Discours de Benjamin Lucas à la Fête de l'Humanité
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« Nous aurions dès le 9 au matin et nous aurions pu le faire rapidement augmenter le SMIC. »
- 7:00Benjamin LucasPromesse
« Nous ne sommes pas prêts au compromis sur l'orientation économique et sociale »
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Pour poursuivre ce meeting unitaire, Benjamin Lucas, député des Yvelines et coordinateur national de génération. [Applaudissements] Bien mes chers camarades, merci merci à vous toutes et à vous tous d'être là. Beaucoup a été dit et bien dit.
Et donc je vais d'abord commencer, si vous le voulez bien, par un petit exercice ludique. Après tout, nous sommes dans une fête. Fermez les yeux un instant et plongez-vous quelques jours en arrière.
Nous sommes le 8 septembre. Le gouvernement Bairou vient de tomber grâce à la mobilisation de l'ensemble des parlementaires du Nouveau Front populaire. Le président de la République dans son palais, imaginons cela, prend conscience et fait de grâce que je que sais-je un coup sur la tête prend conscience que la démocratie exige qu'il appelle enfin le Nouveau Front populaire à gouverner.
C'était d'ailleurs le sens de l'intitulé du meeting que nous avions choisi pour un gouvernement du Nouveau Front populaire. Alors, nous aurions dès le 9 au matin et nous aurions pu le faire rapidement augmenter le SMIC. ouvert la voie à l'abrogation de la réforme des retraites convoquer le parlement pour enfin faire passer l'attaque Zucman qui à l'initiative de Clémentin Evassas a été voté il y a quelques semaines.
Nous aurions instauré le récepé de contrôle d'identité pour en finir avec le contrôle aux facièes et le racisme dans nos quartiers populaires. Nous aurions exigé des ascenseuristes qu'enfin on répare les ascenseurs là aussi dans nos quartiers pour que des familles n'attendent plus 3 semaines pour pouvoir descendre faire leur course. Nous aurions, ça a été évoqué tout à l'heure par les jeunes générations etabé ouvert la voie de nouvelles étapes pour la réduction du temps de travail pour le droit aux vacances pour le temps libéré 90 ans après le Franc populaire.
Nous aurions fait trembler monsieur Bolloré en lui expliquant que non, décidément non, on ne peut pas tout raconter à la télévision et diffuser les théories racistes et négationniste. Nous aurions abrogé la loi d'arminciil ou immigration directement prise sous la dictée de l'extrême droite avec la complicité de la droite radicalisée. Nous aurions, ça a été rappelé par Clémentine tout à l'heure, mis fin à toute forme de laxisme de complicité de l'Union européenne avec le gouvernement génocidaire de monsieur Netaniaou.
Bref, nous aurions ouvert un chemin heureux et optimiste. Malheureusement, vous pouvez rouvrir les yeux. Ce n'est pas ce qu'a décidé le président de la République.
Je crois que cela ne vous aura pas échappé. Alors comme vous, nous avons ressenti une immense colère parce que cette nomination de Sébastien Lecnu, elle est pire que la nomination de Michel Barnier. Elle est pire que la nomination de François Bairou Barnier.
On avait essayé de nous faire croire à un semblant de cohabitation en disant "Mais non, il est pas macroniste, il est LR". Oui, la différence est vraiment extraordinaire. Regardez ce qui se passe depuis 8 ans dans le pays.
Vraiment, on a l'impression que c'est Fillon qui a gagné la présidentielle en 2017. Mais on avait essayé de jouer au moins l'apparence de la cohabitation en disant "Monsieur Barnier choisit lui-même son gouvernement, convoque lui-même ses ministres et décide lui-même de la politique du gouvernement." Et puis pour monsieur Bairou, on nous avait vendu le récit, vous savez, d'un premier ministre qui se serait imposé au président de la République dans son bureau, qui aurait vraiment forcer la main d'Emmanuel Macron comme si monsieur Bairrou n'avait pas été macroniste avant Macron lui-même, lui qui défendait déjà les thèses absurdes de la fin du clivage entre la gauche et la droite autour d'une option libérale et austéritaire à l'époque où certains d'entre nous n'étaient même pas encore nés.
Et là, pourquoi je dis que c'est pire ? Parce que là, nous avons le seul le seul responsable politique qui a participé de tous les gouvernements macronistes depuis 2017. Monsieur monsieur Macron aurait pu nommer son chien que ça aurait été la même chose. [Applaudissements] Et c'est pire parce que la situation, elle est encore plus grave démocratiquement qu'au lendemain de l'élection législative du 7 juillet 2024.
Elle est pire parce que chaque mois qui passe en amplifiant ce dénit de démocratie, chaque mois qui passe où on empêche l'Assemblée nationale de voter pour abroger la réforme des retraites violence sociale et démocratique, chaque mois qui passe où on reprend au ministère de l'intérieur avec monsieur Retaillot, le vocabulaire et les propositions de Marine Le Pen est un moi qui affaiblit la démocratie, un mois qui fracture la confiance, qui qui érode la confiance de nos concitoyens envers les institutions. Ces gens qui nous donnent des leçons de stabilité sont ceux qui s'acharnent avec le plus de méthodes, avec le plus d'obstinations à détruire toute forme de confiance dans les institution de la République et dans l'acte citoyen d'aller voter. Ils ont trahi le mandat populaire.
Ils ont trahi l'élan que nous avons connu le 7 juillet. Souvenez-vous là aussi ces fils d'attente dans les bureaux de vote. Des gens qui n'avaient pas été aussi nombreux à voter depuis les années 90 qui parfois pour certains allaient voter pour la première fois en nous disant quoi ? en nous disant d'abord barrage à l'extrême droite, refus du racisme et de son influence sur les politiques publiques.
Est-ce qu'ils ont fait ça pour avoir monsieur Retaill au Place Bovau ? Est-ce qu'ils ont fait ça pour avoir le programme de Le Penis en acte dans la politique d'un gouvernement dit barrage républicain ? Ils nous ont dit et ils l'ont dit à plusieurs reprises nombreuses dans la rue, dans les élections européennes, dans les élections législatives.
Nous voulons en finir avec la politique d'Emmanuel Macron parce qu'elle est brutale, parce qu'elle est arrogante, parce qu'elle a fait exploser la pauvreté, parce qu'elle a consisté à faire des cadeaux, des offrandes fiscales sans aucune forme de contrepartie, de contrôle ou de conditionnement aux très grandes entreprises de ce pays, y compris et même surtout à celles qui ont distribué des dividendes à leurs actionnaires. Ils en avaient assez de cette politique qui gavait toujours les mêmes et qui appauvrissait toujours les mêmes. Cette politique qui fait que dans les territoires qui sont les nôtres, on ferme des classes dans des quartiers populaires, dans des zones rurales où pourtant on a besoin de l'école de la République parce que c'est le seul service public qui reste aujourd'hui quand tout le reste a fermé.
Ils ont dit, on veut rompre avec la politique d'Emmanuel Macron parce qu'on doit passer 6 mois, 7 mois, 8 mois, parfois un an pour avoir un rendez-vous pour faire des lunettes à son gamin parce que l'offalmo n'est pas disponible et que même pour un généraliste, on met des mois et des mois et des mois et qu'il faut parfois se déplacer et changer de département. Ils ont dit très nettement, nous voulons cette rupture avec cette politique qui est menée et le président de la République s'est enfermé avec ce mantra, ce slogan. ce sera mon bilan, rien que mon bilan, tout mon bilan quoi qu'il en coûte démocratiquement d'ailleurs.
C'est ça qui s'est passé, c'est ça qui fait que je nous invitais à une petite rêverie pour commencer parce que ça fait du bien quand même dans la période de rêver à ce que nous aurions pu faire et je le dis à ce que nous ferons quand nous accéderons au pouvoir parce que ils peuvent faire ce qu'ils veulent. Ils peuvent ralentir les processus démocratiques comme ils le veulent. La volonté qui nous a accompagné, l'espoir qui nous a accompagné, la mobilisation populaire et citoyenne qui nous a accompagné en juillet 2024, elle ne s'effacera pas, elle gagnera et elle gouvernera. [Applaudissements] Faut me faire signe quand Serel Châelin arrive que je lui passe le micro.
Mais en attendant, je peux continuer. Je disais, je parlais de colère. Je veux nous inviter à une chose ici, une forme de serment entre nous.
Nous sommes à la fête de l'humanité, il y a de la gauche et de l'écologie partout et ça fait du bien. Nous avons ressenti une colère intense, immense à ce moment-là. le sentiment d'abord en juillet 2024 puis avec la nomination de monsieur le cornu parce que perdre on sait faire à gauche, on est habitué, ça nous est arrivé souvent mais gagner et se faire voler l'élection ça on l'avait jamais vu.
Et donc cette colère là, je vous invite à la garder en nous-même et à l'exprimer dans une obstination, dans un acharnement à vouloir sans cesse reproduire la mobilisation du nouveau Front populaire, à l'amplifier, à la régénérer, à toujours être fidèle à cet élan d'unité, à ne pas retomber dans ce qui est si facile après tout, la tentation des gauches irréconciliables. Cette idée qu'il y aurait des gauches qui devraient s'affronter, l'une parce qu'elle serait trop radicale, l'autre parce qu'elle serait dans je ne sais quelle trahison avec le pouvoir. Ça n'existe pas.
Ce n'est pas vrai. La gauche, elle est plurielle. diverse.
La gauche du Front populaire de 36, elle va à des communistes radicaux. La gauche de Lionel Jospin, elle va de Marge George Buffet à Laurent Fabius. Franchement, il y avait autant de différence sans doute qu'il en a aujourd'hui entre les uns et les autres.
Mais la gauche quand elle gagne et qu'elle gouverne, elle a besoin de deux choses. Son unité qui permet sa victoire et la mobilisation du mouvement social et populaire et notamment celle qui arrive le 18 septembre et dans laquelle nous devons être pleinement mobilisés dans le respect au côté des organisations syndicales dont je veux saluer là aussi le courage parce que depuis 8 ans, nous nous plaignions nous comme parlementaires. Nous n'avons pas pu depuis 2022 voter un seul budget.
On nous impose des 493 successifs. Le vote de confiance est devenu un phénomène tellement rare qu'on le commande comme un acte de courage de la part d'un premier ministre. Alors que, et je m'empresse de le dire, monsieur le Cornu doit, c'est une exigence démocratique, compte tenu de la situation et compte tenu de sa nomination, demander un vote de confiance à l'Assemblée nationale pour que nous puissions la lui refuser.
Je disais donc hommage aux organisations syndicales parce qu'elles ont su elles faire le chemin, trouver le chemin de l'unité au moment de la réforme des retraites pour dire à monsieur Macron qu'il n'était pas possible d'imposer une telle violence sociale de voler de années de vie et de vie en bonne santé au français comme cela sans concertation, sans discussion, sans prendre en compte l'opinion unanime du peuple français. 7 français sur 10 9 actifs sur 10 opposés à cette réforme. Et bien, monsieur Macron les a piétiné comme il piétine tous les contrepouvoirs.
Je ne fais pas partie de ceux qui disent que nous sommes en dictature et que la démocratie n'existe plus. Mais enfin quand même, ayons une réflexion entre nous. Sur quoi repose une démocratie ?
Sur trois consentements possibles. Le peuple, le consentement le plus direct. On fait voter par un férendum, par une élection.
On désigne ceux qui nous représentent. le dialogue social et nous nous croyons en la démocratie économique et sociale et donc les partenaires sociaux, les forces syndicales, elles ont joué un grand rôle dans l'histoire sociale et républicaine de notre pays et puis le parlement, les représentants de la nation élus à l'occasion des élections législatives. Aucun de ces trois consentements n'a été rencontré, n'a été recherché par le président de la République pour imposer sa politique, que ce soit pour la réforme des retraites ou pour les budgets qu'il s'apprête à vouloir nous imposer par la force.
C'est un problème majeur. Pas simplement pour lui, pas simplement dans la période que nous vivons, pas simplement parce que cela renforce jour après jour la montée de solutions autoritaire et les vélé de l'extrême droite à remplacer notre démocratie par autre chose et voyez ce qui se passe à travers le monde. Mais parce que cela finalement désespère nos concitoyens.
Nous, notre première tâche, notre première urgence et c'est pourquoi nous devons gouverner. Et c'est pourquoi nous devons gouverner dans la fidélité au programme du Nouveau Front populaire et de ses alliances. Parce que notre premier devoir, ce sera de redonner du pouvoir au bulletin de vote.
Ce sera de dire à toutes celles et à tous ceux que la politique a dégoûté, à toutes celles et à tous ceux que parfois les politiques, y compris de gauche ont humilié, que la politique peut changer non seulement le cours de leur vie, mais aussi notre destin commune. Alors, mes chers amis, je j'achève mais il faut qu'on me dise si Cyriel arrive parce que je meuble un peu mais elle va arriver, elle arrive tout de suite. Alors, je vais terminer et je vous remercie pour votre pour votre patience.
Je le disais, notre première urgence, ce sera de redonner du pouvoir au bulletin de vote. Que quand les personnes vont voter, elles se disent "Ça peut changer quelque chose de concret pour moi." Ça, ça veut dire deux choses.
Ça veut dire évidemment d'abord être clair et net. Et je le dis pour les discussions que nous allons avoir au Parlement ou avec je ne sais quel gouvernement qui sera nommé et que nous contesterons dès le départ, ça veut dire une intransigence totale sur l'essentiel. Ça veut dire que non, nous ne sommes pas prêts au compromis sur l'orientation économique et sociale parce que non, nous ne sommes pas d'accord sur l'essentiel, pas d'accord pour affaiblir les services publics avec l'austérité, pas d'accord pour déser des médicaments, pas d'accord pour supprimer l'aide médicale d'État et mener une politique de santé raciste.
D'accord pour mettre au point mort la transition écologique qui est un impératif vital pour notre société, pour l'humanité et l'avenir de nos enfants. Pas d'accord pour discuter avec des gens comme monsieur Retaillot qui se font applaudir dans des salles avec des foules fanatisées au cris de Aba le voile et diffusent l'islamophobie dans notre pays. pas d'accord pour débattre avec des gens qui pensent que finalement la République c'est marcheou crève et pas liberté, égalité, fraternité.
Et donc je termine en disant ceci : à la fois réparer, être intransigeent, ne pas se compromettre avec un projet politique non seulement qui n'est pas le nôtre, mais c'est pas ça le sujet. Un projet politique qui est dangereux. Qui est dangereux, ça a été dit pour la vie quotidienne de celles et ceux qui souffrent, pour la vie quotidienne des classes moyennes et des classes populaires.
Mais pas seulement. Il nous faudra, ça a été dit et bien dit par Clémentine tout à l'heure, tracer un nouvel horizon sans référence particulière à Édouard Philippe, mais bon, l'horizon ne lui appartient pas. Tracer une nouvelle perspective désirable pour l'avenir et je le disais tout à l'heure, de nouvelles conquêtes pour le temps libéré, pour vivre mieux parce que nous nous voulons partager le travail.
On peut travailler moins, travailler mieux, travailler tous pour une nouvelle démocratie qui donne du pouvoir aux salariés dans leur entreprise et aux consommateurs dans le monde économique pour un nouvel idéal européen qui ne s'aligne pas sur les obsessions nationalistes de Trump, mais qui réinvente une forme de fédéralisme, de volonté d'Europe démocratique, sociale, écologique pour des conquêtes sociales dans tous les domaines de la vie, du travail, de de la retraite, de la jeunesse et donc c'est la proposition de génération et se termine par celle-ci pour en finir avec la pauvreté, pour éradiquer la grande pauvreté, pour repenser notre rapport aussi à la fiscalité, à l'héritage, à l'organisation économique, un revenu universel d'existence partir de l'idée que chaque individu a en lui-même le droit de conquérir les moyens de sa dignité et de son autonomie. Je vous remercie. Amen.
Benjamin Lucas