On ne leur lâchera rien ! - Prise de parole du 1er mai de Jean-Luc Mélenchon
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
... politique à ceux qui sont ici, en première ligne d'un combat, et qui, pour cela, sont rudement menacés.
Les députés insoumis sont vos représentants, votre fierté, votre gloire, et je veux en votre nom les saluer tous. Mettez-vous là devant, vous autres, là. Qu'est-ce que vous faites en tas, là ? Venez. Venez. Il faut que je m'occupe de tout, là, en cette boîte. Venez, venez. Coquerel, elle est où, ton écharpe ? Ah bah ouais, d'accord, mais bon, tu viens, tu mets l'écharpe. Ça va, tout le monde a mis son écharpe ? Voilà, regardez. Thomas Porte, mets-toi devant qu'on te voit. Toi, t'es grand, on te voit. Et nous notons les indignations à géométrie variable chaque fois qu'il s'agit de nous.
Alors, pour m'éviter qu'on me pose 200 fois la question, je ne suis pas d'accord avec l'expulsion qui a été organisée par le groupe qui la revendique, la jeunesse communiste, de M. Glucksmann à Saint-Étienne. Mais je note qu'il aurait dû réfléchir avant de parler et d'accuser la France insoumise, qui est le confort que ces gens se donnent, à toutes circonstances. Je voudrais vous dire qu'il n'est plus un rassemblement où nous soyons agressés. Et que hier soir, ce sont 40 fascistes qui étaient groupés pour essayer d'intercepter Rima Hassan. Et que partout où elle passe, Mano Aubry, notre tête de liste, doit redoubler les précautions. Ça suffit de s'indigner à géométrie variable.
Ça suffit que ce soit à l'échelle internationale ou dans ce pays. Nous méritons tous respect. Nous méritons tous respect pour notre engagement. La force de cet engagement. Le dévouement de cet engagement. Engagez-nous, non pas pour une tribu, non pas pour une secte, non pas pour une caste, mais pour l'intérêt général humain. Et le 1er mai, le meilleur moment pour le dire, car le 1er mai n'a jamais été la fête du travail. C'est la fête de la lutte des travailleurs pour leurs revendications. Et les revendications de la classe ouvrière, toujours correspondues à l'intérêt général humain.
Quand les travailleurs s'organisent pour garantir leur santé, leur vieillesse, leur sécurité, leur famille, eh bien, c'est l'humanité tout entière qu'ils servent. Et la preuve, c'est qu'au temps régime général de la sécurité sociale, qu'ont été rattachées toutes les catégories sociales qui, d'abord, ne voulaient pas de la sécurité sociale, dans laquelle ils voyaient une institution, oui c'est vrai, collectiviste, et j'ose le dire, portée par les communistes. Car le mairie doit en revenir à ceux qui ont construit cette sécurité. Oui, c'est au régime général qu'ont été rattachés les paysans, les artisans et toutes les autres catégories.
Et ce sont les travailleurs salariés qui, par leurs cotisations, ont assuré les protections dont ils s'étaient d'abord pourvus eux-mêmes par leur système de sécurité sociale. Le 1er mai est donc la fête de la lutte, qui la met en exergue comme le seul moyen qui ait fait avancer l'humanité dans ses droits, qui ait permis à chacun d'avoir des droits équivalents à celui de ceux qui ont le plus de moyens, à qui l'on donne selon ses besoins et qui cotise selon ses moyens, pour sa santé, pour son assurance chômage, pour sa sécurité. Et le 1er des droits humains est le droit d'exister, le droit de vivre et de survivre.
Eh bien, ce droit est contesté aujourd'hui aux salariés comme il ne l'a jamais été depuis fort longtemps. En 2012, en 2022, il y a eu 1200 morts du travail. Les morts du travail, c'est morts sur le poste de travail, c'est morts sur le chemin du travail, ou c'est morts à propos des maladies professionnelles. Et la France, hélas, et ce sera ainsi, aussi longtemps que son peuple ne fera pas le choix de rompre avec la logique pourrie du néolibéralisme. La France est le record d'Europe des maltraitances ouvrières. C'est notre honneur d'avoir ici cette femme qui a mené la bataille contre l'ubérisation, d'avoir cette femme qui a mené la bataille pour le devoir de vigilance.
Et ainsi de suite, je ne vais pas faire le tour de la tribune. Sinon pour dire cette femme qui vient du front de la lutte et qui a connu par sa propre existence la dureté pendant 22 mois de tenir tête à ses patrons sans salaire. La solidarité, le salariat organisé, voilà quelles sont les solutions. Et aussi longtemps que le néolibéralisme gouvernera tout, tout ira plus mal pour vous salariés. Cessez de rêver ! Regardez les yeux ouverts qu'il n'y a pas de limite, sinon votre résistance à l'exploitation qu'ils sont capables de vous infliger. Il n'y a pas d'autre limite que votre résistance. Alors, c'est le moment de manifester cette résistance.
Et le 1er mai, on est un des moments les plus forts et les symboliques, à condition qu'on accepte de bien comprendre que c'est de lutte dont il est question. A présent, le 2e quinquennat commence aussi mal que le 1er. Le 1er a commencé par une révision du Code du Travail qui a détruit le principe de faveur qui fait que dans la République sociale qui avait été fondée à la Libération, il était interdit d'avoir un accord dans une entreprise qui soit inférieur à l'accord de branche, interdit d'avoir un accord dans la branche qui soit inférieur à ce que la loi avait donné. C'est ça le principe de faveur. Et c'est cela qu'a renversé Macron.
Et il s'est trouvé tout de suite toutes sortes de beaux esprits pour dire oui, on négocie au plus près du terrain. Au plus près du terrain, c'est pas là qu'on est le plus fort. C'est juste l'endroit où on est le plus obligé de se battre. C'est tout pour arriver à survivre. Le Code du Travail doit être rétabli tel qu'il était et amélioré, qui ont supprimé les délégués des conseils de sécurité, d'hygiène et environnementaux. Ceux-là ont une responsabilité morale et sociale totale dans l'augmentation du nombre des morts au travail et des conditions de travail qui détruisent la santé. Tout ça ne vient pas de je ne sais quelle fatalité. C'est une volonté.
Car, et c'est le moment de le dire, nous sommes entrés dans une nouvelle phase de lutte de classe particulièrement intense et violente. Une nouvelle fois, la répartition entre ceux qui produisent la richesse et ceux qui la confisquent entre dans une phase tendue. Si bien que les gouvernants qui sont au pouvoir continuant la feuille de route que leur ont donné les multinationales et les grands fonds d'investissement de toutes sortes ont décidé de porter un terrible coup de plus, d'abord en détruisant le système de la sécurité qui vous garantit les allocations chômage. A peine le 40% des travailleurs au chômage dorénavant les touchent. Et la moyenne est à 830 euros. Entendez bien ce chiffre.
C'est celui auquel ils voudraient ramener le tarif minimum du travail dans ce pays. Et en abaissant le nombre de deux mois pendant lesquels vous êtes indemnisés, c'est une façon de vous dire, à partir de 831 euros, ça vaut mieux d'aller au travail, quel que soit ce travail, quelles que soient ses conditions. Voilà ce qui vaut vous faire avaler, à vous tous qui êtes en âge de travailler, ce qui n'est pas mon cas. Et il y a encore pire pour obtenir l'abaissement du prix du travail, qui est l'enjeu des compétitions entre capitalistes et entre nations. Ils ont décidé d'abroger le statut de la fonction publique. Le statut de la fonction publique n'est pas un privilège des fonctionnaires.
Le statut de la fonction publique indique en général un niveau auquel doit se faire la rémunération des qualifications. Deuxièmement, le statut protecteur de la fonction publique fait que chacun d'entre nous appartient à un statut, la possibilité, quelle que soit sa religion, son genre, son âge, d'être traité de la même manière que n'importe quelle autre. Voilà ce que garantit le statut de la fonction publique. Ils ont décidé de renvoyer dans le marché du travail 5,7 millions de fonctionnaires de tous ordres de ce pays. C'est-à-dire d'exercer une phénoménale pression sur le prix du travail.
Car ces personnes, évidemment, seront abandonnées à la compétition des salaires qui dorénavant peuvent se fixer par entreprise. Rendez-vous compte de l'impact que cela peut avoir s'ils parviennent à leur fin. Il est temps, il est temps de passer à l'action générale, à l'action d'ensemble qui brise l'adversaire. Et s'il le faut, nous serons, nous, les insoumis, prendre les initiatives. Si personne d'autre ne les prend, je préfère le dire, parce qu'il est temps de stopper cette machine infernale. De procéder ce qui, en langue française ordinaire, s'appelle en toutes sortes de langues. Eh bien, c'est le soulèvement des consciences. Assez d'injustice, assez d'inégalité, assez de mépris.
Pour ceux qui ne sont pas en état de se défendre ou de parler. Et c'est pourquoi, nous, qui avons l'honneur et qui avons eu l'honneur d'être vos représentants, nous, sains de nos écharpes, nous, militants, candidats, comme elles le sont, nous porterons cette parole. Quand bien même on nous accuse de ce qu'on voudra, cela ne nous fait ni chaud ni froid. Et si nous avons peur, nous ne le montrerons pas. Et si nous sommes inquiets, nous ne le montrerons pas. Et nous continuerons à marcher fièrement devant. Nous ne faisons pas d'apologie du terrorisme. Car nous, nous le pratiquons d'aucune manière.
Et tout le monde ne peut pas en dire autant, parmi ceux qui abusent de leur pouvoir, pour faire des inculpations aussi grotesques, que dorénavant, une présidente de groupe parlementaire, le plus important de gauche, Mathilde Panot, doit répondre dans un commissariat à propos de ses opinions. Alors, Mathilde Panot, est-ce que vous vous rendez compte qu'on peut interpréter ? Et qui dit ça ? Un Pandore à moitié un alphabète, qui vient nous parler et nous faire des leçons ? Qui êtes-vous pour nous poser des questions de cet ordre ? Vous n'êtes pas nos juges, nous vous méprisons. Et si vous acceptez, si vous acceptez de faire la sale besogne, ne nous demandez pas de sourire, nous ne sourions pas.
Ça ne nous amuse pas d'avoir à vous répondre dans un commissariat pourquoi nous ne faisons pas l'apologie du terrorisme. Mais nous sommes capables de vous dire qui l'a pratiqué contre nous et combien de fois. Et c'était toujours dans des commissariats qu'ensuite, il fallait nous répondre, que ce soit au Chili, que ce soit ici. Et je n'ai pas peur des comparaisons. Parce que c'est la comparaison qui permet de réfléchir. C'est la comparaison qui permet de savoir. Et quand je dis que quelqu'un est un nazi, c'est parce que je le pense. Et si je ne le dis pas, c'est parce que je ne le pense pas. Et je ne permets pas qu'on dise et qu'on pense à ma place.
Mais je vous le redis à vous, les plus jeunes et les anciens, Oui, le mal existe. Et il existe parce que le bien existe. Et le bien, c'est que ce qui est bon pour tous est bon pour chacun d'entre vous. Voilà le bien. Comprenez que le mal, c'est le contraire. Et que sur la pente du mal, on glisse vite d'un ordre absurde qu'on exécute, d'une pression qu'on intériorise, etc. Voilà ce que j'ai voulu dire. Et voilà ce que je répète. Personne n'est obligé d'appliquer un ordre injuste. Personne n'est obligé de se livrer à des violences. Personne n'est obligé de persécuter les pauvres ou d'accabler les gens d'après leur couleur de peau ou la dégaine qu'ils ont. Personne.
Et rien dans la loi n'y oblige. Sachez à temps pratiquer le soulèvement intérieur, moral, permanent, contre un ordre des choses injustes. C'est votre devoir. Et enfin, puisque j'ai commencé par là, c'est par là que je vais terminer. Le premier de nos devoirs, le premier de nos droits, est celui de garantir notre existence. Et il est une manière de la remettre dans des mains étrangères et à d'autres qui décident à notre place. C'est ceux qui ont décidé pour relancer un capitalisme essoufflé, un capitalisme français à la ramasse en Europe. parce qu'à part se gaver et se remplir les poches, ils sont à peu près incapables de quoi que ce soit.
Et que nous sommes devenus la boutique de luxe du monde parce que les trois principales entreprises du CAC 40 sont des entreprises de luxe, ce dont je félicite ceux qui peuvent en profiter, mais qui, du point de vue de ce que nous, nous croyons urgent et nécessaire, n'a pas de sens. Nous préférerions être les premiers pour produire les médicaments, les premiers pour produire de la recherche, les premiers pour instruire les enfants. Voilà ce que nous voudrions voir en tête de la patrie républicaine des Français.
Et maintenant, pour relancer leur système poussif en France, pour relancer leur système poussif en Europe, puisqu'ils se sont mis à la remorque des Américains qui leur ont tondu la laine jusque sur la peau, et maintenant qu'ils sont arrivés à la peau, vont passer au reste. C'est-à-dire nous pousser dans une économie de guerre, nous demander d'acheter des armes, à qui, à eux, bien sûr. C'est un marché gigantesque. Et comme l'a dit un député nord-américain, ça tombe bien, on a des armes à balancer, parce qu'il est temps de les détruire, alors on va les jeter sur les gens, là-bas, en Ukraine. Ils veulent la guerre, parce que la guerre, pour eux, est un acte économique.
La guerre en Europe, nous voulons la paix en Europe. Il faut que l'Ukraine et la Russie négocient et cessent de mettre en danger tout le continent. Qu'ils se donnent des garanties mutuelles. Et que les ruses sortent d'Ukraine. Nous voulons la paix en Méditerranée. Et que cessent d'être menacées les 500 millions de personnes qui vivent autour de cette mer. Soit par les centrales nucléaires ukrainiennes, soit par l'abjecte guerre qui a lieu aujourd'hui à Gaza, qui en réalité n'est pas une guerre, mais un génocide, qui est le meurtre de masse d'une population. Honte à ceux qui regardent ailleurs.
Les criminels sont ceux qui jettent les bombes, ceux qui tirent les snipers, ceux qui persécutent, ceux qui font mourir de faim, de soif, dans le noir. Les malheureuses et les malheureux qui sont là par milliers et ne savent que faire. tandis que les puissants donneurs de leçons leur donnent des conseils et des conseils parfois qui sont d'une indécence totale. Quand je vois le président des Etats-Unis dire, oui, nous donnons des bombes à monsieur Netanyahou, mais il faut qu'il s'occupe de protéger les civils. Quelqu'un lui dit que les bombes, c'est pour les civils ? Est-ce que ce type sait de quoi il parle seulement ? Oui, hélas, il le sait. Et cette guerre leur convient.
Eh bien, la paix en Méditerranée et la paix avec un cessez-le-feu immédiat. Cessez-le-feu à Gaza. Cessez-le-feu. Cessez-le-feu. Contre les insoumis, nous ne pratiquons pas le deux poids, deux mesures. Et quand aujourd'hui, nous protestons chaque fois que nous le pouvons de toutes les manières possibles contre le massacre de Gaza. Pour autant, nous n'avons pas oublié la purification ethnique au Haut-Karabakh qui a chassé 120 000 personnes en trois jours du Haut-Karabakh pour les obliger à partir en Arménie. Nous sommes en pleine solidarité avec les Congolais qui subissent depuis tantôt 30 ans l'agression de leurs voisins. 8 millions de déplacés. Plusieurs millions de morts.
L'humanité est le peuple un et indivisible auquel nous appartenons. quant aux sentiments, quant aux valeurs, quant à l'amour, quant à la compassion, quant au partage du destin commun de la condition humaine. Voilà ce qui se dit le 1er mai. Et la couleur rouge était celle du drapeau qui, à partir du moment où il était levé, signifiait que les puissants nous tiraient dessus. Et c'est pourquoi, avant nous, nos pères et nos mères ont les premiers pris le drapeau rouge pour montrer qu'ils n'avaient peur de rien, y compris qu'on leur tire dessus, quand la cause est juste. Vous ne nous faites pas peur. Vous pouvez trafiquer toutes mes citations.
Vous pouvez traduire en japonais tout ce que dit Manon Aubry. Vous pouvez traduire en chinois tout ce que dit Rachel Keké. Ça ne nous feront pas changer de ce que nous disons en français. Soulèvement des conscients. Abarre cet ordre injuste. Vive le 1er mai.
Merci chacune et chacun. Et quand vous avez un PDG d'une entreprise, le PDG de cette occasion, eh bien, l'entreprise, je veux en rempartir, Sheibi qui se tient à mes côtés, a bataillé pendant 4 ans pour obtenir un stade vers le continent, qui demain auront une protection sociale, qui demain auront une protection chômage, qui demain auront une cotisation retraite, cible de l'obtenir. C'est parce que nous avons au Parlement européen des députés de combat qui sont aujourd'hui la voix des travailleurs dans la rue et qui doivent être la voix des travailleurs dans les institutions politiques. Nous avons demandé à ces méthodes de comment ça ? Fuir la France ? Une économie qui sont criminalisées.
Ceux qui doivent faire la fierté de notre pays. Mais sur les listes électorales, les PDG votent. Vous venez nous voir et je veux vous dire à quel point est si nombreux réunis. Soyez sûrs, nous aurons qu'à Paris comme à Bruxelles, nous représenterons la France qui tient bon, la France qui ne courbe pas les chimes, la France qui ira défendre les droits des travailleurs et des travailleuses pour mieux redistribuer les richesses. On est venu ubériser des dividendes à ces parasites d'actionnaires vers les salariés, que ces idées se traduisent enfin en action pour des millions de travailleurs dans notre pays. C'est le racket social de ce gouvernement.
Alors je compte sur vous toutes et vous tous pour préparer l'après-Macron dès le 9 juin. Merci à vous. Pour les droits des travailleuses et des travailleurs, je vous demande un tonnerre d'applaudissements pour une élue européenne qui a réussi... C'est le droit d'être avec vous aujourd'hui en cette journée internationale pour les droits des travailleurs. Et en cette journée internationale pour les droits des travailleurs, j'ai une pensée pour Felipe. Felipe, il est espagnol, il doit être en train de célébrer cette journée des travailleurs à Madrid. J'ai une pensée pour Fiacra qui est irlandais, qui doit faire pareil à Dublin. J'ai une pensée et qui j'étais la semaine dernière.
Nous étions avec eux, avec elle, avec Nouria de Barcelone aussi, avec Leïla de Mulhouse. Nous étions avec tous ces travailleurs de sous ces pays. Ils sont livreurs à vélo, ils sont chauffeurs VTC, ce qu'on appelle des travailleurs ubérisés. Et il y a une semaine au Parlement européen à Strasbourg, on a organisé une fête à l'intérieur du Parlement européen dans une pièce où d'habitude c'est plutôt les lobbyistes qui se réunissent.
On a fait une fête pour célébrer l'adoption par le Parlement européen d'une directive pour les travailleurs des plateformes qui va permettre de donner accès à 5 millions de travailleurs en Europe aux droits du travail, aux congés payés, aux salaires minimum, à la protection sociale. Le camp de rapport de force, et je vous mentirais si je vous disais que c'est le résultat d'une bataille menée simplement par une députée, une euro-députée insoumise ou par la délégation insoumise au Parlement européen. Non, cette victoire, elle a été rendue le plus possible par l'irruption des revendications, des luttes, par la mobilisation des travailleurs.
Ils étaient éparpillés chacun à droite, à gauche, partout en Europe. Ils étaient considérés comme des indépendants, n'ayant pas de contrat de travail, n'ayant pas accès aux syndicats. Les plateformes en face, elles, organisées à l'échelle européenne, ayant des bureaux à Bruxelles, ayant leur lobby, elles se disaient on n'a pas de soucis à se faire, on ne va pas se faire embêter par ces travailleurs qui chacun sont déparpillés, chacun sur leur véhicule, sans contrat de travail, avec un contrat commercial, on va continuer de pouvoir les asservir.
Nous avons démontré que l'unité des travailleurs permettait d'arracher des victoires et que quand ils arrivaient là où on est les asservants, eh bien nous étions en capacité de décupler notre force, nous, élus au Parlement européen. Voter pour la liste de l'Union populaire menée par Manon Aubry le 9 juin, c'est ça aussi. C'est permettre d'amener au Parlement européen des gens qui serviront de passeurs, qui casseront les murs entre les Parlements européens et les citoyens et qui permettront d'arracher des victoires sociales pour les travailleurs.
Alors aujourd'hui, j'ai une pensée particulière pour les ouvriers de Chicago qui en 1886 sont à l'origine de cette journée du 1er mai qu'on fête partout dans le monde. J'ai une pensée pour ces ouvriers de Chicago et je me dis qu'ils se sont fait massacrer parce qu'ils réclamaient la journée de 8h. Et je me demande ce qu'ils pensent de là où ils sont, les ouvriers de Chicago, du monde du travail d'aujourd'hui, où des travailleurs sont obligés de se battre pas pour la journée de 6h, pas pour la journée de 10h, pas pour la journée de 8h, mais simplement pour une journée avec des horaires de travail et contre le travail à la tâche.
Et là, je me dis que les ouvriers de Chicago, ils doivent se retourner dans leur tombe. Et puis ensuite, je repense à tous les travailleurs de ce lobby populaire, ces travailleurs que nous avons accueillis la semaine dernière à Strasbourg et qui sont à l'origine de la directive pour les travailleurs des plateformes. Et puis je me dis que là, les ouvriers de Chicago, quand ils voient ça, ils doivent pas se retourner dans leur tombe. Ils doivent être en train de danser, de chanter et d'être fiers. Alors si vous voulez que les ouvriers de Chicago de 1886, ils continuent de danser dans leur tombe, de chanter dans l'union populaire menée par Manon, au courant,
de chanter
Jean-Luc Mélenchon