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interviewLCI — L'événement du dimanche· 27 juillet 2025 53 min

L'événement du dimanche du 27 juillet 2025 : Alexis Corbière

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:02
Présentateur

Bientôt 10h sur LCI, bonjour à tous, c'est l'heure du rappel des grands titres de l'actualité de ce dimanche. Et c'est l'information de la nuit, l'armée israélienne annonce une trêve dans la bande de Gaza. Après des semaines de pression internationale et de blocus, Israël annonce une pause tactique pour permettre la livraison de l'aide humanitaire. Les premiers camions sont entrés ce matin par le point de passage de Rafa, image en direct de ces personnes qui tentent d'aller chercher de l'aide humanitaire. Cette annonce qui intervient alors que Tzal a parachuté hier de l'aide sur Gaza. Les ONG et l'ONU alertent sur un risque de famine.

Elle annonce mettre en place des couloirs humanitaires pour assurer le passage sécurisé des convois de nourriture et de médicaments des Nations Unies. C'est le jour de la dernière chance pour les négociations sur les droits de douane. Donald Trump rencontre tout à l'heure en Écosse à 17h30, Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne. Un entretien décisif à moins de cinq jours de l'entrée en vigueur des tarifs douaniers imposés par le président américain. Cet échange et cette rencontre, vous pourrez la suivre en direct sur l'antenne de LCI cet après-midi. Prenons la direction de l'aube à présent où l'incendie est contenu.

Un important feu s'est déclaré sur la commune de Sijian. Plus de 630 hectares de végétation ont brûlé. 600 pompiers ont été mobilisés. Deux hélicoptères, deux canadaires déployés. Le feu a été haïtisé par des rafales de vent à plus de 80 km heure. Et puis le Tour de France s'achève ce soir avec comme bouquet final un retour sur la butte Montmartre. Ce sera également le cinquantième anniversaire de la première arrivée sur les Champs-Elysées. Tadej Pogacar, sauf problème physique, va remporter son quatrième Tour de France. Après plus de 3300 kilomètres parcourus, les coureurs achèvent la plus grande et la plus belle course cycliste du monde.

Vous le voyez qu'Aden Groves a remporté la vingtième étape. La sécurité sera renforcée, notamment à Paris et dans les Yvelines. D'où partira l'étape, 30 unités de forces de l'ordre seront déployées. Il est 10h. Tout de suite, vous avez rendez-vous avec l'événement du dimanche. Bastien Auger reçoit Alexis Corbière, débuté écologiste et social de Seine-Saint-Denis. Très belle journée à tous sur LCI.

2:22
Alexis Corbière

Bonjour à tous. Je suis très heureux d'être avec vous cette semaine pour votre rendez-vous politique. L'événement du dimanche avec, aujourd'hui, Alexis Corbière. Bonjour.

2:31
Locuteur non identifié

Bonjour Bastien Auger, merci.

2:32
Alexis Corbière

Merci beaucoup d'être notre invité cette semaine. Député de Seine-Saint-Denis, jadis compagnon de route de Jean-Luc Mélenchon. Mais vous avez quitté la France insoumise il y a un an. Je ne l'ai pas quitté, j'en ai été peut-être. Parti. Vous êtes faché un petit peu avec Jean-Luc Mélenchon pour fonder votre propre mouvement, l'après. Puis vous siégez aujourd'hui aux côtés des écologistes à l'Assemblée nationale. Pour vous interviewer à mes côtés, Frédéric Delpech du service politique de TF1-LCI. Bonjour Frédéric.

2:58
Invité

Bonjour.

2:59
Alexis Corbière

On va parler de beaucoup de sujets, la situation politique en France. Évidemment, l'avenir de la gauche, faut-il une primaire pour 2027. On parlera aussi de Bruno Retailleau, de sa politique de sécurité. Mais d'abord, on va commencer quand même par un chapitre international important. Et je vous propose de regarder tout de suite Alexis Corbière, ces images qui nous parviennent en direct de la bande de Gaza. Parce qu'on a appris ce matin que l'armée israélienne annonçait une trêve, une trêve, notamment pour acheminer de l'aide humanitaire. Est-ce que quand vous voyez ça, vous dites que finalement, la pression internationale fonctionne ? Peut-être, oui.

3:32
Locuteur non identifié

D'abord, il faut se féliciter qu'il est peut-être un soulagement, l'enfer que vivent les 2 millions d'habitants de Gaza. Que les choses soient claires, ce que fait Israël est contraire au droit international. Ce n'est pas quelque chose qui, comment dirais-je, doit dire, on est préoccupé, etc. C'est contraire au droit international. C'est un crime de guerre. On n'a pas le droit d'affamer des populations. C'est une technique de guerre sauvage, barbare, qui, par exemple, on en discutera politiquement, à mon avis, ne produit rien d'intéressant. Donc, ce qui se passait depuis quelques jours a choqué la planète entière. A juste raison.

Les enfants qui meurent de faim à Gaza, qui sont menacés par la faim, ne sont en rien responsables à l'horreur du 7 octobre, aux attentats terroristes du Hamas. Ce ne sont pas eux qui détiennent les otages dont nous souhaitons la libération. Donc, il y a quelque chose de grave. À partir de là, il me semble, effectivement, mais la pression internationale pourrait être plus forte, mais il y a une émotion internationale, qu'aujourd'hui, le gouvernement israélien... Alors, il y a deux choses. Hier soir, quand je me suis couché, il était question que du matériel humanitaire soit parachuté. Il y en a eu. On a des images aussi. Il y a du matériel humanitaire qui a été largué.

Je voudrais qu'on suive. Ce que beaucoup de gens, qui sont des gens sérieux, notamment les responsables de Médecins Sans Frontières sur le terrain, les différents organismes liés aux Nations Unies, considérés comme un coup de com' cynique, parce que quand les gens sont affamés, si vous vous envoyez par du matériel comme ça, ça va créer des émeutes, etc. Ce n'est pas sérieux. Par contre, il y avait du matériel qui était aux portes de Gaza que l'armée israélienne et le gouvernement israélien bloquaient. Et il semble, à l'heure où nous parlons, qu'enfin, les portes s'ouvrent et que cela va être fait.

4:59
Alexis Corbière

Donc là, vous saluez cette décision et vous saluez la mobilisation internationale.

5:03
Locuteur non identifié

Si concrètement, ça permet à ce que des enfants, des femmes enceintes, des civils, des journalistes, des médecins de Gaza, tous les honnêtes gens, le peuple gazaoui, puissent un peu voir sa peine soulagée, tant mieux. Il n'empêche qu'une fois qu'on a dit ça, le cessez-le-feu doit avoir lieu. Cette situation de punition collective qu'inflige, le gouvernement de Netanyahou doit cesser au plus vite. Il faut des solutions politiques. Alors moi, vous avez évoqué les pressions internationales. Moi, je suis favorable à ce que, par exemple, l'accord entre l'Union Européenne et Israël soit suspendu, le temps qu'arrête cette situation, que nous fassions pression, que la France soit active.

Et je dois me féliciter. Malgré, vous connaissez, on va en parler, tous les désaccords que j'ai avec Emmanuel Macron. Je ne crois pas que je fasse partie de ceux qui ont un verbe tendre. Mais je me félicite que le président de la République, hier avant-hier, a pris l'initiative de dire, notamment au mois de septembre, il reconnaîtra la Palestine. Pourquoi ? Parce qu'il faut une solution politique. Il n'y aura pas de solution militaire qui permettra de résoudre durablement la situation. Il faut une solution politique. J'ai envie de dire, pour un peu inverser...

6:07
Alexis Corbière

C'était le bon timing, là ? Parce qu'il y a beaucoup, les Israéliens, mais pas qu'eux. Il y a aussi des gens qui ne sont pas des défenseurs du régime de Benjamin Netanyahou en France, qui disent que le timing est mauvais. Parce que, contrairement à ce que disait initialement Emmanuel Macron, là, on reconnaît la Palestine sans contrepartie. Il y a toujours des Français qui sont aux mains du Hamas. Et finalement, on ne va rien obtenir. Est-ce que vous êtes d'accord avec le timing ?

6:30
Locuteur non identifié

D'abord, comment on dirait ? Ceux qui sont isolés, celui qui est isolé, c'est Benjamin Netanyahou. Ce n'est pas la France. Quand la France reconnaît la Palestine, elle rejoint la majorité des pays. D'accord ? C'est le 148ème État sur 193 qui va le faire. Je tiens à dire, au passage, un peu de mémoire, comme on a du temps dans notre émission, que ce qu'a déclaré Emmanuel Macron, est dans la continuité totale de la diplomatie française. Au moins, je pense à 1967, la lettre du général de Gaulle à Ben-Gourion. Je pense à 1980, la conférence de Venise avec Valéry Giscard d'Estaing.

On pourrait égrener François Mitterrand devant la Knesset, prenant la parole pour dire qu'il faut la reconnaissance de l'État palestinien. On se souvient de Jacques Chirac, même Nicolas Sarkozy. François Hollande reprenant la parole devant la Knesset pour la reconnaissance d'un État palestinien. Donc, il n'y a rien de baroque, si je puis dire, à ce que la France dise que c'est sa position. Sa position, pourquoi ? A la fois pour la reconnaissance des droits du peuple palestinien, et d'un certain point de vue, pour la sécurité d'Israël.

Ce qui est facteur de guerre, alors avec des techniques barbares, inacceptables de la part du Hamas, mais ce qui est belligène, ce qui met Israël en danger, c'est la non-reconnaissance du droit international et une situation qui va rester une plaie ouverte en permanence. Donc, Benjamin Netanyahou, lui, il a une conception un peu trumpiste, et pardon de l'expression un peu triviale, mais un peu cow-boy, si je puis dire, dans la situation, un peu à l'américaine au XIXe siècle avec les réserves d'Indiens. C'est-à-dire qu'on va jusqu'au bout mettre sous pression le peuple de Gaza en espérant qu'il disparaisse ou qu'il fuit, mais ça, ça ne règle rien. Vous entendez ce que je dis ?

Ça, on entend Alexis Fort-Bermain,

8:00
Alexis Corbière

mais il y a l'émoi aussi qui est toujours là, très fort, de ce qui s'est passé. Je reprends une expression de l'éluctorien Vincent Lumière. Une question très simple, qu'est-ce que vous répondez à ceux qui disent que cette reconnaissance, une fois de plus, on ne parle pas de la légitimité en général, mais du timing, que ce serait une forme de légitimation de l'action du Hamas ? Qu'est-ce que vous répondez à ceux qui disent ça ? Une fois de plus,

8:16
Locuteur non identifié

ce n'est pas que les soutiens de Benjamin Netanyahou qui disent ça. C'est essentiellement des gens qui se situent sur un axe que je vais qualifier d'atlantistes, de ceux qui pensent que c'est la force et la brutalité. Je répète, ce qui est inacceptable, c'est une punition collective infligée à un peuple qui n'a rien fait, à savoir le peuple de Gaza. Donc, il faut agir. Deuxièmement, évidemment, ça n'est en rien une validation du Hamas.

Je rappelle que quand Emmanuel Macron adresse cette lettre dans laquelle il dit qu'au mois de septembre, devant les Nations Unies, dans une conférence notamment coprésidée avec l'Arabie Saoudite, il prendra une initiative internationale où il reconnaîtra le peuple de Palestine. Donc, il y a un processus politique qui l'ouvre. Il s'adresse à Mahmoud Abbas. Il s'adresse au FATA. Il s'adresse à l'OLP, à ceux qui sont les adversaires historiques du Hamas. Parce que, vu de loin, on peut dire les Palestiniens. Mais ça, c'est une vision essentialiste. Non, il n'y a pas les Palestiniens. Le Hamas a liquidé physiquement le FATA et l'OLP à Gaza. A liquidé physiquement.

Donc, ça n'est pas la même chose quand vous discutez avec Mahmoud Abbas, l'autorité palestinienne en Cisjordanie, précisément pour qu'il y ait un processus politique. Pourquoi ? Et c'était ma manière de répondre. Ceux qui donnent raison au Hamas, aux violents, aux terroristes, c'est s'il n'y a pas de solution politique. S'il y a une solution politique, alors les diplomates peuvent reprendre la main. Et ça, ça combat le Hamas.

9:29
Alexis Corbière

Vous rejoignez en ce sens-là ce que dit Jean-Noël Barraud quand il dit finalement qu'on isole le Hamas. Oui, oui, oui.

9:34
Invité

On isole le Hamas, mais la condition que posait quand même Emmanuel Macron, c'est le désarmement du Hamas. Là, reconnaissance de l'État palestinien, on ne désarme pas le Hamas qui donc pourra reprendre ses activités.

9:47
Locuteur non identifié

Mais ça, ce n'est pas vrai. Ce n'est pas vrai. Déjà, vous dites ça, ce n'est pas vrai. Quand vous avez ça, Mahmoud Abbas qui lui-même a demandé la libération des otages, lui-même ne souhaite pas qu'il y ait cette situation armée et l'activité militaire du Hamas. D'accord. Donc, de toute manière, la politique de Netanyahou ne produit pas non plus des choses positives. Vous savez, comme moi, vous êtes un fait observateur qu'à Tel Aviv, il y a des manifestations monstres, actuellement, notamment d'Israéliens. Et je les salue.

Je pense notamment à un mouvement israélien qui s'appelle Standing Together à lequel nous avons des liens d'Israéliens qui ne supportent pas qu'on a faim de la population, mais qui veulent aussi que cesse la stratégie de Netanyahou brutale pour la libération des otages. Donc, Netanyahou est face à un échec. Et je vais vous dire, c'est souvent pour des raisons internes de politique interne à Israël qui continuent à être aussi brutales parce que quand il met le pays comme ça dans une situation de tension et de guerre permanente, d'affrontement avec d'autres pays, il empêche à ce qu'il y ait un débat politique de ce que doit faire le gouvernement israélien. Donc, c'est une bonne chose.

Évidemment, je vais être honnête, c'est un pari risqué. Je ne dis pas que ça va réussir. Pari risqué quand même. Mais évidemment, on est là dans quelque chose qui est une poudrière. On a un gouvernement d'extrême droite en Israël qui n'aide pas beaucoup. On a évidemment des gens, vous les avez cités, le Hamas, qui participent au malheur du peuple palestinien. Mais il faut que ceux qui sont, comment dirais-je, les politiques, les diplomates, moi je pense notamment, je l'ai dit, l'autorité palestinienne, le FATA, ce qui était l'OLP, qu'on puisse discuter avec eux. Il y a des gens qui sont même hors actuellement de la Cisjordanie qui peuvent revenir pour jouer un rôle politique.

Bon, une vie politique, ça ne se reconstruit pas du jour au lendemain, évidemment, les 2 millions de cas de oui ne sont pas en situation de pouvoir voter directement et de prendre les choses en main.

11:20
Alexis Corbière

Je vous propose, pour poursuivre cet échange, qu'on écoute la réaction de Donald Trump quand on l'interrogeait cette semaine justement sur cette décision d'Emmanuel Macron.

11:30
Invité

Écoutez, c'est un type un peu différent. Il est sympa. C'est quelqu'un qui a l'esprit d'équipe. La bonne nouvelle, ce qu'il dit importe peu. Ça ne changera rien. Bon, il a fait une déclaration. La France, Macron, sa déclaration n'a aucun poids. C'est quelqu'un de très bien. Je l'apprécie, mais cette déclaration n'a pas de poids.

11:54
Alexis Corbière

Bon, voilà, c'est cruel, mais en même temps, est-ce qu'il n'a pas un peu raison ? Est-ce qu'en d'autres termes, on ne se donne pas bonne conscience à peu de frais ? C'est-à-dire que ça ne va pas avoir de conséquences aujourd'hui sur ce qui se passe à Gaza, par exemple.

12:04
Locuteur non identifié

J'ai envie de dire, je ne veux pas être vulgaire, ça suffit qu'il nous parle comme ça, ce monsieur-là. Ça suffit. Et lui, de cette façon, il a une conception, je l'ai évoquée tout à l'heure par une référence au film de Western, cette vision brutale qu'il a de la géopolitique où tout passe, America first, d'abord. Ce n'est pas notre conception. Nous, on est Français. D'accord ? Y compris, il n'est pas d'accord, tant mieux. Ça veut dire qu'on n'a pas à s'aligner sur la manière dont il conçoit le monde. Parce que lui, il conçoit un monde dangereux, brutal. D'accord ? Donc, dans certains points de vue, ça valide le fait que nous avançons.

Premièrement, Trump, il a beau parler, il n'empêche, je veux être un peu cocardier, peut-être que la parole d'Emmanuel Macron a créé des conditions d'accélérer une pression internationale et de faire qu'aujourd'hui les camions rentrent à Gaza. D'accord ? La pire des choses, le déshonneur de la France eût été de ne rien faire à l'heure où nous avons des images d'enfants qui sont en train de mourir de faim. Qu'est-ce qu'il fait le gros Trump, là ? Il va jouer au golf, lui, tranquillement, pendant qu'il y a deux... Pas de physique. Non, non, mais comme lui il s'en prend, pardon, évidemment, vous avez raison, mais sur un mode paternaliste, ce n'est pas notre papa.

D'un certain point de vue, nous sommes amis avec le peuple américain, mais le trumpisme est notre adversaire dans notre conception du monde, y compris notre conception des rapports internationaux. Donc, j'ai envie de dire, je suis un peu véhément, mais quand il dit, en plus avec ce côté, c'est insupportable, c'est un brave garçon, mais pour qui il se prend ? Nous parlons de choses sérieuses. Nous parlons du fait qu'il faut un grand pays, et la France, ce n'est pas rien, c'est un des cinq pays des Nations Unies, dit qu'on va reconnaître la Palestine.

Donc, que nous engageons au processus politique, c'est une bonne chose, et je préfère ça à ce monsieur qui est extrêmement arrogant, pardon de l'avoir caractérisé uniquement, je dirais, sur son aspect comme ça, très méprisant, mais franchement, ça suffit. Frédéric Delpech.

13:41
Invité

Alors, pression internationale, il y en a eu une pression qui est exercée par vos anciens amis de la France insoumise, avec cette flottille de la liberté qui a été appréhendée avec deux députés, deux députés LFI à bord, Gabriel Gatala et Emma Fourreau. Il y avait déjà eu le précédent avec Rima Hassan qui avait également été appréhendé, le navire avait été appréhendé à 100 km de Gaza par les autorités israéliennes, par l'armée israélienne. Alors, vous dites ça sert à quoi ? C'est bien ? C'est bien d'abord de tenter, de forcer le locus et est-ce que la réaction d'Israël

14:15
Locuteur non identifié

vous paraît disproportionnée ? Bien sûr, elle est disproportionnée et même illégale. Ils les ont interceptées, si j'ai bien suivi, à 100 km des côtes. Ce n'est même pas les eaux qui sont celles d'Israël. Ils n'ont pas le droit du point de vue du droit international mais je vois bien que c'est le grand défunt de la période du droit international. Ils n'ont pas le droit de le faire. Deuxièmement, ce que font ces jeunes gens humanitaires sur un bateau est une bonne chose, participe à la pression internationale qui doit avoir lieu.

Vous voyez, c'est d'autant plus ridicule que l'armée israélienne se mobilise pour intégrer ce bateau, ce drapeau, ce bateau, pardon, transporte des denrées humanitaires alors qu'il y a des denrées humanitaires qui rentrent. Mais vous savez, moi j'ai voulu aller au mois d'avril en Israël dans une délégation d'élus et de députés, députés français, pour rencontrer le consul de France en Israël. Ça m'a été finalement au dernier moment interdit par le gouvernement israélien qui a fait un communiqué pour dire que nous étions liés à une réunition terroriste. Ces gens sont dingues la manière dont ils appréhendent les choses.

Pour eux, quiconque veut seulement envoyer des gestes de discussion politique, faire son boulot et ce que font ces jeunes gens sur ce bateau est une bonne chose. Que fait les filles sur ce bateau ? Non, mais ce n'est pas seulement la France insoumise. Il y a un bateau dans lequel il y a une trentaine de personnes dont des élus de la France insoumise. Mais ce n'est pas les seuls. Il y a des élus d'autres pays. Pourquoi vous ramenez ? Je veux dire, pourquoi vous considérez que les seuls aujourd'hui, et c'est tant mieux que la France insoumise le fasse, mais vous savez, toute la gauche et tout le nouveau front populaire dit exactement la même chose sur cette question-là.

Alors justement, soyons concrets, Alain Ciccordière, qu'est-ce qu'on peut faire aujourd'hui ?

15:37
Alexis Corbière

On a parlé de la reconnaissance de la Palestine, vous avez salué la décision, vous parliez de dénoncer l'accord entre l'UE et Israël, mais on sait que la France n'est pas hostile à ça, mais qu'il faut un accord de l'Union Européenne qui aujourd'hui n'y a pas. Très concrètement, aujourd'hui, vous dites, qu'est-ce qu'on peut faire de plus pour faire cesser ce qui se passe à Gaza ? Très concrètement, en un mot,

15:56
Locuteur non identifié

parce qu'on a beaucoup de sujets à aborder. Par exemple, il pourrait y avoir des convois humanitaires qui sont amenés dans lesquels la marine française les accompagne jusqu'à Gaza. Donc de force, ça veut dire qu'on a des militaires français ? Oui, parce qu'il y a une chose,

16:05
Alexis Corbière

il faut aller au rapport de force, y compris peut-être physique,

16:08
Locuteur non identifié

militaire sur le terrain. Mais c'est pas le respect du droit international. Monsieur Auger, vous êtes un être humain. Est-ce que vous acceptez l'idée qu'il y a 2 millions de personnes qui sont en situation de famine ? C'est contraire au droit international. Nous avons normalement un devoir. Bien sûr, mais vous dites, il faut aller jusque-là. Il faut aller jusque-là, potentiellement, demander à des militaires français d'aller accompagner des convois. Mais qu'est-ce qu'il faudrait que, par exemple,

16:27
Invité

l'ONU prenne des choses en main ? Pardon ? Olivier Faure dit « La reconnaissance de l'État palestinien, c'est bien, mais des sanctions contre Israël, ce serait mieux. »

16:34
Locuteur non identifié

Mais j'ai parlé des sanctions, je pense notamment à la suspension des accords entre l'Union européenne et Israël, le temps que le cessez-le-feu ait lieu. Comment dirais-je ? Être inactif, dire « on ne peut rien faire, c'est comme ça », c'est le fait que 60 000 personnes sont déjà mortes. Là, quand on vous dit que vous avez 60 000 femmes enceintes qui sont en danger de mort, ce n'est pas une question, ce n'est pas seulement moralement ignoble, mais c'est contraire au droit international. L'élément moteur là-dedans.

17:00
Alexis Corbière

On pourrait passer évidemment des heures sur ce sujet tragique, mais on a beaucoup de sujets sur lesquels on aimerait vous interroger. Notamment Donald Trump, vous le savez, est en Écosse aujourd'hui. Il va rencontrer aujourd'hui Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne qui espère encore un accord sur les droits de douane. Est-ce que si, comme on l'entend, comme l'Europe l'envisage, on se met d'accord sur 15% de droits de douane sur les pays européens, on aura sauvé l'honneur ou en tout cas, on aura limité la casse ?

17:26
Locuteur non identifié

Mais j'ai envie de prendre un peu, un peu de recul. Je veux dire, il faut en finir avec la stratégie du désarmement douanier qui a été la note pendant longtemps. C'est-à-dire la logique du libre-échange, etc. Le grand déménagement de la planète. Moi, je pense qu'il faut créer les conditions déjà de relocaliser des choses qui sont produites en France, notamment sur le plan industriel, mais aussi, on en parlera peut-être sur la question agricole, que l'on produise, que nous ayons une forme d'autonomie alimentaire.

Et ce dont nous sommes en train de payer aujourd'hui, c'est qu'il y a une situation où l'Organisation mondiale du commerce a sévi, si je puis dire, pendant des années où nous sommes désarmés dans des situations où nous sommes dépendants d'autres pays. Et c'est là où les États-Unis interviennent. Ce que je veux dire, c'est que plutôt que cette espèce de discussion von der Leyen-Trump, Trump là aussi très brutale, très auto-centré sur les intérêts américains, il faudrait que ce soit la CNUSET, par exemple. Savez-vous ce qu'est la CNUSET ? C'est la Conférence nationale des Nations Unies qui s'occupe du développement et du commerce.

C'est sa mission, normalement, de discuter de ce qu'il faut faire. Et je termine. Qu'est-ce qu'il faut faire ? Moi, je suis favorable à la mise en place de mesures d'un protectionnisme solidaire, d'un protectionnisme écologique que nous décidions, nous, non pas en fonction... Donc, au fond, il faut faire pareil que Trump, c'est ce que vous dites. Absolument pas. Parce qu'un protectionnisme... Avec des modalités différentes, mais il faut faire du protectionnisme. J'ai dit solidaire ou écologique. Ça veut dire que, par exemple, des produits qui sont fabriqués dans des pays où il n'y a pas de droits syndicaux, où les salaires sont très bas, eh bien, on les taxe, on ne les laisse pas rentrer.

Il y a des produits qui sont fabriqués, notamment qui sont dangereux, avec des produits polluants, des produits qui détruisent l'environnement et le climat. On peut conditionner. Ce que fait Trump, c'est uniquement les intérêts économiques américains. Moi, je dis l'intérêt planétaire, l'intérêt humain, le développement humain, et bien entendu, l'intérêt de la nation aussi, parce que ce n'est pas contradictoire. Mais ça, ce serait totalement différent. Si vous acceptez l'idée que des produits absolument dégueulasses, pardon, je suis un peu trop trivial, mais des produits qui sont vraiment écologiquement, socialement, rentrent sur le territoire national, nous ne pourrons jamais nous aligner.

Nos travailleurs français, les agriculteurs français ne pourront jamais s'aligner avec des pays dans lesquels on est payé 20 fois moins cher, dans lesquels on utilise des techniques de production qui sont évidemment des techniques dangereuses, mais qui amènent à une productivité agricole très importante. Bref, ce que je suis en train de dire, c'est qu'on va suivre évidemment ce qui se passe, mais il faut réorganiser le monde de manière différente.

19:39
Alexis Corbière

En attendant de réorganiser le monde, ça prend un peu de temps, vous en conviendrez, 15% est-ce qu'aujourd'hui vous dites on signe ? Mais sur quels produits ? Je ne sais pas. Sur l'ensemble des produits,

19:47
Locuteur non identifié

après il y a des équipements.

19:47
Alexis Corbière

Non mais on verra, oui, mais c'est l'aluminium.

19:50
Locuteur non identifié

Et vous dites qu'on a perdu déjà ? Je dis qu'il y a une fenêtre qui est en train de s'ouvrir avec ce que fait Donald Trump pour qu'en vérité au niveau de l'Union Européenne nous réfléchions à d'autres types de relations, je vous les ai décrits, notamment des mesures de protection. Est-ce que vaut mieux

20:03
Invité

un accord que pas d'accord ? Parce que s'il n'y a pas d'accord, mesures de rétorsion on rentre dans une guerre commerciale qui vaut mieux un accord.

20:09
Locuteur non identifié

Il faut toujours un accord. Mais ce que je suis en train de dire, c'est que ni vous ni moi, à ce stade, on peut gloser sur de quel type d'accord on parle. Je ne sais pas. Si ça se trouve, il y a tel ou tel secteur industriel, tel ou tel secteur agricole qui va être sacrifié. Si ça se trouve, c'est nous, les Français, qui allons être les victimes de tout ça. Moi, je n'en sais rien. Donc je ne vais pas dire, je souhaite qu'un potentiel accord soit trouvé. Mais quand même un accord serait trouvé, il ne réglera pas qu'il faut en finir avec le grand déménagement de la planète.

L'idée qui était celle de l'Organisation mondiale du commerce, qu'on produit à tel endroit à telle chose, on fait ça et que tout ça se déplace, tout ça participe au dérèglement du climat. C'est une autre logique qu'il faut mettre en place. Un protectionnisme fraternel, solidaire, c'est ça qu'il faut faire. Revenons en France

20:47
Alexis Corbière

parce qu'on est en pleine négociation sur le futur budget et il y a des annonces ou en tout cas des pistes qui font beaucoup réagir. C'est celle notamment sur la santé. Frédéric Delpech.

20:58
Invité

Alors, vous êtes député, vous allez vous prononcer sur le budget et la sécurité sociale. Catherine Votrin. Parce qu'il y a des 43 jusqu'à présent. Vous aurez quand même un débat. Catherine Votrin, donc la ministre de la Santé, propose un certain nombre de pistes qui déjà font polémique. Notamment concernant la limitation des arrêts maladie. Limiter par exemple à 15 jours les arrêts maladie prescrits par des médecins de ville, c'est une des pistes posées sur la table. Il y a également la possibilité de transférer 7 jours de carence aux entreprises qui les paieraient à la place de la sécurité sociale. Est-ce que ces pistes vous paraissent pistes d'économie ?

Il faut le dire clairement, vous paraissent aller dans le bon sens.

21:36
Locuteur non identifié

Non. Alors déjà, cette idée, on va en parler, 44 milliards supplémentaires après 34 milliards qui ont eu lieu dans le budget précédent de réduction des dépenses publiques aura un effet récessif, va détruire nos services publics, les affaiblir fortement, c'est très mauvais, on y reviendra. Deuxièmement, c'est quand même inacceptable que Mme Votrin nous annonce que le secteur dans lequel on va faire des économies c'est celui de la santé. Nous sommes un pays qui vieillit.

Ce qui permet de vivre de plus en plus vieux et c'est tant mieux, c'est le fait que notamment nous avons un pays qui est un des meilleurs dans l'accès aux soins mais qui est de plus en plus mis en difficulté parce que nos hôpitaux publics, nos personnels hospitalisés sont en grande tension. Avec de plus en plus dans les maladies aussi. Alors, pourquoi y a-t-il, il y a deux écoles ?

22:15
Alexis Corbière

Regardez, regardez Alexis Corbière, non mais parce que vous avez raison, pour rationaliser le débat, Eric Delpèche, justement, la Cour des comptes, je ne sais pas si on peut voir cette image, nous dit qu'il y avait 12 milliards d'euros pour les arrêts maladies en 2022, que ça a augmenté de 56%. Est-ce que vous dites que quand même, il y a des endroits là-dessus, on peut faire des économies ?

22:35
Locuteur non identifié

Peut-être faire des économies mais il y a deux écoles. Si on voit ce chiffre et on dit c'est aujourd'hui qu'il y a de la fraude et il faut s'en prendre. Soit on dit aussi que les Français vont de plus en plus mal parce que nous démontrent toutes les études. Souffrance au travail, crise psychologique, notamment dans la jeunesse. Donc, ce chiffre, si ça se trouve, il est seulement la démonstration qu'il faudrait peut-être en finir avec la souffrance au travail, en finir avec la pression qui a lieu. Voilà. Moi, je ne connais pas, peut-être que vous en connaissez globalement, des gens, quand ils s'arrêtent, ce n'est pas par plaisir, parce qu'ils sont fatigués.

En plus, pour s'arrêter, on ne décide pas tout seul. C'est les médecins. Ça veut dire que les médecins trichent ? Moi, je ne suis pas convaincu.

23:10
Alexis Corbière

Elle veut durcir là-dessus aussi. Pardon ? Elle veut durcir là-dessus aussi. Elle dit par exemple la médecine de ville, il faut que ce soit des arrêts plus courts. D'accord.

23:15
Locuteur non identifié

Alors, on fait un point sur la médecine du travail. Il y a très peu de médecine du travail. Elle a été affaiblie. Moi, si on me dit qu'il y a de la médecine du travail qui a plus de moyens, que quand vous avez un problème, éventuellement, si vous êtes arrêté, il y a une vérification à la maison. Je n'ai pas de problème. Maintenant, il y en a de moins en moins parce qu'effectivement, on a un affaiblissement du service public. Qui c'est qui va vérifier ? C'est pour ça que j'ai du mal à suivre. Elle dit au bout de 15 jours, qu'est-ce qui va se passer ? Si je prends cet exemple. Madame Vautrin dit au bout de 15 jours... On limite à 15 jours les arrêts maladies prescrits par un médecin de ville.

J'espère que... Ça ne veut pas dire qu'on limite. J'espère qu'au bout de 15 jours, s'il y a des raisons médicales, le médecin... Ah oui, après, il faut ir à l'hôpital, il faut ir à l'hôpital. C'est un effet d'annonce. Mais pas d'arrêt prescrit de très longue durée immédiatement.

23:53
Invité

Vous êtes d'accord ?

23:53
Locuteur non identifié

Donc, au bout de 15 jours... Ce n'est pas que je suis d'accord. Je demande à ce que techniquement de quoi on parle. Si au bout de 15 jours, il ne s'agit que le même médecin qui a prescrit un mois mais qui dit je vous mets 15 jours, ce sera le même qui validera sans doute sa décision médicale et qui reconduira l'arrêt maladie à un mois. Vous comprenez ce que je veux dire ? Maintenant, ce que nous disent beaucoup de spécialistes, c'est que dans la mesure où il y a des déserts médicaux, qu'il n'y a plus de médecine du travail, techniquement, ça va fonctionner comment une fois qu'elle a fait son effet d'annonce, son truc ? C'est assez vague, en vérité.

Et ce que je n'aime pas, c'est que ça crée une petite musique qui consiste...

24:23
Alexis Corbière

Pour le coup, s'il y a 7 jours de carence, c'est un effet mécanique qui est que l'assurance maladie fera moins.

24:27
Locuteur non identifié

Alors ça, c'est inacceptable. Mais ça, c'est inacceptable. 7 jours de carence... Même si c'est l'employeur qui paye ? Mais il y a des endroits où pour les employeurs, c'est une grande difficulté. Que les choses soient claires. Moi, je veux aborder les choses sur la question des principes. Les gens ne sont pas plus aujourd'hui malades parce qu'ils sont feignants. S'ils sont malades, c'est parce qu'on a un pays qui met sous tension ceux qui travaillent et on a une jeunesse en particulier qui est face à des troubles notamment psychiatriques ou psychologiques et qu'on a de moins en moins de médecine scolaire. Non, mais c'est important.

Donc, tout ce travail de prévention, si je puis dire, d'environnement médical est en recul et on a eu tout le débat d'ailleurs il n'y a pas longtemps. Mais ça, ce n'est pas des pistes d'économie.

25:07
Invité

Mais est-ce qu'... C'est ça, l'objectif, c'est quand même des économies

25:11
Locuteur non identifié

dans le budget de la sécurité sociale. Je vais être honnête avec vous. Faut-il faire des économies sur le terrain de la santé ? On va se parler cash. Est-ce que c'est le secteur ? Non, mais je dis, alors que vous avez 211 milliards, le rapport du Sénat nous dit, d'aides publiques aux entreprises sans conditions, donc là, on n'y touche pas, c'est-à-dire on a baissé la fiscalité. Ça, on n'y touche pas. Et le secteur sur lequel on dit aux Français qu'on va faire des économies, c'est la santé. Alors bien sûr, on va prendre l'exemple. Je sais faire.

25:35
Alexis Corbière

On parle de 44 milliards d'économies

25:37
Locuteur non identifié

et de quelques milliards sur la santé. On va trouver un exemple d'un tricheur. On va dire, regardez, lui, c'est un tricheur. Très bien. Même si je répète qu'en vérité, ce n'est pas tellement les gens. Il y a aussi de la fraude des médecins, parfois certains, qui profitent en prescrivant des médicaments qu'ils ne devraient pas parce que l'industrie pharmaceutique les pousse à prescrire certains médicaments. Mais globalement, je ne veux pas être caricatural, mais globalement, le problème des dépenses de santé n'est pas une triche, ce n'est pas une fraude. C'est que les Français ont besoin d'être soignés.

Et souvent, ce qu'on observe, c'est que comme ils ne prennent pas des petits arrêts maladie, ils se mettent en situation de santé difficile où quand ils prennent un arrêt maladie, il est plus long. Tous ceux qui sont des spécialistes vous le disent, il vaut mieux prendre un petit arrêt maladie de 24-48 heures qu'ils vous ont construit que de dire je ne vais pas prendre mon arrêt maladie parce que je vais subir un jour de 40, je vais perdre une jeune salaire. Et là, votre corps, il lâche. Et là, d'un seul coup, pour l'entreprise, ce n'est pas bon que la personne aille une semaine ou 15 jours.

S'il faut résumer mon propos parce que je vous vaux attendre la main, je dis que ça n'aide pas sur le secteur de la santé que nous devons faire des économies. Est-ce qu'il faut faire

26:35
Alexis Corbière

des économies tout court ? Est-ce que les 44 milliards d'euros d'économies, l'objectif, vous êtes d'accord ?

26:40
Locuteur non identifié

Ben non, évidemment. Il ne faut pas faire d'économies. Non, mais ce qu'il faut, c'est renflouer les recettes de l'État. Ce qui nous coûte cher, ce qui a creusé la dette, ce qui a augmenté de 10 points de PIB, le fait qu'aujourd'hui, nous soyons endettés. C'est que nous avons modifié notre législation fiscale, notamment depuis 2017, et qu'il y a moins de rentrées d'argent. Je vous l'ai dit tout à l'heure, le chiffre. C'est un chiffre qui est validé notamment par un rapport sénatorial, mais qui est validé par d'autres organismes.

Nous avons aujourd'hui, chaque année, c'est votre argent, c'est aussi le mien, 211 milliards d'argent public aujourd'hui qui sont donnés aux entreprises et on ne le conditionne pas sur le plan social. Donc on creuse la dette de l'État, on lui donne moins de moyens, mais les dépenses n'ont pas augmenté. Les dépenses publiques, tous les prélèvements obligatoires aujourd'hui, ils ont baissé, mais les dépenses, on ne dépense pas plus. La courbe augmente aussi. Mais non, non.

27:30
Alexis Corbière

Elle augmente dans quoi ? Dans quel secteur ?

27:32
Locuteur non identifié

Si vous dites que c'est uniquement dû au fait mécanique que vous avez notamment dans la fonction publique qui vieillit, qu'il faut payer les salaires et que ça crée une augmentation, oui, parce que vous n'êtes quand même pas pour, je dis vous, je vous interpelle, mais vous n'êtes pas pour que les fonctionnaires voient leurs salaires bloqués. Ils ont quand même le droit, eux, au moins, ils ne suivent même pas l'inflation, ils perdent du pouvoir d'achat. Donc mécaniquement, ça peut augmenter les budgets.

27:56
Invité

Si on vous comprend bien, même la fameuse année blanche, c'est-à-dire le gel des prestations sociales, le gel des retraites, ça, vous dites, ce n'est pas possible, on ne peut pas une année geler un certain nombre de prestations.

28:08
Locuteur non identifié

M. Delpeche, une année blanche en fonction de l'inflation, c'est une année noire, en réalité, c'est une année de baisse. Je répète que ça n'est pas sur le terrain social. On a aujourd'hui 15,4% de la population qui vit sous le seuil de pauvreté. Ce n'est pas sur ce terrain-là qu'il faut faire des économies. Ce n'est pas sur le terrain médical quand on a un pays qui vieillit et qui a besoin que nos concitoyens, notamment, qui vieillissent et ces mécaniques ont besoin d'un accompagnement médical. Ce n'est pas sur ce terrain-là qu'il faut faire des économies.

Par contre, le fait qu'il y ait une explosion de la concentration de richesse, comme on n'a jamais vu, qu'il y ait de l'argent public gaspillé pour que, notamment, la part de dividendes dans les grandes entreprises soit de plus en plus importante, ça, il faut, aujourd'hui, réorganiser les choses. Il y a la taxe Zuckman qui existe, que les 1 600 ou 1 800 plus riches, s'ils payent les mêmes impôts que tout le monde, ça peut faire 20 milliards de recettes. Là, c'est des pistes intéressantes.

28:52
Alexis Corbière

On va en reparler, Alexis Corbière, de ce budget qui décidément fait débat dans la classe politique française. On se retrouve dans trois petites minutes pour l'événement du dimanche. L'événement du dimanche avec, aujourd'hui, Alexis Corbière, ancien député insoumis, député de Seine-Saint-Denis. Vous siégez, aujourd'hui, aux côtés des écologistes et vous avez cofondé votre mouvement l'après. Vous nous disiez, il y a quelques instants, tout le mal que vous pensiez du budget de François Bayrou.

Est-ce que, néanmoins, vous pensez, comme les socialistes, par exemple, qu'il faut essayer de négocier avec François Bayrou pour, d'une part, éviter le blocage et ensuite, essayer de faire avancer vos idées ou vous dites censure quoi qu'il arrive ?

29:28
Locuteur non identifié

Vu la brutalité avec laquelle il annonce ces choses, je pense que ça mérite une censure, évidemment. Après, s'il recule, il faut toujours être preneur. Vous voyez, par exemple, durant la petite pause, je reviens à ce que j'ai dit tout à l'heure, il y a un milliard peut-être de fraude aux prestations notamment médicales, mais il y a 21 milliards de fraude fiscale. Vous voyez, donc là où il faut faire des économies, ce n'est pas sur ce secteur-là. La philosophie de ce budget est de considérer que c'est notamment aux services publics, à l'école. Vous savez, là, on est en vacances, mais en septembre, on fera la rentrée. M.

Bayrou a annoncé 3 000 suppressions de postes dans la fonction publique, un poste sur trois qui ne sera pas renouvelé. On a à peu près 700 000 fonctionnaires de l'éducation nationale. C'est là-dedans que ça va taper le plus fort, si je peux me permettre l'expression, du fait que lorsque des professeurs qui partent sur la retraite, ils ne seront pas remplacés d'un cas sur trois. Donc ça veut dire une baisse, là aussi, des moyens d'encadrement, ça veut dire une augmentation du nombre d'élèves par classe, ça veut dire une dégradation de notre école publique et je pourrais parler de l'hôpital public.

Tout ça, un homme comme moi qui pense que le service public c'est le bras armé de la République, c'est ce qui permet de lutter contre les inégalités qui se creusent, c'est ce qui permet que quelle que soit votre situation sociale, l'école vous permet de vous élever, l'hôpital vous permet de vous soigner. Je suis contre ce budget qui ne touche pas les plus puissants, qui ne touche pas ceux qui profitent de la politique de Macron depuis 2017, mais qui à l'inverse veut s'en prendre. Je ne sais pas, vous avez une maman, un papa, vous avez des gens malades, moi je n'accepte pas l'idée qu'ils vont payer plus cher

30:51
Alexis Corbière

les médicaments. Vous vous dites le moyen pour éviter ça c'est la censure ?

30:54
Locuteur non identifié

Non, alors je dis d'abord que les choses soient claires parce que ceux qui m'écoutent sur LCI sont une chaîne précise qu'il faudrait avoir une autre politique de recette pour lutter contre le difficile. Deuxièmement, à l'heure où nous parlons, M. Bérou, il y a un côté sacrificiel dans son propos. En gros, je suis un homme qui dit la vérité, j'annonce 44 milliards, j'ai du mal à croire qu'on va lui réussir à lui imposer un autre budget. Je félicite tous les collègues parlementaires, vous me dites que les socialistes sont dans cette démarche, qui peut-être pourront obtenir un budget meilleur. On verra. Mais si M.

Bérou m'entend, le budget qu'il a annoncé l'autre jour mérite évidemment d'être censuré et que son gouvernement tombe. De toute manière,

31:30
Invité

ce gouvernement est minoritaire à l'Assemblée. Vous démarquez donc parce que la France Insoumise, on les a entendus, eux, ils seraient plutôt favorables à une censure immédiate dès la rentrée parlementaire. Pas la peine de discuter, le budget ne nous convient pas. On censure tout de suite, François Bayrou. Vous vous dites non, il faut peut-être engager des négociations comme le Parti Socialiste pourrait le faire et peut-être essayer d'obtenir des aménagements du budget et donc la censure vous préférez attendre... Vous me tirez vers la droite

31:55
Locuteur non identifié

si je puis dire mais après tout... Non, ce que je veux dire c'est que...

31:57
Invité

Vous voulez une censure tout de suite à la rentrée

31:58
Locuteur non identifié

ou vous pouvez attendre un peu ? Je suis un homme d'unité du nouveau Front Populaire. Évitons d'un côté comme de l'autre, là je ne parle pas de vous mais à mes amis du NFP d'être dans des postures.

32:07
Alexis Corbière

Ils sont vectifs entre eux.

32:09
Locuteur non identifié

Oui, mais moi je suis contre ça. J'observe que le Parti communiste, les écologistes, la France Insoumise, le PS, tous disent non à ce budget, tous, tout le monde dit censure. Dans ce cadre-là, après il y a... Comme le livre 50 nuances de gris, il y a 50 nuances de censure. Il y a ceux qui disent nous on censure immédiatement les Insoumis. De toute façon, la rentrée parlementaire est en le 20 septembre. Ils peuvent dire ce qu'ils veulent avant le 20 septembre. On ne pourra pas censurer. Et donc censure. Et ensuite ? Quelle se passe ?

32:32
Alexis Corbière

En solution ? Nouveau gouvernement ? Nouveau Premier ministre ? Mais je vous rappelle que la... Enfin si c'est Sébastien Lecornu ou je ne sais pas qui d'autre, ça vous changera vos affaires.

32:37
Locuteur non identifié

Je vous rappelle que la coalition qui est arrivée en tête, c'est celle du nouveau Front Populaire.

32:41
Alexis Corbière

Donc vous pensez qu'Emmanuel Macron peut nommer le nouveau Front Populaire ? Il n'a pas l'air de...

32:44
Locuteur non identifié

Et pourquoi il ne le fait pas ? Je ne sais pas, mais il n'a pas l'air de vouloir y aller. Il n'y a pas de majorité pour... Non mais en France, ce n'est pas Emmanuel Macron. Et là, c'est en Ve République qui choisit.

32:52
Alexis Corbière

En fait, la Ve République fait que c'est le président qui nomme. On peut le regretter, mais c'est un autre débat.

32:56
Locuteur non identifié

La Ve République, c'est un des éléments de la crise. Ces institutions rendent fous. Un homme seul décide de ne pas respecter les élections de l'année dernière. Je vais à l'essentiel de ce que je dis. Moi, je ne crains rien. S'il y a de nouvelles élections, il y aura de nouvelles élections.

33:06
Alexis Corbière

D'accord ? Donc dissolution, ça ne vous fait pas peur ?

33:08
Locuteur non identifié

Je veux dire, moi, je suis un démocrate. Je serai battu, élu, j'en sais rien. On se battra. Maintenant, je pense une chose. C'est qu'en attendant, et c'est quand même fou de se dire qu'on est suspendu à la décision d'Emmanuel Macron, qui, à mon avis, aura peur de dissoudre parce qu'il se reprendra une nouvelle défaite électorale, dans le cadre de cette assemblée un peu mal fichue dans lequel il n'y a pas de majorité. J'observe que la coalition qui est la plus importante qui est arrivée en tête, c'est le nouveau fond populaire. En toute logique, cohérence, minimum de respect démocratique, Emmanuel Macron devrait se tourner vers nous et dire, nommer un nouveau gouvernement.

Lucie Casté, toujours prête un an après, pour être notamment première ministre, elle faisait l'unanimité. Vous y croyez encore ? Mais, je veux dire, j'y crois pas plus, mais j'y crois. C'est toujours votre candidat. Mais c'est tout aussi réaliste. Enfin, c'est beaucoup plus réaliste que Sébastien Lecornu. Sébastien Lecornu, c'est comme si j'arrête Pepsi et maintenant je vais mettre à Coca. Mais ça revient au même. Beyrou, Lecornu, c'est le même produit. Si c'est l'étiquette qui change, il aura le même périmètre politique à moins d'imaginer que M. Lecornu passe un accord avec le rapport à l'Ontario.

34:03
Alexis Corbière

Celui Casté n'aurait pas non plus de majorité. Il aurait aurait le même problème.

34:07
Locuteur non identifié

Non, parce qu'il ferait mieux que ces gouvernements qui se succèdent les uns aux autres, qui répètent et durcissent la même politique depuis 2017 et qui sont, pardon, mais j'ai l'air bête en disant ça, minoritaires dans le pays. François Beyrou, le modem, c'est quoi ? C'est 10%, c'est un petit groupe de députés. Pourquoi il exerce le pouvoir ?

34:24
Invité

Vous faites un peu un constat d'échec de la motion de censure finalement puisque vous dites qu'on risque d'avoir à peu près la même chose que François Beyrou et puis vous plaidez toujours pour l'icicaster tout en sachant qu'Emmanuel Macron ne la nommera pas. Elle sert à quoi ? Elle sert à quoi la motion de censure finalement ?

34:39
Locuteur non identifié

Je veux dire, vous avez quelqu'un qui... Frédéric Delpech, un homme arrive avec un bâton et il va vous frapper. La première des choses, c'est de le retenir, non ? Parce que moi, je vous aime bien, je n'ai pas envie que vous soyez frappés. Un François Beyrou fait un discours en disant je vais mettre une purge de 44 milliards. Il faut le stopper et la manière de le stopper en démocratie, en République, c'est de voter la motion de censure. Petit un, je ne dis pas que ça fait une politique, je dis que c'est d'abord un acte de protection, un acte de salubrité publique.

35:03
Alexis Corbière

Est-ce que vous croyez à une mobilisation populaire contre ce budget ? Je reprends une expression de mon ami François Rousseau. Sophie Binet, la patronne de la CGT appelle à se mobiliser à la rentrée, mais il n'y a pas que ça. Il y a aussi, on voit pointe sur les réseaux sociaux, des mouvements parfois proches des anciens gilets jaunes. Certains viennent d'extrême droite d'ailleurs aussi qui veulent appeler le... Pardon, je ne vais pas faire le micro. C'est pas le matériel. Qui veulent appeler à bloquer le pays le 10 septembre. Est-ce que vous croyez, vous, à un retour des gilets jaunes

35:28
Locuteur non identifié

par exemple ? Alors, je le crois. Déjà, moi, je souhaite qu'il y ait une mobilisation. Je vole une expression à mon ami François Ruffin. Il avait dit qu'il faut aussi une censure populaire. Ce qui aiderait à créer une ambiance de travail, c'est qu'il y ait des mobilisations sociales. La CGT appelle à des mobilisations. Moi, je suis un ancien enseignant. J'ai vu que la FSU, aussi le syndicat enseignant, y appelle. Vous évoquez des mouvements, comment dirais-je, bouillonnants, type gilets jaunes. Il n'y a pas que de l'extrême droite, mais bon, qu'est-ce que ça veut dire ? Moi, ce que je crois...

Après, je ne vous dis pas que ça arrivera parce que par définition, les Mme Irma, ça ne se passe pas comme ça en politique. Mais toutes les conditions sont réunies dans ce pays qui est un état de grande ébullition. On est un pays qui a la passion de l'égalité et qui observe qu'il y a des politiques de plus en plus injustes. Les conditions sont là pour une forte mobilisation. Maintenant, je vais dire une dernière chose plus grave.

C'est que si rien n'est organisé pour que cette tension se passe de manière démocratique et apaisée, c'est-à-dire qu'on respecte les urnes, et que vous avez une volonté d'un gouvernement, d'institutions qui veulent brutaliser le peuple, alors on risque d'avoir une situation de tension, voire même de brutalisation du pays. Ce que je ne souhaite pas. Donc organisons une manière pacifique de régler nos problèmes. Justice sociale, partage des richesses, plutôt que cette manière brutale.

36:37
Alexis Corbière

Vous avez assuré la transition avec le prochain sujet puisqu'on parle de mobilisation. Il y en a une aussi qui est contre la loi Duplon. Regardez, le dernier compteur que les équipes d'LCI ont noté sur le site de l'Assemblée nationale, on est presque à 2 millions de 1,980,000 signatures

36:51
Locuteur non identifié

contre la loi Duplon. S'il y a 20,000 personnes

36:53
Invité

qui nous regardent, qui n'ont toujours pas signé, allez-y. Vous les appelez à signer mais pourquoi au final ? Le gouvernement a dit et d'ailleurs également un certain nombre de responsables de la majorité ok on va faire un débat à la rentrée comme le veut la loi à partir du moment où il y a 500,000 signatures on fait le débat mais sans vote. Donc est-ce que c'est vraiment la seule issue que vous souhaitez ? Un débat sans vote à l'Assemblée ? Il faut aller encore un peu plus loin.

37:16
Locuteur non identifié

Je lance un appel solennel et je sais qu'il nous écoute. À Emmanuel Macron pour le dire monsieur le président de la République vous pouvez utiliser l'article 10 de la Constitution linéa 2 pour demander une deuxième délibération à l'Assemblée nationale qui elle sera sanctionnée par un vote. Ce que je veux dire par là c'est que de deux choses l'une vous avez raison de pointer que je pense que les 2 millions de personnes et d'ici notre fin de discussion on sera 2 millions qui ont signé ne souhaitent pas uniquement un bavardage une journée ou deux à l'Assemblée sans vote ça frustrera beaucoup de gens.

37:42
Invité

On a pu le pouvoir d'Emmanuel Macron finalement

37:44
Locuteur non identifié

alors que parfois vous dites ça fait partie vous reconnaissez presque

37:49
Alexis Corbière

un veto présidentiel finalement.

37:50
Locuteur non identifié

Non alors le veto présidentiel ce serait de lui demander qu'il ne promulgue pas la loi. Là je lui dis tout simplement d'utiliser ce qui est dans la Constitution mais évidemment je suis face à une contradiction cher Frédéric Delpech c'est la vie mais n'empêche que c'est la 5ème République et je lui dis il peut demander cette nouvelle délibération. Je ne veux pas être trop technique et je vais vite. Pourquoi aussi il y a eu ce scandale ?

C'est non seulement la loi est scandaleuse mais en danger ce qu'on produit mais en danger les agriculteurs eux-mêmes d'ailleurs par des produits dangereux en réintroduisant des produits qui sont tous ces produits phytosanitaires néonicotinoïdes qui sont dangereux mais il n'y a pas eu de débat à l'Assemblée Nationale et je suis persuadé qu'on aurait fait un débat pendant une semaine. Vous auriez invité sur les plateaux télé des spécialistes et les Français auraient dit mais qu'est-ce que c'est que cette loi ?

Et ça aurait exercé une pression notamment sur les députés macronistes qui n'auraient pas voté cette loi parce que nos concitoyens qui sont déjà intelligents leur auraient dit mais ne réintroduisez pas des produits dangereux.

38:41
Alexis Corbière

Alexis Corbière vous avez sans doute vu cette nouvelle prison qui a annoncé Gérald Darmanin en tout cas il a annoncé plusieurs transferts cette semaine de détenus jugés parmi les plus dangereux Mohamed Hamra notamment a été transféré dans cette prison ultra sécurisée nous dit-on de j'ai plus le nom de la ville Vendant-le-Ville voilà merci beaucoup est-ce que vous trouvez que c'est une bonne solution de mettre tous les détenus les plus dangereux au même endroit avec des conditions très très dures c'est-à-dire on les empêche de communiquer on met des drones des brouilleurs les avocats se plaignent et disent que la communication et les conditions de rétention sont très compliquées est-ce que vous comprenez ce qu'ils disent et le ministre notamment qui dit on a besoin de ça pour endiguer le narcotrafic

39:20
Locuteur non identifié

alors qu'il faille empêcher qu'au sein des prisons se développe l'activité des narcotrafiquants ça je suis d'accord il ne fallait pas que des gens malfaisants continuent d'agir au sein de leur prison par contre c'est l'espèce d'effet d'annonce d'effet de communication qui consiste à recréer des espèces d'alcatrace à la française c'est-à-dire d'un bagne extrêmement brutal dans lequel même les droits de l'homme même la pire des personnes à droit même un trafiquant qui vend des produits qui tue nos enfants et qui sont dangereux autant je suis pour l'empêcher de continuer à avoir une activité tournée vers l'extérieur autant je pense que c'est un être humain et il n'y a pas à créer des conditions qui ne sortent pas qui ne fréquentent personne etc.

et que son état psychologique soit dégradé donc je suis méfiant sur ces effets d'annonce ministérielle qui souvent cachent une forme d'impuissance c'est quoi l'impuissance ? c'est que notre police a besoin de moyens pour pouvoir travailler au sel le narcotrafic pour que les policiers puissent travailler il faut leur donner des moyens ce qu'ils n'ont pas et on fait des effets de rhodomontade assez à mon avis je ne suis pas sûr de leur efficacité et il semble clair que des droits fondamentaux quel que soit l'antipathie qu'on peut avoir pour les gens qui sont concernés ne sont pas respectés ce qui n'est pas tolérable

40:30
Alexis Corbière

alors quand Gérald Darmanin est dans l'actualité il y a souvent Bruno Retailleau aussi je vous propose d'écouter ce qu'il disait cette semaine il y a eu plusieurs nuits de violence dans plusieurs villes la semaine dernière notamment à Limoges et regardez ce que disait Bruno Retailleau le ministre de l'Intérieur

40:44
Invité

d'un côté la France des héros et je vais vous dire de façon brute de l'autre côté la France des salauds Alors la France des salauds Bruno Retailleau on le sait a des formules un peu chocs mais visiblement ça plaît à l'opinion et la cote de popularité de Bruno Retailleau continue de progresser est-ce que pour vous il a la légitimité pour s'exprimer de cette façon ou est-ce que en qualité de ministre il serait tenu à un devoir plutôt de prudence de discrétion

41:21
Locuteur non identifié

d'abord LR est en partie en crise que momentanément il a repris la présidence vous dites ça plaît dans les études d'opinion ça plaît à l'électorat aussi droite et reine mais je ne suis pas sûr que dans le coeur 43%

41:34
Alexis Corbière

ça c'est la popularité

41:36
Locuteur non identifié

oui voilà donc ça correspond à ce qu'est aujourd'hui la mouvance droite dure extrême droite mais qu'importe surtout ce que fait Bruno Retailleau c'est que face à une impuissance en réalité sur le terrain parce qu'il accompagne les politiques d'affaiblissement de services publics c'est-à-dire que moins de moyens pour la justice moins de moyens pour la police ou du moins légère augmentation qui ne règle pas ça augmente sur la police très faiblement en vérité vous savez contrairement à ce qui se dit les vrais défenseurs de la police nationale c'est des gens comme moi qui veulent qu'ils puissent travailler dans des conditions correctes parce qu'ils ont subi des politiques notamment par le passé sous l'impulsion de Nicolas Sarkozy

42:10
Alexis Corbière

sur le fond il a raison

42:11
Locuteur non identifié

de parler comme ça il est extrêmement violent verbalement pour cacher souvent que son bilan il ne se passe rien de nouveau véritablement mais il occupe l'espace donc les barbares maintenant c'est les salauds etc je vais vous dire un chiffre notamment quand on parle de la jeunesse et de la violence dans la jeunesse est-ce que vous savez qu'il y a aujourd'hui 4211 jeunes dans ce pays où il y a une décision de justice pour qu'ils soient suivis notamment par la protection judiciaire de la jeunesse ou les SPIP dans lequel par absence de moyens il y a 4211 jeunes qui n'ont aucun suivi judiciaire ce que je suis en train de vous dire c'est que plutôt que de traiter tout le monde de salauds est-ce qu'ils pourraient donner les moyens pour que des jeunes qui ont été considérés comme dangereux dans lequel des mesures de justice ont été prises n'ont aucun suivi judiciaire c'est parce que ça c'est très concret je suis élu de Saint-Saint-Denis il y a selon les ordonnations syndicales de la PJ 350 jeunes où il y a eu une décision de justice pour dire qu'il y a un suivi notamment par un éducateur dans lequel il n'y a rien donc il fait de l'agitation sabre de bois retenez moi où je fais un malheur mais il accompagne le fait qu'on affaiblit la justice en particulier la justice des mineurs parce qu'un jeune mineur violent c'est quelqu'un dans lequel il y a des dispositifs particuliers et après il vient il n'est pas ministre de la justice en l'occurrence non mais d'abord oui alors ça je vais dire en mots alors là j'ai vu ce petit pas de deux on connaissait la politique de soutien sans participation au gouvernement lui c'est la participation sans soutien lui il est au gouvernement mais il ne le soutient pas complètement lui il est au gouvernement mais il dit que Macron c'est fini le macronisme il prend ses distances bon tous ces gens là au moins vous allez être d'accord là dessus non mais tous ces gens là sont mobilés par une chose c'est le présidentialisme en fait Bruno Rotaio est en campagne présidentielle ça devrait quasiment

43:43
Alexis Corbière

oui mais bien sûr mais est-ce que ça ne vous arrange pas quelque part d'avoir ce retour un peu du clivage gauche droite ça veut dire vous d'un côté Rotaio de l'autre est-ce que ça vous vous n'êtes pas au moins d'accord avec lui sur le côté le macronisme c'est fini

43:54
Locuteur non identifié

oui mais vous savez tous ces partis tous ces mouvements très personnalistes de toute manière ne survivront pas à leur fondateur d'une manière générale d'ailleurs droite comme gauche mais ce que je veux dire c'est que moi je pense que Bruno Rotaio ça ne marchera pas c'est mon analyse je pense que Bruno Rotaio c'est un Zemmour parce qu'il dit exactement la même chose que le rassemblement national il y a un effet bulle puis à l'arrivée ça ne marche pas pardon ?

sur l'économie voilà bon donc c'est-à-dire que même le rassemblement national qui avait un soutien populaire parce qu'il essaye de parler qui est un classique de l'extrême droite lui mais pas ailleurs quand je lui dis que c'est Éric Zemmour Éric Zemmour était un très libéral sur les questions économiques on a vu le résultat il était soi-disant au second tour à l'élection présidentielle Éric Zemmour il a fini autour de 5% mais moi ce qui m'intéresse c'est que si la droite est très divisée parce que c'est ça qui m'intéresse il y a plusieurs candidats de droite c'est-à-dire que le ticket d'entrée pardon l'expression triviale pour être au second tour sera peut-être plus bas donc ça veut dire que si la gauche elle est unie on peut l'emporter

44:49
Alexis Corbière

on va en parler mais regardez d'abord ce que dit toujours Bruno Retailleau sur vos anciens camarades de la France Insoumise il dit LFI est la première et la pire menace politique aujourd'hui c'est-à-dire que lui il considère pratiquement qu'il faut un front disons républicain ou un front anti-LFI plus qu'un front contre l'extrême droite est-ce que vous comprenez cette véhémence vis-à-vis de vos anciens camarades que vous-même vous avez critiqué

45:10
Locuteur non identifié

non mais le retaillisme je veux dire il dit tout et n'importe quoi et c'est même à ça qu'on le reconnaît c'est presque un hommage à la France Insoumise mais surtout ce qu'il faut entendre en creux quand il dit la première menace ça veut dire que le rassemblement national pour lui est moins dangereux que la LFI et ça veut dire qu'au nom du front contre la France Insoumise il fera alliance avec le rassemblement national il donne du crédit à Jean-Luc Mélenchon en faisant ça à Bruno Retailleau bien sûr c'est un jeu de miroir parce qu'il le désigne comme principal adversaire et on parle que de ça ça leur va très bien cette diabolisation mais surtout qu'est-ce que ça veut dire je le répète quand il dit ça ce qu'il dit en creux et quasiment même en plus c'est qu'on peut s'allier avec le rassemblement national pour faire obstacle à la France Insoumise il projette une alliance pour vous Bruno Retailleau il projette une alliance avec le rassemblement national au moins idéologiquement il dit pour la même chose vous avez évoqué le fait qu'il est moins social mais enfin on a suivi le débat Bardella qui est plus proche c'est l'union des droites qu'est-ce que c'est qui est en train de se passer ?

il n'a jamais officiellement

46:08
Alexis Corbière

prôné pour ça il faut préciser

46:09
Locuteur non identifié

à ce stade il le fait de manière d'abord vous savez en politique il y a d'abord des batailles idéologiques et culturelles on remporte d'abord des batailles idéologiques avant de remporter des victoires électorales ce qui est en train de se passer quand vous avez monsieur Bardella et madame Marion Maréchal Le Pen qui est reçu en Israël par des gens d'extrême droite pour aller à Ad Vashem banaliser l'extrême droite pour aller vers une alliance avec eux et c'est ce que fait monsieur Rotaillot il parle comme elle la sécurité est le premier des problèmes il ne parle quasiment pas social où il serait encore plus dur que le gouvernement actuel bon moi je pense que quelle conclusion il faut tirer que nous on doit s'unir pour créer les conditions justement

46:48
Alexis Corbière

parce qu'on va mettre si vous voulez bien de côté une minute Bruno Rotaillot parce que s'il dit ça c'est parce qu'il y a aussi un écho dans la société il y a beaucoup de gens dans la société qui ne sont pas forcément de droite radicale ou d'extrême droite qui en effet sont sensibles à ce discours parce qu'ils ont peur de la France insoumise ils pensent que c'est une menace est-ce que vous qui avez bien connu ce parti puis qui avez pris vos distances non non non mais c'est important vous parlez de l'union de la gauche on peut quand même savoir à qui on a affaire est-ce que vous comprenez ces critiques sur Jean-Luc Mélenchon certains l'accusent de communautarisme d'autres disent par exemple sur l'antisémitisme il n'a pas toujours été en pointe on se souvient notamment qu'il a dit que l'antisémitisme était marginal en France est-ce que vous comprenez que ça ça heurte et que ça choque et ça fait que certains ont peur aujourd'hui de la gauche

47:27
Locuteur non identifié

non mais il ne faut pas avoir peur de la gauche moi je suis pour le nouveau front populaire le nouveau front populaire est une alliance dans laquelle il y a la France insoumise il y a les électeurs de la France insoumise il y a même la direction si vous voulez de la France insoumise il faut qu'on arrête ce que vous évoquez tout à l'heure la polémique les petites phrases entre les... ah mais là je vous parle de fond l'antisémitisme est marginal en France c'est une phrase vous me parlez du fait qu'un homme de droite extrême n'aime pas non on a dit

47:50
Alexis Corbière

qu'on parlait plus de la droite extrême je vous parle du fond de Jean-Luc Mélenchon regardez les sondages d'opinion pas que à l'extrême droite

47:56
Locuteur non identifié

ce à quoi je m'emploie si des gens ont peur de Jean-Luc Mélenchon je suis pour que la gauche entre guillemets fasse moins peur je ne sais pas si c'est possible vis-à-vis des gens d'extrême droite qui ont toujours peur de la gauche mais en présentant un visage généreux qui est le sien celle du partage des richesses pour qu'on vive tous mieux celle de service public plus compétent celle de comment dirais-je d'une protection du climat qui nous donne à tous de meilleures conditions de vie celle d'un système démocratique qui est différent de celui de la cinquième qui donne des droits à nos concitoyens donc il faut désenclaver si je puis dire la gauche si elle est enclavée à l'heure actuelle à la fois peut-être pour ses erreurs il n'y a pas que la France insoumise qui a fait des erreurs mais aussi par rapport à des campagnes de diabolisation ça existe aussi qui consiste en permanence à médiatiser toute une série de choses anecdotiques qui font qu'à l'arrivée on fabrique un diable moi je dis ne nous satisfaisons pas si vous voulez que je dise un mot à l'attention de les amis insoumis en mettant la tunique de Belzébut pour être le diable de service ça c'est pas bien ce que nous cherchons à faire ça n'est pas seulement de faire un bon score à l'avenir c'est comment nous en remportons la prochaine élection présidentielle donc comment on a 51%

48:58
Invité

avec un Jean-Luc Mélenchon qui est déjà prêt à être candidat la France insoumise qui se présentera sous ses couleurs à la présidentielle et donc et s'il y va vous le soutiendrez ou pas ? s'il y va est-ce que vous le soutiendrez ?

49:09
Locuteur non identifié

à ce stade-là ce à quoi je travaille les gens comme Luxman très sectaire et arrogant qui disent je ne participerai à aucun processus de désignation les gens comme la France insoumise qui disent nous on y va et l'unité c'est derrière nous tout ça n'est pas sérieux mais quand vous faites c'est pas sérieux alors ce qu'on fait c'est ce qu'on a engagé depuis le 2 juillet nous sommes engagés dans quelque chose qui s'appelle Front Populaire 2027 à l'initiative notamment de Lucie Casté dans lequel le groupe que vous avez cité tout à l'heure l'après avec Clémentine Autain et d'autres participent François Ruffin Génération Les écologistes le parti socialiste toute une série d'acteurs de la société civile des victoires citoyennes qui sont des gens très engagés mais d'accord ça on l'entend

49:45
Alexis Corbière

mais vous répondez non non parce que vous ne répondez pas à notre question aujourd'hui vous pouvez appeler si vous voulez à l'Union des Gauches il se trouve que Jean-Luc Mélenchon n'en veut pas donc question très concrète si Jean-Luc Mélenchon

49:55
Locuteur non identifié

va à l'élection présidentielle est-ce que vous le soutiendrez oui ou non mais pourquoi quand vous avez Jean-Luc Mélenchon vous ne lui posez pas la question si il y a un candidat unique mais vous n'avez pas le rejet non vous ne lui posez pas moi ce que je veux c'est modifier ce scénario si tout le monde est divisé je veux dire ce sera un scénario terrible vous voulez une primaire ? parce que nous perdons regardez tous les candidats potentiels

50:15
Alexis Corbière

qui ont plus ou moins justement il n'y en a rien pas est-ce que vous vous dites

50:18
Locuteur non identifié

il faut que tous ces gens là soient dans la même primaire ? oui il faut un processus de désignation d'un candidat commun d'accord de Mélenchon à Glucksmann sur la base du programme du NFP oui ouvert à tous ceux qui veulent l'unité l'avantage de Mélenchon par rapport à Glucksmann c'est que Mélenchon à travers son nom c'est le nouveau fonds populaire il est d'accord avec le programme du nouveau fonds populaire pourquoi je cite ce programme ? c'est qu'il nous a rassemblés il a fait 9 millions de voix la dernière fois l'erreur stratégique que fait Raphaël Glucksmann c'est qu'il n'est pas d'accord avec ce programme et je ne sais pas très bien programmatiquement ce qu'il veut

50:47
Invité

ce qui est très intéressant dans ce que vous dites à l'instant c'est de dire bon finalement Jean-Luc Mélenchon s'il se soumettait à une primaire de l'ensemble de la gauche pourrait être un bon candidat parce qu'il incarne le programme du nouveau fonds populaire donc vous dites Jean-Luc Mélenchon 2027 pourquoi pas s'il y a l'unité derrière ?

51:06
Locuteur non identifié

moi je dis de manière pourquoi pas à tous ceux qui seront d'accord avec l'unité qu'elle est réalisée maintenant là où j'ai eu une discussion sur ce plateau télé c'est compliqué mais je l'ai eu au sein de la France Insoumise c'est qu'il y a non seulement un programme mais il y a la stratégie et je pense que la stratégie de la France Insoumise qui a été extrêmement véhémente aussi par rapport à ses partenaires et qui par moment cherche d'abord le secteur le plus radicalisé de la population mais ne développe pas toujours un discours qui lui permet d'être compris au-delà de ce que nous sommes parce que que la chose soit claire même si c'est très bien Mélenchon a fait 7 millions de voix le nouveau fonds populaire en a fait plus de 9 millions et si nous voulons gagner une élection présidentielle il faut en faire 16 à 17 millions donc la question est comment on s'adresse à 8 millions de gens notamment aujourd'hui vous l'avez pointé tout à l'heure qui pour certains ont un peu peur de nous comment on leur parle de sujets qui sont leur quotidien défense de l'école défense des services publics juste répartition des richesses défense du salariat meilleures conditions de travail donc ça plutôt que d'être enfermé mais c'est souvent vous les responsables dans des questions polémiques en permanence ou dans une posture de radicalité en un mot on arrive aussi d'être un peu caricatural dans la volonté de créer des débats

52:05
Alexis Corbière

en un mot parce qu'on va devoir rendre l'antenne mais on va faire un petit jeu dites-nous sur ces visages qu'on a vu là c'est pas exhaustif s'il faut en choisir un aujourd'hui pour 2027 c'est qui ? mais il faut quelqu'un

52:13
Locuteur non identifié

qui nous rassemble c'est qui ?

non mais si vous voulez que je vous dise que je suis très ami avec Clémentine Autain et François Ruffin que notamment le 30 août à Château d'Heure nous allons faire un métier et on va conclure là-dessus non non mais parce qu'ils sont unitaires et ils votent le programme ils ont cette qualité tous les deux François Ruffin est très avancé aujourd'hui dans les études d'opinion ça démontre quelque chose Clémentine Autain a beaucoup de qualité elle a fait notamment tout un travail sur les services publics donc ils ont votre préférence mais ça c'est mes frères si je puis dire Clémentine Autain mais d'abord écoutez bien je ne veux pas personnaliser c'est d'abord la démarche qui compte l'unité sur un programme celui ou celle qui sera notre candidat sera ma candidate merci beaucoup Alexis Corbière

52:51
Alexis Corbière

merci Frédéric Delpech on ne plaisante pas avec l'info

52:54
Locuteur non identifié

dans quelques secondes