La France a tout pour réussir du jeudi 27 août - Partie 2
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 4:12OuverteRéponse directe
Comment s'explique cette dynamique industrielle en Occitanie ? Est-ce que c'est le seul fait de la région ?
- 6:53OuverteRéponse directe
Quel bilan faites-vous de Global Industry 2026 ? Quel est l'état d'esprit des industriels ?
- 9:28OuverteRéponse directe
Comment est ressenti cette rentrée 2026, à 8 mois de la présidentielle ?
- 12:07OuverteRéponse directe
Rappeler les étapes entre la fermeture de la fonderie SAM et les projets en cours soutenus par la région.
- 14:58OuverteRéponse directe
Quel est le coût pour la région du rachat et de la création des nouveaux sites ?
- 15:24OuverteRéponse directe
Le dossier SAM était-il le pire souvenir de votre présidence ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:59InvitéChiffre
« Le solde d'usine, il est de moins 40, 51 ouvertures pour 91 fermetures. »
- 2:24InvitéChiffre
« Plus 5600 emplois industriels nets annoncés, ce ne sont pas des créations avérées, ce sont des créations annoncées. »
- 3:07InvitéChiffre
« On parle de 209 milliards d'euros investis, annoncés au premier semestre 2026. »
- 3:40InvitéFait
« Ils classent en première position la région Occitanie. »
- 3:48InvitéChiffre
« Plus 71 500 emplois industriels nets sur l'Occitanie depuis 15 ans. »
- 3:59InvitéChiffre
« Un solde d'usines de plus 81. »
- 4:40Invité politiqueFait
« Nous avons la chance en Occitanie d'avoir trois piliers industriels, qui sont, bien entendu, l'aéronautique et le spatial. »
- 5:52Invité politiqueChiffre
« Nous sommes la région française où il y a la part la plus importante du PIB consacrée à l'innovation. »
- 7:15InvitéChiffre
« On a fait quand même plus de 60 000 industriels qui sont venus contrairement à 2024. »
- 11:43InvitéFait
« C'est un nouveau statut qui a été lancé en février 2026. »
- 13:27Invité politiqueFait
« Nous n'avons pas pu sauver l'entreprise Sam puisque Renault avait exigé qu'il soit le client unique de cette entreprise. »
- 14:31Invité politiqueFait
« L'entreprise matière qui a obtenu un très gros marché avec RTE pour le renouvellement de poteaux électriques. »
- 15:07Invité politiqueChiffre
« C'est un coût de 48 millions d'euros au total. »
- 21:46InvitéChiffre
« Il y en a plus de 200 000 en Europe. »
- 22:12InvitéChiffre
« On a livré plus de 120 unités avec un très bon retour terrain. »
Temps de parole
- Carole Delga31 %
- Présentateur25 %
- Invité17 %
- Invité 216 %
- Invité 312 %
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La France a tout pour réussir. Jérôme Tichyte. Bonjour, heureux, bonjour. Nous sommes toujours en direct de la REF, la rencontre des entrepreneurs de France ici au campus Roland-Garros, porte d'Auteuil à Paris. C'est donc la REF 2026 avec un thème, le courage. Et nous allons axer cette émission sur le courage de maintenir l'industrie, de réindustrialiser la France. Mes invités pour en parler tout d'abord, Carole Delga, présidente de la région Occitanie, avec qui nous parlerons de deux dossiers importants pour la région. La réindustrialisation de l'ancien site de la fonderie SAM dans l'Aveyron, mais aussi les projets de reprise de la papeterie Fibre Excellence en Haute-Garonne.
Également avec nous, Antoine Fiché, entrepreneur que l'on suit depuis très longtemps sur BFM Business. C'est son entreprise Dantec qui a créé les lave-vaisselle compact Bob, fabriqués en Vendée. Mais l'entreprise a été placée en 2025 en redressement judiciaire. Dantec est en train de se relancer en pivotant notamment vers le médical. On en parlera plus en détail dans un instant. Avec nous également Sébastien Gillet, directeur général des salons industrie chez GL Events, notamment Global Industrie. Et malgré le contexte, l'édition 2026 a été un succès. On parlera aussi de l'édition 2027 qui aura lieu au mois de mars à Lyon.
On parlera aussi de la deuxième édition des Grands Prix de l'Industrie. Ce sera le 25 novembre prochain sur BFM Business. Mais avant de vous donner, madame, messieurs, la parole, je retrouve Pierrick Merlet. Rebonjour Pierrick. Bonjour Jérôme. Journaliste à la Tribune en charge du secteur de l'industrie. Cette émission, comme tous les rendez-vous de la REF, on le sait maintenant, sont sous la marque chapeau du pôle économique BFM La Tribune. Pierrick, tous les six mois, le cabinet Trendeo sort son étude, son baromètre sur l'état de l'industrie, le solde entre les ouvertures et les fermetures. Ce solde, il n'est pas bon au premier semestre, mais il y a quand même quelques raisons d'espérer.
Il n'est pas bon, oui, parce qu'il confirme la décélération de la dynamique de réindustrialisation depuis plusieurs années en France. Le solde d'usine, il est de moins 40, 51 ouvertures pour 91 fermetures. Et c'est un solde net qui diminue depuis le premier semestre 2021. C'est-à-dire depuis cinq ans, on a une décélération aussi bien des projets d'ouverture d'usine et une accélération des fermetures. Alors, petit point, on va dire positif, parce qu'il faut quand même l'être un minimum.
C'est la France à tout pour réussir.
La France à tout pour réussir, donc on va avoir une note de positivité. Plus 5600 emplois industriels nets annoncés, ce ne sont pas des créations avérées, ce sont des créations annoncées. Donc le solde des créations et des destructions, 5600, bien sûr, porté par l'aéronautique, la défense, le spatial, le nucléaire et le naval, avec comme point faible l'automobile et l'agroalimentaire. Mais petit hic sur ce 5600, c'est qu'il est surtout porté par des projets de création d'emplois dans les usines existantes, parce que, comme je le disais à l'instant, il y a beaucoup moins de projets de création d'usines. Et donc, pour l'instant, c'est le tissu existant qui tire la dynamique de la France.
Si on positive encore un peu, les investissements au premier semestre, ils sont en très forte hausse. Ça a plus de, à presque 210 milliards.
Oui, comme je le disais tout à l'heure, c'est un record. On parle de 209 milliards d'euros investis, annoncés au premier semestre 2026. Mais seulement 7% concernent l'industrie manufacturière. Et 42%, par contre, les data centers. Et si on peut monter ce chiffre à 76% quand on y ajoute le nucléaire et la filière des déchets. Mais voilà, seulement 7% concernent l'industrie manufacturière. Et petit point intéressant, mais on y reviendra peut-être dans quelques instants. Mais il y a un classement région qui a été établi sur ce bilan semestriel. Allez-y, allez-y, allez-y. Eh bien, ils classent en première position la région Occitanie.
Je pense que la présidente de région, qui est très friante de ces chiffres, en a pris connaissance. Puis de loin, on parle de plus 71 500 emplois industriels nets sur l'Occitanie depuis 15 ans. Et un solde d'usines de plus 81. C'est-à-dire, entre 2010 et 2025, on a une amélioration, une densité plus forte d'usines en Occitanie. Et 71 000 emplois industriels nets nouveaux.
Eh bien, comment commencer mieux une interview que par ces chiffres ? Bonjour, Carole Delga. Bonjour. Alors, comment s'explique ce dynamique industrielle en Occitanie ? Est-ce que c'est le seul fait de la région ?
Non, bien sûr que non, puisque la création d'entreprises, la création d'emplois, c'est tout d'abord une initiative portée par les entreprises. Mais c'est un accompagnement aussi qui performe. Nous avons la chance en Occitanie d'avoir trois piliers industriels, qui sont, bien entendu, l'aéronautique et le spatial. Où il y a une très, très belle dynamique, en particulier autour d'Airbus et de la supply chain. Nous avons aussi l'agroalimentaire, parce que l'agroalimentaire en Occitanie est un peu à rebours des chiffres en France. Il se porte plutôt bien, puisque nous avions un certain retard.
Et nous valorisons de plus en plus, sur le territoire occitan et catalan, de la production de nos agriculteurs. Et puis nous avons beaucoup, beaucoup développé toute la question des énergies renouvelables autour de l'hydrogène vert, autour de l'éolien flottant. On avait fait un vrai pari, il y a de ça dix ans. C'est un pari réussi. Nous sommes très volontaristes en Occitanie. Nous avons un très, très bon partenariat avec le monde de l'entreprise.
Avec, sur ce point, un plan Occitanie résiliente énergique, je crois, a été adopté juste avant l'été et qui a un budget de 500 millions d'euros, je crois, c'est ça ?
Oui, bien sûr. Nous avons, en fait, proposé une offre complète d'accompagnement pour l'industrie. Nous débutons, bien entendu, avec l'innovation. Nous sommes la région française où il y a la part la plus importante du PIB consacrée à l'innovation. Nous mettons aussi une offre clé en main sur la question du foncier, c'est-à-dire des terrains qui sont déjà desservis. Mais la région aussi peut construire pour le compte des industriels les usines. Et puis, aussi, nous aidons de façon classique à travers la subvention, les évances remboursables. Mais également, avec des outils financiers, la région peut être actionnaire. Et tout à l'heure, je parlais de l'hydrogène vert.
Je vais citer l'entreprise Genvia qui est basée à Béziers, où nous fabriquons des électrolyseurs haute température. Et la région est actionnaire.
On avait fait tout un sujet dans cette usine il y a quelque temps sur BFM Business. Je donne la parole à Sébastien Gillet. Je reviens, puisque vous êtes au cœur de l'industrie et des industriels. Vous êtes en charge des salons industrie chez GL Events. Quel bilan, d'abord, vous faites-vous de Global Industry 2026 ? Et quel est l'état d'esprit des industriels que vous côtoyez ? On parle de ce baromètre avec quelques chiffres positifs, d'autres moins. C'est quoi l'état d'esprit en cette fin août 2026 ?
Il est plus que positif qu'autre chose. En effet, on sort de Global Industry Paris, parce que c'était l'édition parisienne en 2026, au mois de mars, qui s'est excellemment bien passée, parce qu'on a fait quand même plus de 60 000 industriels qui sont venus contrairement à 2024. Vous savez, on marche dans les années pairs à Paris et les années impaires à Lyon, mais je crois que vous en parlerez après. Il est dynamique, il est positif, il est résilient, on ne lâche rien. Je crois que les industriels l'ont montré depuis quelques décennies qu'ils n'ont jamais rien lâché.
Ils sont maintenant soutenus, parce que ça devient aujourd'hui un sujet politique, l'industrie, qu'elle n'était pas il y a quelques années. Et je crois qu'il faut continuer à les protéger, les protéger à travers, bien sûr, les deux blocs américains et chinois. Et je crois que cette prise de conscience, elle commence à être prise. Mais on a la chance quand même d'avoir des gens qui sont amoureux de leur métier, qui sont passionnés de leur métier. Et souvent, à travers nos 12 salons, on fait 12 salons à peu près dans toute la France qui touche l'industrie.
Moi, j'ai une vraie reconnaissance pour les 3 400 000 industriels, personnes, hommes et femmes, qui travaillent depuis trois décennies et qui, eux, n'ont jamais rien lâché, qui ont la passion du savoir-faire, la passion de leur métier. Et ça, cette chance-là, peut-être d'autres pays ne l'ont pas. Alors, on n'a peut-être pas toujours le savoir-faire, encore d'une certaine manière qu'on l'intègre, mais on a la passion de ces hommes et des femmes qui n'ont jamais lâché. Donc, pour eux, on doit continuer derrière eux.
On parlait de l'importance de l'agroalimentaire pour l'Occitanie. Je crois d'ailleurs que vous êtes à Toulouse d'ici quelques jours pour un CEPHIA.
Exactement. On en a parlé avec la présidente. Dans un mois, on est sur Toulouse avec un événement qui s'appelle le CPM, donc un salon multi-industrie et le CEPHIA qui est un salon spécialisé en agroalimentaire. C'est 700 industriels. Et pour répondre aux différents chiffres, alors oui, les chiffres, ils sont peut-être parfois négatifs, parfois positifs. On est juste sur un seul positif sur 10 ans de création d'usines. C'est aussi important de dire que sur 10 ans, on a créé plus d'usines quand on a fermé et l'agroalimentaire reste le premier secteur industriel français.
Avec un plus 300 depuis 2017. C'est ce que rappelait le ministre de l'Industrie, Sébastien Martin, ce matin dans la matinale de Brigitte Boucher.
Exactement. Et l'agroalimentaire est un secteur sur lequel on excelle. On a un vrai savoir-faire qui est reconnu mondialement. La gastronomie d'une certaine manière, mais aussi tout le process et qui sera présenté, comme l'a dit la présidente, bien sûr, sur tous les deux dans un mois.
Avant de parler de la SAM, avant de parler de fibres excellents, je donne la parole, je finis ce tour de table avec Antoine Fiché. Bonjour Antoine. Bonjour Jérôme, merci. Vous êtes le président et fondateur d'Antec, une entreprise qui, comme la France a tout pour réussir, fait tout juste ses 10 ans. C'était en 2016. On va parler dans quelques instants des difficultés qu'a traversées l'entreprise, de son rebond. Vous, votre état d'esprit, c'est quoi ? Vous êtes aussi un industriel au cœur des territoires. Vous êtes en Vendée. Comment est ressenti cette rentrée 2026 ?
Alors là, on clôture notre premier acte narratif, j'ai envie de dire, de l'histoire de Dantec. Donc 10 ans. 10 ans d'engagement pour, à notre échelle, réindustrialiser la France. Alors avec la promesse de créer une gamme d'appareils électroménagers, c'était notre vision. En 2016, on avait déjà cette vision de créer, au-delà de Bob le mini-lave-vaisselle, une gamme. Finalement, on a un peu pivoté maintenant. Un peu pivoté parce que, par la force des choses, c'était compliqué de forcément tout internaliser.
Et donc là, la grosse annonce qu'on veut faire sur ce plateau, c'est qu'on veut devenir véritablement un hub maintenant, avec beaucoup de projets à venir, pour créer de nouveaux produits innovants, avec ce premier pivot dans le médical. Donc on adapte notre outil industriel, on adapte nos outillages, notre produit Bob, pour le transformer en thermodésinfecteur pour les dentistes et en thermolaveur pour les vétérinaires. C'est un marché qui n'est pas adressé pour l'instant, ou qui est adressé par des entreprises étrangères, donc allemandes, italiennes. Et donc en fait, on veut se positionner sur ce marché et on ouvre un nouvel arc narratif autour de notre entreprise.
On en parlera plus en détail dans un petit instant. Le ressenti, quand on parle ici, les politiques viennent, on parle beaucoup de l'instabilité fiscale, on parle beaucoup de certaines idées de certains candidats. Vous, l'entrepreneur que vous êtes, comment est-il vit cette rentrée, qui est quand même à 8 mois de la présidentielle, donc placée sous le saut de l'instabilité ?
Alors, les enjeux en tant qu'entrepreneur, on les a toujours. Il n'y a pas une année qui se passe toujours comme on l'avait souhaité, mais c'est ça qui est aussi beau dans l'aventure entrepreneuriale. Ce que j'ai envie de dire, c'est que nous, en 2016, on était pionniers sur le Made in France, Origins France garantie, réparabilité. On avait inventé un indice de réparabilité avant l'indice qui s'est créé en 2018. Et en fait, on a aujourd'hui une volonté d'aller plus loin. Donc, on pense que la stabilité, en tout cas dans notre secteur d'activité, et l'attractivité, ça va passer par l'impact. On en parle depuis longtemps. Nous, c'est dans notre ADN depuis longtemps.
C'est-à-dire qu'on fait des produits éco-conçus, fabriqués en France, recyclables, on les reconditionne en fin de vie. Donc, on crée zéro déchet. Et là, aujourd'hui, on veut devenir une société commerciale de l'ESS. Et ce statut nous permettra de bénéficier de jeunes entreprises innovantes à impact. C'est un nouveau statut qui a été lancé en février 2026. Et tout un tas d'avantages aussi, et pour prouver au marché, à nos investisseurs, à nos clients, qu'on est engagé et qu'on l'inscrit dans nos statuts.
Direction, on revient en Occitanie, direction le nord de votre région, le département de l'Aveyron. On va donc parler de cet ancien site de la Fondry Sam. On va faire un bref historique avec vous, Pierrick. Nous rappeler les différentes étapes entre la fermeture et puis donc les projets qui vont être en cours et soutenus par la région.
La Fondry Sam, c'était un très grand acteur industriel de la région Occitanie. C'était, toute proportion gardée, c'était l'Airbus local, on peut le dire. C'était une boîte qui a employé plus de 1 000 personnes, voire 2 000 à une certaine époque, ou a travaillé pour plusieurs constructeurs automobiles parce que c'était une fonderie qui était spécialisée. Renault notamment. Qui était spécialisée pour le secteur automobile particulièrement. Puis, de fil en aiguille, entre mauvais choix stratégiques, première crise de 2008, et puis après, première vague de délocalisation, première vague de désindustrialisation de la France.
C'est une entreprise qui a vivoté autour de 300-400 personnes et qui a été repris par un actionnaire chinois qui n'a pas tenu ses engagements au moment de la reprise à la barre du tribunal de commerce et qui a plongé dans une profonde difficulté la fonderie Sam au début des années 2020, fin des années 2010. Et puis, le coup de grâce, ça a été le désengagement total de Renault qui était quasiment le client unique de ce site. Et forcément, 300 collaborateurs sans client, ça fait une liquidation judiciaire à quelques semaines de Noël 2021.
en novembre 2021. Et donc, la région a racheté le site. C'était en 2024.
Oui, tout à fait. Nous n'avons pas pu sauver l'entreprise Sam puisque Renault avait exigé qu'il soit le client unique de cette entreprise. Et quand Renault a choisi de faire fabriquer ces pièces-là en Espagne, le temps était trop court. Mais nous ne sommes pas résignés à la région Occitanie. Nous avons voulu que ce bassin industriel puisse avoir un avenir. Donc, nous avons dû batailler à travers des procédures juridiques pour pouvoir racheter le site. Nous avons mis trois ans. Et c'est là un des problèmes sur la réindustrialisation de la France. C'est des procédures administratives qui sont très très longues.
que nous avons dû prendre un cabinet d'avocats spécialisé parisien pour arriver à acheter, en fait, le site, que ce soit le bâtiment, que ce soit les machines. Et une fois que nous avons pu en disposer, là, nous avons pu rentrer vraiment dans la négociation concrète avec plusieurs investisseurs. Et au bout de deux ans, nous avons conclu avec deux entreprises. L'entreprise matière qui a obtenu un très gros marché avec RTE pour le renouvellement de poteaux électriques.
Et ensuite, avec une entreprise qui est historiquement irlandaise, mais qui est implantée aussi en Occitanie, Paragon et Heidi, qui est spécialisée dans des étiquettes qui sont beaucoup utilisées par Decathlon pour la traceabilité de produits.
Et le coût de tout ça, le rachat, la création des nouveaux sites, c'est quel coût pour la région ?
C'est un coût de 48 millions d'euros au total.
11 pour le rachat pur.
Le rachat et adaptation. La dépollution, etc. Et dépollution, ainsi de suite. Mais c'est la démonstration que quand il y a une volonté, on y arrive. C'est long, il ne faut pas se décourager, mais on peut y arriver.
Madame Delga, vous m'aviez confié il y a quelques semaines que le dossier SAM, c'était le pire souvenir de votre présidence. Ça m'avait marqué, parce que ça fait quand même presque 10 ans que vous êtes à la tête de la région, donc vous en avez connu des dossiers aussi bien économiques et autres. On parlait de pire souvenir. Là, on sera dans 10 ans après. On parle de 375 emplois industriels d'ici 2032, plus de 10 ans après la liquidation de la SAM. Finalement, pour vous, l'enjeu autour de ce dossier, c'est quoi ? C'est le symbole de faire revivre cette fonderie ?
Parce qu'on imagine bien que les 300 salariés qui étaient à la fonderie, certains ont dû vagabonder sur d'autres postes, ont dû se reconvertir. Donc finalement, c'est plus pour vous un enjeu de vitalisation du territoire qu'un enjeu de développement économique. On est d'accord ? L'idée, c'est plus de refaire vivre ce site qui vous a marqué par l'histoire qu'il a connu.
Oui, tout d'abord, ça a été le pire souvenir de ma présidence, parce que c'est le désarroi des familles dans un territoire où le revenu par habitant est quand même déjà assez faible, où il ne suffit pas de traverser la rue pour trouver un job. C'est-à-dire qu'il faut faire minimum 30 ou 60 kilomètres pour trouver un travail. Et moi, j'ai vraiment mal vécu la détresse, le désarroi de ces salariés, de ces 333 salariés qui avaient tout donné depuis des années, qui avaient consenti de nombreux efforts et qui ont été lâchés. Et moi, je voulais démontrer que la politique, ça peut changer la vie. C'est pour ça que je fais de la politique, parce que je pense qu'on peut améliorer la vie.
On peut rendre de nouveau la France fière de son industrie, d'être de nouveau le pays de la production et des travailleurs. Et ce que j'ai voulu démontrer, c'est que même en dehors des grandes métropoles, on pouvait réindustrialiser et que c'était possible par un travail de terrain et qu'il ne faut rien lâcher, que par moment, il y a besoin de talons.
Est-ce que ce n'est pas finalement ça, l'industrie de demain ? C'est des régions, des conseils régionaux acteurs de cette réindustrialisation, parfois au coup de cabinets d'avocats très spécialisés. Mais est-ce que ce n'est pas ça, demain, finalement, qu'il faut ?
Oui. Je suis aussi présidente des régions de France et c'est ce que nous défendons, les 18 présidents de régions, c'est d'avoir plus de pouvoir. Aujourd'hui, nous sommes en fait dans un pays à l'immobilisme qui est de plus en plus grand. Et il y a besoin d'avoir un État fort sur les missions régaliennes, qui sont la sécurité, la défense, la monnaie. Mais nous avons besoin de libérer les énergies et en particulier au niveau des régions. Nous devons avoir plus de moyens au niveau de la réglementation. Il faut alléger les procédures administratives qui sont trop longues.
Il faut aussi avoir des moyens financiers parce que quand vous êtes proche du terrain, c'est en fait le meilleur moyen de convaincre des investisseurs. Et c'est ce que nous portons qui est plus de décentralisation, plus de pouvoir localement.
Et quel est le candidat qui porte le mieux ce que vous prenez ? Il y a le débat cet après-midi. Vous avez dit ce matin chez le confrère de TF1 que vous souteniez Raphaël Glucksmann. Est-ce qu'il est en phase avec ces propositions-là ?
Oui, tout à fait. Il est en phase avec ces propositions. C'est pour ça que je le soutiens. Et dans son équipe de campagne, j'aurai en responsabilité la France de la production, production agricole, mais production industrielle également. Et la France des travailleurs. Parce que ce que nous voulons, c'est que dans ce pays, le travail paye, permette de vivre dignement. Mais aussi, nous devons avoir cette défense d'une France et d'une Europe qui produit. Nous ne pouvons pas continuer à être sur un projet européen juste de libre-échange. Parce que nous avons besoin d'avoir un président de la République française qui soit européen. parce que c'est l'intérêt des entrepreneurs.
Parce qu'il est faux de croire que la France toute seule pourra se battre dans la compétition mondiale face à des États-continents comme la Chine, comme les États-Unis. Et c'est pour ça que le prochain président de la République, il doit être fortement européen et il doit remettre de la justice sociale dans ce pays.
On a compris votre choix. En une minute, quand même, le dossier de fibre excellence. Donc on passe de Decazeville, on passe à Saint-Gaudens-en-Haute-Garonne. Le dernier papetier français. Quel est le rôle de la région ? Je crois que via la RISC, et donc l'Agence régionale des investissements stratégiques, vous venez de faire une offre de reprise. Est-ce qu'elle est finalisée ? Et quelles sont les prochaines étapes ?
Non, elle n'est pas finalisée puisque le tribunal de commerce nous a donné un délai de trois semaines fin juillet. Donc au mois d'août, c'est quand même assez complexe de convaincre un investisseur étranger parce que nous n'arrivons pas en France à trouver un investisseur sur la production de pâte à papier puisque fibre excellence était le dernier producteur de pâte à papier. Donc sur le mois d'août, j'ai dû contacter avec Sébastien Martin, le ministre de l'Industrie, des investisseurs suédois, norvégiens et d'autres pays européens.
Et nous avons pu déposer une offre puisque nous avons un partenariat avec Soprema pour toutes les questions énergétiques et des coproduits pour les panneaux d'isolation. Mais nous avons besoin d'avoir un autre investisseur et c'est une course contre la montre. La moitié du chemin est faite.
On suivra le dossier sur BFM Business. Antoine Fiché, je vous redonne la main. On repart en Vendée. Donc vous nous parliez de la diversification qui est en cours avec des thermolaveurs, des thermos, comment vous dites ? Des infecteurs. Des infecteurs, voilà. Votre cible, c'est quoi ? C'est les cabinets vétérinaires ? C'est le dentaire ? C'est quoi ?
Exactement. En fait, on s'est posé la question de qu'est-ce qu'on pouvait faire avec notre capacité stratégique, notre usine, nos outillages, notre produit et comment est-ce qu'on pouvait l'adapter à moindre coût avec seulement quelques centaines de milliers d'euros quand même mais c'est moins qu'un investissement complet dans un nouveau produit. Et en fait, on a fait une étude de marché et on a vu qu'il y avait un secteur qui n'était pas bien adressé. C'était le secteur des cabinets vétérinaires et cabinets dentaires indépendants, les petits cabinets. Il y en a plus de 200 000 en Europe.
C'est vraiment une cible qui n'est pas adressée et qui font le lavage de leurs instruments après des chirurgies à la main. Donc c'est vraiment avec les assistantes vétérinaires, assistantes dentistes qui lavent à la main avec des baquets ultrasons avant de passer en autoclave pour la stérilisation. Donc ça, c'est en vente déjà ? Ça va l'être bientôt ? Donc on a lancé notre première version pour les vétérinaires qui demandent moins de certification que le médical humain. Donc on l'a lancé en mars 2026 et on a livré plus de 120 unités avec un très bon retour terrain et on a signé avec un partenaire allemand pour 8 pays européens.
Donc très content avec un vrai contrat sur plusieurs années, plusieurs centaines et milliers d'unités à venir. Et pour le médical pur ? Et pour le médical, on passe les certifications dispositifs médicaux, dispositifs médicaux, donc là vraiment les certifications européennes, très compliquées avec des audits, avec une adaptation de notre outil industriel et on devrait les avoir d'ici mars à avril 2027 pour un lancement à l'été 2027.
Plus généralement, comment se porte l'entreprise ? Comment se porte le chiffre d'affaires ? Le redressement judiciaire, c'était une étape indispensable pour vous relancer ?
Oui, alors le redressement judiciaire, ce n'est pas forcément souhaitable pour un parcours entrepreneurial, mais c'est vraiment un rebond, il faut le voir comme ça. Nous, on est très courageux chez DanTech. D'ailleurs, je tiens vraiment à remercier toutes les équipes qui ont travaillé. Vraiment, ça a été une année très compliquée, mais dans la résilience très positive finalement.
parce que vous avez dû les réduire un peu.
On a réduit un peu les effectifs effectivement, mais aujourd'hui, on est à l'équilibre. Ce qui est important, ce qu'il faut retenir, c'est qu'avec l'activité historique de Bob le lave-vaisselle, on est à l'équilibre. Donc là, on va faire notre première année entre guillemets rentable à l'équilibre et c'est véritablement 2027 avec le lancement dans le dispositif médical qu'on va arriver à un EBE autour de 10-15% en 2028-2029 et là, on aura vraiment la capacité de mener à bien d'autres projets. Donc c'est vraiment ce qu'on s'est dit, c'est qu'on prenait 2-3 ans pour restructurer l'entreprise et après, on pouvait repartir sur d'autres projets d'innovation.
Et vous ouvrez votre capital également ?
Exactement. Donc pour ça, on a besoin de moyens mais c'est aussi pour pousser notre impact positif. En fait, c'est vraiment l'idée de dire qu'on ouvre notre capital pour les personnes qui veulent avoir un moyen concret avec leur épargne de soutenir l'industrie française. Donc c'est vraiment ce qu'on veut faire dans les prochaines semaines. Donc on ouvre notre capital. Donc il y a toutes les informations sur notre site internet. Donc dan.tech D-A-A-N.tech T-E-C-E T-E-C-H pardon. Et donc en fait, justement, on veut proposer aux personnes donc principalement à des business angels mais aussi des particuliers de rejoindre l'aventure.
Je redonne la main à Sébastien Gillet pour conclure cette émission. On a fait un petit bilan de ce que vous ressentez de l'état d'esprit des industriels. On va parler quand même de Global Industry 2027. Est-ce que les choses sont bien dans les tuyaux ? Est-ce qu'elles avancent bien ? Est-ce que l'optimisme que vous affichez à Villepinte en 26 sera le même à Lyon en mars 26 ?
Il sera le même. Il sera peut-être même encore plus beau parce que si on s'arrête sur un volet commercial parce que pour faire un salon c'est un an, il y a toujours un aspect commercial, un aspect communication. On sait que commercialement les choses se passent beaucoup mieux que quand on se compare avec même 2025 à Lyon. Donc c'est-à-dire qu'on aura un salon où on sera plutôt aux alentours de 2700 exposants avec entre 27 et 30% d'exposants étrangers. Donc on attend une édition qui concrétise pas ce qui va se passer juste au mois de mars ou au mois d'avril. Bien sûr, comme l'a dit la présidente, on a besoin de la politique et j'ai dit régulièrement, mais on a surtout besoin de jeunes.
Donc il y aura beaucoup de jeunes. On a eu 8000 jeunes en 2026. On table sur 10 000 jeunes en 2027 pour continuer à construire l'industrie de 20 ans, 30 ans, 40 ans. On aura aussi des nouvelles thématiques. Ce n'est pas forcément un salon qui est beaucoup axé sur la tech. On va intégrer complètement la tech aujourd'hui parce que la tech elle est après l'industrie, elle n'est pas avant l'industrie. Donc nous, on veut aujourd'hui que Global soit précurseur dans certains sujets. Donc bien sûr de l'IA, bien sûr de la robotique, mais pas que. Il y aura la deep tech aussi qui sera présente. Donc il y aura beaucoup de nouveautés dans cette édition lyonnaise.
Mais en tout cas, le business qui était présent en 2026, je crois sincèrement qu'il sera encore une nouvelle fois présent en 2027.
Un mot encore des grands prix de l'industrie. C'est la deuxième édition qui aura lieu le 25 novembre sur BFM Business. J'aurai le plaisir d'animer cette cérémonie. Vous nous accompagnez, GL Events, cette année encore. C'est important de donner de la visibilité à ces entreprises qui se battent justement pour évidemment leur chiffre d'affaires mais aussi pour les territoires et les emplois en France.
L'industrie, elle est dans les territoires avant tout. Et je pense qu'aujourd'hui, la présidente l'a dit, elle a compris depuis bien longtemps avant beaucoup d'autres présidents de région et beaucoup d'autres politiques, c'est que c'est dans les territoires. Et quand on a fait une étude il y a à peu près un an, il disait que les Français étaient à 83% fiers de leur industrie, fiers qu'elles soient dans les territoires, fiers du savoir-faire. Donc aujourd'hui, d'être partenaire de ces trophées-là est important parce qu'on parle d'innovation et aujourd'hui, on innove sur un global industrie. On a plus de 250 produits innovants qui sortent chaque année.
On termine un petit tour de table par la question que je pose. Est-ce que la France en cette rentrée 2026 a encore tout pour réussir ? Sébastien, je commence avec vous.
Je n'ai pas entendu ce sujet.
Est-ce que la France a encore tout pour réussir en cette rentrée 2026 ?
La France a tout pour réussir. Elle a toutes les armes pour réussir. Moi, je n'ai aucune inquiétude sur les 20, 30 prochaines années. Il faut juste à un moment que tout ce qu'on n'a pas su faire, tout ce qu'on n'a pas cru faire, osons le courage. Les industriels n'ont pas attendu l'AREF du courage pour en avoir. Donc continuons d'être avec eux, continuons de les soutenir et protégeons-le. Mais moi, je suis en totale confiance sur les 20 prochaines années.
Même question, Carole Delguez, est-ce que la France et l'Occitanie, bien sûr, mais la France, de manière plus générale, a encore tout pour réussir ?
Oui, la France a tout pour réussir. Mais le courage, en effet, les entrepreneurs en ont constamment, les politiques aussi, même s'il en manque pour certains. Mais surtout, je pense que la France, pour réussir, doit avoir confiance, confiance en elle-même, en ses talents. Parce que moi, je parcours, en tant que présidente des régions de France, les 18 régions françaises. Et je suis bluffée par tous les talents, le volontarisme, toute la créativité qu'il y a parmi nos entrepreneurs, qu'il y a aussi dans nos associations, qu'il y a dans l'économie sociale et solidaire. Donc, faisons-nous confiance. Et la France, elle continuera à être une grande nation.
Et soyons la France de la production et des travailleurs.
Eh bien, j'aime ce message. Faisons-nous confiance. Je n'ai plus le temps. Malheureusement, je ne vous donnerai pas la parole, Antoine Fiché, mais je suis sûr que vous partagez ce message de fin. Merci, madame, messieurs, d'avoir été les invités de cette émission ici en direct de la REF, la rencontre des entrepreneurs de France. La France a tout pour réussir. Vous le retrouvez bien sûr toujours sur l'appli et le site de BFM Business. A très bientôt sur BFM Business. La France a tout pour réussir sur BFM Business. Sous-titrage Société Radio-Canada
Carole Delga