Cybercriminalité : combat d'une procureure / Espace : l'Europe aspire à décoller | 28 minutes | ARTE
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 98 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:23OuverteRéponse directe
Pourquoi parler de cybercriminalité dans un livre alors que vous êtes toujours en activité ?
- 3:46OuverteRéponse directe
Comment lutter contre des menaces qui évoluent au rythme des technologies ?
- 5:04OuverteRéponse directe
L'arrestation de Pavel Dourov était-elle délicate politiquement ?
- 5:44OuverteRéponse directe
Pourquoi les jeunes hackers sont-ils de plus en plus jeunes ?
- 7:52OuverteRéponse directe
Où en est l'enquête contre Elon Musk pour les deepfakes sexuels ?
- 9:19OuverteRéponse directe
L'État utilise-t-il des hackers repentis pour lutter contre la cybercriminalité ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:28Chiffre
« Quatre français sur 10 ont été victimes de cyber malveillance en 2025. »
- 4:25Chiffre
« En mars dernier, plus de 2 millions et demi de collégiens et de lycéens ont reçu un message les incitants à cliquer sur un lien et s'ils cédait à la tentation, ils tombaient sur cette vidéo. »
- 5:44Fait
« Vous êtes devenu l'ennemi public numéro 1 d'Elon Musk qui a lancé une sorte de campagne Free Pavel. »
- 8:34Fait
« Le parquet de Paris a ouvert effectivement une information judiciaire parce que Elon Musk, Linda Yarino ne se sont pas présenté à leur convocation. Un juge d'instruction est saisi de toute une série d'infractions. »
Temps de parole
- ?100 %
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Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
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Bonsoir, soyez les bienvenus dans 28 minutes. Merci de votre fidélité et bonsoir admirable camarade. Bonsoir toutes les nuances du bleu, c'est très beau. La terre et l'espace, ça tombe bien. L'actualité internationale, c'est le premier sommet spatial qui vient de s'achever à Paris. 120 pays conviés, initiative française boycotté par Donald Trump et Elon Musk et en l'absence du chancelier allemand Fredrich Schmerz. l'enjeu du sommet selon Emmanuel Macron que l'Europe ne soit pas à la traîne derrière les États-Unis et la Chine. Nous voulons que l'Europe affirme son ambition sur les vols habités. Cette aventure est clé. Notre histoire commune est celle d'explorateur et je veux voir dans 2 ans la première capsule
cargo européenne NYX Maret à la station spatiale internationale. Et oui, mais serons-nous des passagers ou des copilotes dans le cadre de la conquête spatiale du 21e siècle ? À quoi peut ressembler d'ailleurs l'Europe spatiale ? Ce sera le thème de notre débat avant qu'on vous retrouve en fin d'émission. Théophile Cossa et Xavier Maudu pour vos chroniques. Les pompiers sont en grève Elisabeth, ils sortent épuisés d'un été marqué par les incendies. Ils demandent plus de moyens et c'est l'occasion de revenir aux origines de l'introduction de la pompe à feu en France. La pompe à eau quoi parce qu'il faut pomper d'où les pompiers. Vous êtes un chadoc ce soir. Vous aviez modu et vous Théophile une enquête ce soir ilabette sur les coffees. Vous savez ces petites
boutiques design où on vend du café emporté qui coûte 18 €. Ça cartonne en France, il se multiplie. Mais d'où viennent ces coffee shop ? Quels sont leurs réseaux ? Vont-ils grand remplacer nos bistro ? On voit ça en fin d'émission. Question vitale à tout à l'heure. Et pour commencer, un chiffre fou. Quatre français sur 10 ont été victimes de cyber malveillance en 2025. En première ligne dans le combat contre le hacking, ces attaques numériques. Johanna Bro, la vice-procure en charge de la lutte contre la cybercriminalité au parquet de Paris. L'arrestation en 2024, rappelez-vous, de Pavel Dourf, le fondateur de la messagerie cryptée Telégram. C'est elle comme la fermeture du site de rencontre Coco utilisé notamment par le mari de Giselle Pélico. Nous recevons une cybercattante qui
affronte une hydre invisible.
Johanna Brous, bonsoir. Bienvenue dans 28 minutes. Je vous présente Adan Di et Benjamin Sportou. Bonsoir. Bonsoir. On vous reçoit parce que vous faites paraître chez Jean-Claude la Tess ce récit des mémoires entre guillemets cybercbattantes. Il faut croire que le sujet est suffisamment fort, terrible et que c'est une menace pour nous tous pour que vous parliez, que vous racontiez ce que vous vivez au quotidien alors que vous êtes toujours en activité. Alors tout à fait. Le but de ce livre, c'est d'emmener les lecteurs dans les dans les histoires cyber pour qu'ils se rendent compte de l'ampleur de la menace. De l'ampleur de la menace qui nous concerne tous. Alors, on en reparle avec vous avec votre portrait réalisé par Gael Legra. Johanna Brousse, vous êtes
vice-procureur et chef de la section cybercriminalité au parquet de Paris. Alors qu'un auteur présumé du piratage des données du FIS, membre du groupe de pirates informatiques Zer Bytes a été mis en examen le 20 août dernier, vous partagez votre expérience dans cybercbattante. Comment lutter contre ces menaces qui changent de nature au rythme des transformations technologiques ? Pour répondre à cette question, vous avez le profil idéal. En 2020, à l'âge de 35 ans, vous prenez la tête de la section du parquet de Paris en charge de la cybercriminalité. Les organisations criminelles traditionnelles évoluent et se digitalisent. Nous avons besoin d'une magistrature spécialisée. Particulier entreprises et services publics sont de plus en plus ciblé par les cybercriminels. En 2021, en pleine
pandémie, l'hôpital de Dax est attaqué par des pirates informatiques. On pense que l'État français va payer. On peut pas rester avec un un hôpital paralysé, surtout en période de crise sanitaire comme c'est le cas maintenant. L'État ne pai pas mais l'attaque coûte plus de 2 millions d'euros dont 1,5 million en renfort et heures supplémentaires du personnel. L'enquête est toujours en cours. Parmi vos nombreux dossiers, citons également celui à Pavel Dourf, le patron de Telegram. En 2024, vous lancez des investigation sur la messagerie cryptée où circulent notamment des vidéos d'agression sexuelle. Pavel Dourov, qui laisse les criminels s'exprimer sur son réseau est interpellé en août à l'aéroport du Bourget et vous le mettez en examen. De jours plus tard, il cède
et décide de coopérer avec la justice. Enfin, vous ne vous intéressez pas uniquement au hackur ou au patron de la tech. Vous effectuez également des campagnes de prévention. En mars dernier, plus de 2 millions et demi de collégiens et de lycéens ont reçu un message les incitants à cliquer sur un lien et s'ils cédait à la tentation, ils tombaient sur cette vidéo. Le message semblait crédible. Rien de grave cette fois-ci. L'objectif était de montrer à quel point les cybercriminels redoubent d'inventivité pour obtenir vos informations personnelles par un simple lien. Avec mon équipe, nous luttons au quotidien à la mesure de nos moyens contre cette menace, écrivez-vous. Notre unique cap, c'est la justice. Oui, c'est pas une grosse équipe, mais euh votre mission est gigantesque. Euh
Pavel Dourov, vous avez ordonné son arrestation en 2024. On vient de l'évoquer, G Lear vient de l'évoquer. Et le fait de le faire alors qu'Emmanuel Macron lui avait accordé la nationalité française, c'était une manière de réaffirmer l'étanchéité entre la justice et la politique d'une certaine façon. Ceci dit, c'était délicat de donner cette arrestation, je suppose. Alors, le fait qu'il soit citoyen français, citoyen russe, ça n'a pas d'impact sur l'enquête. Nous, on se saisit parce qu'on constate des infractions et on ordonne les interpellations parce qu'on estime que c'est nécessaire d'entendre la personne et euh le cas échéant de la traduire devant la justice. Donc, français ou étranger, ça ne change rien. Ça ne change strictement rien. Et ce faisant, vous êtes devenu l'ennemi
public numéro 1 d'Elon Musk qui a lancé une sorte de campagne Free Pavel. se libérer Pavel sur ses réseaux sociaux. Après son interpellation, il y a eu effectivement des mouvements bah de soutien dans le monde entier exigeant la libération de Pavel Durof. H h mais votre travail il est directement en lien avec notre quotidien, c'est-à-dire qu'on peut être piraté, nos messageries, nos impôts et dans votre cabinet bien vous retrouvez des jeunes, très jeunes, des profils de 18 20 ans. Pourquoi font-ils ça ? Qu'est-ce qui les anime ? Alors, ce qu'on constate effectivement euh ces derniers mois, notamment avec euh la vague des fuites de données euh que la France a connue, euh c'est l'émergence de profil très jeune. Donc, on a des hackurs mineurs euh qu'on avait pas forcément avant et
ou des jeunes majeurs. Donc, on a été nous aussi obligé de s'adapter euh face à cette nouvelle forme de cybercrimin cybercriminalité chez les jeunes. Et donc, on a nommé un référent mineur au sein de du parc à cyber. On a des juges des enfants qui se sont formés et spécialisés eux aussi pour prendre en charge ces profils particuliers. Comment vous évoquez ? Comment comment vous pouvez comprendre ou expliquer leur motivation ? C'est l'adrénaline, c'est le fait qu'ils vivent dans un monde déréalisé par leur pratique assidu et obsessionnelle des réseaux sociaux. Qu'est-ce que c'est ? Qu'est-ce qui explique la jeunesse et l'âge de plus en plus bas de ces hackurs ? Alors, c'est vrai qu'on constate euh parmi les profils de ces jeunes à cœur euh bah des jeunes étudiants ou des jeunes lycéens
qui sont parfois euh déscolarisés euh qui qui peuvent avoir un étayage familial euh fort mais euh qui sont coupés du monde. Ils veulent plus sortir de chez eux, parfois plus du tout sortir de leur chambre euh et ils se s'enferment dans ce monde virtuel parce que derrière leurs écrans, ils ont l'impression de devenir euh bah des héros. Et c'est ça, c'est ce mythe là qu'il faut arriver à casser euh et de valoriser en fait ses profils différemment, de se dire "Oui, ils ont des compétences et on va les mettre en avant ben en valorisant leur savoir-faire." C'est c'est vraiment le travail qu'il faut mettre en place et qu'on essaie de mettre en place avec bah les différents partenaires que ça soit l'éducation nationale, cybermalveillance, la gendarmerie, l'acnil, enfin tout le monde s'est
mobilisé sur ce sujet-là. Sur ce sujet parce que c'est vital, c'est fondamental. Juste pour revenir aux énormes dossiers qui ont jalonné votre carrière, Johanna Brousse, on parlait de Pavel Dourrof et de Musk du coup a dit euh vous êtes ennemis du public numéro 1. Vous avez ouvert une information aussi contre Elon Musk à cause des deepf sexuels et autres euh sur son réseau X. Il ne s'est pas présenté mais il vous en a beaucoup voulu. Il y a eu des messages invraisemblables à propos de votre travail. Ils sont plus faux qu'un euro en chocolat, plus qu'un flamant rose en tutu fluo. Ce qui raconte à quel point le type est à moitié dingue. Où en est l'affaire ? où on est l'enquête, où on est la procédure. Alors, le parquet de Paris a ouvert effectivement une information judiciaire parce que
Elon Musk, Linda Yarino ne se sont pas présenté à leur convocation. Un juge d'instruction est saisi de toute une série d'infractions. Donc, vous l'avez rappelé, les DIP FA à caractère sexuel, la complicité de pédopornographie, la contestation de crime contre l'humanité. Euh nous avons désormais un juge d'instruction qui est saisi et qui enquête euh sur ces infractions-là. Vous pensez qu' se qui se présentera pour l'instant le nous ce qu'on a demandé c'est euh sa mise en examen euh et après bah ça sera au juge de décider ce que lui veut faire dans ce dossier. Euh on se pose tous une question. Est-ce que pour travailler contre ces cybercriminels euh l'État engage et utilise des haqueurs vertueux ou qui ont opéré leur propre autocritique ? Comment
ça se passe ? Vous pouvez nous en dire deux trois mots ? Bien sûr, c'est ce que je raconte justement dans le livre à travers ces enquêtes. Euh comment est-ce que nous aussi on arrive euh à recruter des talents. Donc c'est un service, vous appelez ça les talents. Donc les talents, c'est ça euh un service très particulier à la DGSI euh qui va euh nous aider euh et bien à hacker les téléphones portables, à hacker les serveurs pour avoir une longueur d'avance sur les cybercriminels. Hm hm. Alors on avec vous Johanna Brousse et avec Anna. La manière peut-être la plus efficace de lutter contre la cybercriminalité, ça serait de revenir à des pratiques anachroniques anciennes, nos pratiques quotidiennes. Bah oui, Ellisabeth, oubliez votre smartphone et passer au dumb phone.
Autrement dit un téléphone bête, c'est-à-dire sans internet, vous savez comme ce bon vieux Nokia 3310 qu'on a connu. Ou sinon et bien revenez plus simplement au papier stylo. C'est d'ailleurs ce qu'on été obligé de faire certains hôpitaux français quand leur système informatique ont été bloqués à cause de cyberattaque. De même que l'Ukraine qui a été contrainte de revenir à des cartes papier ou à des boussoles pour justement pour ne pas se faire pirater son système GPS par la Russie. Alors sur retour en arrière technologique, il porte un nom. On parle de Security by Antiquity. en français, la sécurité par l'ancienneté et c'est d'ailleurs une technique qui est de plus en plus plébiscitée par les experts en cybersécurité mais aussi par les services de renseignement. Vous par
exemple, vous seriez prête à renoncer à votre smartphone pour être mieux protégé. Alors euh effectivement ce qu'il faut savoir c'est que à partir du moment où vous avez un téléphone portable, un objet connecté, tout peut être piraté, donc tout peut être siphonné. H il y a des catchers, vous racontez qu'il y a des appareils, vous êtes tombé sur des appareils énormes qui sionent les données de centaines de milliers de téléphones portables dans des voiture. Exactement. On a vu des INS catchers être commandé depuis la Chine. Donc c'est normalement c'est du matériel réservé au service de renseignement ou à la lutte contre la criminalité organisée. Donc être commandé par des délinquents, installés dans des véhicules et derrière il circulait dans Paris pour capter les
données des utilisateurs de téléphone portable de vous. dites la lutte contre la pédoporgraphie, vous en parlez hein, c'est une part très importante de votre travail et vous faites vous-même, vous essayez de vous préserver, vous ne regardez pas tout parce que c'est dur et parce qu'il n'y a pas d'assistance psychologique aussi dans les tribunaux suffisantes pour assister des magistrats comme vous. Alors moi, j'ai déjà beaucoup de chance parce que je suis pas au parc des mineurs. Ce qu'il faut savoir, c'est que c'est mes mes collègues qui sont au parc des mineurs qui sont confrontés bah quotidiennement à ce type de délinquence. Nous, on va s'intéresser à euh la lutte contre la pédopornographie lorsque vous avez des plateformes qui diffusent euh des images.
Mais vous racontez quand même un type qui a été arrêté, Ran R en 2020 et vous dites "Les images étaient littéralement insoutenables et j'ai tout fait pour ne pas les voir." Exactement. quand on a mais que ça soit dans ce dossierlà ou que ça soit sur les plateformes euh que l'on fait fermer et qui diffuse ces images de pédopornographique, euh on évite de se confronter euh à ces images parce que derrière forcément ça a des des des conséquences mais pas uniquement sur le court terme, sur le long terme et c'est pas simplement les magistrats, c'est aussi les enquêteurs spécialisés. Tout le monde devrait pouvoir bénéficier de cet accompagnement. Mais il y en a pas. Il y en a pas assez. Il y a pas assez de de psychiatres, de psychologues dans la magistrature. Euh,
une dernière question. Vous dites que le cyberterrorisme c'est la menace ultime gigantesque. On a du mal à la mesurer. Elle est invisible, elle est tentaculaire. Cyberterrorisme. Alors, c'est ce que j'ai essayé de d'expliquer à travers ce livre les cas auxquels on a pu être confrontés et qui nous font craindre et bien cette nouvelle forme en fait de terrorisme, utiliser et ben un outil, un objet connecté pour commettre des attaques de masse. Voilà. Donc c'est vrai qu'on on est très mobilisé sur le sujet. On fait des exercices de gestion de crise régulièrement avec l'ANC et tous les partenaires pour pouvoir bah être prêt le cacher. Exactement. Merci infiniment d'être venu lever le voile un tout petit peu sur vos
activités quotidiennes. Le reste dans ce récit absolument fascinant. Cybercbattante aux éditions Jean-Claude la Tess. Johan Bro, merci encore d'être venu dans 28 minutes. On lâche nos téléphones portables et on passe à notre débat sur le sommet spatial international qui s'est tenu à Paris. Son promoteur Emmanuel Macron rêve de faire de l'Europe une puissance spatiale indépendante et pas à la traî des États-Unis et de la Chine. Quels sont nos atouts ? Avec un chancelier allemand absent du sommet, la fusée Europe a-t-elle déjà perdu un étage ? Débat après la mise au point de Sandrine Lecalvez.
Un moment suspendu ce matin au sommet de l'espace à Paris. Bonjour Sophie. L'astronaute français Sophie Adenau a échangé avec le président Macron depuis la station spatiale internationale. Je serais ravie de de savoir quels ont été les engagements pris pendant ces sommets. Il y a déjà plusieurs grands projets qui ont été lancés, des partenariats nouveaux entre européens avec aussi d'autres puissances spatiales. Donc tout ça ce sont des bonnes nouvelles. Voilà pour le spatial. Parmi ces bonnes nouvelles, la décision du milliardaire Jeff Bezos, patron d'Amazon, de confier six lancements supplémentaires de satellite à la fusée européenne Arian 6. Mais les annonces de contrat n'éclipsent pas les tensions. Les Américains Blue Origin et SpaceX ont boudé le sommet sur
fond de rumeur de pression de la Maison Blanche. On sait bien que c'est compliqué géopolitiquement. Ce qui se dit ici hein dans les couloirs du sommet, c'est que c'est le moment de s'unir. On peut pas rester au bord du chemin. Sauf que d'autres tensions en rayent un moteur spatial européen poussif. L'Allemagne souhaite continuer à recourir à SpaceX pour lancer ses satellites tandis que la France invoque la préférence européenne. Le chancelier Frédéric Mertz qui devait coprésider le sommet de l'espace de Paris n'a pas fait le déplacement officiellement pour des raisons de politique intérieure. Et pourtant face à la concurrence américaine et chinoise en pointe notamment sur les lanceurs réutilisables, l'heure est à la mobilisation générale, alerte l'agence spatiale européenne.
L'écart entre l'Europe et les leaders mondiaux de l'espace s'agrandit à la fois financièrement et technologiquement. Serons-nous des passagers ou des pilotes ? Alors, l'Europe peut-elle encore reprendre la main ? Sera-t-elle capable de développer ses propres vols habités ? Comme l'a souhaité Emmanuel Macron ce matin, un engin européen se posera-t-il un jour sur la Lune ? Ouais, c'est la question qui nous tue le pine tous. Alors, nos trois invités pour ce débat. Nathalie Tinjaot, bonsoir. Bonsoir. Chargé de relations extérieures et internationales au sein de l'ESA, l'agence spatial européenne. Vous êtes par ailleurs chef du projet Histoire qui a pour but de documenter et de préserver la mémoire, les archives de l'aventure spatiale européenne. Et selon vous,
l'Europe défend une certaine idée de l'espace. L'idée n'est pas de rivaliser avec les États-Unis ou la Chine pour dominer. Vous ajoutez, il faut préserver l'espace comme un bien commun de l'humanité. À côté de vous, général Michel Fridling. Bonsoir. Ancien commandant de l'espace de 2019 à 2022. Vous avez fondé par ailleurs la start-up Lookup et votre livre commandant de l'espace est paru aux éditions Bouquin. Vous estimez que l'Europe doit rapidement se réveiller si elle veut récupérer une autonomie stratégique, le sommet de Paris qui vient de se terminer donc aujourd'hui veut peu permettre cette prise de conscience collective. Et à côté de vous Alban Guuyomar. Bonsoir. Bonsoir. Chercheur associé à la chair espace de l'École normale supérieure. Vous êtes doctorat en droit de l'espace à
l'université Panthéon à SAS et vous considérez que cette nouvelle course spatiale passe par des entreprises privées qui sont de fait des proxis des États sur les divergences entre Paris et Berlin. Il faut résoudre cette crispation rapidement entre l'échelon européen et l'échelon national pour parler pour arriver à parler d'une seule voix. Et on démarre ce débat avec le chiffre du jour, le montant du jour. Ch Emmanuel Macroix a donc annoncé au sommet international qui s'achève aujourd'hui 20 milliards d'euros de contrat en faveur de l'Europe spatiale. 50 contrats précisément même 51 pour je cite le chef de l'État l'équipe de France des industriels du secteur. Michel Frling, ça paraît énorme dit comme ça. Ça allait vraiment 50 c'est c'est 20 milliards et d'où viennent ces
contrats ? Alors je n'en ai pas le détail. Le président a effectivement annoncé 20 milliards d'euros pour une cinquantaine de projets. Dans ces projets, on sait qu'il y a un projet majeur qui est le projet I risarré qui à lui seul mobilise une grande partie de ces 20 milliards. Nous le résum d'une phrase. Le projet Iriscar, c'est donc la constellation européenne de de connectivité qui est le projet contrepoint si je puis dire de de Starlink américain et d'Amazon Leo qui va venir bientôt de de la société de de Jeff Bezos. Donc là, on a un projet européen de constellation. Donc ce projet-là est financé, il est lancé aujourd'hui. On a passé les différentes étapes qui ont permis de de lancer ce projet. Donc ça représente, je crois environ 16 milliards sur les 20
milliards. Ce qui veut dire quand même qu'il y a 4 milliards, ce qui est pas un chiffre négligeable non plus de contrats qui sont et on en connaît quelques-uns. On connaît par exemple le contrat qui a passé la société Amazon Léo à Arian Espace pour lancer ses prochaines c'est Jeff Bezos bien sûr mais également un contrat qui a été passé entre des sociétés comme Telat et la société Skyop startup française ou d'autres. Et albillomard, il faut être conscient que ces 20 milliards et bien ils impactent directement notre quotidien. Aujourd'hui, nous sommes environnés par les satellites dans notre tous les jours notre téléphone portable, nos activités. Voilà, ça fait partie de de ce que nous sommes effectivement le le les technologies satellitaires en fait surtout le spatial
orbital qui occupe notre quotidien ne serait-ce que la navigation la golocalisation dans notre trajet du quotidien, la météo pour certains parfois l'internet par satellite. Effectivement, on ne peut plus avoir un quotidien comme un autre en tout cas ou un quotidien aussi confortable sans ces technologies satellitaires et orbitales. Euh maintenant, il y a aussi l'importance du spatial de défense. Euh il n'y a plus d'opération spatiale. sûr que mon voisin pourra en reparler mieux que moi, mais on ne peut plus faire d'opérations militaire, on ne peut plus conduire d'opération au sol sans cette composante spatiale non plus. Donc sur ces deux plans pour le civil et pour le militaire, mais les deux sont toujours imbriqués en matière spatiale, les orbites sont une
composante essentielle de notre vie à tous. Nathalie Tinja, ce sommet c'était indispensable. Alors, il y a eu bon l'agence spatiale européenne a accompagné ce sommeil et a participé à même euh était un peu pris le leadership de la partie exploration. Il y a eu beaucoup de scepticisme dans les coulisses sur sur l'opportunité, le timing, sur bon, c'est de la politique, hein. Euh mais je dirais que la préparation du sommet a obligé les différents acteurs à converger sur un certain nombre de points et d'abord ça a été un gros succès et il faut rendre hommage à son secrétaire général, le général Adam qui s'est qui s'est battu jusqu'au bout.
le président aussi qui qui l'a voulu, qui l'a poussé, qui l'a conduit. L'agence l'uropéenne comme je vous dis, c'est beaucoup impliqué. Euh les partenaires internationaux sont venus puisquon mais pas les géants américains. Oui, pas les géants. Alors, les Américains étaient là, les Allemands étaient là aussi. On a eu dire qu'ils étaient pas là, mais ils étaient là discrètement. Euh, ils étaient là plus ou moins discrètement. Assez présent quand même. Non, non, non, non. Parce que ça veut dire en fait Michel Brindling quand même que on a la côte vis-à-vis d'Américain. Vous parliez de de Jeff Bezof, le patron d'Amazon. Les étrangers ont recours à notre technologie spatiale. Bah vous avez vu que dans ce salon alors vous dites on a dit les Américains ont boudé le sommet. Ce n'est pas vrai. Boy
côté. Enfin Donald Trump avait appelé le bo. Oui. Alors il paraît il paraît moi j'ai discuté avec un camar américain qui m'a dit aujourd'hui un industriel américain qui m'a dit c'est pas vrai du tout cette histoire n'est pas vraie. Il m'a dit le président Trump a sans doute été invité trop tard, son agenda lui permettait pas. Ce qui est vrai, c'est que les deux géants, donc Space X et Amazon Leo, donc Blue Origin, ne sont pas là. Mais parce qu'en réalité, moi ce que m' ce que m'a dit mon interlocuteur, c'est parce que ils n'y ont pas vu d'intérêt eux. En revanche, vous aviez par exemple les trois grosses sociétés américaines qui développent des stations spatiales privées. Vous aviez Axiom, voyageur et Vast. Et vous avez vu que le président a fait une annonce importante sur Vast.
Donc, ils étaient là malgré tout. allemand en tous les cas il y a un h c'est avec les Allemands. Enfin, on a des divergences majeures. Ils sont en train de jouer solo quand même sur euh la conquête spatiale. Non, moi je vais je vais poursuivre ce que disait Michel Freling sur les présents parce que l'Allemagne était bien présente en réalité euh ne ser qu'avec deux ministres deux ministres. le ministre de la défense allemande Pistorius qui arrivé ce matin et Doroté Bar, l'homologue de Philippe Baptiste pour les affaires spatiales en Allemagne qui était bien présente mais aussi au-delà de la question allemande ou de la question de la présence des États-Unis, moi j'aimerais aussi noter la présence d'acteurs du sud global, de pays du sud global qui étaient présents
en masse, l'Inde, l'Afrique, la l'agence spatiale africaine était représentée par le président du Conseil spatial africain Tidan Ouattara. Donc on a bien une présence d'autres acteurs qui montrent qu'en fait la géopolitique spatiale du 21e siècle, elle est bien plus internationale et elle se joue au-delà de la seule polarité transatlantique Europe États-Unis. Et fort heureusement et il faut quand même accorder à cette géopolitique spatiale beaucoup plus complète et beaucoup plus complexe toute sa diversité. Donc il faut qu'on qu'on regard se désaxe de la relation transatlantique et on se dise qu'on peut être en coopération avec ces autres secteurs clés. Oui, absolument. Alors moi, je m'occupe de la coopération avec la Corée, avec l'Australie, avec Singapour et avec la
Nouvelle-Zélande. Donc vous voyez, on est on vient d'ouvrir un bureau Japon. Euh donc il y a clairement un mouvement de diversification des partenariats euh vers l'Indopacifique pour la défense aussi hein. Vous voyez Pégaz, l'opération Pégaz, rappelez-nous en c'est c'est l'armée de l'air et de l'espace qui est partie hier avant-hier. Ouais. ouvrir des nouvelles routes vers le nord et euh aller voir ses partenaires en Indo-Pacifique. Donc c'est vraiment il y a une divers une diversification vers l'indopacifique. Alors moi j'ai posé la question aux Allemands. La question que vous me posiez ce on allait vous la poser ? Je l'ai posé au chef de délégation allemande. Oui. Et c'est marrant parce qu'il a fait la réponse que j'allais vous faire. Et ben
donc on converge finalement. Il a dit on a une une intention commune de faire des choses ensemble. On a une vision commune. Là où on diverge, c'est sur la mise en œuvre. C'està-dire Non non non, ça c'est vrai. C'est-à-dire le problème c'est qui fait quoi à la fin en fait. Le problème c'est qui fait quoi et on a tous des intérêts, on a des intérêts nationaux, on a des intérêts régionaux. Je veux dire le c'est presque un état membre, la Bavière, Brem, enfin voyez ou ou Turin en Italie, où sont les écosystèmes industriels Toulouse en France. Donc quand on fait de la mon métier à moi c'est d'articuler toutes ces échelles, l'échelle régionale, l'échelle
nationale, l'échelle globale et il faut que tout le monde trouve son intérêt dans une coopération. Alors on va évoquer quand même avec tous les trois l'Allemagne pour revenir sur ce qui s'est passé la semaine dernière. Le Chanceler c'était pas là, on l'a dit, mais il y a eu un lancement la semaine dernière. Première fusée privée en Allemagne. Oui, c'était samedi dernier. La start-up allemande IAR Aerospace a lancé sa première fusée Spectrum depuis la Norvège et elle a pu mettre cinq satellites en orbite. Et donc c'est la première fois en Europe qu'une entreprise privée est capable de faire décoller une fusée depuis le continent. Un petit pas pour l'homme mais un grand pas visiblement pour les Allemands. Nous sommes en orbite. Nous avons marqué l'histoire européenne, c'est féliciter
la start-up sur X. Ce succès vient récompenser leurs 8 ans de travail. Un premier essai en mars 2025 s'était soldé par l'explosion de la fusée au décollage. Mais la start-up ne compte pas s'arrêter là. Son PDG Daniel Metzler espère faire décoller 40 fusées par an à partir de 2027. Mais surtout ce lancement réussi, il permet de débloquer les 200 millions d'euros de financement qui étaient déjà promis par l'Agence spatiale européenne dans le cadre du European Launcher Challenge. Ce concours qui vise à soutenir des entreprises privées européennes dans le spatial. Et à ce stade, elles sont quatre dans la course vers l'espace. On va le voir à droite, ISAR Aerospace qui vient donc de prendre une longueur d'avant suivie d'une autre start-up allemande qui prévoit elle un vol d'ici la fin de
l'année. Les deux autres sont espagnoles et françaises et la France est celle qui a à priori pris le plus de retard. Alban Guillumard, est-ce que c'est une bonne idée de mettre en concurrence des entreprises privées entre elles ou alors est-ce que ça peut fragiliser ce projet européen ? Non, en réalité, on a un enjeu quand même à l'échelle européenne euh qui est de d'avoir une offre de lancement élargie euh au-delà du seul cas d'Arian 6, notre lanceur lourd qui nous garantit un accès autonome à l'espace. Mais on voit bien que sur le marché des lanceurs plus légers et celui des micro-lanceurs, on a une compétition européenne. He vous avez évoqué là à l'instant la France, l'Espagne et l'Allemagne. Est-ce que cette concurrence est bonne ? économiquement, on peut s'interroger
stratégiquement, en tout cas, multiplier les opportunités de lancement, les technologies de lancement pour l'Europe, ça peut être utile. Maintenant, ce que je vois aussi dans ce lancement depuis la Norvège par l'Allemagne, c'est qu'on est quand même ici sur la composante newspace nationale des États pour la nouvelle économie spatiale, pour les nouvelles entreprises du spatial, forcé constater même s'il y a une un volet européen dans le financement de ce lancement que les États jouent aussi la carte nationale. Donc finalement, on coopère pour les gros projets, les grosses infrastructures, mais pour le domaine du newspace, une compétition accruis enfin quand même la concurrence qui nous inquiète le plus Michel Frling, c'est les États-Unis et la Chine. Trump
vise 1000 lancements par an d'ici 2030, nous l'Europe à peine quelques dizaines et là on se dit ben on n'est pas dans la course. Alors je vais répondre à votre question mais si si vous vous me permettez, je veux bien ajouter une petite chose sur les lancements parce que d'abord je je voudrais une précision. Arian, c'est un c'est une société privée aujourd'hui. Donc on dit c'est le premier lancement réalisé par une société privée. La grande différence c'est que ces sociétés nouvelles de lanceur sont financées en partie par des capitaux publics, des subventions de dispositifs d'innovation et en partie par des capitaux privés, donc des levées de fond. Donc je trouve que le dispositif est assez bénéfique pour les États-membres et pour l'Union européenne parce queon diversifie les
risques. On a beaucoup plus d'agilité dans ces sociétés nouvelles que dans les sociétés plus traditionnelles. C'est c'est connu, c'est pas leur faire offense que de le dire. Et donc finalement on y trouve notre compte. À la fin, il y aura certain Darwinisme. Tout le monde état, c'est quoi ? C'est l'argent privé. C'est l'argent privé. États-Unis qui qui fait marcher aussi le spatialement. C'est la commande publique. Alors c'est la commande publique bien sûr. Et donc ils ont une force qu'on a pas quoi qu'il arrive. Natalite un jour. un Space X qui s'implante à Munique, on se dit "Bon ben quand même, ils ont euh là aussi encore une longueur d'avance, non ?" Alors déjà, enfin, ce sont des super empowered individuals, c'est pas juste SpaceX hein, derrière il y a Elon Mosque,
des hommes charismatiques. Voilà. Enfin, c'est c'est des hommes qui ont pratiquement plus de pouvoir que les États à la fin. Enfin, on donc c'est un écosystème un peu particulier aux États-Unis. Après, l'Europe, comment dire ? L'Europe, on n'est pas historiquement on n'est pas né pour pour rentrer dans la compétition, on est né pour rester dans la compétition, voyez. Non, mais honnêtement, si vous voyez, vous voulez dire qu'on pourra jamais rivaliser avec les États si vous si vous faites un retour si vous faire un retour dans au moment où on a été créé, en fait, les Russes, ils étaient là pour pour incarner l'histoire. Les Américains, ils étaient là pour commander le futur et nous avec de Gaulle, on était là pour
rester dans la course et surtout pour garder notre liberté d'action. Quand on a fait Arian, c'était pour sortir pour avoir la capacité de sortir de l'expérimental et rentrer sur le marché commercial parce que les Américains si on si on concurrençait leurs satellites commerciaux, ils nous lançaient pas. H on a un cas qui est bien connu, Symphonie. Donc nous l'idée c'est de conserver notre liberté d'action. et d'avoir suffisamment de contributions à donner à nos partenaires pour pour être intéressant parce que pour être un partenaire fiable, il faut être un concurrent crédible. Donc nous, on veut rester un concurrent crédible et servir nos citoyens. Juste de réaction, je pense. Vous voulez ré Oui. Alors, il y a au-delà des individus, bon, on a des affaires à des
entrepreneurs un peu hors norme. C'est vrai. Voilà. Mais il y a aussi une volonté politique très claire qui qui date de d'Obama et qui a mis en place le Space Act qui qui a qui a qui a transféré des responsabilités de la NASA, l'agence spatiale vers ses opérateurs privés avec l'idée de les faire naître et d'en faire des des mastodondes que l'on connaît aujourd'hui. Donc il y a aujourd'hui cette volonté mais 15 ans plus tard ou 20 ans plus tard en Europe. Donc il faut initier impulser ça parce que aujourd'hui c'est un des moyens de de rester dans la course si ce n'est de de rattraper le retard au moins de rester dans la course. Vous allez réagir mais on va puisque vous parliez d'Ariane, on va revenir à cet âge d'or. D'une certaine façon euh l'Europe, la France
était en avance peut-être sur la Chine et plein d'espoir dans l'avenir. On est le 25 décembre 1979 au lendemain du premier vol réussi de la fusée Ariane. À partir de 1981, commenceront les vols opérationnels avec la mise sur orbite géostationnaire à 36000 km d'altitude des satellites de télécommunication. Arian commencera sa carrière commerciale. Au Knness, on prépare les descendantes d'Arian, une vraie famille de lanceurs. Des étages plus performants, des fusées à poudre à la base vont quasiment doubler ses capacités de lancement avec à droite une super Ariane des années 90.
Une superfusée capable de placer 10 tonnes sur orbite, de lancer une mini navette spatiale Hermè avec 5 astronaut français à bord. Techniquement, la chose est possible. Financièrement, c'est une autre paire de manche. Iconique Michel Chevallet évidemment qui a tous bercer notre enfance. Alban Guillumard, quand même quand on entend ça, on se dit bah que déjà à l'époque, il était question d'envoyer des vols habités. Bon ben, on en est loin quand même tout de même nous français, même si le président Macron a dit "Je vois dans 5 ans le premier atterrisseur lunaire européen se poser à la surface de la bon pardon mais ça coûte beaucoup d'argent et est-ce que c'est pas au-delà de nos ambitions ? Sais, je crois que le spatial gagnera à redécouvrir le conditionnel par rapport au futur simple
et notamment sur sur ce type non, en réalité, ce que je vois dans votre magnetto surtout et sur ce décollage d'Arian, c'est qu'au fond les critères qui font de la puissance spatiale ont pas vraiment changé depuis la fin de la guerre froide et c'est là on bute sur la limite du critère quantitatif. OK, très bien. Depuis 48 heures, on nous dit Space X, les États-Unis ont fait 186 lancements, c'est la première puissance, on en a fait 5 si, on est complètement en retard. En fait, fondamentalement, c'est faux. Qu'est-ce qu'une puissance spatiale ? C'est un état ou une région qui est capable de lancer des satellites ? C'est qui dispose au moins d'une fusée et au moins d'un satellite. Et en fait, ces critères-là ne sont pas quantitatifs, ils sont qualitatifs. Et si on change cette focale et ben
immédiatement l'Europe est toujours une puissance spatiale. On a des fusées, on a des satellitiers. Certes, on a pas de volilité. Enfin, on n'a pas de volé autonome. On entraîne nous-même nos astronautes, mais on le lance pas nous-même. Du coup, la question qui se pose et qui aurait mérité sans doute d'être posée davantage dans le cadre de sommet, c'est a-t-on véritablement besoin en tant qu'européen de lancer nous-même nos astronautes pour être une puissance spatiale ? À mon sens, ça relève davantage du critère anecdotique ou du critère euh visible euh en tout cas que du critère véritablement pertinent pour dessiner une Europe spatial puissante. Je suis pas sûr qu'on puisse ça aujourd'hui parce que il y a eu un avant et après ignition, c'est-à-dire que la réorientation alors
c'est une grande réunion qui a été convoquée par NASA où ils ont annoncé euh il y a quelques mois où ils ont annoncé en fait une réorientation du programme lunaire euh qui a disqualifié un certain nombre de leur partenaires. Donc donc ça a été un espèce de de wakeup call, signal d'alarme pour dire bon aujourd'hui si on veut garder la décision et la liberté d'action et peser sur l'architecture d'un programme, il faut qu'on ait plus d'autonomie tout en tout en maintenant les partenaires les partenariats. Mais il faut qu'on ait plus d'autonomie parce que sinon on peut être débarqué d'un programme d'un moment à l'autre sans
avoir Alors attendez justement l'objectif Lune ça fait rêver tout le monde y compris notamment le président américain Donald Trump écoute
they flag tok the side of the
Al Guillum, vous étiez pas forcément d'accord avec Nathalie Tinja sur cette conquête lunaire. C'est la nouvelle frontière spatiale ou pas ? Non, je rejoins Nathalie Tinjo effectivement sur le caractère marquant de Ignation pour la réorientation du programme Artémis de la NASA. Maintenant, la question que ça pose, c'est les États-Unis fixent-il le sur ce qu'est un modèle d'exploration d'un corps céleste ? En réalité, on a d'autres puissances spatiales, chose par exemple à l'Inde qui a réussi à toucher la Lune en août 2023 dans le casre d'une mission robotisée. Et en fait, on peut faire de l'exploration spatiale, de la bonne exploration spatiale sans nécessairement avoir du vol habilité. L'autonomie européenne en matière de volilité ne compte qu'au fond qu'à
partir du moment où on a décidé que le vol habité faisait partie des critères sur lesquels on devait investir. Michel Fredling. Oui. Alors moi je suis pas tout à fait en accord avec Mousin de droite mais c'est ce qui va peut-être intéressant. Euh moi je pense que euh ce qui ce qui ce qu'il faut bien réaliser aujourd'hui c'est que euh l'espace est un domaine dans lequel se déploie de plus en plus d'infrastructures critique de connectivité bientôt de cloud storage de cloud computing enfin ou de computing. trop, c'est un autre débat encore, c'est le début le débat de la pérennité ou sustainability en bon français de de de cet espace. Mais en tout cas, on a des infrastructures critiques qui s'y déploient et moi je pense qu'aujourd'hui une puissance spatiale, c'est une
puissance qui est capable de déployer, de maîtriser ces infrastructures sans dépendre d'autres et aujourd'hui on dépend d'autres. Donc ça veut dire de l'accès à l'espace, ça veut dire la capacité à mettre en place ces infrastructures, à les maintenir et et assurer en assurer la sécurité. Et et quand vous voyez Donald Trump faire semblant de revendiquer une appropriation littérale de la Lune, ça vous inspire quoi ? Ça m'inspire par rapport au bien commun précisément. Moi ça m'inspire qu'il a très peu lu le traité de 1967 auquel son euh pays était apparti notamment son article 2 sur la nonappropriation. Euh mais sur la question de l'autonomie européenne en réalité là on a mélangé la maîtrise des infrastructures critiques et la question du vol habité. Moi, j'ai souligné que la
dépendance sur le vol habité n'était pas nécessairement gênante si on a une puissance de coopération ce qui est la position traditionnelle depuis l'abandon d'ermestè. Si l'Europe n'est pas autonome sur le vol habité, c'est parce que nous le faisons en coopération. En revanche, je vous rejoins effectivement sur la nécessité d'avoir une autonomie stratégique européenne sur toutes les infrastructures critiques orbitales que vous mentionniez. On a plus le temps mais nous reparlerons vraisemblablement de ce cette nouvelle frontière de la Lune et de l'espace un de ces jours ou une de ces prochaines semaines. Merci en tout cas à tous les trois d'être venus nous aider à mieux comprendre les enjeux de ce sommet international spatial. On reste dans l'actualité vue par Xavier Modu et
Théophile Cossa. la grèffe des pompiers français héros du quotidien et à forcerie après l'été 2026 qui a été embrasé par la canicule et puis on évoquera plus léger le boom des coffee shop en France 3500 dans l'hexagone à quoi bon bref mais d'abord le mauvais du jour c'est un acronyme baps du nom d'un mouvement hindouiste qui était de passage à Paris la semaine dernière légèrement misogyne semble-t-il la tour Effel c'est entendu il y a un mouvement qui s'appelle Battaine de membres de Bat connus sous l'acronyme Qu'est-ce que ça veut dire ? Exactement ce que ça dit. Merci de m'en dire un peu plus. Entendu. La vie secrète des mots vedettes. BAPS, acronyme sanscrit traduisible par
organisation religieuse swamina fondé à Borhassan, voué à Akhar et à l'être suprême désigne un mouvement religieux hindou. Après qu'une délégation de la BAPS a visité la tour Effel samedi purgée à sa demande de tout personnel féminin, lundi 7 septembre, les salariés du monument ont fait grève. La BAPS, très conservatrice, fidélité conjugale, végétarisme strict, ni alcool, ni tabac, ni drogue, prêche surtout la dévotion à Dieu et l'obéissance au gourou, actuellement un sujet de 93 ans. Elle est aussi connue pour construire de grands temples, des mandir comme celui de Bussi Saint-Georges, inauguré dimanche. Fondé en 1907, la BAPS compte 1 million de fidèles dans le monde. Elle a choisi de planter le plus grand temple hindou
d'Europe continental 3500 m² construit par Vinci pour 25 millions d'euros financés par les disciples. Au milieu d'une ribandelle de lieu de culte sur l'esplanade des religions et des cultures, vitrine du dialogue interreligieux. Le dialogue hindou musulman ne relève pourtant pas de l'évidence. La Baps a versé son obol pour la construction du mandir d'Aodia, inauguré en 2024 sur les ruines d'une mosquée bâtie en 1528 sur le prétendu lieu de naissance du dieu Hindouam et anéanti en 1992 par une foule enragée de nationalistes hindou vengeurs. Selon ces détracteurs, la BAPS est connue pour sa vision extrêmement régressive de l'hindouisme. Le New York Times rapporte que son colossalement dire du New Jersey a été visité par le
FBI en 2021 après des accusations de travail forcé imposé spécifiquement à des ouvriers de la caste la plus basse. Un chapelet de Bapses œuvres. Les revoilà. Théophile Cossac, Xavier Maudu lui avec un petit accessoire. On verra ça tout à l'heure. Théophile, ça ressemble à une tasse à café un peu moche. On verra cher Xavier, les pompiers sont en grève. Très éprouvés les pompiers français par les incendies cet été. Ils dénoncent le manque de moyens et ils sont extrêmement déçus par le projet de loi sur la modernisation de la sécurité civile. Et vous remontez aux sources de la pompe à eau et oui la pompe pour éteindre les incendies. Le 12 octobre 1699 le roi Louis X
accorde par lettre patente au suur François Duperrier le privilège dans tout le royaume et pour 30 ans de la construction de pompes propre à éteindre le feu. C'est un progrès considérable dans la lutte contre les incendies parce que qu'est-ce qui se passait jusqu'alors ? Bien, quand il y avait le feu, quelques costaud qui prenaient des haches et puis qui allaient abattre le bâtiment pour éviter que le feu ne se propâche et puis dans le même temps, tous les habitants du quartier faisaiit la chaîne avec des sodo. Mais c'est difficile de monter de l'eau là comme ça dans les étages d' d'un bâtiment qui prend feu. Alors, il existait bien des sanguettes. Ce sont des sortes de seringues géantes pour envoyer de l'eau. C'est pas du tout efficace hein. C'est pourquoi ce que propose Duperrier, c'est
remarquable. Comment lui est venue l'idée ? Alors ça c'est parce que non mais vraiment l'histoire est absolument folle. Cette fois, c'est du côté du théâtre qu'il faut le regarder. François Duperrier, de son vrai nom d'humour, est né à ex en Provence au milieu du 17e siècle. On le surnomme d'ailleurs Provençal. Il est issu d'une bonne famille. Alors, il a dû avoir une jeunesse tumulteuse parce qu'on le retrouve Laquet. Mais Laquet au service de pas n'importe qui de Molière. Il est chargé d'habiller Molière. Alors, il s'y prend comme à manche, c'est ce que disent tous les témoignages. Et il est acteur parce que Molière a une petite troupe donc il mobilise ses domestiques pour jouer les petits rôles et d'ailleurs du Perrier sans doute a dû jouer des rôles de la quai.
Mauvais acteur mais une catastrophe. C'est ce que dit lecteur le Mercure Burlesque. Le Mercure Burlesque c'est un journal satirique de ce moment là et il il le déteste. Il a des ennemis ça se sent par exemple en 1682 Duperrier joue à La Pays-Bas Hande quoi. Et ça montre d'ailleurs le succès he des pièces de Molière et là le le mercure burlesque le traite de fils de directement. Mais c'est en vert donc c'est joli mais c'est pour vous dire ça il va cache à ce moment. Et c'est sans doute lors de ces tournées en Hollande que Duperrier a découvert l'invention de Yan Ver Eden. Veden, c'est un peintre, un très bon peintre d'ailleurs, mais qui dans le même temps se passionne pour la lutte contre les incendies et il a inventé une
sorte de machine de pompe et même un véhicule avec des tuyaux soupes. C'est ça que Duperrier rapporte en France. Donc vous voyez bien celui qui est surnommé le Laquet de Molière est aussi le premier pompier de France au sens où il pompe pompier à défaut de brûler les planches. Absolument. C'était un génie. Et vous vous ne nous pompez jamais Charles Xavier. D'ailleurs la preuve on en redemande sur les réseaux sociaux ou YouTube et Instagram de l'émission. On vous retrouve en ce moment à Fontainebleau dans la forêt de Fontainebele Bleau après les feux pour nous montrer l'état de la forêt hein. Bon très bien. Alors on change de sujet cher Théophile. On va s'intéresser au coffee shop. Bon des baraques à café quoi cher qui se multiplie en fait.
Ouais si vous habitez une grande ville vous avez sûrement remarqué hein. Il il se pousse comme des champignons et pas qu'à Paris. Les coffee shop. Alors grosso modo un coffee shop qu'est-ce que c'est un coffee shop ? C'est c'est un lieu où on vend du du café à emporter. Voilà. Et ça coûte 18 €. Voilà, c'est je peux je sais pas comment le dire autrement. Bon, alors bon, je caricature, on ne vend pas que du café, il y a toute une gamme de boisson chaude, des petits encas, on peut le consommer potentiellement parfois euh sur sur place. Euh mais pour le prix, je suis pas si si loin hein franchement dans certaines enseignes 3 € l'Expresso, 5 € le café ou le cookie près de 6 € le matcha, vous savez la boisson à base de de poudre de de thé vert et puis il y a
pas que le matcha, il y a maintenant il y a l'oubé laté hein, c'est le nouveau truc cool à base de une boisson à base de poudre d'ignam violette. Alors les afficionados sont pas non plus complètement mao hein, ils louent la qualité des produits services. C'est d'ailleurs comme ça que les patrons justifient leur prix. des cafés en grains qui viennent du petit producteur brésilien qui va bien, torifié comme il faut et cetera. Et ça cartonne. Selon une étude récente, il y avait en en 2025 3500 coffee shop en France. Le double d'il y a 15 ans, un nouveau coffee shop ouvrirait même chaque jour. Bon alors c'est difficilement euh vérifiable et certains ferment mais ça donne la tendance. Ce qui séduit c'est le cadre paraît-il. Oui. Absolument. Il y a deux ambiances
les coffe cos inspiré de de ceux qu'on voit aux États-Unis où c'est hyper populaire. Et puis alors, il y a les design, c'est coffee shop ultra instagrammable que les influenceurs adorent. Alors voilà, on sait plus, on les voit, on sait plus si on est dans un café, dans une boutique de parfum ou chez le dentiste. C'est un peu la course à l'échalotte de celui qui aura le concept le plus waou et parfois ça va un peu loin. Ça va un peu loin comme ce coffee shop que vous voyez qui vient d'ouvrir à Lyon. Alors là, le concept c'est que vous commandez, vous récupérez votre café depuis ce trou dans le mur derrière. C'est le c'est le coffee shop. C'est pas vous, moi ça m'embouche un cou. L'humain n'existe plus en somme. Bon, ça va remplacer le bon vieux zing ou le troquet ou le café coûte 1 €.
Ouais. Non, ils sont pas ils sont ils sont pas vraiment sur le même segment. Côté brist, on mise plutôt sur la convivialité. C'est sûr que chez le dentiste, c'est pas la même ambiance même si des restaurateurs admettent que c'est plus calme désormais le matin. Par contre, certains bistrottiers adaptent leurs offres et mettent à la carte en plus du traditionnel expresso maintenant des cafés laté voire des matcha. Et puis ce phénomène des coffee shop, ça pourrait être une ça pourrait bien être une une comète he une une tendance voilà éphémère. Une étude du groupe Xerfi a révélé récemment que 40 % de ces établissements et d'ailleurs la plupart d'entre eux l'immense majorité d'entre eux sont indépendants. La plupart de ces établissements ne seraient pas rentable.
40 % d'entre eux ne seraient pas rentable. Chiffre d'affaires euh trop trop faible, loyer trop élevé puis le prix du café hein qui qui augmente. Et selon cette même étude, le secteur des coffee shop arrivera à saturation en France d'ici 2 ans. Alors est-ce que le match lui survivra ? L'avenir le dira. Ah mon dieu, quelle question. En attendant, merci à tous. Demain à 20h05, vous le savez, c'est le club avec Renault Delli qui marche à qui marche au café lui. Et on se retrouve lundi à 20h05. Tchus.