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InterviewC dans l'air (sur YouTube)· 12 octobre 2021 18 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesEurope & internationalSolidarités & famille

2022 : Pourquoi Édouard Philippe les inquiète…- Reportage #cdanslair 11.10.2021

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 56 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 3:04OuverteRéponse partielle

    Pourquoi lancer un parti maintenant pour 2027 ?

  • 3:16OuverteRéponse partielle

    Est-il si loyal qu'il le dit envers Macron ?

  • 5:48OuverteRéponse partielle

    Pourquoi ne pas attendre l'après-présidentiel ?

  • 6:11OuverteRéponse partielle

    Qu'a-t-il réellement en tête à court terme ?

  • 8:34OuverteRéponse partielle

    Veut-il profiter de sa popularité pour créer ce parti ?

  • 9:50OuverteRéponse partielle

    Veut-il prendre la place de Bayrou ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:45InvitéFait
    « Il prend date pour 2027. »
  • 2:12InvitéFait
    « Il faudrait que le président de la République sortant soit empêché. »
  • 3:40InvitéFait
    « Ça ressemblait dans la scénographie, dans la longueur du discours, deux heures, dans la densité aussi du discours. »
  • 6:15InvitéFait
    « À court terme, il veut avoir un groupe à l'Assemblée nationale lors des législatives. »
  • 6:51InvitéFait
    « Il a clairement dit que c'était un homme de droite. »
  • 14:43InvitéFait
    « Je ne suis pas en train de critiquer le gouvernement actuel. »
  • 15:34InvitéPromesse
    « Repousser l'âge de départ à la retraite à 67 ans. »

Temps de parole

  • Invité23 %
  • Présentateur20 %
  • Invité 214 %
  • Invité 313 %
  • Invité 410 %
  • Invité 510 %
  • Invité 64 %
  • Invité 72 %

≈ 2,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:08
Présentateur

Nous attendons vos questions, SMS, Internet et réseaux sociaux pour alimenter notre discussion. Il n'est pas candidat, il ne se lance pas dans une campagne, mais il lance son parti. Et pourtant, Edouard Philippe occupe tout l'espace politique du week-end. L'ancien Premier ministre a réuni ses soutiens au Havre. Il assure en préambule qu'il soutient bien Emmanuel Macron et qu'il souhaite sa victoire. Et détaille ses vertiges démographiques, écologiques, géopolitiques et technologiques avec un logiciel politique en final très proche de celui de son ancienne famille politique. Les Républicains qui sont eux toujours à la recherche de leurs candidats.

Ce soir, Xavier Bertrand dira si oui ou non il participera à la compétition interne. Pendant ce temps-là, Éric Zemmour capte l'électorat du Rassemblement national et la droite n'en finit pas de se recomposer à six mois de l'élection présidentielle. Alors que cherche Edouard Philippe ? Est-il si loyal qu'il le dit envers Emmanuel Macron ? Que propose-t-il sur le fond ? Peut-il encore fragiliser les Républicains ? 2022, pourquoi Edouard Philippe les inquiète ? C'est le titre de cette émission avec nous. Pour en parler ce soir, Yves Tréa, vous êtes éditorialiste et directeur adjoint de la rédaction du Figaro. Vanessa Schneider, vous êtes grand reporter au journal Le Monde.

Nathalie Moret, vous êtes journaliste politique au groupe de presse régional ÉBRA. Je cite votre article du jour paru dans les dernières nouvelles d'Alsace, la droite dans le brouillard. Enfin, Brice Tinturier, vous êtes directeur général délégué de l'Institut de sondage Ipso. Je cite votre dernier livre, plus rien à faire, plus rien à foutre, la vraie crise de la démocratie. C'est publié chez Robert Laffont. Bonsoir à tous les quatre. Bonsoir. Merci de participer à ce C'est dans l'air en direct. C'est vrai, il n'est pas candidat. Et pourtant, c'est de lui dont on a parlé tout le week-end, Yves Tréa. Il a réussi ce coup de force, Edouard Philippe.

1:45
Invité

Oui, alors ce qui est assez curieux chez Edouard Philippe, c'est qu'il lance un parti alors qu'on avait cru comprendre que les partis étaient vraiment à la mode aujourd'hui. C'était plutôt les personnalités, les individualités qui attiraient l'attention de la scène politique. En tous les cas, ce qui est sûr, si vous voulez, c'est qu'on se dit qu'il prend date pour 2027. Et probablement pas pour l'année prochaine, mais pour 2027.

2:09
Présentateur

Probablement pas, dites-vous.

2:10
Invité

Oui, probablement pas, je pense pas. Il faudrait que le président de la République sortant soit empêché. Il y a de fortes chances qu'il se représente, ce président. Il ne va pas se présenter contre lui. Et donc, moi, j'interprète de deux façons. Il prend date pour 2027 parce qu'ici, il se dit, peut-être dans sa tête, que le président sortant va être réélu en 2022. Et que si vous me permettez cet anglicisme, le reset, le vrai reset aura lieu dans cinq ans. C'est-à-dire que là, le président sortant ne pourra plus se présenter en 2027.

Et puis deuxièmement, vous avez une droite qui est en complète errance aujourd'hui, qui ne sait plus où elle habite, qui ne sait même pas de quoi demain sera fait, parce que c'est vraiment assez dramatique de voir, et assez tragique de voir, de la façon dont elle se tire une balle dans le pied, en tous les cas jusqu'à présent. Et là, il se dit qu'il y a peut-être une clientèle électorale à capter, à séduire, pour l'avenir, justement.

3:04
Présentateur

Il y a des gens peut-être qui vous regardent, là, en ce moment même, Yves Tréard, qui disent « Donc, un ancien Premier ministre est déjà en train de lancer un parti pour 2027, alors qu'on est, nous, même pas dans la campagne présidentielle de 2022. » Et pourtant, c'est ce qu'il a fait.

3:16
Invité

C'est pourtant ce qu'il fait, parce que c'est sûr que lancer un parti, c'est assez gonflé aujourd'hui, à mesure où ça complique, on va sans doute en parler, ça complique plutôt la tâche du président sortant.

3:27
Présentateur

Vanessa Schneider, j'allais dire, ça avait du souffle, ce week-end, ce qu'il a fait, Edor Philippe ?

3:32
Invité

Oui, parce que c'était un meeting, c'était pas simplement « Je lance un micro-parti, je fais un communiqué de presse » ou « Non, il a fait un meeting de candidats à la présidentielle ». Ça ressemblait dans la scénographie, dans la longueur du discours, deux heures, dans la densité aussi du discours, parce qu'il n'était pas là pour ne rien dire, il a vraiment exposé une vision assez claire des propositions, il y avait un public, une ferveur et tout ça, donc on était dans une logique de candidat à la présidentielle qu'il n'est pas, c'est toute son ambiguïté, on y reviendra.

Oui, il vit sur 2027 et oui, ça paraît totalement surréaliste, parce qu'il peut se passer déjà 10 milliards de choses d'ici 2022 et encore plus d'ici 2027. Mais je pense qu'il joue pour maintenant aussi, pas forcément pour être candidat tout de suite, mais il joue pour maintenant.

Edouard Philippe a une popularité très élevée, il veut en faire quelque chose, il ne veut pas la laisser en friche, il sait qu'il a des soutiens et surtout il sait que la nature est horreur du vide et que, comme le rappelait Yves Tréard, une grande partie de l'électorat de droite est complètement perdue dans cette désignation de candidat à laquelle plus personne ne comprend rien, aucun candidat ne se détache suffisamment pour qu'il y ait une évidence. Et de l'autre côté, Emmanuel Macron, s'il est en mesure pour l'instant de se représenter, en tout cas n'a pas de parti, il n'a pas fait preuve qu'il savait créer un parti.

Donc, Edouard Philippe, vous dites que c'est à contre-courant, c'est vrai que c'est complètement à contre-courant de créer un parti. On a dit que le parti, c'est ringard, c'est fini, Emmanuel Macron est arrivé sans parti, Éric Zemmour, il n'est même pas candidat, il n'y a pas de parti.

Bon, mais Edouard Philippe, il renoue avec une tradition ancienne, il fait le pari de se dire un parti politique, ça sert à quelque chose, et je pense qu'il n'a pas tout à fait tort, un parti politique, ça sert à produire des idées, à réfléchir, à faire des conventions, à infuser des nouvelles propositions, à mobiliser des porte-parole sur un certain nombre de thèmes, ça sert aussi à investir des candidats, c'est pour ça que quand je disais, il ne pense pas qu'à 2027, il pense aussi à 2022, parce que, ben oui, ça sert à investir des candidats, à les propulser, à peser au Parlement si on a des élus, donc tout ça peut être extrêmement utile.

5:48
Présentateur

– Imaginons, je suis loyal, je suis fidèle, je veux soutenir le candidat qui a été le président de la République pendant que j'étais Premier ministre, le meilleur moyen de le soutenir, c'est de lancer un parti politique maintenant, pourquoi est-ce qu'il n'a pas attendu, à votre avis Nathalie Moray, c'est ça qui paraît un peu curieux dans la démarche, pourquoi est-ce qu'il n'a pas attendu l'après-présidentiel, Edouard Philippe ? Qu'est-ce qu'il a réellement en tête, à court terme ? On ne parle pas de ce qui se passera en 2027.

6:15
Invité

– À court terme, il veut avoir un groupe à l'Assemblée nationale, lors des législatives, et en cela, son destin, il est lié à celui du président de la République. C'est pour ça qu'il a toujours dit « je suis loyal, mais libre ». Loyal, au sens où il a très clairement dit ce week-end qu'il était dans la majorité, qu'il était là pour aider le président en place à être réélu, et qu'il avait pour mission d'élargir cette majorité. En cela, il n'a pas tout à fait tort, parce qu'il y a toute une partie de la droite, j'allais dire centriste, qui n'irait pas naturellement vers Emmanuel Macron, mais qui peut aller vers Edouard Philippe.

D'ailleurs, il n'a pas tromperie, il a clairement dit que c'était un homme de droite. Tout ce qu'il a dit, il y avait des forts marqueurs à droite.

6:57
Présentateur

– On va en parler, oui.

6:58
Invité

– Il est là avec son étiquette « je suis un homme de droite, vous savez qui je suis ». Et oui, il veut rassembler derrière lui. Et c'était assez drôle, parce qu'il a fait un meeting, mais qui ne ressemblait pas à un meeting. Il a fait un meeting qui ressemblait presque à une clénotte, si vous voulez.

7:12
Présentateur

– Oui, on va voir les images, c'est très moderne sur la forme.

7:14
Invité

– Voilà, c'est ça. Et puis, à part à la fin, il n'a pas scandé avec les deux bras, etc. Il est arrivé de façon très, très, j'allais dire, neutre, comme ça.

7:23
Présentateur

– Il a eu un geste très chiracien à la fin, quand même. – Juste à la fin.

7:26
Invité

– Juste à la fin. – On la voit, cette image. – C'est quand même l'image de quelqu'un qui veut conquérir ses territoires. – Oui, mais c'est assez trompeur, parce que c'est la seule. Parce que pendant tout le reste du temps, au contraire, il n'y a pas eu de grande salle d'applaudissement. Il a été plutôt assez soft, assez modeste, assez long. Exactement comme il l'avait été, d'ailleurs, quand il était Premier ministre et qui faisait, vous vous souvenez, ces conférences de presse interminables sur le Covid. Donc, il a été exactement ça, conforme à ce qui a fait sa popularité. Et effectivement, il veut en faire quelque chose. – Et pourtant, ça agace les macronistes.

– Oui, parce qu'évidemment, il a fait en creux, dans son discours, il a dit exactement le contraire de ce qu'est fait Emmanuel Macron. Emmanuel Macron, il dit, moi, je n'ai pas de parti, lui, il en fait un. Emmanuel Macron, il a la réputation, et pas que la réputation d'ailleurs, de faire tout tout seul et de décider tout seul. Là, Edouard Philippe a clairement dit, moi, je suis là, mais on va travailler en équipe. – Avec beaucoup d'élus, avec les maires ? – Je vais travailler avec les territoires, on va travailler sur des sujets nationaux, à l'échelon local. Ça, si ce n'est pas un tacle en creux à Emmanuel Macron, je ne sais pas ce que c'est.

Donc, effectivement, les macronistes qui étaient dans la salle l'ont bien senti.

8:34
Présentateur

– Il veut profiter et surfer, Brice Tinturier, sur sa formidable popularité. C'est pour ça qu'il le fait maintenant, ce parti ?

8:40
Invité

– Il y a des raisons qui sont liées à sa popularité, il y a des raisons qui sont strictement politiques. Sa popularité, elle est confirmée, il est le plus populaire de toutes les personnalités politiques, il l'est massivement chez les sympathisants l'AREM, mais également chez les sympathisants LR. Alors, votre question, c'était en quoi soutient-il véritablement Emmanuel Macron en créant un parti, je crois que c'est assez simple, en contribuant à l'affaiblissement de la droite et en incarnant des idées de droite ?

Donc là, c'est la partie où il aide objectivement le président sortant, en tant que lui-même n'est pas candidat, le fait de créer un parti affaiblit LR, puisque le positionnement, et c'est ce qu'on vient de rappeler, le positionnement d'Édouard Philippe est un positionnement de droit, tout centre droit. Et puis là où il joue pour lui, et pas pour Emmanuel Macron, et là où il agace effectivement potentiellement une partie de la Macronie, ce sont les législatives. Bien sûr que son rendez-vous, ce n'est pas tout de suite 2027, mais 2022, il va exiger un certain nombre, en échange de son soutien, un certain nombre de places pour les législatives.

Et ça, c'est compliqué pour la Macronie, parce que ça veut dire que des sortants devront céder leur place pour avoir des gens venant de la droite qui rallieront Édouard Philippe.

9:47
Présentateur

Il veut prendre la place de Kavère en son temps, François Bayrou ?

9:50
Invité

Il veut devenir, je pense, un des pôles dominants, le pôle dominant de la recomposition politique. Ce qui se joue, c'est véritablement, et Yves Tréard l'a dit tout à l'heure, c'est l'avenir de la droite classique, LR, ou sa destruction totale.

Si jamais il y a deux candidats LR, la messe est dite, et vous pouvez avoir à ce moment-là, en plus, des élus qui vont dire « Mais écoutez, on n'y arrive plus, nous, les LR classiques, on n'y arrive plus, il faut soutenir, il y a déjà des tentations, il faut soutenir Macron, c'est finalement lui qui est notre meilleur candidat, a fortiori, c'est Édouard Philippe, qui incarne encore plus une partie des LR, dit « Suivez-moi, je crée un parti, je crée Macron ».

10:24
Présentateur

Donc, ça veut dire qu'Emmanuel Macron voit tout ça d'un très bon oeil ?

10:27
Invité

Ça veut dire que ça le sert, je pense, objectivement, mais que ça lui pose aussi un certain nombre de contraintes dans l'architecture partisane qu'il essaye d'organiser, et notamment dans ses rapports à droite et avec ses propres alliés du MoDem ou d'Agir.

10:42
Présentateur

Pendant cinq ans, on a remarqué qu'Emmanuel Macron, il n'aimait pas trop avoir autour de lui des gens puissants politiquement.

10:48
Invité

Tout à fait, mais là, il a une personnalité qui, encore une fois, il a plus populaire, extrêmement populaire à droite, à l'arène, et même chez les sympathisants socialistes, il se situe à un bon niveau. Quand on est à 49-50% au total, c'est que ça irradie beaucoup. Il n'y a qu'au RN et qu'à la France Insoumise où il est vraiment plus bas, sans avoir en plus des scores épouvantables non plus. Donc, ce levier de la popularité fait de lui quelqu'un qui compte dans le paysage. Ça, effectivement, pour Emmanuel Macron, ce n'est pas forcément une bonne nouvelle, il n'y a pas qu'Emmanuel Macron. Mais ça le sert objectivement.

11:19
Présentateur

Il incarne une alternative possible à Emmanuel Macron. Est-ce que vous le diriez juste là ?

11:24
Invité

Oui, avec un concurrent sérieux qui s'appelle François Bayrou, qui n'entend pas François Bayrou lâcher prise, et qui estime qu'il est le plus légitime auprès du président sortant, du président de la République, parce qu'il estime qu'en 2017, c'est grâce à lui qu'il a été élu. Ce qui n'est pas complètement faux non plus.

11:44
Présentateur

Il se tient prêt, disiez-vous, Vanessa Schneider ?

11:47
Invité

C'est ça aussi qui est derrière, il ne faut pas se voiler la face. Oui, bien sûr, parce que je pense que nous sommes dans un climat depuis déjà un certain nombre d'années qui aurait parié que le président sortant, François Hollande, ne serait pas en mesure de se représenter quelques mois avant. Donc, je pense qu'Edouard Philippe est quelqu'un de très pragmatique. C'est vraiment un politique. Il est passé par toutes les étapes et tous les mandats.

Il sait que tout peut arriver et que si jamais Emmanuel Macron, pour des raisons politiques ou autres, n'était pas en mesure de se représenter, ce qui n'est pas du tout, je ne suis pas du tout en train de dire que c'est le scénario le plus probable maintenant, mais on ne sait jamais, lui au moins, il aura préempté son espace politique, organisé ses troupes et ses fidèles, déposé un nom de parti et il peut être prêt au cas où.

12:34
Présentateur

Juste une dernière question, Vanessa Schneider. Est-ce qu'on peut imaginer qu'il arrive à créer ce parti-là sans à un moment donné avoir dealé d'une certaine manière avec le président de la République ? Est-ce qu'il peut le faire sans l'assentiment du président de la République ?

12:45
Invité

Je ne pense pas que ça se pose en ces termes. Je pense qu'Edouard Philippe estime qu'il n'a pas demandé la permission à Emmanuel Macron, qu'Emmanuel Macron n'a pas été totalement correct non plus avec lui. Il répète toujours qu'il se sent libre. Il est dans une démarche, je pense que la comparaison qu'on fait avec François Bayrou, moi, ne me paraît pas opérante. Je pense qu'il s'inscrit plutôt dans une lignée gaulliste, que ce soit par les symboles, même si ce n'était qu'une image. Je pense que les Chirakiens et l'électorat ancien RPR, UMP devenu LR, a très bien compris des petits clins d'œil, des signes qui sont clins d'œil, dans les idées qu'il défend aussi.

Il est vraiment dans cette droite issue du gaullisme. Et le gaullisme, ça veut dire aussi, j'ai le droit, je suis libre et j'ai le droit de m'adresser directement à mes électeurs ou à mes possibles électeurs.

13:41
Présentateur

Deux heures, vous l'avez dit, deux heures sur scène. Edouard Philippe s'est offert ce week-end un show. Samedi au Havre, il a annoncé la création de son parti intitulé Horizon au pluriel. Et il a listé ses ambitions pour la France. Et une critique en creux quand même du quinquennat d'Emmanuel Macron lorsqu'il propose de rétablir l'ordre dans la rue et dans les comptes publics. Lasse-Logé Laberre et David Lemarchand.

14:06
Invité

Chez lui, dans sa ville du Havre, Edouard Philippe entre en scène. Devant 3000 supporters survoltés, l'ex-premier ministre s'affiche décontracté. Pas mal ! Un discours façon stand-up où il annonce la création de son propre parti politique, Horizon. Pourquoi Horizon ? Parce qu'il faut, pour faire bien, voir loin. Voir loin, certains disent 2027. En attendant, il jure soutenir le président et se défend de critiquer son bilan. Quand je dis qu'il faut impérativement mettre ou remettre l'ordre dans nos comptes et dans nos rues, je ne suis pas en train de critiquer ce qui se fait aujourd'hui. Je ne suis pas en train de critiquer le gouvernement actuel.

Je ne suis certainement pas en train de critiquer le président. Difficile exercice d'équilibriste. Comment rester loyal tout en préparant son propre avenir ? Dans le public, ses fans soutiennent son ambition, quitte à bousculer la majorité. Diviser, si c'est pour dire des vérités, ce n'est jamais une mauvaise chose. Est-ce que vous pensez qu'il ferait un bon président de la République ? Je pense qu'il en a l'étoffe, il en a le charisme, il en a l'intellect. Je pense qu'il a été un bon premier ministre. Pourquoi ? Pour un président. Alors à quoi joue Édouard Philippe ? Resté discret depuis son départ de Matignon, il signe son grand retour avec une proposition choc.

Repousser l'âge de départ à la retraite à 67 ans. Certains macronistes s'agacent et s'inquiètent, car Édouard Philippe a un atout. Il est la personnalité politique préférée des Français, devant Nicolas Hulot et Roselyne Bachelot. Dans l'opposition, certains observent la manœuvre du Premier ministre, presque avec amusement. Je pense que c'est un peu le baiser de la mort quand même, parce que j'ai compris qu'il avait sur deux heures de discours annoncé qu'il soutenait Emmanuel Macron pendant à peu près cinq minutes, et tout le reste du temps a été consacré à pointer les deux grands échecs de ce quinquennat, c'est-à-dire l'insécurité et les déficits publics.

Donc c'est assez intéressant de voir que c'est un ami qui va être quand même un peu pesant. Un ami pesant, peut-être même un peu trop encombrant, notamment pour les prochaines élections législatives. Si Emmanuel Macron est réélu, le parti Horizon rejoindra sans doute la future majorité. Il faudra alors se partager les circonscriptions, et les négociations pourraient bien créer quelques tensions. Ça va être sanglant. Si le président est réélu, on va avoir une nuit des longs couteaux. Sauf qu'en attendant, la Macronie a besoin de lui. Surtout qu'Edouard Philippe sait une chose, la réélection d'Emmanuel Macron n'est pas acquise.

Cette réélection, elle passera, comme toutes les réélections, par un élargissement, et pas par un rétrécissement. La réélection du président de la République, elle passera par l'élargissement de sa base électorale. Comme une démonstration ce jour-là au premier rang, Christophe Castaner, patron des députés En Marche. Et pas très loin, un nouveau venu, Arnaud Robinet, maire de Reims, désormais accélère. Bien sûr qu'en soutenant et en participant à la création du mouvement d'Edouard Philippe, in fine, bien sûr, je quitte les Républicains, je le dis avec beaucoup de peine, mais parce que la situation aujourd'hui est assez catastrophique pour le parti.

Alors, Edouard Philippe, force ou faiblesse pour Emmanuel Macron ? Samedi, au moment de quitter la Seine, son V de la victoire appelait un autre président, un certain Jacques Chirac. C'est parti.

17:39
Locuteur

Quoi? Quoi? ... ...