Jean-Philippe Tanguy, président délégué du groupe RN à l'Assemblée - 08/09
Audio original de l'émission.
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Et vous venez de suivre
le discours de rentrée de Marine Le Pen en direct depuis Hénin-Beaumont. Son fief tout de suite, c'est BFM Politique, le rendez-vous incontournable de vos dimanches. Bonjour Jean-Philippe Tanguy. Bonjour. Merci d'avoir accepté notre invitation. Merci à vous. Bonjour aussi à Amandine Attalaya, éditorialiste politique à BFM TV, Lucie Robquin. Bonjour. Directrice des rédactions de la Tribune puisque cette émission vous est proposée en partenariat avec la Tribune dimanche. Et si tout se passe bien, amis téléspectateurs, s'affiche à la droite de votre écran, donc jusqu'ici, un QR code qui va vous permettre d'interpeller notre invité tout au long de l'émission.
Vous flashez de chez vous avec votre téléphone et nous relayons vos questions. Quel Premier ministre sera Michel Barnier ? Quelques indications, Jean-Philippe Tanguy ont été données à l'occasion des prises de parole ces derniers jours de Michel Barnier. Il a indiqué qu'il aurait beaucoup de respect pour toutes les forces politiques représentées au Parlement. Le Rassemblement national en fait partie. Il a annoncé d'ailleurs s'entretenir prochainement avec Marine Le Pen et rejeter toute forme de sectarisme. Est-ce que ces premiers mots vous font regretter le jugement définitif que vous aviez émis à son égard juste avant sa nomination ?
Vous l'aviez qualifié de fossile à qui on essaye de redonner vie. Vous avez dit également que c'est l'un des hommes politiques les plus stupides, je vous cite, de la Vème République.
Non, si je regrettais ces mots, c'est dans l'absolu. Je n'aurais pas dû m'exprimer ainsi envers un autre homme politique ou une femme politique et envers d'ailleurs n'importe qui. Ce n'est pas des mots dignes d'un représentant des Français. Donc je m'en suis excusé tout de suite. Le fait de respecter le Rassemblement national, ses électeurs, de respecter d'ailleurs tous les électeurs mais aussi ceux qui n'ont pas voté, qui sont encore nombreux malgré l'élan populaire des dernières législatives, c'est le moins qu'on puisse demander à un Premier ministre de la France. Si M.
Barnier peut diminuer, voire clore cette séquence épouvantable du macronisme qui a consisté à opposer les Françaises et les Français les uns contre les autres étant l'arrogance et la vanité permanente, tant mieux. C'était en tout cas le premier critère donné par Jardin Bardella et Marine Le Pen pour exercer ses responsabilités et en tout cas pour accepter que nous ne censurions pas M. Barnier.
Ce qui rend, pour revenir un instant sur vos propos précédents, mais d'autant plus étonnant le fait que vous ayez pu les tenir puisque vous demandez à vos adversaires de vous respecter, vous dites vous-même que vous avez a priori manqué de respect, mais vous êtes venu à cette conclusion vous-même ou c'est parce que Marine Le Pen vous a rabroué et vous a dit de vous comporter plus élégamment ? Non, j'en suis venu à cette conclusion moi-même. Je connais suffisamment Marine Le Pen pour savoir qu'elle ne pouvait pas cautionner les propos que j'ai tenus sur ce moment-là. Pourquoi je les ai tenus ? Et peut-être d'ailleurs c'est une piste de réflexion pour M. Barnier.
Moi je me suis excusé pour des propos que j'ai tenus. Je les ai tenus parce que profondément dans mon engagement politique, tout ce qu'a représenté M. Barnier jusqu'à présent, aussi bien au niveau français qu'au niveau européen, a mené partout en France et dans mon territoire à des situations humaines épouvantables. C'est-à-dire ? Qu'est-ce que vous lui reprochez fondamentalement, politiquement cette fois alors ? Peut-être que M.
Barnier, dans le discours de politique générale qu'il a fait, devrait lui penser, c'est une suggestion, à s'excuser envers les milliers de pêcheurs qui ont dû envoyer leur bateau à la casse parce que toute la politique qu'il a menée a mené cette profession qui travaille dure à la misère sociale et à la désespérance. Peut-être qu'il devrait penser...
Je rappelle pour nos spectateurs, Michel Barnier a été ministre de l'Agriculture et de la Pêche. Il a aussi été commissaire européen. C'est sans doute à cela que vous ferez référence.
Et négociateur du Brexit, où il n'a pas été capable de défendre l'intérêt de nos pêcheurs. Ce sont des milliers de vies brisées par cette attitude. Il devrait peut-être s'excuser envers les centaines de milliers d'agriculteurs qui ont disparu et des exploitations qui ont été entrées en faillite depuis 40 ans, qui fait de la politique. Il devrait peut-être s'excuser dans la région des Hauts-de-France. C'est tellement important envers les millions d'emplois industriels qui ont disparu à chaque fois que des emplois disparaissent. Ce sont des familles qui sont brisées.
Vous l'entenez seul responsable, Jean-Philippe Tanguy ?
Il est responsable comme l'ensemble d'une certaine classe politique. Lui a d'éminentes responsabilités. Vous savez, il a été deux fois commissaire européen. La France a eu deux, puis un commissaire européen par mandat. C'est un poste extrêmement important avec des pouvoirs conséquents. Il les a exercés, il faut bien le dire, contre les intérêts de la France. Mais surtout, contre les intérêts des Français. Avec l'âge que j'ai, toute ma vie politique, je n'ai vu que la disparition des usines des Hauts-de-France et de France, que la disparition des agriculteurs. Je n'aurais pas dû m'exprimer ainsi.
Mais il faut aussi comprendre que je suis élu d'un territoire qui a été mis, il faut bien le dire, dans une situation sociale et économique gravissime parce que des personnes politiques, comme M. Barnier, même s'il n'est pas le seul responsable, ont pris des décisions extrêmement graves pour les Français. Ça n'excuse pas mon propos, mais je veux quand même dire que ça l'explique.
Et vous avez présenté, vous renouvelez vos excuses à l'instant. Marine Le Pen est censée le rencontrer dans les prochains jours. Est-ce que la date de cet entretien, à votre connaissance, a déjà été fixée ?
Non, elle n'est pas encore fixée. Marine Le Pen a indiqué à la raison qu'il est normal que M. Barnier rencontre déjà les forces politiques qui sont susceptibles d'être dans son gouvernement et ensuite le principal parti d'opposition, ce qui confirme, parce que j'ai vu que la gauche essayait d'intoxiquer les Français avec cette fausse information. Évidemment, nous ne participerons pas à un gouvernement de M. Barnier. M. Barnier, je crois que je l'ai fait comprendre, n'est pas de notre famille politique. Bien sûr, on dira non. On espère que M. Barnier va changer de logiciel, mais il n'est pas issu du Rassemblement national. Même s'il vous appelle pour des sujets qui vous tiennent à cœur,
vous dites non.
Non, mais moi, je ne me suis pas engagé en politique et je ne crois personne au Rassemblement national pour un poste. Nous, on s'est engagé sur un programme de rupture, de redressement national. M. Barnier, je le souhaite, pourrait peut-être être le début du redressement national, mais en attendant son discours de politique générale, il peut encore être l'artisan du syndicat de faillite de la Macron. Mais dans la mesure où vous voulez être constructif, s'il entend porter certains de vos projets, certaines de vos mesures, il n'y a pas une logique pour vous à les porter au gouvernement ? Non, au gouvernement... Vous, par exemple, êtes personnel.
En tout cas, si vous êtes correct, je crois que moi, je ne crois pas que M. Barnier m'appelle. Mais je pense que la solidarité gouvernementale, ça a du sens. On ne va pas dans un gouvernement pour faire le malin, on pourrait jouer sa propre partition égoïste. Ça, on le laisse aux autres. Nous, Rassemblement national, on est un collectif, derrière Marine Le Pen, derrière Jordan Bardella pour appliquer une politique cohérente. Une fois plus, on sera constructif.
Moi, la Commission des Finances, je pense que l'on en parlera, je serai toujours prêt à faire des propositions d'économie, des propositions de meilleure gestion, une façon d'améliorer la justice fiscale pour que ce ne soient plus les classes populaires et les classes moyennes qui paient les cadeaux viscaux très généreux que M. Macron a fait depuis ces temps et qui nous ont mis dans de grandes difficultés. On sera toujours une force de proposition, mais on ne va pas être une force de compromission. Lucie. Marine Le Pen, dans la tribune dimanche ce matin, indique que le président de la République a tenu compte des critères du Rassemblement national pour nommer son Premier ministre.
Est-ce que vous assumez d'avoir joué un rôle dans la nomination de Michel Barnier ? Est-ce qu'on peut vous considérer comme le DRH d'Emmanuel Macron ? Non, nous n'avons pas du tout été le DRH. Nous avons été les représentants, et Marine Le Pen, Jordan Bardella en premier lieu, des 11 millions d'électeurs qui nous ont fait confiance aux élections législatives. 37% de ceux qui sont allés voter, mais aussi des 8 millions d'électeurs aux élections européennes. Il ne faut pas l'oublier, parce qu'il y a eu une double sanction de la politique d'Emmanuel Macron.
Il y a une sanction contre la politique intérieure, gravissime, mais aussi une sanction contre ce qu'incarne quand même Emmanuel Macron depuis ses temps. Il le revendique lui-même, cette construction européenne fédérale, ultra-libérale, mondialiste, qui affaiblit la France face à la mondialisation au lieu d'être une barrière, au lieu d'être une protection, qui oppose les Européens les uns contre les autres, comme M. Macron oppose les Français les uns contre les autres, au lieu d'en faire une force face à nos adversaires chinois, russes ou à notre concurrent américain.
Bref, je ne l'entends plus parler, et j'ai entendu Marine Le Pen, il faut-il quand même le redire, cette sanction du modèle européen, il faut en tenir compte. Il faut totalement réorienter la construction européenne pour que cela renforce enfin la France, comme on avait promis aux Français lors des différents votes depuis 1992, et que ce soit plus, si vous voulez, une faiblesse qui nous expose, qui expose nos outils industriels et notre force agricole à la concurrence déloyale.
J'insiste sur la question de Lucie. Marine Le Pen dit dans la tribune dimanche que le président de la République a tenu compte de nos critères. C'est gênant pour vous qu'on dise que Michel Barnier finalement a été nommé avec votre assentiment ? Vous ne souhaitez n'avoir aucune responsabilité dans cette nomination ?
Non, mais ce n'est pas du tout gênant. Et d'ailleurs, c'est quand même assez triste pour M. Macron, puisque cela révèle le mensonge avec M. Attal qu'ils ont fait et toute la Macronie aux Français aux élections législatives prétendant que le Rassemblement National était infréquentable, que nos électeurs avaient tort. Et en fait, non. Nos électeurs sont
parfaitement fréquentables.
C'est grâce à vous, Michel Barnier ? Nos représentants et Marine Le Pen sont parfaitement fréquentables. Nous n'aurions pas dû faire face à un barrage républicain puisqu'on voit bien qu'après l'élection, ils ont besoin de nous pour que la France soit gouvernable. Et sans nous, la France est ingouvernable puisque les alliés de circonstances de M. Macron, à savoir les insoumis ou les écologistes, passent leur temps à mettre de l'huile sur le feu, à alimenter des situations de chaos et à vouloir rejouer les élections en permanence quand ils les ont perdues. Donc il y a quand même eu un mensonge des forces de gouvernement très graves contre la démocratie parce que faire aller...
Moi, je pense aussi aux électeurs qui sincèrement ont cru le président de la République, ont cru M. Attal, ont cru les forces de gauche en disant que le Rassemblement National n'est pas une force républicaine, il faut lui faire barrage et qui voient que deux mois après, non seulement il ne fallait pas nous faire barrage mais qu'on ait reçu comme n'importe quelle autre force politique et en l'occurrence la première force politique de France. Marine Le Pen utilise beaucoup l'expression Jordan Bardet là aussi de Michel Barnier qui serait un gouvernement sous surveillance. Après, c'est un peu à confusion cette expérience parce qu'on y décèle une forme de chantage éventuel, de menace.
Qu'est-ce que vous voulez dire exactement avec un gouvernement sous surveillance ? Mais M. Barnier ne l'a pas nié puisqu'il a lui-même dit qu'il était sous surveillance de tous les Français. Ce qui est très différent, ce qui laisse entendre que les Français du centre et les Français de gauche ont aussi le droit d'être entendus. Mais bien sûr, nous l'avons dit, je l'ai dit dans mon propos introductif, quand on respecte les électeurs du Rassemblement National, ce n'est pas pour mépriser les électeurs du Nouveau Front Populaire ou du centre. Il faut respecter tous les Français, même ceux qui n'ont pas voté maître sur surveillance. Mme Attalaya, c'est le rôle du Parlement. C'est vrai que M.
Macron n'a pas l'habitude des contre-pouvoirs. Il méprise le Parlement, il faut bien le dire, il peut toujours faire sans les corps intermédiaires, en particulier les syndicats. Mais le rôle du Parlement, c'est de surveiller le gouvernement, c'est même de le contrôler. Donc, ce n'est pas seulement d'avoir un regard critique sur ce qu'il fait, c'est de vérifier que les informations qu'il nous donne sont vraies, c'est le cas échéant de pouvoir le sanctionner et le pouvoir de censure est un pouvoir essentiel du Parlement. Le Parlement, ce n'est pas des godillots qui sont désignés et qui attendent sur leur siège de voir les trains passer.
Nous avons un pouvoir de surveillance et nous avons un pouvoir de sanction si M. Barnier n'est pas à la hauteur des promesses qu'il a faites aux Français, qui sont très importantes. Et on va revenir sur les mesures qui seraient pour vous des lignes rouges. Mais quand Michel Barnier en est pour l'instant à la composition de son gouvernement, il a dit que ce ne serait pas un gouvernement de droite. Il cherche éventuellement des figures de gauche ou est ça d'un mauvais oeil ou vous vous dites il faut rassembler, on le comprend. Non, mais ça dépend des figures qu'il appelle au gouvernement. Il y a des personnes compétentes à gauche.
D'ailleurs, Marine Le Pen elle-même, quand elle avait songé au gouvernement qu'elle aurait pu proposer aux Français si elle avait été élue présidente de la République, mentionner des personnalités qui peuvent venir de la gauche. À l'époque, Mme Le Pen parlait de Arnaud Montebourg qui, sur les questions de l'industrie, de la défense de la souveraineté nationale, ont toujours été très fortes. Suite un temps où M. Chevènement qui venait de la gauche avait des positions semblables au rassemblement national. Et même dans nos rangs, moi par exemple, mon suppléant, il ne vient pas de la gauche mais il a été président d'un syndicat ouvrier pendant plus de 20 ans. Donc on prend les meilleurs.
Si Michel Barnier appelle Arnaud Montebourg, vous applaudissez des deux mains. C'est ce que je comprends. Il fait partie des figures de gauche que vous souhaiteriez voir dans un gouvernement, y compris si ce n'est pas un gouvernement dirigé par les vôtres.
C'est sûr que je préférerais voir M. Montebourg qu'un tenant du macronisme à l'économie. En tout cas, on ne peut pas faire pire que M. Le Maire. Vous aviez indiqué le dépôt immédiat d'une motion de censure si des ministres insoumis étaient appelés dans un gouvernement de gauche. Y a-t-il une règle similaire si des ministres du gouvernement Attal étaient reconduits ? Écoutez, Marine Le Pen a fait comprendre, je crois, dans votre interview, sans vouloir en faire l'exégèse, que le respect qu'on attendait du Premier ministre, on l'attend de tous les ministres. Ça n'aurait pas de sens que M.
Barnier dise qu'il faille respecter tous les partis politiques et les électeurs du Rassemblement National ou de nos amis avec Éric Ciotti et qu'il nomme un ministre qui nous a insultés ou qui, par exemple, ait fait des bras d'honneur à trois reprises à l'Assemblée Nationale. Vous pensez à Éric du Pombretti, là ? Oui, mais voilà, je donne cet exemple à bon escient parce que vous savez qu'on a un tel niveau... Éric du Pombretti
ne peut pas être conduit pour vous. Il n'y a pas à moi
de le décider, mais je donne un exemple flagrant.
Vous dites que vous censurez s'il est au gouvernement.
C'est à lui que je pense spontanément, même si ce n'est pas à moi de le décider puisqu'au-delà des élections, quand vous avez quand même le garde des Sceaux, une des fonctions les plus anciennes de notre pays qui a existé même sous les Capétiens qui, face au Parlement, fait trois fois un bras d'honneur, d'ailleurs pas à nous, au LR, à Olivier Marlex, en l'occurrence, président du groupe Les Républicains à l'époque. Le fait que M. Macron n'ait pas sanctionné un tel individu immédiatement qui fait un bras d'honneur aux représentants des Français, c'était tellement le symbole de la délicaté du Macronisme.
Je précise tout de même l'histoire d'être parfaitement complète qu'Éric Dupond-Moretti à l'époque s'était expliqué en disant que ce n'était pas aux parlementaires qu'il indiquait le geste mais qu'il leur indiquait qu'ils ne respectaient pas eux-mêmes l'état de droit et que ce qu'ils critiquaient
moi quand je fais une bêtise j'essaie de m'excuser sans trouver d'excuses vaseuses. Bon, l'explication que je viens de me donner il a fait un bras d'honneur au Parlement c'était inacceptable et toute explication est vaine. Est-ce que le RN acceptera que Xavier Bertrand rejoigne le gouvernement Barli ? Écoutez, ça me paraît compliqué par rapport aux critères que j'ai donnés mais ce n'est pas à moi de le décider. Moi je fais partie d'un collectif c'est peut-être aussi la différence que le Rassemblement est différent des autres partis politiques c'est qu'on est un groupe uni, cohérent qui se concerte et une fois qu'une décision a été prise on l'applique collectivement.
Mais les critères qui ont été donnés me semblent très compliqués pour M. Bertrand mais veuille M. Bertrand donner un exemple. Quand il a gagné les élections il a dit j'ai brisé la mâchoire du Rassemblement National dans une région où le Rassemblement National est souvent très en tête et qui a élu Marine Le Pen deux fois aussi bien en 2017 qu'en 2022 avec une large majorité si elle avait été les seules à voter. On ne parle pas comme ça des gens quand on a une victoire électorale.
Moi quand j'ai gagné dans ma circonscription à ma petite échelle j'ai adressé un courrier de comment dire à celui que je n'ai pas tu un courrier républicain pour saluer le travail qu'il avait fait même si je n'étais pas d'accord avec lui je n'ai pas dit que je lui avais brisé la mâchoire. Dans les médias ces propos venant de vous même si vous venez de vous excuser peuvent être perçus avec un certain sourire dans la mesure où vous avez tenu des propos parfaitement irrespectueux à l'encontre de Michel Parnier. Donc juger les gens sur leurs propos passés peut paraître étonnant. Mais moi je me suis excusé pas six ans après mais six heures après.
Donc moi je veux bien encore m'excuser j'ai aucune difficulté vous savez moi je ne suis pas étouffé comme monsieur Bertrand par un goitre d'orgueil qui m'empêche de reconnaître quand je me suis trompé. Je me suis trompé je ne me suis pas défaussé je n'ai pas cherché à fuir cette erreur après il n'y a pas non plus de quoi se rouler par terre. Pour avancer Amandine.
Pour parler du fond sur ce que vous avez entendu pour l'instant de la part de Michel Parnier est-ce que vous êtes plutôt confiant sur le fait qu'il soit un premier ministre autonome on sait que l'Elysée par exemple a décidé qu'il n'y aurait plus de conseiller commun entre l'Elysée et Matignon Michel Barnier n'a pas remercié par exemple Emmanuel Macron lors de la passation de pouvoir pour l'avoir nommé et il compose seul son gouvernement est-ce que dont acte ça vous rassure sur la façon dont Emmanuel Macron se met en retrait aujourd'hui ?
Mais si c'est vrai tant mieux on jugera sur pièce par exemple le fait si j'ai bien lu les informations de BFM TV que monsieur Barnier a choisi le directeur de cabinet sortant de Bruno Le Maire qui a mis notre pays budgétaire n'est pas très rassurant je pense qu'il y a dans la haute fonction publique aussi bien d'actives que de non-actives des personnalités très qualifiées qui auraient pu mieux faire que le cabinet sortant de monsieur Le Maire oui c'est un mauvais signal une hirondelle ne fait pas le printemps mais on va voir ce qu'il en est moi j'avoue que j'ai été très surpris par ce choix puisque ce sont des sujets qui m'intéressent et j'ai du mal à comprendre comment on peut choisir une personnalité qui de toute évidence a endossé la très mauvaise gestion des fonds publics de monsieur Le Maire
d'ailleurs pour vous la leçon des élections c'est qu'Emmanuel Macron doit se tenir à distance vous lui demandez désormais de renoncer à l'hyper présidence Jupiter tous les termes que l'on a vu fleurir au cours des dernières années
mais bon pour le coup monsieur Barnier l'a dit le président doit présider ça impose une certaine prise de hauteur est-ce que vous faites
la même lecture que lui est-ce que vous demandez à Emmanuel Macron désormais de laisser faire le Parlement
il faut que monsieur Macron remplisse son rôle constitutionnel donc veiller au bonheur des institutions présider être garant de la cohésion nationale ce serait déjà pas mal non mais c'est pas être moins intervenante c'est faire le contraire de ce qu'il a fait depuis ses temps une fois de plus sur la cohésion nationale monsieur Macron quand il prend la parole au-delà d'ailleurs des électeurs du Rassemblement National c'est valable comment dire c'est au-delà des partis politiques mais de l'huile sur le feu en permanence oppose les gens à un espèce de plaisir sadique à agresser les plus fragiles des Françaises et des Français tout ça c'est fini j'espère que tout cela est derrière nous bon je suis assez sceptique compte tenu de la personnalité de monsieur Macron j'ai du mal à croire qu'il va vraiment se mettre en retrait il l'a promis à de maintes fois je me souviens à l'élection présidentielle de 2022 il avait entendu les Français il avait écouté tout le monde il avait compris il serait différent mais je crois que monsieur Macron plus il consulte les gens plus il est en fait d'accord avec lui-même l'avenir nous le dira le Rassemblement National défendait une opposition constructive avec les gouvernements précédents est-ce que votre positionnement sera totalement identique avec le gouvernement Barnier ?
oui tout à fait mais c'est vrai que depuis deux ans et même avant mais depuis que nous avons un groupe parlementaire on fait sans cesse des propositions il nous est même arrivé de mettre des textes vous savez que chaque année chaque groupe parlementaire a le droit à une journée où c'est lui qui décide de l'ordre du jour de l'Assemblée National
31 octobre et on va y revenir puisque vous proposez d'approcher la réforme des retraites je vous propose qu'on en parle dans quelques instants comme ça ce que je veux dire c'est que dans le passé
on avait mis des textes qui avaient été votés par d'autres forces politiques et les autres ne voulaient pas voter leur propre texte donc ils étaient tellement sectaires avec nous que quand on mettait un texte qui venait de la gauche ou un texte qui venait du centre qu'ils avaient eux-mêmes voté ils le rejetaient parce que c'était le Rassemblement National qui le proposait cette fois je pense que cette attitude énerve vraiment une grande majorité de Français nous on ne l'aura jamais
Sur quel point est-ce que vous comptez être constructif ? Est-ce que là vous lui proposerez au-delà de la réforme des retraites un certain nombre de textes à voter ? Bien sûr Vous avez déjà des textes sur la table ?
Le texte sur l'immigration qui reprenait un nombre considérable de mesures de Marine Le Pen et de Jordan Bardella même s'il ne venait pas de nous on l'avait voté et puis M. Macron
s'est organisé
des propositions sur l'immigration des propositions de meilleure gestion des finances publiques vous l'avez dit sur la niche abrogation de la réforme des retraites en amendement sans doute des propositions complémentaires Vous savez on a été un des groupes les plus actifs au Parlement et je crois aussi que ce que les Français quand ils ont voté massivement pour le Rassemblement National en juin c'est qu'ils étaient d'accord avec la ligne de Marine Le Pen au Parlement à la fois une opposition radicale à Emmanuel Macron mais aussi des propositions constructives et ne jamais faire la politique du pire parce que une fois plus nous sommes souvent élus au Rassemblement National de territoires qui ont beaucoup souffert des erreurs politiques des 50 dernières années et moi quand je rentre dans la Somme je ne suis pas là pour mettre de l'huile sur le feu je suis là pour essayer de proposer des solutions à celles et ceux qui m'ont élu et qui nous ont fait confiance sur ce que peut faire Michel Barnier dans l'immédiat pour essayer de comprendre quelles seraient vos urgences ou vos priorités si on regarde les textes qui pour l'instant sont en suspens il y a par exemple la loi sur la fin de vie la loi d'orientation agricole la création du délit d'homicide routier la réforme du brevet des collèges la suppression du droit du sol à Mayotte qu'est-ce qui doit être repris examiné le plus vite selon vous ?
Écoutez l'urgence par exemple c'est la situation agricole nous avons dans cette rentrée de très mauvaises récoltes sur le blé sur d'autres récoltes le colza parfois ça va parfois ça ne va pas il y a un double problème c'est la quantité de céréales qui est récoltée par nos agriculteurs mais c'est aussi leur qualité ce qui fait qu'une part considérable du blé par exemple pourrait ne pas être qualifiée pour l'alimentation humaine ce qui ferait des baisses de revenus considérables or dans le reste du monde les récoltes sont plutôt bonnes ce qui fait que les cours mondiaux des céréales vont rester à un niveau assez bas et que les agriculteurs ne pourront pas récupérer par le prix ce qu'ils ne pourront pas faire par les quantités donc là il y a une urgence à revoir totalement cette loi d'orientation agricole qui était une loi très faible qu'on n'avait pas soutenue ces mesures concrètes par exemple passent avant une mesure plus politique comme la proportionnelle c'est pas l'urgence à vous le concéder il est évident par exemple la situation des agriculteurs des paysans français ou de manière générale des salariés français passent avant la proportionnelle mais l'un n'empêche pas l'autre vous savez nous avons le temps de voir plusieurs textes à l'Assemblée nationale nous avons huit commissions permanentes qui peuvent travailler parallèlement puis des commissions extraordinaires mais par exemple si on nous faisait travailler sur une loi sur la fin de vie que moi je voulais voter donc c'est pas une opposition personnelle avant le problème des agriculteurs avant le pouvoir d'achat des français avant des lois sur l'immigration on serait totalement en décalage il faut la faire quand même
la loi sur la fin de vie vous demandez à Michel Barnier de la reprendre
mais bon c'est une volonté des français de légiférer donc il n'y a pas de raison de s'opposer à ce que cette loi revienne un jour sur le bureau du parlement mais ce n'est pas la priorité au quotidien des français moi je n'ai même si ça touche beaucoup de familles évidemment et beaucoup de soignants dans notre pays par exemple à l'hôpital on l'a bien vu hier avec la visite de monsieur Barnier ce que les soignants ont demandé à monsieur Barnier c'est des moyens humains des moyens matériels une meilleure organisation avant la loi sur la fin de vie donc effectivement il y a beaucoup d'urgence dans notre pays j'espère qu'il choisira les bonnes
Jean-Philippe Tanguy on va s'arrêter un instant et vous m'expliquerez juste en retour de pub ce qui vous amènerait à censurer un gouvernement de Michel Barnier parce que Marine Le Pen vient de le redire elle se l'autorise la motion de censure mais on n'a pas très bien compris quand et sur quel motif vous restez avec nous Jean-Philippe Tanguy le débat se poursuit dans BFM politique
BFM Radio Néla Latrousse
avec Jean-Philippe Tanguy vice-président du groupe Rassemblement National à l'Assemblée et député de la Somme membre de la direction du Rassemblement National invité de BFM politique toujours en partenariat avec la tribune dimanche Lucie vous aviez une question sur la motion de censure
Oui le Rassemblement National a indiqué que Michel Barnier serait jugé sur son discours de politique générale Quels sont les éléments de son discours qui feront que vous soutiendrez ou que vous rejeterez la censure ? Finalement c'est assez simple est-ce que M. Barnier a compris le vrai sens des élections européennes et législatives à savoir que les Français veulent un changement total de logiciel qu'on change totalement de cap qu'on rompt totalement avec le macronisme finalement donc est-ce que M.
Barnier sur l'immigration va vraiment appliquer par exemple les mesures qu'il avait promises lors de la primaire des Républicains il y a seulement trois ans Vous préconisez le retour de ce moratoire de trois ans sur l'immigration ?
Sur un moratoire sur l'immigration sur la reprise en main de nos aides de protection sociale pour prioriser les Français et les étrangers en situation régulière qui ont travaillé depuis plusieurs années sur notre territoire aux clandestins et aux personnes qui ne devraient pas être sur notre territoire sur la valorisation du travail il a eu des mots on va voir si ça se concrétise sur la justice fiscale moi j'ai été très attentif à cette question est-ce qu'effectivement on va cesser de privilégier une toute petite minorité même pas 1% des Français pour faire payer la facture à l'essentiel des classes moyennes des classes populaires je pense par exemple au poids de la TVA et de la fiscalité sur le carburant sur l'électricité sur le gaz bref toutes ces dépenses contraintes qui font j'ai vu une étude de l'IFOP en début de semaine que vous avez près de la moitié des Français qui au 10 du mois ont moins de 50 euros et un quart des Français en particulier ceux qui ont entre 40 et 60 ans c'est-à-dire ceux qui ont fait leur carrière qui ont installé leur famille et bien vous avez un quart de ces personnes qui sont à découvert le 10 du mois le 10 du mois il n'y a plus 1 euro pour pouvoir se payer peut-être un petit restaurant en famille ou juste avoir un petit plaisir pour ses enfants donc est-ce qu'il va entendre ces difficultés criantes du pays qui se sont exprimées ou est-ce qu'il va continuer le mauvais chemin qui a été pris par lui et ses prédécesseurs
mais si je comprends bien ce que vous êtes en train de nous dire vous allez lui laisser quand même un peu de temps ce n'est pas le discours de politique générale on attend de voir s'il agit pour agir ça veut dire qu'il faut qu'il s'inscrive dans la durée
dans un discours de politique générale on voit déjà ce qui va arriver moi je me souviens vous m'aviez interviewé à l'époque juste après le discours de Gabriel Attal vous m'aviez trouvé dur quand je vous avais dit qu'il n'avait rien annoncé à part des détails insignifiants que ça n'allait rien changer bon ça n'avait rien changé mais on peut imaginer
pas de censure par exemple avant 2027 ?
non enfin ça dépend des circonstances mais de toute façon il va y avoir un lit de justice qui va arriver très vite c'est le budget bon il se trouve quand M. Attal avait été nommé il restait 9 mois pour le prochain budget même si on a demandé des comptes en juin dernier comptes qu'on n'a jamais eus mais là le budget il commence le 1er octobre et donc le vote de budget aura lieu avant les fêtes avec s'il y a un 49-3 ça veut dire que ça veut dire que si M.
Barnier fait comme Mme Borne avant lui c'est-à-dire ne pas être capable de faire un budget de consensus de faire des réformes de redressement des finances publiques et qu'il doit utiliser le 49-3 je pense qu'il aura de très grandes difficultés avec nous s'ils veulent faire payer une fois plus moi je vois ce qui arrive parce que je connais ce qu'il y a sur le bureau du ministre de l'économie sortant M.
Le Maire et du ministre de l'économie qui va arriver c'est toujours les mêmes les mêmes projets de réformes qui viennent de Bercy qui consistent à faire payer toujours les mêmes par exemple là j'ai vu ils veulent augmenter les taxes sur les poids lourds français donc est-ce qu'on veut déjà que comment dire les poids lourds le secteur du transport français a déjà été dévasté avec M.
Barnier à l'époque il faut le dire par la concurrence déloyale des conducteurs polonais de tous les conducteurs des pays de l'Est qui sont exploités qui sont traités comme des quasi-esclaves et qui ont miné le transport de marchandises français donc est-ce qu'on continue à toujours frapper ceux qui font de la richesse en France ceux qui travaillent en France pour privilégier nos concurrents ou est-ce qu'on change avec ce genre de logique un exemple parmi d'autres de ce qu'on attend de M.
Barnier en tout cas on sera extrêmement exigeant et de toute façon s'il ne prend pas très rapidement les mesures de redressement nécessaires au pays on va vraiment avoir des situations très difficiles Vous évoquiez juste sur le budget le 49-3 est-ce que vous demandez à Michel Barnier d'y renoncer ?
Bien sûr je ne vois pas comment il peut utiliser dans les circonstances qu'on a le 49-3 qui consiste à dire je n'écoute pas le Parlement une nouvelle fois or depuis deux ans plus il y a eu des 49-3 sur le budget moins les comptes sont bien gérés c'est-à-dire que quand on centralise la gestion du budget à Bercy dans les mains de technocrates ils font n'importe quoi et le déficit public est totalement dans le décor donc on en revient non pas à l'unique surveillance dont vous parliez tout à l'heure mais au contrôle du budget au contrôle du gouvernement par le Parlement sur le budget c'est indispensable on ne va pas faire un 49-3 pour régler une crise budgétaire c'est la Cour des comptes qui le dit qu'on n'a jamais vécu depuis 1945
Jean-François Tanguy via le QR code qui s'est affiché il y a quelques instants on a une question d'Éric un de nos téléspectateurs qui vous demande si vous envisagez d'abroger la réforme des retraites il me semble que ce sera proposé le 31 octobre c'est ça ? Absolument nous allons proposer d'abroger ça veut dire revenir au système d'avant ?
Absolument nous allons proposer de revenir à 42 annuités de cotisation et à 62 ans pour l'âge de départ à la retraite car aujourd'hui cette réforme a deux problèmes très importants c'est une injustice sociale c'est une fois plus ceux qui travaillent dur ceux qui ont des métiers pénibles qui payent la facture aussi bien financièrement avec une baisse des pensions quand on n'arrive pas à cet âge ou quand on n'arrive pas à atteindre cette annuité parce que la vie a été trop difficile mais aussi une réforme qui coûte aujourd'hui de l'argent on a l'impression que la réforme des retraites rééquilibre le système elle ne le rééquilibre pas donc c'est à la fois une réforme qui est injuste socialement et qui est inefficace économiquement donc il faut évidemment la remettre totalement à plat alors j'ai vu que monsieur Barnier était prêt à travailler cette réforme tant mieux mais il faut qu'il entende qu'aujourd'hui ce n'est pas la même chose d'être aide-soignante entre 19 et 64 ans d'avoir un travail très difficile de s'occuper des gens d'avoir des horaires difficiles et d'être comme moi privilégié j'ai eu la chance de faire les études des études que je voulais de travailler dans des circonstances faciles bah oui je n'ai pas la même difficulté au quotidien que les personnes qui travaillent dur et de ne pas être capable parce que monsieur Barnier a le même parcours que moi en l'occurrence de reconnaître qu'on est des privilégiés et que c'est trop facile de taper sur ceux qui ont moins de chance que nous moi je ne le supporte pas parlons un peu finance la réforme que vous préconisez coûtera 30 milliards d'euros à l'état au bas mot est-ce qu'à force de défendre le système des retraites vous ne craignez pas de le mettre en faillite ?
non mais pas du tout nous on a un chiffrage et d'autres instituts comme l'IFRAP le font de 10 milliards d'euros mais imaginons que la réforme puisse coûter un peu plus cher même que ce que nous pensons nous et pour le moment sur les analyses financières et économiques je suis désolé Marine Le Pen qui a été beaucoup critiquée les faits lui ont toujours donné raison nous ce qu'on critique au-delà de ça c'est cette gestion permanente de la pénurie les femmes et les hommes politiques sortant du système qui ont échoué sur la politique économique la politique industrielle la politique agricole la politique commerciale font payer aux travailleurs français et aux entrepreneurs leur échec ils n'envisagent jamais de rétablir par exemple la productivité du travail et des moyens de production c'est-à-dire qu'avec les mêmes personnes vous faites vous créez plus de richesses comme ce qui s'est passé pendant les temps glorieux non ça c'est pas la productivité ça c'est la quantité de travail la productivité par exemple aux Etats-Unis aujourd'hui les gains de productivité sont les doubles que les gains de productivité en France et en Europe prenez un exemple la recherche les budgets par contre de recherche et développement ça fait 10 ans qu'au Rassemblement National on demande qu'il soit porté à 3% du PIB pour qu'on puisse innover pour qu'on ait les moyens aussi de réindustrialiser avec de l'automatisation avec des robots qui contrairement à ce que certains croient créent des emplois on le voit bien en Corée au Japon en Allemagne plus vous avez une automobilisation des chaînes de production plus vous pouvez garder des usines et créer des emplois d'ouvriers parce que vous n'êtes plus en concurrence avec les pays à bas coût comme la Chine ou l'Asie nous avons pris beaucoup de retard de la même façon dans la réforme de Marine Le Pen et Jordan Bardet qu'est-ce qu'on propose ?
d'encourager les jeunes à travailler plus tôt puisque s'ils commencent à travailler plus tôt ils pourront partir plus tôt et cela créera beaucoup de richesses et ça résoudra des problèmes moi j'ai souvent le débat avec la gauche sur la transition écologique la gauche nous dit toute la journée il faut faire la transition écologique ils ont raison notamment rénover les bâtiments pour rénover les bâtiments vous avez besoin d'artisans qualifiés qui savent bien travailler comme on sait le faire en France et donc pour ça il ne faut pas faire des études qui font 5 et 5 ans et qui ne vous apportent pas grand chose il faut refaire l'apprentissage qualifié ça nous éloigne des retraites vous dites que les Français doivent travailler plus tôt parce que travailler dans le bâtiment faire la transition écologique et énergétique avoir des emplois bien payés parce qu'on peut être bien payé dans ces secteurs-là ce ne sera pas suffisant et bien ça financera les retraites les Français doivent travailler plus tôt ils doivent aussi travailler plus tard on sait que la France c'est l'un des pays qui travaille le moins longtemps dans le monde en fait on est en retraite 23 ans après l'âge de départ légal en France c'est un record mondial mais on devrait en être fier madame de pouvoir profiter de la retraite mais est-ce que ce n'est pas mentir aux Français de leur dire qu'ils ont mal payé en matière de retraite ?
le but d'un système des retraites c'est que les gens soient tellement fatigués qu'ils n'en bénéficient pas effectivement moi je ne fais pas partie de cette philosophie politique mais vous voyez ce renversement que je trouve tragique qu'on assiste en Europe et en France et qu'on consiste à dire que visiblement pouvoir profiter de la retraite ce serait un crime mais on en profite déjà largement est-ce qu'il y a vraiment besoin de revenir sur cette retraite ?
vous et moi on en profitera sans doute largement si on a la chance vous êtes en bonne santé moi je peux vous présenter beaucoup de gens qui n'en profitent pas beaucoup non seulement parce qu'ils ont des petites pensions mais aussi parce qu'ils sont abîmés par la vie et quand vous dites par exemple que travailler plus longtemps favorise comment dire permet de financer notre protection sociale ben c'est pas totalement vrai parce que quand on voit la réforme Fillon et le bilan de la réforme Fillon il y a tellement de coûts pour des gens qui sont en invalidité en situation de handicap en maladie chronique parce qu'ils se sont abîmés au travail quand vous vous blessez à 62 ans au travail ça n'a pas les mêmes conséquences que quand vous vous blessez à 21 ans il y a des blessures à 62 ans qui sont définitives alors que vous pouvez vous rétablir quand vous êtes plus jeune et donc aujourd'hui vous avez des gens qui s'abîment très durement au travail et à 62 ans quand vous avez le dos cassé vous ne profitez pas beaucoup de votre retraite si cette réforme des retraites revient à l'Assemblée ce sera la quatrième depuis qu'Emmanuel Macron est au pouvoir est-ce que ce n'est pas la preuve que la classe politique s'intéresse uniquement aux personnes âgées qui votent beaucoup on le sait on n'entend pas beaucoup parler d'éducation d'innovation d'emploi est-ce qu'il ne faut pas aller chercher la cause du faible vote des jeunes ?
Non mais nous vous savez on fait de scores importants chez les jeunes parce qu'on parle de ces sujets qui à part Marine Le Pen depuis le début de son engagement politique a dénoncé la baisse du niveau à l'éducation nationale en particulier dans l'école publique moi je n'ai fait que masculinité dans l'école publique je dois tout à l'école publique donc je sais ce que je lui dois et je sais ce que j'aurais pu ne pas pouvoir faire la chance de pouvoir faire dans ma vie si je n'avais pas eu une bonne école publique et des très bons enseignants aujourd'hui je pense que je ne pourrais pas avoir le parcours que j'ai eu d'éducation parce que le système scolaire s'est considérablement affaibli et en demandant toujours moins comme on dit notamment aux classes populaires et bien en fait on les laisse dans une situation de grande difficulté donc une école exigeante qui enseigne des savoirs verticaux où on apprend aux enfants à écrire à compter à connaître leur histoire à apprendre le civisme et bien ça permet à tout le monde de réussir et ça permet la méritocratie à tous les échanges de la société alors que le laxisme qu'on voit depuis 20 ans et qu'un carré de M.
Macron et bien ça n'a fait qu'aggraver les problèmes
vous dites il y a d'une certaine façon un certain nombre de privilégiés qui ont connu des carrières qui au final ne les ont pas abîmées vous dites il faut favoriser les jeunes quand on regarde aujourd'hui les calculs faits par les économistes le travail est par exemple beaucoup plus taxé mais beaucoup plus taxé que les retraites que les rentes issues de l'investissement ou de l'héritage ce que l'on voit actuellement à l'antenne ça dit que en fait quand l'employeur vous donne 100 euros et que vous êtes un employé il vous en reste en réalité 54 en poche en revanche quand vous héritez de 100 euros il vous en reste 94 en poche et quand vous êtes à la retraite et que vous avez 100 euros de retraite il vous en reste 86 en poche est-ce qu'il faut désindexer les pensions des retraites sur l'inflation pas celles de tout le monde celles des plus aisées il y a une proposition en ce sens de dire les 20% qui touchent les plus hauts de retraite n'est pas obligés de revaloriser leurs pensions de retraite chaque année
le problème de ce système c'est que quand vous commencez à rentrer là-dedans et je pense que beaucoup de Français des Français qui nous regardent le savent c'est qu'on dit oui oui on va désindexer les retraites des plus aisées et puis en fait on désindexe les pensions de toutes les classes moyennes mais je suis compte parce que je n'ai pas confiance dans ce genre de proposition je sais d'où elles viennent je sais les services du ministère de Bercy qui fait ces propositions et en fait ce qu'ils disent à l'antenne ce qu'ils disent dans les médias ne correspond pas à la mesure qu'ils fera souvenez-vous de François Hollande qui est revenu au Parlement grâce à M. Mélenchon et à M.
Wauquiez qui avait fait la même chose pendant la campagne électorale c'était mon ennemi c'est la finance il n'y a que les plus riches des riches qui vont payer la facture puis au final ça a été la plus grosse hausse d'impôts sur les classes moyennes françaises donc je n'ai pas confiance dans ces gens et par ailleurs mon but dans la vie si vous voulez c'est pas de taxer autant les retraités c'est pas parce qu'on taxe trop le travail qu'il faut taxer tout le monde c'est pas une philosophie on en revient à l'idéologie de la pénurie qui m'inspire le vrai problème et c'est une fois plus désolé on le dit avec Marine Le Pen depuis des années c'est la trappe à bas salaire M.
Barnier va-t-il rompre avec 40 ans de politique qui ont fait qu'aujourd'hui vous êtes coincé au SMIC parce que l'organisation des cotisations des exemptions de cotisations est tellement mal faite qu'effectivement augmenter un salarié au SMIC qui travaille bien et à qui vous voulez reconnaître ses mérites pour l'augmenter de 500 euros de pouvoir d'achat de 100 euros de pouvoir d'achat pardon ça vous coûte 500 euros entre les taxes et la prime pour la qualité vous savez que Michel Barnier ne veut pas l'abrogation de la réforme des retraites mais qu'il a suggéré des améliorations possibles est-ce que si par exemple il fait des gestes sur les carrières longues sur la pénibilité ça vous satisfera c'est un premier pas dont acte et vous avancerez avec lui moi je pense qu'il est beaucoup plus simple d'approcher cette réforme et de refaire mais il ne le fera pas on verra non mais écoutez on verra il y a quand même pour le coup en tant que représentant entre les députés du NFP et les députés du Rassemblement National une très forte part des français qui ont élu des députés pour revoir totalement cette réforme des retraites le problème aussi de la bureaucratie française c'est quoi ?
c'est qu'on fait un système qui ne fonctionne pas et au lieu d'avoir le courage de le remettre à plat et de repartir à zéro on fait des exceptions des trous dans le système le trou dans la raquette et plus personne ne comprend rien vous savez moi dans mes permanences à Corby dans ma circonscription j'ai un rendez-vous sur dix c'est une personne qui vient me voir avec son parcours professionnel pour avoir sa retraite et qui ne comprend rien et moi non plus d'ailleurs au passage à comment quelle pension elle va toucher tellement le système est compliqué donc si vous voulez moi je veux dire qu'on refasse encore un système où on fait des trous des exceptions des modifications tout ça coûte de l'argent parce que plus vous faites de modifications plus vous font des fonctionnaires les pauvres pour vérifier que tout ça fonctionne ou ne fonctionne pas d'ailleurs donc ce système illisible qui fait d'ailleurs que quand vous travaillez vous ne savez pas où vous en êtes vous ne savez pas quelle retraite vous allez toucher à la fin de votre vie surtout si vous êtes dans des zones un peu d'ombre par exemple compagnes d'artisans femmes des agriculteurs j'en ai beaucoup évidemment dans ma circonscription vous avez des personnes qui ne savent même pas et l'administration n'est pas capable de leur dire où ils en sont donc faisons aussi des choses simples et ce genre de promesse qui consiste à garder ce qui ne marche pas et essayer d'améliorer un peu par des exceptions moi qui ne le dis totalement inverse repartons à zéro ce qui est assez étonnant c'est que pendant la campagne des législatives Jordan Bardella avait dit qu'il reportait la réforme des retraites dans un second temps le temps de mener un audit des finances publiques aujourd'hui vous en faites un texte prioritaire donc finalement le sérieux budgétaire c'est juste pendant les campagnes électorales pas du tout c'est la même date on avait dit qu'on reverrait la réforme des retraites à l'automne 2024 il n'y a pas eu d'audit tu as la raison Lucie Robkin ça malheureusement l'audit et néanmoins vous mettez les retraites en haut de la pile non mais on avait dit que la réforme des retraites serait à l'automne 2024 dans le programme présenté par Jordan Bardella notre niche vous l'avez dit Mme Latrous c'est le 31 octobre 2024 donc je crois que le 31 octobre on est en plein dans l'automne donc on fait exactement ce qu'on avait annoncé en l'occurrence il n'y a pas eu l'audit mais je le regrette mais excusez-moi on nous a dit le Rassemblement National ment en l'occurrence soit disant je mentais sur vos plateaux ça m'a été reproché à plusieurs reprises on sait très bien ce qui se passe dans les finances publiques je vous ai dit c'est pas vrai la Cour des Comptes et Bercy nous disent qu'il faut ouvrir le capot on ne comprend pas la dérive des dépenses deux mois plus tard on apprend que le déficit public sera 50% supérieur à ce qui a été promis donc moi j'appelle ça une dérive des dépenses et aujourd'hui encore quand vous lisez la presse économique et je sais madame que vous êtes très attentive il y a très peu de gens qui sont capables de nous expliquer comment on se retrouve dans cette situation ubuesque où Bercy n'arrive plus à savoir où va l'argent
Jean-Philippe Tanguy est-ce qu'il y a une possibilité que le budget 2025 ne soit pas un budget de l'armée de sang 20 milliards d'économies à faire pour l'année prochaine il faudra en faire 100 d'ici 2027 mais on garde le premier président de la Cour des Comptes
non mais l'armée de sang c'est curtilien ça renvoie à une période de guerre alors je dis à monsieur Barnier la France n'est pas en guerre nous avons la chance d'être en paix et nous pouvons faire des réformes qui ne demandent ni l'arme ni sang ce sera un budget difficile
quoi qu'il en soit
non mais ce qui est difficile c'est d'affronter aujourd'hui l'état mammouth l'état obèse cette bureaucratie que les gouvernements français ont créé d'année en année entre la France et l'Union Européenne avec un millefeuille administratif aujourd'hui pareil quand vous habitez dans la Somme vous ne savez même pas de quelle intercommunalité vous relevez vous avez les cantons qui sont différents de la circonscription vous avez un syndicat des eaux vous avez un syndicat des ordures bref plus personne ne comprend rien à ce millefeuille territorial cela coûte des milliards d'euros il faut avoir le courage de supprimer des échelons administratifs de remettre de la rationalité qu'aujourd'hui moi je vois une fois plus en Picardie des fonctionnaires méritants qui sont coincés dans des bureaux préféraient être sur le terrain au service des gens moi je vois dans le monde rural on a supprimé par exemple tous les gardes champêtres pour créer des services de communication dans les intercommunalités écoutez les gens je crois majoritairement préféraient avoir des gardes champêtres ou des gens qui sont capables de venir vérifier leur consommation d'eau quand ça déraille soyons très concrets Philippe Tanguy sur le terrain à quel ministère on réduit les crédits et pour lesquels augmente-t-on les crédits par exemple la transition écologique doit perdre 3 milliards l'an prochain est-ce que c'est légitime compte tenu du réchauffement climatique ?
mais l'argent ne va pas là où il faut prenons l'exemple de la transition nous subventionnons depuis plusieurs années des voitures électriques et quelques années plus tard on se rend compte que les planifications industrielles de ces voitures ne fonctionnent pas que tous les industriels nous disent que ça a été fait en dépit du bon sens les consommateurs ont de très mauvais retours d'utilisation parce qu'on a subventionné massivement avec l'argent des français des modèles qui ne fonctionnaient pas et donc on a fait ça n'importe comment donc vous voyez on aurait investi ce que je vous disais tout à l'heure davantage dans la recherche et développement plutôt que de faire des chèques aux constructeurs qui ne servaient à rien on n'aurait pas dépensé de l'argent n'importe comment dans la rénovation thermique on se rend compte qu'on a mis beaucoup d'argent mais comme on n'a pas forcément des pays de l'Est au lieu d'engager ou de former des personnes en France c'est précis c'est l'année prochaine qu'est-ce qu'on fait ?
aujourd'hui cet argent est mal utilisé donc oui on peut voir des coûts en même temps vous préconisez de baisser la TVA sur les énergies le prix de l'essence n'a jamais été aussi bas l'inflation est enfin passée sous les 2% est-ce que c'est vraiment la priorité ? ça coûte des fortunes est-ce que c'est la priorité ? est-ce que c'est comme ça qu'on va redresser les comptes publics ?
vous voyez dire que le carburant n'a jamais été aussi bas depuis 2 ans il est très haut et on veut habituer enfin on monsieur Macron et ses amis ont voulu habituer les françaises et les français à avoir un carburant très élevé au-dessus d'un euro 50 de manière structurelle et bientôt au-dessus de 2 euros nous on ne considère pas que ce soit normal parce que l'énergie c'est pas un bien comme un autre c'est un bien de première nécessité on ne peut pas vivre dans beaucoup de territoires en France si on ne peut pas faire le plein de sa voiture donc vous le reproposerez pendant le budget on ne peut pas vivre si on n'a pas l'électricité pour se chauffer donc la baisse de la TVA
vous allez proposer dans le prochain budget
ah ben oui on continuera à proposer ce genre d'économie très importante pour les français ce retour de pouvoir d'achat et nous on proposera des réformes structurelles de l'état voilà si on compare la France à nos voisins européens nous avons plus de 55% de PIB en dépense publique pour un service public qui ne satisfait aujourd'hui personne je voyais encore j'écoutais encore les dirigeants de la Macronie qui eux-mêmes disaient ah ben même nos électeurs disent qu'ils n'en ont pas pour leur argent c'est le moins qu'on puisse dire donc il y a de toute évidence et d'ailleurs c'était le cri du cœur des gilets jaunes où va l'argent et on doit comprendre où va l'argent des français de toute évidence il n'est pas bien utilisé dans les services publics Sur la situation politique aujourd'hui Jean-Philippe Tanguy Marine Le Pen dit qu'elle pense qu'il peut y avoir une élection présidentielle anticipée qu'est-ce qui vous fait penser cela et à quelle échéance ?
L'échéance nous on lit pas dans le marre de café ou ailleurs ce que dit Marine Le Pen qu'elle avait dit avant les élections législatives le président de la république a trois instruments pour régler des crises politiques il a le référendum il a toujours refusé de l'utiliser il a la dissolution il vient de l'utiliser en créant avec des alliances contre nature avec la gauche une situation très difficilement gouvernable on verra et il lui reste quoi aujourd'hui qu'avait utilisé le général de Gaulle la démission donc c'est pas qu'on souhaite sa démission à plusieurs reprises on se fait interpeller vous demandez la démission on demande pas la démission du président de la république mais il peut apparaître une situation politique où l'évidence c'est que monsieur Macron est-ce que vous dites que c'est par exemple la prochaine étape si Michel Barnier chute à cause d'une motion de censure quelle issue vous voyez derrière pour vous il n'y a plus que la possibilité de la démission d'Emmanuel Macron c'est pas tant la chute du gouvernement Barnier que par exemple l'incapacité de réussir un budget de faire voter ou d'adopter un budget de redressement national ça ça pourrait être une cause effectivement de crise très importante pour le pays alors c'est pas les Etats-Unis ce qu'on appelle le shutdown où il n'y a plus d'argent pour payer les fonctionnaires rassurons les françaises et les français ça n'existe pas en France contrairement à ce qu'il y a de faire croire la Macronie pour faire peur aux gens mais s'il n'y avait pas de budget de redressement des finances publiques c'est pas les fonctionnaires français qui ne seraient pas payés c'est les marchés financiers qui attaqueraient la France et ce serait encore avec ta responsabilité du vote pour plus sur votre écologie on va pas faire du chantage il y a 50 ans il y a 50 ans de déficit ça fait 50 ans que nos opposants mettent la France en déficit public c'est quand même pas eux qui vont nous donner des leçons de bonne gestion
et vous reviendrez nous parler du budget évidemment Jean-Philippe Tanguy merci d'avoir accepté l'invitation de BFM Politique merci Amandine merci Lucie et tout de suite affaire suivante
Jusqu'à 13h BFM Politique avec Nella Latrousse sur BFM Radio
Jean-Philippe Tanguy