Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewRMC· 5 décembre 2022 23 min

🔴 EN DIRECT - Gabriel Attal invité de RMC et BFMTV

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Le ministre délégué chargé des comptes publics, autrement dit ministre du budget. On va évidemment parler sous avec vous, notamment de ce « quoi qu'il en coûte » qui était terminé. Et puis comme le Covid revient, je vais vous demander si le « quoi qu'il en coûte » pourrait revenir aussi. Mais d'abord, pas de panique, on va tenir l'hiver. Voilà ce que nous dit Emmanuel Macron. Moi, j'ai hyper envie de me dire « pas de panique, on va passer l'hiver ». Mais en vrai, est-ce que vous êtes rassuré ?

0:22
Gabriel Attal

Si on est capables tous de faire les efforts nécessaires, que ce soit les entreprises, l'État, les collectivités locales, et chacune et chacun d'entre nous, il n'y a pas de raison qu'on ne traverse pas l'hiver dans les meilleures conditions possibles. Maintenant, il faut se préparer à tous les scénarios. C'est ce qu'on a fait. Ça a été abondamment commenté. Mes collègues du gouvernement se sont exprimés sur le sujet. Mais oui, il y a une responsabilité collective. Vous savez qu'on a donné des outils aux entreprises, que par ailleurs, nous, l'État, on a mis en place aussi un plan de sobriété pour agir et limiter, réduire au maximum notre consommation.

On travaille aussi évidemment avec EDF pour que nos réacteurs nucléaires puissent repartir le plus rapidement possible. Ceux qui sont encore en maintenant.

0:59
Présentateur

Il y a encore 20 réacteurs sur les 56 réacteurs nucléaires qui sont à l'arrière.

1:04
Gabriel Attal

Je crois que c'est 12 de moins qu'en août dernier. Donc on voit bien qu'il y a eu un progrès.

1:08
Présentateur

Mais c'est aussi des réacteurs en moins par rapport à ce que vous aviez prévu. On est en retard sur la feuille de route.

1:13
Gabriel Attal

C'est pour ça que la feuille de route du nouveau président directeur général d'EDF, Luc Rémont, c'est évidemment de faire en sorte et de tout faire pour qu'on puisse redémarrer aussi rapidement que possible.

1:22
Présentateur

Mais ce qui me frappe quand même, Gabriel Attal, c'est que quand je vous demande est-ce qu'on va passer l'hiver, oui, pas de panique, vous dites tout de suite, oui, si on est capables tous de faire des efforts. Je trouve que c'est presque une forme de chantage. C'est-à-dire qu'il y a un côté, bon, faites des efforts, sinon on vous coûte le courant.

1:35
Gabriel Attal

Non, ce n'est pas ça, Pauline de Malherbe. C'est qu'on a une réalité qui est que l'hiver, il y a une demande très forte d'électricité, et que plus la température est froide, plus il y a une demande qui est forte, qu'il y a des tensions qui sont pour partie liées au contexte géopolitique et à la guerre en Ukraine, pour d'autres liées à des réacteurs qui sont en maintenance, et que ça implique effectivement qu'on fasse tous une part d'effort.

1:54
Présentateur

Il y aura donc, après tous anti-Covid, ÉcoWatt, c'est la nouvelle application qu'il faut télécharger pour avoir la météo de l'énergie, c'est-à-dire savoir si on va manquer ou pas, si on est en tension ou pas. Vous l'avez téléchargé, vous ?

2:07
Gabriel Attal

Je l'ai téléchargé, j'appelle ceux qui nous regardent à le faire. Je crois qu'hier soir, on était à 700 000 téléchargements, donc il faut que ça continue. Effectivement, ça permet de savoir sur les deux ou trois prochains jours comment on prévoit la consommation d'électricité et la disponibilité d'électricité. Ça donne aussi des idées, de gestes pour réduire sa consommation. C'est important de la télécharger.

2:27
Présentateur

Il y a un embargo sur le pétrole russe qui entre en vigueur officiellement du point de vue de l'Union européenne. Tous ensemble se sont mis d'accord. Alors oui, on ne va plus acheter du pétrole russe, mais on continue à acheter de l'uranium russe. C'est ce qu'on a découvert, c'est Greenpeace qui l'a révélé. La France qui a reçu ce mardi une livraison d'uranium en provenance de la Russie, ça, ça ne nous dérange pas.

2:47
Gabriel Attal

Par contre, on fait tout pour diversifier nos approvisionnements sur tous les sujets énergétiques. Et c'est vrai qu'il y a eu encore en Europe certaines importations énergétiques russes. Ça a été le cas sur le gaz. C'est encore pour un temps court le cas sur le pétrole. C'est peut-être le cas sur d'autres. Mais ce qu'on cherche, justement, c'est à diversifier nos sources d'énergie. Regardez sur le gaz. La part de gaz russe dans les importations européennes a sensiblement diminué ces derniers mois, précisément parce qu'on cherche des alternatives. Ça met un peu de temps parfois, mais c'est ça la direction qu'on prend. Mais ça va dans le bon sens pour vous, c'est clair ? Oui, bien sûr.

L'objectif, c'est de dépendre moins et de ne plus dépendre de la Russie pour nous approvisionner en matière d'énergie. Et c'est aussi pour ça, Pauline de Malherbe, que chez nous, on relance massivement le nucléaire, qu'on veut développer massivement les énergies renouvelables. Il y a un texte qui démarre aujourd'hui au Parlement. On veut moins dépendre des autres et plus dépendre de nous-mêmes pour nous déplacer, pour nous chauffer, pour travailler, pour se défendre, pour s'informer. Le projet du président de la République, c'est un projet de souveraineté, d'indépendance en France et en Europe. Ça veut dire qu'on investit pour dépendre moins des autres.

3:47
Présentateur

Mais justement, il y a un point que je trouve quand même très paradoxal, c'est que vous, qui tenez les cordons de la bourse, vous avez mis en place des boucliers tarifaires. Donc ça veut dire que c'est de l'argent de l'État qui va compenser pour tenter de faire baisser la facture des Français, même si vous allez un tout petit peu alléger ce bouclier et on va payer un peu plus concrètement à partir de janvier. Mais c'est notamment dû au fait que les prix de l'électricité en France sont indexés, comme on dit, sur les prix du gaz. Et ça, c'est un phénomène européen. Et ça fait six mois que vous demandez à l'Europe de découpler le prix de l'électricité et du gaz.

Pour que tous ceux qui nous écoutent et qui nous regardent comprennent bien, ça veut dire qu'on paye plus cher l'électricité en France qu'on ne la produit, parce qu'il y a ce phénomène où notre prix de l'électricité, c'est un mécanisme européen, est indexé sur les prix du gaz. Le 30 août dernier, Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie, a dit qu'il y a une urgence absolue à découpler le prix de l'électricité et du prix du gaz. L'Espagnol et le Portugal ont été autorisés à le faire. Il y a eu une réunion des ministres de l'Énergie dès le 9 septembre. Il y en a eu une autre le 30 septembre. Il y en a eu une autre le 21 octobre.

Et on n'a toujours pas découplé les prix de l'électricité et du gaz.

4:58
Gabriel Attal

Celle qui est importante, c'est celle du 21 octobre, parce qu'il y a une forme d'accord de principe pour y travailler. Mais c'est vrai, Apolline de Malherbe, qu'au niveau européen, vous le savez, on doit prendre des décisions à 27. Et que parfois, sur certains sujets, ça prend plus de temps que sur d'autres, parce que quand vous avez un, deux, trois pays qui bloquent, vous ne pouvez pas avancer. C'est vrai que les Espagnols et les Portugais ont eu une forme de dérogation, parce qu'ils ne sont pas dans la même situation que nous. Ils ne sont pas interconnectés comme on l'est. C'est une péninsule ibérique. Mais ça fait partie des sujets sur lesquels on continue à travailler.

Dans l'attente, qu'est-ce qu'on fait ? D'abord, on fait baisser, on fait tout pour faire baisser le prix du gaz. Puisque vous avez raison, une partie du prix de l'électricité est calculée sur le prix du gaz. Donc plus vous faites baisser le prix du gaz au niveau européen...

5:36
Présentateur

Mais vous êtes d'accord que c'est absurde. Enfin, je veux dire, quand on regarde, moi j'ai refait hier tout ce déroulé. Je me dis quand même, en août, on a notre ministre de l'économie qui dit que c'est une urgence absolue. Et on est donc trois, quatre mois après et on n'a toujours rien.

5:51
Gabriel Attal

Un, le constat sur le fait qu'il faut réformer le marché européen de l'énergie, on l'a fait et c'est ce qu'on pousse. Deux, oui, sur ce sujet-là, ça ne va pas assez vite à notre sens.

6:00
Présentateur

Mais est-ce qu'à un moment, il ne faut pas aller vers la désobéissance ? Est-ce qu'il ne faut pas à un moment dire, attendez, on ne va pas attendre l'été ? Le problème, il est pendant l'hiver, on est déjà en décembre.

6:08
Gabriel Attal

Vous avez certains qui disent, à ce moment-là, sortons du marché européen de l'énergie. Comme ça, on sort des règles qui, effectivement, parfois peuvent paraître absurdes. Mais si on fait ça, qu'est-ce qui se passe ? C'est-à-dire qu'on ne peut plus importer d'énergie de nos voisins européens ? On a bien vu tout à l'heure dans la discussion qu'on a qu'on n'en produit pas suffisamment aujourd'hui. Et donc, ça voudrait dire qu'on se retrouverait avec un blackout si on faisait ça. Donc, nous, on doit rester dans le marché européen de l'énergie. Quitte à payer plus cher notre électricité. Il faut le faire évoluer. Il faut le faire évoluer. C'est ce à quoi on travaille.

On a vu sur d'autres sujets au niveau européen que ça semblait au départ impossible et qu'on avait réussi à avancer rapidement. Sur la question du Covid et des vaccins, sur la question du plan de relance. On a obtenu un accord au niveau européen pour s'endetter en janvier, en février. Je suis totalement d'accord avec vous, Apolline de Malherbe. Et encore une fois, la réunion du Conseil des ministres européens de l'énergie qui s'est tenue le 21 octobre, pour moi, a constitué une forme d'avancée en la matière. On va évidemment continuer à se battre sur le sujet.

6:59
Présentateur

La France qui bosse, c'est votre nouvelle priorité, Gabriel Attal. On est passé d'ailleurs du quoi qu'il en coûte au combien ça coûte. Aussi parce que vous voulez que les aides soient mieux ciblées, notamment pour ceux qui travaillent et qui ne s'en sortent pas. Je voudrais qu'on revienne sur la question du dispositif gros rouleur. Parce que sur les prix du carburant, la riz tourne, elle a déjà été allégée. Elle va disparaître au 1er janvier au profit d'un dispositif qu'on appelle gros rouleur. Ça va marcher comment ?

7:23
Gabriel Attal

D'abord, vous avez raison, on doit soutenir davantage les Français qui travaillent. Et notamment quand on parle de carburant, les Français qui travaillent et qui utilisent leur voiture pour aller travailler. On doit cibler davantage nos aides. La riz tourne de carburant, ça a coûté 8 milliards d'euros sur l'année 2022. C'est l'équivalent du budget du ministère de la Justice sur une année. On ne peut pas se payer une riz tourne à vie. Et donc on doit cibler davantage nos dispositifs. Le choix qu'on fait, c'est de les cibler sur ceux qui travaillent. Et donc le premier critère pour bénéficier de l'indemnité gros rouleur, je l'appelle gros bosseur, parce que ce sera de travailler.

Vous devrez déclarer des revenus d'activité pour bénéficier de cette indemnité carburante.

7:58
Présentateur

Ça veut dire que vous pouvez nous affirmer ce matin que si je prends ma voiture tous les jours pour aller travailler, je bénéficierai du dispositif gros rouleur ?

8:08
Gabriel Attal

Il y aura ensuite des conditions de revenus pour une de malherbe. Et notamment notre objectif, c'est de toucher les travailleurs modestes, c'est-à-dire ceux qui travaillent et qui ont les moins gros salaires, et la classe moyenne.

8:18
Présentateur

Donc il va y avoir à nouveau un effet de seuil, et il va y avoir à nouveau ce sentiment de frustration chez ceux qui gagnent un peu plus que le SMIC, mais qui vont être exclus du système.

8:27
Gabriel Attal

C'est toujours le risque quand vous avez des seuils de revenus. En l'occurrence, on cherche, c'est les paramètres qu'on est en train de définir, à couvrir le plus possible la classe moyenne notamment qui travaille. Et ce sera quoi le dispositif ? Ce sera quoi le plafond ? Je pense que dans les prochains jours, en tout cas d'ici les fêtes, on aura l'occasion d'avancer.

8:42
Présentateur

Vous voulez quoi, vous Gabriel Attal ?

8:43
Gabriel Attal

Moi ce que je vous dis, c'est que je souhaite un, que les Français qui travaillent en bénéficient, et deux, que les classes moyennes en bénéficient.

8:47
Présentateur

Donc les classes moyennes, ça veut dire quand même assez nettement au-dessus du SMIC ? Vous n'allez pas bloquer le SMIC ?

8:51
Gabriel Attal

Oui, c'est au-dessus du SMIC les classes moyennes. Aujourd'hui, je crois que le revenu médian est autour de 2 000 euros, donc il faut qu'on arrive à aller aussi le moins possible pour accompagner les classes moyennes. Le seuil, ça pourrait être 2 000 euros ? Je ne suis pas là en train de vous faire une annonce. Encore une fois, il y a des arbitrages qui seront rendus par la Première Ministre et le Président de la République.

Mais moi, mon souhait, c'est qu'on accompagne davantage les classes moyennes qui travaillent et qui ont du mal à boucler leur fin de mois, et qui parfois, je le dis, ont le sentiment de travailler pour les autres, de travailler pour des gens qui ne travaillent pas, de produire de la richesse en travaillant, ce qui permet de protéger les Français face à l'augmentation des prix, par exemple, mais d'être moins accompagnés que d'autres.

9:25
Présentateur

Vous avez l'impression qu'il y a deux Frances ?

9:26
Gabriel Attal

Je ne dirais pas ça comme ça. Parfois, on peut se dire qu'il y a deux rapports au travail. Il y a des Français qui se lèvent tous les matins.

9:31
Présentateur

C'est quoi ? C'est la France qui bosse ? C'est la France des allocs ? Pour caricaturer, évidemment.

9:34
Gabriel Attal

Non, justement, je ne suis pas dans la caricature, je ne suis pas dans le mépris, la stigmatisation. Ce que je sais, c'est qu'il y a des millions de Français qui se lèvent tous les matins, qui vont travailler, qui prennent leur voiture, qui voient l'augmentation des prix, qui voient qu'il y a des aides qui sont mises en place, parfois, elles ne les concernent pas, et qui ont parfois le sentiment d'être un peu oubliées et qui se disent parfois, finalement, ça va finir par coûter plus cher d'aller bosser que de rester chez soi.

9:53
Présentateur

Vous les comprenez.

9:53
Gabriel Attal

Évidemment, je les entends. Et c'est pour ça qu'on met en place des dispositifs dans le budget pour les accompagner spécifiquement, en neutralisant l'effet de l'inflation sur l'impôt sur le revenu, ce qui va permettre à ceux qui travaillent de ne pas voir leur impôt sur le revenu augmenter, en augmentant la valeur du ticket restaurant.

10:05
Présentateur

– Pardon, Gabriel Attal, mais c'est marrant, parce que régulièrement, vous nous dites « Ah bah oui, j'ai fait un truc pour le revenu ». – C'est pas un truc, c'est 6 milliards d'euros.

10:12
Gabriel Attal

– Mais c'est automatique ? – Non, c'est pas automatique. Chaque année, vous décidez, vous votez si oui ou non.

10:16
Présentateur

– Il y a eu une année où ça n'a pas été fait.

10:17
Gabriel Attal

– Plusieurs années, et quand vous avez un tel niveau d'inflation, légitimement, vous posez la question de savoir si vous le faites. – Ça coûte 6 milliards d'euros. Si on ne prenait pas cette mesure…

10:25
Présentateur

– Enfin, ça coûte 6 milliards d'euros. C'est-à-dire qu'à partir du moment où il y a l'inflation, en effet, si vous n'indexez pas, c'est pas à vous que vous payez 6 milliards d'euros, c'est aux Français.

10:33
Gabriel Attal

– Exactement, si on ne prenait pas cette mesure, les Français paieraient 6 milliards d'euros d'impôts de plus. On a supprimé la contribution à l'audiovisuel public, la redevance télé. Ça, c'est les classes moyennes, 138 euros qu'elles auraient dû payer. On prend une mesure importante par ailleurs dans le budget pour 2023.

10:47
Présentateur

– Oui, mais on a l'impression à chaque fois que c'est des vastes communicants. Il y a eu l'histoire de la taxe d'habitation et de la taxe foncière. – Attendez, je termine avec la dernière mesure.

10:53
Gabriel Attal

On augmente le plafond pour le crédit d'impôt sur la garde d'enfants. Vous avez beaucoup de Français de classe moyenne qui travaillent, qui doivent faire garder leurs enfants. Ça coûte de l'argent, une crèche, une assistante maternelle. Aujourd'hui, le crédit d'impôt, il est plafonné à 2300 euros de dépenses pour la garde d'enfants. On l'augmente de 50%. Ça veut dire que ça va être 3500 euros le plafond en 2023. Ça, c'est une mesure pour les classes moyennes qui travaillent.

Donc vous voyez, on cherche systématiquement des mesures qui permettent d'accompagner nos concitoyens qui bossent, qui se lèvent tôt le matin, qui créent de la richesse et qui nous permettent ensuite, grâce à la richesse qui est créée, de prendre des mesures pour protéger les Français.

11:24
Présentateur

– Alors certains prennent leur voiture, d'autres prennent les transports pour se déplacer. La RATP, il manque 450 millions d'euros à Valérie Pécresse pour boucler le budget d'Île-de-France Mobilité. Est-ce que vous allez lui donner ces sous ?

11:36
Gabriel Attal

– Il y a effectivement un besoin de financement pour Île-de-France Mobilité. Moi, je rappelle que les transports, c'est une compétence régionale, pas une compétence de l'État. Moi, ce que je dis à Valérie Pécresse, c'est que les Franciliens ne sont pas un tiroir-caisse sur lequel on peut pomper en augmentant indéfiniment le passe-navigo. Et l'État non plus n'est pas un tiroir-caisse. Et parfois, je trouve qu'il y a une forme de paradoxe quand on a passé toute une campagne présidentielle à expliquer que l'État dépense trop, que l'État crame la caisse et systématiquement aller demander à l'État d'être garant quand on a des difficultés. Il y a une forme de paradoxe. Donc moi, ce que je dis…

Le problème, c'est que soit c'est vous qui payez,

12:11
Présentateur

soit c'est les usagers. C'est-à-dire que soit vous mettez les 450 millions, soit elle va augmenter le prix du passe-navigo.

12:15
Gabriel Attal

Ce que je dis, c'est qu'on va continuer à travailler avec elle. C'est un dossier qui est suivi à très haut niveau par la Première ministre, par les ministres concernés. On va continuer avec elle pour trouver des solutions, pour l'aider. Mais il faut qu'elle nous aide à l'aider en regardant les autres possibilités qui existent pour le financement.

12:31
Présentateur

La SNCF, donc là, il y avait la RTP, il y a la SNCF qui crée un mouvement hors de contrôle qui pourrait gâcher les fêtes de Noël. C'est aussi sur des questions de salaire. Et les salaires, c'est vous ?

12:41
Gabriel Attal

Il y a eu des revalorisations salariales à la SNCF. Il y a toujours des discussions qui ont lieu. Simplement, ce que je dis, c'est que, dans le contexte qu'on a connu dans notre pays depuis maintenant deux ou trois ans, vu les inquiétudes qui sont celles des Français, je pense que les Français, ils ont besoin de se retrouver en famille pour passer les fêtes. Et donc, j'espère sincèrement qu'il y aura une responsabilité de la part des organisations syndicales pour permettre aux Français de se retrouver en famille pour les fêtes.

13:01
Présentateur

On a un peu l'impression quand même que les transports, ça coûte plus cher et ça marche moins bien, que l'électricité, ça coûte plus cher et ça marche moins bien. C'est compliqué quand même.

13:10
Gabriel Attal

Il y a un moment de crise, évidemment. Il y a eu plusieurs crises, d'ailleurs. Vous avez des opérateurs qui ont des difficultés, notamment parce qu'ils ont été mis à l'arrêt pendant la crise sanitaire. Je pense notamment à Île-de-France Mobilité et aux transports franciliens. Et pendant la crise sanitaire, qu'est-ce qu'il a fait l'État ? Deux milliards d'euros d'accompagnement pour les transports en commun en Île-de-France. Vous voyez qu'on est au rendez-vous. On cherche à aider les Français le mieux possible. Et on le fait, et ça, c'est mon rôle de le dire en tant que ministre du Budget, dans un environnement budgétaire qui est contraint. On ne peut pas tout se permettre.

Parce que la réalité, c'est qu'il y a eu une parenthèse qui était celle de l'emprunt gratuit.

13:44
Présentateur

Je reprends par exemple cet exemple de la RATP. Vous nous l'avez dit vous-même. Vous avez mis 8 milliards d'euros pour les aides au carburant. Et vous n'allez pas mettre les 450 millions pour la RATP ?

13:54
Gabriel Attal

Ce que je vous ai dit, c'est qu'on continue à travailler avec Île-de-France Mobilité. Et par ailleurs, c'est des sujets qui sont différents. Encore une fois, les transports, c'est une compétence des régions. Ce n'est pas une compétence de l'État. Il y a eu un moment de crise pendant la crise Covid, la crise sanitaire. L'État était au rendez-vous pour les accompagner. 2 milliards d'euros d'accompagnement.

14:10
Présentateur

Et le Covid est de retour. Est-ce que vous vous dites si le Covid est de retour, s'il y a cette crise de l'énergie, est-ce que vous allez rouvrir le quoi qu'il en coûte ?

14:17
Gabriel Attal

Non, on ne repartira pas dans le quoi qu'il en coûte. Mais par ailleurs, je vais vous dire, sur le Covid, on peut quand même espérer qu'on ne se retrouvera pas dans des situations telles que celles qu'on a connues au plus fort de la crise quand vous aviez des hôpitaux submergés. D'abord parce que les Français, aujourd'hui, savent beaucoup mieux comment se protéger vis-à-vis de ce virus. Ensuite, parce qu'on a la chance d'avoir de la vaccination. Évidemment, moi, j'appelle les Français qui sont éligibles, qui sont les plus fragiles, à faire leur appel vaccinal.

Mon collègue François Broun était sur votre antenne hier et il a rappelé solennellement que c'était important d'aller se faire vacciner et de faire son rappel. Et le masque ? On voit bien les situations dans lesquelles il faut le porter, notamment quand vous êtes dans les transports. Je ne mets pas d'obligation. Ça fait près de trois ans qu'on vit avec cette épidémie. Moi, ma conviction, c'est que les Français, ils savent à peu près maintenant quelles sont les situations dans lesquelles il faut porter le masque.

On nous a beaucoup dit, à une époque, vous vous souvenez, on mettait des obligations, vous infantilisez les Français, on est assez grands pour savoir quand est-ce qu'il faut mettre le masque. Donc les Français sont assez grands pour savoir aujourd'hui et ils ne l'étaient pas il y a deux ans.

15:10
Présentateur

Mais pourquoi ? Je pense que ça fait trois ans

15:12
Gabriel Attal

qu'on vit avec cette épidémie, que les Français, ils savent les moments qui sont les plus à risque. Effectivement, quand on est dans un métro où il y a beaucoup de monde, quand on est dans un train où il y a beaucoup de monde, c'est bien de mettre le max.

15:21
Présentateur

Il y a d'autant plus de monde qu'effectivement, il y a moins de métro et moins de trains. On y revient. Un mot aussi sur la lutte contre les fraudes, parce que ça aussi, c'est dans votre portefeuille. Vous êtes aussi le ministre des douanes et vous allez lancer aujourd'hui un grand plan de lutte contre les fraudes au tabac. Ça va marcher comment ?

15:38
Gabriel Attal

On fait un constat, c'est que la vente et le trafic de tabac de contrebande explosent dans notre pays. Si je vous donne quelques chiffres, il y a cinq ans, il y avait un peu plus de 200 tonnes de tabac qui étaient saisies en France. L'an dernier, on était à 400. Et cette année, on sera probablement au double, c'est-à-dire à 800 tonnes. On est déjà à 600 tonnes en dix mois. Parce que la réalité, c'est qu'un certain nombre de réseaux mafieux se sont reportés sur le trafic de tabac plutôt que sur le trafic de stupéfiants. Il y a une explosion. C'est très mauvais pour notre pays. D'abord, c'est mauvais parce que ça finance de la criminalité.

C'est mauvais ensuite, Apolline de Malherbe, parce que c'est une perte fiscale pour l'État, 3 milliards d'euros. Et c'est mauvais parce que ça déstabilise le réseau des buralistes. Et on a besoin de nos buralistes dans notre pays pour la cohésion des territoires, pour le lien social dans les territoires.

16:25
Présentateur

Mais ça veut dire aussi, Gabriel Attal, que vous considérez désormais qu'il faut lutter contre le trafic de tabac avec la même énergie, la même vigueur que contre le trafic de drogue.

16:35
Gabriel Attal

Oui, parce que le trafic de tabac n'a plus rien à envier en termes de méthode et de volume au trafic de stupéfiants. Vous savez ce qui s'est passé cette année ? Pour la première fois dans notre histoire, on a démantelé sur le sol français des usines clandestines de tabac. Trois usines clandestines de tabac en région Île-de-France et dans le Nord qui produisaient entre 1 et 2 millions de cigarettes de contrefaçon chaque jour. On les a démantelées. On a parfois des conteneurs qui arrivent avec 10 tonnes de tabac de contrebande.

16:59
Présentateur

Et il y aura des sanctions qui seront similaires pour le trafic de tabac que pour le trafic de drogue ?

17:03
Gabriel Attal

En plusieurs mesures. D'abord, on investit massivement dans les moyens de contrôle. On va tripler le nombre de scanners mobiles pour scanner les conteneurs qui arrivent dans nos ports, dans nos aéroports. On met en place des scanners dans les centres de tripostos parce qu'on a aujourd'hui du trafic qui se fait en petite quantité dans des colis mais en grand nombre. On va pouvoir scanner tous les colis pour identifier ceux qui contiennent du tabac. Donc renforcement des moyens techniques. Ensuite, effectivement, des sanctions pour ceux qui sont à la tête de réseaux qui organisent de l'importation et de la contrebande de tabac.

Par exemple, aujourd'hui, pour ces faits-là, vous avez une peine de prison qui est d'un an de prison. On va la passer à trois ans de prison et à dix ans en cas de bande organisée. On veut aussi lutter contre un phénomène qui empoisonne la vie de beaucoup de quartiers dans notre pays. C'est la vente à la sauvette. Vous avez des Français...

17:46
Présentateur

On a des quartiers, le quartier de la Duchère à Lyon qui sont carrément gangrénés par ce trafic.

17:50
Gabriel Attal

Absolument. Et vous avez des Français qui sortent du métro dans certains endroits à Paris ou ailleurs et qui sont complètement harcelés par des vendeurs à la sauvette. Ça a un impact aussi sur les commerçants de ces quartiers. Donc, on veut travailler davantage avec la gendarmerie et la police. On l'a testé à Lyon, ça marche très bien. Et faire des opérations coup de poing, des descentes douanières pour aller harceler ces vendeurs à la sauvette. Je veux également que les vendeurs à la sauvette, quand il s'agit d'étrangers qui sont condamnés pour ça, se voient recevoir la peine d'interdiction du territoire français, une peine complémentaire

18:21
Présentateur

qu'on donne des peines d'interdiction du territoire ou d'obligation de quitter le territoire. Aujourd'hui, cette peine,

18:25
Gabriel Attal

elle existe quand vous avez du trafic de stupéfiants. Je veux que ce soit aussi le cas pour le trafic de tabac.

18:29
Présentateur

Mais ce n'est pas juste théorique ?

18:30
Gabriel Attal

Non, je ne crois pas. Vous savez qu'on a une loi qui va arriver sur l'immigration. On a par ailleurs une loi qui est en train de discuter au Parlement sur le ministère de l'Intérieur qui permet de renforcer nos sanctions et d'être plus efficace.

18:39
Présentateur

Un mot sur l'hôpital de Versailles qui est visé par une cyberattaque. C'est-à-dire qu'au moment où on se parle, ils ont plusieurs malades qui ont dû être transportés dans d'autres hôpitaux dont des nourrissons. Il n'y aura vraisemblablement pas d'urgence à Noël. Est-ce que vous avez un peu des nouvelles de cette manière dont les hôpitaux, dont les services publics sont aujourd'hui la cible de hackers et notamment probablement comme une nouvelle forme de guerre ?

19:05
Gabriel Attal

Oui, on voit que c'est une menace qui pèse sur des institutions publiques. C'est le cas des hôpitaux. Ça a été le cas, je crois, d'un conseil départemental. Il n'y a pas si longtemps. C'est aussi le cas d'entreprises françaises, des PME, des entreprises de taille intermédiaire. Souvent, c'est crapuleux. C'est-à-dire que c'est des demandes de rançon contre la restitution des données. Mais vous avez raison.

19:23
Présentateur

Mais là, visiblement, à l'hôpital de Versailles, ce n'est même pas vraiment crapuleux. Vous avez raison.

19:26
Gabriel Attal

Il peut y avoir aussi des ingérences étrangères. Il y a des enquêtes pour ça, pour le mesurer. On a considérablement renforcé, je le vois en tant que ministre du Budget, les moyens de l'ANSI, qui est l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information, pour mieux équiper en cyberdéfense nos institutions publiques qui sont des institutions vitales. Mon collègue ministre du Numérique, Jean-Noël Barraud, était sur place hier.

19:47
Présentateur

Avec le ministre de la Santé.

19:48
Gabriel Attal

Avec le ministre de la Santé. Évidemment, on va accompagner très fortement l'hôpital de Versailles et continuer à agir pour renforcer la cybersécurité de toutes nos institutions publiques. On voit que les risques ont évolué. C'est vrai qu'on voit que quand on parle de guerre, par exemple, à distance, il y a la possibilité de neutraliser des institutions publiques qui sont cruciales pour la protection des Français. C'est pour ça qu'on doit continuer à renforcer notre protection.

20:10
Présentateur

Gabriel Attal, le ministre délégué des Comptes publics, merci d'avoir répondu à mes questions ce matin. Et vous nous annoncez donc qu'il y aura bien un dispositif gros rouleur que vous appelez les gros bosseurs. Il est 8h53 sur RMC BFM TV. Merci à Pauline de Maner. Dans quelques instants, le live sur BFM TV. L'arrivée de la neige en pleine avec des précipitations neigeuses sur les Hauts-de-France. Ce matin, on fera un point complet. On reviendra aussi sur ce qui s'est passé en Lozère hier avec plusieurs centaines d'automobilistes bloqués sur une autoroute. La cyberattaque contre l'hôpital de Versailles. De quoi s'agit-il ? Qu'est-ce qui se passe précisément ? Quelles sont les perturbations ?

Et puis le retour du masque. Est-ce désormais quasi fait ? Ou au contraire, les Français vont-ils devoir prendre leurs responsabilités sans obligation ? C'est juste après ça. On se pose à tout de suite.

20:56
Invité

Vous accompagne toute l'année pour rester connecté avec vos proches. Découvrez les Honor 70. Double caméra principale, 64 mégapixels. Mode solo cut, une prise, deux vidéos. Honor supercharge, 66 watts. Honor 70. Des détails qui comptent. Honor. Pourquoi me poser des limites ? Je ne suis jamais la même. Mais je suis toujours moi-même. Paradoxe. Le nouveau parfum de Prada. Dyson détecte la poussière invisible à l'œil nu sur les sols durs. Et son puissant moteur hypertinium capture les particules microscopiques. Pour un intérieur plus propre et plus hygiénique. Dyson révèle la poussière invisible dans le format qui vous convient.

Une station d'accueil de 125 euros offerte pour l'achat d'un aspirateur Dyson V12. Eh les gars, j'ai mieux qu'une bicyclette. Vous voulez voir ? Allez-y. Pop, pop, pop, une roue. Eh sérieux, même les pros, ils ne font pas ça. En ce moment, chez Feuvert, profitez d'un vélo électrique qui roule 72 au prix de 999 euros avec le premier entretien acclu. De vie et rendez-vous en ligne sur feuvert.fr. À Noël avec Red, facile de profiter à fond. Cadeau ! Cadeau !

22:37
Présentateur

Je n'ai pas de cadeau.

22:44
Invité

Le plus dur, c'est de s'arrêter. Les bons plans Red, c'est toujours un max de débit, sans engagement. Red.