Moustique tigre : zika ou dengue, "des maladies qui ressemblent à la grippe" selon un responsable du CHU de Poitiers
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 80 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:11OuverteRéponse directe
On parle du moustique-tigre qui nous embête dans le Poitou. S'il nous empêche de dîner dehors, il est aussi vecteur de maladies. Et pour en parler, vous recevez le chef du service des maladies infectieuses au CHU de Poitiers.
- 0:26OuverteRéponse directe
Ça veut dire quoi ? Qu'on va devoir vivre avec des nouvelles maladies comme la dingue maintenant ?
- 0:47OuverteRéponse directe
Est-ce qu'on a déjà eu des cas spécifiques de ces maladies qui ont déjà été détectées chez nous ?
- 1:06OuverteRéponse directe
Comment on fait pour apprendre à reconnaître ces maladies ?
- 1:31OuverteRéponse directe
Est-ce que les médecins généralistes se forment à reconnaître ces maladies chez les patients ?
- 2:47OuverteRéponse directe
Comment faire à notre niveau pour freiner la prolifération du moustique-tigre ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:20InvitéChiffre
« On a plus d'une trentaine de communes dans chacun de nos départements. »
- 0:23InvitéFait
« Il devrait être présent partout en France d'ici la fin du siècle. »
- 0:30InvitéFait
« C'est un vecteur de certains nombres de maladies qu'on n'avait pas jusqu'à présent sur notre territoire. »
- 0:52InvitéChiffre
« L'année dernière, on a eu beaucoup de cas de chikungunya, un petit peu de dingue. »
- 3:23InvitéChiffre
« Il y a plus de 80 départements qui sont colonisés par ce moustique. »
Temps de parole
- Invité59 %
- Invité 235 %
- Présentateur4 %
≈ 3,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Ce
matin, on parle du moustique-tigre qui nous embête désormais dans le Poitou. S'il nous empêche de dîner dehors, il est aussi vecteur de maladies. Et pour en parler, Clément, aujourd'hui, vous recevez le chef du service des maladies infectieuses au CHU de Poitiers. Bonjour,
professeur Lemoel. Bonjour. D'année en année, le moustique-tigre progresse de commune en commune. On a plus d'une trentaine de communes dans chacun de nos départements. Il devrait être présent partout en France d'ici la fin du siècle. Ça veut dire quoi ? Qu'on va devoir vivre avec des nouvelles maladies comme la dingue maintenant ? Exactement. C'est un vecteur de certains nombres de maladies qu'on n'avait pas jusqu'à présent sur notre territoire. Donc, il faut s'attendre, puisque toutes les conditions sont réunies pour avoir des maladies un peu tropicales. On peut les rappeler ?
Il
y a la dingue, le chikungunya et Zika ? C'est essentiellement ces trois maladies-là pour le moustique-tigre. Et est-ce qu'on a déjà eu des cas spécifiques de ces maladies qui ont déjà été détectées chez nous, par exemple de la dingue
?
L'année dernière, on a eu beaucoup de cas de chikungunya, un petit peu de dingue.
Et
je crois que Chauré a été le plus haut touché dans notre région. Et cette année,
il
y
a
un petit peu moins, mais il
y
a eu encore des cas plutôt en Gironde. Alors, s'il y a des cas qui sont avérés, comment on fait pour peut-être apprendre à les reconnaître ? Parce que ce sont des maladies qu'on découvre pour la plupart d'entre nous. Sauf si on a vécu un petit peu dans les pays tropicaux. Mais comment on apprend à découvrir ces maladies
?
Effectivement, ce sont des maladies qui pourraient ressembler à une grippe. Ça donne de la fièvre, généralement des douleurs articulaires, musculaires. Et puis, ça peut aller dans les formes graves jusqu'à des atteintes encéphalitiques, c'est-à-dire cérébrales, un peu comme des méningites. Est-ce que ça veut dire qu'en ce moment, les personnels de santé, les professionnels, les médecins généralistes notamment, est-ce qu'ils se forment aussi à devoir composer avec ces maladies, à les reconnaître aussi chez les patients ? Effectivement, il faut y être attentif.
Donc, nous, on forme la Santé publique France également, alerte tous les professionnels de santé d'être bien attentifs à la possibilité de détecter. Donc,
en
fait, nous, on détecte assez facilement ces maladies devant des tableaux qui pourraient ressembler pour ne pas passer à côté. Ça ressemble quand même pas mal à les symptômes que vous avez dit, à des maladies qu'on connaît comme la grippe ou le Covid. Tout à fait, oui. Ça pourrait être des maladies assez simples. Donc, il faut être assez systématique maintenant face à des tableaux plutôt neurologiques. Sur des tableaux juste de grippales,
on
ne
va
pas se lancer dans
ce genre de diagnostic. Quand vous dites un tableau ?
Un tableau, c'est une forme clinique qui atteindrait le cerveau. Donc, des gens qui seraient confus, fébrile, là, on va évoquer cette période. Parce que, évidemment, après le mois de novembre, les moustiques, j'espère, auraient un peu disparu. Oui, c'est ça, les vecteurs de maladies. Ces maladies-là, elles reviennent quand le moustique est là. Donc, c'est quelle période de l'année à peu
près
? Alors, aujourd'hui, c'est de plus en plus tard. Donc, c'est de mai à novembre. On voit, là, en octobre, il y en a pas mal, là. On voit qu
'on
s'en plaint beaucoup, là, le moustique-tigre. En ce moment, il progresse, justement. Il progresse d'année en année. On l'a dit, de plus en plus de communes. Comment, déjà, est-ce qu'on peut faire à notre niveau pour essayer de freiner sa prolifération ? Oui, c'est la première chose, effectivement, importante.
C
'est-à-dire qu'il faut limiter tout ce qui est eau stagnant. Donc, c'est les gouttières mal débouchées, c'est les pots de fleurs qui traînent, où l
'eau
peut stagner. C'est tout ça, c'est tous les gites larvaires, en fait.
Et
le moustique, il a besoin d'eau,
en fait.
Ça, donc, dès qu'il y
a
de l'eau, que ce soit des grands bassins, dès que l'eau, elle ne circule pas, là, on peut avoir des moustiques. Ça va très, très vite, en plus, pour en être un moustique. Oui, tout à fait, oui. Et donc, il vient de où, ce moustique ? Parce que je crois qu'il remonte depuis le sud.
C'est ça, il commence par le sud de la France.
Il
a suivi
l'autoroute A10, et maintenant,
à
peu près, je crois qu'il y a plus de 80 départements qui sont colonisés par ce moustique. Alors, après, il ne bouge pas trop, une fois qu'il est installé. Mais donc, il y
a
aussi les possibilités de l'éradiquer avec des campagnes de démoustication, etc. Mais, effectivement, il a remonté, et il y a peut-être quelques départements dans le Nord et la Creuse qui ne sont pas touchés encore. Alors, vous parlez des campagnes de démoustication. On entendait ce matin dans les journaux, à Saint-Benoît, il y
a
des habitants qui en ont marre et qui ont mis en ligne une pétition pour demander des actions de la mairie. Une collectivité peut lutter contre un moustique ? Est-ce que c'est quelque chose qu'on peut... Si des cas sont avérés de transmission de maladie, là, ça fait partie des mesures de santé publique d'aller démoustiquer, effectivement, parce que c'est la meilleure façon. Je ne
sais
pas si vous savez, mais il y a encore, au début du XXe siècle, il y avait du paludisme, par exemple, dans la région de New York. Et donc, c'est comme ça qu'on a éradiqué le paludisme en éliminant le moustique. Donc, ça pourra peut-être être une des solutions aussi. Je ne le savais pas, vous me l'apprenez. J'ai vu aussi que dans les campagnes pour démoustiquer, on peut même, c'est contre-intuitif, on peut mettre des moustiques mâles, stériles, pour faire baisser les populations de moustiques. Exactement, oui. Ça, c'est une des techniques également.
C
'est peut-être pour ça aussi qu'on en a beaucoup. Peut-être qu'ils ont lâché des moustiques mâles, justement, stériles, pour éviter la multiplication et essayer de couper les chaînes de transmission.
Et
ça, ça se fait chez
nous
? Oui, ça se fait, oui, tout à fait. On a des exemples de communes où ça s'est fait par exemple ? Je ne
suis
pas spécialiste de ça, mais je sais que ça se fait.
Bon,
peut-être pour conclure, vraiment, si on ne
se
sent pas bien et qu'on a des symptômes, comme vous avez dit, c'est quoi le bon réflexe à avoir pour
éviter
? C'est toujours de consulter son médecin. Et le médecin, s'il a un doute, il peut faire des tests. C'est des tests qui se font dans des laboratoires assez facilement. Après, la durée d'incubation et la période de la maladie est assez courte.
C'est
une semaine. Donc, il faut consulter comme toujours quand on n
'est
pas bien, finalement. Merci beaucoup, Professeur Lemoyle. Je rappelle que vous êtes le chef du service des maladies infectieuses au CHU de Poitiers. Et le bon réflexe contre les moustiques, c'est d'éviter l'eau stagnante. On ne le dira jamais assez.