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Le discours de Mme Nathalie Arthaud 2018 05 21

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Chapitres

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Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 6:01Invité politiqueChiffre
    « Il y a eu rien que cette journée-là, 60 morts et 2400 blessés à Gaza. »
  • 20:59Invité politiqueChiffre
    « Le nombre d'êtres humains vivants avec moins de 2 dollars par jour est passé sous la barre du milliard. »
  • 22:34Invité politiqueChiffre
    « Il y aurait au minimum 65 millions de personnes forcées à l'exil. »
  • 17:30Invité politiqueFait
    « Commerce triangulaire qui déracina plus de 10 millions de Noirs africains et les transporta aux Amériques. »
  • 28:00Invité politiqueFait
    « Il y a 200 ans, un des premiers socialistes, Charles Fourier, disait qu'on mesure le degré d'avancement d'une société au degré d'émancipation des femmes. »

Temps de parole

  • Nathalie Arthaud100 %

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0:14
Nathalie Arthaud

tradition, le lundi, je salue tout particulièrement nos camarades venus de Guadeloupe et de Martinique. De la réunion n'est pas seulement celle de lutte ouvrière, mais aussi celle de l'union communiste internationaliste, notre tendance internationale, car notre classe n'est pas seulement le prolétariat de France internationaliste. Ce n'est pas qu'une position morale et une inspiration à la fraternité des peuples. Ce n'est pas seulement s'opposer à toutes les formes de chauvinisme, de xénophobie et de racisme.

L'internationalisme du mouvement ouvrier ne peut changer l'ordre social, renverser le pouvoir de la bourgeoisie, l'exproprier définitivement et réorganiser l'économie sans propriété privée qu'à l'échelle du monde. Car une économie supérieure au capitalisme ne pourra se déployer qu'avec la mise en commun des ressources et des matières premières dispersées sur toute la planète, qu'avec les échanges et la coopération des travailleurs du monde entier. Le capitalisme, c'est la guerre entre les capitalistes, les unes aux autres, mais aussi les exploiter les uns aux autres.

Les politiciens qui prétendent défendre les intérêts des travailleurs français contre les travailleurs étrangers ou immigrés, tout en se défendant de nationalisme, ne parlent que du point de vue des français ou de la France, le sont pareillement. Les patrons de Peugeot, les patrons de Carrefour et les caissières peuvent être la même carte d'identité française, mais ils ont des intérêts. Quand les politiciens évoquent les intérêts de la France, vous pouvez être Peugeot qu'ils défendent. Quand on appartient au monde du travail, on a en commun d'être dépendant du patronat, d'être confronté au parasitisme de son travail par le capital.

Au sein d'un même pays comme la France, de l'ingénieur à la femme de ménage intérimaire, en passant par celui qui est plongé dans le chômage, la classe ouvrière regroupe des femmes et des hommes qui vivent des réalités bien différentes. C'est vrai, à plus forte raison, à l'échelle internationale. Ce n'est pas pour rien que la France fait figure d'eldorado pour les mineurs marocains de Gérada, pour les journaliers maliens ou pour les ouvrières du Bangladesh. Combien même les candidats à l'exil savent qu'en France, ils ont toutes les chances de finir ouvrier dans le bâtiment ou balayeur.

Mais au-delà des différences de la condition ouvrière, et malgré le poison nationaliste abondamment distillé, tous appartiennent à la classe ouvrière, une classe internationale, aux mêmes intérêts et au même combat. Alors, plus que jamais, nous faisons nôtre le mot d'ordre de Marx et d'Engels. La question internationale fait que les marxistes et les communistes révolutionnaires ont toujours raisonné en fonction des intérêts du prolétariat international. Et il est toujours vital aujourd'hui de comprendre non seulement la situation dans le pays où nous vivons, mais aussi celle de nos frères de classe partout dans le monde.

Et pour commencer, je tiens à dénoncer les massacres de l'armée israélienne à Gaza. D'un côté, le gouvernement Netanyahou et les représentants de Trump s'abrandent le champagne, tout sourire pour le transfert de l'ambassade américaine à Jérusalem. De l'autre, le cri désespéré d'une jeunesse condamnée à vivre dans une prison à ciel ouvert et qui se fait abattre froidement par les snipers d'une armée suréquipée. Il y a eu rien que cette journée-là, 60 morts et 2400 blessés à Gaza. Et qu'a déclaré le gouvernement français ? Les violences. Les mots sont choisis pour ne pas parler d'État d'Israël.

Mais c'est une réalité déjà à Gaza, détruite au trois quarts par la guerre de 2014 et asphyxiée par un blocus sans fin. Cette répression s'inscrit dans la continuité de la politique des gouvernements israéliens, la révolte légitime des Palestiniens, et qui consiste encore aujourd'hui à chasser des Palestiniens de leurs terres et à coloniser les territoires des États palestiniens en Cisjordanie. Plus le temps passe, plus la possibilité pour les Palestiniens de disposer de leur propre État s'éloignent. Le déménagement symbolique de l'ambassade américaine à Jérusalem était surtout une provocation de plus.

Une façon de dire aux Palestiniens qu'ils n'ont rien à attendre, ni des Américains d'Israël, ni de personne d'autre. Depuis la création d'Israël, les dirigeants américains ont respectibles à l'État israélien, qui est pour eux un allié privilégié, gendarme de l'ordre impérialiste dans la région. Mais en assignant à leur propre peuple le compte de l'impérialisme américain, les dirigeants israéliens le condamnent à vivre en permanence sur le pied de guerre et à se transformer en gardien de prison ou en bourreau. Oui, les grandes puissances sont incapables d'arrêter un engrenage qu'elles-mêmes ont créé et qu'elles alimentent en permanence.

C'est pour donner de nouveaux gages à ces alliés, que sont l'Arabie Saoudite et Israël, que Trump a rompu l'accord sur le nucléaire iranien. Car au-delà de ses propos grossiers, de ses rhodomontades bouffonnes et de sa démagogie ordurière, l'intérêt de l'impérialisme américain. Et notre petit ministre de l'économie, Bruno Le Maire, qui ne sait que faire pour que les grands groupes français continuent leurs affaires en Iran, malgré le rétablissement de l'embargo américain, il y a de la chance que le ridicule ne tue pas. Avec les États-Unis, provoqueront-ils, à la région, sa domination à tout prix ?

L'impérialisme, qu'il soit américain, français ou autre, il peuple de son talon de fer, car il ne peut pas vivre contre les autres. L'impérialiste, la nation du capitalisme a déjà coûté deux guerres mondiales à l'humanité. Et depuis la Seconde Guerre mondiale, les armes ne se sont jamais tues. Alors que les dirigeants américains ou européens se vantaient de promouvoir la paix et la démocratie, de l'Indochine à l'Algérie et la planète en zone d'influence mettaient en place les régimes qui leur garantissaient le pillage d'une région. Ils multipliaient les interventions militaires à des milliers de kilomètres de chez eux pour préserver leurs intérêts. Et cela continue.

Comme en témoignent les derniers bombardements des Etats-Unis, du Royaume-Uni, de la France sur la Syrie, les grandes puissances s'autoproclament toujours les gendarmes du monde et c'est toujours par les armes qu'elles s'imposent, qu'elles fassent jouer leur propre armée ou qu'elles interviennent par armée ou milice interposée.

Depuis l'effondrement de l'Union soviétique, l'ennemi nous nomme de Saddam Hussein, de Ben Laden, de Kadhafi, puis de Daesh, qui brandit pour bannière de ralliement le terrorisme islamiste, aussi moyenâgeuse et réactionnaire, et réussit à attirer de jeunes combattants des quatre coins de la planète, juges de l'épuisement moral et politique dans lequel est plongée la société capitaliste. Mais qu'ont apporté les dernières interventions des pays impérialistes ? Depuis 2003, les principales villes d'Irak, de Libye et de Syrie ont été littéralement détruites.

Alors que cette guerre fut prétendument engagée contre le terrorisme, ce n'est plus que désolation, misère et souffrance, les terreaux sur lesquels prospèrent justement les milices terroristes. Pour revenir en Afghanistan contre les talibans, les Etats-Unis avaient mis en avant les droits des femmes. A Kandahar ou Kaboul, les femmes, y sont-elles plus libres ? En Irak et en Libye, il s'agissait de défendre les droits de l'homme. Les bandes armées y font leurs lois. Les camps de torture, les cas de travail forcé et même l'esclavage progresse. Et les puissances européennes ferment les yeux et elles payent.

Tant que les milices libyennes empêchent les migrants de traverser la Méditerranée comme le faisait Kadhafi. Le capitalisme est venu au monde pour les ports, disait Marx. Il se survit de la même façon. Les peuples opprimés peuvent changer de nom. Il arrive même que de victimes, certains peuples se transforment en bourreaux. Mais l'oppression reste. Car le capitalisme ne se maintient qu'en dressant les peuples les uns contre les autres. Derrière ce que l'on nous présente comme des conflits ethniques ou religieux, il n'y a pas à gratter beaucoup de l'impérialisme. Et en Afrique, en Côte d'Ivoire, au Rwanda ou au Mali, c'est la main de l'impérialisme français qui s'agite.

La classe ouvrière n'est pas en situation aujourd'hui d'empêcher les manœuvres et autres guerres de brigandage que leurs dirigeants prétendent mener en son nom. Mais son intérêt politique est de le dénoncer. Ne deviennent pas nos amis lorsqu'ils envoient des troupes pour assurer le pillage ex-colonie, qui représente une des parties les plus riches de la planète, se prétend parmi les plus civilisés. Mais elle n'a pas de leçon à donner. A fait du nationalisme grand russe, de la corruption et de l'assassinat d'opposants et de journalistes, un mode de fonctionnement. Mais que dire des régimes autoritaires et réactionnaires hongrois ou polonais.

Ils font non seulement de la démagogie anti-immigrés pour jouer sur les peurs, mais plus lourds de dangers, ils attisent le nationalisme et les revendications territoriales dans cette région de l'Europe de l'Est où les frontières nationales ont été maintes fois déplacées et où les peuples se sont mélangés, laissant coexister de nombreuses minorités nationales. Et on a vu en Ukraine avec quelle rapidité ces sentiments chauvins pouvaient être instrumentalisés pour le compte de telle ou telle grande puissance et conduire les peuples à servir à nouveau de chair à canon.

Du genre de Malte qui vend sa nationalité au plus offrant et dont le premier ministre est soupçonné d'avoir commandité l'assassinat d'une journaliste trop curieuse. L'émagogie nationaliste montée de l'extrême droite derrière sa façade proprette et actionnaire et de bombes à retardement. On est seuls à se réclamer ouvertement du nazisme. Combien de militants du même tonneau compte l'AFD au pouvoir en Italie à la faveur d'une alliance avec le mouvement 5 étoiles. Et c'est sans oublier ceux qui en France sont connus sous le nom d'identitaire du Front National. Et le pire est à venir. Depuis des décennies dans une crise et dans le chômage dont elle ne peut plus sortir.

Sans des masses populaires qui ne voient pas le bout de cette évolution, projet croissant des partis politiques dont l'alternance périodique démocratique. Là, c'est le repli sur soi qui s'est exprimé au nationalisme comme c'est le cas en Écosse ou au sud des Pyrénées avec la montée du nationalisme catalan. La vision nationaliste de cette situation à l'échelle nationale et à chercher des solutions pour son propre pays est complètement dépassée. Le capitalisme qui s'est déployé à l'échelle de la planète et n'a cessé de perfectionner les moyens de communication et de transport, les exploités dans un sort commun.

Masses paysannes, chassées des campagnes vers les villes pour se concentrer dans les bails industriels dès le XVIIIe siècle. Commerce triangulaire qui déracina plus de 10 millions de Noirs africains et les transporta aux Amériques. Colonisation du moindre coin et recoin de la planète par les premières puissances industrielles. En 1848, dans le manifeste communiste, Marx et Engels écrivaient « Point de débouchés toujours nouveaux, la bourgeoisie envahit le globe entier. Il lui faut s'implanter partout des relations ». Il décrivait déjà les mécanismes d'une irrésistible mondialisation. Depuis, s'accélérer. Nous utilisons au quotidien de réfléchir à l'origine des matières premières.

La plupart ont nécessité l'intervention de milliers de travailleurs de plusieurs différents continents. En cherchant de nouveaux marchés et de nouvelles sources de profit, le capitalisme a poussé la division internationale du travail à son maximum et a entrelacé étroitement les économies des divs ne sommes pas de ceux qui le déploront. Contester la division internationale du travail est une histoire de l'humanité parce qu'elle fait partie intégrante de la condition humaine. Elle s'impose aux hommes comme s'impose la loi de la gravitation.

Qui peut imaginer dépasser le capitalisme en se coupant des échanges internationaux, des ressources naturelles, des sources d'énergie indispensables à la vie économique. C'est sur la base de cette interdépendance, des moyens de production et des gains de productivité qu'elle engendre, que l'on peut envisager une société capable de subvenir aux besoins vitaux de toute l'humanité. Nous habitons sur la même terre, nous partageons les mêmes mers et la même atmosphère. Nous sommes tous dépendants les uns des autres.

Alors, mettre en commun les immenses moyens de production que l'humanité a développés, gérer rationnellement à l'échelle mondiale les ressources énergétiques ou les matières premières comme des biens communs à l'échelle de la planète, les chercheurs. L'obstacle permettra à tous et plus seulement aux plus riches de voyager. Voilà qui ferait faire un bon capitalisme barbare et demeure la recherche du profit pour une petite minorité. Le résultat est une économie et des choix de plus en plus irrationnels du point de vue de l'humanité tout entière. Les dirigeants de la planète se targuent d'avoir fait reculer l'extrême pauvreté.

Le nombre d'êtres humains vivants avec moins de 2 dollars par jour est passé sous la barre du milliard. Que ce soit le seul progrès dont ils puissent se prévaloir est significatif de la barbarie sociale dans laquelle nous nous enfonçons. Oh oui ! Certaines mégalopoles des pays pauvres se développent. Mais quand, à un bout de la ville, les buildings et les quartiers modernes sortent de terres, qu'elles vivent des centaines, des milliers d'enfants, de femmes, d'hommes, quand il y a sur la planète un milliardaire supplémentaire toutes les 2 minutes, essentiellement en Afrique subsaharienne.

La société capitaliste est capable de fournir un téléphone portable à quasiment toute l'humanité, mais pas l'électricité, l'instruction, ni même l'eau potable. On peut, comme en France, dépenser des milliers d'euros pour un sac à main. Et à quelques heures d'avion, au Kivu, en République démocratique du Congo, l'ex-Congo belge, des hommes et des femmes extraient des minerais précieux au péril de leur vie pour une bouchée de pain. La misère, l'oppression, les guerres forcent des millions de femmes et d'hommes à fuir ou à prendre la route de l'exil.

Le monde a connu bien des camps de réfugiés, ne serait-ce que parce que les deux guerres mondiales provoquèrent des déplacements de dizaines de millions de personnes. Aujourd'hui, à l'échelle du monde, il y aurait au minimum 65 millions de personnes forcées à l'exil, autant que la population de notre pays dans la Seconde Guerre mondiale. Des millions de ces réfugiés sont dans des camps, comme les Palestiniens, dont j'ai déjà évoqué le sort. Les réactions sont entre les quelques dizaines de milliers de Syriens, d'Afghans ou de Soudanais qui cherchent un refuge ici.

En réalité, les pays pauvres, ravagés par la guerre ou soumis à des dictatures féroces, sont accueillis par des pays également pauvres de réfugiés. Ce sont des millions de femmes et d'hommes qui passent d'un pays à l'autre à la recherche de quoi se nourrir et d'un peu de sécurité. Et un accueil plus prétend la patrie des droits de l'homme. Autrement que de criminels, la politique des grandes puissances, qui après avoir pillé, ruiné et contribué à semer guerre et terreur dans nombre de pays d'Afrique et du Moyen-Orient, refusent d'ouvrir leurs portes aux femmes et aux hommes qui ont fui les dévastations et les guerres.

Et demain, les villes comme Bangalore, respirées, se laveront-ils les mains de la catastrophe écologique qu'ils ont engendrée, avec la misère qu'ils ont semée sur toute la planète ? Dresseront-ils des barbelés et autres murs ? Quelle nouvelle guerre paierons-nous, faute d'avoir renversé ce système aveugle et ses dirigeants, incapables d'offrir un bout de terre à des millions de femmes et d'hommes pour y vivre avec dignité ? Renverser le capitalisme, qui nous pousse toujours plus avant dans la barbarie, mais aujourd'hui d'un simple point de vue humain, il faut se battre.

Les migrations, ce brassage des hommes et des peuples, comme une menace pour les travailleurs d'ici, sont nos pires ennemis. Le problème ne vient certainement pas de ces futurs prolétaires, mais du fait qu'il n'y a pas un mouvement ouvrier vivant, capable d'accueillir ces nouveaux arrivants et de les associer dans les combats quotidiens. S'ils parviennent à pénétrer dans les citadelles impérialistes, les migrants seront pour la plupart transformés en prolétaires. Nos futurs frères d'armes, pour cette première raison, mais comme des frères de classe.

Le problème est de construire des partis communistes révolutionnaires, une internationale révolutionnaire, un combat de la classe ouvrière, pour que le renversement du pouvoir de la bourgeoisie devienne l'affaire de tous les opprimés de cette terre. Le capitalisme est incapable de régler aucun des problèmes qui se posent à nous. Même une question aussi élémentaire, ne trouve pas de solution. Pas même dans les pays les plus riches, et pas même dans les milieux privilégiés, comme la crème de la crème. Oui, les violences faites aux femmes se cachent aussi derrière les paillettes d'Hollywood et sous le tapis des marches du Festival de Cannes.

Parce que même dans ce monde-là, les relations humaines sont commandées par le pouvoir de l'argent. L'oppression des femmes est partout une réalité. C'est une réalité d'autant plus dure et violente qu'on est simple employée ou ouvrière. Ou alors que l'on vit en Inde, en Afghanistan, au Nigeria, au Soudan, ou en Arabie Saoudite. Mais partout, les rapports entre les hommes et les femmes sont pourris, déformés, pervertis, parce que le capitalisme est basé sur des rapports de domination. Parce qu'il est basé sur l'oppression des uns et la soumission des autres. Parce que l'argent permet de tout acheter, y compris les corps et les consciences.

Il y a 200 ans, un des premiers socialistes, Charles Fourier, disait qu'on mesure le degré d'avancement d'une société au degré d'émancipation des femmes. Eh bien, à cette aune, le capitalisme de 2018 n'est pas bien avancé. Aujourd'hui encore, oui, le combat contre l'oppression des femmes est indissociable. du combat contre le capitalisme. Je le redis, aucun des problèmes qui se posent à l'humanité ne peut être résolu à l'échelle d'un seul pays. Que ce soit la crise économique, le sous-développement, les guerres ou la pollution.

Mais la classe ouvrière, qui est une classe internationale, qui a les mêmes intérêts et doit mener partout le même combat contre la classe capitaliste, est capable de le faire. C'est si vrai que toutes les révolutions de masse, que ce soit la révolution bourgeoise, de 1789, la révolution de 1848, ou encore les révolutions ouvrières, qui ont éclaté au 19e ou 20e siècle, ont été internationales. L'éclatement de la révolution russe de 1917, en pleine guerre mondiale, fut un coup de tonnerre pour le monde entier. Partie de Russie, la vague révolutionnaire se propagea, en Finlande, en Allemagne, en Hongrie, en Italie, menaçant l'édifice capitaliste mondial.

La crise de 1929 provoqua une montée ouvrière aux Etats-Unis, comme en Europe, avec grève de masse et insurrection, que seul le fascisme, le nazisme, le franquisme, le stalinisme, et la Seconde Guerre mondiale réussirent à étouffer. Après la Seconde Guerre mondiale, le mouvement d'indépendance des pays colonisés, qui fut pris en main par des dirigeants nationalistes, fut lui aussi un mouvement contagieux, dépassant les frontières. Et même si les événements de 1968 que j'ai évoqués hier n'eurent pas la profondeur d'une révolution sociale, ils s'inscrivirent, eux aussi, dans une vague de contestations qui s'exprima à l'échelle du monde.

De Berlin à Mexico, en passant par Prague, Varsovie, Rome, Madrid et Barcelone, sans oublier les étudiants américains et japonais, le théâtre de lutte violente est souvent prolongé. Contre la guerre du Vietnam, contre l'impérialisme, mais souvent aussi contre l'État capitaliste, de la même manière que Macron ne voit pas les points communs entre les mécontentements actuels des cheminots, celui des personnels hospitaliers, des retraités et des étudiants, beaucoup prétendront que chacune de ces contestations de 1968 était spécifique.

Des heures sur les événements qui servirent de déclencheurs dans tel ou tel pays, sans voir l'essentiel, sans voir que des deux côtés de ce que l'on appelait à l'époque le rideau de fer, à l'Est, mais le même rejet, celui d'un ordre basé sur l'oppression et l'exploitation. Cette jeunesse, ce soit reconnue dans le combat du peuple vietnamien, dont la détermination à conquérir la liberté contre l'armée la plus puissante au monde n'était pas le fruit du hasard. Le peuple vietnamien résistait, avec acharnement, contre ce que ces jeunes haïssaient le plus, le militarisme et l'ordre impérialiste. Oui, les aspirations de la jeunesse et des travailleurs étaient les mêmes.

Et cela ne peut surprendre que les nationalistes. Les crises économiques, les guerres, où qu'elles éclatent, finissent toujours par se répandre et devenir l'affaire de tous. Parce qu'aux discriminations et à l'oppression des uns, et à la mobilisation contre la guerre du Vietnam, avaient déclaré, je le cite, « Je n'ai pas de problème avec les Vietcongs. Aucun Vietcong ne m'a jamais traité de sale nègre. » Et c'est pour que je faisais allusion aux insultes antisémites et anti-allemandes dont Cohn-Bendit était alors victime, étaient allemands.

Alors oui, nous sommes convaincus que les prochaines révoltes, qu'elles éclatent en Asie, en Afrique ou en Amérique, mais en pays, et cela se reproduira jusqu'à ce que les opprimés, par la liste mondiale, pour faire régresser les forces et les comportements réactionnaires que l'on voit se déployer à l'échelle du monde, il faut bien sûr dénoncer, prôner une société plus solidaire, plus humaine, plus respectueuse de l'environnement. Cela, nous le ferons avec bien d'autres et bien des alliés. La politique est dure contre les migrants. Plus de femmes et d'hommes s'engagent pour les aider.

Plus les inégalités grandissent, plus l'indignation se répand, plus l'écosystème se fissure, se multiplie, plus il y a de questions sur l'avenir de la société. Mais il faut être compte que l'on ne renverse pas la société capitaliste. Alors il faut diffuser cette conscience communiste révolutionnaire. Pour cela, nous ne pouvons compter que sur nos petites forces. C'est un combat que nous resterons minoritaires et à contre-courant tant qu'il n'y a pas de nouvelle montée révolutionnaire. Mais c'est notre raison d'être sans enthousiasme, sans se laisser dévier de cet objectif.

La seule solution économique viable, digne de notre époque, c'est l'organisation de la production à l'échelle mondiale dans l'intérêt de l'un socialiste appelé la révolution socialiste mondiale. Alors, amis et camarades, l'international... ...

Le discours de Mme Nathalie Arthaud 2018 05 21 — Nathalie Arthaud · Pourquijevote