Arnaud Le Gall : «Nous sommes face à une militarisation des compétitions commerciales»
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Questions et réponses
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- 0:47OuverteRéponse partielle
Quel est votre outil de prédilection ?
- 1:37OuverteRéponse directe
Vous êtes né en 1980 à Carré-Plouguer, dans le Finistère. Votre famille était-elle engagée politiquement ?
- 4:01OuverteRéponse directe
Quel est votre rapport personnel au Festival des Vieilles Charrues et aux fêtes populaires ?
- 6:36OuverteRéponse directe
En creux, il est question du canon français. Est-ce que les participants recherchent une expérience comparable aux premières éditions du Festival d'Yécharus ?
- 8:49OuverteRéponse directe
Pensez-vous que la culture du bon vivant soit devenue un cheval de Troie politique pour la droite radicale ou identitaire ?
- 10:21OuverteRéponse directe
En 2008, vous figuriez sur la liste socialiste de Carré menée par Richard Ferrand. Vous regrettez cet engagement ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:17Invité politiqueFait
« Tout le monde n'était pas le général de Gaulle. »
- 3:21Invité politiqueFait
« Mon père et ma mère m'ont toujours transmis des principes d'égalité, de solidarité. Aucune fascination pour l'argent. »
- 5:51Invité politiqueFait
« Moi, une des choses qui a forgé mon identité politique et mon antiracisme, ça a par exemple été quand, au milieu des années 90, ils ont voulu expulser une famille kurde de Kurdes qui étaient opprimées dans leur pays, et qu'il y a eu 1000 personnes au repas de solidarité dans une ville de 6000 habitants, et qu'on a contraint le préfet à ne pas expulser cette famille. »
- 7:35Invité politiqueFait
« C'était une longue tradition, y compris héritée de la Révolution française, parce que c'était une zone montagnarde. Donc, pour les auditeurs, les montagnards, c'était la gauche, en gros, à l'époque. »
- 8:46Invité politiqueFait
« Le fait de se focaliser sur ça, on sait très bien ce que ça veut dire. Et c'est le fantasme du grand remplacement. »
- 11:05Invité politiqueFait
« À l'époque, Ferrand, il récitait la partition de l'aile gauche du PS. Il était un de ceux qui avait eu quand même une position un peu différente au moment du référendum en 2005. »
- 11:42Invité politiqueFait
« Et j'ai d'ailleurs eu l'occasion de le clarifier aux récentes élections municipales où des gens qui sont devenus macronistes ont revendiqué que j'étais sur leur liste en 2009 et j'ai fait un communiqué disant que je ne soutenais d'aucune manière quiconque a participé à l'aventure macroniste qui, pour moi, a fracturé le pays et aurait détruit la gauche si nous, au Parti de Gauche et à la France Insoumise, nous n'avions pas... »
- 12:41Invité politiqueFait
« C'est atteint, par définition, c'est un objectif qui est toujours en mouvement. Il n'est jamais atteint... »
- 20:14Invité politiqueFait
« Non, je ne l'approuve pas. »
- 21:43Invité politiqueFait
« Donc M. Macron, vous pensez que le président de la République est belliciste ? »
- 28:44Invité politiqueFait
« ça aboutit à une militarisation des compétitions commerciales la guerre en Iran ça fait partie de ça c'est la volonté de prendre le contrôle ou de déstructurer les routes commerciales de la mondialisation. »
- 29:54Invité politiqueFait
« défendre l'ONU »
- 30:01Invité politiqueFait
« le droit international, on n'en veut plus »
- 30:07Invité politiqueFait
« a dit Donald Trump »
- 31:36Invité politiqueFait
« nous sommes les seuls à faire des propositions audacieuses »
- 31:45Invité politiquePromesse
« on veut revenir à 1,70€ »
- 33:55Invité politiqueFait
« ça ne correspond pas à ma morale »
- 34:32Invité politiqueFait
« on a 9 milliardaires dont un bon paquet n'a pas autre chose comme idéal médiatique que de suivre l'extrême droite »
- 36:51Invité politiqueFait
« notre république a été fondée en partie sur la tentative d'un coup d'état militaire »
Temps de parole
- Arnaud Le Gall66 %
- Présentateur26 %
- ?6 %
≈ 24 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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L
'Atelier politique
avec
Frédéric Rivière.
Bonsoir et bienvenue dans l'Atelier politique. Dans cette émission, nous essayons de prendre le temps dont parfois le tumulte de l'actualité nous prive. Le temps de la réflexion,
de
l'analyse, de la mise en perspective avec l'ambition de comprendre ce qui nous arrive et peut-être aussi ce qui s'annonce. Et ce soir, nous sommes avec Arnaud Le Gall, député de la France Insoumise de la 9e circonscription du Val-d'Oise, membre de la Commission des Affaires étrangères et président du groupe d'amitié France-Liban. Bonsoir Arnaud Le Gall. Bonsoir. Cette émission, je vous le précise, est enregistrée dans les conditions du direct. Nous sommes ensemble pour à peu près trois quarts d'heure. Vous aurez donc du temps
pour
développer vos idées. Et comme cette émission s'appelle l'Atelier politique, je vais vous soumettre à la question rituelle de l'outil. Je ne sais pas si vous vous êtes renseigné, je vous vois surpris. Mais partant de l'idée que dans un atelier,
il
y a des outils. Eh bien, j'aimerais savoir si vous avez un outil de prédilection.
Un outil de prédilection, je suis assez mauvais bricoleur.
Je me suis servi
d'une tronçonneuse cet été et ça s'est terminé par 12 points de souture.
Je m'en suis beaucoup servi
auparavant dans ma vie, je ne
m
'étais jamais blessé. Je le précise parce que j'entends déjà les ricanements, le bobo des villes qui essayent de... Non, non, c'est plus complexe que ça. J'ai été très habitué à couper du bois, mais là, j'ai fait 12 points de souture. Non, je ne sais pas, un bel outil, une fourche. Parce qu'une fourche, dans l'histoire, ça a pu servir à plein de choses, y compris
à
des événements révolutionnaires.
Alors,
vous êtes né en 1980 à Carré-Plouguer, dans le Finistèvre. Vous avez grandi dans une famille engagée à gauche, sur une terre que vous décrivez comme une terre de lutte. Votre grand-père paternel était marin et votre père a été adjoint au sport d'un maire communiste pendant pas loin de 20 ans. 15 ans. 1977-1995, apparemment. Vos grands
-parents maternels... 18
ans, pardon.
Oui,
c
'est ça. Vos grands-parents maternels, agriculteurs dans le Périgord, étaient également engagés à gauche. Est-ce qu'au fond, vous étiez une famille, vous appartenez à une famille dans laquelle la politique se transmettait comme un héritage, ou elle se discutait comme un choix libre
? Je
se discutais comme un choix libre. On ne
m'a
jamais imposé mes idées, mais il se trouve que
je
m'y suis retrouvé. Voilà, il y avait des principes que j'appréciais. Il y avait aussi une petite fascination pour l'histoire. J'ai toujours adoré l'histoire depuis mon plus jeune âge. Et j'aimais beaucoup l'histoire de mon grand-père, qui avait été refusé dans la marine militaire, parce qu'il était communiste dans les années 30, mais qui a été le premier à aller, qui après s'est engagé en 40, il a été mobilisé et qui après était dans la résistance. Donc
à
son échelle à lui, ça représentait beaucoup de choses, puisqu'il y a des milliers et des milliers de cas similaires, de gens qui ont été traités comme des mauvais citoyens dans les années 30, parce qu'ils étaient communistes et qu
'on
a refusé dans l'armée, mais qu'on a retrouvé au premier rang de la résistance, contrairement à un certain nombre de leurs officiers. Tout le monde n'était pas le général de Gaulle. Ensuite, mon père et ma mère m'ont toujours transmis des principes d'égalité, de solidarité. Aucune fascination pour l'argent. Enfin voilà, comme des millions de personnes ont pu transmettre ces principes-là,
de
toujours aider son prochain. Dans le Périgord, c'était une famille beaucoup plus croyante, chrétienne, mais très progressiste. Et les deux s'entendaient bien.
Les
deux
familles
? Les deux grands-parents,
enfin les deux couples de
grands-parents s'entendaient très bien, et moi j'adorais ça, alors que l'un de mes grands-pères ne mettait jamais un pied dans une église, et l'autre allait tous les dimanches à la messe. Mais ils avaient des principes en commun, finalement, solidarité, d'égalité,
de
respect de son prochain.
Alors,
je l'ai dit, vous êtes né donc à Carré, et Carré, c'est la ville du Festival des Vieilles Charrues, le festival musical le plus important de France. Et je me suis un peu plongé dans l'histoire de ce festival. À ses débuts, deuxième édition, en 1993,
on
a rassemblé les participants, qui étaient quelques centaines seulement, autour d'un bison entier, rôti à la broche pendant 30 heures, au pied d'un phare en bois de 9 mètres de haut, construit en plein milieu des champs. On y disputait des championnats de tir à la corde dans la boue, ou des concours de crachets de noyaux d'abricots. Quel est votre rapport personnel à ce festival, et quel regard vous portez sur
les
fêtes populaires
? Vous
auriez pu ajouter la course de chameaux et de dromadaires de mémoire. C'était au départ une fête entre potes, plusieurs dizaines des groupes d'amis qui ont voulu faire une grande fête, un peu originale, et avec entrée à prix libre. Il y
a
eu tellement de succès que, d'année en année, c'est devenu le plus gros festival de musique de France. Ça reposait totalement sur un engagement associatif, bénévole,
et
je garde un immense souvenir, un très très beau souvenir de cette période. Moi, j'étais très jeune au tout début, j'avais 12 ans, mais après,
j
'ai connu,
pendant
mon adolescence et ma jeune vie d'adulte, la croissance de ce festival. Les fêtes populaires, ça dépend ce que vous entendez par là. Moi, je sais qu'en ce moment, il y
a
des grands débats autour de certains types de fêtes populaires. Tout ce que je peux vous dire, c'est que la fête populaire, qu'est les vieilles charrues, et les gens qui ont construit cette fête populaire, c'est des gens qu'on pouvait retrouver en même temps, dans les repas de solidarité contre l'expulsion de personnes, par exemple. Je vous donne juste un exemple. Moi, une des choses qui a forgé mon identité
politique
et mon antiracisme, ça a par exemple été quand, au milieu des années 90, ils ont voulu expulser une famille kurde, de Kurdes qui étaient opprimées dans leur pays, et qu'il y
a
eu 1000 personnes au repas de solidarité dans une ville de 6000 habitants, et qu'on a contraint le préfet à ne pas expulser cette famille. Et il y avait tout le monde. Il y avait le président du club de foot, le curé, les gens du parti communiste, les gens des autres partis de gauche, les enseignants, etc. Donc, c'est tout ça. Et c'était tout, sauf le renfermement, le repli sur certaines traditions fantasmées. C'était des traditions vivantes et en constante transformation. Alors,
en creux, il est un peu question du canon français qui, en effet, agite beaucoup le débat. Mais est-ce que vous êtes sûr que ceux qui participent aujourd'hui, ceux qui se rendent dans ces banquets, ne recherchent pas une expérience qui pourrait être comparable à celle des premières éditions du Festival d'Yécharus, c'est-à
-dire
se retrouver pour bien manger, pour s'amuser, pour boire et pour chanter ?
Je ne
sais
pas si c'est ça qui recherche, mais ce qui est certain, c'est que ce n
'est
pas ça qu'ils trouvent. En tout cas, moi, je peux vous dire que dans les fêtes populaires de la campagne bretonne et centre-bretonne, nombreuses fêtes auxquelles j'ai participé, il n
'y
avait jamais de propos racistes, on n'a jamais eu de polémique, à savoir si la manière de tendre ce bras était nazie ou pas. En général, quand il y a doute, c'est quand même déjà très suspect. Et encore une fois, moi, j'ai grandi dans une campagne viscéralement antiraciste, viscéralement attachée à l'accueil, à la solidarité. C'était une longue tradition, y compris héritée de la Révolution française, parce que c'était une zone montagnarde. Donc, pour les auditeurs, les montagnards, c'était la gauche, en gros, à l'époque. Et quand les montagnards étaient réprimés dans des régions plus à droite, autour, ils se réfugiaient souvent au centre-Bretagne. Donc, il y a une longue histoire.
Moi,
écoutez, le canon français, tout ce que je sais, c'est que ça se veut festif et joyeux, mais dans la manière de faire, dans la manière d'être et dans l'affichage volontaire de certains types de produits, on voit très bien qu'il y a une volonté de fermeture.
Et
puis, c'est vu comme les traditions françaises, etc. Mais qu'est-ce qui se passerait si partout en France, il y avait des associations musulmanes ou juives qui disaient « Nous, on va faire un repas et on va faire que les choses que nous, on a le droit de manger et que les autres n'ont pas le droit de manger ? » On sait très bien quelle est la volonté
des organisateurs. En gros, la
promotion du cochon dans les canons français, c'est une façon d'exclure les musulmans.
Je
traduis, c'est
un peu ce que vous dites, non
? Mais moi, je n
'ai
rien contre le cochon. J'en mange beaucoup. Ce n
'est
pas le sujet. Mais
le fait de se focaliser sur ça, c'est ce que vous évoquiez.
Le fait de se focaliser sur ça, on sait très bien ce que ça veut dire. Et c'est le fantasme du grand remplacement. Est-ce que
vous
pensez que la culture du bon vivant, de la tradition, est devenue une sorte de cheval de troie politique pour la droite radicale ou identitaire
?
Ou, d'une certaine manière, mais ces gens-là font insulte aux classes populaires en pensant que c'est comme ça
qu
'on fait vider tradition. Moi,
j
'ai une tradition de banquet populaire qui était les banquets républicains. Voilà, par exemple, pendant très longtemps dans notre pays, le principal banquet ne s'appelait pas canon français, c'était les banquets républicains. Et ils étaient utilisés à l'époque où il n
'y
avait pas le droit de faire des réunions politiques, des réunions syndicales. Eh bien, on prenait l'excuse de faire une fête et on parlait de politique. Pareil pour les enterrements. Donc, encore une fois, je crois que
l
'extrême droite fabrique une image fausse
de
ce qu'ils appellent le peuple.
Le
peuple français, il est très diversifié. Il a un rapport à eau culture populaire qui est très diversifié. Il a un rapport... Voilà, on trouve... Et il est un renouvellement permanent tout en s'inscrivant dans la continuité. C'est ce que nous,
on
appelle la nouvelle France. Le peuple français d'aujourd'hui n'a rien à voir ou presque avec celui des années 50. Les femmes travaillent beaucoup plus. Trois personnes sur quatre ont un grand-parent qui était immigré. Enfin, voilà, bref. Vous
connaissez...
On va terminer votre parcours avec encore une ou deux questions. En 2008, vous avez figuré sur la liste socialiste de Carré menée par Richard Ferrand qui est devenu ensuite ministre éphémère d'ailleurs dans le gouvernement...
Oui, parce qu'il a eu une affaire
judiciaire.
Le premier gouvernement d'Emmanuel Macron et puis qui est aujourd'hui président du Conseil constitutionnel. Vous considérez quoi ? À ce moment-là, vous étiez fidèle à vos idées. Vous avez évolué ou vous dites aujourd'hui que c'était une erreur de jeunesse
?
Non, je ne regrette rien. Par contre, d'abord, c'était une liste diverse gauche. J'étais 29e sur la liste sur 30.
J'étais
étudiant. Et non,
non,
il y avait aussi beaucoup de gens avec qui je pourrais continuer à militer qui étaient sur cette liste. À l'époque, Ferrand, il récitait la partition de l'aile gauche du PS. Il était un de ceux qui avait eu quand même une position un peu différente au moment du référendum en 2005. Donc, je n'avais pas de raison de refuser ces appels pressants à être 29e sur sa liste. Par contre, je me suis toujours distingué et ensuite, j'ai toujours dit que cet engagement ponctuel avec lui sur une liste ne valait en aucun cas soutien à la suite de sa trajectoire. et j'ai d'ailleurs eu l'occasion de le clarifier aux récentes élections municipales où des gens qui sont devenus macronistes
ont
revendiqué que j'étais sur leur liste en 2009 et j'ai fait un communiqué disant que je ne soutenais d'aucune manière quiconque a participé à l'aventure macroniste qui, pour moi, a fracturé le pays et aurait détruit la gauche si nous, au Parti de Gauche et à la France Insoumise, nous n'avions pas...
Un mot
de l'Institut Laboessi dont vous êtes le co-responsable, je crois, du département
de
relations internationales. Jean-Luc Mélenchon, lorsqu'il a créé cet Institut Laboessi, voulait en faire, je le cite, un phare idéologique de la gauche anticapitaliste face à l'Institut Montaigne qui, lui, est d'obédience libérale. Est-ce que cet objectif vous semble atteint
?
Je vous invite à lire les papiers de vos confrères, de
vos collègues. C'est
un phare idéologique
de
la gauche anticapitaliste. C
'est
beaucoup, c'est ambitieux.
C'est ambitieux, mais... C
'est
atteint pour vous
?
C'est atteint, par définition, c'est un objectif qui est toujours en mouvement. Il n'est jamais atteint...
Vous diriez aujourd'hui que l
'Institut Laboessi est un phare...
Oui, à l'échelle française, oui. Regardez le nombre d'intellectuels qui travaillent, qui contribuent aux nombreux livres qu'on a édités, le nombre d'initiatives, on est de loin le laboratoire d'idées de gauche et anticapitaliste le plus actif, le plus... Comment dire ? Qui héberge les débats les plus riches.
Et vous qui avez été enseignant, qui
avez été chercheur universitaire, aujourd'hui, comment vous conciliez l'exigence d'indépendance d'un chercheur, d'un universitaire avec la composante idéologique de l'Institut Laboessi ?
L'indépendance universitaire, ça n'a jamais empêché l'engagement. D'abord, moi, je ne
suis
plus universitaire.
mais j'entends bien. Mais ça n'a jamais empêché
l'engagement. Regardez quelqu'un comme Bourdieu, le sociologue le plus cité dans le monde, ça ne
l
'empêchait pas d'avoir des engagements assez clairs à côté. idem sur Jean-Pierre Vernant, un des plus grands historiens de l'Antiquité, ça ne l'a pas empêché. Marc Bloch, qu
'on
vient de panthéoniser, qui avait une haute idée de l'objectivité du travail académique et des méthodes, ça ne
l
'a pas empêché d'être un immense résistant et de s'engager clairement. Donc, il n
'y a
pas du tout incompatibilité. Après, ce qui est vrai, c'est qu'évidemment, il ne faut pas se tromper de se faire. C'est-à-dire que quand on fait un débat académique, on se plie aux règles du débat académique. Quand il y
a
un débat politique, on se plie aux règles du débat politique. Ce ne sont pas les mêmes. Mais je ne voudrais pas qu'on pense que la politique, c'est le mensonge, la science, c'est la vérité. C'est plus complexe. On s'appuie en permanence sur des faits vérifiés, des analyses, etc., pour développer nos analyses et propositions politiques. Et de ce point de vue, il n
'y
a pas du tout d'opposition.
Pour vous, aujourd'hui, quelle est la fonction exacte de l'Institut Labo aussi dans l'écosystème insoumis ? Est-ce que c'est d'abord un laboratoire d'idées ? Est-ce que c'est une école de formation ? Est-ce que c'est un instrument d'influence ? Ou est-ce que c'est tout cela à la fois ? C'est tout cela à la fois.
Certains ont
comparé la partie école de formation à celle du Parti communiste autrefois.
Oui,
mais on forme...
Vous
revendiquez, vous assumez ce
parallèle ?
Oui, en tout cas, il est très important de former les cadres, les militants, pour qu
'on
puisse avoir des gens formés sur tout le territoire pour porter le combat politique. Et l'Institut, il a aussi un rôle très important pour l'élaboration de notre programme. Et ça permet de jamais s'endormir sur les acquis, sur répéter les mêmes choses alors qu'on ne
se
rend même plus compte au bout de plusieurs années qu'elles sont complètement déconnectées. Moi, à titre personnel, c'est grâce à l'exigence intellectuelle de cet institut et de tous les gens qui sont dedans que j'ai profondément renouvelé mon point de vue sur la mondialisation. Voilà, on n'est plus dans le même monde, peut-être qu
'on
y reviendra
tout à l'heure, mais
en 2026, on assiste à la fin d'un cycle géopolitique de la mondialisation néolibérale et avec des conséquences incommensurables.
On va parler de tout ça dans quelques instants. On va d'abord découvrir votre choix musical dans cette émission. Vous avez choisi Dalida. De prime abord, ça peut surprendre, mais je crois comprendre pourquoi. Vous nous le direz juste après. Le titre, c'est Que sont devenues les fleurs
? Que
sont devenues les fleurs ? Que sont devenues
les fleurs ? Que sont devenues les fleurs ? Les
fleurs un jour ou jamais ?
Que
sont
devenues les fleurs ? Titre chanté par Dalida. Peut-être une petite explication. C'est une chanson pacifique, mais je suppose que c
'est pour ça que vous l'avez choisie.
Je l'ai choisie parce qu'en effet, c'est une chanson
que
je trouve très jolie mais très simple contre la guerre. Par ailleurs, une chanson qui est un peu dépassée parce qu'elle parle des hommes qui meurent à la guerre, mais il faudrait rappeler aussi qu'à l'heure actuelle,
c
'est le principe de la transformation de la guerre au XXe siècle,
c
'est que ce sont plutôt les civils, les femmes, les enfants, les vieillards
qui
meurent en ce moment à Gaza ou au Liban ou autre. Mais bon,
il n'en reste pas moi que c'est une magnifique chanson. En Ukraine, en Russie, ce sont des soldats.
Et par ailleurs, c'était la chanson préférée de ma sœur qui est partie trop tôt. Donc voilà, c'est une chanson importante pour moi.
Merci d'écouter l'Atelier politique. On va faire un point sur l'actualité quelques minutes et puis on se retrouve juste après pour la deuxième partie de notre émission.
L
'Atelier politique
avec
Frédéric Rivière.
L'Atelier politique avec Arnaud Le Gall, député de la France insoumise de la 9e circonscription du Val d'Oise, membre
de
la commission des affaires étrangères, président du groupe d'amitié France-Liban. On va en venir à Arnaud Le Gall aux préoccupations des Français qui sont liées au contexte international en Russie et au Moyen-Orient. Emmanuel Macron a annoncé jeudi soir l'envoi de militaires français pour protéger un site énergétique important en Arabie Saoudite. Est-ce que vous approuvez cette décision qui, selon le président de la République, va contribuer à augmenter la quantité de pétrole disponible sur le marché ?
Non, je ne l'approuve pas. D'abord, il
n
'y
a
aucune garantie que ça augmentera quoi que ce soit parce que la situation est telle que de toute façon il y
a
une menace permanente des outils qui rendent très précaire l'acheminement de pétrole via le terminal ouvert par les Saoudiens du côté de la mer Rouge puisque c'est ça dont il s
'agit. Qui a déjà été frappé
par les outils.
Oui, oui,
oui. Et surtout, Emmanuel Macron comme à son habitude nous avait déjà fait le coup une fois en février 2024 à propos de
l
'envoi de troupes au sol en Russie. On nous dit ah les soldats ce sont des soldats qui ne combattront pas etc. Mais qu'est-ce qui se passe s'il y a un missile iranien qui tombe et qui tue nos soldats ? Qu'est
-ce
qui se passe
? On
fait quoi
? On
se retrouve mécaniquement dans un engrenage. Et j'ajoute qu'on n'a pas d'accord d'assistance mutuelle automatique avec l'Arabie Saoudite donc cette décision devait être mise en débat au Parlement pour être suivie d'un vote. Point. Article 35. Il y
en
a marre que le président tout seul puisse décider de nous engager de proche en proche dans des guerres.
C
'est avec ce genre de piétinement des institutions qu'on a pu rester pendant 10 ans au Sahel avec 5000 hommes pour faire la guerre dans des conditions très discutables. Je ne parle pas des hommes et des soldats je parle du cadre politique et de la stratégie inadaptée qui avait été choisie par les dirigeants politiques et donc pendant 10 ans et avec un seul vote au Parlement en 10 ans.
Il
y
a
un moment donné la guerre ce n
'est
pas juste des désidératas du chef. Donc M. Macron Vous pensez
que le président de la République
est belliciste
?
Non je ne
dis
pas ça je dis qu'il veut donner l'impression qu'il a une quelconque prise sur la situation à 8 mois de la fin d'un mandat qui pour lui aura été le mandat de trop au sens où il n'a plus de prise sur rien et donc il utilise le levier de chef des armées pour donner l'impression qu'il est encore que c'est encore lui qui dirige mais la vérité c'est que
c
'est très imprudent c'est très imprudent il fait un pari sur l'avenir il fait le pari que je sais très bien ce à quoi il pense il fait le pari que comme les Américains les Etats-Unis ont fait n'importe quoi avec la guerre contre l'Iran et qu'ils ont beaucoup inquiété voire fâché leurs alliés du Golfe Arabie Saoudite Qatar Émirat parce que eux se sont retrouvés victimes et cibles dans une guerre qu'ils n'avaient pas choisie Macron fait le pari que quand tout ça sera fini si tant est que ça se termine à horizon visible on aura un gain de confiance avec ses alliés du Golfe mais c'est pas comme ça qu'il faut faire parce que là il prend d'immenses risques et il nous expose alors que la France ne doit
rien
avoir à faire de près ou de loin dans cette guerre contre l'Iran qui est une guerre illégale et qui nous mène et je crois que maintenant tout le monde a compris que c'est une guerre qui mène tout le monde dans l'impasse
Emmanuel Macron a également décrit une situation internationale inquiétante toujours jeudi soir qui monte en tension a-t-il dit et il a jugé crédible le scénario d'une nouvelle mobilisation de 300 000 soldats russes Vladimir Poutine lui l'accuse d'instrumentaliser la menace extérieure pour masquer l'effondrement intérieur de la France est-ce que nous sommes pour vous au bord d'un affrontement direct en Europe ou est-ce que nous sommes plutôt encore dans quelque chose qui relèverait d'une guerre de communication ou d'une guerre psychologique
je
choisis la deuxième option
pour
plusieurs raisons et notamment parce que la Russie on voit bien au bout de quatre ans de guerre en Ukraine n'avance pas d'un pouce son armée est extrêmement affaiblie et donc je ne les vois pas attaquer même avec des moyens conventionnels sur le territoire de l'Union Européenne après il y a ce qu'on appelle les attaques hybrides etc Macron a décidé que c'était une guerre en tant que telle
ce
qui s'est passé en Allemagne
par exemple moi je ne pense pas
oui oui évidemment ce n
'est
pas acceptable mais voilà après je retiens aussi que Macron a fait d'autres propositions qui ont moins soulevé la tension et qui étaient intéressantes il a par exemple parlé d'un double moratoire sur les frappes de sites énergétiques côté ukrainien côté russe il a raison il faut arrêter parce que l'un des principaux dangers qui nous guettent là ce n
'est
pas les chars russes à Paris c'est l'explosion d'une centrale nucléaire avec des conséquences sur toute l'Europe de l'Ouest ne serait-ce qu'en raison des courants aussi de la mer Noire puisque les déchets radioactifs iraient dans la mer Noire et en Méditerranée
mais la Russie a
refusé ce moratoire en estimant
que ça serait
mis à profit
par les
occidentaux
pour réarmer l'Ukraine
les deux camps ont refusé la vérité c'est que on
est dans une situation je ne crois pas qu'Ukraine est refusée on
est dans une situation de blocage où en fait
nous
depuis le début on dit il n'y aura pas de solution militaire à cette guerre on a dès le début dénoncé l'invasion de l'Ukraine par l'heure ici mais on a aussi dit il n'y aura pas de solution militaire de part et d'autre et on le voit c'est confirmé le front est gelé des milliers des milliers d'hommes meurent chaque mois pour rien on est on voit des pouvoirs politiques qui sont obligés d'utiliser de la coercition des gens remets pour emmener des soldats au front et qu
'est
-ce qui se passe pendant des années l'Union Européenne a adopté une posture
la
posture de on va gagner cette guerre contre la Russie via l'Ukraine en aidant massivement l'Ukraine etc à l'époque il y
avait
les Etats-Unis avec et on disait nous attention un il n
'y a
pas de solution militaire deux les Etats-Unis vont lâcher l'affaire
et
c'est ce qui se passe et on le savait et il
n
'y avait pas besoin pour plein de raisons sur lesquelles qui vont bien au-delà de la seule personne de Donald Trump et de son amitié réelle ou supposée avec Vladimir Poutine donc là qu'est-ce qu'il se passe Trump et Poutine maintenant ont imposé un cadre de discussion qui ne
va
pas très loin mais qui en attendant qui
pour
l'instant donne peu de
résultats
qui donne peut-être peu de résultats mais qui
est quand même le seul cadre existant et dans lequel les Européens n
'ont
aucune garantie
que
leurs garanties de sécurité collectives seront respectées dans l'éventuel accord qui sortirait des négociations entre Trump Poutine et les Ukrainiens les Ukrainiens étant évidemment affaiblis dans ce
dispositif Vous
pensez que la France s'est fourvoyée qu'elle aurait dû aller moins loin moins s'engager dans le soutien à l'Ukraine
? Je
pense que la France aurait beaucoup plus dû utiliser sa position à l'ONU son rôle historique d'intermédiation qui était le puissance
d
'équilibre
ça a encore du sens aujourd'hui ? La France a encore un poids suffisant
? Ça a plus que jamais du sens on pourrait y revenir mais donc la France n'a pas assez joué ce rôle et puis on a eu une politique illisible un coup c'était il faut parler avec la Russie etc. le lendemain c'était on envoie des soldats en Ukraine rappelez
-vous ? Là vous
faites un raccourci qui correspond tout à fait à la réalité
Emmanuel Macron a
maintenu le dialogue pendant les premiers mois avec Vladimir Poutine et il le fallait et moi je n'ai pas d'avis à donner et puis ensuite devant l'apreté de l'interlocuteur les ponts ont été coupés
mais
il a fait vol de face complète et après c'était on va envoyer des soldats en Ukraine rappelez-vous du débat de février 2024 où même l
'hypothèse avait
été évoquée
ou même son conseiller pour la Russie chevènement et des gens comme Villepin avait dit c'est irresponsable je les cite eux parce que nous on a dit la même chose mais quand c'est nous on trouve toujours quelque chose à redire je voudrais juste si vous êtes d'accord dire que là on prend les problèmes petit bout par petit bout tel ou tel conflit ils sont vastes
ils sont vastes
mais je voudrais c'est pour ça que c'est
pour ça que nous dans notre
programme et la force de notre approche je crois de notre programme et j'invite les auditeurs à lire la note de la Boétie au seuil d'un nouveau monde que nous avons produite je crois qu'il faut prendre de la hauteur et avoir une approche globale du moment décisif dans lequel nous sommes nous vivons la fin de la mondialisation néolibérale qui a eu son apogée dans les années 90-2000 et qui était faite de règles décidées grosso modo par les Etats-Unis cette mondialisation c'était le libre-échange c'était officiellement on reconnaissait le droit international même si en pratique il était plus ou moins respecté on a vu comment les Etats-Unis l'ont bafoué en Irak en 2003 et plus tard et c'était une forme de paix par le commerce bon tout cela était largement on pourrait revenir sur le fait que c'était déjà très impérialiste pour beaucoup de gens et que c'était déjà la guerre pour beaucoup de monde et là on assiste à quoi depuis les années 2010 on a une transformation de l'ordre des puissances il
y a
une remise en cause notamment par les BRICS de cet ordre incarné par les
Etats-Unis alors
ça va aboutir à quoi ? cette
redistribution
cette redistribution du pouvoir en fait c'est ça que vous êtes en train de
dire à l'heure
actuelle ça aboutit à quoi ?
ça aboutit à une militarisation des compétitions commerciales la guerre en Iran ça fait partie de ça c'est la volonté de prendre le contrôle ou de déstructurer les routes commerciales de la mondialisation c'est une volonté la guerre pour le contrôle des ressources essentielles notamment dans l'économie numérique qui est au cœur du capitalisme global actuel c'est le retour de logique impérialiste j'ai envie de dire à l'ancienne alors on dit la Russie évidemment mais aussi les Etats-Unis regardez la carte qu'ils publient regardez leur doctrine de sécurité nationale publiée en décembre dernier qui dit très clairement l'hémisphère occidental c'est en gros toute l'Amérique c'est à nous il y a quelques jours Donald Trump a quand même publié sur son réseau social une carte sur lesquelles y compris des îles
françaises
avait le drapeau américain états-unien j'ai pas entendu beaucoup de protestations officielles du côté de la France c'est inacceptable
inacceptable imaginons
Macron fait une mise au point sur
le sujet
précis de Saint-Pierre-Amiquelon en
disant c'est français et ça le reste ce qu'il faut c'est
renouer avec le droit international notre boussole à nous c'est l'intérêt général humain qui est inséparable de l'intérêt du peuple français donc renouer avec le droit international défendre l'ONU parce que sinon c'est la guerre de tous contre tous et la manière dont les américains disent très clairement le droit international on n'en veut plus l'ONU on n'en veut plus la seule boussole que j'ai c'est ma morale a dit Donald Trump ça nous mène à une guerre généralisée et nous on doit pousser au maximum pour la paix
on
a déjà développé des pistes notamment par le non-alignement si vous voulez on pourrait y revenir voilà le coeur de nos propositions
est-ce que votre mouvement ne consacre pas trop de temps trop d'énergie précisément à tout ce dont vous venez de parler fracture géopolitique mondiale au dépens de problèmes plus immédiats que peuvent vivre les français au quotidien leurs difficultés matérielles difficultés de logement etc et
qui
les conduit pour une part grandissante depuis plusieurs années vers le vote rassemblement national
d
'abord je vais inscrire en faux dans ce que vous venez de dire
vous
ne pouvez pas vous inscrire en faux contre une question
vous
pouvez dire non mais pas vous inscrire en faux contre la
question
non mais ce que je vais te dire c'est que d'abord un
il
y a un lien je suis désolé je prendrai un seul exemple non
mais bien entendu sur le prix des carburants ah
bah oui donc c'est pas un détail je suis désolé on vit sur une planète
ensuite on pourrait parler de la crise
climatique qui nous concerne
tous et par ailleurs non je ne suis pas d'accord si vous regardez toutes les interventions médiatiques de Manuel Bompard de Mathilde Panot de Clémence Guettet de nos principaux porte-parole et de Jean-Luc Mélenchon on articule en permanence des enjeux qui peuvent paraître à tort comme très lointains il
y a quand même eu par exemple une période où Gaza monopolisait presque l'exclusivité de la parole
de LFI et en même temps les questions de prix de l'essence quelles sont nos propositions nous sommes les seuls à faire des propositions audacieuses c'est à dire plafonnement blocage des prix grâce au plafonnement des marges des raffineurs on veut revenir à 1,70€ qui dit mieux qui propose autre chose qui a à part des mesurettes comme propose le gouvernement alors que les gens doivent choisir désormais entre faire leur plein ou faire leur course de nourriture parfois donc non on est très présent sur les sujets immédiatement nationaux et concernant le quotidien des français mais ne faisons pas croire aux gens
que
ce qui se passe dans le monde ne nous concerne pas c'est totalement faux et je pense que tout le monde l'a compris l'affaire de la guerre en Iran en est un exemple majeur
mais là c'est patent et c'est manifeste
évidemment
et je terminerai en disant n'oublions pas non plus parce qu'on a tendance à l'oublier que la France est l'un des rares pays qui est présent sur tous les continents donc par définition savez-vous que vous le savez vous mais que notre plus grande frontière terrestre c'est avec le Brésil en Guyane donc par définition les affaires du monde sont nos affaires à tous un petit mot
sur les peut-être pourrait-on dire les valeurs de la gauche le canard enchaîné a révélé que Mathieu Pigasse millionnaire ancien banquier spécialisé dans la restructuration des dettes qui d'ailleurs vient de décrocher un contrat mirobolant avec le Venezuela pour la restructuration de sa dette a passé cet été 19 nuits dans une villa de l'île Moustique dans les Caraïbes un séjour estimé à 434 000 euros ça veut dire 22 000 euros la nuit 9 chambres 3 piscines 1 tennis 18 personnes à son service alors il a été interrogé il a répondu qu'à sa connaissance il n'y avait pas de police des vacances et qu'être de gauche ça n'était pas fait un peu de pauvreté mais il se trouve qu'il avait aussi dit un peu plus tôt fin juillet on ne juge pas les gens par leur fortune ou leur patrimoine on les juge par l'usage qu'ils en font par la vie qu'ils mènent Mathieu Pigasse était aux universités d'été de la France insoumise il est aujourd'hui proche de votre mouvement
puisqu
'il parle de l'usage qu'on fait de l'argent comment vous vous qualifiez l'usage de 434 000 euros
c
'est-à-dire des décennies de travail pour un smicard
pour
19 jours de vacances dans une île de très grand
luxe à
titre personnel
ça
ne correspond pas à ma morale
mais
chacun sa morale dira-t-on ça peut paraître indécent en effet ça
peut paraître ou c'est indécent
en revanche
je
voudrais signaler que quand Mathieu Pigasse parle de l'usage qu
'on
fait de son argent il ne parle pas que de ça
il
parle aussi de par exemple quand on investit dans des médias est-ce qu'on assure un certain pluralisme etc et sans Mathieu Pigasse
il
n
'y aurait
quasiment plus enfin Radio Nova est l'un des derniers endroits où des gens qui sont censurés partout ailleurs peuvent s'exprimer mais vous trouvez que
c'est une radio pluraliste
Radio Nova
? non mais ça garantit un pluralisme dans le paysage médiatique parce que sinon on a 9 milliardaires dont un bon paquet n'a pas autre chose comme idéal médiatique que de suivre l'extrême droite avec différents degrés différentes nuances d'extrême droite excusez-moi mais
si on avait que ces news donc vous dites que Pigasse
fait
à
gauche ce que
Bolloré fait à droite ah oui ça pour le coup oui et il l'assume mais pour le reste écoutez moi j'ai des vacances plus simples il y a des mots que je n'utilise pas dans la manière de parler de l'argent dans la manière de mais c'est pas écoutez
à
ce moment là ce qui serait intéressant puisqu'on isole toujours des polémiques sur telle ou telle personne et pourquoi lui à cet instant et pourquoi pas un autre et bien à ce moment là
je
vous propose de faire un tableau général de toutes les vacances des milliardaires français et puis on pourra chacun pourra juger duquel est le plus indécent
un petit mot sur cette vidéo dont on a beaucoup parlé qui a montré récemment un aumônier militaire lors d'une messe à Carcassonne qui tenait des propos hostiles à la gauche en appelant les gauchistes à se calmer dans un serment qui a été filmé devant des militaires Jean-Luc Mélenchon a réagi très vivement en disant que la place de cet aumônier était en prison et qu'il fallait neutraliser dans leur rôle militaire ceux qui y ont assisté est-ce que vous pensez que si un ministre du culte avait dans les mêmes conditions dans la même enceinte
tenu
des propos hostiles à l'extrême droite devant des militaires Jean-Luc Mélenchon aurait réagi exactement de la même manière
ce
qui est certain c'est pas ça le sujet
c'est ma question si vous
permettez peut
-être
mais moi je me permets de dire que
l
'armée
a
une obligation de stricte neutralité politique donc il aurait
eu la même
réaction dans ce cas là si
on va au-delà
je sais pas
ce que je vous dis mais il se trouve que c'est pas ça qui a eu lieu d'accord il se trouve qu'en ce moment c'est pas trop ce genre de choses qu'on découvre dans l'armée
que
vos collègues de Mediapart en général quand il y a des scandales sur des tatouages etc c'est rarement des tatouages de Che Guevara qu'on voit d'accord c'est plutôt des tatouages nazis etc et ça concerne une ultra minorité des militaires mais oui il faut une stricte neutralité politique de l'armée et c'est quelque chose qui est une évidence pour toutes les personnes qui connaissent l'histoire de notre pays je veux dire on sait très bien que notre république a été fondée en partie sur la tentative d'un coup d'état militaire
on
discutera après enfin on peut discuter de la manière dont tout cela a été fait de comment les gaullistes ont utilisé ont sauté sur l'occasion etc mais en attendant c'est de cela dont il s'agit non l'armée n'a pas à s'immiscer dans les affaires politiques n'a pas à donner son avis elle sert la nation et elle obéit aux représentants élus point
on a terminé si Jean-Luc Mélenchon était au pouvoir cet aumônier serait en prison
il répondrait devant la justice alors moi j'ai pas en tête les règles les peines encourues pour ce genre de choses
il a parlé des
gauchistes il n
'y
a pas eu de
oui oui mais derrière le gauchiste c
'est pas un groupe
protégé par la loi
mais on n'a pas
dans le cadre de ses fonctions on parle de la
qualification éventuellement
non mais parce qu'à ce moment là
on commence c'est quoi je veux dire c'est avec ce genre de méthode c'est avec ce genre de tolérance d'une politisation de l'armée qu'on a aussi à d'autres moments de notre histoire qu'il y a eu des comportements inacceptables de collaboration avec des ennemis etc donc non l'armée doit être neutre et elle doit obéir aux responsables politiques élus et ils n'ont pas à donner leur avis politique en exercice merci
merci d'être passé à l'atelier politique c'est la fin de cette émission réalisée par Robin Cusneau cette émission est à retrouver sur le site internet de RFI ou sur l'application Pure Radio bonne soirée à la semaine prochaine
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Arnaud Le Gall