Aller au contenu
Tous les transcripts
Podcast / conversationFrance Culture (sur YouTube)· 5 septembre 2026 42 minComplaisantFond programmatiqueInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesEurope & internationalSolidarités & famille

PRÉSIDENTIELLE 2027 : la fabrique du PRÉSIDENTIABLE

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:10OuverteRéponse directe

    Comment qualifieriez-vous ce début de course à l'Élysée ?

  • 7:05OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui ressort des universités d'été du PS et de LFI ?

  • 9:12OuverteRéponse directe

    Comment passe-t-on du statut de personnalité politique à celui de candidat président ?

  • 11:20OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que la fonction présidentielle impose comme représentation particulière du pouvoir en France ?

  • 13:55OuverteRéponse partielle

    Parmi les sept principales candidatures, laquelle est actuellement la plus présidentiable et pourquoi ?

  • 18:04OuverteRéponse directe

    Quels enseignements tirez-vous de cette enquête sur la stature présidentielle ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 6:22Fait
    « Il y a beaucoup de candidats qui ont comme première priorité de légitimer leur candidature avant tout. »
  • 12:36Fait
    « Les Français sont monarchistes et régicides. Vous cherchez un sauveur. »
  • 19:32Chiffre
    « Marine Le Pen et Jordan Bardella restent en tête sur l'ensemble des dimensions testées avec des niveaux de stature présidentielle proche ou supérieur à 40 %. »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0,7 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Locuteur

Bonjour et bienvenue dans le magazine du weekend. Nous sommes ensemble et en direct jusqu'à 13h30 présidentielle 2027 la fabrique pardon des candidats. Une émission préparée par Mathilde Varin réalisée par Grégory Wallon à la technique Élise Marvin veut me faire faire de la politique. Ah voyez-vous ça ? En tant que quoi ? Sénateur. Mais pourquoi pas s'il veut vraiment s'y intéresser ? Et tu vas être obligé de te faire inscrire. Il ne l'a jamais fait vous savez. Je n'avais pas de raison pour le faire. Et bien, j'espère que personne ne le saura. Ce n'est pas inintéressant. Écoutez, je pense que que vous avez tout pour réussir. D'une part, vous êtes sincère.

Ensuite, pour les électeurs, vous êtes crédibles. Vous avez déjà le nom. Mais qu'est-ce que vous entendez par le nom ? Vous n'allez pas mêler mon père à tous. D'accord, on ne fera pas. Il est beau garçon. Ouais, c'est vrai. Et en plus, il a le pouvoir. Qu'est-ce que tu veux dire ? Tu sais bien ce que je veux dire. Non, j'en sais rien. Vous voulez dire que je pourrais dire ce que je veux, faire ce que je veux, aller où ça me plaira ? Hm, c'est vrai. Voilà votre garantie. J'échoue, c'est ça ? Alors, pourquoi vous préoccuper ? Vous êtes libre, Macy. Vous n'avez aucune chance. Alors, que risquez-vous ? Ça restera entre vous et le public.

La question est de savoir si vous acceptez de jouer le jeu. Non, la question est de savoir si ça vaut le coup. Est-ce que ça vaut le coup dans cette scène du film The Candidate voté M en français réalisé par Michael Richy en 1972 ? Le conseiller politique Marvin Lucas joué par Peter Boyle sait que Bill Mc incarné par Robert Redford n'a quasiment aucune chance de gagner mais il va construire son image, son discours, son personnage. La machine se met en marche. La thématique est plus que jamais d'actualité. Comment fabriquer un candidat dans ce cas précis à la présidentielle ? Car avant de devenir président, il faut d'abord devenir présidentiable.

Derrière une candidature se cache une mécanique bien huilée, déplacement, réseaux d'élus, d'experts, programmes, financement, stratégie de communication, ciblage électoral dans une actualité politique fragmentée et accélérée. Comment imposer un récit et dans tout cela, quelle place pour le fond et les idées ? Pour en parler avec nous en studio, Rachel Gara Valcarcel, journaliste politique à l'humanité, autrice de la newsletter bloc et parti. Bonjour. Bonjour. Benin Morel, constitutionnaliste, maître de conférence en droit public à l'université Paris Panthéon à SAS, auteur de crise politique, crise de régime paru en mars aux éditions Audil Jacob. Bonjour. Bonjour.

Et à distance, Christian Lebard, politiste, professeur à sciences pourenne, auteur de président paru l'année dernière aux presses universitaire de Rennes. Bonjour. Bonjour. Merci à vous trois d'avoir accepté notre invitation. D'abord, un tour de table. Nous sommes à moins de 8 mois du premier tour de l'élection présidentielle qui aura lieu les 18 avril et 2 mai 2027. Plusieurs responsables politique ont déjà annoncé leur candidature ou ont été désignés par leur parti et un premier débat a déjà eu lieu entre les sept principaux organisés par le MEDEF ce jeudi. En quelques mots, comment qualifieriez-vous ce début de course à l'Élysée ?

Benjamin Morel, c'est vrai que Débord, il est très précoce, hein. On voit qu'on a des candidatures qui et bien se posent et s'éliminent depuis quasiment un an et demi. Or, d'habitude, on avait plutôt une stabilisation à l'automne, mais il faut bien comprendre que la période actuelle est quand même marquée par quelque chose qui est l'affaiblissement des grands organes politiques, des grands partis politiques. Le rôle d'un parti politique, on adore détester les partis politiques, mais un parti politique, on en a besoin en démocratie.

C'est ce qui permet de filtrer des candidatures, de former des militants, de former des candidats, d'avancer tout ce que vous évoquiez, c'est-à-dire comment est-ce qu'on construit un candidat, c'était le rôle du parti de même que c'était son rôle de construire le programme. On voit qu'aujourd'hui ces grands parties sont en grande partie dysfonctionnelle et que donc à partir de là, leur rôle de filtre est abîmé. Leur rôle de construction d'un programme l''est également, même si le présidentialisme depuis quelques années, quelques décennies avait fait que le programme du candidat était souvent le programme du parti.

Et ça évidemment bah ça explique en partie en partie seulement l'aspect un petit peu vaporeux de ce début de campagne à la fois très précoce et en même temps avec une quarantaine de candidats déclarés même si une fin il devrait y avoir une sélection par les partis par les banques parce que ça coûte cher une campagne et également une fin par les maires lorsqu'il faudra trouver les 500 signatures. On va y venir Christian Lebard. Oui, je dirais aussi que c'est une campagne un peu en ordre dispersée. Euh les grands mouvements de régulation des campagnes sont devant nous parce qu'il y a énormément de candidat candidatures de président euh possible potentiel suputé et cetera.

Et je rejoins Benjamin Morel sur l'idée que bah d'une part les partis politiques qui traditionnellement bah régulaient les candidature ne sont plus guè en mesure de faire alors faut simplement on a de plus en plus de candidats qui créent leur partis davantage qui ne sont désignés par les grands partis. Les grands partis sont toujours là, mais on a de plus en plus de petits partis individuels qui servent effectivement plutôt plutôt au financement que euh à s'inscrire vraiment dans une logique d'investiture comme on a pu le connaître par le passé.

Et puis je dirais aussi que la mécanique des primaires qui a participé à cette à ces phénomènes de régul candidature lors des dernières élections, cette mécanique, elle est elle est elle-même un peu chaotique hein puisque bon, il y a une primaire une primaire à gauche, mais dont on ne connaît pas encore dans le détail les modes d'organisation. les candidatures elles-mêmes sont euh sont pas encore complètement arrêtées et puis surtout la légitimité des primaires, on en parle à droite hein, la légitimité des primaires, elle est très discutée, elle est donc cette institution qui devait un peu réguler on a un petit problème technique, on va essayer de de récupérer le son. Rachel Gara Valcarcel.

Euh oui, je dirais aussi que c'est une campagne qui a démarré très très tôt. On a quand même eu avant l'été euh [raclement de gorge] toute une série de de vrais grand meeting de grands candidats à l'élection. Gabriel Atale, Bruno Rotaillot, Jean-Luc Mélenchon, Édouard Philippe. Euh c'est assez inédit. Il y a déjà eu des candidats qui se déclarent tôt, notamment des gens qui passent par une primaire, mais là c'est pas le cas.

Euh donc il y a il y a beaucoup de candidatures qui arrivent très tôt, qui démarrent une campagne active très tôt, ce qui va d'ailleurs poser une campagne une question de financement hein euh parce que c'est pas extensible, hein, c'est pas parce que vous démarrez plutôt que vous avez plus d'argent, que vous pouvez dépenser légalement plus d'argent. Euh mais c'est aussi effectivement le fait que il y a beaucoup de candidats qui ont comme première priorité de légitimer leur candidature avant tout. Et dans un scrutin présidentiel qui est devenu extrêmement tactique, en fait, il faut être à la bonne place au bon moment pour prendre l'ascenseur disons et surtout pas prendre le toboggan.

Euh et donc ben l'idée c'est de partir le le plus tôt possible éventuellement. Rachel Gara Valcarcel, une question d'actualité là encore. Vous rentrez des universités d'été du PS et de LFI. Qu'est-ce qui en ressort ? Commençons par le PS. Euh le PS savoure un peu d'être à nouveau sous le feu des projecteurs. [rires] Euh l'année dernière déjà, souvenez-vous, cet événement, il est arrivé juste après le Arakiri budgétaire de François Bairou. Donc tout le monde était là pour savoir qu'allait faire le Parti socialiste. Là, ben il a une primaire, certes, une primaire fermée ou s'il y a 50000 votants à la fin, ce sera bien déjà pas mal.

et avec un candidat qui malgré tout bah est au-dessus de 10 % aujourd'hui dans les sondages, il est dans cette zone grise où effectivement ben comme je disais, vous pouvez soit prendre l'ascenseur, soit prendre le tobogan, mais en tout cas vous avez une chance de faire quelque chose. Donc évidemment ça intéresse les médias mais vous avez une compétition aussi qui se met en place puisque Olivier Fort va faire sa déclaration de candidature ce soir et visiblement a décidé de de jouer sa chance crânement. C'est très différent de ce qui se passe à la France insoumise où vous aviez d'après les du parti 8000 personnes.

C'est évidemment vérifiable mais il y avait énormément énormément de monde beaucoup plus que dans les années précédentes. Ils ont montré la preuve d'une d'un très grand professionnalisme. Je trouve qu'ils ont d'élection en élection ils progressent quand même. [souffle coupé] Euh et puis eux ils ont un candidat comme ils disent très bien et je trouve c'est un argument qui marche très très bien. C'est carré. Ils sont ils donnent l'image d'être prêt et ça forcément c'est très différent de ce qui se passe au Parti socialiste. Et vous avez trouvé que leur rapport avec les journalistes avait légèrement évolué ? Oui.

Bah comment dire les rapports avec les journalistes dans les partis il est cyclique hein. La France insoumise ne fait pas exception. Euh l'année dernière on était quelques mois après la sortie de la meute. J'y étais pas moi personnellement mais je sais que c'était un petit peu plus compliqué. Là cette année, ils étaient tout miel. D'accord. Et au total hein, on l' on l'a vous l'avez dit Benjamin Morel, selon les décodeurs du monde, au 27 août 2026, 24 candidats été déclarés auquel s'ajoute une dizaine de candidats potentiels. Cependant, la liste officielle ne sera connue qu'après la validation des 500 parrainages par le Conseil constitutionnel Christian Lebard.

Comment passe-ton du statut de personnalité politique à celui de candidat président ? Comment se construit cette présidenciabilité ? Alors, la notion de présidentiable, elle est bon, elle est très incertaine, elle est très volatile, elle est très floue, hein. C'est pas une notion juridique, c'est je dirais le le résultat de tout un ensemble de de discours, de de perception, de représentation qui viennent principalement des commentaires médiatiques, hein, ce des journalistes, des politologues de la classe politique elle-même autour d'une personnalité dont on va dire qu'elle est ou qu'elle n'est pas président.

Donc on va diagnostiquer un déficit de président en s'appuyant sur toute une série de de d'éléments parfois objectif, hein. Ça peut être l'investiture d'un grand parti politique, ça peut être la facilité avec laquelle on va recueillir des signatures, ça va être l'expérience ministérielle ou politique d'une façon générale. Ça peut être un un bon score dans les sondages d'opinion. Donc ça c'est la dimension symbolique. C'est ce que vous appelez la dimension symbolique. C'est ça. C'est une di Oui. Oui, bien sûr.

Bah de toute façon la présidentité, ça n'est rien d'autre qu'un capital symbolique, hein, qui est qui est octroyé comme ça euh par des effets de de de bluff et de de croyances partagées, disons ça comme ça, hein. Euh bon, on peut on peut l'objectiver, mais ça reste une représentation. Parce que vous distinguez aussi la dimension institutionnelle. Ah oui, clairement. Bah, la dimension institutionnelle, c'est remplir les conditions objectives pour être candidat, c'est-à-dire réunir les réunir les signatures pour pouvoir pour pouvoir candidater.

Mais derrière ça, il y a évidemment une hiérarchie entre établie par exemple par les commentateurs entre les candidats crédibles, les candidats sérieux, les candidats auxquels on va accorder de l'importance et puis les petits candidats dont on va dire qu'il témoignent et auquel on ne va pas donner ce statut de président alors même qu'ils sont candidats. Benjamin Morel, qu'est-ce que la fonction présidentielle impose comme représentation particulière du pouvoir en France ? Bah, plusieurs choses si vous voulez.

C'est-à-dire que lorsque vous élisez un président au suffrage universel direct, au moins en France, hein, c'est pas nécessairement le cas dans d'autres pays qui l'élit, je pense, au Portugal, à l'Autriche, à la Finlande, mais où en fait ce sont des présidents qui n'auront jamais de majorité parlementaire derrière. Ce qui fait le pouvoir d'un président en France, c'est pas le fait qu'il a été élu. En fait, il a pas plus de pouvoir qu'avant l'élection au suffrage universel du président de la République et même juridiquement, on peut dire qu'il en a moins sur certains aspects excès prédécesseurs de la 3e République.

Pouvoir réglementaire, disposer des forces armées, tout ça appartient au Premier ministre alors que sous la troisème, ça appartenait au président de la République. Ce qui fait son pouvoir, c'est le fait de disposer d'une majorité et d'ailleurs ça va être intéressant 2027 de voir s'il en a une. Et dans tous les cas et bien dès lors qu'il possède une majorité, il devient dans l'espace politique occidental le chef de l'État qui a le plus de pouvoir. Et ça bah ça implique deux choses. Vous savez un président de la République c'est un peu un président Janus en France. Il est à la fois le chef de l'État et donc il incarne le pays à l'étranger et cetera.

Et donc vous cherchez des signes de président. C'est toujours la question pourra-t-il demain parler avec Vladimir Poutine ? Pourra-t-il parler avec Donald Trump ? Donc il faut arriver à incarner cette image d'un pays uni dans une situation internationale compliquée. Et l'autre aspect qui est très lié à cette élection au suffrage universel direct, c'est qu'à chaque élection présidentielle, le peuple cherche d'une certaine façon un sauveur. Ça été pensé comme ça un peu par de Gaul he c'est-à-dire que Nicolas Sarkozy disait "Les français sont monarchistes et régicides. Vous cherchez un sauveur, quelqu'un qui vous dit "Vous allez voir ce que vous allez voir.

Moi, président de la République, il y aura plus de problème de pouvoir d'achat et cetera et cetera. Au bout de 6 mois, il vous a peut-être pas sauvé et d'une certaine façon, vous lui en voudrez, mais vous vous direz que dans 4 ans et demi et bien notre sauveur vous sauvera. Et donc c'est un peu une drogue dure que celle du présidentialisme, la capacité qu'à le peuple à se chercher à chaque fois un sauveur tout en étant rarement content de celui qu'il s'est désigné quelques temps plus tard. Rachel Garaval Carcel.

Oui, je suis évidemment d'accord avec ce que vient de dire Benjamin Morel, mais même si effectivement les pouvoirs intrinsèques du président de la République dans la Constitution sont pas si énormes, l'élection du président au suffrage universel, elle est pensée pour lui donner un blast phénoménal et donc une légitimité politique énorme comparée à la légitimité divisée de 577 députés. Alors ça marche plus ou moins. C'estd qu'effectivement vous avez pas toujours de majorité même si souvent le blas de votre élection, pas toujours de votre réélection vous donne une majorité parlementaire. Mais voilà, ça c'est le césarisme démocratique, c'est le gaolisme de 1958. Christian Lebard. question.

Oui, je dirais que pour compléter ce qui a été dit que le rôle présidentiel en France il s'est il s'est construit autour d'une tension entre la verticalité très très golienne évidemment du du pouvoir présidentiel et puis aussi des des grandeurs liées tout à l'inverse à la la proximité, le fait d'être voilà au salon de l'agriculture, de pouvoir parler au chefs d'entreprise de de savoir faire un banfou ou de de ou un meeting.

Donc voilà, ces deux dimensions qui sont évidemment antagoniques, mais il faut savoir jouer sur les deux tableaux, à la fois la stature international, les réseaux internationaux et la capacité la capacité à être sur le terrain, à payer de sa personne avec avec les agriculteurs en difficulté et cetera. et bon Paris province international local enfin voilà c'est c'est toujours une équation très compliquée autour de ces deux [raclement de gorge] ces deux choses. Et alors avec tout ce qui vient d'être dit justement selon vous trois parmi les sept principales candidatures qui laquelle est actuellement la plus président et pourquoi Benjamin Morel ?

Je me garderai [rires] bien de répondre directement à cette question mais ce qu'on peut dire c'est qu'ils essayent tous de construire une présidentialité. Si vous prenez par exemple la personnalité de Marine Le Pen, c'est intéressant. C'est-à-dire que vous avez une personnalité qui se construit une présidentialité sur le temps long en allant rencontrer des chefs d'état étranger ou en essayant de les rencontrer en construisant tout à l'heure sur le bar l'évoquait mais un lien particulier avec le peuple et cetera. Emmanuel Macron a également cherché à construire ça avant même d'arriver au pouvoir.

On voit qu'aujourd'hui Édouard Philippe et d'autres parient sur leur expérience passée d'homme d'état pour montrer que et bien demain ils peuvent à nouveau exercer ces fonctions.

Donc on a quand même une recherche de présidentialité qui est fondamentalement aujourd'hui structurante et qui fait que au fond et bien l'étos politique va compter, c'est-à-dire le fait de se considér d'être considéré égard à à ce que l'individu est lui-même est tout aussi important dans une partie en tout cas du discours que le programme quand on commentait au sein du RN la rivalité entre Jordane Bardella et Marine Le Pen, on parlait de programme mais j'y reviens Est-ce que Jordan Mardella peut parler à Vladimir Poutine ? Marine Le Pen n'est-elle pas plus n'a-t-elle pas plus d'épaisseur pour le faire ?

Ce logiciel là, et je rejoins tout à fait ce qui a été dit, qui est essentiellement une construction à la fois médiatique, une construction du discours, ben c'est quelque chose qui en France pèse énormément avec l'exction au suffrage universel du président de la République, même s'il faut nuancer.

C'est-à-dire que quand vous regardez tous les pays, même les démocraties parlementaires où on élit pas directement en Allemagne, le chancelier, en Grande-Bretagne le Premier ministre, au fond la médiatisation politique fait que les personnalités, les chefs d'exécutifs ont pris un poids dans leur personnalité et dans la manière dont ils sont mis en avant extrêmement important dans la démocratie occidentale. Ça renvoie au petit sujet que vous évoquiez tout à l'heure. la Merkel Mania en Allemagne et ben d'une certaine façon a comme répondant en France la nostalgie par exemple de Jack Chirac. C'est vrai. Rachel Garaval Carcel.

Oui, moi je je crois qu'il faut se détacher de la question de la présidentialité parce que comme on l'a dit c'est quand même une construction et une construction de de nous hein nous médias quand même avant tout parce que au fond euh pour vous me permettrez cette lapis, on n'est pas président avant d'être président. Euh je me souviens, souvenez-vous l'an dernier euh cette image de tous les dirigeants européens alignés devant le bureau de Donald Trump à la Maison Blanche.

Il y a plein de gens se disent "Waouh, mais qui on imagine à la place de Macron En fait, on imagine pas forcément quelqu'un parce qu'en fait tant qu'il n'est pas dans le rôle, c'est très difficile de Alors, vous me direz qu'il y a des gens qui ont été dans le rôle et qu'on a jamaé mais [rires] bon ça après c'est leur on citera pas de nom citera pas de nom parce que il voudrait peut-être revenir [rires] mais non non mais voilà mais c'est c'est c'est terriblement injuste pour les candidats et parce que fondamentalement malgré tout ce sont les circonstances qui font les les présidents éventuellement peut-être peut-être les présidentes euh ce même président qu'on met Janim pas forcément très très fort, ben il a été à la hauteur lors de moments très tragiques pour la France et à un point qu'on imaginait peut-être pas avant.

Ce sont les circonstances qui font ça. Donc c'est assez injuste. Ça a un effet, je ne le ni pas du tout mais il faut reconnaître quand même que c'est assez injuste. H Christian Lebard en particulier pour les femmes. Oui, on pourrait ajouter euh Oui, on pourrait ajouter que cette définition de la présidentité, elle est effectivement très très variable. Alors, selon les électorats sans doute, mais aussi selon la la conjoncture. Si la situation internationale se tend, les critères qui font le bon président ou la bonne présidente seront sensiblement différents de ceux qui pouvaient prévaloir dans un contexte plus calme. Je dirais, je prends un exemple.

Emmanuel Macron a pu se faire rélir en 2017 en se présentant comme extérieur au champ politique. Je n'étais pas je ne suis pas un professionnel de la politique, disait-il, et cetera dans un contexte un peu un peu populiste où le fait d'être extérieur au champ politique pouvait apparaître comme quasiment une ressource de présidentité. Très paradoxalement, je suis pas sûr qu'on soit encore complètement dans ce dans ce contexte là. En tout cas, pour le casting qui s'annonce, là on a quand même pour l'essentiel des professionnels de la politique aguérri venant des grands partis et cetera. On a pas de de candidature extérieure au champ politique.

Donc tout ça pour dire que ça évolue selon le selon le contexte. C'est important. Et du côté un de l'opinion des Français selon la 4e vague du baromètre de la stature présidentielle des potentiels candidats du cabinet d'études et de conseil Verrian pour le Figaro magazine réalisé du 8 au 10 juillet 2026, soit après la condamnation en appel de Marine Le Pen. C'est important. Marine Le Pen et Jordan Bardella restent en tête sur l'ensemble des dimensions testées avec des niveaux de stature présidentielle proche ou supérieur à 40 %. Édouard Philippe reste solide malgré une légère éosion. Son avantage repose sur la compétence et l'expérience. François Hollande enregistre un rebond.

Gabriel Atal est stable tandis que Bruno Rotaillot semble atteindre un plateau. Enfin à gauche, Raphaël Gluxman et Jean-Luc Mélenchon restent cantonnés à des niveaux relativement faibles. Même si Jean-Luc Mélenchon affiche une légère amélioration reposant sur deux dimensions. Sa capacité à représenter la France et celle à prendre des décisions. Votre réaction à cette enquête, qu'est-ce que cela nous enseigne ? Rachel Garaval Carcel. Ça nous est quand même un peu lié aux intentions de vote en réalité et que quand on a envie de voir quelqu'un comme président et ben on le voit comme président. C'est un peu une totologie quoi d'une certaine manière.

Évidemment ben quand vous avez un candidat qui fait 3 % mais en fait vous le voyez pas vraiment président. Quand vous avez un candidat qui a 35 % he ben vous le voyez un petit peu plus comme président. Je je veux pas totalement jeter au feu ce type de sondage parce que je pas du tout, j'ai pas du tout mais voilà, il faut il faut le relativiser par rapport à en fait ce qui est notre paysage politique aujourd'hui. Le RN est dominant, il est allonné peut-être par Édouard Philippe et la gauche, elle est bien derrière. Benjamin Morel. Oui, je suis assez d'accord.

Elle était vous savez la politique, c'est aussi en grande partie de la physique au sens où quand il y a un espace politique qui s'ouvre, quelqu'un s'y engouffre. Prenez Macron 2017. Ce qui fait Macron 2017, c'est pas qu'il a la stature du président, c'est que vous avez une primaire à gauche qui enfente d'un candidat très polarisé à gauche, Benoît Amont qui fait une mauvaise campagne. Il y a un électorat de centre gauche qui est orphelin. Vous avez une primaire à droite qui est enfente d'un candidat très polarisé à droite, François Fillon qui plus a quelques casseroles et ça vous ouvre un espace à droite. Ils sont deux dessus, François Bairou et Emmanuel Macron. François Bairou se retire.

l'électorat orphelin qui est le moins sûr à l'époque de son choix mais choisit le seul choix qui est vraiment le sien. Ce qui fait Emmanuel Macron, c'est pas d'abord le personnage, même si évidemment il a du talent et cetera. C'est cet espace politique. Aujourd'hui, quand vous regardez l'espace politique, alors certains imaginent des personnalités Dominique de Villepin, Sébastien Lecnuet et cetera. Mais la question c'est quel espace électoral ?

Si l'espace électoral n'existe pas et si derrière on l'évoqué, il y a pas un parti, une structure avec de l'argent, si vous voulez vous présenter à la présidentielle, sachez-le pour vos auditeurs, ce qu'il y penserait c'est pour la joue gagnante à minima 8 10 millions d'euros et vous pouvez voter jusqu'à 21 million d'euros. Donc forcément, il faut avoir un peu de fond et ça les partis politiques peuvent ou pas ligner. Le l'enjeu de la primaire du PS là, c'est d'abord la caisse de campagne du Parti socialiste, hein. C'est pour ça que Raphaël Luxman notamment en a besoin pour être candidat et les signatures derrière.

Et donc tout ça fait que nécessairement bah l'espace politique structure une candidature et qu'ensuite ben quand vous avez un candidat sur cet espace-là, je rejoins tout à fait ce qui était dit, et bien vous lui trouvez des qualités ou en tout cas vous mettez en avant certaines des qualités qui sont portées au dépend de peut-être quelques défauts que vous essayez de gommer. Vous avez un très bon exemple avec Jean-Luc Mélenchon qui a fait trois campagnes présidentielles où en fait les qualités que lui trouve les gens sont assez indexées sur les intentions de vote qui montent à l'approche de l'élection présidentielle.

On sait pas si ça va se produire de la même manière mais on a au moins deux exemples en 2017 et 2022 là-dessus avec Jean-Luc Mélenchon. Christian Lebard, est-ce qu'il existe des stratégies bien identifiées d'autoprésidentialisation pour un candidat ou est-ce que la stature comme on l'a évoqué est vraiment forgée en grande partie par les médias ? Vous vous parliez des des livres par exemple ? Oui, la présidenciabilité, elle est aussi travaillée bien sûr par les par les principaux intéressés, hein. Moi, j'ai travaillé sur les livres politiques, c'est un exemple tout à fait flagrant.

faire un livre, surtout le faire à ce moment-là du calendrier politique, c'est très clairement voilà envoyer un signal comme quoi on est capable de prendre de la hauteur par rapport au débats politique quotidien. On est capable de s'exprimer autrement que par les réseaux sociaux ou sur les chaînes d'information continue. On est capable de citer un écrivain, un philosophe et cetera pour mettre un peu en perspective l'histoire de la société française. Bref, on on anticipe un peu la position de surplomb qui sera celle attendue du président. Donc le livre et en particulier le livre de de candidat euh à l'élection présidentielle participe bien sûr de cette euh de cette présidentité.

On a vu euh des personnalités politiques très connues euh euh par exemple se faire un peu silencieuse ou un peu rare de leur prise de parole pour monter en présidentité parce que clairement on change de registre quand on est candidat à l'élection présidentielle. Donc oui, bien sûr, toutes ces stratégieslà sont très travaillées par les les candidats et leur euh et leurs équipes de campagne. Et avant de poursuivre cet échange, petite pause musicale avec Lou Rolls The Politician sortie en 1972 sur l'album A Man of Value. France Culture, le magazine du weekend. Dialo see the poli see him kiss the baby. See him help the little old lady cross theet. See the politician [musique]

25:19
Non speech

[musique]

25:20
Locuteur

see him making spees telling everything [musique] he sweet see the politician [musique]

25:43
Non speech

[musique]

25:47
Locuteur

Bienvenue si vous nous rejoignez en direct sur France Culture dans cette émission consacrée à la fabrique des candidats parce qu'une présidentielle ne se gagne pas seulement dans les urnes, elle se prépare longtemps à l'avance avec une équipe, un récit des réseaux et de l'argent, beaucoup d'argent. Nous avons commencé à l'évoquer Christian Lebard en préparant cette émission. Vous avez vraiment insisté hein sur l'enjeu autour des préfinancements. Expliquez-nous. Bah oui, tout à fait. Bon, Benjamin Morel l'a dit, une compagne présidentielle, ça coûte très cher.

On sait que pour ceux qui franchissent la barre des 5 % euh il y a des remboursements possibles, mais d'une part tout le monde les candidats évidemment ne la franchissent pas. Et puis euh bah du coup, il faut quand même bah anticiper ces financements, les avancer et donc là il y a pas 50 solutions. Euh il faut obtenir des prêts euh bancaires et on sait que ce point a fait l'actualité en particulier du côté du Rassemblement national ces dernières années. On sait que euh les donateurs peuvent participer aux campagnes mais que les dons sont plafonnés.

Donc il faut on voit des candidats hein qui partent à la à la pêche au au don individuel mais c'est toujours très fastidieux et [grognement] puis on sait bien sûr ça a été rappelé tout à l'heure que le fait d'avoir un une formation politique importante derrière soi, c'est une garantie de financement sans sans sans équivalent. Et donc c'est pour ça que euh les candidats ont quand même le souhait de se prévaloir d'une grande formation politique pour euh adosser leur campagne. Et c'est aussi pour ça que ceux qui euh ne sont que à la tête de petites formations politiques, voir de partis politiques individuels sont souvent en grande difficulté.

Certains renoncent et pas seulement pour des questions de signature mais aussi pour des questions de de de financement. Donc c'est quand même le nerf de la guerre. Benjamin [raclement de gorge] Morel, qui sont les personnes qui entourent les candidats et je pense notamment au réseau d'élus, quel est le son rôle ? Alors, il y a plusieurs type de personnalité hein qui entourent les candidats. Vous avez un entourage proche qui peut être composé bah de notamment de fonctionnaires, de gens qui vont être et d'ailleurs c'est un vrai enjeu hein pour le RN comme pour la FI de montrer que il y a des réseaux dans l'État.

Ces réseaux dans l'État, c'est une façon de construire un programme avec des gens qui vont être compétents et cetera. Et puis c'est ensuite une manière également de montrer qu'il est qu'il serait en capacité de l'exercer parce qu'on a l'impression qu'un président et bien arrivera au pouvoir et qui serait tout-puissant. Si vous ne maîtrisez pas l'administration, vous ne maîtrisez rien et donc il faut être en capacité de peupler les cabinets. Il faut être en capacité de peupler les ministères. On a vu combien ça pouvait être difficile pour Emmanuel Macron qui ne venait pas d'un grand parti politique.

Et donc ça c'est un enjeu à la fois de structuration d'une campagne et de crédibilisation d'une candidature. Et ensuite vous avez des réseaux d'élus et ces réseaux d'élu ils vont permettre à la fois de montrer que vous avez un lien avec le terrain, de maîtriser, on y revient mais potentiellement des réseaux issus d'un milieu partisan qui vont vous assurer des financements, des déplacements, un accompagnement et puis une campagne, ça fonctionne sur le principe du tiers de confiance. En gros, ben h vous avez un candidat, vous ne le connaissez pas vraiment, est-ce que vraiment c'est un bon candidat ?

S'il y a un autre, une autre personnalité politique, notamment un grand élu et cetera que vous connaissez qui vous dit "Écoutez, celui-là euh vraiment c'est mon candidat.

Si je fais confiance à A et que A fait confiance à B, je peux faire confiance à B." Si vous prenez là aussi Macron 2017, des personnalités comme Gérard Colom, Jean-Ive Ledrian, ce sont des relais et d'opinions vis-à-vis du parti, d'un réseau militant, d'autres résultés locaux et de l'autre côté de l'opinion en général pour montrer que et bien au fond la confiance peut être transitive et qu'avoir des lieutenants que vous allez envoyer sur les plateaux télévision et cetera et bien ça vous donne du crédit, ça vous donne de la force et ça permet de faire ce qui était évoqué tout à l'heure, c'est-à-dire que ça vous permet à vous de vous mettre en retrait, de jouer le président parce que une grande personnalité président ne va pas débattre avec des secondes couteaux.

Il va rester en retraiture d'édouard Philippe en ce moment. Exactement. Et vous envoyez des lieutenants débattre à votre place, ce qui montre que vous êtes très important parce que votre parole est rare, elle est réservée et en même temps ça vous permet de capter le terrain, d'être présent dans les débats et donc de ne pas être justement marginalisé. Et parmi ces outils he de préparation d'une campagne, il y a le ciblage électoral. À ce sujet mimé, un des candidats a beaucoup fait parler de lui. Elle s'appelle Nathalie, elle adore aller au marché le samedi, elle écoute Cabrel et surtout, elle pourrait voter Raphaëlman en 2027.

Le média politico a publié mardi [musique] 12 mai une note confidentielle de l'équipe de l'urodéputé. Celle-ci identifie les publics prioritaires pour sa stratégie électorale et aussi ceux à éviter. Dans [musique] ce document de 48 pages, on retrouve les portraits robots un peu caricaturaux de ses électeurs types ou fidèles. Nathalie De Nant, 57 ans, professeur de lettrre qui aide les migrants et écoute Cabrel, Stromay et Milen Farmer est un profil acquis à la cause du président de place [musique] publique. Il y a aussi les électorats de conquête à gauche avec Romain de Romainville 43 ans, ingénieur chez EDF ou au centre avec Gérard de Guérande,

30:44
Non speech

[musique]

30:45
Locuteur

68 ans, un retraité au niveau de vie confortable avec ses 5100 € de pension par mois. En revanche, la liste de ces électeurs difficilement mobilisables comprend les 18 25 ans, les CSP moins, les parents seuls avec enfants ou les banlieux. Raphaël Gruxman a publié un communiqué de réponse le soir même. [musique] Assz. Ce document volé dont j'ai immédiatement rejeté les conclusions n'a aucune valeur politique. Voilà, un reportage publié dans le progrès le 13 mai. Alors Rachel Garaval Carcel, est-ce que Nathalie de Nant et Romain de Romainville étaient aux universités d'été ? Euh peut-être c'est possible mais je j'ai pas vu tout.

[rires] Alors plus sérieusement, vous avez consacré un article à la question du ciblage électoral sur votre site bloc et parti. Qu'est-ce que nous dit cette affaire ? Ah ce qu'elle nous dit c'est que il y a une grande hypocrisie d'une certaine manière et pas particulièrement de la campagne Gluxman mais de toutes les campagne parce que tous les candidats à l'élection présidentielle vous disent qu'il parlent aux françaises et aux Français qui veulent rassembler. Il y en a pas un qui dit qu'il veut pas rassembler hein. Euh sauf qu'en fait aujourd'hui une campagne électorale et que ce soit la présidentielle ou une municipale ça se joue sur la mobilisation de votre camp.

En fait vous faites assez peu changer d'avis les gens. Il y a il y a toujours des gens qui basculent mais en fait c'est pas là-dessus que se gagne une élection, c'est sur la mobilisation. Il faut que votre camp, a priori les électeurs qui votent pour vous, il soient plus mobilisés que l'autre camp. Et pour faire ça, ben faut savoir qui a priori vote pour vous. Et donc il y a eu cette cette note le dit, elle le dit d'une manière extrêmement caricaturale quand on en parle avec des gens dont c'est le travail hein, les questions de mobilisation. Euh mais toutes les campagnes essayent de savoir qui votent pour eux pour euh cadrer le message pour les mobiliser eux en particulier.

Euh c'est normal ça. Moi je trouve ça a rien de particulièrement sale si je puis dire. Euh juste il faut en être conscient. Et en l'occurrence, je trouve que dans cette polémique, ce qui est assez frappant, c'est que même si les profils sont caricaturaux dans cette note, je trouve c'est rigolo quand même que Raphaëlman dise mais c'est pas du tout enfin à un moment donné, il faut être lucide sur son propre électorat. En réalité, c'est de fait aujourd'hui, je dis pas que ça va rester comme ça de toute éternité. La jeunesse, elle est plutôt du côté de Jean-Luc Mélenchon. les personnes qui gagnent peu d'argent, ils sont plutôt du côté de Jean-Luc Mélenchon, de Marine Le Pen.

Et effectivement cette classe moyenne supérieur, bah et on l'a vu aux européennes hein, c'est pas un sondage hein, bah elle a plutôt du côté de Raphaël Guxman. Bon bah, c'est pas c'est pas honteux hein. Christian Lebard. Oui. Alors, évidemment tous les candidats et leurs équipes vont cibler des électorats. Ils ont à peu près tous une vision assez précise de la de la sociologie de leur de leur électorat captif. Ils ont une idée assez précise des parts de marché qu'ils peuvent gagner auprès de tel et tel segment de la société. Bon, tout ça est est très pensé bien sûr par des clans qui savent qui connaissent bien la sociologie électorale avec quand même quelques limite qu'il faut rappeler.

La première, c'est que l'électorat est de plus en plus volatile. Donc il est de plus en plus difficile de décrire sociologiquement les électorats en terme de niveau de diplôme, niveau de richesse et cetera. Donc c'est un peu quand même la bouteille à l'encre. Et puis deuxième deuxième difficulté, il faut aussi rappeler que la France n'est pas les États-Unis. En France, on peut pas acheter des données qui permettent de cibler par exemple par des messages mail ADOC, on peut pas cibler des électorats précis parce que on peut pas voilà, on peut pas acheter des données de des lecteurs quoi tout simplement.

Donc ça reste ça reste des stratégies quand même très grossières, très grossières et très approximatives. Oui. Et à partir de là, comment arbitrer entre ce que l'on croit politiquement et ce que l'on pense électoralement efficace ? Christian Lebard, c'est difficile. Ah bah, il y a il y a quelques exemples effectivement de de stratégies qui peuvent donner l'impression que un parti politique voir un leader euh fait un peu son deuil de ses convictions originelles pour aller donner des gages et cetera. Exemple en tête. Euh tout le monde en a en tête donc je donnerai pas l'antenne mais bon voilà.

Donc bon euh le métier politique, ça sert aussi à enfin c'est c'est aussi l'art de savoir faire passer ces euh ce qui de loin peut être qualifié comme des des bon des des des stratégies un peu opportunistes, mais de les de de les faire accepter, de les apparaître, de les faire apparaître comme acceptable et peut-être aussi d'y croire soi-même, de s'y convertir soi-même, hein. Voilà, c'est le métier politique dans toute sa dimension stratégique. Et finalement, est-ce que le risque ce n'est pas, c'est une question un petit peu naïve, mais que les stratégies électorales ne déterminent pas les idées.

Benjamin Morel en partie, oui, c'est-à-dire que alors on est passé, même si c'est très très caricatural, d'une d'une vision d'offre politique, si vous voulez, un parti politique puissant avec des militants était en capacité de produire un logiciel et ce logiciel, il fallait et bien trouver un électorat. Et si jamais bah vous aviez trop de variations dans le logiciel, vous aviez des enquiners qui s'appelaient des militants qui s'étaient pas engagés pour ça qui vous engueulaient. Et donc dans le parti politique ça tanguait.

Et donc le parti politique du 20e siècle structuré avec un centralisme démocratique et cetera sur le modèle du parti communiste mais qui ensuite s'est diffusé à gauche comme à droite parce qu'il était efficace. Ce parti politique apparaît moins efficace depuis quelques années par rapport à des structures mouvementistes. Et quand vous prenez la République en marche, la France insoumise, ce sont pas tant des partis que des mouvements qui peuvent s'adapter beaucoup plus à leur électorat. Le en même temps, c'est ça d'une certaine façon. Vous prenez les enquêtes de les sondages du matin et bah si les enquêtes disent que le ciel est bleu, le ciel est bleu.

Si le ciel est vert, le ciel est vert si vous voulez. Et donc vous vous adaptez à votre électorat. Ça pour tenir le pouvoir c'est pas forcément très efficace mais pour le conquérir c'est extrêmement efficace. Et si jamais vous avez par exemple de la part de Jean-Luc Mélenchon la non volonté d'avoir forcément de grands élus et cetera, si le parti est très concentré, très centralisé dans les mains de quelques-uns, c'est parce qu'il y a une efficacité.

De même pour Emmanuel Macron, d'une certaine façon, la République en marche n'a jamais voulu devenir un parti à l'ancienne parce que ce qu'on a appelé dans le cas Berlusconi le parti unipersonnel et bien c'est un une structure extrêmement efficace parce que c'est une structure qui s'adapte à la demande électorale et qui peut varier avec elle. Les variations stratégiques de Jean-Luc Mélenchon, ben elles s'expliquent par une stratégie électorale. Le fait que par exemple le RN reste attaché à la retraite à 60 ans, quoi qu'on en pense, bah c'est pour tenir une base électorale qui est mobilisable.

Si vous prenez l'amour de la droite pour la euh la l'indexation des retraites en pleine crise budgétaire et de l'autre côté l'amour de la droite pour les le l'absence de droits de succession ou leur baisse, bah vous le comprenez si vous comprenez qu'une grande partie de l'électorat de droite est retraité et donc chacun s'adapte à son électorat et ensuite et bien essaie de construire son logiciel idéologique et programmatique égard à cet intérêt-là. Rachel Garaval Carcel pour euh pour essayer de pas montrer quelque chose que cynique, il y a une certaine logique à ce qu'un parti euh ouvrier défend les ouvriers, un parti qui a beaucoup de retraités dans ses électeurs défendent les retraités.

Enfin, c'est c'est euh comment dire ? C'est c'est le parti, il a aussi une fonction de de porte-parole. Il peut aussi lui-même, comment dire diriger un changement de son propre électorat. Regardez aux États-Unis le l'électorat républicain avant Donald Trump, il était libre échangiste. À partir du moment où Donald Trump devient le chef à contesté du parti républicain et qu'il est contre le libre échange, ben on a vu dans les sondages que son électorat était devenu contre le libre échange. Donc c'est aussi euh ça va dans les deux sens si je puis dire. Hm hm. Dernière question.

Selon vous, quel est l'élément qui pourrait faire la différence entre un simple candidat et un véritable président en 2027 ? Rachel Gara Valcarcel ? Je crois que vous avez besoin absolument d'une machine très importante pour faire de la mobilisation, pour aller taper à des portes, mais vous pouvez avoir la plus belle machine du monde. Si vous n'êtes pas à l'endroit où aujourd'hui sont les Français, ben ça fera une belle campagne mais ça fera pas un président de la République. Christian Lebard.

Alors, je dirais le le bon présidentiable ou la bonne président, c'est la personne qui va réussir à aussi imposer des enjeux, hein, parce que cette présidentiable, on en a pas parlé, mais elle peut se jouer sur le dérèglement climatique, elle peut se jouer sur les tensions géopolitiques internationales, elle peut se jouer sur le pouvoir d'achat, les retraites, elle peut se jouer sur des enjeux quand même très très différents. Donc s'imposer comme président, c'est aussi réussir à faire en sorte que les enjeux qu'on portent et renvoie tout ce qui tout ce qu'on vient de dire les enjeux qu'on porte soit les enjeux saillants au moment de l'élection présidentielle.

Benjamin Morel, rejoins complètement ce qui a été dit. Il vous faut un espace politique, il faut être en capacité à imposer un logiciel. Il vous faut un appareil politique suffisamment professionnel. J'en rajouterai un quand même qu'on néglige assez souvent, mais c'est un sens politique. La politique, malgré tout, c'est un individu he pour une élection présidentielle. Et cet individu, et bien c'est souvent lui qui est passé sur le grille. C'est souvent lui qui prend des décisions. On aime accuser les entourages et cetera, mais si les entourages disent des choses intelligentes et qui ne sont pas suivies, et bien infiner et bien ça ne fait pas une bonne campagne.

Ce sens politique aujourd'hui, bah il implique malgré tout et là aussi je vais dire un gros mot, avoir une petite carrière politique derrière soi. Bien souvent, pas toujours. Emmanuel Macron en a, il n'en avait pas nécessairement mais la plupart du temps et bien des personnalités qui ne viennent pas du monde politique ont du mal à l'acquérir. Prenez le Caséour par exemple lors de la dernière élection présidentielle, il y avait un capital. Ce capital a en partie, il y a pas que ça, mais était dilapidé par un manque de sens politique, par des erreurs assez grossières qu'un politique professionnel et bien n'aurait pas commis. C'est une forme de schizophrénie d'électorat.

On aime les gens qui ne viennent pas du monde politique. En même temps, infineré et bien on vote bien souvent pour eux. Un peu de pif à suivre. Donc merci Rachel Garaval Carcel, journaliste politique à l'humanité, autrice de la newsletter bloc et parti. Merci Benjamin Morel, constitutionnaliste, maître de conférence en droit public à l'université Paris Panthéon à SAS, auteur de crise politique, crise de régime paru en mars aux éditions Odil Jacob et merci Christian Lebard, politiste professeur à sciences pourennes, auteur de président paru l'année dernière au presse universitaire de Rennes et de la politique à l'envers par du CNRS l'année dernière également.

C'était la dernière émission des étés de France Culture déjà. Merci à Émilie De Jong, Floriant de Lorme et Clotil Dum pour leur confiance. Merci à Léa Varin, à Pauline Limousino, Jeanne de Lecroix, Mathilde Varin et Sarah Ben Abdirrahman à la préparation. Merci à Marie Placé, Vivian Le cuivre, Nathalie Sale, Boris Patchinski et Grégory Wallon qui se sont succédés à la réalisation. Merci aux équipes techniques, merci au fond du cœur aux invités qui pour la plupart ont répondu présents en studio ou à l'autre bout du monde malgré la chaleur et en interrompant parfois leurs vacances. Et merci à vous de nous avoir suivi. Merci pour vos retours.

Ce fut un plaisir de vous accompagner en direct tous les weekends d'un été riche en actualité. Bonne suite de programme sur France Culture et excellente rentrée.