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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 31 juillet 2024 26 min

La Seine enfin baignable, le gouvernement absent, la mort du chef politique du Hamas... Le "8h30 franceinfo" de Sandrine Rousseau

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Sandrine Rousseau. Nous apprenons donc ce matin la mort du numéro 1 du Hamas, du mouvement palestinien tué à Téhéran, en Iran. Ismaël Anier, votre réaction ce matin ?

0:21
Sandrine Rousseau

Déjà craindre un enflammement et je rappelle qu'il y a une centaine d'otages qui sont toujours détenus par le Hamas dans la bande de Gaza. Alors une partie manifestement serait mort à peu près un tiers, mais enfin il reste quand même au moins 70 otages dans la bande de Gaza et que là on a l'impression qu'Israël est parti dans une guerre totale contre le Hamas, mais au détriment de la sécurité des otages. Il y a eu des manifestations et une contestation au sein d'Israël sur la politique qui est menée par Netanyahou, qui ne préserve pas et qui ne met pas en priorité la vie de ces otages. Moi je voudrais penser à ces familles qui aujourd'hui doivent être extrêmement inquiètes.

0:57
Invité

Depuis le 7 octobre, Israël avait juré de cibler les chefs du Hamas, détruire globalement ce mouvement-là. Ils ont profité manifestement de son déplacement, lui qui vit à Doha, pour aller le cibler à l'occasion de l'investiture du président iranien. Le fait que ça se passe en Iran n'est pas anodin non plus.

1:17
Sandrine Rousseau

Ce n'est pas anodin, c'est un facteur de déstabilisation de toute la région et je rappelle que pendant ce temps-là et dans cette guerre totale contre le Hamas, il y a énormément de victimes civiles, on est à plus de 100 000 blessés dans la bande de Gaza, plus de 40 000 morts. Ce n'est pas possible de continuer cette politique qui est une politique extrême. À un moment, comment la communauté internationale peut-elle arrêter cette espèce de folie meurtrière ? Je ne vois pas d'autres mots de dire ça.

1:48
Invité

Comment vous pensez la responsabilité des Israéliens dans cet emballement, dans cet embrasement ?

1:53
Sandrine Rousseau

Je pense que face à l'attentat qu'il y a eu le 7 octobre, il y avait plusieurs voies possibles de sortie et de libération des otages et que Netanyahou a choisi, dans la logique de la politique qu'il mène, la solution la plus violente, la solution la plus dominatrice. Et en fait, c'est celle aussi qui met en danger le plus toute la région. Et la communauté internationale est comme tétanisée par ce qui se passe là-bas, ce qui est extrêmement inquiétant.

2:27
Présentateur

Embrasement qu'on évoquait déjà hier, puisqu'Israël disait avoir tué un commandant du Hezbollah, cette fois au Liban. Quelle est la sortie aujourd'hui ? Quelle voie de la France, surtout ?

2:38
Sandrine Rousseau

La France devrait appeler à la discussion et à la négociation. En fait, là, pour sortir les otages, il faudrait qu'une négociation s'engage. Or, on a l'impression qu'aucune voie de négociation n'est permise par la politique qui est menée actuellement. Donc, sans négociation, sauf à prendre la bande de Gaza. Mais avec combien de morts ? Il n'y a pas d'autre solution aujourd'hui qui est envisagée par Israël manifestement. Et les frappes sur le Hezbollah, les frappes contre le Hamas en Iran, me semblent être des facteurs d'aggravation de la situation plus que des facteurs de recherche de la paix. Il n'y a plus de recherche de la paix. Il n'y a pas de recherche de la paix.

3:25
Invité

Vous parlez de négociation. Il se trouve que c'est Agnès, précisément, qui pilotait les négociations à Doha. Avec qui on négocie ?

3:34
Sandrine Rousseau

Les bribes de négociations.

3:36
Invité

Voilà. On peut s'interroger sur le terme, effectivement, négociation de paix qui n'aboutissait pas à grand-chose, si ce n'est à quelques trêves. Ça va être un test pour les Américains et pour Kamala Harris également, parce que vous dites que la France doit menacer, mais il se trouve que les Américains ont une place centrale.

3:54
Sandrine Rousseau

Israël et Netanyahou utilisent la situation de campagne électorale aux États-Unis parce que c'est un moment où, évidemment, une position ferme des États-Unis est plus difficile à poser dans le débat international. Kamala Harris a des positions qui sont très différentes de Trump là-dessus. Et je pense que c'est aussi de nature attendre cette campagne aux États-Unis. Mais là, moi, je ne vois plus d'issue pacifique. Évidemment, on n'est pas dans un conflit armé, donc il n'y a pas d'issue pacifique immédiate. Mais là, cette issue pacifique se complique de manière très inquiétante.

4:42
Présentateur

Et en France, si Lucie Casté, qui est la candidate, votre candidate, celle du Nouveau Front Populaire, s'installe à Matignon, c'est une forme de campagne d'ailleurs qui s'est installée en ce moment, quelle serait, quelle pourrait être son initiative ? Est-ce que l'approche vis-à-vis de ça changerait ?

4:57
Sandrine Rousseau

Ah ben là, Emmanuel Macron est totalement muet, donc ça ne peut pas être pire, j'ai envie de dire. Donc il y a déjà la position de la France, la position de l'Europe. L'Europe est totalement muette sur le conflit qui se déroule là-bas. Et je rappelle quand même que, ne serait-ce que prendre soin des personnes qui sont blessées sur place, il y a près de 10 000 personnes qui mériteraient d'être évacuées. Il n'y a rien qui est fait pour évacuer les populations civiles de Gaza. Il y a un enjeu sanitaire, il y a un enjeu de paix, il y a un enjeu géopolitique dans la région. Et c'est comme si nous étions tous tétanisés, tous muets face à cela.

Alors Lucie Casté aurait une voix, au moins, aurait une voix. Et cette voix, c'est la voix de la paix, c'est la voix des négociations, la voix de la libération des otages, mais aussi la voix de la garantie de la bande de Gaza. Aujourd'hui, elle est totalement détruite. On a du mal à se dire qu'elle pourrait être entendue. En tout cas, il y a une position à avoir au sein de l'Europe, ce qui n'est absolument pas fait actuellement. L'Europe n'a aucune voix dans ce conflit-là, alors que c'est un des conflits majeurs du monde actuellement. Et là, il y a quand même au moins une conférence européenne qui pourrait être mise en place. Et surtout, avec qui on parle ? C'est ça la question ? Avec qui ?

On parle avec les représentants du peuple palestinien.

6:14
Invité

Avec le président de l'autorité palestinienne qui condamne et que visiblement ça rapproche du Hamas ce matin.

6:19
Sandrine Rousseau

Je rappelle quand même que Netanyahou a tout fait pour discréditer au maximum et affaiblir au maximum l'OLP et l'autorité palestinienne, qui aujourd'hui seraient des interlocuteurs extrêmement importants dans le conflit. Donc en fait, on a aussi le résultat-là d'une politique qui a été menée depuis plusieurs années. Qui n'a plus le pouvoir, disons-le, dans les territoires palestiniens non plus. J'ai l'air le Hamas. Oui, mais pourquoi ? Pourquoi ? Parce qu'en fait, le Hamas a été la force qui a gardé une forme d'autorité morale sur les territoires palestiniens.

Et en fait, cette espèce de volonté d'éradiquer toute voix palestinienne un tout petit peu audible et raisonnable dans le conflit, on aboutit à la situation actuelle. Moi, je suis extrêmement inquiète sur ce que cela va générer, parce que ça a des conséquences immédiates, évidemment, pour les populations. Ça a aussi des conséquences à moyen et long terme dont on ne mesure que mal les conséquences.

7:18
Présentateur

Sandrine Rousseau, on reste ensemble. On poursuit cette discussion dans une minute. Le temps du Filinfo, puisqu'il est 8h40. Mathilde Romagnan.

7:25
Invité

Les règles actuelles d'indemnisation de l'assurance chômage sont prolongées jusqu'au 31 octobre prochain. Le décret est paru aujourd'hui au journal officiel. La réforme voulue par le gouvernement démissionnaire a été suspendue. Le Premier ministre, Gabriel Attal, l'avait annoncé au soir du premier tour des législatives. La Turquie qualifie ce matin d'ignoble assassinat à la mort d'Ismaïl Hanyer. Le chef politique du Hamas a été tué à Téhéran dans une frappe israélienne sur sa résidence. Selon le groupe islamiste palestinien, le Hamas assure que cet acte ne restera pas impuni. Et puis, on l'apprend ce matin, l'ONU affirme que des prisonniers palestiniens en Israël ont été torturés.

L'élection présidentielle au Venezuela ne peut être considérée comme démocratique. Selon la fondation Carter, fondation caritative américaine, au moins 12 personnes ont été tuées dans des manifestations contestant la réélection de Nicolas Maduro. Près de 750 personnes ont été arrêtées. Conséquence des fortes chaleurs, le Vaucluse, le Rhône, les Bouches du Rhône et l'Isère prennent aujourd'hui des mesures face à la pollution de l'air, comme l'abaissement temporaire de la vitesse de 20 km à l'heure sur les routes. À partir d'aujourd'hui, 100 descendre en dessous des 70 km heure. Au total, 41 départements sont en alerte orange canicule.

France Info Avec ce matin, Sandrine Rousseau, députée des écologistes 9e circonscription de Paris. On parlait de Lucie Castet. Pascal Canfin se dit prêt à une coalition avec elle. Pascal Canfin, gros député macroniste, ancien de votre famille, écologiste. Et vous, serez-vous prêt à une coalition avec lui ?

9:09
Sandrine Rousseau

Pascal Canfin ne parle pas exactement de coalition. Il parle d'un soutien sans participation, ce qui pourrait être une voie d'un gouvernement de gauche.

9:18
Invité

Il parle d'une recherche de coalition.

9:22
Sandrine Rousseau

Oui, mais sans participation à un gouvernement. Il le précise quand même, ou du moins il le pose. Et en fait, là, je rappelle que nous sommes arrivés en tête. Alors je sais que tout cela est très contesté maintenant, plus rien n'a de valeur. Mais enfin là, on est quand même arrivés en tête. Et donc, un gouvernement issu de cette formation politique qui est le nouveau Front Populaire est non seulement légitime, mais serait urgent à mettre en place. Et derrière, la question est de savoir comment on trouve des majorités à l'intérieur du Parlement.

Et donc, la proposition de Pascal Canfin mériterait sans doute qu'il y ait quelques discussions sur les premiers textes, par exemple, à présenter à l'Assemblée nationale. Mais moi, je précise que, pour moi, en tous les cas, ça ne peut être que sans participation au gouvernement. Parce que la politique menée par Emmanuel Macron a été largement désavouée dans les urnes et qu'il ne s'agit pas de rentrer par la fenêtre, ce qui a été sorti par les électeurs et électrices massivement lors du premier tour. Vous parlez de texte.

10:20
Invité

Je ne sais pas si vous avez lu le pacte d'action présenté hier par Gabriel Attal, au député macroniste, dans un premier temps. Est-ce qu'il n'y a pas là les bases d'une coalition ? Je cite, protéger la laïcité, lutter contre les discriminations, les inégalités hommes-femmes, généraliser le testing, par exemple, plus de justice fiscale et sociale, taxation des super-profits, une COP pour améliorer la qualité du travail, la planification écologique ?

10:43
Sandrine Rousseau

Non, mais Gabriel Attal souhaite garder la main et le pouvoir. Moi, je dis, là, il y a eu un verdict des urnes. Et c'est eux qui ont décidé de la dissolution, ce n'est pas nous. Donc, il y a eu cette dissolution, il y a eu un verdict des urnes, ils sont arrivés loin derrière, en troisième position. Il y a eu un effondrement du macronisme, qui avait plus de 200 députés lors de la première mandature, et qui se retrouve avec moitié moins aujourd'hui. Sauf qu'il faut l'entendre. Non, mais il faut l'entendre qu'un bloc... Non, mais il y a eu un désaveu de cette politique. Vous ne gouvernerez pas seul. Pardon ? Vous ne gouvernerez pas seul. Vous n'aurez pas de majorité à l'Assemblée seule.

Il gouvernera avec un Parlement. Et chaque groupe politique doit pouvoir avoir une voix dans ce Parlement. Et nous respecterons, évidemment, les groupes politiques dans le Parlement. Mais on ne peut pas non plus laisser les clés à Emmanuel Macron et à ses députés, qui ont été largement désavoués. Ils sont arrivés troisième. Et ça ressemble quand même à une claque, ce qui s'est passé lors du premier tour des législatifs. Il serait tout à fait à côté de la plaque que de considérer que c'est à eux de gouverner. Mais ça coince, Sandrine Rousseau, aujourd'hui.

11:49
Présentateur

Ça coince, aujourd'hui. Où est-ce que ça coince ?

11:51
Sandrine Rousseau

La France insoumise ?

11:53
Présentateur

Est-ce que ça ne coince pas aussi avec la France insoumise, aujourd'hui ?

11:55
Sandrine Rousseau

Non, mais Emmanuel Macron n'a toujours pas dit le mot selon lequel nous étions arrivés premiers. Il n'a toujours pas prononcé le nom de Lucie Casté. Donc, c'est là que ça coince.

12:04
Présentateur

Il a reconnu une défaite.

12:05
Sandrine Rousseau

Il a reconnu une défaite. Il n'a pas reconnu que nous étions arrivés premiers. Et, en fait, la Constitution, la Ve République, n'a pas envisagé qu'un président de la République ne reconnaisse pas l'ordre d'arrivée d'un scrutin. C'est incroyable ce qui est en train de se passer. Parce que ce n'est pas un parti, mais une formation, une alliance. Mais peu importe. Peu importe. Nous nous sommes présentés, nous, députés, sous l'étiquette Nouveau Front Populaire. Ce n'est pas à lui de juger, en fait. Les électeurs l'ont fait. La démocratie, ce sont les électeurs qui ont le pouvoir. Pas le président de la République qui ne fait que porter la voix des électeurs. Nous sommes arrivés premiers.

Donc, maintenant, il faut qu'ils le fassent. Et je vais vous dire, s'il y a une motion de censure, il y aura une motion de censure. Voilà. Ça fait partie de la démocratie. Mais ça n'est pas à Emmanuel Macron de décider tout seul, à la place du peuple. Ça n'est pas à Emmanuel Macron de prendre des décisions qui sont à l'inverse de l'expression qui s'est exprimée dans les urnes. C'est tout. Pour moi, c'est la base de la démocratie. Oui, je commence vraiment à...

13:06
Invité

Vous le savez, il y a un repoussoir absolu, mais pour tout le monde, pour les droites, pour le centre, et même pour une partie de la gauche plus social-démocrate, on va dire. Pourquoi c'est inenvisageable de vous séparer d'une façon ou d'une autre, temporairement, pour le gouvernement, des insoumis, alors qu'il y a une forme de malaise chez beaucoup d'entre vous, avec les déclarations régulières des uns, des autres, de Thomas Porte sur les athlètes israéliens ? Vous êtes à l'aise avec ça, vous, par exemple ? Non, mais j'entends que... Athlètes israéliennes indésirables.

13:34
Sandrine Rousseau

J'entends que... Vous êtes à l'aise avec ça ? J'entends que la France insoumise a des oppositions, et j'entends qu'elle énerve une partie de la population. Mais nous avons été élus sous une étiquette Nouveau Front Populaire parmi laquelle il y a la France insoumise. Et par ailleurs, si vous allez sur certains marchés, on vous dit c'est Mélenchon, c'est Mélenchon. Donc en fait, il y a aussi un prisme qui consiste à ne voir que l'opposition à Jean-Luc Mélenchon, alors qu'il y a aussi un soutien véritable à la France insoumise, particulièrement chez les jeunes, et particulièrement dans certaines catégories de la population parmi les plus précaires.

Donc je veux dire, voilà, c'est la situation, ça peut ne pas plaire, ça peut ne pas plaire, mais le Nouveau Front Populaire qui est cette coalition est une coalition issue des urnes. Nous nous sommes présentés comme ça. Si aujourd'hui, nous disions nous ne voulons pas faire avec la France insoumise, alors il fallait le dire avant de se présenter face aux électeurs. Et ça n'est pas honnête, et je le pose, ça n'est pas honnête que de le dire après l'élection. Nous nous sommes présentés avec une étiquette. C'est incroyable qu'on ne reconnaisse pas ça. On a demandé aux électeurs et électrices de se positionner sur la base de cette étiquette.

Après, nous respecterons le Parlement, c'est-à-dire que s'il y a des textes de loi qui sont rejetés, eh bien, chaque groupe politique prendra ses responsabilités. Si nous présentons un texte de loi sur l'augmentation du personnel hospitalier, vous savez que l'hôpital est dans une difficulté mais inouïe. On présente un texte augmentant les salaires des personnels hospitaliers. Si Renaissance ne veut pas voter, eh bien, ils iront dans leur circonscription et ils diront nous avons voté contre l'augmentation des personnels hospitaliers. Ils prendront leur responsabilité. Et s'ils veulent voter pour, eh bien, on trouvera une majorité dans l'Assemblée.

Moi, je ne comprends pas les atermoiements qu'il y a. On ne peut pas. Encore une fois, s'il y avait une autre solution de coalition, eh bien, il fallait la présenter aux électeurs avant. Mais vous vous êtes resté

15:36
Présentateur

à qui en disant ça, Sandrine Rousseau ? Des atermoiements, il y en a au sein du Nouveau Front Populaire

15:40
Sandrine Rousseau

aujourd'hui. Mais évidemment qu'il y en a au sein du Nouveau Front Populaire. On a fait une campagne des Européennes où nous étions séparés et où nous nous sommes tapés dessus pendant plusieurs semaines. Donc évidemment que ça n'est pas facile à recoudre, à réparer cette coalition. Je ne vais pas vous dire le contraire. Je suis la première à le regretter. Bon, mais maintenant on l'a réussi à le faire, on a été en responsabilité et on l'a fait pour battre le Rassemblement National et pour offrir un espoir à gauche de changement véritable de la politique. C'est ce qui est arrivé juste derrière le Rassemblement National à quelques centaines de milliers de voix près.

C'est-à-dire qu'on est à 9,3 millions de voix. 9,3 millions de voix au premier tour. Bon, c'est cela qu'il faut respecter aujourd'hui. Et vraiment, je ne comprends pas qu'on n'arrive pas en France à penser un fait simple qui est il y a un premier, on lui donne le gouvernement, il travaille avec le Parlement, le Parlement prend sa responsabilité. S'il y a des groupes politiques qui veulent s'opposer à des réformes sociales, eh bien, ils iront devant leurs électeurs. Moi, j'avais entendu des députés macronistes au moment de la réforme des retraites me dire à moi on n'arrive plus à sortir de chez nous tellement on se fait insulter sur les marchés.

Eh bien, qu'ils assument les politiques libérales qu'ils font ou qu'ils assument leur opposition à des augmentations de salaires, à la réforme des retraites, à des mesures écologiques qui sont indispensables. Je rappelle que nous sommes dans une situation de bascule écologique comme l'humanité n'en a jamais connue. Eh bien, qu'ils assument d'être climato-sceptiques dans ce contexte-là.

17:10
Présentateur

Et l'environnement, on en parle dans une minute. Sandrine Rousseau, 9h moins 10, Mathilde Romagnon est là pour le Filinfo.

17:16
Invité

Après la mort d'Ismaïl Hanyé, la Russie dénonce un assassinat politique inacceptable. C'est un crime terroriste pour les rebelles yéménites outils. Le chef politique du Hamas a été tué à terre dans une frappe israélienne sur sa résidence. Selon le groupe islamiste palestinien, le Hamas assure que cet acte ne restera pas impuni. Les fouilles ont repris ce matin pour tenter de retrouver Lina, l'adolescente de 15 ans a disparu il y a 10 mois. En Alsace, les recherches réalisées hier n'ont rien donné. Menée après la découverte de traces ADN de la jeune fille dans une voiture volée, le principal suspect âgé de 43 ans s'est suicidé après la saisie du véhicule.

En Inde, 122 personnes sont mortes dans des glissements de terrain dans le sud du pays. C'est l'une des pires catastrophes naturelles de cette région. 3000 personnes ont aussi été placées dans des camps de secours d'urgence après s'écouler de boue. La canicule continue de sévir sur l'Hexagone. Aujourd'hui, 41 départements restent en vigilance. Orange face aux fortes chaleurs. France Info

18:20
Présentateur

Le 830 France Info Bérangère Bonte Marie Bernard Deux

18:25
Invité

Alexandrine Rousseau, députée de la 9e circonscription de Paris et membre du nouveau Front Populaire. Il y a la chaleur, on va parler dans un instant, il y a la Seine, c'est la bonne journée nouvelle du jour qui est baignable et le triathlon qui a bien lieu en ce moment en eau vive dans Paris. Vous dites quoi, chapeau ?

18:42
Sandrine Rousseau

Oui, parce que la Seine était un dépotoir, c'était un égout à ciel ouvert, c'est incroyable, toutes les eaux usées de Paris, c'est-à-dire que vous tiriez la chasse, ça allait dans la Seine. Donc là, il y a quelque chose de massif qui a été fait pour redonner un peu de vie à cette Seine. Oui, chapeau quand même parce que ça faisait partie des défis, on se souvient de Chirac qui avait promis qu'il se baignerait dans la Seine et qui n'a pas réussi à le faire. Je rappelle quand même que beaucoup de fleuves sont aujourd'hui extrêmement pollués en France parce que justement on a pensé ces fleuves comme étant des égouts à ciel ouvert et des dépotoirs de notre industrialisation.

Voilà, donc qu'on ait une forme de reconquête de nos espaces naturels comme ça me semble être une très bonne nouvelle. Ça valait 1,5 milliard

19:22
Invité

parce que si on veut reproduire le modèle, restaurer ces mini-naturels qui ont été abîmés par l'homme, par l'urbanisation, ça va coûter extrêmement cher.

19:30
Sandrine Rousseau

Mais détruire l'environnement coûte extrêmement cher. Et là on ne mesure pas et nous ne sommes pas responsables, raisonnables face au coût qui génère la destruction que nous sommes en train de faire de notre planète. Là aujourd'hui les puits de carbone on constate, les scientifiques constatent que les puits de carbone qui sont quand même l'espèce de bouée de sauvetage que nous avions dans le réchauffement climatique puisque un puits de carbone c'est ce qui absorbe le carbone émis dans l'atmosphère, ces puits de carbone sont en train de s'effondrer de sorte qu'il n'y a même plus de capacité à absorber le carbone qui était mis dans l'atmosphère.

Nous sommes en train de détruire nos conditions de vie sur Terre. Nos conditions de vie sur Terre. Je ne sais pas si on se rend compte de ce qui est en train de se passer. Donc je sais qu'être alarmiste ne permet pas la réaction mais à un moment il va quand même falloir qu'on se réveille là-dessus et qu'on se réveille sérieusement. donc là on fait comme si de rien n'était on continue business à ce jour. Quand est-ce qu'on réagit face à la menace qui est face à nous ? Et quand je vois qu'on critique les 1,5 milliard de la scène c'est 1,5 milliard qui ont une utilité qui ont une utilité qui est de restaurer un système naturel. On ne fait pas

20:44
Présentateur

tout à fait rien Sandrine Rousseau la France a réduit

20:45
Sandrine Rousseau

ses émissions. Alors la France n'a pas réduit ses émissions autant qu'elle l'avait promis qu'elle les réduisait puisqu'on avait promis de faire 5% et on est à moins 5% et on est à 4,6% ce qui est déjà pas mal mais ce qui n'est pas les 5% et on l'a fait en période d'inflation de l'énergie. On l'a fait en période d'inflation de l'énergie c'est-à-dire qu'en fait qu'est-ce qui s'est passé c'est que les gens qui n'avaient pas les moyens de payer le chauffage ont coupé le chauffage et ont eu froid. C'est ça qui s'est passé. Et en fait c'est exactement l'inverse de la transition écologique qui permet une acceptabilité de cette transition de cette transformation.

C'est-à-dire si on n'aide pas les personnes si on n'isole pas les logements là il n'y a rien qui a été annoncé sur le front de l'isolation des logements si on n'isole pas les logements si on ne protège pas les personnes dans leur mobilité et bien il va y avoir une espèce de colère contre la transformation écologique.

Et en fait c'est exactement l'inverse de ce que l'on doit faire on doit protéger les plus précaires on doit faire en sorte qu'il y ait un partage des efforts un partage équitable des efforts à réaliser et là on est dans un libéralisme là-dessus c'est-à-dire tu peux faire des efforts tant mieux tu ne peux pas tant pis pour toi et en fait c'est la pire des situations en matière écologique.

21:50
Invité

La colère elle est déjà là est-ce qu'il n'y a pas un souci dans l'approche qui est faite ? Est-ce que c'est une question de rythme ? Est-ce que c'est une question de communication d'adhésion qu'on va chercher

22:04
Sandrine Rousseau

Il y a un problème de déni de la situation Il y a un problème de déni Personne n'en parle donc en fait dès qu'il y a une mesure coercitive on se dit c'est pas possible parce que comme on n'a pas évoqué la gravité de la situation personne ne comprend pourquoi il y a des mesures qui sont prises et puis il n'y a aucune solidarité sociale dans cette transformation écologique je le redis il ne peut pas y avoir de transformation écologique s'il n'y a pas un accompagnement des personnes dans les efforts qu'il y a à faire aujourd'hui et c'est pas moi qui le dit c'est le rapport Pisani Ferry et Sed Mamafouz qui dit qu'il y a l'effort à faire pour une classe moyenne pour un ménage de classe moyenne c'est un an de salaire comment voulez-vous dans la situation actuelle qu'un ménage de classe moyenne mette un an de son salaire dans la transformation écologique c'est absolument impossible donc on fait pas donc on ferme les yeux donc on fait l'autruche donc les factures d'énergie augmentent donc mais donc on fait des chèques et non on fait pas de chèques on isole les logements on investit massivement dans les mobilités partagées et douces on diminue la consommation et on fait en sorte qu'on réoriente toute notre économie vers du bas carbone ça veut dire prendre du temps ça veut dire sortir du productivisme ça veut dire arrêter de regarder uniquement l'indicateur de croissance regarder notre indicateur de bien-être regarder les indicateurs de santé mentale aujourd'hui le taux de suicide et les hospitalisations pour tentatives de suicide des jeunes ont explosé mais ça a augmenté de près de 500% 500% mais ça vous faites le lien

23:40
Présentateur

avec quoi ? vous l'analysez comment ?

23:42
Sandrine Rousseau

et quand vous discutez avec les psychiatres des hôpitaux qui hospitalisent notamment les jeunes filles qui sont très qui sont enfin qui sont la population qui augmente dont les tentatives de suicide pardon augmentent le plus quand vous interrogez les psychiatres ils vous disent mais elles ne se pensent pas d'avenir dans le monde c'est comme si le monde n'avait pas d'avenir c'est comme si le monde n'était pas pensé pour elles et eux mais on est en train de psychiatriser quelque chose qui est une absence de politique publique sur l'écologie et en fait on ne mesure pas ce qui est en train de se passer c'est incroyable mais vraiment incroyable les jeunes filles les jeunes gens les jeunes aujourd'hui ne se voient pas d'avenir et nous on continue et on se dit c'est très bien il faut un point de croissance supplémentaire allez on y va etc mais non on arrête ce système là et vraiment on est au point de bascule on est au point de bascule jamais l'humanité n'a eu de décision aussi importante que nous avons aujourd'hui à prendre et nous refusons la responsabilité qui est la nôtre alors même que nous nous prétendons être une espèce intelligente Sandrine Rousseau dans ce contexte les JO d'hiver 2030

24:46
Invité

attribués à la France c'est non pour vous vous souhaitez aussi que ce soit stoppé par exemple le développement des stations de sport d'hiver

24:54
Sandrine Rousseau

mais bien sûr on arrête ça il n'y a plus de neige il ne va plus y avoir de neige ces stations de sport d'hiver et ces JO dans les Alpes ne vont fonctionner qu'avec de la neige artificielle à quel échéance à quel rythme ça veut dire quoi la neige artificielle ça veut dire qu'on va faire des retenues collinaires en béton ça veut dire qu'on va bétonner la montagne ça veut dire que l'eau va être utilisée avec de l'énergie fossile pour être transformée en neige on ne peut plus continuer dans ce modèle là et je ne sais pas comment le dire pour que les gens prennent conscience de la gravité dans laquelle nous sommes vous regardez vos enfants avec amour tous les jours aujourd'hui vous ne pouvez pas leur garantir une planète dans laquelle ils puissent vivre mais c'est fou comme situation vraiment

25:35
Présentateur

et vous l'avez dit Sandrine Rousseau députée des écologistes nouveau front populaire invitée du 8.30 France Info ce matin merci bonne journée