argent auront l'euthanasie. Merci. On va s'arrêter là parce qu'on ne peut pas refaire des heures de débat. Merci Mathilde Panot d'être venue sur le plateau de LCP lundi c'est politique qui revient lundi prochain. Bonne soirée.
Mathilde Panot