L'invité politique Sud Radio - Sébastien Chenu, député du Nord, vice président du RN et vice président de l'Assemblée Nationale, est l'invité politique
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 35 %Attaque 50 %Défensif 15 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 60 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:30OuverteRéponse partielle
Est-ce que vous soutenez ces lycéens aujourd'hui ou vous leur dites bon, après ce cinquième épisode, ça suffit, on retourne en classe ?
- 1:59OuverteRéponse partielle
Vous, qu'est-ce que vous dites ? Vous lui dites qu'il faut arrêter Parcoursup tout de suite ?
- 2:36OuverteRéponse directe
Y a-t-il beaucoup d'hypocrisie de la part du gouvernement, que les choses n'ont pas été suffisamment dites ?
- 3:23RelanceÉludée
Vous lui dites quoi ? Vous lui dites qu'il faut arrêter Parcoursup tout de suite ?
- 4:24OuverteRéponse partielle
Est-ce que c'est un coup dur pour le RN de voir la jeunesse dans les bras de l'extrême-gauche, majoritairement ?
- 5:41OuverteRéponse partielle
Est-ce que vous soutenez cette journée du 17 octobre contre la vie chère ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:48InvitéChiffre
« plus de 800 policiers également »
- 1:40InvitéChiffre
« 57% des étudiants sont en échec en licence »
- 2:46InvitéFait
« il y a une mécanique intellectuelle qui fait que les ministres de l'éducation nationale qui se succèdent n'ont pas pris au sérieux l'idée qu'il faille orienter au plus tôt les jeunes »
- 3:09InvitéPromesse
« nous on met un focus très fort sur l'apprentissage, sur les bacs pro, sur tout ce qui peut professionnaliser le plus tôt possible »
- 3:53InvitéChiffre
« il y a eu 800 forces de l'ordre qui ont été abîmées, qui ont été victimes de faits de délinquances aussi »
- 7:34InvitéChiffre
« 70% de notre dette est détenue par des étrangers »
- 10:06InvitéChiffre
« la France est dans une situation extrêmement difficile. 3 500 milliards de dettes, celle-ci a explosé »
- 10:20InvitéFait
« on paye des intérêts de la dette qui sont de plus en plus chers »
- 14:27InvitéChiffre
« une femme sur huit sera atteinte d'un cancer du sein dans sa vie »
- 14:31InvitéChiffre
« c'est 12 000 morts par an »
- 15:52PrésentateurFait
« au financement de la recherche sur les cancers pédiatriques »
- 18:05InvitéFait
« je pense à Joachim Sonforger ou Martine Vonner, on était largement en droit de se poser la question de savoir ce qu'ils faisaient à l'Assemblée nationale vu leur discours complotiste »
- 19:11InvitéFait
« nous pensons que Mediapart manipule à la fois l'opinion publique et manipule les faits »
Temps de parole
- Invité66 %
- Présentateur21 %
- Auditeur8 %
≈ 6,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Sud Radio, l'invité politique,
Jacques
Cardoz. Il est 8h31 à l'écoute de Sud Radio, c'est l'heure du grand entretien politique. Aujourd'hui Jacques, vous recevez Sébastien Chenu, député du Nord, vice-président du Rassemblement National et vice-président de l'Assemblée Nationale. Sébastien Chenu, bonjour. Bonjour Monsieur. Commençons par la mobilisation lycéenne et étudiante. Selon les sources,
il
y avait entre 160 et 480 000 personnes dans la rue hier aux côtés des lycées et étudiants. Est-ce que vous les soutenez ces lycéens aujourd'hui ou vous leur dites bon, après ce cinquième épisode, ça suffit, on retourne en classe
?
D'abord la mobilisation est un peu en baisse, mais en revanche les violences ne sont pas en baisse puisque je note que 147 personnels enseignants ont été victimes d'agressions. Il faut appeler les choses comme elles sont, plus de 800 policiers également. Donc ce qui est à noter, c'est les revendications dont certaines, un nombre important et on peut en parler, doivent interroger l'ensemble des pouvoirs publics. Mais avant de s'occuper des revendications, il faut rétablir l'ordre. On ne peut pas laisser un mouvement lycéen se transformer en émeute par haine du système, par instrumentalisation politique.
Donc moi j'en appelle d'abord la responsabilité du gouvernement qui n'a rien vu venir, qui n'a rien prévu, qui n'a rien anticipé et qui aujourd'hui est un peu comme une poule devant un couteau qui regarde ça comme un lapin dans les phares d'une voiture.
Mais
ça n'efface pas les revendications qui sont bien réelles. Bien sûr,
c'est pour ça que j'ai commencé par vous dire qu'il y avait des revendications qu'il fallait entendre. Vous comprenez qu'il y a une souffrance de la jeunesse aujourd'hui ? Évidemment, puis il
y a
une interrogation sur leur avenir. Quand vous pensez que 57% des étudiants sont en échec en licence, évidemment ça pose une question sur l'avenir. Qu'on envoie des centaines et des centaines et des milliers d'étudiants dans des filières qui n'ont pas de débouchés. L'angoisse de Parcoursup, tout ça, ça mérite d'être entendu, évidemment.
L'angoisse de Parcoursup, justement, ici même à ce micro hier, Manuel Bompard disait qu'il faut arrêter Parcoursup tout de suite. Vous, qu'est-ce que vous dites ?
Non, mais nous,
on
est hostile à Parcoursup parce qu'on pense qu'il faut changer de paradigme. En fait, c'est l'orientation qu'il faut revoir. Il faut éviter d'envoyer des milliers d'étudiants dans des filières bouchées en fac, sur les bancs d'une fac, pour ensuite s'écrouler d'ailleurs en licence et à la fin se retrouver sans boulot. Donc évidemment, il faut travailler sur les bacs pro,
il
faut travailler sur l'apprentissage,
il
faut travailler sur l'orientation et ensuite améliorer Parcoursup pour évidemment ceux qui veulent aller en université. Vous diriez
qu'il
y a beaucoup d'hypocrisie de la part du gouvernement, que les choses n'ont pas été suffisamment dites, ce discours de vérité que vous dites à l'instant, à savoir qu'il faut être plus honnête sur les débouchés aujourd'hui ?
Oui, et puis il
y a
une certaine désinvolture. D'abord, il y a une mécanique intellectuelle qui fait que les ministres de l'éducation nationale qui se succèdent n'ont pas pris au sérieux l'idée qu'il faille orienter au plus tôt les jeunes, revaloriser, on l'a dit, l'apprentissage, les bacs pro, c'est-à-dire ce qui donne du boulot très rapidement. Dans le programme du Rassemblement national, il est question de modifier ces questions-là ou pas ? Oui, bien sûr, parce que nous on met un focus très fort sur l'apprentissage, sur les bacs pro, sur tout ce qui peut professionnaliser le plus tôt possible et faire entrer surtout le plus tôt possible les jeunes sur le marché du travail.
Mais qu'est-ce que vous dites aujourd'hui au gouvernement ? Il faut qu'il arrête là pour le mouvement,
pour que ce mouvement s'arrête. Vous lui dites quoi ? Vous lui dites qu'il faut
stopper
Parcoursup tout de suite ? Non, on lui dit d'abord qu'il faut rétablir l'ordre. Pas de blocus de lycée. On ne discute pas sous la menace d
'un blocus de lycée. Mais
comment vous faites
pour rétablir l'ordre quand vous avez
une cinquantaine de gamins qui sont devant un
lycée, qui font un blocus ? Vous ne pouvez pas envoyer l'armée. Non, mais il ne s'agit pas d'envoyer l'armée, mais vous pouvez rétablir l'ordre sans envoyer l'armée. Il y
a
eu des situations dans notre pays qui montrent qu'on rétablit l'ordre sans envoyer l'armée. Il ne s'agit pas de taper sur des gamins. Moi, je ne crois pas du tout à ça. Je fais d'ailleurs confiance dans la police.
Je
vous disais en début de conversation qu'il y
a
eu 800 forces de l'ordre qui ont été abîmées, qui ont été victimes de faits de délinquances aussi. Donc, c'est plutôt aujourd'hui les policiers qui subissent. Moi, je pense que d'abord, c'est à l'état de... Je n
'ai
pas la solution technique pour rétablir l'ordre. Je ne
suis
pas responsable, je ne
suis
pas préfet et je ne suis pas responsable du maintien de l'ordre. Mais l'objectif de ce gouvernement, ça doit être d'abord de lever les blocus. On ne discute pas sous la pression de blocus.
La France Insoumise est très en pointe dans ce mouvement, avec Greta Thunberg à leur côté. C'est ce que l'on a vu hier. Est-ce que c'est un coup dur pour le RN de voir la jeunesse dans les bras de l'extrême-gauche, majoritairement ?
Non, mais d'abord, toute la jeunesse n'est pas dans les bras de
l
'extrême-gauche. Il y a plusieurs jeunesses dans notre pays. Moi, je connais des jeunes formidables qui n
'ont
rien à voir avec la France Insoumise. D'ailleurs, je pense même que c'est une minorité agissante. « Bon, je ne
sais
pas ce que vient faire Greta Thunberg là-dedans. S'occuper du climat. Bon, elle ne parle pas français.
On
ne comprend rien de ce qu'elle vient nous raconter. » « Ça vous a étonné de la voir dans ce mouvement ? » « Avec un kéfier. Enfin, tout ça est grotesque. »
C'est la convergence
des
luttes que la gauche essaye de mettre en avant ? Oui, que la gauche essaye d'utiliser, d'instrumentaliser les mouvements à des fins politiciennes. Oui, ça probablement. Mais je pense que Mme Thunberg ou Mademoiselle Thunberg ferait mieux de rentrer chez elle, de
s
'occuper de ce dont elle doit s'occuper. Elle est suédoise ou norvégienne, suédoise. Ça,
c
'est très bien. Et qu'elle laisse les étudiants français qui ont suffisamment de difficultés à essayer de les régler par eux-mêmes. Mais la France insoumise, en fait, attise, met de l'huile sur le feu. Elle ne cherche pas à apaiser les choses. La France insoumise ne cherche pas à trouver des solutions. En réalité, ils excitent les étudiants, les lycéens à travers leurs élus, qui d'ailleurs ont des propos disant que la violence peut être légitime, disant que les violences sont policières, ont des propos qui sont des propos d'escalade.
Alors,
samedi sera la prochaine étape de ces mobilisations. Est-ce que vous soutenez cette journée du 17 octobre contre la vie chère ? Cette fois-ci, on devrait voir les gilets jaunes, qu'on a vus également hier, mais renforcer les
rangs. Non, mais moi, j'entends, je comprends toutes les revendications des Français qui sont en souffrance parce que ce gouvernement les a mis dans cette situation-là. Je me rappelle que les gilets jaunes étaient sortis sur les ronds-points pour que l'essence ne dépasse pas 1,50€. On est à 2,40€, en réalité, aujourd'hui, du litre. Donc, comment ne pas entendre la souffrance des Français ? Vous les soutenez
?
Je soutiens les Français qui viennent dire...
Mais vous ne les
appelez pas
?
Non, on
n'a
jamais fait ça.
Parce
que nous,
on
n'est pas une centrale syndicale. On peut soutenir des mots d'ordre, on peut soutenir des revendications, on peut les comprendre, mais on n'est pas là pour organiser des manifestations. Moi, je ne cherche pas à faire en sorte que mon pays aille moins bien. J'essaie de trouver des solutions pour que le pays aille mieux. Vous diriez d'ailleurs que les partis politiques
n'ont pas à appeler pour des manifestations ?
Mais oui, moi, je pense que le rôle d'un parti politique, ce n
'est
pas de manifester, c'est de trouver des solutions. Les Français nous élisent, d'abord sur un programme, sur des idées, et pour trouver des solutions, pour gérer les affaires de la cité. Pas pour être dehors à taper sur des casseroles.
La crainte, c'est de voir ce mouvement s'enliser, que personne n'aperçoive finalement le bout du tunnel. Qu'est-ce que vous diriez au gouvernement ? Enfin, quelle serait la solution exactement pour le gouvernement ? Par exemple,
décréter l'état d'urgence ? Non, mais la crainte, ce n'est pas que le mouvement s'enlise. La crainte, c'est que la France bascule ou dans une crise sécuritaire, avec un mouvement immétrisable, qui soit confronté aux forces de l'ordre et qui met à feu et à sang le pays. Ça,
c
'est la première des choses. Mais la deuxième chose, c'est qu'on envoie des signaux terribles, vu l'état financier du pays, au marché, et que les investisseurs étrangers se disent qu'on ne peut plus travailler avec la France, qu
'on
ne
peut
plus prêter à la France. Je vous rappelle que 70% de notre dette est détenue par des étrangers et qu'ils disent qu'on ne peut plus leur prêter à des taux pareils parce que c'est un pays instable. Cette instabilité peut coûter très cher aux Français aussi économiquement. Mais
imaginons que cette mobilisation dure, perdure dans le temps, au-delà des vacances scolaires. Certains disent qu'on pourra aller jusqu'à la présidentielle avec vous, il va bien falloir qu
'on
sorte de cette crise. Qu'est-ce qu'il faudrait faire ?
Bien sûr, mais ce qu'il faudrait faire, d'abord j'ai envie de dire aux Français, tenez bon, dans six mois, vous avez la possibilité de changer le cours des
choses. Est-ce qu'il faudrait par
exemple qu'Emmanuel Macron démissionne pour provoquer une
présidentielle plus rapidement ? Je crois qu'aujourd'hui, les institutions prévoient un rendez-vous présidentiel qui est connu de tous. C'est ce rendez-vous qui sera déterminant. Et moi je dis à ceux qui veulent le changement véritable, eh bien prenez rendez-vous au mois d'avril prochain pour ce changement et faire nos adieux à Emmanuel Macron à ce moment-là.
Abordons les discussions autour du budget. Le RN a décidé de ne pas voter. Donc la motion de rejet sur le PLF déposée par le PS, ça signifie que le RN essaye d'avoir une démarche responsable
?
Ça signifie surtout qu'effectivement nous souhaitons que d'abord il y ait un débat sur le budget. Pourquoi on aurait fait un cadeau au gouvernement en votant une motion qui était une motion de rejet ? C'est-à-dire qu
'on
n'aurait pas débattu du budget. C'est grotesque. Nous on veut mettre les macronistes face à leurs contradictions. On veut les mettre face à nos propositions. Et on ne défendra d'ailleurs que nos amendements dans ce budget. On n'est pas là pour remplacer le gouvernement face aux dingueries de la France insoumise. Mais vous pourriez être conciliant avec le gouvernement ? Non, on ne sera jamais conciliant avec un gouvernement qui a mis la France dans cette situation catastrophique, qui prévoit un budget dans lequel il y a encore une hausse des impôts de 17 milliards, encore une hausse de la dépense publique. Non, on ne
va
pas être conciliant. On ne votera pas ce budget-là. Il faut qu
'ils
se le disent tout de suite. On ne votera pas le budget le cornu qui vient faire les poches des retraités, vient faire les proches des Français modestes. Parce que je vous rappelle que vouloir passer un coup de rabot sur des retraites à partir de 1 200 euros, c'est quand même passer un coup de rabot sur des Français modestes qui ne comptent pas sur nous pour ça.
Même imparfait, est-ce qu'à minima, vous pourriez vous abstenir
?
Ah non, non. On ne votera jamais pour ce budget. On ne s'abstiendra pas. On votera contre ce budget. C'est une évidence.
Merci a révélé hier qu'un tiers du budget de l'éducation nationale et de l'intérieur était alloué aux retraites. Est-ce que ça veut dire que le gouvernement a dissimulé des vrais chiffres et qu
'on
les découvre aujourd'hui
?
Je ne
sais
pas si le gouvernement a dissimulé des vrais chiffres puisque globalement, on sait à peu près où on en est. C'est-à-dire que la France est dans une situation extrêmement difficile. 3 500 milliards de dettes, celle-ci a explosé et que surtout, on est en train d'être dans un effet boule de neige.
C
'est-à-dire qu'aujourd'hui, à force d'avoir une dette importante, on paye des intérêts de la dette qui sont de plus en plus chers. On emprunte pour payer ces intérêts de la dette et on va arriver au bout du film, à la fin du film. On ne pourra plus emprunter à des niveaux acceptables et donc il y a urgence à donner de la stabilité au pays avec un budget qui soit flexible dans 6 mois. Un budget qui, finalement, puisse être changé dans 6 mois par la nouvelle équipe dont nous espérons que nous serons, effectivement, que ce sera la nôtre.
Sébastien Chenu, concernant votre proposition majeure sur la préférence nationale qui nécessite de réformer la Constitution, Richard Ferrand a eu des mots durs ces dernières heures. Je cite, vouloir réformer la Constitution par l'article 11, ça n'existe pas. C'est l'article 89, sauf que par cette voie, vous n'auriez pas la majorité au Sénat. Bref, il vous dit que ça n'est pas possible et que ce n
'est
pas tenable.
Moi, je
suis très inquiet sur le rôle que s'approprie Edouard Ferrand. Edouard Ferrand, il a un devoir de réserve. Il émet un avis qui me semble être un avis d'homme politique et pas de président du Conseil constitutionnel, qui est, en plus, faux sur le fond, puisque, évidemment, l'article 11, il a été utilisé deux fois par le général de Gaulle, une fois avec succès, une fois avec échec.
Mais là-dessus,
les constitutionnalistes disent qu'il y a une interprétation de cet article et qu'en l'occurrence, pour ce qui est de l'immigration, il ne s
'appliquerait
pas forcément. D'accord, mais c
'est
le président de la République qui est le gardien de la Constitution. Ça,
c
'est l'article 5. Ce n
'est
pas Richard Ferrand qui donne un avis, qui n'est même pas juriste d'ailleurs, qui est un des neuf sages du Conseil constitutionnel, mais un des neufs, et qui n'a pas, je crois, à se mêler de politiques intérieures qui devraient faire attention à ce qu'il dit. Il n'est pas législateur non plus. Donc, moi, j'invite Richard Ferrand à revenir dans son devoir de réserve et à laisser le président de la République, actuel et futur, être le garant de la Constitution.
Sauf qu'il y a une question concrète, Sébastien Chenu, c'est-à-dire qu'il y a un moment donné où vous devrez peut-être vous opposer au Conseil constitutionnel. Les sages annuleraient la convocation d'un tel référendum,
a priori. Non, car c'est le président de la République qui, de toute façon, a le dernier mot, en l'occurrence. Il ne
peut
pas, si vous voulez, le Conseil constitutionnel ne peut pas se substituer au président de la République. Son analyse n'est qu'une analyse. Mais selon vous, il n'y aura pas de coup de force institutionnel de la part du RN ? Non, puisque le président de la République appliquera l'ensemble de ses prérogatives, à savoir être le gardien de la Constitution. Ça, c'est le rôle du président de la République.
Alors, l'actualité, c'est aussi cette loi intégrale qui a été votée hier. On pensait que le RN pourrait voter contre cette loi. Finalement, non. Vous vous félicitez, vous, de ce vote
? Oui,
alors, c'est une loi qui, je veux
dire,
ne
va
pas si loin que ça, parce qu'il
n'y a
pas de réforme structurelle. C'est plutôt une loi qui réprime davantage. Et en cela, elle est la bienvenue, parce qu'effectivement, il y a un certain nombre de problématiques de violence sexuelle et sexiste dans notre pays qui sont importantes. Mais on a évacué les irritants. Et c'est pour ça qu'on l'a votée. Il
y avait un
point, notamment, concernant
l'immigration.
Voilà.
Qui ouvrait une vraie filière d'immigration, qui a été écartée. Nous l'avons votée. Nous nous sommes opposés à la gauche, à l'extrême gauche, qui voulaient profiter de ce texte, en fait, pour encore ouvrir une filière d'immigration. À partir du moment où ça, ça a été sorti du texte, nous avons considéré que c'était, évidemment, acceptable.
Sébastien Chenu, député du Nord, vice-président du Rassemblement National et vice-président de l'Assemblée Nationale, et donc notre invité dans la deuxième partie de cet entretien. Un auditeur vous interrogera sur l'affaire Jordan Bardella. On aura également l'actualité des réseaux avec Benjamin Gleize. Et puis, dans votre carte blanche, vous avez souhaité revenir sur l'importance d'Octobre Rose. On se retrouve dans quelques secondes. À tout de suite. Le Grand Matin Sud Radio, 7h10, Jacques Cardoze. Sébastien Chenu, député du Nord, vice-président du Rassemblement National et vice-président de l'Assemblée Nationale, est notre invité ce matin.
Commençons par vos trois minutes pour convaincre Sébastien Chenu. Vous avez choisi d'expliquer l'importance d'Octobre Rose.
Oui, merci de me donner l'occasion d'en parler. Octobre Rose, c'est effectivement ce qui concerne le cancer du sein chez la femme. Une femme sur huit sera atteinte d'un cancer du sein dans sa vie. C'est 12 000 morts par an et c'est des cancers de plus en plus précoces. Et moi, j'ai voulu évidemment en parler parce que d'abord, pour rendre hommage aussi à tous les bénévoles, j'en vois dans ma circonscription, j'étais, je pense à Mme Barbotin, à Aspre, qui organisait l'Octobre Rose samedi dernier. Mais dans toutes les communes de la circonscription dorénavant, et ça veut dire en France, il y a des manifestations Octobre Rose.
Nous, nous avons une députée, Marine Hamelet, qui elle-même se bat contre ce cancer. Mais on a des députés qui ont fait des propositions chez nous. Je pense à Laure Lavalette, à Sanline Dogueur,
à
Sophie Blanc, des députés du Sud en particulier, qui ont fait des propositions pour renforcer le dépistage précoce, pour améliorer la prise en charge des patientes, mais également pour accompagner la reconstruction mammaire. Et je pense qu'il y a encore beaucoup de progrès à faire et beaucoup de moyens à mobiliser dans ces perspectives et puis réduire les inégalités territoriales. Alors voilà, moi je pense que c'est un beau combat qui dépasse les frontières politiques. Je trouve ça lamentable que Mathilde Panot ait refusé d'ailleurs de porter l'insigne d'Octobre Rose, le ruban rose, sous-entendant que c'était lié à Israël, enfin des conneries épouvantables.
C'est un combat qui doit mobiliser les hommes également. Et je pense que ce beau combat qui est porté par des milliers de bénévoles dans tout le pays, il méritait peut
-être
un petit coup de projecteur.
Que
diriez-vous à vos
détracteurs qui vous accusent d'avoir souvent voté contre à l'Assemblée nationale la santé des Français ? Je pense au cas de Mion, à l'interdiction des PFAS, au retour des pesticides dans le cadre de la loi Duplomb, au financement de la recherche sur les cancers pédiatriques.
Non, non, au financement
sur la recherche des cancers pédiatriques, pas du tout. Et quant aux autres, il y a un débat souvent chez les scientifiques et nous n'aurions jamais voté évidemment des dispositions qui obèreraient la santé des Français si nous n'étions pas convaincus des avis scientifiques. Donc ce sont des procès d'intention qui ont été faits. Mais nous,
nous
considérons que la France doit progresser en la matière et que des moyens doivent être mis en œuvre. Il y a des lois qui ont été votées. Parfois, les décrets d'application tardent à venir. Ça a été aussi la question qu'a posée notre député du Tarn-et-Garonne, Marine Hamley,
hier,
au ministre de la Santé, en disant que
c
'est bien de voter des lois, mais si les décrets ne sortent pas, alors elles ne sont pas appliquées. Et nous appelons finalement ce ministère de la Santé à se bouger, à se réveiller. C'est ce que disent aussi tous les bénévoles à travers la France.
Sébastien Chenu, nous avons une question d'un auditeur qui a souhaité vous parler d'une actualité que vous connaissez, évidemment.
Bonjour, M. Chenu. Je suis Serge. Je suis de Livry-Gargan et j'ai une question pour vous. Après les révélations concernant des messages antisémiques, supposément attribués à Jordan Bardella, l'un des assistants parlementaires de Franck Alizio a été écarté pour avoir tenu des propos du même genre. Jean-Philippe Tanguy a lui-même reconnu avoir écarté des brebis galeuses. Pourquoi le RN attire-t-il autant de dingues ? Merci pour votre réponse, M. Chenu.
Je
ne
crois
pas que le RN attire des dingues. Je me souviens des députés élus par la Macronie, je pense à Joachim Sonforger ou Martine Vonner, on était largement en droit de se poser la question de savoir ce qu'ils faisaient à l'Assemblée nationale vu leur discours complotiste ou éminemment dingue. Que la politique, au sens général, attire des gens qui aient besoin de lumière pour mettre en scène leurs élucubrations, ça, c'est probablement possible. Mais nous, on a une ligne au RN, c'est que quiconque s'autorise à des... voilà, à ces élucubrations ou à des propos qui sont condamnés et condamnables, eh bien, n'a pas apporté nos couleurs aux élections.
Donc nous, on est très dur sur la sanction, ce que ne sont pas les autres. Parce que si je regarde sur les bancs des autres partis politiques, les dingues qui sont dans leur rang, ils les ont gardés. ça, c'est sur la sanction.
Mais à ce micro, il y a une quinzaine de jours, vous nous disiez, Sébastien Chenu, nous, il n'y a pas de brebis galeuses au sein du Rassemblement national. En tous les cas, il n'y en a plus. Là, on s'aperçoit dans les dernières heures qu'il y a encore des personnes qui sont écartées compte tenu de propos qu'ils auraient pu tenir.
Oui,
parce que par
définition... Ça veut dire qu'il y a encore du ménage à faire. Non, mais par
définition, il y a des gens qui portent un masque, qui choisissent de ne pas dire la réalité et qui, dans une sorte de sous-texte, ont des propos qui ne sont pas acceptables. Donc lorsque nous les démasquons, eh bien nous les sortons. Donc vous admettez qu'il y a peut-être encore des brebis galeuses au RN ? Moi, je ne crois pas. Je pense qu'aujourd'hui, vous savez, le travail de Marine Le Pen qu'elle a réalisé depuis son accession à la présidence du Rassemblement national a été évidemment un travail de rupture avec des gens qui
portaient un discours.
Comment
elle vit à
faire bordé là, Marine Le Pen ? Je crois que comme nous tous,
nous,
elle ne croit pas... Non, mais elle ne croit pas un mot. Ce n'est pas qu'on ne le vit pas durement puisqu'on ne croit pas un mot de ce que dit Mediapart pour plein de raisons que j'ai eu l'occasion d'expliquer ici. Mais surtout, nous pensons que Mediapart manipule à la fois l'opinion publique et manipule les faits. Donc face à des manipulateurs, nous n'avons ni doute, ni inquiétude, ni questionnement. Mais nous considérons qu'il faut avancer et surtout pas priver les Français du débat présidentiel.
On
passe à l'actualité des réseaux avec vous, Benjamin Gleiz. Vous nous avez rejoint. Bonjour Sébastien. Et
vous allez
nous parler d'une formule. Alors, ça va nous faire parler tout cela parce que vous nous parlez d'une formule qui s'appelle Bismillah, c'est les ténèbres. Voilà ce que l'on découvre en ce moment.
Oui, c'est le nouveau slogan aujourd'hui des lycéens.
C
'est devenu un vrai phénomène dans les cortèges. De nombreuses pancartes affichent désormais cette petite phrase Bismillah,
c
'est de l'arabe. Ça veut dire au nom de Dieu. Mais alors, pourquoi un tel mot d'ordre ? Eh bien, tout a commencé sur Snapchat. C'est sur ce réseau social qui est très prisé des ados que les blocus s'organisent depuis le début de la mobilisation et certains ados affirment y avoir reçu des messages assez curieux de la part d'inconnus, des inconnus
qui
demandent leur identité ainsi que les prochains lycées qui seront bloqués. L'un de ces messages a été envoyé par un certain Mamadou. Je vous le lis, Sébastien Chenu. Salut, Bismillah, c'est les ténèbres. C'est quand le blocus voilà mon frangin, on va tout casser, mais moi, dans le groupe blocus Aïchèque. Le tout est suivi de deux drapeaux algériens et c'est donc à lui, à ce mystérieux Mamadou que l'on doit cette formule Bismillah,
c
'est les ténèbres. Son expression a été reprise massivement sur les réseaux sociaux et donc après en manif sur les pancartes par des lycéens qui y voient ici une tentative grossière, caricaturale d'infiltration de la part d'un policier tentant de se faire passer pour un ado, pour un jense. Alors, l'information n'est pas confirmée. On ne sait pas officiellement si ce Mamadou est vraiment un policier. En tout cas, la formule fait un carton, je vous le disais, dans les manifs, ça vous fait sourire. Elle est devenue tellement populaire qu'elle a même été reprise par une militante écolo bien connue qui était en France.
Hier, on soutient un lycéen, vous voyez, de qui je parle, Sébastien Chenu, de la suadoise Greta Thunberg.
Bismillah,
c
'est le ténèbre.
Je
ne
sais
pas comment vous le trouvez ce slogan
Sébastien
Chenu. Vous le trouvez comment ? Mais quand je disais qu'on ne comprenait rien de ce que racontait Greta Thunberg, on a la démonstration qu'elle parle en suédois ou en arabe, visiblement, on ne comprend vraiment rien à ce que raconte Greta Thunberg et la raison de son voyage. Pour le reste, je trouve que c'est un folklore assez malvenu qui dit la pauvreté, finalement, de l'utilisation de la langue française dans les revendications. Voilà, je trouve ça...
C'est
un slogan humoristique, c'est pour se moquer d'un potentiel policier infiltré
qui
utiliserait un soi-disant langage de jeune.
Vous passerez bien le bonjour. Vous embrasserez Mamadou pour nous.
Sébastien,
je fais
juste... Juste d'un mot, parce que pour revenir, c'est Jordan Bardella plus sérieusement qui disait je me battrai toujours pour que Walla et Wesh ne soient pas l'horizon culturel qu'on a à offrir à la jeunesse. Ça veut dire quoi concrètement ? Ça veut dire qu'un adulte, un proviseur, un enseignant doit reprendre forcément un jeune quand il utilise ces
mots-là ?
Oui, je pense. Je pense qu'effectivement notre langue mérite mieux et que surtout on s'élève probablement en utilisant bien la langue française et on se rapetisse en utilisant des formules telles que celle-ci. Que vous n'avez jamais utilisées ? Voilà et Wesh, non, je ne les ai jamais utilisées.
Ça
veut dire qu'il va falloir dire aux enseignants qu'il ne faudra pas que la langue française soit modifiée par le métissage
et l'apport de ces... Une langue, ça
évolue. Moi, je n
'ai
pas de
problème
à voir qu'une langue,
ça
évolue.
Mais
en revanche, reprendre des
élèves qui utilisent des mots incompréhensibles, ça, vous diriez oui ? Oui, je pense qu'on a quand même une langue qui est riche et l'important,
c
'est la transmission de celle-ci. Après, une langue, ça évolue au cours des siècles. Ça,
ce n'est
pas un souci. D'ailleurs, ça veut dire quoi ? Je n'en sais rien. Je n
'ai
jamais utilisé ces expressions, donc je ne peux pas vous dire ce que ça
veut dire.
Sérieusement, honnêtement, voilà. D
'accord, voilà.
Sébastien Chenu, une petite question pour en venir au budget. Vous nous avez dit tout à l'heure que vous ne voteriez pas ce budget en l'État, mais en 4,493, est-ce que vous voterez la censure
?
Aujourd'hui, ça va dépendre de ce qu'il
y
a dans le budget. C'est les fameuses lignes rouges. Moi, je ne sais pas si le gouvernement va continuer à aller vers le coup de rabot sur les retraites. Nous, par définition, on ne s'empêche de rien. Donc, par conséquent, la balle est dans le camp du gouvernement.
Ce qui signifie
quand
même qu'un
gouvernement peut tomber en plein hiver et à 5 mois ou 6 mois d'une présidentielle. La balle est dans le camp du gouvernement. Ils savent très bien, nous l'avons démontré, nous avons déjà voté des censures, nous avons déjà refusé d'en voter, ils ont déjà pactisé avec les socialistes et LR pour sauver leur tête la dernière fois alors que nous-mêmes, nous étions capables de voter la censure. Donc, vraiment, la balle est
dans le camp. Cette
fois-ci, la différence,
c
'est que vous avez peut-être, vous serez peut-être aux manettes dans 5-6 mois avec ce budget et avec les conséquences de ce que
vous aurez voté. C'est la raison pour
laquelle nous, on souhaite que le budget, il ne dure que 6 mois, enfin, il ne soit rétractable, en tous les cas modifiable au bout de 6 mois. L'enjeu, c'est d'avoir un budget qu'on puisse modifier dans 6 mois. Ce n
'est
pas d'avoir, en tous les cas, une loi spéciale.
Sébastien Chenu était l'invité de Sud Radio. Merci à vous et très bonne journée. Dans un instant, la vérité en face. Deux questions au menu. Vous nous appelez 0826 300 300. On en parlait. Greta Thunberg, la mobilisation lycéenne est-elle victime d'une convergence des récupérations ?
Et
puis, autre question qui est très liée à ce hashtag Nicolas qui paie. Comprenez-vous les appels à faire contribuer davantage les retraités ? C'est évidemment lié aux discussions qui démarrent sur le budget. Vous nous appelez au 0826 300 300 et dans un instant, on en débat avec Elisabeth Lévy et Françoise Degoy. A tout de suite.