Vote de confiance : la chute de François Bayrou peut-elle être évitée ? • FRANCE 24
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 50 %Défensif 40 %
Questions et réponses
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- 0:00OuverteRéponse partielle
On continue à parler de rentrée politique en France avec le vote de confiance de François Bayrou lundi prochain.
- 1:20RelanceRéponse directe
François Bayrou est sur tous les fronts, mais pourquoi cette hyperactivité de communication ne fonctionne-t-elle pas ?
- 2:03OuverteRéponse directe
Est-ce que recevoir les chefs de parti comme Olivier Faure a un sens alors que les socialistes ont déjà annoncé voter contre ?
- 2:47OuverteRéponse directe
Pourquoi François Bayrou a-t-il choisi d'engager la responsabilité de son gouvernement alors qu'il sait que ça va mal tourner ?
- 4:06OuverteRéponse directe
Pourquoi Emmanuel Macron laisse-t-il François Bayrou organiser ce vote de confiance alors que c'est risqué ?
- 4:47OuverteRéponse directe
Pourquoi Emmanuel Macron est-il si peu présent dans le débat public en ce moment ?
Temps de parole
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Allez, on continue à parler de rentrée, mais pas de rentrée scolaire cette fois-ci, mais de rentrée politique en France puisqu'une nouvelle fois, elle est bien mouvementée. La fin semble proche pour François Bairou. Lundi prochain, le Premier ministre engagera la responsabilité de son gouvernement devant l'Assemblée nationale. La plupart des partis ont déjà annoncé qu'il voterait contre ce vote de confiance et malgré tout, François Bairou continue à vouloir y croire. Il s'est dit déterminé d'ailleurs hier à ne pas dire au français au revoir. Bruno Côz, bonjour. Bonjour. Merci d'être avec nous. Vous êtes politologue, chercheur au CVIPOF et enseignant à SciencePau. Alors, on l'a vu, le Premier ministre est sur tous les fronts. La semaine dernière, euh il a
donné une conférence de presse, il était l'invité du 20h de TF1, il a fait un discours de BMDEF. Hier, il était avec différents interviewers de plusieurs chaînes d'information. Les Champs s'approchent, c'est lundi prochain. Il c'est ce qu'il a dit hier, il garde quand même espoir malgré tout et nous-même, on a du mal à y croire. On a beaucoup de mal à y croire. Effectivement, je pense qu'au fond lui-même, lui-même a en fait beaucoup de mal à y croire aussi. Le premier ministre s'est lancé dans un hyperactivisme de communication. On a même rarement vu ça dans notre vie politique. Autant d'interview, autant d'émission de télé pour un premier ministre qui n'arrive pas au fond à son objectif. L'objectif, c'est d'arriver à parler en direct au français. Alors, il
est arrivé à ce que le débat sur la dette publique soit omniprésent dans nos conversations de tous les jours. Il y a pas un seul français ou française qui parle pas de ça aujourd'hui. Par contre, ça entraîne pas l'adhésion sur le plan du Premier ministre. Et je crains pour le Premier ministre que cette démultiplication des interviews les conduit à faire aussi un certain nombre d'erreurs de communication qui peut-être ont joué à contresens, ce qu'il voulaient. C'était comme par exemple bah par exemple hier soir à propos du Parti socialiste, il dit à deux reprises que le Parti socialiste a le programme qui est le plus opposé. La journée se demande si c'est le plus opposé même par rapport à la France insoumise et là il rembra non j'ai bien dit le plus opposé. Donc on voit que si
l'objectif était au fondant ta main un dialogue avec les socialistes, on peut dire que ça part pas sur des bonnes bases. Est-ce que d'ailleurs enfin Olivier Fort doit être reçu parce qu'on sait qu'à partir d'aujourd'hui, il reçoit les différents chefs de parti. Aujourd'hui, c'est le parti communiste. Après, il y aura également le Rassemblement national, les Républicains. Et Olivier Fort, le premier secrétaire du Parti socialiste, il a dit lui que il allait y aller mais c'était une politesse républicaine et que la décision des socialistes de toute façon de voter contre contre lui le le 8 septembre, elle était irrévocable. À quoi ça sert du coup de recevoir les partis comme ça, les différents chefs de parti pendant plusieurs jours ? Je pense que le Premier ministre veut d'abord euh
laisser dans l'opinion l'idée qu'il a été au bout de son idée. Euh qu'il était bien le François Baou l'homme du consensus. Euh il s'est pris très mal de manière extrêmement paradoxale puisque l'homme du consensus ne cesse de dire "Je veux dialoguer, tout est négociable". Mais en fait, j'ai raison surtout ou à peu près sur tout. Donc, on voit que le premier ministre essaie surtout de rester fidèle à cette image d'un François Baotou qui aura jeté toute son énergie dans la bataille pour essayer de convaincre les autres formations politiques de se mettre, nous dit-il, d'accord, sur un constat. Mais le constat, tout le monde l'a fait. Et donc d'une certaine manière, c'est un peu bizarre parce qu'on aurait plutôt attendu que le premier ministre d'abord entame des discussions. Le simple fait
de discuter par exemple avec les socialistes montrait une forme de reconnaissance du problème et qu'ils avaient envie de s'en occuper. Donc on comprend pas très très bien quelle a été la logique du premier ministre. Mais c'est pour ça d'ailleurs je pense que les Français commencent enfin et continuent de se demander pourquoi maintenant pourquoi vouloir engager la responsabilité de son gouvernement alors qu'il sait que ça va sans doute en tout cas mal tourner pour lui et pourquoi aussi Emmanuel Macron a fini par l'accepter ? Oui, sur la première question effectivement, on peut on peut penser que le premier ministre a tiré les conclusions pendant l'été qu'il n'aurait pas de majorité pour faire euh voter ce plan d'économie sur le budget et donc il a sans doute préféré prendre
les devant euh organiser lui-même, choisir lui-même les conditions de sa sortie. sans doute ne voulait-il pas avoir le même sort que Michel Barnier, c'est-à-dire de tomber sur une motion de censure, il a voulu prendre les devants d'une certaine manière en en léguant à l'opinion l'idée d'avoir mis les pieds dans le plat sur la question des déficits publics. Pourquoi Emmanuel Macron le laisse faire ? C'est vrai que c'est étrange parce que le 491, c'est-à-dire présenter une déclaration de politique générale, susciter un vote de confiance, c'était la solution la plus dangereuse pour le premier ministre. Euh il aurait mieux fait peut-être d'attendre euh une motion de censure, mais là il est très exposé sur un vote puisqu'il suffit d'une majorité relative pour le faire le faire tomber.
Moi, j'ai une autre question pour Emmanuel Macron qui me semble tout aussi euh où j'ai pas la réponse mais la question je l'ai qui est comment se fait-il que le président de la République parle si peu ? On ne l'entend presque pas. Vous emmenez à la question que je voulais également vous poser parce que c'est tout à fait ça. Pourquoi est-ce qu'il est pas très présent ? et assez il est assez inexistant et et c'est vrai que certains se se posent aussi la question de de la dissolution finalement parce que ça revient un petit peu sur la table même si lui a dit que non mais j'imagine que le chef de l'État au 8 septembre au soir va prendre la parole sans aucun doute. Il peut pas nous laisser comme ça au fond le 8 au soir avec un berou qui démissionne, un gouvernement qui tombe immédiatement et
puis le pays entier qui se dit qu'est-ce qui se passe ? Donc forcément le chef de l'État va être amené à parler. va sans doute nous expliquer qu'il a voulu laisser la démocratie parlementaire et la vie des partis se dérouler, que lui il est d'autres front l'Ukraine en particulier et qui fait le constat à nouveau que ça ne fonctionne pas de faire confiance au partis politiques. C'est sans doute ce que le chef de l'État va nous expliquer. Par contre, ça ne règle pas le problème. Mais quelle est la solution du chef de l'État ? Peut-être à nouveau des négociations pour trouver une personnalité issue des rangs de la Macronie. Je crois peu à l'hypothèse d'un chef de l'État qui nommerait quelqu'un issu directement des rangs socialistes parce qu'ils viennent comme Olivier Fort,
voilà, ils viennent de faire connaître leurs propositions économiques qui sont quand même assez éloignés des choix du chef de l'État. Donc on imagine un Emmanuel Macron tentant une personnalité qui peut-être sur certains points pourrait au fond donner le point socialiste. Alors à qui à qui vous pensez parce que c'est sûr que là encore une fois les Français se posent également la question. Est-ce qu'au final la plupart des possibilités ont été épuisées puisque c'est vrai qu'on a quand même beaucoup changé de premier ministre ces dernières années et du coup les Français ont un peu peur, se posent des questions qui pourrai prendre la suite de François Bairou sachant qu' l'échéance de la présidentielle ça reste encore 202 et on est on est à la rentrée enfin on est en
septembre 2025 et oui vous avez raison on a beaucoup changé de premier ministre que Si François Bairou tombe et qu'Emmanuel Macon nomme un nouveau premier ministre, ça fera quand même notre 7e premier ministre d'Emmanuel Macron en 8 ans et demi de pouvoir. C'est qu'un phénomène tout à fait tout à fait inattendu, qu imparent, quasiment imparent, tout à fait inattendu, tout à fait exceptionnel. Sous la 5e République, ça nous dit quelque chose évidemment. Par ailleurs, cette ces changements de gouvernement ont donné l'occasion de tester de très nombreuses personnalités qui sont apparu, disparu, réapparu au point que l'opinion a même du mal à tout simplement capter les noms des membres du du gouvernement. Les gens ont capté qu'il y a Gérald Darmanin, qui a Bruno Retaillot, les
plus connus des ministres mais beaucoup passent complètement sous les sous les radars. Donc on voit un vrai problème pour le chef de l'État qui n'a pas su aussi et c'est peut-être ça peut-être à voir avec le mouvement politique qu'il a fondé qui ne s'est pas transformé en organisation de masse fondamentalement qui n'a peut-être pas su trouver un vrai vivier de personnalité politique renouvelant. Et donc on a eu beaucoup de macronistes de départ qui ont déjà été qui ont déjà siégé au gouvernement, qui sont sortis de la politique même pour beaucoup d'entre eux. Et donc le chef de l'État a vu progressivement les possibilités se rétrécir. Est-ce que vous avez des noms en tête de qui pourraient Il y a beaucoup de noms qui circulent. On a beaucoup dit l'actuel ministre de
la défense Sébastien Lecornu mais qui semble lui beer un peu la question en touche. Mais d'ailleurs est-ce que quelqu'un a vraiment envie d'y aller encore maintenant ? Alors, on dit souvent, on dit souvent, c'est une forme de plaisanterie mais on dit souvent que Matignan, il y a quand même beaucoup de candidats qui frappent à la porte qui déposent des candidatures spontanées. Donc, c'est vrai que c'est un poste qui ne se refuse pas, même si c'est pour prendre beaucoup de coups, même si c'est pour au fond être censuré pour quelques mois après, mais c'est vrai qu'inscrire son nom euh dans le registre des premiers ministres de la 5e République pour toute personnalité politique, c'est quand même un achèvement de sa vie politique. C'est quelque chose de très
motivant. Donc je pense qu'il y a des volontaires bien évidemment. Après, l'équation du chef de l'État est très difficile. Il faut une personnalité qui donne un peu le sentiment que quelque chose de nouveau se passe. Si nommer quelqu'un proche de lui qui tient à peu près le même discours que Berou, ça va pas marcher. S'il nomme quelqu'un de proche de lui qui dit François Baotou exagéré, la marche était trop haute. À ce moment-là, ça ça jettera rétrospectivement une ombre sur la sincérité de la parole et du chef de l'État et de François en disant "Mais alors pourquoi ils ont laissé le pays s'enferrer comme ça si une possibilité plus un deore était possible ?" Donc on voit une tâche très compliquée pour le chef de l'État. Euh c'est une question de tenir un an
globalement parce que de l'opinion dans un an on sera à l'automne 2026 tout le monde sera déjà sur l'idée de la présidentielle le pays sera passé à autre chose sera déjà dans la l'idée qu'Emmanuel va quitter mais il faut tenir un an et trouver la et et trouver et trouver une majorité pour faire voter un budget et là tout le problème aussi François Baou il a énormément insisté sur ce budget sur cette dette ces économies qu'il faut faire 44 milliards d'euros d'économie et c'est focalisé tellement fort là-dessus. On entend quand même et on le voit plusieurs économistes qui disent "Bon oui, ça va pas très bien mais c'est pas non plus à ce point alarmiste. Alors pourquoi est-ce qu'il a décidé d'appuyer que là-dessus ? Je vois deux raisons. La première c'est
d'abord que ça a toujours été un cheval de bataille de François Bairou de très longues dates. Il a communiqué sur le sujet. Il a écrit un livre un certain nombre d'années sur le problème de notre fixie budgétaire. Donc François Bairou sans doute arrivant à Matignon a sans doute le sentiment qu'enfin enfin il accède au poste où il a un porte-voie h euh très très important où il va enfin pouvoir dire sa vérité. Il y a peut-être aussi une une deuxième une deuxième hypothèse. François Bairou a un problème depuis le début de sa nomination à Matignon. On ne peut pas dire qu'il doit son poste de premier ministre au fait qu'il a gagné les élections. Lui-même n'a même pas été candidat aux élections législatives. Donc il y a un sujet qui se pose qui est un sujet presque de
légitimité électorale. Alors en brandissant très fort l'idée que le pays est en situation de de survie, qu'il a une urgence vitale pour le pays, ça permet au fond de de régler ce problème et de dire ben peut-être que j'ai pas gagné des élections, peut-être parce que je suis là, parce qu'Emmanuel Macron m'aime bien. Mais au fond ma ma raison d'être là, c'est de de sauver le pays, nous a dit sauver la nation. Un mot sur ce mouvement qui s'appelle Blocons tout et qui doit se préparer pour le 10 septembre. Est-ce que ce mouvement peut avoir un réel impact ? Sachant qu'on sait que le 18 septembre, ce sera autour des syndicats qui ont appelé aussi à faire grève le 18 septembre. Est-ce que ces deux, voilà le
côté syndicat et le côté bloc toutou, est-ce que ça peut peser dans la balance ? Oui, bien sûr. C'est un tout on va dire qui va du 8 au 18 septembre avec trois moments différents. Un moment de vie parlementaire, un mouvement de mobilisation d'un nouveau type un peu citoyenne par le bas, même si on sait qu'il y a beaucoup d'influence politique qui s'exercent dans la mobilisation du 10 septembre. Et puis le dialogue social, le rendez-vous avec les syndicats très déçus de la tentative de dialogue social dans le conclave sur les sur les retraites. Donc on va dire une dizaine de jours à risque pour l'exécutif. Effectivement si les enquêtes d'opinion s'accumulent montrant que vraiment beaucoup de Françaises et de Français disent il y en a marre, ça suffit, on comprend plus rien. Que le 10
septembre est plutôt une réussite, qu' y aurait des formes de mobilisation, pas nécessairement beaucoup de monde dans la rue, mais imaginons simplement que ça prenne dans l'opinion. Et puis le 18 des syndicats qui diraient comme récemment la CFDT très déçu de François Bairou et que le compte n'y ait pas. C'est vrai que ça ferait beaucoup et à ce moment-là ça posera de graves questions à Emmanuel Macron lui-même. Je parle pas du tout du scénario de de démission d'Emmanuel Macron. Non mais on revient toujours là. Il faut que lui trouve une solution et il faut qu'il rassure les Français. C'est pas le tout à chaque fois de s'adresser à la nation. Voilà, le le chef de l'État doit impérativement être dans l'une de ses fonctions les plus éminentes, nous garantir notre
unité nationale. Le pays est inquiet, le pays est dans une situation extrêmement anxiogène. Il y a beaucoup de désaccords. Voilà. Est-ce que le chef de l'État arrivera à trouver les les pas seulement les paroles mais est-ce qu'il arrivera à trouver au fond le l'outillage politique qui correspond à cette situation, c'est-à-dire faire tenir jusqu'en 2027 en en essayant de faire qu'à peu près tous les courants politiques disent c'est fairplay. Donc pour le moment, on voit que c'est pas le cas et c'est un peu le nœud du problème puisque une partie des électeurs ont le sentiment qu'ils ont joué le jeu en 2024 et que les urnes n'ont pas été respectées. qu'il faut que le chef de l'État apporte une réponse à cette à cette impasse dans laquelle nous sommes.