Nicolas Dupont-Aignan et Yannick Jadot
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Bonjour et bienvenue dans Question Politique, le rendez-vous de France Inter, du journal Le Monde et de France Info. Question politique à l'heure européenne, vous le savez, jusqu'au 26 mai. Dispositif spécial chaque dimanche, deux fois une demi-heure pour deux têtes de liste qui viendront vous présenter leur vision de l'Europe et défendre les points clés de leur programme. Nos invités aujourd'hui, Nicolas Dupont-Aignan, tête de liste de Debout la France. Et puis Yannick Jadot, tête de liste d'Europe Écologie Les Verts. Intervenez sur l'appli France Inter ou sur les réseaux avec le hashtag Question Paul. France Inter, Question Politique, Alibadou.
Notre premier invité, il dit préférer l'Europe d'Orban à celle de Juncker. Il veut revoir de fond en comble le fonctionnement de l'Union, renégocier les traités, supprimer la Commission Européenne, supprimer également les accords de Schengen. Mais avec quelle idée, quel projet, il va nous l'expliquer, le slogan de la liste qu'il mène aux élections européennes et le courage de défendre les Français. Bonjour Nicolas Dupont-Aignan. Bonjour Alibadou. Pour vous interroger, Nathalie Saint-Cricq de France Télévisions. Bonjour Nathalie.
Bonjour Messieurs.
Bonjour. Virginie Malingre du journal Le Monde. Bonjour Virginie. Bonjour Alibadou. Et Karine Bécard de France Inter. Bonjour Karine. Salut à tous. Dans quelques minutes, Nicolas Dupont-Aignan, votre portrait, avant d'examiner quelques-uns des points clés de votre programme. Mais d'abord, que diriez-vous à un jeune Français, une jeune Française qui va voter pour la première fois, pour lui présenter simplement, en quelques phrases, votre idée de l'Europe ?
Il y a l'Europe qui a marché, qui a eu des résultats. Celle de la réconciliation, de la paix, celle d'Airbus, celle des coopérations, celle de De Gaulle, celle de la Denauer, celle qui se protégeait, celle qui respectait les peuples. Et puis après, il y a eu un virus dans le logiciel. On a confié le pouvoir à des gens non élus, à des intérêts, à des gens corrompus, qui ont voulu, au nom de l'idée européenne, mettre en place un gouvernement de techniciens irresponsables. Les peuples ont voté contre, on ne les a pas écoutés. Et moi, je veux revenir à l'esprit d'une Europe des nations libres et des projets concrets.
C'est-à-dire, on arrête avec la Commission, on arrête avec Bruxelles, on retrouve nos lois, nos frontières, notre budget. Mais en revanche, on se concentre sur les défis du XXIe siècle pour faire face à la Chine et aux États-Unis, sur les grands défis, comme on a fait avec Airbus.
On va examiner justement quelques-uns des points clés de votre programme.
Je fais une question très courte. On a vu, et Ali Badou l'a présenté, tout ce que vous êtes contre la Commission, vous voulez qu'on négocie tout. Est-ce que ça ne serait pas plus clair de dire que vous êtes favorable au Frexit, au lieu de, en gros, lister tout ce qui ne va pas et vouloir tout abandonner ? Non, je complète la question de Nathalie. L'Europe des projets Airbus, etc. Finalement, on n'a pas besoin de l'Europe pour faire Airbus. Enfin, je veux dire, on peut s'allier avec tel et tel pays ou l'équivalent d'Airbus version XXIe siècle. Donc, qu'est-ce qui règle l'Europe dans votre projet ?
Deux questions dans l'ordre de la vision de l'Europe. Moi, je pense que l'Europe ne peut réussir qu'en s'appuyant sur les nations libres. Vous, vous pensez que l'Europe, c'est la disparition quelque part des nations et une nouvelle organisation.
En quoi vous êtes Européens ?
Européens parce que je crois qu'on a des coopérations à avoir ensemble, parce qu'on a des partages ensemble. Mais que pour que ça marche, il faut respecter les peuples, il faut la faire sur le base du volontariat. Et ça ne peut marcher qu'à 4 ou 5 pays à géométrie variable. Je prends un exemple très précis. C'est quand même stupéfiant de voir que ça fait 30 ans qu'on intègre tout, qu'on fusionne tout, qu'on essaye d'avancer. On n'a pas été capable de faire un géant du numérique. Si on s'y était mis comme Airbus à 3 ou 4 pays, sans la structure de Bruxelles, en intergouvernemental, ça aurait marché. Donc, je ne veux pas le Frexit. Pourquoi ? Parce que j'estime qu'on est Européens.
On n'a pas à fuir. On n'a pas à partir. On est l'Europe. On est l'un des principaux pays européens. Donc, on a le droit de dire ce qu'on veut comme Europe. On n'a pas à soit être soumis, soit à partir. Je refuse ce double choix. Je crois que le seul choix possible, justement, ce n'est pas la fuite, c'est dedans de dire maintenant on ne joue plus à ça et on a un atout immense, immense. C'est que les peuples sont de notre côté maintenant et qu'on peut le faire avec beaucoup de voisins, notamment les Italiens, des Hongrois, les Polonais, qui ne supportent plus non plus cette espèce de dictature stuff, d'institutions qui ne marchent pas, c'est tout.
Quand on vous écoute, on vous entend souverainiste, on vous entend eurosceptique, on vous entend populiste. Donc, c'est compliqué, effectivement, de vous entendre dire par ailleurs « je suis Européen ». Vous pouvez le dire, l'ériger, mais derrière le discours qu'on entend, en fait, il est incohérent.
C'est curieux parce que de plus en plus de gens comprennent très bien qu'on peut aimer sa nation, vouloir défendre le peuple et réussir des coopérations qui nous permettront de peser dans le monde. Moi, je ne pense pas que la France pourra faire tout toute seule, mais je pense qu'en revanche, la France n'a pas à recevoir d'ordre de gens non élus. Et j'ai retrouvé un texte de Pierre Mendès France, je vous invite à le lire, de 57 discours à l'Assemblée nationale sur le traité de Rome.
Et il a annoncé tout ce qu'allait se produire et il dit à un moment « l'abdication d'une démocratie peut prendre deux formes, soit le recours à une dictature, soit la remise, la délégation de tous les pouvoirs à une autorité extérieure, laquelle, au nom de la technique, exercera en réalité la puissance politique ». Eh bien, on est arrivé à ça et je pense qu'au contraire, les vrais Européens sont ceux qui comprennent que la démocratie n'existe qu'au niveau de la nation et que c'est les démocraties qui peuvent coopérer entre elles.
Votre portrait, Nicolas Dupont-Aignan, signé Karine Becker.
Nicolas Dupont-Aignan, pardonnez-moi, vous êtes un drôle de politique, le seul capable de mépriser autant et aussi ouvertement les journalistes du service public. que vous traitez, je me permets de vous citer, de marxiste ou de macroniste. Entre nous, c'était Ali Badou la dernière fois que vous êtes venu. Marxiste. Marxiste. Donc je continue. Entre nous, politiquement parlant, il faudrait choisir entre marxiste et macroniste parce que c'est assez différent. Mais ce qui est vraiment fascinant, c'est que malgré cette torture idéologique, vous êtes étonnamment toujours prêt à revenir quand on vous invite.
Pour ce quatrième portrait, donc, oui, c'est mon quatrième portrait de vous, Nicolas Dupont-Aignan, aucun autre élu n'a été dans notre studio sur ce plateau aussi souvent reçu. Il faut rappeler vos incontestables succès électoraux. Très tôt, à 34 ans seulement, vous décrochez du premier coup la méridière, un fièvre de gauche qui pendant 22 ans va rester le vôtre. Et puis à 36 ans, vous enchaînez, vous devenez député, député de l'Essonne et vous en êtes déjà à votre cinquième mandat. Reste un dernier marqueur important dans votre parcours politique, l'accord que vous avez passé avec Marine Le Pen entre les deux tours de la dernière élection présidentielle.
Le 29 avril 2017, officiellement, avant vous, jamais personne n'avait encore pactisé avec la patronne du FN.
Nous nous sommes rencontrés à plusieurs reprises cette semaine. Eh bien, cette feuille de route, nous l'avons rédigée en quelques minutes parce que c'était évident.
Parce que c'était évident. Manifestement, ça l'est un petit peu moins maintenant. À 58 ans, Nicolas Dupont-Aignan, vous n'avez finalement jamais cessé au fil des années de vous radicaliser. L'ancien RPR que vous avez été aime rappeler qu'il a été façonné par Charles Pasqua et surtout par Philippe Séguin, même si les séguinistes disent qu'ils ne s'en souviennent pas, donc souverainiste aujourd'hui. Mais vous avez d'abord été centriste, jeune conseiller auprès du ministre François Bayrou, puis chez Michel Barnier, un européiste. Et pour être tout à fait complet, vous avez même été de sensibilité rocardienne pour commencer.
En fait, depuis toujours, Nicolas Dupont-Aignan, vous cherchez comment vous propulser et vous restez persuadé que votre moment finira par arriver. Pour l'instant, à un mois des élections européennes, vous êtes crédité de 4%. Décidément, même en étant outrancier, ça ne suffit pas pour s'imposer.
Réaction Nicolas Dupont-Aignan ? C'est un peu outrancier, je pense aussi, comme chronique. Vous savez, j'ai toujours défendu mon idée de la France. Philippe Séguin m'a confié les fédérations du RPR quand j'étais jeune député, donc je n'ai pas rêvé, et vous pouvez le vérifier. Je lui ai été fidèle toujours, à la différence de beaucoup d'autres. Je crois que le progrès social auquel je tiens n'est compatible que dans la défense de la nation. Et je ne renie en rien ce que j'ai fait au second tour de la présidentielle. Et j'ai bien eu raison quand on voit le bilan du macronisme. Pour autant, j'ai toujours dit que j'étais indépendant, et que Debout la France était un parti gaulliste indépendant.
D'ailleurs, c'est curieux, quand M. Bellamy, M. Wauquiez soutiennent Emmanuel Macron, tout le monde trouve ça normal. Et quand ils reprennent leur indépendance, si je puis dire après, on trouve ça normal. Mais comme moi, je fais exactement la même chose avec Mme Le Pen, tout le monde s'étonne. Moi, ce que je vais vous dire, d'abord, je ne crois pas un instant au sondage. À chaque élection, on me rabaisse dans les sondages, et je fais le double. Donc, si on me met entre 4 et 7%, à chaque fois. Dernier sondage présidentiel, on m'a mis à 1%. 1%. Toute la présidentielle. Et quelques semaines avant, on est monté à 2. 2,5. On a fait 4,70. Je me souviens des européennes de 2014, 0,5. On a fait 4.
Je suis entre 4 et 7. Eh bien, si on fait 10, ça sera très bien. Et les Français auront des députés, debout la France, gaullistes, indépendants.
Bon, mais les sondages ne font pas l'élection passant au point clé de votre programme, justement. Je vous en remercie d'ailleurs de le dire. Et au contenu, il reste un mois, de toute façon, pour que les Français fassent leur choix. On verra bien le 26 mai au soir. Une question pour nous expliquer avec qui vous comptez vous allier au Parlement européen, puisque c'est une question essentielle lorsque l'on veut peser comme eurodéputé.
Et vous avez raison. Et on en parle peu. Eh bien, moi, dès le 28 février, il n'y avait pas beaucoup de journalistes présents. J'ai réuni à Paris, c'est la première fois qu'un souverainiste réunissait à Paris, 23 partis politiques. 23. Du troisième groupe du Parlement européen aujourd'hui, dont on ne parle jamais, qui s'appelle le groupe ECR. Conservateurs et réformistes européens. Exactement. Avec des partis qui gouvernent, notamment en Pologne. Et c'est la première fois qu'un gaulliste, qu'un souverainiste réunissait et arrivait à desserrer les taux, c'est-à-dire à sortir du corner.
Parce que ça ne sert à rien de faire tes très beaux scores au Parlement pour l'élection européenne en France, si on se retrouve isolé au Parlement. Moi, je considère, et c'est pour ça que j'y vais, et que je quitte l'Assemblée nationale si les Français me font confiance, et que je veux aller à Strasbourg. Parce que les temps ont changé. En 2005, quand les Français ont voté non, on nous disait « vous êtes isolés ». Aujourd'hui, ça vaut dans toute l'Europe. Et on a rédigé un projet d'Europe de la subsidiarité, c'est-à-dire on rend aux nations leur argent, leurs lois, leurs frontières. Et ça, on est 23 pays, d'accord ?
C'est énorme ! C'est la première fois ! Ce groupe, les conservateurs et référentistes européens, c'est un groupe de droite antifédéraliste. Ce qui est assez curieux, c'est que c'est un groupe, par exemple, où siègent les conservateurs britanniques. C'est un groupe qui est favorable au libéralisme économique profondément. C'est un groupe qui est atlantique, puisque ses membres, et en tout cas les plus importants, les touristes britanniques, soutiennent la politique étrangère des États-Unis. Et pourtant, vous alliez avec eux.
Mais parce que nous avons un point d'accord, qui est que, justement, les politiques nationales ne sont pas européennes, et que si les conservateurs ont envie de soutenir les États-Unis, c'est leur droit, mais les Français sont gaullistes et n'ont pas envie de soutenir les États-Unis. Je vais vous donner un exemple. Je veux qu'on supprime les sanctions contre la Russie. Et je leur ai dit, je leur ai dit, est-ce que vous savez que nous, nous voulons absolument rétablir des relations avec la Russie ?
Eux, ils sont très anti-Poutine.
Très anti-Poutine, pour certains. Très anti-Poutine, atlantistes et libéraux, tout ce que vous n'êtes pas. Ils ne sont pas fédéralistes. Chacun est libre de sa politique. Nous voulons la fin d'une politique unique, absurde, qui ne marche pas. Nous voulons rendre aux nations leur pouvoir et leur argent. Mais en revanche, nous sommes d'accord sur un point, et c'est écrit, on a rédigé une charte et on est les seuls, entre nous. Nous sommes d'accord sur un point, c'est que nous voulons des projets à 4 ou 5 pays pour affronter la Chine et les États-Unis sur les projets scientifiques, technologiques, qui décideront de la hiérarchie des nations.
Et deuxième point, les socialistes, excusez-moi, que ce soit les socialistes, dans leur groupe socialiste, est-ce que vous croyez qu'ils sont d'accord ? Est-ce que vous croyez que M. Bellamy est d'accord avec tout ce que dit le PPE, où il y a M. Orban d'ailleurs ? Et M. Juncker. Et M. Juncker. Donc, il n'y a aucun parti politique, soyons très précis, il n'y a aucun parti politique français qui est d'accord à 100% avec les membres de son groupe. Ça n'existe pas. M. Bellamy... C'est quand même une curiosité. Mais non, c'est une curiosité demandée aux socialistes. M. Gouchard, Évidemment, on leur posera la question, ne vous inquiétez pas, Nathalie Saint-Criques.
Mais pardonnez pas, pour une raison très simple, je finis ma phrase, pour une raison très simple, c'est justement que les faits me donnent raison, il n'y a pas de politique européenne, ça n'existe pas. Les socialistes allemands ne pensent pas du tout pareil que les socialistes français. Mais parlons de vous. Nathalie Saint-Criques.
Concrètement, pour essayer d'avancer dans les programmes, qu'est-ce qui me ferait avoir envie de voter pour vous, notamment concernant Schengen ? Le Rassemblement National parle d'une passoire en disant qu'on rétablit les frontières. M. Bellamy parle d'une maison, comme Emmanuel Macron, en disant que quand on veut avoir une maison à soi, il faut avoir des portes. Qu'est-ce qui vous différencie de ces deux autres candidats, M. Bellamy et M. Bardella ?
Avec M. Bellamy, ce qu'il différencie, c'est la pratique, c'est la cohérence. C'est que M. Hortefeux, Mme Alliomari, M. Dangean, qui est troisième de liste, ont voté tout, tous les accords qui ont supprimé les frontières. Ils ont voté avril 2018 le pacte de Marrakech, ils ont voté la répartition obligatoire des migrants, ils ont voté tout l'élargissement. Nous, on a toujours été clairs. Donc c'est important. Aujourd'hui, si je peux finir ma phrase, Mme Saint-Cré.
Je vous laisse terminer. Tout le monde fait un agernamento. Tout le monde dit ce genre de choses. C'est tellement facile. Vous faites quoi de différence ? Attendez.
Ce que je fais de différent, c'est que je tiens mes engagements. Moi, la différence de M. Bellamy et des Républicains, et c'est pourquoi j'ai quitté l'UMP, je ne dis pas une chose, et je ne fais pas le contraire. Il faut dire que vous n'avez pas eu à voter
au Parlement européen, puisque vous n'avez pas été élu.
Mais nous avons des députés. Nous en avons deux, M. Monod et Mme Godine, qui ont voté contre à chaque fois.
Et qui font partie de l'EFDD. Tout à fait.
Mais oui, M. Farage, tout à fait. Et nous allons...
Non, mais vous auriez pu choisir l'EFDD, ce parti-là, plutôt que...
Non, parce que je voulais un parti le plus large possible.
Le C. Les théories vont sans doute partir, par ailleurs. Mais bon,
quoi de différent entre vous et le FN, et l'ERN, pardon, sur les accords de Schengen ? Sur les accords de Schengen. Donc, le point très important. C'est comme une copropriété. Les accords de Schengen, dans un immeuble, c'est comme si chez vous, vous habitez dans un immeuble, dans un appartement. On a supprimé les portes aux appartements, et on n'a pas mis de porte à l'immeuble. Ce qui fait que c'est un squat, et que les gens viennent dans notre frigidaire. Moi, je veux rétablir les portes aux appartements, c'est-à-dire les frontières nationales. Premier point. Il dit la même chose au Rassemblement national et chez les Républicains.
C'est formidable, ça veut dire que j'avais raison avant les autres. Alors, quoi de différent ? Mais la différence, c'est que nous, on le fera, et qu'on aura justement, à la différence du Rassemblement national, qui est très isolé à Strasbourg, et vous le savez bien, nous aurons 23 pays qui ont fait alliance avec nous, 23 parties. 23 parties de 16 pays. Non, 23 parties, il y a 30 parties exactement de 23 pays, parce qu'il y a les membres du groupe ECR, mais il y a aussi les nouveaux, Thierry Baudet du Forum pour la démocratie, des Pays-Bas, et d'autres parties qui s'allieront.
Et mon ambition, et c'est très important pour les Français, pour qu'ils votent pour nous, c'est de savoir qu'une fois élus, vous pouvez élire beaucoup de députés, mais s'ils sont isolés, comme l'ont été le Rassemblement national...
C'est juste le problème d'alliance et de stratégie à l'échelon européen, et non pas un problème de programme.
C'est très important d'avoir des efficacités. Car, pourquoi les Français ne votent plus aux élections européennes ? Parce qu'ils ont vu les Républicains UMP dire « On va faire ça », ils ont fait l'inverse. Ils ont vu les socialistes dire « On va faire l'Europe sociale », ils ont fait l'inverse. Ils ont vu le Rassemblement national être très isolé. Et ils se disent... Le Rassemblement national a le même discours
que vous, Nicolas Dupont-Aignan,
il disait avoir des aînés dans toute l'Europe. Mais je m'en réjouis. Et je vais vous dire, comme exactement M. Bellamy a le même discours que Mme Loiseau sur beaucoup de choses. Et alors ? Et M. Glucksmann a le même discours que M. Jadot sur beaucoup de choses. Pour autant, il y a les discours, il y a l'intégrité, il y a la pratique, il y a les alliances, il y a les personnalités. J'ai Stéphanie Gibault comme deuxième de l'IS, lanceuse d'alerte dans l'affaire UBS, qui est une femme d'un courage inouï, qui a lutté pour rapatrier 12 milliards d'euros en France grâce à son courage. J'ai Benjamin Cochy, ancien gilet jaune, qui se bat à nos côtés. J'ai Marie-Josie Merman, députée ancienne...
Tu disais en novembre que les gilets jaunes étaient apolitiques. Oui. Et il a décidé, face à la dérive violente de certains d'anciens collègues, de s'engager. Et il dit une chose très juste. Il dit ça ne sert à rien de faire des manifestations violentes, vous feriez mieux d'aller voter. Parce que ce que je veux dire, c'est que si on change les directives européennes, qu'on bloque par exemple le budget, soyons très concrets, les députés ils votent le budget. Moi je bloquerai le budget tout ce que je peux, parce que j'en ai assez, qu'on donne 11 milliards d'euros net par an 2016, chiffre 2016, 2017 ça a baissé et puis ça remonte aujourd'hui.
On donne des milliards d'euros dans une organisation qui favorise les délocalisations. Alors que ces milliards d'euros, je veux les rendre aux retraités français, je veux développer le pouvoir d'achat des français, là on a un gisement d'argent. Il faut... Et donc on refuse les milliards de la PAC ? Non, puisque c'est le net. On refuse de... Mais non, excusez-moi. Ça c'est à l'avenir, c'est pas encore le cas. Je veux le reprendre, excusez-moi, là il faut être très précis. On donne 22 milliards en 2016, chiffre de la commission, on a donné 22 milliards. On a reçu 11 milliards, dont les milliards de la PAC.
Sous Jacques Chirac, on donnait, qui n'était pas un anti-européen, reconnaissez-le, on donnait 2 milliards net. L'appel de cochon, vous auriez pu le signer, Nicolas Dupont-Aignan. Ça c'est clair. Mais Jacques Chirac a gouverné, il a signé des traités. Est-ce que je peux... Non, attendez, allons au bout des choses. Parce qu'il faut que les français comprennent. On donnait 2 milliards net à l'Union Européenne, c'est-à-dire on donnait plus qu'on recevait de 2 milliards. Ça c'est normal, solidarité. Aujourd'hui c'est 11 milliards. Ça sera même plus si on accepte le programme de Madame Loiseau. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que cet argent, il est gaspillé. Et plus... J'ai vu là que M.
Macron ne trouvait pas d'argent pour les smicards, ne trouvait pas d'argent pour les retraités suffisamment. Eh bien, moi je vais rendre les 9 milliards sur les 11 aux français. Je bloquerai le budget. Nos députés voteront non. Parce qu'il y en a assez de voter des crédits pour la Turquie. Il y en a assez de voter des crédits pour les Balkans. Il y en a assez de voter... 14 milliards au prochain programme. 14 milliards. C'est pour les... Pas tous en même temps. Nicolas Dupont-Aignan, question de Karine Bécard. Je veux reprendre ce point financier. C'est concret pour les français.
Est-ce qu'on continue à gaspiller 11 milliards d'euros dans une organisation qui favorise les délocalisations en Pologne ? J'ai été visiter les ouvriers d'Arjo Wiggins dans la Sarthe. Il y a eu un suicide d'ailleurs ce week-end. Terrible. L'usine part. L'usine de Bordeaux. On subventionne nos concurrents. On subventionne le dumping social. Pour moi, l'Europe, ce n'est pas ça. L'Europe, c'est de faire des Airbus dans l'industrie numérique, la lutte contre le cancer, la lutte contre le Zalmer.
Même si Airbus ne dépend pas de l'Union Européenne, mais c'est une autre histoire.
Et justement, M. Ali Badou, vous donnez un exemple qui ne rentre absolument pas dans le cadre de l'Union. Mais justement, c'est très intéressant ce que dit M. Ali Badou. On va avancer. Non mais c'est très intéressant ce que M. Ali Abadou dit. La Commission Européenne a été incapable de faire un beau projet. Et c'est l'intergouvernemental, ce sont des nations qui coopèrent entre elles qui peuvent faire des beaux projets. Je propose 10 agences, 10 agences, qui permettront dans des programmes ciblés où la Chine et les Etats-Unis sont en train de nous marcher dessus. De mettre nos moyens en commun.
La lutte contre le cancer, la lutte contre la maladie d'Alzheimer, l'intelligence artificielle, le programme méditerranéen. Donc contrairement à l'image que vous voulez faire passer de moi, nous sommes beaucoup plus européens. Nous sommes beaucoup plus européens que ceux qui multiplient des milliers de pages de règlements qui ne servent à rien et qui n'ont pas fait un projet commun pour affronter la Chine et les Etats-Unis. Ce n'est pas être contre l'Europe, c'est vouloir une Europe radicalement différente.
Le message est passé. Vous voulez également supprimer la directive travailleurs détachés ? C'est une question importante. C'est fondamentale
parce qu'il y a 500 000 travailleurs détachés. Je peux vous poser une question à Nicolas Dupont-Aignan ?
Oui, je vous en prie. Que faire du coup des 132 000 travailleurs français qui eux sont détachés ailleurs
dans un pays de l'Union ? Comment ça se passe quand il y a un travailleur français qui est détaché aux Etats-Unis, en Norvège ou en Suisse ? Ça marche très bien. Il a un système que payent les grandes entreprises qui va très bien. Donc, je reviens exactement comme pour les pays hors Union européenne mais je n'accepte pas que des artisans français, maçons, plombiers, électriciens, perdent tous les marchés parce que 500 000 travailleurs détachés ne payent pas les charges sociales françaises. C'est un drame pour la sécurité sociale. C'est un drame pour l'emploi en province dans les petites villes moyennes. Tous les Français le savent. Mais pour qu'un Français puisse travailler aux Etats-Unis,
il lui faut une carte verte, les procédures sont assez compliquées.
Est-ce qu'il faudra justement qu'il demande des visas de travail ou des permis de travail ailleurs dans les pays de l'Union ? Mais bien évidemment, il faut arrêter cette libre circulation qui nuit au travail en France, qui a fait que notre pays s'enfonce dans le sous-emploi, dans la misère des salaires. Il faut arrêter avec ce dumping social. Et je vais vous dire, je vais vous provoquer, vous allez dire que je vous en veux. Mais si un jour, vous êtes remplacé, et on vous dit, tiens, on va vous remplacer par une journaliste roumaine qui ne paye pas les charges sociales en France.
Ça nous arrivera à tous, Nicolas Dupont-Aignan. Vous aussi un jour, vous serez remplacé à l'Assemblée Nationale. Eh bien, je vous le souhaite pas.
Vous rigolez. Je ne rigole pas. Vous rigolez, mais est-ce que vous pensez aux chômeurs, aux plombiers, aux maçons, aux laiticiens ? On avance, on avance, Nicolas Dupont-Aignan.
Vous n'avez pas le monopole du cœur. Les auditeurs, les auditeurs apprécient. Nicolas Dupont-Aignan. Moi, je ne me moque pas de ça.
J'ai compris votre argument de se mettre à 4 ou 5 pour lutter contre les chinois. Je vous demande, concrètement, puisque c'est quelque chose qui est très intéressant dans cette campagne, en matière d'écologie, vous faites tout tout seul ? Non, pas du tout. Vous considérez qu'il y a des frontières de manière à ce que les particules fines...
Pas du tout.
Je considère, au contraire,
s'il y a beaucoup de choses, notamment la rupture des accords de libre-échange qui favorisent l'importation de produits depuis très longtemps, très loin, avec un coût environnemental considérable. Comme la liste à la base publique et les mères. Exactement. Il faut une taxe carbone aux frontières pour rééquilibrer avec les pays volontaires. Nous avons un programme de lutte contre l'évasion fiscale très précis, défendu par Stéphanie Gibault, qui vise à ne pas donner accès au marché français, aux États, qui font ce qu'on appelle des rescrits, c'est-à-dire des accords financiers avec des grandes entreprises comme l'a fait le Luxembourg, l'Irlande, les Pays-Bas.
C'est-à-dire qu'un pays qui fait du dumping fiscal et qui fait que... Et il y a eu l'arrêt Google, là, où le gouvernement a perdu parce que la règle européenne... Mais parlons de l'environnement.
Je parle de l'égologie.
Mais c'est lié. Vous pensez bien à ça, Google et l'environnement ? Complètement lié. Parce que si vous laissez un libre-échange... Moi, je fais ça plusieurs pour l'écologie. Si vous laissez un libre-échange dérégulé, complet, eh bien, tout ce qui est produit localement et qui pollue moins, parce que c'est produit localement, perd du terrain face à ce qui est importé. Dernier point, un grand programme, et là, on le propose tous, mais simplement, nos partenaires n'en veulent pas. Et il faudra le faire nous-mêmes.
Un grand programme de crédit à taux zéro pour l'isolation des millions de maisons qui sont des passoires énergétiques et plutôt que de financer les banques par des crédits à 0%, il faut financer des objectifs d'intérêt national mis en place d'une vraie isolation thermique en France. C'est la première source... Et en Roumanie, en Lituanie, en Pologne, partout. Mais moi, je m'occupe de la France, cher monsieur. Oui, il se trouve que l'Union européenne, elle s'occupe de l'Europe.
Vous proposez la... Oui, mais moi,
je veux défendre justement, ça fait des années qu'on a des dirigeants français, il y a des dirigeants français qui favorisent le développement des autres pays au détriment du développement des Français, de leur pouvoir d'achat. Et je pense qu'il faut un rééquilibrage et que ça ne veut pas dire ne pas aimer les autres, ça veut dire arrêter de subventionner ceux qui nourrissent le chômage en France. Je pense que c'est quand même la priorité. Oui, mais justement, il faut le faire au Parlement européen. Virginie Malin, il y a très peu de temps. Ce sont les votes au Parlement européen qui aujourd'hui ont une influence très concrète sur le niveau de vie des Français.
Et c'est pourquoi je les invite à voter car s'ils ne votent pas là, on ne pourra pas régler les problèmes français si on ne change pas les causes des malheurs français. Virginie Malin, vous proposez la suppression de la commission,
ça veut dire plus de directive ?
Ça veut dire comment ça se passe ? Ça se passe qu'on revient à un système intergouvernemental qui marche très bien en Suisse, il n'y a pas besoin de directive. Nous concentrons l'action de l'Union européenne sur des projets là où la France ne peut pas le faire seule. Mais vous comparez
le fonctionnement de la Suisse et le fonctionnement d'une union de 28 États
de 500 millions d'habitants ? C'est curieux, la Suisse n'a pas de chômage, a un budget en équilibre, consulte ses habitants par le référendum d'initiative citoyenne.
C'est le modèle européen.
Oui, et je pense que l'Europe sera beaucoup plus forte si chacun des pays est épanoui. C'est comme dans une famille, ce n'est pas en étant tous pareils, c'est en faisant en sorte que chaque membre de la famille soit épanoui, heureux, libre, que la famille est forte. Et c'est à travailler ensemble sur des projets. Car l'enjeu, et vous vous trompez d'enjeu, l'enjeu, ce n'est pas qu'on soit tous pareils. L'enjeu, c'est qu'on règle le problème de la surpopulation africaine qui est la cause des migrations. L'enjeu, c'est qu'on pose le problème du numérique où la Chine et les États-Unis sont en train d'être des pays dominants.
Je vous rappelle qu'on vote pour des eurodéputés, Nicolas Dupont-Aignan. Mais il faut changer le fonctionnement de la surpopulation africaine
si vous voulez résoudre les problèmes français. Et les problèmes allemands et italiens. Car vous avez peut-être quand même remarqué que tous les peuples sont en colère. Les Anglais s'en vont, les Italiens ont voté contre.
Est-ce qu'on peut poser des questions, M. Dupont-Aignan ? Parce que c'est le principe de la rémission, on essaye. Réussirez-vous, pour terminer, à être officiellement candidat. Vous avez présenté 23 candidats seulement et il vous en reste 56 à trouver.
Est-ce que vous les avez ? Bien évidemment, depuis longtemps. Et ils seront présentés le 1er mai. Les 79 candidats. La liste d'ailleurs, elle va être déposée lundi, demain.
Dernière question, Nicolas Dupont-Aignan, parce que c'est quelque chose qui a pu alerter, sidérer, choquer certains quand vous avez mis l'idée que l'incendie de Notre-Dame pouvait être non pas un accident, mais que ça pouvait aussi être un attentat. Quand vous avez réclamé le droit de pouvoir poser des questions, qui vous a interdit de poser ces questions-là ?
J'ai vu la réaction hystérique du pouvoir. Posez une question que tous les Français se sont posées. Non, pas tous les Français. Demandez une enquête indépendante. Mais vous savez qu'il y a des questions qui ne sont pas posées pour avoir une réponse, mais pour diffuser le souten. Je peux finir ma phrase ? Bien sûr. N'en déplaise les inquisiteurs de notre pays. J'estime qu'on est encore en liberté de parole. Tous les Français se posent la question. Je demande, je demande, si je peux finir ma phrase, une enquête indépendante, car la réaction hystérique de Mme Loiseau et de M. Castaner montre, sans aucun doute, que le pouvoir cache quelque chose.
Bon. Ça continue. Voilà. On nous cache tout, on ne nous dit rien. Merci Nicolas Dupont-Aignan. Merci à vous.
À suivre dans Questions politiques. Rendez-vous avec la tête de liste d'Europe Écologie Les Verts, Yannick Jadot. France Inter, Ali Badou, Questions politiques. Deuxième partie de Questions politiques, toujours avec Nathalie Saint-Cricq de France Télévisions, Virginie Malingre du Monde et Karine Bécard de France Inter. Peut-on devenir propriétaire d'une couleur en avoir l'exclusivité ? Notre invité s'est forcément posé la question. Le vert est sa couleur, c'est sa signature, mais comment protéger sa singularité quand tous les partis repènent leur mur en vert ? Conversion écologique sincère pour les uns, opération greenwashing pour les autres.
La tête de liste Europe Écologie Les Verts est avec nous jusqu'à 13h. Bonjour Yannick Jadot. Bonjour. Et bienvenue. Que diriez-vous à un jeune Français, une jeune Française qui s'apprête à voter pour la première fois pour lui présenter simplement en quelques phrases votre idée de l'Europe ?
Les jeunes Français, les jeunes Européens manifestent toutes les semaines pour le climat. Ils ont manifesté, ils continuent à manifester contre le Brexit et ce qu'ils nous disent c'est évidemment qu'on ne va pas se replier derrière des frontières qui ne sont plus protectrices de rien, qu'il faut rompre avec un libéralisme prédateur, prédateur de la planète qui met la compétition de tous contre tous. Et ce qu'ils demandent et ce que nous leur proposons, c'est une Europe de la vie. C'est une Europe de la vie où on va protéger évidemment le vivant. J'étais encore il y a quelques jours avec des apiculteurs dont le métier est terriblement menacé par les pesticides. Les abeilles, c'est la vie.
C'est évidemment sortir des pesticides. C'est une Europe 100% renouvelable où nous dépendrons du soleil, du vent, de la mer, de l'eau, de la biomasse plutôt que de Trump, de Poutine ou des pétro-monarchies du Golfe. Une Europe ouverte sur le monde, en solidarité avec le monde. Une Europe de l'égalité des droits où les femmes, les homosexuels sont protégés. Une Europe de la démocratie où on sort l'Europe des griffes, des lobbies et des multinationales. Bref, une Europe qui est... La France, c'est notre maison. L'Europe, c'est notre village. Et c'est cet horizon civilisationnel qu'on veut leur proposer. Alors comment expliquez-vous
justement à partir du moment où on voit que les jeunes, effectivement dans le monde entier, sont concernés par la cause écologique et il n'y a pas que les jeunes. D'ailleurs, parce que manifestement les plus vieux s'en sont rendus compte également. Comment expliquez-vous finalement que vous plafonniez dans les sondages à quelque chose comme 8, 9, 9 et 10 ?
La campagne n'est pas terminée. Et puis vous savez, j'ai peut-être comme vous regardé un match de foot hier à la télé. C'était la finale de la Coupe de France. Comme quoi, comme quoi une équipe convaincue... Vous êtes supporteur de Rennes ? Ah bah j'adore Rennes et puis la réalité...
Toujours du côté des vainqueurs. Pardon. Non, blague ! Vous savez,
historiquement mon club c'est Saint-Etienne. Donc on ne gagne pas toujours. Mais il n'y aura pas qu'ils rebutent le racisme. Non, ce que je veux dire c'est qu'il ne suffit pas d'avoir simplement beaucoup d'argent, d'avoir beaucoup de moyens. Il faut une équipe sincère, il faut une équipe convaincue, il faut une équipe qui se bat. Et moi, tous les matins quand je me lève, j'ai une incroyable fierté pour les candidates et les candidats qui sont sommalistes ont parlé des manifestations des jeunes et du climat. J'ai Marie Toussaint qui a initié la pétition d'affaires du siècle, plus de 2 millions de signatures pour demander à l'État d'en faire tellement plus.
J'ai des paysans comme Benoît Biteau, l'ancien président du réseau des Biocop, parce que l'agriculture bio, il me rappelait encore, simplement si en France... Mais tout le monde
a des gens comme ça, y compris Raphaël Glucksmann, y compris Jean-Luc Mélenchon.
Mais il y a plein de gens très bien partout, je n'en doute pas une seconde. Simplement, à un moment donné, la question, c'est la cohérence de l'équipe. Nous défendons toutes et tous les mêmes idées, nous sommes toutes et tous des acteurs de la vie, de l'intégration sociale, de l'insertion, de la solidarité, évidemment, de tous les combats écolos, et nous irons tous dans le même groupe vert au Parlement européen qui est le groupe qui obtient toutes les avancées sur l'environnement, sur la santé. Notre sujet à nous, c'est d'être ensemble. Ce n'est pas de se battre en interne pour essayer après de proposer aux autres des choses.
Mais sur votre vision politique, on a le sentiment que vous êtes passé quand même d'une sociale-écologie, d'une écologie un peu socialiste à une écologie plus sociale-démocrate quand même. Vous êtes devenu plus bon temps.
On est passé d'une écologie à une écologie. Oui, c'est facile. Vous savez, nous, les écologistes, nos valeurs, on les a chevillées au corps. C'est la justice sociale, c'est la solidarité, c'est le combat pour l'accueil des réfugiés, c'est la démocratie. Et donc, on n'a pas à essayer de se resituer dans un paysage politique vieillissant, dans un paysage politique dont certaines formations ont quand même sacrément trahi toutes ces valeurs. Nous, on est écologistes. Alors, je sais que ça perturbe beaucoup en France, mais nous sommes écologistes et on se bat tous les jours pour nos valeurs et c'est ça qu'on veut porter au Parlement européen où ça ne vous a pas échappé.
Et on va examiner justement quelques-uns
des points clés de votre programme.
Très bien. Donc, je répondrai à vos questions.
Qu'est-ce qui ne nous a pas échappé ?
Que l'Europe, elle est mal. Moi, il y a cinq ans, quand je faisais déjà campagne, on n'avait pas eu le Brexit, on n'avait pas eu Salvini et on n'avait pas autant d'alerte scientifique sur le climat et la biodiversité. Et bien, justement, nous, la liste Europe écologie, on veut répondre de manière déterminée, efficace et de manière concrète à tous ces enjeux. Virginie Malingre.
Dans votre description de votre Europe privée, vous parlez d'une Europe qui serait indépendante de Trump, Poutine et Xi Jinping. Mais j'aimerais bien que vous m'expliquiez parce que la Chine, les États-Unis ou la Russie, ils existent et on est dans un monde qui est quand même ouvert même si vous souhaitez le faire même plus. Donc, ça veut dire quoi ? Comment on fait ?
Je ne crois pas avoir dit que je voulais fermer le monde. Non, mais vous avez dit que je ne veux pas qu'on soit indépendant des États-Unis. C'est d'offrir à notre jeunesse un horizon vaste comme le monde. Donc, moi, le monde, je ne veux pas le refermer.
Non, mais vous avez parlé d'être indépendant de Trump, Poutine. Vous n'avez pas dit la Chine, vous auriez pu le dire.
J'ai parlé de dépendre de l'eau, du soleil, du vent pour notre énergie plutôt que de Poutine, des pétro-monarchies du Golfe ou de Trump. Donc, c'est ça le sujet. Et ça nous permettra justement non pas d'être indépendants du monde puisque nous, ce que nous voulons, c'est remplacer le libéralisme, l'ultra-libéralisme aujourd'hui qui explose les limites de la planète et la guerre de tous contre tous. On veut le remplacer au niveau global par le climat, la biodiversité et la solidarité et faire de l'Europe cet espace qui va nous permettre de nous réapproprier nos vies, savoir ce qu'on mange, comment nous déplacer, se loger, se chauffer, l'éducation, la santé.
On veut redonner le pouvoir aux citoyens sur leur vie autour de ce qui est essentiel. C'est la vie. C'est au fond ce que devrait donner l'Europe à tout le monde. Le droit au bonheur, le droit de s'épanouir, le droit de s'émanciper, le droit de vivre librement dans un monde où on est réconcilié avec la nature. Votre portrait,
Yannick Jadot. C'est Nécarine Becker.
Yannick Jadot, vous avez plongé dans le grand bain politique il y a très exactement dix ans. A l'époque, en 2009, vous aviez suivi Daniel Cohn-Bendit qui vous avait demandé pour les européennes de rejoindre sa liste. Et on connaît la suite. Europe Ecologie engrange plus de 16% des voix, remporte un succès qu'elle n'attendait même pas. Voilà comment vous, l'homme de terrain, êtes devenu député européen. Le problème aujourd'hui, c'est comment faire pour réussir, pour reproduire cette même stratégie. Mais reprenons à la base. Au départ, vous êtes vraiment un militant. Vous avez commencé, Yannick Jadot, coopérant au Burkina Faso et au Bangladesh. À ce moment-là, vous aviez 25 ans.
Vous passez ensuite en mode alter-mondialiste. Vous intégrez une ONG sur la Graal spécialisée dans le suivi des négociations internationales avant de rejoindre à 35 ans une autre ONG bien plus médiatisée, Greenpeace France, dont vous avez dirigé pendant 7 ans les campagnes, des campagnes souvent réputées pour être assez musclées. Donc vous êtes, Yannick Jadot, d'abord un expert qui sait faire passer ses idées et qui, comme sur le nucléaire, maîtrise plutôt bien ses dossiers.
En période de canicule, on n'arrive plus à refroidir les centrales. On rejette dans les rivières de l'eau très très chaude qui est un vrai problème environnemental et surtout, ça devient un problème de sécurité des centrales nucléaires.
Ce 10 janvier 2007, vous êtes encore un spécialiste mais qui va très vite apprendre ensuite à faire de la politique. Pour commencer, à 42 ans, vous devenez donc un eurodéputé. À partir de 45, sous la présidence de François Hollande, vous vous seriez bien vu tout de suite être nommé ministre. Et puis, vous avez postulé à la primaire des Verts en 2016 que vous avez remporté. Joli parcours, super accéléré, jusqu'à ce que vous ralliez à la dernière élection présidentielle, Benoît Hamon, 6,4% seulement, un socialiste mais aussi un pro-écologiste. Et c'est bien là tout votre problème, Yannick Jadot. Désormais, tout le monde parle la langue écolo.
Sans doute, plus ou moins bien, j'en conviens, mais continuer à penser comme vous que les Verts et seulement les Verts sauront défendre vraiment notre environnement pour gagner, il est possible que ça ne soit pas suffisant.
Réaction, Yannick Jadot. Un, ce n'est pas seulement les Verts. Il y a les régionalistes dans notre liste. Il y a des gens qui n'appartiennent pas aux Verts, évidemment. Et puis, il y a l'alliance écologiste. Mais, vous savez, on parlait de la jeunesse tout à l'heure. On voyait tous les rapports des experts sur la biodiversité ou sur l'explosion des inégalités. Je crois qu'il y a un moment où il faut arrêter la tambouille. Je crois qu'il y a un moment où la seule perspective politique, c'est de donner de la cohérence, de la clarté. Et puis, vous l'avez dit, on parle beaucoup d'écologie. Il n'y en a pas beaucoup qui agissent.
Mais en 2009, comme Ben dit, ne fait pas de la tambouille. Il réussit juste à rassembler tout le monde. Pourquoi vous, dans le contexte d'aujourd'hui, vous ne réussissez pas à rassembler tout le monde ?
Mais en 2009, il n'y avait pas de socialistes sur notre liste. Il n'y avait que des écologistes. Moi, je ne parle pas des socialistes. Non, mais vous dites rassembler tout le monde. Rassemblez tous les écologistes. La question, c'est la cohérence. Vous savez, je suis partout sur le territoire pendant cette campagne, évidemment, comme on l'est en permanence parce que les écologistes, l'écologie, ce n'est pas simplement une tribune, ce n'est pas simplement une mode, un prétexte, c'est une action déterminée sur le territoire comme dans les institutions. Nous combattons le lion-turin.
26 milliards d'euros pour un projet dans 20 ans, alors qu'on peut, dès aujourd'hui, mettre les camions sur les rails. Les socialistes, la droite, les libéraux soutiennent. Vous connaissez le combat Notre-Dame-des-Landes. Les socialistes, les libéraux, la droite le soutenaient. Je vais à Strasbourg. Il y a le grand contournement autoroutier qui détruit des forêts et la nature et va renforcer la pollution de l'air. 67 000 morts prématurées dans notre pays tous les ans. Les socialistes, les libéraux et la droite. Donc, l'écologie, ce n'est pas simplement répondre à la préoccupation citoyenne en matière de communication. C'est agir.
Et moi, ce que je revendique aujourd'hui, la question, ce n'est pas l'antériorité. On veut convertir toute la société à l'écologie. Et la société avance. Ce sont les dirigeants qui n'avancent pas. Un écologiste dit il y a une heure, mais il est bienvenu. Je l'accueille bras ouverts. Mais un écologiste ou une personne qui veut faire de l'écologie une cohérence, pas simplement un discours d'affichage. Et notre force au Parlement européen, ce n'est pas un hasard si nous gagnons tous les combats sur l'écologie. Notre force, c'est notre cohérence.
L'écologie, c'est tellement important aujourd'hui que ça ne peut pas simplement être un discours ou à la tribune des Nations Unies ou en conférence de presse toutes les semaines. C'est une telle urgence qu'il faut des personnes convaincues. Les paysans, les entrepreneurs, les acteurs de l'insertion professionnelle et de la lutte contre l'exclusion, les acteurs du combat pour les solidarités, contre l'homophobie ou pour le droit des femmes.
Expliquez-nous ce qu'est le Green New Deal, plan d'investissement que vous avez chiffré à 100 milliards d'euros. On se demande pourquoi cette somme et ce qui pourrait être contenu dans ce projet.
La Banque Centrale Européenne a sorti près de 4 000 milliards d'euros pour sauver les banques et pour racheter des dettes jusque dernièrement et elle continue d'ailleurs à le faire. Nous ce qu'on dit c'est qu'il faut mettre autant d'argent sur le climat que sur les banques. Donc il y a cet outil Banque Centrale Européenne qui pourrait garantir racheter des prêts qui sont mis dans les régions, dans les collectivités, auprès des entreprises ou des particuliers justement pour faire ce grand plan marchal de la transition énergétique. Vous vous rendez compte on peut créer des dizaines de milliers d'emplois d'artisans autour du bâtiment sur tous nos territoires.
À un moment où il y a une telle demande d'activités économiques dans les quartiers, dans les zones rurales. On peut créer des milliers de PME des énergies renouvelables. Ça crée beaucoup d'emplois. Ce sont des emplois de qualité qui sont non délocalisables. Claude Gruffat dont je parlais, l'ancien président, du réseau des Biocop, qui est un fondateur du réseau Biocop, il me disait si on répond à la demande en alimentation bio locale, demande en alimentation bio locale, on installe 60 000 paysans bio dans notre pays. Donc vous voyez, notre écologie, elle est sociale, elle est solidaire, elle aménage les territoires et elle nous redonne du pouvoir sur nos vies. question de l'énergie.
On en a autant de personnes qui souhaitent faire.
Il y en a plein qui attendre. Il y en a plein qui attendre. Regardez, dans les grandes écoles, aujourd'hui, sur beaucoup de secteurs, ce sont y compris des jeunes formés qui viennent de nouveau en milieu rural. Ils veulent s'installer. Mais pour ça, je le reconnais avec vous, il faut défendre une agriculture intensive qui a été historiquement soutenue par les socialistes, par la droite et aujourd'hui, par les libéraux.
L'énergie, c'est l'un des nerfs de la guerre.
Vous avez parlé d'indépendance tout à l'heure en répondant à Virginie. Malin, quels sont vos plans sur le nucléaire ? Parce qu'effectivement, le nucléaire, c'est une énergie qui peut sembler propre, qui pollue moins, sauf à terme, à quel moment, à quelle échéance et qui permet quand même une certaine forme, même une grande forme d'indépendance à la France. Quels sont vos...
Yannick Jadot ? 100% de notre uranium est importé. Donc l'idée de l'indépendance énergétique de la France, c'est un mensonge. où il ne vous a pas échappé que nous créons quelques collusions et du mal-développement dans ce pays du fait du pillage de ses ressources. Ce que nous voulons pour le nucléaire, c'est en sortir en 20 ans. Nous ne disons pas qu'il faut fermer toutes les centrales demain parce qu'on est tellement dépendants du nucléaire aujourd'hui qu'il va falloir en sortir. Mais quand je regarde EDF, 37 milliards de dettes, 37 milliards de dettes, un mur d'investissement pour mettre simplement un niveau de nos centrales nucléaires de 100 milliards.
Et regardez ce qu'est obligé de faire l'État. On renationalise le nucléaire français parce qu'on va faire payer des dizaines de milliards d'euros aux contribuables notre échec industriel, notre échec financier. Et par contre, ce qu'est en train de faire l'État, c'est de privatiser nos barrages hydroélectriques. Nos barrages hydroélectriques, c'est notre patrimoine commun. C'est la sécurité parce que s'il y a des gros barrages qui pètent, c'est des centaines de milliers de personnes qui peuvent mourir. C'est notre agriculture, c'est la gestion de l'eau, la faune, la flore. On a une incroyable mission de service public autour de nos barrages et qu'est-ce que fait l'État ?
Comme avec les aéroports, comme avec les autoroutes, dès que ça gagne un peu d'argent, c'est pour le privé. Eh bien, nous refusons. Et ce que j'attendais d'ailleurs du Président de la République, ce n'est pas simplement qu'il sanctuarise nos services publics, maternité, poste, école ou gare, mais qu'il sanctuarise nos infrastructures vitales. Ce sont notre patrimoine commun. Retournons au Parlement européen.
Il n'y a pas de raison de filer ça au secteur privé. Parlons de ce qui concerne les eurodéputés. Virginie Malingres.
Dans votre programme, vous souhaitez qu'il y ait un traité environnemental, je vous cite, qui remplace le pacte de stabilité et de croissance et les critères de Maastricht. Est-ce que ça veut dire qu'en matière de finances publiques, vous pensez qu'il n'y ait plus de limites, de règles ? Vous pensez à présentir sur les critères de Maastricht.
La question n'est pas d'être totalement indiscipliné. Non, mais si ça remplace... Non. Qu'est-ce qui se passe ? Ce que nous voulons, c'est que le climat et la biodiversité soient la matrice sur laquelle nous recomposons tout l'ensemble des politiques publiques européennes.
Autrement dit, l'écologie deviendrait une norme juridique
supranationale. C'est ça. Pas simplement supranationale. C'est-à-dire que c'est la clé de l'ensemble des politiques européennes. Nous, ce que nous disons... Plus de règles en matière de dette et de déficit. Non. Nous disons, il faut sortir les investissements écolos de la règle des 3%. On peut le faire sans changer les traités. Vous savez, dans cette Europe d'aujourd'hui, elle ne fonctionne pas super bien je la pratique, je suis le premier à m'en rendre compte. Mais franchement, on va sauver les océans derrière des frontières ? On va sauver le climat ? On parlait de Trump et de Poutine qui sont au fond des climato-sceptiques, des lobbies et de l'argent des énergies fossiles.
Donc, il nous faut cette Europe parce que si on ne sauve pas le climat, si on ne sauve pas la biodiversité, il n'y a pas d'avenir en vrai. Il n'y a pas d'avenir pour la vie. Donc, c'est pour ça qu'on veut le mettre au cœur. Mais en plus...
Mais la crise de la dette grecque, excusez-moi, elle aurait pu faire péricliter l'Europe. Mais je suis d'accord. Et donc, vous dites, il ne faut pas de règles. Je perds ce système.
Nous, ce qu'on voulait à ce moment-là et ce qu'on défend toujours, c'est de l'investissement. La gestion de la crise grecque, y compris par les sociodémocrates européens, par les conservateurs européens, par les libéraux européens, c'est le symbole absolu du sadisme de la gouvernance européenne. On a imposé des choses aux Grèpes qui étaient absolument, pardonnez-moi du mot, qui étaient dégueulasses. Du point de vue de la santé, du point de vue social. On a la jeunesse grecque qui a quitté ce pays. C'est scandaleux.
Alors que si on avait mis de la solidarité, si on avait par exemple aidé les Grecs à passer aux énergies renouvelables dont ils sont sacrément pourvus plutôt que des importations de pétrole, on aurait créé de l'emploi en Grèce et on aurait contribué à sauver la crise climatique.
Karine Becker.
Alors, on ne va pas vous demander où est-ce que vous allez siéger au Parlement européen parce qu'on le sait déjà. Pour nous, c'est simple. Voilà, c'est les Verts. Mais ce qui est intéressant, c'est que les Verts, très souvent, se mettent d'accord avec les libéraux pour faire avancer un certain nombre de projets. Ces libéraux, c'est la LDE, c'est les futurs eurodéputés macronistes. Est-ce que vous êtes prêts à travailler, à collaborer, à faire avancer l'Europe avec les eurodéputés d'Emmanuel Macron ?
Yannick Jadot. Ce n'est pas comme ça, en fait, on travaille, pardonnez-moi, je vais faire une plus de 30 secondes de pédagogie. Comment on travaille au Parlement européen ? Il n'y a pas un seul groupe majoritaire au Parlement européen. Complètement. Donc, pour gagner, vous avez raison, il faut construire des majorités.
Des coalitions, des alliances.
Il faut construire des coalitions. Comment on a gagné contre la pêche électrique ? Comment on a gagné pour la protection des données personnelles qui est devenue une norme mondiale ? Même la Californie adopte le règlement européen. Comment on a gagné encore il y a 10 jours sur la protection des lanceurs d'alerte ? On avait tous les lanceurs d'alerte qui ont dit merci les Verts. Merci les Verts pour... On a le régime le plus protecteur au monde. Et ça vous concerne, vous le savez, à quel point les journalistes en matière de protection des sources...
Et donc très souvent, vous allez chercher l'appui des libéraux.
Non, on ne négocie pas avec des groupes, on négocie avec des députés. C'est comme ça que ça se passe. Alors parfois, il y a des groupes et que la GUE, qui est la gauche unie ou siège les Insoumis, on est d'accord contre les accords de libre-échange. On va voter ensemble. Donc parfois, on passe d'accord, mais toujours autour de thèmes, toujours autour de projets. La grande coalition que implicitement vous mentionnez, qui a malheureusement dirigé l'Europe toutes ces dernières années et a mis l'Europe dans cet état détestable qui a généré le Brexit, Salvini et tout ça, sont les socialistes, les conservateurs de la droite et les libéraux.
ils gouvernent ensemble l'Europe pour le moment au détriment de l'environnement, de la justice sociale et de la démocratie. Manifestement,
la liste de Nathalie Loiseau, la liste de François-Xavier Bellamy, de Jordan Barlet, tout le monde dit qu'il faut revoir Schengen, remettre tout à plat, revoir le droit d'asile. Vous et Raphaël Glucksmann, on a l'impression en revanche qu'il n'y a aucun problème. Est-ce que vous êtes effectivement sur la ligne que tout se passe très bien et qu'il n'y a rien à revoir ?
Ben non. Yannick Jadot ? Non, ça ne se passe pas bien du tout.
Qu'est-ce que vous proposez ?
Ça ne se passe pas bien du tout. Vous vous rendez compte qu'avec François Hollande renforcé par Emmanuel Macron, on a une frontière entre la France et l'Italie. Qu'est-ce que vous proposez ? Nous avons nourri la bête Salvini. Salvini, il a été élu. Il n'est pas tombé comme une pluie de grenouille. Les extrêmes droites en Europe, elles ne tombent pas comme des pluies de grenouille. La solution ? La solution, c'est la révision du règlement Dublin qui fait que les réfugiés, quand ils arrivent, au fond, doivent rester dans le pays où ils ont mis le premier pied. Donc, évidemment, ça a créé des situations...
C'est là qu'ils doivent faire la demande d'asile.
Oui, mais enfin, globalement, tant que rien n'est traité, c'est là qu'ils doivent rester. Donc, c'est ça qui a créé un bazar absolu en Grèce, en Italie ou aujourd'hui en Espagne. Et donc, ce que nous voulons, c'est qu'il y ait un partage en responsabilité des réfugiés. C'était l'idée des quotas que le Parlement européen a porté. Pas simplement nous, heureusement. Le Parlement européen européen. Mais, on a été confrontés aux égoïsmes nationaux. Ce que vous appelez
des égoïsmes nationaux, c'est uniquement le fonctionnement de l'Union européenne. En l'occurrence, l'immigration relève des États. C'est une prérogative des États. Vous avez raison. Et donc, vous ne pouvez pas au Parlement européen contraindre la Hongrie, par exemple, d'Orban, d'accueillir des réfugiés dont elle dit ne pas vouloir.
Vous avez parfaitement raison. Or, on vote
pour être député au Parlement européen. Vous avez raison.
Il y a des compétences européennes très fortes, y compris auxquelles sont associées les parlementaires européens les accords de libre-échange qu'on mentionnait. Là, si le Parlement européen vote non, il n'y en a pas. C'est simple. C'est pour ça qu'on est toujours un peu fâchés avec nos amis socialistes qui votent toujours pour. Mais, sur la question des migrations, il nous manque une politique migratoire européenne. Et, finalement, le seul petit point où il y a de l'Europe, c'est sur la question de l'asile. Donc, tout le monde essaye de rentrer par la fenêtre parce qu'il n'y a pas de porte.
Il n'y a pas d'harmonisation sur le droit d'asile en Europe. on voit bien un Afghanistan en Allemagne ne rentre pas. Chez nous, il rentre.
On est d'accord. Donc, c'est pour ça que nous, nous souhaitons une vraie politique migratoire européenne.
Avec un commissaire chargé des migrations, par exemple. Oui,
on peut trouver un commissaire. Il faut surtout une agence européenne, notamment sur les réfugiés. Et c'est pour ça que j'ai cette incroyable fierté d'avoir Damien Carême, numéro 3 de notre liste, qu'a démontré à Grande-Synthe ô combien on pouvait accueillir les réfugiés en dignité. Il est en train de former des médecins syriens.
Attendez, juste un...
Non, juste ! Il est en train de former des médecins réfugiés syriens parce qu'il manque de médecins à Grande-Synthe. C'est ça aussi l'histoire de nos réfugiés. Distinction,
réfugiés climatiques, droits d'asile pour réfugiés politiques, vous la trouvez opérante cette distinction ?
Il faut... Le problème, c'est qu'on n'a pas de statut international sur les réfugiés climatiques. Nous défendons l'idée d'un statut des exilés, mais aujourd'hui, revenir sur les conventions en matière de réfugiés politiques, de réfugiés, c'est très compliqué parce que vu l'état du monde, on serait plutôt sur la régression. Donc, il faut créer... Le gros des troupes qui migrent aujourd'hui, d'abord dans leur pays, au sein de la région, notamment dans les pays du Sud, ce sont des exilés de l'environnement. Et c'est pour ça aussi qu'on a une responsabilité.
Si on lutte à notre échelle contre le dérèglement climatique, on réduit la pression sur les terres habitables et on laisse les personnes qui veulent vivre là où ils sont nés, vivre là où elles sont nées.
Il nous reste très peu de temps. Virginie Malingre, question courte, réponse courte.
Sur le droit d'asile, justement, l'Europe n'a jamais réussi à s'accorder sur un droit d'asile européen. Donc, comment ça peut progresser ? Puisque même cette chose qui est quand même au minimum, on ne le fait pas.
Sortir la tête du sable. Oui, mais il n'y a pas de... Si vous voulez, Emmanuel Macron ne peut pas tenir un discours comme sur l'écologie, un discours, quand il tient des discours sur l'humanité, il faut agir, l'état d'urgence climatique, blablabla, et agir à l'opposé de ça. Parce que finalement, si aujourd'hui, surtout qu'on est revenu à une situation très normale en termes de flux de réfugiés, on les intégrerait au niveau européen en responsabilité, en partage, en faisant en sorte qu'ils se regroupent par famille et tout ça, on a des perspectives, y compris d'intégration dans nos pays qui sont magnifiques. Karine Becker.
Si on vous écoute bien, vous nous parliez tout à l'heure d'un traité supranational, vous avez envie également d'une constituante...
Ce n'est pas supranational, c'est un traité européen.
Enfin, qui soit vraiment la norme supérieure. Oui, sûr. Voilà. Vous proposez une constituante, c'est-à-dire que vous avez envie de réécrire cette constitution en y mettant évidemment beaucoup plus de valeurs écologiques. Vous voulez 100%...
La fin des paradis fiscaux ?
Oui, vous voulez 100% de produits... D'énergie renouvelable ? Oui, enfin...
Sortir des pesticides dans 15 ans ?
Vous nous faites entrer dans un tout autre univers avec des nouvelles règles.
Je suis d'accord.
Est-ce qu'on est d'accord ? Vous parlez d'une nouvelle démocratie. Est-ce qu'on entre dans une écocratie ? Avec vous ?
Yannick Jadot.
Est-ce qu'on a l'impression quand même de rentrer dans un monde qu'on ne connaît pas quand on vous écoute ?
Ben si. Ce monde-là, quand vous avez des paysans qui sont sortis du round-up des pesticides et qui sont bio, ce monde existe. Le monde des entreprises, des énergies renouvelables, des collectivités locales, le monde des associations, tout ça existe. Mais écocratie, ça ne vous fait pas ? Juste, le monde de l'écologie, la société dont on rêve, elle n'est pas inventée, elle existe simplement, elle est en marge des politiques publiques. On veut mettre ça au cœur des politiques publiques et on veut que la nouvelle page d'histoire de l'Europe, ce soit celle de l'écologie, celle de la vie et du bonheur.
On va devoir rendre l'antenne. Le dernier mot, c'est bonheur ?
Oui, c'est le bonheur. La main tendue de Jean-Luc Mélenchon pour le grand rassemblement parce qu'ensemble, tout devient possible. Vous vous répondez par un bras d'honneur à cette matinée ?
Je ne réponds pas. Je ne réponds pas à Jean-Luc Mélenchon. C'est très bien. Toute cette gauche qui dit toujours rassemblez-vous autour de moi, c'est leur histoire. Moi, je veux un projet écologiste et solidaire au niveau européen qui ouvre une extraordinaire
vie à nos jeunes et à nous-mêmes. Merci et bonne campagne. Merci à Alexandre Gilardi, à toute l'équipe technique de questions politiques. Merci à toutes les trois. Et rendez-vous dimanche prochain.
Bon dimanche.
Nicolas Dupont-Aignan