Nicolas Dupont-Aignan sur France info : la primaire est un abaissement de la fonction présidentielle
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:02OuverteRéponse directe
Expliquez-moi pourquoi un Brexit serait une bonne nouvelle ?
- 1:37RelanceRéponse partielle
Nicolas Dupont-Aignan, vous dites que la Grande-Bretagne sera plus forte économiquement ?
- 3:30OuverteRéponse directe
Quelle dimension politique donnez-vous à la victoire du mouvement des 5 étoiles à Rome ?
- 4:32RelanceRéponse directe
Est-ce qu'une Europe plus morcelée serait souhaitable contre le terrorisme ?
- 5:46FerméeÉludée
Vous seriez Premier ministre, vous interdiriez les cortèges de la CGT ?
- 7:58OuverteRéponse directe
Le Parti Socialiste organisera une primaire avec François Hollande. Ça vous surprend ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:20Invité politiqueFait
« 'abord c'est une grande leçon de démocratie. »
- 0:26Invité politiqueFait
« on a voté non en 2005 et que nos dirigeants, Nicolas Sarkozy et d'ailleurs de certains socialistes, ont imposé, ont remis en cause ce vote populaire par le seul Parlement. »
- 1:14Invité politiqueFait
« la Commission vient de poursuivre la France pour le maintien d'un SMIC pour les chauffeurs routiers en France. »
- 2:17Invité politiqueChiffre
« la Grande-Bretagne, hors zone euro, a 5% de chômage, et s'en sort beaucoup mieux »
- 7:13Invité politiqueChiffre
« C'est-à-dire ces 500 000 Polonais, Roumains, Espagnols qui ne payent pas les cotisations sociales françaises. »
- 8:16Invité politiqueFait
« c'est pathétique. »
- 8:44Invité politiqueFait
« C'est un abaissement de la fonction présidentielle sans précédent. »
- 10:33Invité politiqueChiffre
« je vois que les sondages changent entre 5 et 8%. »
- 10:37Invité politiqueChiffre
« Nous avons un parti Debout la France qui a été le cinquième parti au régional, sixième parti, parfois quatrième dans certains départements. »
- 12:00Invité politiqueFait
« Il reste le refus de l'intervention en Irak. »
Temps de parole
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- Présentateur13 %
- ?6 %
- Locuteur non identifié6 %
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Bonjour Nicolas Dupont-Aignan. Bonjour Olivier Delagarde. Alors l'actualité cette semaine c'est évidemment ce vote britannique pour ou contre le maintien dans l'Union Européenne. Vous étiez ce week-end à Londres pour faire campagne pour la sortie. Expliquez-moi Nicolas Dupont-Aignan pourquoi un Brexit serait une
bonne nouvelle ?
D
'abord c'est une grande leçon de démocratie.
Parce
que le Premier ministre David Cameron s'est engagé à respecter le vote des Britanniques. Et souvenez-nous, nous en France on n'a pas cette chance. puisqu'on a voté non en 2005 et que nos dirigeants, Nicolas Sarkozy et d'ailleurs de certains socialistes, ont imposé, ont remis en cause ce vote populaire par le seul Parlement. Donc je crois qu'on a à méditer l'immense maturité démocratique des Anglais. Mais au-delà de ça, je crois que
quel
que soit le résultat,
l
'Angleterre sera plus forte. Moi je souhaite le Brexit pour accélérer la réforme profonde
de
l'Union Européenne car on ne peut pas continuer à subir une organisation qui à ce point affaiblit l'Europe et détruit nos nations. Ce qui est fascinant et effrayant, c'est qu'au lieu de renégocier, au lieu de s'interroger, cette machine continue.
Ils
ont négocié le traité avec la Turquie de libre circulation sans visa des citoyens turcs. Ça va s'appliquer le 1er octobre. Ils sont en train de négocier secrètement le traité transatlantique qui va détruire tous nos terroirs. Je voyais dans le journal que la Commission vient de poursuivre la France
pour
le maintien d'un SMIC pour les chauffeurs routiers en France. Mais jusqu'où on va aller ? Donc si c'est un moyen de dire stop et de retravailler, moi je ne
suis
pas pour une sortie, je suis pour une renégociation.
Nicolas Dupont-Aignan, vous dites, quel que soit le vote, la Grande-Bretagne sera plus forte économiquement ? Ça risque quand même d'être assez dur pour la Grande-Bretagne. Une économiste aujourd'hui sur notre antenne dit qu'il faut s'attendre à court terme à une dévaluation de la livre d'environ 30%. C'est n'importe quoi.
Chef économiste à la Banque
Rothschild. Justement, chef économiste à la Banque Rothschild, oui. Vous savez, est-ce qu'on est gouverné par les banques, la Banque Rothschild, ou est-ce qu'on est gouverné par les peuples
? Quand
on voit le résultat, déjà, de l'économie en Europe, et on voit que la Grande-Bretagne, hors zone euro, a 5% de chômage, et s'en sort beaucoup mieux, quand on comprend
que,
par exemple, je voyais M. Macron, j'entendais M. Macron nous dire, ça va être catastrophique, il faut mettre des barrières à la Grande-Bretagne, mais c'est le seul pays avec lequel on est excédentaire. Que je sache, M. Macron ne fait rien contre la Chine, et il
y a
un libre-échange avec la Chine. Donc, pourquoi la Grande-Bretagne serait pénalisée ? Non, ils n'ont rien compris à la mondialisation d'aujourd'hui. En vérité, c'est un problème politique. Est-ce qu'on dépend de fonctionnaires non élus à Bruxelles, d'intérêts financiers qui ont pris le pouvoir, ou est-ce que les peuples, les démocraties s'en sortent ? Et pour, juste un point, si on croit vraiment à l'idéal de paix et de prospérité de l'Europe,
on
a besoin des peuples, on ne peut pas construire l'Europe contre les peuples, et moi,
ce
que je veux simplement, c'est qu'à un moment, on arrête cette machine infernale, qu'on se pose autour de la table, et qu'on revoie l'Europe par de belles coopérations concrètes à plusieurs pays, mais
à peu de pays. Et on ne peut pas
renégocier sans Brexit ? Mais écoutez, on a voté en 2005, l'Europe s'est assise sur le vote des Français, il y a eu le vote des Pays-Bas tout récemment, ils n'écoutent pas. Regardez ce qui se passe dans tous les pays, regardez ce qui vient de se passer à Rome, c'est très intéressant. L'élection de
Nouvelle-Mère. Alors, quelle dimension politique vous donnez
à la victoire du mouvement de Bépé-Grieau, aux 5 étoiles, aux mairies de Turin et de Rome ? Et
je
rajoute un point, vous avez tiqué, parce que Fabienne Sintès a dit populiste. Mais parce que, en France,
le peuple,
c
'est pas bien. En France, le référendum, j'entendais M. Macron aussi, qui parlait de contamination, en vérité, une oligarchie financière, qui veut d'ailleurs faire souffrir les peuples toujours plus en termes économiques, ne supporte pas que les peuples se réveillent. Et bien, moi, je me réjouis qu'à Rome, 67%, une jeune femme, qui n
'est
pas la caricature qu
'on
présente habituellement. Parce que si vous êtes contre ce système, on vous caricature toujours. Réactionnaire, xénophobe, mais pas du tout. On peut changer de cap. On peut construire une autre Europe. Il est temps que les peuples reprennent en main ce qui aurait dû être un formidable accélérateur de démocratie, de prospérité, de puissance. Ce qui n'est pas le cas. Donc, moi, je demande simplement, et c'est tout l'enjeu de ma candidature à la présidentielle. Je veux renégocier les traités. Je veux enfin reprendre le pouvoir, reprendre le contrôle démocratique de mon pays.
Mais,
pardon, est-ce qu'une Europe plus morcelée, d'une certaine façon, contre le terrorisme, ce serait quelque chose de souhaitable ?
Mais
pourquoi serait-elle plus morcelée ? Aujourd'hui, elle est affaiblie parce qu'on a supprimé toutes les frontières. Avoir des frontières contrôlées. Contrôlées. Chacun contrôle ses frontières car chaque peuple est responsable de son pays. Vous savez bien
que c'est l'affaire de
coopération. Ça fait 20 ans qu'on nous parle de coopération qui n'existe pas. Contrôlons nos frontières. Coopérons, oui, mais à peu de pays, pas à 28. À 28, ça ne peut pas marcher. Et puis, par exemple, si on veut s'occuper à plusieurs de quelque chose, développons l'Afrique. Alors là, oui, un plan Marshall européen peut être utile. Moi, je veux de la subsidiarité. Ça veut dire quoi ? Chacun doit faire à son niveau là où il est le plus performant. Et si on ne le fait pas rapidement, là, vous verrez que vous aurez des réactions nationalistes et véritablement populistes au mauvais sens du terme. Donc, il est
temps...
Alors,
vous
aussi, vous dénoncez le populisme.
Non, je
dénonce le nationalisme et je dis que le mot populiste a deux sens. Moi, il
y a
un beau sens du mot populiste,
c
'est le respect des peuples.
Le
droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Pourquoi le peuple français serait le seul au monde à ne pas avoir le droit
?
Nicolas
Dupont
-Aignan. Ce droit-là. Allez, parlons du climat social. Beaucoup d'actualité en ce moment. Les syndicats appellent à manifester à nouveau jeudi contre la loi travail. Vous seriez Premier ministre. Vous interdiriez les cortèges de la CGT ? Non,
mais je mettrai en prison les casseurs.
Et
je demanderai à la police d'intervenir. Et je ne laisserai pas casser pour discréditer le mouvement social.
Ça veut dire quoi ? Je ne laisserai pas casser ?
Ça veut dire que
le gouvernement laisse casser l
'hôpital pour discréditer le mouvement. Il y a beaucoup de manipulations.
C'est-à-dire ? Parce que moi, j'ai vu beaucoup de policiers.
Et
quand on voit que des policiers ont l'ordre de ne pas intervenir, quand on voit qu'on laisse des casseurs agir dans nos villes, partout en France...
Vous êtes en
train de nous dire que la police laisse sciemment pour casser le mouvement...
En tout cas,
je dis que nous n'avons pas l'action qu'il faut mettre en œuvre pour arrêter les casseurs. Et je ne comprends pas pourquoi on veut arrêter les manifestants qui sont pacifiques et qu'on n'arrête pas les casseurs. Et je demande au gouvernement de prendre les mesures pour arrêter les casseurs. Il peut le faire. Qu'on ne me dise pas qu'on ne peut pas arrêter une cinquantaine ou une centaine de casseurs au
gouvernement du Mont-Parnasse.
Ce
n'est pas une cinquantaine ou une centaine. C'est
beaucoup plus que ça. On avait M. Hervois ici. Il a cité des chiffres. On
parle de 700 casseurs. Et alors,
dans une démocratie comme la France, on n'est pas capable, avec tous les policiers qu'on a, de le faire. Je peux vous assurer qu'il est temps de rétablir un vrai climat de confiance dans le pays. Alors, je suis totalement hostile bien évidemment aux casseurs, aux excès de la CGT. Mais je dis aussi
qu
'il faut arrêter ce climat de tension permanente. Et je demande au gouvernement de réécrire sa loi travail, qui est une loi inutile, de s'occuper des vrais problèmes. Je pense aux travailleurs détachés, par exemple. C'est-à-dire ces 500 000 Polonais, Roumains, Espagnols qui ne payent pas les cotisations sociales françaises. Ça aussi, c'est une dérive de l'Union européenne.
Ce
sont 500 000 emplois volés dans notre pays. Qu
'est
-ce qu'on fait ? Rien. Et en même temps, un gâchis immense dans le pays, l'image de la France déconsidérée pour un article 2 d'une loi que personne ne comprend, que les patrons de PME ne volent même pas. Mais quand on va arrêter d'hystériser la politique française, je crois que le rôle d'un gouvernement, d'un chef d'État, d'un homme d'État, c'est de calmer le jeu, c'est de s'attaquer aux vrais délinquants, aux vrais casseurs, et puis c'est de respecter le mouvement social et de l'écouter et de trouver une solution de compromis. Voilà une démocratie
apaisée.
Nicolas Dupont-Aignan, on va parler un peu de la présidentielle, le Parti Socialiste organisera donc bien une primaire avec, possiblement, François Hollande. Je vous vois lever les
yeux au ciel, ça vous surprend ? Écoutez, voir François Hollande aller sur la tombe du général de Gaulle il y a quelques jours et maintenant participer à une primaire
en
tant que président de la République, mais quel... c'est pathétique. Ça veut dire que le Parti Socialiste... Pourquoi c'est pas
l
'éthique ? Mais parce
que le Parti Socialiste qui ne croit pas... Quel rapport entre la tombe du général de Gaulle et la participation à
une primaire ? Parce que vous savez que le gaullisme, participer à
une
primaire, c'est-à
-dire
que le Parti Socialiste ne croit même pas au président de la République comme candidat.
Je
vais vous dire, le président de la République ferait mieux d'arrêter son mandat à la fin du terme et de partir se reposer et de ne pas participer à
l
'élection présidentielle. Parce que c'est un abaissement de la fonction présidentielle sans précédent. Voilà ce que je pense. Mais vous dites ça parce que vous êtes contre les primaires en général. Mais parce que la primaire, c'est la dernière manipulation là aussi de la pensée unique, du rouleau compresseur de la pensée unique pour créer un faux débat pour le même programme. Alors,
il
y aura la primaire socialiste qui va défendre toujours les mêmes idées. La primaire UMP républicaine avec exactement le même programme.
D
'ailleurs, il pourrait faire une primaire collective et on serait vite débarrassés. La vraie question, c'est est-ce qu'un jour on va être capable de changer de cap économique, de changer de cap politique, de proposer aux Français l'autre politique fondamentale pour sortir la France de la crise avec des propositions concrètes. C'est ce que je ferai. Ça sera après la primaire et ça sera au premier tour, c'est-à-dire la seule vraie primaire, le premier tour de l'élection présidentielle.
Nicolas
Dupont-Aignan et pourquoi pas une primaire à l'extrême droite ? Vous êtes jugé par Marion Maréchal-Le Pen comme un allié potentiel à droite. Le FN pourrait ainsi se désister pour vos candidats aux législatives. Ça vous fait plaisir ?
Écoutez, on veut enfermer les Français dans ce piège. Soit on continue avec des incompétents qui ont ruiné la France depuis 20 ans, socialistes, républicains, soit on va au Front National. Toute mon action politique comme gaulliste, comme gaulliste social, c'est de proposer aux Français justement l'alternative qui manque.
Mais c'est quoi,
politiquement,
c'est
quoi
votre différence ? Vous connaissez très bien à l'enviter mon
bouquin et vous verrez.
On l'a lu, on l'a lu. Et les Français
savent très bien que je défends autre chose et que justement, je ne veux plus ce piège politique qui aboutit, ne l'oubliez pas,
à
20 millions d'abstentionnistes.
Et
on peut peut-être quand même, dans notre pays, avoir le droit de proposer un patriotisme serein, de rassemblement qui permette à la France de s'en sortir, sans tomber dans l'extrême
du Front National ou
dans le
système
PS
-UMP.
Mais M. Dupont-Aignan, force est de constater que jusqu'ici, vous avez tenté et vous n'avez pas réussi. Personne ne vous a empêché de vous présenter.
Écoutez, je vois que les sondages changent entre 5 et 8%. Nous avons un parti Debout la France qui a été le cinquième parti au régional, sixième parti, parfois quatrième
dans certains départements. Cette
démocratie, si décriée, vous permet. De toute façon, vous l'avez
déjà essayé. Mais je vais continuer parce que, justement, cette démocratie est très, comment dire, opaque, fermée et qu'il faut se battre pour faire émerger une nouvelle offre politique. Quand je vois ce qui se passe à Rome, ce qui se passe en Espagne, je suis très confiant dans l'initiative que je prends et je suis convaincu qu'on
va bouleverser le jeu politique.
Et
c
'est ça qui gêne tant Mme Marion Maréchal ou le système républicain PS de voir émerger justement une nouvelle candidature.
Et ce qui se passe aux Etats-Unis, vous le situez dans la même lignée avec Donald Trump ou c'est autre chose ?
C'est la même lignée. Chaque pays, à sa façon, ne supporte plus une espèce de capitalisme mondial qui épuise les peuples,
qui
ne sert pas la prospérité et qui, comment dire, concentre les profits dans une infime minorité. Et donc, chaque pays a sa façon, avec son histoire, sa culture.
Mais vous seriez
américain, vous voteriez pour Donald Trump ? En tout cas, si j'étais américain, je ne voterais sûrement pas pour Mme Hillary Clinton. Et vous voteriez pour Donald Trump ? Eh bien, je ne suis pas américain, donc je suis candidat en France.
Allez, un dernier mot, Nicolas Dupont-Aignan. C'est ce soir que sera inaugurée l'exposition sur Jacques Chirac au musée du Quai Branly. Chirac, défenseur des cultures. Politiquement, il reste quelque chose du chiracisme
? Il
reste le refus de l'intervention en Irak. Il reste...
Lui,
il a eu le courage de faire un référendum sur l'Union européenne, même si son successeur l'a trahi. Il reste un homme respectueux, justement, des cultures. Moi, je crois à la diversité culturelle. C'est pour ça que je souhaite que les Français aient le droit encore d'être Français. Donc, vous êtes chiracien, encore ? Je ne suis pas chiracien. Je n
'ai
jamais été un grand chiracien, il
faut
être honnête, mais j'ai du respect pour cet homme. Merci.
Merci beaucoup. Nicolas Dupont-Aignan, invité de l'invité politique de France Info. Je signale également ce livre dont vous parliez, France, lève-toi et marche. C'est aux éditions Fayard, Fabienne Sintès.
Et il est 7h58.
Nicolas Dupont-Aignan