Xavier Iacovelli : "À chaque fois qu'il y a des enfants, il y a des prédateurs"
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Une émission consacrée aujourd'hui à la protection de l'enfance, une question urgente. En 2025, près de 114 000 enfants ont été victimes de violences physiques, des violences au sein du foyer familial, mais aussi dans certaines structures d'accueil, et notamment les écoles, avec ce scandale qui touche les écoles parisiennes, scandale de violences sexuelles dans le périscolaire. Le ministre de la Justice, Gérald D'Amanin, parle de MeToo des enfants. Pour en parler, j'accueille Xavier Acovelli. Bonjour. Bonjour. Vous êtes vice-président du Sénat, sénateur des Hauts-de-Seine, membre du groupe RDPI au Sénat. Le groupe RDPI, c'est le camp présidentiel.
Et vous présidez aussi le parti démocrate et progressiste, c'est-à-dire l'aile social-démocrate, du Bloc central. Xavier Acovelli, est-ce qu'on est en train de prendre conscience actuellement de toutes ces violences contre les enfants, notamment des violences sexuelles ? Et est-ce qu'on peut parler de MeToo des enfants ?
Je crois que Gérald D'Amanin, le garde des Sceaux, a raison de parler d'un MeToo parce que je pense que c'est aussi grave et c'est une ampleur aussi importante que ce qui s'est passé pour les femmes. Est-ce qu'on prend conscience ? Oui, la société prend enfin conscience. En fait, elle ouvre enfin les yeux parce qu'en fait, la réalité, c'est que la libération de la parole, elle existe depuis longtemps pour les enfants. Les enfants ont toujours parlé. Ils ont toujours exprimé de façon verbale ou non-verbale leur mal-être, les violences qu'ils ont subies, qu'elles soient sexuelles ou agressions.
Sauf que la réalité, c'est que la société n'était pas prête pour écouter et les adultes n'étaient pas prêts pour comprendre ce qui se passait réellement. Et donc là, je pense qu'il y a une prise de conscience collective, des défaillances qui sont pointées et sur lesquelles, maintenant, il va falloir apporter des solutions claires parce qu'on parle, vous donnez des chiffres, mais en fait, en moyenne, c'est un enfant toutes les trois minutes dans notre pays qui est agressé, violé, victime d'inceste ou de violences sexuelles. Et donc, c'est un vrai sujet de société sur lequel il faut s'emparer enfin.
Il y a eu une omerta de la part des adultes sur ces violences faites aux enfants, notamment dans certaines écoles, dans certaines collectivités, avec un problème de remontée de signalement ?
Clairement. Enfin, je veux dire, on ne peut pas avoir autant de victimes et aussi peu de condamnations ou de changements, en fait, de systèmes. Donc oui, il y a eu une omerta, volontaire ou non volontaire. Ça, c'est les juges et la justice qui le décidera. Mais la réalité, c'est qu'on n'a pas su protéger les enfants dans notre pays. Et donc, il est temps maintenant qu'on réagisse. Et moi, je remercie vraiment le garde des Sceaux qui a décidé de faire de la fin du quinquennat vraiment une priorité de la protection de l'enfance.
La justice qui s'est emparée du dossier du scandale de violences sexuelles dans le pays scolaire parisien, avec plusieurs enquêtes ouvertes, 84 écoles maternelles concernées, une vingtaine d'écoles élémentaires et une dizaine de crèches visées. Et d'ailleurs, un homme a comparu la semaine dernière devant le tribunal de Paris pour agression sexuelle sur 9 enfants âgés de 3 à 5 ans entre 2024 et 2025. Et le parquet a requis pour cet homme 3 ans de prison, dont un enferme, mais sous bracelet électronique. Ça veut dire qu'il n'ira pas en prison. Est-ce que vous comprenez la colère des familles face à cette réquisition ?
Non, je ne le comprends pas. Et d'ailleurs, je l'ai dit dans l'hémicycle lors du débat justement sur la loi de contrôle qui était portée par Hervé Moret de contrôle sur le périscolaire. Je l'ai dit, un an seulement de bracelet électronique quand on a été bourreau de 9 enfants, officiellement, parce qu'on ne sait pas s'il y en a d'autres, mais 9 enfants, je pense qu'il y a un problème. Alors moi, je ne suis pas, je suis législateur, je ne suis pas là pour pointer du doigt, en fait, et remettre en cause des jugements, des juges qui sont indépendants.
Mais je me dis, peut-être qu'il faut renforcer notre système judiciaire pour faire en sorte que les juges puissent avoir des sanctions beaucoup plus lourdes pour ceux qui, aujourd'hui, détruisent la vie. Parce qu'en fait, ces enfants-là, ils ont été victimes, peut-être une fois, mais c'est toute leur vie qu'ils vont porter des séquelles. Et donc, sur lequel, aujourd'hui, on a besoin d'avoir de la réparation pour ces victimes, d'avoir un suivi. Et je pense que la première chose qu'on peut faire, en tout cas pour protéger ces enfants et pour montrer que la République est là pour eux, c'est de faire en sorte de condamner les bourreaux.
Est-ce que vous êtes favorable à une commission d'enquête parlementaire sur ces violences dans le périscolaire ? Une commission d'enquête qui est demandée par la sénatrice Les Républicains de Paris, Annette Sévrenne.
Oui, Annette Sévrenne l'a dit lors du débat. Moi, je suis complètement d'accord. Et elle est légitime, d'ailleurs, pour le dire. Elle est sénatrice de Paris. Il y a plus d'une centaine d'établissements scolaires ou périscolaires qui ont été touchés en Paris. Donc, c'est évident qu'elle demande ça. Et donc, moi, je soutiendrai cette demande. Après, je pense qu'il faut l'élargir seulement à la question de Paris parce que la question des violences sur enfants, elle touche tous les territoires. Et elle touche d'ailleurs tous les territoires et pas seulement dans le privé, comme on a pu le penser pendant un certain nombre d'années.
On voit bien que les premiers scandales sont arrivés par l'école privée et on voit bien qu'aujourd'hui, ça touche le public. Et en fin de compte, c'est une évidence. C'est-à-dire qu'à chaque fois qu'il y a des enfants, il y a des prédateurs. Et donc, il faut qu'on puisse absolument aujourd'hui avoir cette commission d'enquête pour montrer ce qui ne va pas.
Donc, l'actuel maire de Paris, Emmanuel Grégoire, qui était premier adjoint au maire de Paris au moment des faits, doit s'expliquer devant une commission d'enquête parlementaire ?
– Mais tous les acteurs. Il n'y a pas que le premier adjoint qui est devenu maire. La réalité, c'est que tous ceux qui ont été en contact avec ces informations-là, qui ont eu ces informations-là sur les défaillances de notre système et qui n'ont pas été à la hauteur pour protéger nos enfants, doivent s'expliquer devant la représentation nationale. C'est le principe d'une commission d'enquête.
– Alors, vous en parliez, plusieurs textes de loi prévoient de mieux contrôler les antécédents judiciaires des animateurs du péri-scolaire. C'est le cas de la proposition de loi qui a été votée la semaine dernière au Sénat, mais aussi de la proposition de loi Betaram, qui est examinée cette semaine à l'Assemblée nationale après le scandale de cette école privée près de Pau. Comment est-ce possible que jusque-là, les recrutements des animateurs ne donnaient pas lieu à des contrôles stricts des antécédents judiciaires ?
– Mais c'est tout le problème. En fait, on a tellement fait confiance peut-être au système, de s'organiser eux-mêmes. En fait, on a même vu que des animateurs qui étaient signalés sur des problèmes de violence ou de violence sexuelle, en fait, plutôt d'être exclus complètement de ce système, étaient juste déplacés d'une école à l'autre. Donc, en fait, on déplaçait le problème. Alors, est-ce que c'est parce qu'on n'arrivait pas à recruter assez d'animateurs parce que c'est un vrai secteur en difficulté de recrutement ? Et donc, du coup, on fait avec ce qu'on a, mais en fait, c'est au détriment de la protection de nos enfants. Et donc, oui, il faut absolument qu'on puisse remédier à ça.
Le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, veut créer une liste noire des personnels qui sont évincés de l'Éducation nationale pour des comportements inappropriés avec des enfants, même s'ils n'ont pas été condamnés par la justice. Mettre en place une liste noire avec des personnes qui n'auraient pas été condamnées, est-ce que ça ne pose pas un problème d'État de droit ?
Alors, il y a un problème, effectivement, de présomption d'innocence, c'est-à-dire qu'on peut avoir des signalements qui sont parfois abusifs, mais il y a aussi un principe de précaution. Et cette liste noire, après, il faut voir dans quelles conditions, quels critères on met ces personnes sur cette liste noire. Mais ce qui est sûr, c'est qu'on le voit bien dans la plupart des cas qui ont été signalés, notamment à Paris, ce n'est pas des gens qui avaient été condamnés, c'est aussi des gens seulement qui avaient une... C'était une première fois, on va dire, en tout cas officiellement.
Et donc, c'est pour ça que nous, moi, je prône pour une évaluation psychologique aussi, parce que quand on n'est pas inscrit dans un fichier de délinquant sexuel, en fin de compte, la collectivité ne peut pas avoir ses antécédents et donc ne peut pas protéger les enfants. Moi, je pense qu'il faut généraliser l'évaluation psychologique comme on fait pour les pilotes de ligne, ou pour l'armée, par exemple, où on ne permettrait pas, en fait, à un pilote de ligne, par exemple, d'envoyer 300 personnes dans le mur, parce que, justement, il a la responsabilité des passagers.
C'est pareil, les animateurs, les professeurs, tous ceux qui sont en contact avec les enfants ont la responsabilité de la vie et la protection des enfants, et donc ils doivent avoir une évaluation psychologique. Moi, c'est ce que je vais porter dans les prochaines semaines.
– De quelle manière vous allez porter cette réforme ?
– J'ai une question officielle qui va être portée dans l'hémicycle début juin directement au Sénat, et puis dans le cadre du projet de loi en France, je pense qu'il y aura aussi des accroches où on va pouvoir porter, effectivement, mais je pense que c'est plus du réglementaire, d'ailleurs, que du législatif, et donc c'est pour ça que je voulais faire une question au gouvernement à ce niveau-là.
– Alors, autre grand dossier qui touche à la protection de l'enfance, la présence d'un avocat auprès de chaque enfant qui est placé ou protégé. Quentin, le Sénat a adopté un texte ce jeudi qui va en ce sens.
– Oui, c'est une mesure emblématique réclamée par les professionnels et les associations. En France, on le rappelle, plus de 380 000 jeunes sont concernés par des mesures d'assistance éducative, c'est-à-dire qui sont placés en famille d'accueil, en foyer, ou bien suivis directement dans leur famille sur décision d'un juge, l'immense majorité d'entre eux ne sont pas assistés par un avocat.
En avril 2025, les députés en avaient fait une recommandation dans le rapport de la commission d'enquête sur l'aide sociale à l'enfance, c'était la recommandation numéro 59, prévoir la désignation systématique d'un avocat dans le cadre des procédures d'assistance éducative pour chaque enfant, en capacité de discernement ou non, en veillant à ce que l'avocat en question soit spécialisée sur les questions relatives aux droits de l'enfant. Une proposition de loi pour aller en ce sens et portée par les députés socialistes a été adoptée en décembre dernier. Elle était donc examinée au Sénat la semaine dernière. On attendait donc de voir ce que le Sénat allait faire exactement en séance, Alex.
Il y a eu un grand suspense jusqu'au bout de ce texte.
Oui, vous allez pouvoir nous le raconter, Xavier Coilly, parce que vous étiez vraiment aux premières loges sur ce texte. Initialement, la proposition de loi prévoyait l'application immédiate de l'assistance d'un avocat auprès de chaque enfant. Gérald Darmanin a réaffirmé son soutien au principe du texte, mais le garde des Sceaux a longuement insisté sur les difficultés pratiques qu'entraînerait une application immédiate de la réforme. Écoutez Gérald Darmanin devant les sénateurs en séance.
Prêtez-moi de dire que, vu le nombre d'avocats dans chacun des départements et vu le nombre de mesures, pour me déplacer partout sur le territoire national, notamment si on va en Guyane, où les avocats sont concentrés exclusivement à Cayenne, ça veut dire que concrètement, et notamment lorsqu'il y a un sujet d'assistance éducative qui concernera les gens du fleuve, bon, peut-être qu'on est un petit peu loin aussi de ces discussions, et que le ministre, lui, est en responsabilité d'organisation du ministère.
Et s'il y a un problème avec un enfant qui ne peut pas être placé parce que l'avocat n'est pas disponible, c'est le ministre de la Justice qu'on ira chercher, que vous interpellerez aux questions du gouvernement, que la Cour des comptes ira contrôler.
Il y a donc eu en séance un âpre débat sur le fait de savoir quand est-ce que cette obligation de la présence d'un avocat allait commencer. Un compromis s'est dessiné finalement pour faire appliquer la loi à partir du 6 janvier 2027 avec un engagement de la part du gouvernement de faire réinscrire avant l'été la proposition de loi à l'Assemblée nationale pour garantir son effectivité. Au Sénat, la députée socialiste, auteure de la proposition de loi, Aïda Adizadeh, était très heureuse. On l'a vu ici en bleu, plusieurs autres militants associatifs s'étaient réunis pour suivre la séance. On a vu ces images de rares bonheurs. Vous vous prenez dans les bras.
Vous n'êtes pas du même groupe politique, Xavier Alcovelli. On a vu le garde des Sceaux aussi rejoindre le groupe. Il était tout sourire devant les journalistes. Écoutez la réaction de Gérald Darmanin au micro de Jérôme Rabier et de Juliane Roland. Garde des Sceaux.
Maître, la défense de l'enfant, la défense de la victime, de la société, un peu, c'est ça qu'a remplacé avec les carences éducatives et les carences de l'autre. La défense en premier dans notre organisation. Ça demande beaucoup de nouvelles organisations, notamment de 300 millions d'euros de plus. Mais tout ça, c'est accessoire, c'est important. Le ministre doit l'organiser. À partir du moment où il y a la volonté, moi je suis assez fier, on est trouvé un promis pour que la loi soit effective et pas simplement une annonce.
Alors Xavier Alcovelli, qu'est-ce que ça change très concrètement ? Pourquoi c'est si important la présence d'un avocat auprès de ces jeunes placés ?
En fait, d'ailleurs, c'est un droit qui est demandé à la fois par les anciens enfants placés depuis plusieurs années, quasiment dix ans. Et le Conseil national des barreaux en a fait une recommandation depuis 2021. Moi, j'avais déposé une proposition de loi en 2025 que je n'avais pas pu inscrire en fait au Sénat et ma collègue Aïda Adizalé a effectivement fait voter à l'unanimité en décembre dernier ce texte à l'Assemblée nationale. Et donc, il était pour nous important qu'on puisse la récupérer au Sénat et c'est pour ça qu'on s'est battus pour que ça soit inscrit dans un temps transpartisan, ce qui a été le cas la semaine dernière. Alors, pourquoi est-ce que c'est important ?
Parce qu'en fait, plus un enfant est vulnérable, plus il a besoin qu'on défende ses droits. Le juge, il est là pour défendre l'intérêt supérieur de l'enfant. Mais l'intérêt supérieur de l'enfant, ce n'est pas forcément en cohérence avec les droits de l'enfant. Vous voyez, il y a parfois une différence. Et donc, quand on a un juge qui prend une décision pour un enfant, c'est d'ailleurs une décision parfois lourde de placement pour quasiment toute sa vie, même s'il s'est renouvelé plusieurs fois, il y a les parents qui sont souvent assistés d'avocat. Mais les enfants ne sont jamais assistés d'avocat, ils sont parfois assistés d'administrateurs ad hoc.
Et donc, il était pourtant pour nous important de défendre cette proposition, d'avoir un avocat tout au long de sa vie, tout au long de son assistance éducative, des premiers jours quand on est, puisqu'on peut être placé à partir de 5 jours, jusqu'au 18 ans et à la fin d'un placement éventuel. Et donc, c'est aussi une continuité, un espèce de tiers de confiance qui défend les droits de l'enfant tout au long du placement, alors même que le juge peut changer, alors même que les éducateurs peuvent changer, l'avocat, lui, ne changera pas.
Et alors, pourquoi est-ce qu'il y avait ces images de liesse, ces embrassades qu'on a vues ? Pourquoi est-ce que c'était si fort, assez rare, ces images, surtout en ce moment au Parlement ? Comment est-ce qu'on explique cette émotion particulière jeudi dernier ?
Parce que la protection de l'enfant, ce n'est pas un combat comme les autres, en fait. C'est un sujet qui nous prend aux tripes et donc, forcément, Aïda et moi, on travaille sur ces sujets-là, on n'est pas de la même partie politique. Et puis, Gérald Darmanin aussi, je veux dire, il a décidé, comme je l'ai dit tout à l'heure, de faire de ces derniers mois en tant que garde des Sceaux, des mois utiles pour la République et utiles pour la question de la protection de l'enfant. C'est la première fois qu'on a un garde des Sceaux aussi porté sur ces sujets. Et donc, oui, effectivement, l'émotion, elle était importante.
Elle était importante parce qu'on arrivait enfin à l'aboutissement d'un texte qui est très attendu par les anciens enfants placés, par le secrétaire de la protection de l'enfance et qui peut changer vraiment le déroulé même du placement des enfants et les mesures éducatives qui en découlent.
Merci beaucoup, Quentin, pour ces explications sur cette proposition de loi très importante. Xavier Coeli, on continue à parler de protection de l'enfance et on va aller dans le Maine-et-Loire retrouver Florence Dabin, présidente du Conseil départemental du Maine-et-Loire et vice-présidente des départements de France en charge de l'enfance. Alors, on a parlé du périscolaire. Bonjour Florence Dabin. Bonjour. Alors, je le disais, on a parlé dans cette émission du périscolaire mais les foyers d'accueil de l'aide sociale à l'enfance qui sont gérés par les départements, ces foyers sont aussi le lieu de maltraitance, de violence sur les enfants.
Quelles mesures faut-il mettre en place pour lutter contre cette maltraitance ?
Déjà, j'aimerais rappeler quelques chiffres. J'entendais 380 000 enfants. J'aimerais aussi rappeler tout le travail qui a été fait depuis de nombreuses années justement sur la capacité à mieux signaler, à mieux être en capacité d'accompagner des enfants qui ont été victimes. Je rappelle aussi que tous les départements de France se sont engagés déjà depuis de nombreuses années. Ce ne sont pas des sujets qu'ils découvrent et aussi, de manière très concrète, c'est 12 milliards d'euros que les départements de France investissent à la fois dans le domaine de la prévention et la protection de l'enfance qui est essentiel.
Alors, beaucoup d'actions peuvent être mises en place à la fois dans le cadre d'un travail sur le recrutement, être en capacité de mieux choisir les professionnels, d'où le fait que depuis plusieurs mois on ait supporté et réussir le fameux sujet du certificat d'honorabilité qui permet justement d'avoir des professionnels compétents. Ça ne veut pas dire que tout est parfait. Le sujet de l'enfance, il faut le vivre, l'accompagner avec beaucoup d'humilité. C'est aussi tout le travail de la formation initiale et continue de tous les professionnels.
C'est travailler avec tous les partenaires et c'est la raison pour laquelle les départements qui sont dotés de comités départementaux de protection de l'enfance travaillent avec tous les acteurs, les associations, évidemment le parquet, l'éducation nationale, l'agence régionale de santé, tous les acteurs qui œuvrent au quotidien pour le bien-être des enfants qui nous sont confiés. Il faut avoir l'humilité aussi d'avoir des retours d'expérience sur ce qui se vit parce que chaque situation est différente, chaque histoire personnelle est différente.
Et s'il y a bien quelque chose qui fait que les départements et on partage naturellement avec tous les présidents ce sujet-là autour de François Sauvadet, c'est que nous sommes abandonnés par l'État sur ses compétences régaliennes, sur le sujet-là de tout ce qui est accompagnement dans le domaine de la santé, sur le sujet de la PJJ et on se rend compte que si on ne partage pas nous nos bonnes pratiques, si on n'en fait pas des priorités budgétaires, je pense que tout le monde est au clair. Pardon ?
Non, je disais juste, je précisais la PJJ, c'est la protection judiciaire de la jeunesse.
Vous avez raison de le préciser. Et c'est vrai que si on ne travaille pas nous sur nos bonnes pratiques, sur justement ce que l'on peut faire ensemble, on n'arrive pas à avoir les solutions concrètes. alors je peux aussi évoquer le sujet du parcours de l'enfance sur le sujet
de la santé. Juste Laurence Dabin, je vais faire réagir Xavier Coveni sur ce que vous dites. Est-ce que l'État a abandonné les départements dans la gestion de ces foyers d'accueil de l'AZEU, de l'aide sociale à l'enfance, dans la protection de l'enfance ?
Alors moi, mon opinion personnelle, qui ne représente pas l'opinion de ma famille politique, en tout cas, je laisse les autres parler en leur nom, moi je pense effectivement que l'État a abandonné mais lors des lois de décentralisation, c'est-à-dire que lorsque la DAS a été supprimée et qu'on s'est dit qui est-ce qui va récupérer le bébé, on a dit allez, on laisse au département et ils vont gérer. Donc effectivement, aujourd'hui, l'État n'a même plus les moyens de contrôle, les moyens d'action et de coordination des politiques essentielles de protection de l'enfance. Et donc aujourd'hui, on a sans un département, on a sans une politique différente de protection de l'enfance.
Et c'est bien tout le problème. Et c'est d'ailleurs pour ça que... Je ne vais pas me désavouer. Je sais que la vice-présidente n'est pas d'accord avec moi sur le sujet mais ce n'est pas grave. C'est un débat. Et donc on peut évoluer. Même moi, je peux évoluer sur cette question-là. Moi, j'avais fait une proposition de loi pour une expérimentation de recentralisation de la protection de l'enfance et de déconcentration. Je m'explique.
Recentraliser, donc faire en sorte que l'État gère la politique publique de la protection de l'enfance et qu'on la décentralise dans les préfectures en lien avec les préfets pour justement avoir une uniformisation parce qu'aujourd'hui qu'on soit à Mayotte, dans les Hauts-de-Seine, dans la Creuse ou en Alsace, on n'a pas les mêmes droits quand on est un enfant sous protection. Et c'est tout le problème aujourd'hui de cette décentralisation. Moi, je suis un très grand décentralisateur mais je pense qu'il faut que la décentralisation ne soit pas accompagnée d'une disparité des droits.
Rapidement, pour conclure, Florence Dabin, une réaction à cette proposition de Xavier Coveli qui propose de recentraliser la protection de l'enfance.
Alors, de toute façon, on n'entend plus parler et pour cause. Si ça avait fonctionné, on n'en serait pas là à l'heure actuelle. Ce que je peux vous dire, c'est que le groupe de travail en France à Département de France travaille tous les mois sur justement ces bonnes pratiques, sur une capacité justement à homogénéiser nos pratiques, à faire en sorte d'être plus réactifs sur les situations de vie au quotidien. Je pense qu'une chose est sûre, c'est par rapport au sujet de l'avocat pour chaque enfant.
Ce sera une bonne chose à la seule condition qu'on n'ajoute pas de la lourdeur au système que nous ayons des avocats qui soient formés et encore une fois, qu'on ait des acteurs engagés, responsables à l'image des départements qui n'ont qu'une envie, c'est accompagner ces enfants et faire en sorte qu'ils retrouvent une belle situation de vie. Merci pour l'invitation.
Merci beaucoup, Florence Dabin, pour votre intervention. Je rappelle que vous êtes présidente du conseil départemental du Maine-et-Loire. Xavier Acovelli, on finit par des questions politiques sur Gabriel Attal, candidat à la présidentielle. Il a tenu son premier meeting samedi à Paris devant 5000 personnes. Alors, il se présente comme le candidat de l'espoir, de l'optimisme face à ceux, je cite, qui promettent du sang et des larmes, autrement dit, entre guillemets, Édouard Philippe. En quoi il peut…
Non, il n'a pas cité du tout Édouard Philippe.
On a compris la comparaison, mais comment il peut rattraper Édouard Philippe dans les sondages, selon vous ?
Non, mais attendez, je pense qu'il faut clarifier quelque chose. Il ne se présente pas contre Édouard Philippe. Il se présente effectivement comme le candidat de l'espoir face à ceux, aux déclinistes, à ceux qui prônent en fait la morosité ambiante. Excusez-moi, mais quand on regarde les autres candidats, c'était soit mieux avant, soit pire demain. En fait, la réalité, c'est qu'on a besoin aussi de créer de l'espoir. On est dans un pays qui est un fantastique pays. Mais le problème, c'est que si on ne crée pas d'espoir, si on ne crée pas une envie d'avenir, effectivement, on va rester sur du fatalisme avec les deux extrêmes aux responsabilités.
Donc oui, on a besoin d'avoir un candidat qui puisse nous présenter un cap de l'espoir parce qu'en fait, on a tous les outils pour réussir dans notre pays. Et c'est ce que Gabriel Attal a précisé lors de son premier meeting présidentiel auquel j'assistais. Et je pense que c'est positif. On a besoin en fait un peu de positivisme dans notre pays en ce moment.
Rapidement, sur le calendrier, quand est-ce qu'il faudra trancher entre Gabriel Attal et Édouard Philippe pour avoir un seul candidat du Bloc central ?
Il y a des discussions, il y a un comité de liaison aujourd'hui qui est organisé avec les différents partis politiques du Bloc central et donc qui nous permettent en fait de trouver la bonne solution pour avoir un seul candidat in fine. Édouard Philippe et Gabriel Attal se voient régulièrement, ils se sont vus encore récemment et ce qui a été défini c'est qu'en début d'année 2027, il n'y aura qu'un seul candidat entre les deux et donc en fait, c'est celui qui portera le projet qui a le plus de chances de gagner face aux extrêmes.
On parlera de ce lancement de campagne de Gabriel Attal pour la présidentielle dans notre débat dans une trentaine de minutes. Pour finir, Xavier Acovelli, nous avons sélectionné trois unes de la presse régionale que nous allons regarder ensemble. D'abord, la une de la dépêche du Midi qui est consacrée à la recherche de la petite Liana, 11 ans, qui est portée disparue depuis trois jours. Ensuite, il y a la une du courrier Picard sur ce data center sous pilotage japonais au sud de la ville d'Amiens avec ce groupe japonais SoftBank qui va investir dans notre industrie 75 milliards d'euros. C'est aujourd'hui le sommet Tchuss France sur l'attractivité économique de la France.
Et puis, à la une de la marseillaise sur les médias sous pression face à l'intelligence artificielle, l'intox et aux menaces d'antrisme. Quelle une vous inspire, Xavier Acovelli ?
La deuxième, je pense que c'est intéressant parce que sur la question notamment de Tchuss France aujourd'hui, c'est quand même quelque chose de positif aussi à relever. On est aujourd'hui la septième année consécutive où la France est le pays le plus attractif d'Europe. Et donc, c'est aussi grâce aux politiques de l'offre que nous avons mis en place. Et donc, ça, c'est un bon exemple encore des politiques qu'il faut, à mon avis, continuer et amplifier. Et donc, il y a des raisons d'être optimistes. Oui, il faut. Merci beaucoup,
Xavier Acovelli, d'avoir été notre sénateur du jour aujourd'hui.
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Xavier Iacovelli