Premier ministre socialiste, référendum constitutionnel... Le "8h30 franceinfo" de Benoît Payan
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Benoît Payan, maire d'Hivergauche de Marseille. Vous êtes à Paris aujourd'hui pour suivre au plus près les discussions en cours parce que vous souhaitez y jouer un rôle ?
Parce que je crois que le pays est dans une situation qui nécessite que les uns et les autres soyons à la hauteur de l'histoire. Il ne s'est pas rien passé ces dernières semaines. On a appelé à trois reprises les Français aux urnes, une fois le 9 juin pour des élections européennes. Et ça a eu pour conséquence, alors que ça n'était pas la question qui était posée, d'amener le chef de l'État à activer l'article 12 de la Constitution et à dissoudre l'Assemblée nationale. On a eu trois jours, quatre jours pour se préparer.
Puis il y a eu des élections législatives, un premier tour, terrible, où le Rassemblement national a montré qu'il était dans une situation de force, une union de la gauche avec le nouveau Front populaire et ensuite des candidatures. Vous avez joué un rôle, d'ailleurs. Parce que je considérais qu'en trois jours et en quatre jours, il n'y avait pas d'autre alternative que l'union. Parce que nous savions qu'en provoquant des élections anticipées, au moment où le Rassemblement national et ses alliés étaient presque à 40% au moment des élections européennes, nous ne pouvions pas, nous n'avions pas le droit de jouer avec le feu.
Et donc, oui, j'ai essayé de peser de tout mon poids, d'abord pour que cette union soit équilibrée, qu'il n'y ait pas d'hégémonie comme nous en avions pris d'habitude de la part de certains, et bien au contraire, par exemple, et donc bien au contraire d'avoir quelque chose d'équilibré. Et ensuite, parce que face au Rassemblement national et dans cette situation, il n'était pas question de partir diviser. Et puis, il y a eu un deuxième tour de cette élection législative.
Pour l'instant, je n'ai toujours pas entendu parler le chef de l'État, qui est venu nous parler, lui, quelques minutes ou quelques heures après des élections européennes, pour nous dire que le résultat était tellement important qu'il fallait dissoudre. Et donc, il convoque les élections les plus importantes de la République. Il y a un résultat, on est mardi matin, et je n'ai toujours rien entendu. Mais qu'est-ce qu'il devrait faire ? Et ce résultat, il est très clair. Ce résultat, il est qu'on a une chambre, aujourd'hui, qui est coupée en trois morceaux. Le nouveau Front populaire...
Si on peut poser des questions, quand même, le nouveau Front populaire... Si je peux y répondre, ça serait bien aussi. Justement, j'attends votre réponse sur un point. 190 députés pour le nouveau Front populaire, une majorité relative. Est-ce que vous faites partie, aujourd'hui, de ceux qui considèrent que ce nouveau Front populaire peut gouverner seul ?
Dans les institutions de la Ve République, et on y reviendra, il y a des règles. Et il y a des choses que personne ne peut dépasser. Il se trouve que c'est le nouveau Front populaire qui est arrivé en tête à l'Assemblée nationale. Pas de manière absolue. Et je crois qu'il faut avoir la victoire modeste. Et l'humilité de considérer que, y compris les députés du nouveau Front populaire qui siègent à l'Assemblée nationale, ont été élus avec des voix de gens qui ne voulaient pas le Rassemblement national. Il faut, par ailleurs, que les amis du Président de la République aient la victoire modeste.
Parce qu'il y a aussi des députés qui siègent, et qui vont siéger à l'Assemblée nationale, avec des voix de socialistes, de communistes, avec des voix qui n'ont rien à voir avec eux, et qui ont fait barrage au Rassemblement national. La coalition arrivait en tête, et c'est ainsi que ça fonctionne, avec ou sans majorité absolue, a le devoir de présenter au chef de l'État un chef de gouvernement et un gouvernement. Et le chef de l'État a le devoir de lui demander de gouverner.
Où est-il écrit, précisément, puisque vous vous référez au texte, où est-il écrit qu'un parti qui a 190 députés, enfin une coalition en plus, parce qu'il y aura plusieurs groupes, est celui qui doit nécessairement aller à Matignon ? Mais où est-ce que ça n'est pas écrit ?
Oui, mais où est-ce que c'est écrit ? C'est écrit dans la Constitution que le chef de l'État appelle la formation politique qui est en situation de gouverner. Peut-être que le chef de l'État, vous avez peut-être plus d'informations que moi, est en train de se dire, je n'ai pas envie que ceux qui sont arrivés premiers gouvernent, et je vais demander à ceux qui ont perdu les élections de se mettre ensemble pour gouverner. Ça pourrait arriver. Il pourrait d'ailleurs même trouver une coalition assez large avec les Républicains et ses propres amis. On pourrait d'ailleurs...
Précisément, il y a plusieurs scénarios, mais revenons à celui qui... Mais ça ne fonctionne pas.
Pardonnez-moi, mais vous me posez une question, et elle est très importante. Vous vous rendez compte de quoi on parle ? Vous êtes en train de me dire que peut-être, le chef de l'État est en train de demander à celles et ceux qui ne sont pas arrivés en tête de se mettre ensemble, pour passer devant, numériquement, ceux qui sont arrivés en tête. Ça peut arriver. Ça pourrait arriver. Mais je ne suis pas sûr que ce soit le sens de l'histoire.
Quand on a envoyé, quelles que soient les circonstances, le nouveau Front populaire, de manière majoritaire, en tout cas majoritaire, devant les autres formations politiques, à l'Assemblée nationale, à tout le moins, il revient au chef de l'État de dire à cette formation politique, présentez-moi un Premier ministre, présentez-moi un gouvernement, et montrez-moi si vous êtes susceptibles de gouverner la France.
Benoît Payan, vous dites vous-même qu'il faut rester humble face à ce résultat, que des électeurs ont voté pour vous, non pas par adhésion, mais pour faire barrage au Rassemblement national. Et de ce point de vue-là, vous avez une petite musique qui n'est pas celle de tout le monde au sein du nouveau Front populaire. Olivier Faure, par exemple, le patron du Parti Socialiste, ou d'autres ont été très clairs sur le fait que, eh bien, même avec 190 députés, il n'y avait aucun problème pour gouverner seul, et pas question de tendre la main à d'autres partis, ni de saisir la main tendue.
Est-ce que c'est ça la bonne attitude où vous vous dites, puisque vous appelez à l'humilité, il faut s'élargir ?
Moi, d'abord et avant tout, je suis un démocrate qui a des convictions et qui ne les cache pas. Et je vais vous dire le chemin. Le chemin, il est simple. Au moment où je vous parle, il y a 195 députés du nouveau Front populaire qui vont siéger à la gauche de l'hémicycle et qui sont arrivés premiers. Il appartient au nouveau Front populaire d'aller présenter quand le président de la République rentrera des Etats-Unis en fin de semaine ou en début de semaine prochaine un Premier ministre et un gouvernement avec des bases claires qui sont ce que nous avons proposé aux Français et qui sont importantes.
Donc, juste votre programme, Benoît Payan ?
Mais moi, je ne dis pas juste mon programme, tout mon programme, rien que le programme. C'est ce qu'a dit Jean-Luc Mélenchon. Mais vous n'avez quand même pas l'impression d'avoir Jean-Luc Mélenchon devant vous.
Non, mais à vous de nous dire clairement. Non, mais les Français ne comprennent pas, en fait. Vous êtes alliés avec la France Insoumise au sein de ce nouveau Front populaire. Alors, c'est le programme de LFI ou c'est le programme du PS ?
Qu'est-ce que vous allez proposer ? C'est le programme du nouveau Front populaire. Laissez-moi aller où vous. Je suis persuadé qu'on va y arriver. Il y a des choses sur lesquelles, moi, je ne veux pas transiger. C'est-à-dire que la question de la réforme des retraites et la question de l'augmentation du SMIC sont, pas que pour moi, mais pour des gens qui en ont besoin aujourd'hui. Des choses qui sont des marqueurs importants. Donc, ce sont des choses que nous allons mettre sur la table. S'il y a des députés macronistes qui sont prêts à dire je suis d'accord avec eux. Mais de quel droit, moi, ou de quel droit, n'importe qui leur dirait je ne veux pas de vos voix.
Qu'est-ce que serait que ce sectarisme qui considère à dire surtout restons recroquevillés sur nous-mêmes et soyons incapables de discuter ou d'élargir une coalition ou d'élargir sur nos bases sur nos bases un spectre politique. Là, il n'y a que celles et ceux qui s'amusent à perdre les élections les unes après les autres ou qui ne veulent pas gouverner, qui font ça.
D'accord, donc vous voulez bien élargir, mais sur votre projet.
Mais, en fait, et ensuite, vous savez...
Ce n'est pas vraiment élargir ça parce qu'il faut faire des compromis quand on élargit. Vous voyez la culture de nos voisins européens, ce n'est pas un parti qui dit rejoignez-moi sur mon programme.
Agathe Lambret, vous qui êtes une spécialiste de la politique et qui interrogez depuis longtemps des femmes et des hommes politiques, vous n'allez quand même pas comparer la France, l'Italie, l'Angleterre et l'Allemagne. La France, on a un pays qui n'a absolument aucune culture, et on va en parler, mais aucune culture du compromis. Certains disent qui s'attendent à prendre. Vous êtes en train de croire qu'il y a une capacité aujourd'hui à faire un accord de gouvernement en quelques jours. Les Allemands qui ne font que ça depuis 70 ans mettent plusieurs mois. Les Italiens qui ne font que ça depuis 60 ans mettent plusieurs mois.
Mais nous, qui n'en avons jamais fait, vous demandez et vous nous demandez de réussir en trois jours là où ceux qui savent le faire ne le réussissent pas en six mois. Il faut un peu, d'abord il faut du calme, il faut de la force tranquille pour gouverner ce pays. Je crois qu'on est entré dans une phase très particulière, qui est une phase qui va étrangement ressembler à une crise de régime ou qui va devenir une crise de régime. Et donc il appartient maintenant au président de la République aussi d'en tirer les conséquences.
On va regarder ça dans un instant. On va laisser passer le fil info. Benoît Payan, maire de Marseille, vous êtes notre invité jusqu'à 9h. Il est 8h41 le fil info, Mélanie Delonnet.
Deux rugbymen du 15 de France entendus par la police en Argentine. Ils sont accusés d'agression sexuelle. Une enquête est en cours, confirme le président de la Fédération Française de Rugby. Il vient d'arriver à Buenos Aires. Il dit que si les faits sont avérés, ils sont incroyablement graves. Chacun son tour. Les partis du nouveau Front Populaire font leur entrée à l'Assemblée Nationale. Aujourd'hui, ils se retrouvent aussi pour poursuivre les discussions après leur arrivée en tête des élections législatives et proposer un nom pour Matignon à Emmanuel Macron. Le chef de l'État qui est lui attendu à Washington. 32 dirigeants vont participer au sommet de l'OTAN.
La question du soutien à l'Ukraine est à l'ordre du jour au lendemain de frappes russes massives. 8000 supporters des Bleus dans les tribunes ce soir à Munich pour encourager l'équipe de France de football à une marche de la finale de l'Euro. Pour ça, il faut battre l'Espagne. La meilleure attaque de la compétition avec 11 buts marqués. France Info Le 830 France Info Agathe Lambret Jérôme Chapuis Toujours avec Benoît Payan, maire d'Hivergauche de Marseille. Benoît Payan, vous disiez à l'instant que vous vouliez bien ouvrir la porte à des macronistes par exemple mais à condition que ce soit sur votre programme, sur vos idées, sur celles du nouveau Front populaire.
Est-ce qu'il n'y a pas une petite tentation hégémonique chez certains au sein du nouveau Front populaire ? Jérôme Guetsch par exemple, le socialiste, mettait en garde l'autre jour sur le fait que vous n'allez pas reproduire une hégémonie que vous avez longtemps reprochée à Emmanuel Macron alors qu'aujourd'hui vous êtes encore moins nombreux que les 250 députés de la majorité présidentielle à l'époque.
C'est pour ça que je vous disais qu'il faut avoir un peu d'humilité. Il n'est pas question de dire qu'on est hégémonique. Il y a des faits. Il y a une chambre qui ressemble à une chambre coupée en trois morceaux avec une partie qui est arrivée première. Il lui appartient donc en responsabilité d'essayer de former un gouvernement autour de son programme. Et ensuite, si des députés considèrent que les propositions qui seront faites par le nouveau Front populaire correspondent à leur adhésion s'ils considèrent qu'ils ne doivent pas censurer s'ils considèrent qu'ils doivent s'agrémenter mais ils seront les bienvenus et il ne s'agit pas de leur dire convertissez-vous. J'ai trop connu ça moi.
J'ai trop connu des femmes et des hommes politiques et particulièrement de gauche qui disaient si tu n'es pas dans l'orthodoxie de ce à quoi je crois alors tu es voué aux gémonies. Mais ce n'est pas une manière de faire. Le pays a besoin de rassemblement. C'est un pays qui n'a pas besoin de chaos. Ce n'est pas un pays qui a besoin de coups de menton. Les françaises et les français aujourd'hui sont épuisés de la situation politique. Ils sont épuisés de leur politique et qu'est-ce qu'on va leur raconter ? Regardez à quel point j'ai raison.
Je vois aujourd'hui des gens qui sautent sur leur chaise comme des cabris en disant je veux être premier ministre je veux être premier ministre ou mon programme rien que mon programme. Il faut un peu de calme. Il faut un peu de calme. Je ne suis pas sûr qu'il ressemble à un cabri mais un peu de calme. Il a dit mon programme
rien que mon programme. Ça s'incarne la politique. Quel profil il faut alors
pour le poste de premier ministre ? Je crois qu'il faut être capable de rassembler et il faut être extrêmement déterminé. Gouverner ce pays ça impose dans cette situation comme dans n'importe quelle situation mais particulièrement aujourd'hui où on vit je le crois les dernières heures de la 5ème République du calme de la détermination il faut de l'envie et il faut une capacité à discuter avec tout le monde et surtout il ne faut pas décevoir.
Mais qui a ce profil aujourd'hui ?
Et surtout il ne faut pas décevoir. Mais moi je ne suis pas casteur je ne suis pas chasseur de tête mais je reviendrai.
Mais il ne faut pas décevoir parce qu'à l'extérieur d'un hémicycle à l'extérieur d'un plateau de télévision d'abord il y a des millions de gens qui sont à l'extérieur qui nous entendent qui nous écoutent et qui attendent beaucoup eux vous savez la seule chose qu'ils veulent c'est vivre mieux en fait c'est vivre bien c'est pouvoir à nouveau s'aimer c'est pouvoir à nouveau se dire j'ai un salaire décent je peux faire vivre ma famille de mon travail je peux un jour déménager je peux changer ma vie c'est un peu ça en fait la vie parce que si on ne fait pas de la politique pour essayer de se dire c'est la vie des gens qu'on a envie de changer mais on s'arrête la vraie vie c'est quoi en fait ?
C'est qu'on a envie d'être heureux et donc un premier ministre
qui doit porter ça ? Oui mais concrètement hier par exemple Jean-Luc Mélenchon disait que le premier ministre devait être issu du rang des insoumis parce que dit-il c'est le parti qui a le plus de députés qui obtient le poste de premier ministre
Non mais ça c'est de la tambouille qui ne m'intéresse pas et Jean-Luc Mélenchon
Mais il se trompe en disant ça ? Ou alors le premier ministre doit être un insoumis ?
Mais il se trompe doublement je pense qu'il se trompe sur la méthode parce qu'on ne peut pas de l'extérieur dicter aux uns et aux autres ce que va être la réalité ou c'est à l'intérieur des nouveaux fonds populaires Je vous parle de gens qui vont être aujourd'hui dans la chambre Je vous parle de gens moi je n'aurai pas l'outrecuidance d'aller sur un plateau de télévision pour vous dire ça sera un tel ou un tel je peux donner mon avis mais je pense qu'une fois de plus il faut rester humble Donc il se trompe
pour deux raisons un il est dehors
et deux il n'y a aucune raison que ce soit un insoumis plus qu'un autre moi je pense que pour gouverner ce pays il faut de la force tranquille Je pense qu'il faut un socialiste pour gouverner ce pays parce qu'il n'y a qu'un socialiste dans cette situation qui puisse apaiser qui puisse parler à tout le monde Qu'est-ce qu'on nous demande en fait de nous rabougrir sur quelle situation d'être quoi sur la pureté de la ligne Mais en fait on n'est plus en 1980 on n'est plus en 1970 on est en 2024 avec des gens qui aspirent à vivre mieux
Donc la ligne des insoumis c'est pas la bonne Raphaël Glucksmann disait Jean-Luc Mélenchon est un immense problème François Ruffin disait quelques jours plus tard que Jean-Luc Mélenchon était un boulet C'est un empêcheur Jean-Luc Mélenchon
un problème, un boulet ?
Moi je ne dis pas ça Jean-Luc Mélenchon ça a été un grand dirigeant socialiste ça a été un vrai grand ministre socialiste un sénateur socialiste qui a apporté beaucoup de choses à la gauche et au parti socialiste et puis il a changé de route et puis un jour il a changé de chemin et je ne l'ai plus reconnu mais il a dit quelque chose d'important il a dit à des jeunes faites mieux et bien moi je lui dis ce que tu as dit à ce moment là ça avait du sens et tu dois les laisser faire tu dois laisser vous devez laisser monsieur le ministre vous devez laisser monsieur le président Mélenchon une nouvelle génération faire il faut croire un peu à celles et ceux qui veulent porter l'avenir ça vous intéresse vous Benoît Payan Matignon ?
Je vais vous dire quelque chose d'important ce pays je l'aime c'est mon pays la France je l'ai dans mon sang dans mon sang mêlé de gens qui sont venus de l'étranger et qui ont rêvé de France mais il se trouve que je suis maire de la plus belle ville de France dont je suis fou amoureux et il n'y a qu'elle qui compte et il n'y a que mon mandat
Emmanuel Macron vous appelle demain parce qu'il se dit finalement Benoît Payan fait partie des personnalités qui sont susceptibles de pouvoir réunir cette gauche et éventuellement au-delà ça se refuse ?
Mais quand on est fou amoureux de sa femme ou de son mari on le quitte je viens de vous dire que j'étais fou amoureux de ma ville et que j'avais une mission qui était de réparer ma ville et je crois que c'est la plus belle des missions donc c'est non pour Matignon
il y a votre ville et votre pays si vous êtes amoureux de votre pays elle appartient à vous mon pays
on va en reparler parce que je crois que le sujet n'est pas Matignon aujourd'hui on se trompe si on croit que le sujet c'est Matignon on se trompe si on croit qu'aujourd'hui les choses vont se faire d'un claquement de droits
mais les français sont en droit d'attendre quelque chose ils ont voté ils espèrent avoir un gouvernement un pays qui avance alors ça en est où ? Justement la gauche arrive à se mettre d'accord sur un autre
on recommence encore toujours pareil comme si rien n'avait changé j'ai l'impression qu'on est il y a 6 mois et que vous me reposez les mêmes questions là en l'occurrence
on vous demande si d'ici la fin de la semaine il y aura un non au nouveau front populaire à proposer à Emmanuel Macron
Mais bien sûr la fin de semaine ou lundi je vais vous rappeler vous avez tous les deux une très grande mémoire vous n'allez quand même pas demander alors qu'il y a eu un événement politique majeur à la gauche de faire en 3 jours ce que le président de la république n'a lui-même pas fait en 15 jours au moment où il est passé de Mme Borne à M. Attal alors qu'il aurait pu le faire en 2 heures donc il faut un peu là aussi de calme et si ce n'est pas fait vendredi ce sera fait lundi ou mardi je pense que ça va aller et donc encore une fois moi mon sujet il est de est-ce qu'on change les choses ou est-ce qu'on continue
Benoît Payan vous êtes avec nous jusqu'à 9h il est 8h50 on laisse passer le fil info Mélanie Delaunay
Les taxis volants vont pouvoir être expérimentés pendant les Jeux de Paris le gouvernement autorise la création d'une plateforme flottante sur la Seine pour le décollage et l'atterrissage à la verticale de ces taxis électriques autre décollage qui est prévu en Guyane ce soir le vol inaugural de la fusée Ariane 6 à Kourou avec 4 ans de retard sur le programme à bord il y aura seulement du matériel expérimental en raison des risques d'explosion pour ce premier envol près de 3200 postes ne sont pas pourvus aux concours enseignants ça devrait être un scandale national dit le SNES-FSU sur France Info la ministre de l'éducation Nicole Belloubet reconnaît qu'il y a encore des efforts à faire pour la rémunération elle espère que les changements en matière de recrutement rendront le métier de prof plus attractif tout sera tenté pour que Kevin Mayer soit au départ du décathlon début août au jeu de Paris promet la fédération française d'athlétisme mais le double champion du monde est incertain blessé à la cuisse lors d'une chute pendant le week-end dernier France Info le 830 France Info Agathe Lambret Jérôme Chapuis toujours avec Benoît Payon maire d'hiver gauche de Marseille la gauche est en train de réfléchir donc à exercer le pouvoir mais c'est le Rassemblement National en tout cas le parti le groupe qui est arrivé en tête à l'Assemblée qui sera le premier groupe à l'Assemblée dans votre département les Bouches-du-Rhône 11 députés sur 16 sont RN quelle leçon vous en tirez ?
c'est terrible on ne s'en remet pas on ne peut pas s'y résoudre et je ne peux pas m'y résoudre je sais qu'à chaque élection nationale le RN est très fort dans cette ville et dans ce département c'est en 88 que Jean-Marie Le Pen a fait ses meilleurs scores et c'était il y a presque 40 ans et donc c'est un fait qu'est-ce que ça veut dire qu'est-ce que ça nous raconte que quand la classe politique quand les institutions d'un pays ne répondent plus aux aspirations des gens quand on se sent déclassé qu'on a peur pour son avenir qu'on ne se sent pas en sécurité qu'on ne se sent pas bien chez soi qu'on ne se reconnaît plus quand la classe politique n'est plus capable de faire partager ou de partager des valeurs avec les gens alors il y a un repli sur soi et là le RN prospère beaucoup de ces électeurs viennent de la gauche mais bien évidemment ce sont en général des classes populaires ce sont des gens qui se sentent déclassés ce sont des ouvrières des ouvriers ce sont des travailleuses des travailleurs des gens qui n'arrivent pas à vivre de leur travail qui ne trouvent pas de solution parce que la gauche aujourd'hui n'est plus capable de leur parler parce que la gauche s'est segmentée la gauche a considéré qu'elle devait parler à un électorat sur des sujets extrêmement pointus c'est bien c'est important il faut le faire les sujets sociétaux sont primordiaux mais moi je crois que ce qui se passe aujourd'hui dans le pays et que la gauche n'a pas compris ou ne comprend pas assez c'est la question de la juste répartition des richesses c'est que en vérité on ne va pas pouvoir vivre longtemps dans un pays où les riches sont de plus en plus riches les pauvres de plus en plus pauvres et que dès qu'on avance la moindre proposition d'avancée sociale on a une levée de bouclier je veux revenir sur quelque chose en 1870 déjà quand il s'agissait pour les femmes de quitter trois jours l'établi parce qu'elles avaient eu un enfant on leur disait oh là là c'est pas possible l'industrie va être par terre quand on est passé des 60 heures par semaine aux 48 heures par semaine le MEDEF de l'époque disait la France sera par terre quand on est passé des 48 heures aux 40 heures les mêmes toujours les mêmes disaient oh là là la compétitivité la compétitivité déjà de la France en Europe sera par terre quand on est passé des 40 heures aux 39 heures c'est toujours toujours la même rangée
et sur l'immigration est-ce que la gauche est-ce que la gauche est-ce qu'il est à la hauteur de ce qu'attendent ces électeurs qui votent aujourd'hui
le Rassemblement National en fait d'abord moi je n'ai pas envie de faire de l'immigration un problème majeur je crois qu'il faut séparer les choses l'immigration illégale l'immigration qui n'est pas contrôlée normalement elle effraie les gens toute la journée ils voient sur des chaînes concurrentes quand ils habitent au fin fond d'un village où ils n'ont jamais vu un immigré de leur vie des gens arrivaient on a vu l'intelligence artificielle d'ailleurs fabriquer des vagues de migrants arrivant sur les plages et sa vote fondationale à 60% vous pensez que là il y a une réalité moi je suis très clair par rapport à ça moi je pense qu'il faut appliquer des règles qui existent je pense qu'il faut être en capacité d'aider les pays et non pas de les piller comme c'est le cas d'aider les pays d'où ces gens s'en vont pour survivre on ne réussira pas en montant des murs on ne réussira pas vous savez imaginons quelque chose
ils ont créé un statut de réfugiés climatiques parce que c'est dans le programme du nouveau front populaire
ça va être un vrai sujet ça va être vous pouvez faire comme si ça n'existait pas moi je sais que beaucoup de gens pensent que tout va aller mais vous savez quand on va vivre à 50 degrés et ça va nous arriver à nous aussi il y aura des exodes vers le nord de vous et de moi il faut accueillir mieux pas davantage vous ne me ferez pas tomber dans la caricature et je sais que certains veulent caricaturer j'ai entendu que la gauche voulait désarmer la police pardonnez-moi mais qui veut désarmer la police j'ai entendu que la gauche était immigrationniste j'ai tout entendu comme à chaque fois comme à chaque fois que la gauche se présente pour aller au pouvoir les pires caricatures de l'extrême droite sont reprises non pas par l'extrême droite mais aujourd'hui elles infusent dans la société elles se promènent dans la société assez tranquillement mais vous pensez que quoi que dans ma ville je suis un enfant de coeur que je considère j'ai doublé et je vais doubler les effectifs de ma police j'ai fait une brigade maritime une brigade équestre une brigade cynophile je vais augmenter la vidéoprotection parce qu'on a besoin de vivre tranquillement c'est pas vivre dans une ville sous contrôle mais bien au contraire on a besoin d'être apaisé il faut avoir un discours clair sur ces questions là Benoît Payan
depuis le début de cette interview vous avez prononcé à deux reprises les mots crise de régime pourquoi ?
je vais essayer de le faire très court je crois que le quinquennat et l'inversion du calendrier ont été des erreurs funestes la cinquième république telle que l'arrivée le général de Gaulle est morte elle n'existe plus et le général de Gaulle est dans son sommeil éternel depuis 54 ans et si je me retourne je n'en trouve plus des générales de Gaulle et donc quand on a fait ce quinquennat cette inversion du calendrier on a privé les françaises et les français qui aiment la politique du débat politique l'élection législative c'est l'essence du débat politique nous sommes intimement politiques c'est un peuple politique la France donc vous êtes favori à une république parlementaire comme l'Allemagne est un peuple qui a en commun le romantisme comme les italiens ont en commun la culture et donc nous nous avons la politique et quand on prive un peuple de ce qui a fait son ADN depuis les Lumières en passant par les révolutions alors on va doucement vers une crise de régime qu'est-ce qu'on demande aux français après chaque élection présidentielle mesdames messieurs confirmez l'élection présidentielle que raconte l'opposition ah non surtout ne donnons pas de majorité au président de la république mais vous croyez que c'est un programme ça vous croyez qu'on fait société ensemble vous croyez qu'on fait nation et république ensemble donc il faut sortir de ça le président de la république doit activer l'article 11 de la constitution et nous devons aller vers une nouvelle république parce que et vous allez le voir dans les prochains mois la situation va se trouver complexe bloquée les français ont choisi trois blocs qui n'ont pas l'habitude de se parler et si l'année prochaine le chef de l'état devait décider de dissoudre il y a fort à parier qu'à epsilon près nous serions sur trois blocs
mais qu'est-ce que ça changerait d'instaurer la proportionnelle par exemple
ça n'est pas qu'une question de proportionnelle ça c'est le mode de scrutin il faut tout changer le rôle du président de la république la durée de son mandat ses pouvoirs le rôle du parlement le rôle de la chambre il faut aller vers les françaises et les français pour leur dire mais comment est-ce que vous voulez être représenté et gouverné c'est pas des enfants les français ce sont des personnes intelligentes et adultes qui considèrent aujourd'hui que le système ne fonctionne plus ils sont venus massivement pour voter parce qu'ils ont compris qu'il y avait un enjeu massivement certains pour dire on veut le rassemblement national d'autres pour dire on va faire barrage mais vous croyez que le barrage républicain c'est un programme vous croyez que moi je me résous à dire pendant des années et des années je me retire pour laisser un républicain ou qu'un républicain se retire pour laisser un socialiste mais ça c'est pas un programme ça c'est la fin des fins et donc quand on est chef de l'état et qu'on voit son pays comme ça on n'a pas d'autre alternative on va vers les français et on prépare le plus grand changement de la république depuis 70 ans il faut changer de république et il faut le faire vite bien en parlant à tout le monde
merci beaucoup Benoît Payan on a entendu votre appel au président de la république pour un référendum constitutionnel merci d'avoir été l'invité de France Info ce matin
Benoît Payan