Cybercriminalité : "Les attaquants ont toujours deux ou trois coups d’avance"
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Chapitres
Questions et réponses
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- 0:33OuverteRéponse directe
David Le Goff, bonjour.
- 0:42OuverteRéponse directe
Des centaines de supermarchés victimes d'une cyberattaque dans la nuit de dimanche à lundi, des réfrigérateurs poussés jusqu'à 80 degrés dans plusieurs régions et enseignes. Que révèle cette attaque sur la capacité des pirates à agir sur des équipements physiques ?
- 1:34OuverteRéponse directe
Alors derrière ces attaques, quels sont les intérêts qui dominent aujourd'hui ? L'argent, l'espionnage, le sabotage ? Comment distingue-t-on les cybercriminels des groupes agissant pour le compte d'État ?
- 2:34OuverteRéponse directe
On passe au transport aérien. Est-ce qu'il représente aujourd'hui une cible particulièrement stratégique pour ces groupes notamment en raison, là aussi, des conséquences économiques d'une paralysie ?
- 3:37OuverteRéponse directe
Nos institutions, nos entreprises, sont-elles suffisamment armées pour y faire face ?
- 5:08OuverteRéponse directe
Une fausse publicité pour un casino en ligne usurpe l'identité du casino de la ville. Comment ces escroqueries parviennent-elles encore aujourd'hui à circuler sur les réseaux sociaux ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:51PrésentateurFait
« Elle révèle surtout encore une fragilité très forte en France sur les architectures des systèmes industriels, ce qu'on appelle de l'OT. »
- 1:10PrésentateurFait
« il y a eu ce qu'on appelle une vulnérabilité qui avait été édité en août 2026. »
- 1:24PrésentateurFait
« Et ce que ça peut révéler quelque part, c'est que sans doute l'IA les aide et les augmente dans leur capacité à réagir de façon importante. »
- 1:57PrésentateurFait
« on voit qu'il y a eu une attaque directement sur le système sans un prépositionnement avec demande de rançon. »
- 2:46PrésentateurFait
« Notre secteur est touché. On subit des attaques tous les jours. »
- 3:15PrésentateurFait
« on a essayé d'impacter l'arrivée des commandes des athlètes au travers du transport aérien. »
- 3:37InvitéChiffre
« Le CERT de la collectivité de Corse en recense une soixantaine en moins de deux ans. »
- 5:10InvitéFait
« Une fausse publicité pour un casino en ligne usurpe l'identité du casino de la ville. »
- 6:55PrésentateurFait
« Le cas des supermarchés, c'est parce que c'est vraiment une absence de prise de conscience des architectures de sécurité et de la prise de la menace. »
- 7:04PrésentateurFait
« On ne forme pas suffisamment de personnel et de jeunes à la sécurité. »
Temps de parole
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RCFM, l'invité de la rédaction.
Si
vous avez fait un lien dans votre énigme, Fabrice, avec l'actualité du Salon du Chocolat, c'est ce que va s'employer à faire Roland Frias avec notre invité, qui est David Le Goff, expert en cybersécurité au Certaviation France. Il intervient depuis lundi à Corté, dans le cadre de la certification Les enjeux du numérique et de la cybersécurité, en lien avec la chaire Confiance numérique de l'Université de Corse. David Le Goff, à nos micros aujourd'hui.
David Le Goff, bonjour. Bonjour. Des centaines de supermarchés victimes d'une cyberattaque dans la nuit de dimanche à lundi, des réfrigérateurs poussés jusqu'à 80 degrés dans plusieurs régions et enseignent. Que révèle cette attaque sur la capacité des pirates à agir sur des équipements physiques
? Elle
révèle surtout encore une fragilité très forte en France sur les architectures des systèmes industriels, ce qu'on appelle de l'OT. On voit aussi que ces attaquants veillent et font de la veille active sur ce qui est exposé sur Internet et dans nos environnements. Et il faut savoir que sur ce qui s'est passé, ces équipements, il y a eu ce qu'on appelle une vulnérabilité qui avait été édité en août 2026. Donc, entre la date de sortie de la vulnérabilité et l'exploitation massive, il ne
s
'est pas passé beaucoup de temps finalement. Et ce que ça peut révéler quelque part, c'est que sans doute l'IA les aide et les augmente dans leur capacité à réagir de façon importante.
Alors derrière ces attaques,
quels sont les intérêts qui dominent aujourd'hui ? L'argent, l'espionnage, le sabotage ? Comment distingue-t
-on
les cybercriminels des groupes agissant pour le compte d'État
? Alors
là, c'est une très bonne question. Aujourd'hui, on n'a pas assez d'éléments pour répondre. Si on observe juste le mode opératoire,
on
voit qu'il y a eu une attaque directement sur le système sans un prépositionnement avec demande de rançon. Donc là, on peut supposer, mais c'est vraiment que des suppositions, ça va être judiciaisé sans doute, qu'aujourd'hui, c'est un acte de sabotage puisqu'il y a eu une action directe sur du matériel avec des impacts
directs
sur la population puisque le matin, je veux acheter mes glaces et je ne
peux
pas acheter de glaces. Donc il y a aussi peut-être un pendant vers la déstabilisation et voilà, on est peut-être sur ce couple de sabotage afin de déstabiliser un petit peu l
'écosystème
français. David Le Goff, vous êtes expert au CERT Aviation France. On passe au transport aérien. Est-ce qu'il représente aujourd'hui une cible particulièrement stratégique pour ces groupes notamment en raison, là aussi, des conséquences économiques d'une paralysie
? Oui, oui,
tout à fait. Notre secteur est touché. On subit des attaques tous les jours. Alors elles sont mineures, majeures, on arrive à les contrer.
Mais
c'est comme tout secteur lié à l'organisme d'importance vitale et au fonctionnement de la France. Ce secteur est traité par les cybercriminels et bien visé. C'est pour ça que l'ONSI a mis en place des CERT, donc des centres de réponse à incidents, afin d'assurer une anticipation de la menace sur ces secteurs. Le secteur aérien est touché
et
on l'a vu avec les JO. Dès que la flamme a posé le pied sur le territoire français, on a essayé d'impacter l'arrivée
des
commandes des athlètes au travers du transport aérien.
On en vient un peu à la Corse, l'université, l'hôpital de Castelluc, l'office hydraulique ont déjà subi des cyberattaques. Le CERT de la collectivité de Corse en recense une soixantaine en moins de deux ans. Nos institutions, nos entreprises, sont-elles suffisamment armées pour y faire face
?
Alors on y travaille, mais je pense qu'il y a encore, le chemin est encore très long à parcourir. Aujourd'hui, on essaie effectivement de doper les défenses. Il y a des structures qui se coordonnent. Et ça, il faut le dire, en France, on a ce qu'on appelle l'intercercle. Là, moi, je vais passer deux jours avec le cesseur d'éjection pour travailler sur ces menaces, parce qu'on échange beaucoup. Il faut qu
'on
soit comme les attaquants. Il faut qu'on soit solidaires ensemble et qu'on échange nos pratiques. Et qu'on soit vraiment dans l'accompagnement de chacun pour évaluer et pour contrer les attaquants. Et donc,
on
s'organise. Mais l'IA ne nous aide pas, parce que finalement, on essaie d'avoir deux, trois coups d'avance sur l'échiquier face à l'attaquant. Mais c'est plutôt lui qui les a, puisqu'il y a toute une population d'attaquants
qui
se sont vraiment augmentés. Donc,
il y a
un moment, je pense qu'on a encore un étage à monter pour contrer un peu ces nouvelles tendances d'attaque. Et oui, je pense que l'État y met les moyens, les régions y mettent les moyens, les secteurs y mettent les moyens. Mais c'est toujours long, le chemin est loin à parcourir. Et c'est compliqué quand on court devant des
gens qui courent deux fois plus vite. David Le Goff, les particuliers sont aussi ciblés à Ajaccio depuis quelques jours. On en a parlé dans nos journaux. Une fausse publicité pour un casino en ligne usurpe l'identité du casino de la ville. Comment ces escroqueries parviennent-elles encore aujourd'hui à circuler sur les réseaux sociaux
? Eh
bien, c'est parce qu'ils arrivent à ouvrir ce qu'on appelle un tunnel affectif avec les cibles. Il faut travailler son rapport d'étonnement. Je pense que nos populations, alors on fait de la sensibilisation, mais il faudrait peut-être la faire à plus grande échelle,
pour
aider nos concitoyens à travailler leur rapport d'étonnement. Parce que ça marche encore. S'ils utilisent ces procédés, ces modes opératoires, c'est parce qu'ils ont des réponses, ils gagnent de l'argent. Et quand on voit toutes les fuites de données qu'il
y
a en France, ils arrivent à amasser suffisamment d'informations sur vous
pour
ouvrir un tunnel affectif et puis vous faire rentrer dedans. Donc,
je
pense que
comme
ça marche, il continue, les cybercriminels. Et aujourd'hui, c'est parce qu'on ne travaille pas suffisamment notre rapport d'étonnement.
Une
toute dernière question. Vous intervenez à Corté, dans le cadre de la certification, les enjeux du numérique et de la cybersécurité. Aujourd'hui, très rapidement, notre principale faiblesse face à ces attaques,
est
-elle technologique ou humaine ? Apparemment, vous ne m'entendez pas.
Vous
m'entendez, David Le Goff
? On
a perdu le contact, David Le Goff. Vous m'entendez ? Oui,
j'ai perdu le contact. Une
toute dernière question, vraiment. Vous intervenez à Corté, dans le cadre de la certification, les enjeux du numérique et de la cybersécurité. Aujourd'hui, notre principale faiblesse face à ces attaques, est-elle technologique ou humaine ? Très rapidement.
Les
deux. On a progressé sur les deux. Le cas des supermarchés, c'est parce que c'est vraiment une absence de prise de conscience des architectures de sécurité et de la prise de la menace. Et puis les deux, parce qu'il faut qu
'on
forme des gens. On ne forme pas suffisamment de personnel et de jeunes à la sécurité. Défensives et offensives. Et donc, il faut qu
'on
travaille, qu'on continue à travailler sur ces deux
acteurs. David Le Goff, expert en cybersécurité au CERT Aviation France. Merci d'avoir été notre invité ce matin sur ICI RCFM.