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interviewPublic Sénat· 15 avril 2026 7 min

"À ma place, c'est avec le RN que vous iriez bâtir des compromis ou avec la gauche républicaine ?"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

La parole est maintenant au président Mathieu d'Arnaud pour le groupe Les Républicains. Monsieur le Premier ministre, ma question est simple, directe. Quand allez-vous rompre avec l'atonie l'attentisme, voire les renoncements qui paralysent la vie parlementaire et les travaux parlementaires ?

Quelques exemples. La loi Trace que vous aviez indiqué vouloir inscrire au mois de février et qui conditionne quelque part le développement de nos territoires ? Le texte choc de Dominique Estrosi dans un temps où le logement connaît des problèmes majeurs ou encore l'allocation de solidarité unique, importante sur laquelle vous étiez là encore engagé.

Et plus près de nous, cela vient d'être évoqué, la proposition de loi sur le travail des artisans le 1er mai. J'aurais pu citer parce que je sais quelle peut être votre ligne de défense, s'agissant notamment de l'absence de fait majoritaire à l'Assemblée nationale, des textes qui auraient pu nous réunir comme celui sur la décentralisation. Or, de tout cela il n'est rien aujourd'hui et nous nous lamentons, nous attendons mais plus que les parlementaires que nous sommes ce sont les françaises et les français.

J'aurais pu d'ailleurs rajouter le texte sur les énergies dans un moment où les carburants ou le prix des carburants s'envolent. Alors à ma question j'ajoute une autre question. Allez-vous enfin inscrire ces textes dans nos deux chambres ?

Ou doit-on attendre avec la plus grande désolation que 2027 et l'élection présidentielle ne nous permettent enfin d'agir ? Pour vous répondre, la parole est au Premier ministre. Merci beaucoup Monsieur le Président du Sénat.

Vous ne m'aviez pas donné le thème de votre question avant, ça va me permettre d'être le plus spontané, comme nous sommes entre nous, dans ma réponse. Déjà, je n'ai pas le sentiment que l'agenda parlementaire ne soit pas rempli. J'ai même d'un côté...

Ah ben, on va y aller alors. PPL Hydroélectricité, restitution des biens culturels uniquement pour cette semaine. Justice criminelle votée hier, si mes informations sont exactes par cette haute assemblée.

On en entend beaucoup parler depuis longtemps. Hier, je crois qu'une CMP sur le projet de loi de simplification qui a démarré sous Gabriel Attal, Premier ministre, Michel Barnier, Premier ministre, François Bayrou, Premier ministre, a été inscrit hier à l'Assemblée nationale. Je vais y revenir dans un instant, ça me semble intéressant.

Actuellement même, vous avez une proposition de loi sur des engagements que le ministre d'Etat et le ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau connaît bien sur la PPL dite Rodouel qui me semble utile, je le crois, pour le pays sur lequel je sais que le Sénat, évidemment, va s'en saisir rapidement. Assurance chômage, réformes retirées au moment de la dissolution, réintroduites au dialogue social voté par le Sénat, inscrite cette semaine à l'Assemblée nationale. Je ne veux pas épuiser le temps mais je peux aussi peut-être décliner pour l'ensemble des parlementaires l'ensemble de l'agenda tel qu'il a été bâti jusqu'au mois de juillet et évidemment le gouvernement est disponible.

S'il faut siéger davantage, le vendredi, s'il faut faire une session extraordinaire au mois de juillet, tout ça nous le ferons. Donc pour être complètement direct, on est entre nous. Donc puisqu'on est complètement direct, il y a même un trop plein de texte, et donc le sujet n'est pas tellement ce que le gouvernement met sur la table, sans oublier les nombreuses propositions de loi, je vais y revenir dans un instant, qui existent et comme je le disais au Président Marseille, qui parfois n'ont pas toujours été suffisamment bien bordées et peuvent sauf créer quelques déraillements.

La deuxième des choses, ce n'est pas une ligne de défense qui n'ait pas de majorité à l'Assemblée nationale. C'est un état de fait. Et puis on pourrait dire que c'est votre problème ou que ce n'est pas le problème du Sénat.

Enfin, c'est notre pays. Donc comme on parle du même pays, ce qui se passe à l'Assemblée devient votre problème et mon problème et le problème de tous les Français. Qui assiste, il est vrai, à un spectacle assez désolant, je le redis, d'une obstruction violente de la France insoumise sur laquelle je m étonne, qu'elle ne soit pas davantage dénoncée par les uns et les autres et sur laquelle nous commençons à nous acclimater au fond que c'est normal que la France insoumise soit en train de mettre en panne l'Assemblée nationale.

Ce n'est pas la faute du gouvernement qui me semble-t-il a des orientations où on ne peut plus clair vis-à-vis de ce groupe, la France insoumise. Si j'allais plus loin, vous voyez que cette assemblée est divisée, y compris au sein des groupes. Alsace, la semaine dernière, vous avez vu le compte rendu analytique.

Hier, la CMP sur la simplification. La plupart de nos groupes, président d'Arnaud, sont divisés. Et parfois, l'alignement bicaméral entre les groupes n'est pas toujours au rendez-vous.

Ce n'est pas une critique c'est un constat. Alors ensuite, si je vais encore plus loin, parce qu'il y a un éléphant qui est dans la pièce et je vois bien la communication qui peut venir, y compris, je le dis sans esprit polémique, on me reproche beaucoup ou de travailler avec la gauche républicaine. Alors je suis de droite, vous le savez.

Si si, j'ai été adhérent des Républicains et vous m'avez exclu en 2017. Il est vrai qu'il y a une réalité arithmétique, cette Assemblée Nationale, Monsieur le Ministre, mon cher Bruno. Cette Assemblée Nationale, c'est les Français qui l'ont choisie, on est des démocrates.

On peut penser ce qu'on veut de la dissolution, je suis déjà exprimé sur le sujet. L'Assemblée, elle est là. Bon, vous êtes au banc des ministres.

Au fond, vous avez deux solutions possibles quand vous êtes quelqu'un de la droite républicaine. Soit vous regardez la gauche républicaine et vous essayez ce sont des opposants. Vous essayez d'avoir des compromis, soit vous retournez vers l'Assemblée nationale et vous essayez de bâtir un compromis avec le RN.

Moi, j'ai choisi. J'ai choisi et j'assure. Donc le gouvernement, il avance.

Il essaie de bâtir des compromis. Et vous savez quoi ? Monsieur Retailleau, monsieur Darnot, messieurs, je vous le dis avec beaucoup de gravité.

Je ne suis pas quand de l'élection présidentielle. Donc n'ayez pas de problème avec ce gouvernement, on va faire tout ce qu'on peut pour faire avancer le pays pendant un an. Et bien justement, Président Retailleau, Monsieur le ministre d'Etat, Monsieur le Président d'Arnaud, si vous étiez à ma place, c'est avec le rassemblement national que vous iriez bâtir des compromis ou avec la gauche républicaine.

C'est aussi simple que cela et c'est le moment de la grande de clarification. Monsieur Darnot, Monsieur le Président. Monsieur Darnot, Monsieur le Premier ministre, nous sommes les premiers à dénoncer les outrances de la France insoumise.

Et je le redis aujourd'hui, en revanche, ce que nous vous reprochons, c'est de ne pas honorer votre parole. Tous les textes que j'ai évoqués, vous aviez pris l'engagement de les inscrire au Parlement. Et ne venez pas nous dire aujourd'hui, M. le Premier ministre, qu'un thème comme la décentralisation ne peut pas réunir des parlementaires de droite et de gauche.

Or, vous avez Vous avez failli, et vous avez failli, et pardon de le dire à trop attendre, celui qui se nourrit d'attente risque de mourir de faim. Je vous remercie.

"À ma place, c'est avec le RN que vous iriez bâtir des compromis ou avec la gauche républicaine ?" — Bruno Retailleau · Pourquijevote