Aller au contenu
Tous les transcripts
ChroniqueNathalie Arthaud· 26 juin 2023 5 minAutoproduitActualité / polémiqueDéfenseÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

Éditorial du 26/06/23 : Pour mettre fin à la guerre, il faudra une rébellion qui vienne d’en bas

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 80 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:30Nathalie ArthaudChiffre
    « Cette société de mercenaires revendique 25 000 combattants, et c'est fort de ce groupe armé que Prigojine, depuis des mois, critique et même défie le haut commandement militaire. »
  • 1:00Nathalie ArthaudFait
    « Tous les protagonistes de cette affaire Poutine, Prigojine, le ministre de la Défense, Choïgou, représentent une seule et même classe sociale : des affairistes, les fameux oligarques qui prospèrent au sein ou à l'ombre de l'appareil d'Etat autoritaire et corrompu jusqu'à la moelle. »
  • 1:30Nathalie ArthaudFait
    « Zelinski et sa clique en Ukraine sont issus exactement du même moule. Et ils partagent le même affairisme, le même cynisme et le même mépris vis-à-vis des classes populaires. »
  • 3:00Nathalie ArthaudFait
    « La seule rébellion susceptible de mettre fin à cette guerre ne peut venir que d'en bas, des soldats et des travailleurs sur lesquels pèse l'essentiel des sacrifices provoqués par la guerre. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Cette semaine, je vais parler de l'épisode tragi-comique qu'a été la tentative de putsch de Prigojine en Russie. Au lendemain de la rébellion avortée de Prigojine, les prétendus experts en politique russe se perdent en conjectures. Que recouvre exactement cet épisode ?

Une réelle tentative de putsch ou un coup de sang d'un chien enragé ? Et est-ce que Prigogine est devenu indispensable à Poutine, ou est ce qu'il va finir noyé dans sa baignoire ? Et que va-t-il se passer demain en Russie ?

Est-ce que le pouvoir de Poutine va se durcir ? Est-ce qu'il va y avoir des purges ? Est-ce que les combats en Ukraine vont s'intensifier, ou est-ce qu'au contraire ce pouvoir va se décomposer ?

Tout est possible. Les luttes d'influence se mènent en permanence et dans le plus grand secret, au sommet de l'appareil d'Etat russe, et sans doute plus que jamais, avec cette guerre qui piétine et donc l'affaiblissement du pouvoir de Poutine. Mais l'essentiel est de comprendre que tous les protagonistes de cette affaire Poutine, Prigojine, le ministre de la Défense, Choïgou, représentent une seule et même classe sociale : des affairistes, les fameux oligarques qui prospèrent au sein ou à l'ombre de l'appareil d'Etat autoritaire et corrompu jusqu'à la moelle.

Et j'ouvre une petite parenthèse : Zelinski et sa clique en Ukraine sont issus exactement du même moule. Et ils partagent le même affairisme, le même cynisme et le même mépris vis-à-vis des classes populaires. Ce sont tous des vautours, des vautours qui savent s'entendre, fonctionner ensemble quand il s'agit de piller le pays, d'opprimer les peuples, d'exploiter la classe ouvrière.

Et quand certains se sentent lésés, eh bien oui, ils sont prêts aussi à s'entre-dévorer. Mais ils représentent tous fondamentalement la même politique d'oppression et de pillage. Ce monde de vautours, Poutine et Prigojine l'incarnent à la perfection.

Le pédigrée de Prigojine est finalement assez classique dans ce monde d'oligarques mafieux puisque c'est un ancien gangster qui est devenu milliardaire... par la grâce de Poutine.

Prigogine a conquis un certain poids politique et militaire parce qu'il a repris et développé une société de mercenaires que l'on connaît tous maintenant sous le nom de groupe Wagner. Aujourd'hui, cette société de mercenaires revendique 25 000 combattants, et c'est fort de ce groupe armé que Prigojine, depuis des mois, critique et même défie le haut commandement militaire. Et c'est cet affrontement qui finalement l’a conduit à cet acte de rébellion armée que l'on a vu samedi dernier.

Une chose est sûre : la population n'a rien à attendre de ces intrigues et de ces révolutions de palais. La seule rébellion susceptible de mettre fin à cette guerre ne peut venir que d'en bas, des soldats et des travailleurs sur lesquels pèse l'essentiel des sacrifices provoqués par la guerre. Après 17 mois de carnage et des centaines de milliers de morts et de blessés, l'opposition, ou du moins le ressentiment, les doutes et les questions vis-à-vis de cette guerre n'ont pu que s'accroître.

Prigojine n'est certainement pas le seul à accuser le haut commandement d'envoyer les soldats au massacre et de leur voler leur solde. Il n'est sans doute pas le seul à soupçonner la bureaucratie militaire d'avoir poussé à la guerre pour gagner tout simplement de nouveaux galons et faire de l'argent. Ce sont des réalités qui ne peuvent que susciter de plus en plus de mécontentement.

Poutine a fait allusion à l'année 1917, mais si on se réfère à 1917, rappelons d'abord que ce fut une révolution menée par les soldats, par les ouvriers, par les paysans pour mettre un coup d'arrêt à la guerre, pour renverser le tsar et en finir avec les propriétaires et les exploiteurs. Et une telle révolte pourrait bien de nouveau voir le jour. C'est ce que craint Poutine, tout comme les États-Unis et les grandes puissances qui sont restés observateurs.

Leur attentisme est l'aveu que les maîtres du monde préfèrent encore un bon dictateur, qu'ils se chargent d'affaiblir au cours d'une guerre sans fin, à une déstabilisation d'une région qui risquerait de déboucher sur la révolution. Pour les travailleurs de Russie et d'Ukraine, une telle révolution serait au contraire un formidable espoir, car elle seule pourrait assurer la paix entre les peuples et en finir avec l'exploitation, qu’elle soit le fait de la grande bourgeoisie ou d'oligarques mafieux.