24 octobre: "La manifestation s'est passée dans le calme à Marseille", déclare le maire Benoît Payan
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:56OuverteRéponse directe
Sur le dispositif policier, justement, vous avez quelques réflexions aujourd'hui ?
- 2:53OuverteRéponse directe
Est-ce que vous avez l'impression qu'il y aurait une sorte de politique à mener pour éviter les débordements ?
- 5:37OuverteRéponse directe
En attendant, il y a plus d'autres mobilisations qui sont prévues. Samedi, vous avez regardé vers ces prochaines mobilisations ici ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:16Invité politiqueFait
« quand on a joué pendant des semaines et des semaines, à vouloir confondre sans cesse les manifestants et les casseurs, ceux qui ont de légitimes revendications avec des voyous, on a mis en réalité le feu aux poudres. »
- 3:40Invité politiqueFait
« Les revendications des lycéens, je n'ai entendu personne nous dire qu'elles étaient illégitimes. Demander à vivre dignement sa scolarité. Demander la suppression de parcours sup. Demander à ce qu'on puisse avoir un pouvoir d'achat décent dans ce pays. »
- 4:07Invité politiqueFait
« Il faut évidemment aussi d'autres propositions et d'autres réalités. Moi, je ne m'attends pas simplement des tables rondes avec des discussions. »
- 4:28Invité politiquePromesse
« pour qu'il puisse y avoir une sortie de crise dans la concorde républicaine. »
- 6:14Invité politiqueFait
« Rien ne peut justifier la violence. Rien. Et je ne la justifierai jamais. »
- 6:22Invité politiqueFait
« ni les uns ni les autres ne sont de la chair à canon. »
Temps de parole
- Benoît Payan80 %
- ?13 %
- Invité6 %
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C'est une manifestation qui s'est passée dans le calme, avec des revendications
très
fortes,
et
on le voit.
Malgré
la situation extrêmement difficile de la semaine dernière, les Marseillais sont sortis en nombre.
Au
moment où je vous parle, on est sur une fin de manifestation,
avec
quelques groupes sporadiques, assez circonscrits au moment où je vous parle, qu'on
tente,
et les forces de l'ordre sont en train d
'essayer
de mettre fin au
petit
débordement qu'on est en train de voir actuellement, c'est assez léger. Je ne crie pas victoire. Aujourd'hui, les commerces, et au moment où je vous parle, le centre-ville est plutôt sanctuarisé, la périphérie est plutôt sanctuarisée, les forces de l'ordre ont bien travaillé, les pompiers travaillent bien, et les Marseillais ont pu être dans le calme,
dans
leur droit constitutionnel, de pouvoir affirmer un certain nombre de choses dans ce pays.
Sur
le dispositif policier, justement, la semaine dernière, vous avez quelques réflexions, aujourd'hui, qu
'est
-ce que vous en pensez ?
On a un dispositif qui est à la hauteur de l'enjeu, c'est-à-dire 7 UFM,
une
centaine de gendarmes, un centaure,
un
canon lanceur d'eau, un avion de surveillance,
et
une trentaine d'équipages de police municipale sont mobilisés.
On
n
'a
pas besoin de faire des interventions violentes, puisque les choses se passent dans le calme, et les choses se sont passées dans le calme. Il faut maintenant,
puisque
la nuit va tomber, que les choses restent dans le calme. Je veux que ma ville reste tranquille, et qu'on puisse revenir à des choses normales, ne plus voir ce qui a pu se passer la semaine dernière. Je crois que des conclusions ont été tirées. Vous m'avez entendu dire un certain nombre de choses, m'exprimer. Ça ne s'est pas passé aujourd'hui comme ça s'est passé la semaine dernière, et je suis heureux pour les Marseillaises et pour les Marseillais.
Pour
ceux qui ont pu manifester, comme pour les commerçantes et les commerçants, je reste évidemment en cellule de crise, et je vais y rester toute la nuit.
De
toute
façon,
les centrales syndicales savent organiser des manifestations. Et c'est pour ça que, quand on a joué pendant des semaines et des semaines,
à
vouloir confondre sans cesse les manifestants et les casseurs, ceux qui ont de légitimes revendications avec des voyous, on a mis en réalité le feu aux poudres.
Et
donc, c'est un pays en crise
qui,
quand il n'est pas correctement dirigé, est susceptible,
évidemment,
de toute forme de débordement
des
manifestants. Ce sont des gens qui veulent librement exprimer un certain nombre de choses.
Quand
on n
'a
pas de débouché politique,
quand on
n'est pas entendu,
on
manifeste.
C
'est ainsi que la constitution de la Vème République est faite. Et c'est ainsi que les choses se sont passées aujourd'hui.
Justement, il y avait encore plusieurs dizaines de nouvelles personnes dans
le
monde de Marseille, où vous avez rencontré l
'intérieur,
est-ce que vous avez l'impression qu'il y aurait une sorte politique
? Alors,
là, au moment où on parle, je reste
concentré
sur ce qui se passe, pour que, évidemment, les choses ne débordent pas.
Ça
s'est bien passé. Je vois qu'ailleurs, dans le pays, les choses se passent beaucoup moins bien qu'à Marseille. Je veux que ça continue de bien se passer. Donc, ma concentration, elle est maximale autour de la sécurité des quelques manifestants qui restent,
et
autour de la sécurité des biens et des personnes. Mais, en effet,
le
vrai sujet, et on l'a abordé avec le Premier ministre, ça n'est pas que le maintien de l'ordre. Il faut
évidemment
que l'ordre existe, qu'il soit rétabli quand il n'existe pas, mais il faut un débouché politique. Un débouché politique
aux
manifestations
et
aux revendications. Les revendications des lycéens,
je
n'ai entendu personne nous dire qu'elles étaient illégitimes. Demander à vivre dignement sa scolarité. Demander la suppression de parcours sup. Demander
à
ce qu'on puisse
avoir
un pouvoir d'achat. décent dans ce pays, quand on voit la flambée des prix à la pompe, quand on voit la flambée des prix de première nécessité, il faut aussi que les salaires dans ce pays soient réévalués. Il faut évidemment aussi d'autres propositions et d'autres
réalités.
Moi, je ne m'attends pas simplement des tables rondes avec des discussions. Il faut, et je le
fais,
et je vais le faire, et je vous en parlerai
avec
d'autres un certain nombre de propositions que j'ai commencé à faire au Premier ministre
dès
lundi,
pour
qu'il puisse y avoir une sortie de crise dans la concorde républicaine. Parce que
ce
pays souffre
d
'une perte de sens majeure, avec des politiques, qu'ils soient de droite ou de gauche, qui se sont amusés à attiser le feu, à diviser le pays, et à le faire vaciller de son socle républicain. Ça n'est pas ma conception de la République, ça n'est pas ma conception des choses. Je pense qu'on peut exprimer des idées dans ce pays,
que
la confrontation est saine,
mais
que la bataille
stérile à
laquelle j'ai assisté pendant des semaines et des semaines, entre les tenants de l'ordre qui voulaient monter les forces de l'ordre contre les manifestants, ceux qui justifiaient les dégradations à la violence contre les bâtiments publics, les personnes, les biens, la police, tout ça n'a aucun sens. Le pays n'a pas besoin de ça. Le pays, il a besoin de femmes et d'hommes responsables
qui
trouvent une sortie de crise. Or, quand on est dans cette situation, la responsabilité
de
tous les politiques, évidemment du gouvernement, c'est de faire une sortie de crise par le haut, par le haut.
On
ne résout rien
avec
une matraque
ou
avec un État qui perd ses valeurs.
En attendant, il y a plus d'autres mobilisations qui sont prévues. Il y
a
5 ans,
il
y a probablement un nouvel appel. Samedi, vous avez regardé vers ces prochaines
mobilisations
ici ?
Vous avez
évidemment mis le doigt sur ce qui m'inquiète le plus.
J
'ai évidemment beaucoup de crainte pour le 31
et
pour le 5.
parce
que s'il n'y a pas eu de sortie de crise d'ici là,
si
on a laissé la situation se pourrir
et
qu
'aucun
politique ou aucun responsable politique n'est capable de mettre sur la table des éléments qui font que cette colère légitime redescende, alors nous vivrons
de
semaine en semaine
ce
que nous avons vécu la semaine dernière. Rien ne peut justifier la violence. Rien. Et je ne la justifierai jamais. Je n'accepterai pas qu'on s'en prenne aux forces de l'ordre, qu'on s'en prenne à des manifestants, parce que je l'ai dit, ni les uns ni les autres ne sont de la chair à canon. Il faut un débouché politique. Parce que ça peut être fait de manière noble, de manière forte et de manière posée. En écoutant
dans
le pays celles et ceux qui ont de légitimes revendications. Quand on ne boucle pas ses fins de mois, quand on n'arrive pas à payer son crédit, quand on a eu son commerce massacré, que des gens sont au chômage parce qu'ils ont perdu leur emploi, quand on est un lycéen et qu'on demande simplement la suppression de parcours sup. On ne demande pas
le
SMIC à 3 000 euros.
On
ne demande pas 12 semaines de congés payés.
On
demande à vivre dignement dans ce pays. Et ça, c'est au gouvernement de l'entendre.
C
'est pour
ça.
Benoît Payan