"Laurent Nuñez nous manque de respect" : la colère du policier Reda Belhaj
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 3:27OuverteRéponse directe
Pour vous, cette mobilisation est-elle le symptôme d'un ras-le-bol chez les policiers ?
- 6:18OuverteRéponse directe
Est-ce rare de voir les policiers se mobiliser comme aujourd'hui ?
- 6:55OuverteRéponse directe
Pourquoi la prime de risque est-elle aujourd'hui si importante pour les policiers ?
- 11:06OuverteRéponse directe
Comment le gouvernement perçoit-il ces mobilisations ?
- 11:43RelanceRéponse directe
Réagissez aux mesures annoncées par le ministère de l'Intérieur.
- 13:36OuverteRéponse directe
Considérez-vous que le lien avec le ministre est rompu ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:11Loï TraversFait
« le ministère a complètement raté l'audience qu'on a eu le 4 septembre en annonçant des mesurettes qui sont pas du tout à la hauteur »
- 11:06Chiffre
« une augmentation du budget de la police nationale de 240 millions »
- 11:06Chiffre
« 970 emplois créés dans la police nationale »
- 11:43Chiffre
« 240 millions d'euros supplémentaires, 970 emplois créés dans la police nationale, revalorisation de certaines indemnités »
- 11:43Fait
« mise en place de nouvelles primes pour la filière investigation »
- 14:15Loï TraversChiffre
« il faudrait pour écluser toutes les procédures environ 2000 officiers de police judiciaire »
Temps de parole
- ?100 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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On va donner la parole aux policiers aujourd'hui grâce à nos reporters qui sont sur place. Mohamed Mzra, Camille Novac, Gill Papin qui suivent les policiers de très près sur le terrain. Camille, on va commencer avec vous. Vous allez nous dire un petit peu comment ça se passe. Vous vous suivez le syndicat et le rassemblement Alliance. Oui, en effet, Lucy et nous, on se trouve au niveau du rond-point des Champs-Élysées. C'est ici que le point de rendez-vous a été donné par les policiers ce matin. Plusieurs centaines de personnes ici qui sont déjà rassemblées. Vous l'avez dit, c'est à l'appel du syndicat Alliance ici que les policiers se mobilisent pour réclamer une revalorisation salariale notamment face à une profession de plus en plus confrontée à la violence. C'est ce qu'il
nous indiquait. Il demande des moyens humains, matériels, plus d'effectifs sur le terrain face à une crise d'évocation des policiers qui nous disaient aujourd'hui être à bout de souffle. Il réclament une mobilisation des actions de la part du gouvernement. Ils avaient rencontré ces ces policiers le 4 septembre dernier. Les organisations syndicales avaient rencontré le ministre de l'intérieur, Laurent Nugèz. Mais selon eux, cette rencontre n'avait abouti à rien. C'est pourquoi aujourd'hui et bien ils veulent monter d'un cran dans cette mobilisation. Comment ça va se passer ici du côté du syndicat Alliance ? Le cortège, il devrait s'élancer aux alentours de midi, direction Concorde. Puis le point d'arrivée est fixé au niveau de l'Assemblée nationale où là-bas un
discours sera prononcé par les représentants syndicales qui espèrent et bien alerter notamment les députés sur leurs conditions de travail. Merci beaucoup Camille. On va vous retrouver bien sûr tout au long de la matinée pour suivre la mobilisation du côté d'Alliance. le syndicat unité LGP police qui est aussi mobilisé. Mohamed Mraï, c'est vous qui suivez ce syndicat. Il y a le même genre de revendication. Exactement. Et vous l'avez dit, Lucien, hein, ce sont les premiers à à s'être rassemblés très tôt ce matin. C'était au niveau de la place de la République. Ils ont ensuite pris un bus dans lequel nous sommes montés, Clément Hospital qui m'accompagna à la caméra et et moi-même. Un bus, trois bus même qui ont convergé jusqu'ici jusqu'à l'aéroport Roissie
Charles de Gaulle. Ils sont une bonne centaine he plus de 200 policiers à être rassemblés ici devant la porte 17 du terminal de avec les mêmes revendications que les policiers du syndicat Alliance. Des policiers qui sont dans la rue aujourd'hui pour leurs conditions de travail mais aussi pour leur salaire, pour leur pouvoir d'achat. Ils ont plusieurs revendications. Ce sont des policiers avec lesquels on a pu discuter tout au long de cette matinée qui sont à bout de souffle. une profession qui est épuisée, fatiguée. Ils ont prévu justement ce rassemblement statique que vous voyez juste derrière moi pour crier leur colère jusqu'aux fenêtres de l'aéroport où leurs collègues de la PAF, c'est la police des frontières, va venir également pour les
soutenir et faire entendre leur voix et leur colère tout au long de la journée. Donc mobilisation et gronne sociale des policiers qui sont fatigués, épuisés de leurs conditions de travail. Merci beaucoup Mohamed Mesreille, vous nous tenez au courant évidemment si ça bouge de votre côté. On vous retrouve aussi tout au long de la matinée. On est également en plateau pour décrypter cette mobilisation des policiers avec Mad qui notre journaliste politique sur France info. Avec Valentine Arama, notre spécialiste, journaliste spécialiste des questions police et de Justine. Bonjour Valentine. Et on salue aussi Jean-Marie Godard. Soyez le bienvenu. Vous êtes vous journaliste spécialiste des questions de sécurité, co-auteur de sécurité, notre bien commun aux éditions
de Lob et auteur chez Fillard de Parole de Flic. On est également en direct avec Loxt Travers, secrétaire général adjoint du syndicat Alliance police. Ltravers, ma ma première question évidemment et et pour vous aujourd'hui, cette manifestation, cette mobilisation plutôt que vous organisez, c'est le symptôme d'un d'un ralbol. Vous n'en pouvez plus vous les policiers ? Oui, effectivement, vous l'avez assez bien résumé la situation. Il y a un état de colère qui est assez impressionnant chez les forces de l'ordre, chez les policiers. en particulier. J'oublie pas mes collègues qui sont aussi des administratifs ou les collègues qui sont techniques et scientifiques ainsi que c'est que les personnels des préfecture. En réalité euh le ministère a
complètement raté l'audience qu'on a eu le 4 septembre en annonçant des mesurettes qui sont pas du tout à la hauteur à la fois sur le plan salarial mais aussi sur le plan des moyens moyens humain, moyen numérique, moyen immobilier, moyen mobile. Enfin bon, il y a rien qui va, il doit faire voir sa copie. Donc ce qu'on demande c'est à l'issue de cette manifestation à ce qu'il nous reçoivent et j'espère qu'il aura cette fois-ci revu sa copie et qu'il pourra faire des annonces qui vont dans le sens et bien d'un d'un vrai budget pour la police nationale parce qu'il est mérité et aujourd'hui euh avec 2000 € par mois, on peut pas travailler jour, nuit, weekend avec des astreintes et cetera. C'est pas possible. Il faut un petit peu de considération, il faut un petit peu de respect pour les
policiers dans ce pays. Et la moindre des choses et bien c'est des revalorisations indicières de notre prime de risque notamment. Vous restez avec nous Loï Travers. On vous redonne la parole dans un instant. Jean-Marie Godard. Est-ce que c'est rare de voir les policiers se mobiliser comme aujourd'hui ? Alors c'est pas rare. Il y a déjà eu plusieurs mouvements de mobilisation notamment avec Alliance, des grandes manifestations. Euh il y avait eu organisé le jour de colère en 2019 des policiers où il y avait eu une grande manifestation nationale à Paris. Euh la donc ça revient régulièrement mais toujours avec les mêmes revendications ou pas ? Est-ce qu'il y a une évolution ? Il y a alors les revendications, elles sont elles sont souvent les mêmes. C'est
lié à la aux conditions de travail, à la difficulté du métier sur le terrain. Hm hm. Euh surtout les syndicats de police font très attention aussi à ce qui se passe au niveau de leur base parce que faut rappeler que fin 2016, il y avait eu un mouvement de policiers qui étaient partis plutôt des jeunes policiers qui s'étaient mis à manifester en dehors de de toute organisation syndicale le soir euh avec les véhicules de police masqués euh qui était qui avait réussi à aller jusqu'au ministère d'intérieur. euh le le directeur général de la police nationale à l'époque avait été chahuté [grognement] et ça avait un peu échappé au syndicat. Et donc là, ils font quand même très très attention à ce qui se passe au niveau de leur base. Ils sont
très à l'écoute de la base. Faut savoir que le métier de policier est un métier compliqué. Euh c'est une profession aussi qui est très très souvent critiquée sur les réseaux sociaux, attaqué régulièrement. Et donc tout ça fait qu'il y a un contexte euh justement pour mobiliser. Il y a une chose quand même qu'il faut pas oublier, c'est qu'à la fin de l'année, au mois de décembre, il y a des élections syndicales dans la fonction publique. Ça peut aussi jouer sur ce genre de manifestation. Il faut montrer qu'on sait se mobiliser finalement et qu'on est un syndicat sur qui on peut compter. Loï travers, vous êtes toujours en direct avec nous depuis la mobilisation du syndicat Alliance. Vous nous parliez il y a un instant notamment d'une prime, une prime de risque. Pourquoi cette
prime aujourd'hui elle est importante ? Pourquoi vous en parlez ? Qu'est-ce que vous revendiquez ? Alors aujourd'hui, c'est cette prime de risque, elle est importante parce que c'est celle qui symbolise le mieux les policiers actifs. Et je je ne peux que avoir une pensée notamment pour tous mes collègues qui sont blessés ou qui sont décédés en service. Cette prime de risque aujourd'hui, elle représente 28,5 % de notre salaire brut et notre revendication, elle est simple, elle doit être augmentée à hauteur de 35 %. C'est le minimum de ce que de ce qui peut être fait. C'est euh la la l'assurance et bien qu'on ait de la considération et du respect pour notre métier et pour le dur sacrifice de mes collègues sur le territoire et sur le terrain. Valentine Rama, cette prime de risque,
elle a pas été euh je crois réévaluée depuis les gilets jaunes, depuis 2018-29. C'est une des grosses revendications aujourd'hui. C'est une des grosses revendications. Parmi les autres revendications, il y a aussi le fait qu'on enlève systématiquement des jours de congé, des jour de repos au fonctionnaires de police. Je pense au JO notamment là bientôt la venue du PAP en France et à chaque fois j'avais un un policier, un représentant syndical hier au téléphone qui me disait "Mais en fait on nous enlève constamment ces jours et on les revalorise pas et donc nous on peut pas être euh 7 jours sur 7 au travail, c'est pas possible. Et il notait aussi le fait que malheureusement euh chaque OPJ, chaque officier de police judiciaire, il a entre 150 et 300 dossiers dans le
stock. Sans parler du flux. Le flux, ça veut dire c'est ce qui arrive tous les jours dans les les officiers de police judiciaire. Et euh ça c'est ce qu'ils ont à traiter entre guillemets sur leur bureau. Mais il y a aussi tout ce qui arrive, toutes les plaintes qui arrivent tous les jours, tout ce qu'ils doivent traiter au quotidien. Donc ils disent qu'ils ont jamais l'impression de réaliser leur mission correctement. qui sont toujours en retard, toujours à la traî sûr dénonce un manque de moyens aussi une procédure pénale qui s'est complexifié ces dernières années notamment et je donne un exemple très concret qui regrette et qui qui leur complique le travail tous les jours, c'est que pour faire aujourd'hui par exemple un prélèvement ADN, ils sont obligés de le le de justifier de le
enfin de d'apporter euh de de le justifier de le voilà beaucoup plus qu'avant en fait. Beaucoup plus qu'avant dire pourquoi on fait ça ? ça complique. Ils ont des logiciels qui sont un peu hors du du temps, enfin voilà qui qui fonctionnent pas comme il devrait fonctionner, contrairement à la gendarmerie qui a un fonctionnel un logiciel très fonctionnel pardon. Donc c'est vrai que il y a il y a aussi toutes ces revendications un petit peu sur le le travail du quotidien, sur euh comment les conditions de travail au quotidien qu'il déplore ces conditions. Et donc il y a ce volet bien sûr euh revalorisation euh temps de repos aussi, prime de risque parce que ça rentre là-dedans aussi et puis c'est [grognement] et le travail au quotidien et comment ils peuvent voilà les les
comment ils rendent le le comment ils font leur travail au quotidien. Jean-Marie Godard, je vous vois auer la tête. Oui. Euh moi, j'ai pas mal de policiers euh qui ont déjà des années de carrière derrière eux qui disent que les jeunes policiers qui arrivent sur le terrain aujourd'hui euh ont tendance à fuir les services d'enquête parce que c'est complètement débordé et que c'est l'enfer. Enfin, vous avez des policiers qui se retrouvent à gérer à 300 dossiers et il y en a qui claquent la porte qui retournent beaucoup à police qui veulent faire du police secours. Police secours. Il y en a il y a beaucoup de jeunes policiers qui veulent on veut surtout pas du des services d'enquête. On veut être sur le terrain dans la rue mais pas noyer dans la paperasse. Il y a un gros problème avec
ça. Comment le gouvernement peut percevoir ces mobilisations ? Il y en a deux, on le rappelle à l'initiative de deux syndicats de policiers. Bah c'est scruté, c'est sûr, par Laurent Nugèz. Il y a eu cette rencontre avec les syndicats début septembre. C'est c'est là qui a été décidé de la part des syndicats de de sortir dans la rue parce qu' ils ont pas eu leur leur revendication. Mais ce qu'on nous dit nous du côté de de Bovau, c'est que d'abord en terme de budget, parce que on parle tous les jours de de budget du budget budget 2027, c'est que le budget du ministère de l'intérieur, il va augmenter de de 600 millions l'année prochaine, ce qui est assez important. Et puis euh une source à Bovo me disait en ce qui concerne la police nationale, c'est pas suffisant pour les syndicats
qui demandent qui demandent plus, mais c'est une augmentation du budget de la police nationale de 240 millions. Je regarde les chiffres avec 970 emplois créés. ça va s'afficher à l'écran par ailleurs et on parlait et on parlait justement vous parliez d'investigation et de de problématique dans l'investigation. Bovo dit il va y avoir 700 recrutements en ce qui concerne l'investigation. Donc il y a une volonté quand même de répondre aux problématiques des policiers mais c'est très clair comme dans toutes les filières et et on l'a vu aussi avec les pompiers la semaine dernière c'est pas suffisant. Loï travers, vous êtes toujours en direct avec nous sur France Info. J'aimerais vous faire réagir à ce que vient de dire Matjid, à ces mesures déjà annoncées par le ministère de
l'intérieur. Je les répète, elles vont continuer à à s'afficher dans un instant sur notre écran. 240 millions d'euros supplémentaires, 970 emplois créés dans la police nationale, revalorisation de certaines indemnités, mise en place de nouvelles primes pour la filière investigation. Il y a quand même des choses qui vous sont promises, qui sont sur la table. Alors, il faut savoir décrypter toutes ces choses qui ont été annoncées. Déjà, la plupart des mesures que vous venez de me donner sont pas des mesures nouvelles, sont des mesures qui ont été prévues dans le cadre de la LOPMI, c'est-à-dire la loi d'orientation et de programmation du ministère de l'intérieur qui date de 2022 et qui prend fin en 2027. C'est-à-dire que pour nous, c'est aucune annonce nouvelle,
c'est juste la continuité. Et c'est sans compter aujourd'hui sur le fait que ça ne reste que des annonces, c'est-à-dire qu'on peut très bien avoir des coupes franches de la part du Premier ministre. Ça veut dire qu'il faut un vote à l'Assemblée nationale et que pour l'instant on l'a pas. Mais pire, il y a des annonces qui ont été réalisées et pour lesquelles il faut légiférer. Et quand on voit le bordel ambiant aujourd'hui à l'Assemblée nationale avec nos parlementaires et ben c'est pas de mal à veille qu'on va voir cette nouvelle loi. Donc objectivement aujourd'hui on a strictement rien de concret et surtout on a rien en plus. On a que ce qui était annoncé depuis le début. Donc en fait il y a les annonces qui sont faites effectivement à la population pour les rassurer aux
journalistes pour vous donner un petit peu de gras moudre. Mais nous, on sait décrypter ces annonces et aujourd'hui il y a rien en plus, je le répète. Et c'est pour ça qu'on est dans la rue et c'est pour ça qu'on fait entendre notre colère. Est-ce que vous considérez aujourd'hui que il a fallu descendre dans la rue parce que la relation, le lien, la discussion était en partie rompue euh avec votre ministre ? Alors nous, on considère pour l'instant qu'il a la possibilité de se rattraper. Le dialogue n'est pas rompuisque vous le savez, on n' pas le droit de grève et le principe et bien c'est des négociations mais qui s'éternisent ou alors et bien quand effectivement on ne se fait pas entendre et qu'on se moque de nous et bien on descend dans la rue. C'est pas
la première fois à partir du moment où le budget a été attaqué et on l'a bien vu euh dès 2024 que c'était une difficulté. 2025 même chose, 2026 même chose et là pour 2027 on voit bien que ça en prend la même chemin. Et donc c'est pour ça effectivement que on a très peur à ces coupes budgétaires. Au sein du même ministère, il y a il y a des tas de corporations et des tas de métiers qui ont aussi besoin de budget et je vois notamment les pompiers à qui je fais un petit clin d'œil et nous on veut pas être les dindons de la farce. On veut simplement être ceux qui sont considérés à leur juste valeur et qui obtiennent ces mesures à la fois salariales, à la fois pour les moyens et les moyens humains. Je vous disais tout à l'heure qu'il y a des recrutements, je vous entendais 970 pour et 700 en
investigation, mais nous on considère aujourd'hui qu'il faudrait pour écluser toutes les procédures environ 2000 officiers de police judiciaire. Vous avez bien entendu 2000. Donc ça veut dire qu'avec 970 en fait on est au frais et on n'est pas du tout à la hauteur. Et d'une façon générale la police nationale aujourd'hui si elle pouvait enfin pour travailler correctement et que les collègues soient bien placés au bon endroit dans tous les services de voie publique euh en CRS en investigation c'est environ 8000 effectifs de plus qu'il faudrait et c'est pas quelques policiers adjoints qui sont recrutés à la Vavite et quelques réservistes qui vont nous aider. Donc c'est bien ça met un petit peu de de grain à moudre mais c'est pas suffisant. Et donc vous avez l'état là de la colère et de ce que
peuvent représenter ben les collègues et je me fais un petit peu le l'écho de leur état d'esprit. Merci. Merci en tout cas Loï Travers d'avoir été avec nous en direct sur France Info pour nous parler de la colère. La vôtre est celle de vos collègues syndicat Alliance donc qui mobilise une partie des policiers. Syndicat unité aussi mobilisé aujourd'hui jour de colère chez la police. Valentine vouliez ajouter quelque chose ? Oui. Euh c'est que le ce ce revendication, c'estes ces revendications, cette mobilisation, elle intervient aussi dans un contexte assez euh particulier. Euh notamment euh et je j'en fais mention parce que c'est ce qui m'a beaucoup été dit hier quand j'ai pu discuter avec des policiers de de l'affaire Liana, même si les plaines dans l'affaire Liana, elles sont à
l'origine déposée en zone gendarmerie et donc dans des gendarmeries et que c'est pas la police, mais ça rejoint une problématique euh qu'il qu'ils ont en commun avec la c'est un manque de moyens, un manque de personnel pouvant recueillir les plaintes, pouvant ensuite juger de leur caractère urgent ou non et de pouvoir les transmettre. Et tout ça, c'est ça fait partie aussi du contexte dans lequel s'inscrit euh cette mobilisation avec voilà des des fonctionnaires de police qui déplorent le fait de plus pouvoir travailler correctement et ils alertent tous sur le fait que plus pouvoir travailler correctement concrètement ça peut avoir des conséquences très graves comme [raclement de gorge] on a pu le voir
avec des affaires très récemment. Jean-Marie Godard sur la colère qu'on entend chez ces policiers. Est-ce que historiquement ils réussissent à se faire entendre, ils ils réussissent à obtenir gain de cause parce qu'on se demande jusqu'où ça peut aller du coup. Oui, les policiers ont quand même une une force de mobilisation très très importante. Il faut rappeler que dans la police, on a un taux de syndicalisation de 70 à 80 %. C'estàd que vous avez 70 à 80 % des policiers qui sont adhérents d'un syndicat. Euh dans si on prend l'ensemble des salariés, on est à 10 % de syndicalisation en France, ce qui est le taux le plus bas de l'OCDE. Ils ont un vrai levier, ils ont un vrai pouvoir d'action. Euh
du côté des CRS, c'est encore plus fort parce que par exemple, s'il y a un mouvement social, les CRS non plus n'ont pas le droit de grève. Mais vous avez déjà eu des des mouvements notamment quand c'était Gérard Colomb qui était au ministère de l'intérieur où il y a eu des mouvements de grève des des enfin pas de grèves, il y a eu des mouvements des des CRS au moment où il y avait des manifestations notamment sur les retraites et c'était pas compliqué. En fait, les CRS au sein des leurs syndicats leur disaient "Faites-vous porter palle le jour de la manife ?" C'està dire que il se déclarait malade et prenait un rendez-vous chez le médecin et là vous vous retrouvez avec 300 400 500 600 CRS qui sont retirés du terrain et là c'est un vrai pouvoir de de pression et de pour revendiquer des
choses. Le syndicat Alliance qu'on a entendu il y a quelques instants et qu'on retrouvera dans quelques minutes aussi le syndicat unité que vous suivez Mohamed Mraay depuis ce matin. Je crois que vous êtes accompagné. Exactement. Mais je voulais juste avant de d'aller avec notre invité vous montrer cette image Lucy. Une image symbolique. Tous ces policiers donc qui sont rassemblés, une plusieurs centaines de policiers qui sont rassemblés devant l'aéroport Roissy Charles De Gaul. Donc c'est un rassemblement qui était un peu plutôt place de la République et qui a convergé ici vers l'aéroport. Ils ne comptent pas entrer ni bloquer l'aéroport mais symboliquement en tout cas ils sont présents devant le terminal de Roissie Charles de Gaul pour crier leur colère et pour dénoncer leurs
conditions de travail et leur pouvoir d'achat. Nous sommes avec Reda Bellad. Bonjour, merci d'être avec nous. Vous êtes porte-parole du syndicat unité Île-de-France, donc en 93 Île-de-France. Merci d'être avec nous. C'est compliqué pour les policiers de faire leur travail en 2026. Ouais. en 2026, on narrête pas de mon de parler de cette hausse de violence. Alors, la hausse de violence, nous on l'a vu tous les jours. On l'a vu avec la l'affaire Liana. Aujourd'hui, on nous met la pression sur cette affaire là. On embauche des collègues qui ne sont pas formés pour traiter ce type d'affaire et on part sur une politique du chiffre. Il faut absolument classer les affaires au plus vite et les traiter au plus vite. Mais c'est pas comme ça que ça fonctionne et
c'est pas gratuit surtout. Donc nous, on a rencontré le ministre le 4 septembre qui nous a apporté toute sa considération par rapport à notre engagement. Mais nous ça nous suffit pas. Donc aujourd'hui, on lui montre aujourd'hui la colère qu'on a nous aussi. On lui montre aussi qu'on est en capacité si on le souhaite de freiner un peu le fonctionnement du pays. Quoi il faut le faire. Voilà donc on est vraiment très très en colère. On en a marre du déni et on veut que ça bouge tout simplement. Une réunion jugée décevante hein par l'ensemble des policiers. Cette réunion entre les syndicats et et Laurent Lunes début septembre. Vous évoquez également l'affaire Liana Valentina Rama collègue l'évoquait aussi en en plateau. Il y a eu un un certain malaise au moment de
cette affaire. Euh Liana, notamment avec les propos de Gérald d'Armanin, est-ce qu'ils ont heurté certains de de vos collègues l'ensemble de des policiers avec lesquels vous avez pu échanger ? Et bien sûr, ça nous a déçu. Moi, je vais pas vous cacher que pour nous de manière générale, le sentiment qu'on avait, c'est que c'était un bon ministre en tant que ministre de l'intérieur. Aujourd'hui, il prêche pour le ministre ministère de la justice, ce qui est compréhensible, mais c'est un peu trop facile de dire que c'est de la faute des policiers et c'est le ressenti qu'on a eu nous parce qu'on a des collègues qui sont engagés, ils ont énormément de procédures, ils veulent pas tous, ils ont pas le courage de faire le constat qu'on est passé en fait tout simplement.
Pour vous, est-ce que vous pensez justement que le gouvernement actuel et le nouveau ministre de l'intérieur, donc Laurent Nunz, est déconnecté de la réalité du terrain, de la réalité du quotidien des policiers ? Ben écoutez, je suis déçu déjà, je vais pas vous le cacher, par rapport au ministre de l'intérieur parce qu'il a été préfet de police. Donc vous savez que Paris, la petite couronne, c'est beaucoup de délinquence, c'est beaucoup d'enquête, c'est beaucoup de crimes, c'est beaucoup de d'agression sexuelle. Donc il sait dans quoi on travaille, donc il connaît nos conditions de travail. Et par rapport à ça, à part apporter de la considération, de l'engagement, ce qui ne remplit pas les assiettes des de nos enfants de des enfants, des policiers, bah c'est nul en
fait. Je suis désolé. Pour moi, c'est même un manque de respect concrètement. C'est vraiment un manque de respect. On est hyper déçu. J'espère que les politiques qui se présentent en 2027 nous entendent et nous voi en direct sur France Info TV et qui qui vont prendre eux ce dossier à bras lecorp. Merci monsieur Bad. Donc beaucoup de déception, de colère de ces policiers qui on le rappelle sont dans la rue he tout au long de la journée pour crier leur colère et dénoncer leurs conditions de travail mais aussi leur pouvoir d'achat. Merci. Merci beaucoup Mohamed. Merci à votre invité Jean-Marie Godard. Euh un mot peut-être pour euh terminer sur ces questions de manifestation de de la police nationale. Est-ce qu'ils sont en quelque sorte laissés pour compte aujourd'hui et les policiers quand on
voit euh la quantité de mission et de travail qu'ils ont par rapport justement à leur revenus, à leurs primes ? Alors, ils sont pas laissés pour compte mais ils sont complètement débordés et on leur en demande trop. Enfin, c'est on leur demande des choses complètement impossibles. Euh, rappelez-vous la la note qui avait fuité au mois d'août suite à l'affaire Liana. Suite à l'affaire Liana, la remontée des parquets généraux, on avait des chiffres absolument hallucinants. Enfin, pardon. Mais juste avant avant que je vous laisse continuer pour nos téléspectateurs, cette note, elle avait été faite par Géral Darmanin, ministre de la de la justice à la suite des remontées des parquets transmise au ministre de l'intérieur Laurent Nouè et elle a été dévoilée en fait. C'est ça. Allez-y.
Euh vous pouvez Elle était à Cablante pour les policiers. Et ben alors elle ce qui est intéressant c'est que tout le monde l'a présenté comme accablante pour les policiers, mais elle était surtout accablante en terme de moyens quoi. C'est-à-dire queon se retrouvait avec des officiers de police judiciaire avec un avec plusieurs centaines de dossiers à gérer tous. et par exemple un chiffre qui était complètement délirant qui était une équipe de cinq personnes dans un groupe de protection des mineurs au MS où ils avaient 4000 procédures en cours. Enfin, je veux dire, comment vous faites pour les traiter ? C'est juste impossible. Donc après, on peut reprocher à la police de pas faire son travail, mais là c'est très compliqué en fait et et en fait c'est un peu comme c'est un peu
comme les urgences, c'est-à-dire queon a l'impression que la police c'est un corps qui va un peu de crise en crise euh qui est tout le temps à gérer de l'imprévu hein puisque de toute façon ce qui se passe dans la rue quand on les appelle c'est c'est jamais des choses prévisibles. Euh et euh ils ont en fait les les moyens sont tellement insuffisants qu'ils se retrouvent à prioriser des choses parfois qui sont très graves. C'est-à-dire qu'on va peser la gravité de d'un truc. On va d'abord traiter ça en priorité mais à côté ça veut dire que il y a une victime qui va attendre quoi. Voilà. Donc mais il y a effectivement il y a il y a un problème de moyen [grognement] euh qui est un peu permanent quoi en fait dans la police sans arrêt on a toujours il manque
quelque chose. On se rappelle des véhicules qui étaient complètement dans dans un état catastrophique. Les photos des commissariats qui avaient été publiées. Bon ça ça a été un petit peu il y a eu des choses qui ont été faites. Il y a des nouveaux véhicules, les fameuses Peugeot 5008 là qui ont qui ont été livrés massivement à la [grognement] sortie du Covid. Mais à chaque fois, c'est il y a il y a toujours un problème parce que les affaires augmentent parce que bah il y a aussi beaucoup plus de choses qui sont judiciarisées aussi parfois aujourd'hui [grognement] et que à chaque fois qu'on vote une loi, que il y a un décret qui sort qui concerne la sécurité, on demande aux policiers de l'appliquer et oui, on rajoute pas forcément des moyens pour le faire. et ce qui euh engendre ce que
vous disiez euh parfaitement bien.