MÉLENCHON - ENTRETIEN AVEC RÉMY BUISINE POUR BRUT
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 44 %Défensif 11 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:00OuverteÉludée
Quelle réponse à Marine Le Pen sur ses points de convergence avec la France Insoumise ?
- 5:00OuverteRéponse directe
Benjamin Griveaux dit que vous avez quitté les rivages de la République. Réponse ?
- 10:00OuverteRéponse directe
Analyse du mouvement des Gilets jaunes après deux mois ?
- 18:00OuverteRéponse directe
Les médias vous accusent d'avoir alimenté la tension. Réponse ?
- 0:00OuverteRéponse directe
Vous êtes peut-être l'homme politique qui en fait le constat le plus critique aujourd'hui. Comment ?
- 2:00OuverteRéponse directe
Est-ce que ce n'est pas une succession de politiques depuis des décennies qui ont conduit à ce ras-le-bol ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 22:00Jean-Luc MélenchonChiffre
« 90% des médias sont possédés par 9 milliardaires. »
- 0:15Fait
« plus aucun service d'information sans un comité de rédaction »
- 1:00Fait
« le président de la République dit, ce ne sont plus des médias, ce sont des accusateurs que nous avons dans les journaux »
- 10:30Fait
« le mariage pour tous n'a jamais voulu dire qu'on obligerait les gens à se marier »
- 0:15Locuteur 1Fait
« La manière de répartir l'impôt, ce n'est pas tout à fait la même question que celle de disposer de la liberté de son corps, de la propriété de son corps pour une femme. »
- 0:45Locuteur 1Fait
« C'est en France que sont nées les idéologies égalitaires, avec la Grande Révolution, et les idéologies inégalitaires et fascisantes. »
- 3:00Locuteur 1Fait
« Ce n'est pas ce que je peux dire à tout le monde. Ce n'est pas la référence de la France insoumise. »
- 5:20Locuteur 1Fait
« Nous portons cette idée depuis très longtemps, dans ma famille politique, dans le combat que moi, je mène depuis des années. »
- 7:30Locuteur 1Fait
« La non-violence est la solution rationnelle, raisonnable, humaniste, fondamentale. »
- 14:10Locuteur 1Fait
« Les manifestations ne peuvent pas être soumises à autorisation préalable. »
- 20:50Locuteur 1Fait
« La France est une grande puissance et qu'on ne fait pas l'Europe sans elle. »
- 8:00Jean-Luc MélenchonChiffre
« nous en sommes à je ne sais combien 800 je crois plus de 800 blessés »
- 16:00Jean-Luc MélenchonPromesse
« il faut que la mobilisation soit à son plus haut niveau samedi »
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18h10, on est en direct sur Brut avec Jean-Luc Mélenchon, le président du groupe parlementaire de la France Insoumise, est avec nous. Il va répondre à mes questions pour sa première interview médiatique de l'année 2019, mais aussi aux vôtres. Les commentaires, votre espace de liberté d'expression pour réagir aux propos de Jean-Luc Mélenchon, mais aussi poser vos questions.
On prendra les tendances, vos commentaires. Vous savez que l'interactivité, on la met au cœur du direct et on va la mettre encore une fois à l'épreuve aujourd'hui avec vos commentaires. Merci, M.
Mélenchon. C'est votre première interview de l'année 2019 et ça se passe sur Brut. On vous remercie de nous avoir choisis pour répondre à nos questions.
Et cette première question que j'aimerais vous poser en attendant celle des internautes, il y a eu une interview de Marine Le Pen dans Valeurs Actuelles qui parle de points de convergence entre la France Insoumise et le Rassemblement National. Nous pouvons tomber d'accord sur certains sujets. Qu'est-ce que vous lui répondez ?
D'abord, je ne crois pas qu'elle m'ait interrogé, donc je ne vais pas lui répondre. Je vais vous dire ce que je ressens. Bon, elle est habile.
C'est aussi une manière de me mettre dans l'embarras parce que tout le monde se souvient des images de télévision où je me confronte à elle. Tout le monde sait que j'ai été de manière pas très victorieuse, mais j'y suis allé à Énan-Beaumont, être candidat à l'élection législative. La fois d'avant, pas celle-ci.
Donc, il y a une longue histoire de confrontation entre elle et moi. Et puis, c'est le jeu du gouvernement, du Parti Socialiste qui sont un peu complices dans cette affaire de dire « Ouah, tout ça, c'est tout la même chose. Bon, le Parti Socialiste aimerait bien que je dégage pour qu'il soit tout seul à nouveau à faire ce qu'il veut. » Alors, bon, elle est habile.
Bon. Et moi, je veux...
Évidemment, la réponse qu'on attend d'un homme comme moi, après tant d'années de confrontation avec eux et de distance avec Mme Le Pen sur le plan philosophique ou idéologique, qu'elle connaît bien, ce serait que je réagisse comme ça en me disant « Non, non, non, on va faire les choses plus simplement. » Elle dit qu'il y a des convergences, mais elle devrait dire lesquelles. Parce que moi, ce que j'ai l'impression, c'est que les divergences se sont creusées.
Et ça peut paraître curieux, mais il y a eu un moment où il y avait des mots qui étaient communs. Par exemple, nous, on disait « On veut une VIème République. » Il y en a assez de la monarchie présidentielle dans laquelle nous vivons.
Et on voit à quelle absurdité ça conduit. Et eux, ils disaient aussi « La VIème République. » Et il n'y a pas longtemps, Mme Le Pen a dit « Non, non, non, nous, on ne parle plus de ça. » « Ce n'est pas notre sujet, la VIème République. » La Vème, c'est très bien.
Donc, elle aimerait bien, elle aussi, être la monarque présidentielle après M. Macron. Ça, pour moi, ce n'est pas un détail sur le plan de l'orientation politique.
Moi, je suis pour que les gens qui est en quelque sorte une constituante, une assemblée constituante, assemblée citoyenne constituante, que ce soit les gens eux-mêmes qui produisent la nouvelle règle du jeu politique dont le pays a besoin, parce que tout est bloqué. On le voit bien. Il y a un discrédit énorme de toutes les institutions, des hommes et des femmes politiques, bref.
Donc, mon idée, c'est que le peuple fait une assemblée constituante, et en définissant ses droits, l'organisation des pouvoirs publics, comment ça fonctionne, l'assemblée, le gouvernement, les collectivités locales, en faisant ça, le peuple se définit lui-même. Parce que si, par exemple, entre nous deux, on se reconnaît un droit commun, ben, je ne sais pas, moi, le droit de boire quand on a soif, ou de manger quand on a faim, ben, ça va être une règle du jeu commune. Si un jour, vous dites, écoutez, moi, je n'ai rien à manger, on dirait, ben, maintenant, il faut partager.
Voilà. Donc, c'est pour vous dire, quand elle, elle est contre, elle est pour la monarchie présidentielle, elle est contre le passage à la 6e République, donc il y a eu un changement de position, et troisième élément, quand, je ne cite que ça, parce que je pourrais faire la liste longue sur ce plan-là, quand on a mis, nous, un amendement à l'Assemblée nationale pour dire, nous proposons qu'il y ait un référendum, on appelle ça révocatoire, pardon, parce que le mot est un peu bizarre, un référendum pour révoquer un élu. Vous n'êtes pas content d'un élu ?
À partir du moment où il y aurait un certain nombre de gens qui en feraient la demande, on organise un référendum pour le révoquer, c'est-à-dire dire, écoutez, vous arrêtez votre mandat, ou ne pas le révoquer, hein, bien sûr. C'est ça, le référendum révocatoire. Alors, quand on a proposé ça, ça s'applique à tout le monde, hein, le président de la République et le conseiller municipal, tout le monde, pourrait être soumis à un référendum révocatoire.
Eh bien, à l'Assemblée nationale, ils ont voté contre. Alors, si vous voulez, j'ai pris cet exemple, je pourrais prendre celui du SMIC, récemment, elle a dit, ah ben non, non, on n'est pas pour qu'on augmente le SMIC, ah ben, si vous n'êtes pas pour augmenter le SMIC, c'est que vous n'avez rien compris à ce qui se passe dans ce pays, parce que dans ce pays, les gens disent, nous, on crève et on veut partager. Et puis enfin, il y a le fond du fond, on ne va pas non plus tourner autour du pot.
Moi, je suis universaliste. Je l'assume. C'est-à-dire, je crois que tous les êtres humains naissent libres et égaux en droit.
Et, quand c'est un peu compliqué, je me débrouille pour trouver la bonne solution pour que cette égalité de principe devienne une égalité réelle. On n'y arrive pas tout le temps. Il y a des fois, on ne sait pas comment s'y prendre.
Il y a d'autres fois, on se gratte la tête en disant, bon, ben, c'est un peu compliqué à faire. Et pour vous, ça ne se fait pas Marine Le Pen ? Ben, ce n'est pas du tout.
Elle, elle est sur une ligne, on appelle ça, c'est un grand mot, pardon, on dit ethnicisme, c'est-à-dire qu'elle croit qu'un peuple, il se définit par sa religion, sa couleur de peau, ou que sais-je encore. Pour moi, le peuple se définit par les principes politiques qu'il met en commun. Pour moi, le peuple français, ce qui le définit, c'est qu'il essaye de vivre dans une société liberté, égalité, fraternité.
Pour tout le monde, les hommes, les femmes, quelle que soit la religion, quelle que soit la couleur de peau. C'est-à-dire que pour des gens comme moi, ce qui compte, c'est l'humanité. Et après, il y a des différends, je ne suis pas fou, je suis quand même capable de les voir, mais ce n'est pas ces différends sur lesquels je vais organiser les pouvoirs publics.
Donc, je me dis, et en plus, pour aller au fond de l'affaire, elle, elle considère que, bon, il y a beaucoup de gens qui sont comme ça, qui disent, oh là là, c'était mieux avant, bon, ben, c'était peut-être mieux avant, je n'en sais rien. La partie où j'étais moi, avant, non, je ne trouvais pas ça mieux. Je trouve très intéressant qu'on soit comme on est le peuple français aujourd'hui.
Ce dont on a besoin, c'est un peu de rapprocher davantage tout le monde. Mais franchement, c'est mon âge qui me permet de dire ça. C'est une nouvelle France.
Les gens, il faut atterrir. Le peuple, le pays que vous avez sous les yeux, c'est un pays complètement nouveau. D'abord parce que tout le monde vit en ville ou dans des espaces urbanisés.
Je sais très bien qu'il y a des gens qui vivent à la campagne, mais ils vivent sur le mode urbain. C'est 85% de la population. Il faut se rendre compte que dans les années 50, ce n'était pas une proportion pareille.
On vit comme ça. On est 65 millions. On était 45 il y a 50 ans.
C'est un monde nouveau. Il y a une nouvelle France qui est sous nos yeux. Et elle est très mal organisée.
Parce que si vous prenez le point de départ de la bataille des Gilets jaunes, par exemple, ce sont des gens qui disent « Écoutez, qu'est-ce que c'est en train de faire là ? Vous augmentez le prix du carburant. » Mais moi, je ne peux pas diminuer le nombre de kilomètres sur lequel je roule.
Pourquoi c'est comme ça ? Il faut se poser la question. Pourquoi c'est comme ça ?
Parce qu'il n'y a plus de poste là. Parce qu'il n'y a plus d'école ici. Parce que la grande surface, elle est là-bas.
Cette France, elle a été organisée d'une manière telle qu'on est obligé continuellement d'aller et de venir. Donc, si vous voulez, pour moi, pour terminer, je suis sur la ligne de l'égalité. Je pense que l'égalité, c'est ça, le fil conducteur et l'égal dignité de tout le monde.
Je ne fais pas de tri par la religion ou la couleur de peau. Elle, si. Bon, on ne va pas se raconter d'histoire.
Elle, si. Et il y a des gens qui m'entendent qui ne savent pas très bien si c'est moi qui ai raison ou si c'est elle. Donc, je fais tout ce que je peux pour lui convaincre que c'est moi qui ai raison.
Mais pour vous, ces paroles, c'est une stratégie politique de vouloir vous associer ensemble ? Oui, je crois, oui. Pour me mettre dans l'embarras ou pour, si vous voulez, c'est leur tactique à tous, me mettre le dos au mur pour que je passe plus de temps à leur répondre qu'à développer mes propres idées.
Quand, par exemple, il y a un instant, je vous disais, elle n'a rien compris parce que quand elle se dit on n'augmente pas le SMIC, elle ne comprend pas ce qui se passe dans le pays. Bon, le temps que je réponde à ces bêtises, je n'ai pas le temps d'expliquer aux gens pourquoi quand il y a 57 milliards de dividendes, c'est-à-dire de ce qui est distribué aux actionnaires, les gens qui ont des actions de société, 57 milliards, c'est une somme gigantesque qui a progressé de 12% sur un an. Donc, pourquoi je cite cette somme ?
C'est pour dire, vous voyez, il y a de la marge pour partager, pour faire que chacun reçoive sa part, pour qu'il y ait de l'argent qui soit mis dans l'investissement, pour qu'il y ait des machines, pour qu'il y ait des emplois. Donc, je sais le faire, moi, tout ça, mais c'est de ça un petit peu qu'on parle, qu'on confronte, ben, comment on s'y prendrait ? Mais si vous confrontez, comment on s'y prend pour changer la vie des Français, et puis pas que des Français, maintenant, on a un défi qui est universel, qui est le changement climatique.
Il va bien falloir changer les process de production, la manière de se nourrir, la manière de se déplacer, tout ça. Mais ça, ça ne se fait pas à coup de taxes. Bon, il va falloir trouver de l'argent.
Mais où il est cet argent ? Ben, voilà la richesse qui a été produite par les braves gens. C'est eux qui produisent toute la richesse.
Le possesseur d'une action n'a jamais produit un petit mètre cube, pardon, un petit quoi que ce soit, d'autre que d'avoir mis son argent à un endroit. Et on nous dit qu'ils prennent des risques. Ce n'est pas vrai.
Ils prennent zéro risque. Zéro, zéro, zéro, zéro risque. Ils sont gorgés de subventions.
Les riches et les puissants sont les assistés de la société. Ce n'est pas les braves gens qui se battent pour arriver à survivre et boucler le budget d'ici la fin de semaine. Non, c'est ceux qui sont gavés d'argent et en veulent tout le temps plus.
Ce qui est absurde. Moi, je leur dis comme philosophe, c'est absurde. Qu'est-ce que vous allez faire de tout ça ?
Vous allez faire de ces tas d'argent. Vous n'allez pas les emmener avec vous une fois que vous n'y serez plus. On aura que d'en prendre justement de la hauteur sur tous ces sujets-là, notamment revenir sur le mouvement des gilets jaunes, votre analyse.
Oui. J'invite aussi tous ceux qui nous regardent à poser vos questions, les commentaires, à réagir. Comme je vous disais, on construit ce live ensemble.
Donc, il y a eu ces paroles de Marine Le Pen sur lesquelles vous venez de réagir. Il y en a d'autres. Il y a celle de Benjamin Griveaux qui a parlé de vous chez nos confrères d'RTL en disant que vous avez tout simplement quitté les rivages de la République.
C'est des paroles très fortes. Ça vous...
Oui, non, ils font les malins parce que si vous voulez, une espèce de compétition entre les macronistes pour savoir lequel va dire la chose la plus offensante, la plus blessante. J'espère que je réponde comme ça. Ça les met en scène.
Bon, ça fait maintenant...
Ils ont choisi à la rentrée de criminaliser tout le monde. Alors, les gilets jaunes, bien sûr, les premiers, traités comme des criminels, montrés comme des factieux, comme...
Et puis moi. Alors, moi, et puis la France insoumise. Alors, chaque jour, il y a une phrase plus bizarre que la veille qui n'a pas de rapport avec la réalité.
Par exemple, hier, j'en entends bien qui disait « Il veut casser du flic ». Je n'ai jamais dit ça. J'ai même expliqué toujours le contraire pourquoi les stratégies violentes se retournaient contre nous.
Peut-être qu'on va en parler tout à l'heure. On en a déjà développé plus en détail. Oui, oui, on va en parler.
Bon, là, qui a quitté les rives de la République. C'est ce jeune homme qui va m'expliquer ce que sont les rives de la République. Je pense que ceux qui quittent les rives de la République, c'est ceux qui cessent de considérer que le gouvernement n'est jamais que le gouvernement du peuple.
Mais la souveraineté, c'est le peuple. Ce n'est pas le gouvernement. Et un homme comme M.
Griveaux, il fait partie des ministres qui, comme moi, je fais une minute de silence. Vous savez, il y a eu un débat à l'Assemblée nationale sur la censure pour faire tomber le gouvernement. Bon, je fais mon discours.
Et au début du discours, je dis qu'il ne faudrait pas oublier que, dans ce mouvement, à l'époque, il y avait déjà 10 morts, 800 blessés. Et je vous dis, maintenant, on va faire une minute de silence à la mémoire de ceux qui sont morts dans cette histoire. Et toute l'Assemblée se lève, y compris les députés de la République en marche qui étaient là, je dois le dire.
Mais évidemment, se lèvent d'abord nos amis, mais la droite, mais tout le monde, bref, tous les députés, sauf le banc du gouvernement. Ils restent tous assis, comme ça, les bras croisés. Mais ce moment-là, il est extraordinairement offensant.
Qui sont ces gens ? Ils n'ont même plus de respect. Pourquoi ?
C'est leurs compatriotes, ce n'est pas des ennemis. On n'est pas en guerre civile dans ce pays. Même si on pense qu'on veut, on peut regretter quand ça va trop loin, quand ça crie trop fort, ou quand ça se cogne.
Bien sûr, mais on n'est pas en guerre civile, on n'est pas ennemi, on ne va pas s'entretuer. Donc, il faut que tout le monde marque, comment dire, il y a des moments, comme ça, un peu spéciaux, où on marque une unité. Peut-être que vous vous rappelez quand le lieutenant-colonel Beltrame a été assassiné.
Bon, il a eu un acte d'encourage extraordinaire, on était tous d'accord pour dire hommage à cet homme, honneur à cet homme, etc. Il y a des moments où il faut savoir ne se rassembler pas tout le temps. Parce que la démocratie, ce n'est pas le consensus.
Il y en a qui croient que la démocratie, c'est bien quand tout le monde est d'accord. Ben non, ça, c'est une dictature, ça. La démocratie, si on n'a pas le même avis, alors qu'on discute, le ton peut monter, on peut s'engueuler.
Bon, ça arrive, écoutez, on n'est pas non plus tous...
Mais à un moment donné, on vote, parce qu'il faut bien décider. On vote, et puis la majorité applique la décision qu'elle a proposée. Ça ne veut pas dire que la minorité est obligée d'être d'accord.
Enfin, je suis obligé de vous expliquer tout ça, parce qu'à l'Assemblée nationale, c'est sans arrêt que je vois la République en marche ou même le président ou le premier ministre dire qu'on a gagné les élections, mais peut-être bien, mais nous, on n'a pas changé d'avis. Donc, notre rôle, c'est de donner notre point de vue, d'essayer de convaincre. C'est ça, une démocratie.
Donc, on fait ça, mais à un certain moment, on sait se rassembler, puis le reste du temps, il faut accepter que les points de vue sont différents. Et que, là, j'entends en ce moment leur mode, parce que, vous savez, ils passent des feuilles qui s'appellent élément de langage. Et alors, tous y répètent la même chose.
Bon, je n'ai rien à dire contre ça, pourquoi pas, hein ? Bon, alors, dedans, il y a...
Ils mettent en cause des institutions. Ils prennent un air terrible pour dire ça. Ben, oui, oui, je mets en cause des institutions, bien sûr.
Je suis pour sortir de la 5e République et faire une 6e République. Mais je mets en cause des institutions, mais vous ne m'avez pas vu dans la rue avec un bâton ou je ne sais pas quoi faire. Je les mets en cause dans les élections, là où je suis, moi.
Mon boulot, c'est à l'Assemblée Nationale ou dans la conviction, le travail de conviction pour expliquer aux gens pourquoi c'est mieux comme ça pour la vie du pays. Donc, oui, je combats les institutions de la 5e République. Depuis quand c'est un crime ?
Mais De Gaulle, lui, il combattait aussi les institutions, celles de la 4e République. Ils prennent un air terrible. On dirait qu'ils viennent de découvrir l'existence de l'eau chaude et qu'ils sont là en train de dire, oh mon Dieu, ça peut devenir brûlant.
Ben, oui, c'est devenu brûlant parce que vous n'avez jamais rien écouté et vous continuez, dis-je à La République En Marche, je ne sais pas si vous, bien sûr, vous vous en rendez compte, l'aplomb incroyable qu'ils ont. Il dit, oui, nous vous avons entendu, nous allons en faire davantage. Justement, les gens vous disent, arrêtez de faire ça.
Arrêtez d'être dans cette ligne-là. Bon, donc, si on veut que la souveraineté revienne dans le peuple, ben, il faut se tourner vers ceux qui disent c'est ça qu'il faut faire. Alors, si vous êtes d'accord avec moi, vous tournez vers moi.
Si vous n'êtes pas d'accord avec moi, vous préférez M. Macron ou je ne sais quoi. C'est une démocratie.
Vous choisissez. Vous vous demandez de quel côté est l'intérêt général du pays et du peuple. Mais il faut arrêter avec les noms d'oiseaux parce que ça ne sert strictement à rien.
Bon, dans la situation que nous vivons, ce qui est à l'ordre du jour, c'est, il faut que le pouvoir se le mette dans la tête, c'est que les gens n'ont plus des décisions du type de celles qui sont prises par ce système de monarchie présidentielle et de groupes parlementaires. La République En Marche sont comme des robots à applaudir en cadence. à se lever, à ne tenir aucun compte des critiques qui peuvent leur être faites tout au long de la vie de tous les jours.
Et on n'a pas fait des termes très forts qu'on a pu entendre chez certains manifestants, pas forcément une majorité, mais qui prennent parfois même un terme très critiqué, très contesté, de dictature. Vous, vous en pensez quoi ? Non, c'est pas...
Bon, si je voulais être démagogue, je dirais oui, oui. Non, une dictature, c'est pas comme ça. C'est terrifiant, une dictature.
J'ai longtemps participé personnellement à des luttes contre les dictatures. Donc, je sais faire la différence entre une dictature et le régime dans lequel on est. Et je propose qu'on se trompe pas dans les mots, parce qu'après, si vous criez au loup tous les jours, le jour où arrive le tigre, on ne sait plus quoi dire.
Donc, mais ce qui est sûr, ce que les gens sentent et n'ont pas tort, c'est que quelque chose est en train de changer. C'est-à-dire que les démocraties qui hier s'enorgueillissaient d'être des démocraties, d'être des pouvoirs libres, prennent une drôle d'allure. Quand vous entendez, par exemple, le président de la Commission européenne, M.
Juncker, qui dit « Il n'y a pas de démocratie possible en dehors des traités européens ». Ben, vous vous dites « Ben si, M. la démocratie, elle peut aussi remettre en compte des traités européens ».
Si on n'a pas le droit de le faire, qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire la punition qui a été infligée aux Grecs. Peut-être que vous vous en souvenez.
Comme ils ont désobéi, ils ont été très maltraités. Ou bien quand vous voyez que progressivement, les gens n'admettent plus qu'il y a un point de vue contraire à l'heure. C'est-à-dire que le président de la République traite de foule haineuse des gens qui manifestent.
Non, il y a eu des gens qui manifestaient, il y a eu des moments tendus, il y a eu des moments durs, c'est clair, mais ce n'est pas une foule haineuse, ce sont ses compatriotes. Et il est en train de vouloir traiter tout ça par la force. Il y a une sorte de dérive autoritaire, oui, qui se sent.
Et je pense que c'est très mauvais de faire ça, parce qu'ils peuvent se croire malins pendant quelques jours, mais ça crée des blessures qui sont inoubliables pour les gens. Tous ces pauvres gens qui sont condamnés si durs à de la prison ferme, ou qui sont mis en dé...
Le gars là, le boxeur. Je dis le boxeur parce que je ne veux pas qu'on répète sans arrêt son nom avec tous les problèmes que ça peut poser à la famille de cet homme. Bon, bien sûr qu'il n'aurait pas dû donner des coups de poing comme ça, bien sûr.
Alors il s'est expliqué après, il dit voilà pourquoi ça s'est passé comme ça, j'ai craqué, on m'avait fait ci et ça avant, j'ai été gazé. Bon, il s'explique. Il le fait dans une vidéo, on voit qu'il regrette quelle est la personne qui serait contente de se retrouver dans une situation pareille.
Alors, il va lui-même à la police, il dit oui c'est moi, voilà. On le met en détention provisoire, pourquoi ? Qui menace ?
Vous contestez le fait qu'ils soient mis en détention provisoire. J'ai le droit, je signale. Oui, bien sûr, je vous pose la question.
Bien sûr, parce que la justice elle est rendue au nom du peuple français. Donc les juges appliquent la loi, il ne faut jamais l'oublier. Ce n'est pas eux qui décident tout seuls.
Les juges appliquent la loi. Donc si vous n'êtes pas content des juges, commencez d'abord par changer la loi parce qu'ils prennent les décisions. Alors, peut-être qu'il faudrait que la loi soit plus précise, mais telle qu'elle est aujourd'hui, on met quelqu'un en détention provisoire quand il représente un risque pour la suite.
C'est-à-dire qu'il pourrait recommencer ou je ne sais pas quoi, il pourrait se sauver, s'enfuir. Bon, on le rendu, oh là là, on le met en détention provisoire. Il faut qu'il y ait des raisons de le mettre en détention.
Mais c'est l'une de ces raisons-là qui a été évoquée sur le fait que, comme il n'a pas été interpellé immédiatement, que c'est lui qui s'est rendu au bout de 48 heures. Ah là là là là là ! Il faut être raisonnable, quoi.
Ça ne va pas, quoi. Il faut comprendre que cet homme, il est pris là, il regrette son geste, il a fait quelque chose qui lui paraissait digne. Il y a une femme d'ailleurs qui témoigne, qui dit, moi, il m'a tiré d'affaires, j'étais très mal placé, il m'a aidé.
Bon, il faut être capable quand on est dans des situations comme ça de paroxyme, de ne pas tout régler à coups de triques. Bon, il faut entendre la parole des gens. Alors, il y avait des gens qui avaient décidé de faire une cagnotte pour aider la famille.
Alors, on dit, ça c'est interdit. Écoutez, ça va, quoi. Vous l'avez soutenu, cette cagnotte, ou pas ?
Pardon ? Vous l'avez soutenu, cette cagnotte ? Oui, j'ai pas eu le temps de verser, qu'elle était déjà interdite.
Mais vous en avez choisi de verser quelque chose ? Eh bien, je ne l'aurais pas fait publiquement parce que je ne veux pas non plus donner l'impression, j'ai pas envie de passer des heures à me justifier de mes actes. Mais je demande qu'on réfléchisse.
Pourquoi il y avait une cagnotte ? Pour aider la famille. Mais ça, c'est un principe quand même facile à comprendre.
Une punition. Alors, on dit, bon, cet homme-là, il va être puni. Bon, très bien, il va être puni.
Lui, pas toute sa famille. Or, ces pauvres gens ont besoin de lui, de son salaire, de sa paye. Qui va payer les avocats ?
Pourquoi on le met dans cette situation ? Donc, la cagnotte, c'était fait pour ça, pour aider la famille. Il n'est pas condamné.
Parce qu'on dit, on n'a pas le droit de ramasser de l'argent pour payer des amendes. Bon, outre que ça s'est déjà passé dans le passé, des cagnottes de cette nature. Mais là, il n'est pas condamné, ce monsieur.
Donc, on peut quand même...
C'est une cagnotte qui a été mise en oeuvre pour payer les frais d'avocat de quelqu'un qui n'est pas... qui est présumé innocentement.
Ben, écoute, donc, c'est tout à fait légitime de faire ça. S'ils ne peuvent pas, les malheureux, payer les frais d'avocat. Donc, cueillir de la solidarité.
Et les gens, c'est vrai, c'est pas vrai. Ils font ça par...
Ils se disent, bon, ben, ce gars a pensé bien faire, il était avec nous, alors, bon, ben, on était tous là. Évidemment, tout le monde n'a pas été se battre, mais on est solidaires, c'est-à-dire qu'on veut l'aider, on comprend ce qui s'est passé, on a de la compassion, on a de la solidarité. Et on ne peut pas aller dans un peuple et lui dire, écoutez, la solidarité, c'est pas bien, la compassion, c'est une mauvaise idée.
Ça me rappelle cet homme qui faisait passer des réfugiés dans la montagne. Bon, ben, c'est un acte de compassion humaine. Il y a un moment où, si vous voulez, il y a une loi qui est plus forte que toutes les lois.
Ça, c'est un principe que tout le monde comprend. Les droits de l'homme, c'est au-dessus de toutes les constitutions. C'est un non négociable.
Et il y a un principe qui est peut-être au-dessus même des droits de l'homme. C'est le principe de compassion, d'amour des autres, de fraternité. Vous ne savez pas pourquoi, mais c'est comme ça.
Je vais vous donner un exemple tout bête de la vie de tous les jours. Donc, n'importe où, n'importe quand, un gosse trébuche et tombe, il n'y a pas un être humain qui ne se précipite pas pour le ramasser. Avant même d'avoir réfléchi.
Ce n'est pas vrai quand c'est un adulte qui tombe. Mais quand c'est un gamin, c'est universel. Bon, ça prouve qu'il y a en nous une part de nous-mêmes qui est poussée à l'entraide, à travailler ensemble, à se protéger les uns les autres.
Et c'est un ressort humain extrêmement profond. Il vient des âges très profonds. L'humanité n'aurait pas survécu si elle n'avait pas ça qui était visté dans le programme.
Elle n'aurait pas survécu. Elle a survécu parce que les éléments qui s'aidaient le plus les uns les autres survivaient et se reproduisaient. Pardon d'aller chercher si loin mes exemples, mais moi, j'y crois, ça.
Si on ne croit plus que l'humanité est porteuse par elle-même d'un certain nombre de vertus, de valeurs spontanées, que oui, les sentiments, ça a un sens, même en politique, même dans la rue, eh bien, alors, on ne croit plus à rien. On est un monde froid. De quoi ?
Le monde dont rêve M. Macron, où tout le monde a envie d'être milliardaire, c'est-à-dire d'exploiter les autres. La France, comme la rêve M.
Macron, une start-up, où il y en a 3-4 qui ont une bonne idée, qui se font plein de sous, et puis tous les autres qui tombent dans la rue. Non. Donc, il faut croire à ces valeurs-là.
Justement, vous parlez de cette entraide, de cette solidarité qu'il y a eu notamment vis-à-vis du boxeur. De l'autre côté, il y en a certains qui ont mis en place une cagnotte de soutien aux forces de l'ordre blessées durant ces manifestations. Est-ce que vous en portez le même avis ?
Quelle analyse vous avez ? Non, c'est stupide. Pour vous, c'est stupide ?
Mais bien sûr, parce que les forces de l'ordre, comme on dit, pourquoi on ne pourrait pas dire les gardiens de la paix ? Ça serait quand même mieux. Les forces de l'ordre, on croirait une armée.
Il n'y a pas deux camps dans la société. D'abord, commençons par rappeler cette question de principe. J'ai entendu une fois M.
Wauquiez dire qu'il faut condamner les violences de chaque côté. Non, mais on ne comprend pas. Il n'y a pas deux côtés dans ce pays.
Ce n'est pas la guerre civile. Il y a un seul côté, le peuple et sa démocratie. Et là, il y a une crise de la démocratie.
Parce que les gens veulent une chose et le pouvoir en veut une autre. Normalement, dans une démocratie, bon, alors au début, c'est normal. Ceux qui ont le pouvoir disent « Écoutez, on a été élus pour ça.
Donc, on applique notre programme. » Puis, apparemment, que tout est bloqué, ben alors, on vote. Qu'est-ce que vous voulez faire d'autre ?
Il faut que quelqu'un...
On ne peut pas faire céder les Gilets jaunes et on ne peut pas faire céder le gouvernement. Par conséquent, il n'y a qu'une chose à faire, c'est voter. Bon, je donne mon avis sur le sujet à cet instant, mais je reviens sur votre affaire de cagnotte.
La police, ce n'est pas un corps autonome, ce n'est pas une milice. Ce ne sont pas des gens qui sont au service d'un parti. Ils sont au service de la patrie, de la République.
Bon, ils ont des pouvoirs, ils obéissent aux ordres. Il ne faut pas croire que c'est de leur propre chef que le samedi, je dis tiens, samedi, je descends dans la rue avec mon carte, mon bouclier et mon flashball. Ils y vont parce qu'on les a convoqués.
Parce que c'est leur travail et leur travail et leur devoir, c'est de servir et d'obéir. Par conséquent, ce n'est pas à eux personnellement qu'il faut qu'on s'imprègne. Il faut qu'on discute les conditions dans lesquelles ils sont utilisés.
Ils en ont ras-le-bol. Et moi, je leur donne raison d'en avoir ras-le-bol. Donc, eux, ils sont un corps constitué.
Ce sont des fonctionnaires de l'État. Il n'y a pas besoin de faire de cagnotte. C'est à l'État de prendre en charge ses serviteurs, ses fonctionnaires.
Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? On va faire la manche aussi maintenant pour payer les fonctionnaires. C'est une très mauvaise idée.
Et c'est surtout une idée qui crée une bizarre définition. Non, la police n'est pas la propriété d'un camp ou d'un autre. La police est la propriété de la République.
Donc, il faut complètement réviser son mode de fonctionnement. Il faut réviser la façon dont elle est utilisée. Et il faut qu'elle soit vécue différemment par la population.
Donc, il faut que le pouvoir arrête de présenter les policiers comme une espèce d'armée privée de la République en marche. Parce que ce n'est pas vrai. Ce n'est pas leur fonction.
Voilà ce qu'il faut dire. Alors, on aura l'occasion de revenir justement sur le pacifime, la violence dans les manifestations au cours de ce live. Mais je voulais aussi vous poser cette question, prendre un peu de hauteur justement sur ce mouvement des Gilets jaunes qui a commencé depuis près de deux mois maintenant sur le terrain le 17 novembre mais même un peu avant sur les réseaux sociaux.
Finalement, avec un peu de recul, pour vous, Jean-Luc Mélenchon, qu'est-ce que ça dit de notre société ? Oh ben, je ne vais pas faire le malin après qu'on ait entendu des kilos de textes, de paroles déversées sur tous les plateaux. Bon, pour ma part, j'ai évidemment le regard d'un homme qui a connu un très long engagement politique dans la vie.
J'ai commencé à militer j'avais 16 ans. donc j'en ai vu des choses. Le mouvement des Gilets jaunes est absolument unique en son genre.
Il ne correspond à aucune catégorie politique particulière. D'ailleurs, quand vous, vous avez beaucoup circulé, vous avez beaucoup été sur le terrain, vous avez vu, tout le monde est là. Mais tout le monde a l'intelligence de ne pas mettre en avant son étiquette, son sigle et les gens partent de qu'est-ce qu'on fait ensemble, pourquoi on est là ensemble, qu'est-ce qu'on veut faire, comment on va le faire, ça va depuis qu'est-ce qu'ils préparent à manger sur les ronds-points jusqu'à est-ce que samedi on reste ici ou est-ce qu'on va à Paris ou est-ce qu'on va au chef-lieu du département.
Il y a une espèce de solidarité qui s'est construite qui met de côté les engagements partisans qui sont respectables. Je m'empresse de le dire. C'est normal que chacun ait son idée et puis peut-être qu'elles vont changer en cours de route en discutant à force les uns avec les autres.
Donc ça ne correspond pas à une classe comme ça. Ce n'est pas juste une classe sociale parce que là, vous avez des chômeurs des retraités, des jeunes qui sont en formation, des ouvriers, des ingénieurs parce qu'il ne faudrait pas croire. Je sais qu'il y a une image qui a été montrée.
On croirait quand on écoute certaines émissions à la télé. Alors mon vieux, ces pauvres gilets jaunes, je ne sais pas ce qu'ils leur ont fait mais ils ne peuvent pas les blairer. Alors au début, c'était des irresponsables écologiques.
Après, c'était des hyper-violents. Après, c'était tous des fascistes, des antisémites, des homophobes. Enfin, j'ai rarement vu un moment de politique où autant de belles personnes pouvaient aussi grossièrement insulter le peuple français et le faire avec une espèce de bonne conscience, de tranquillité.
Ils sont là, ils se disent oui. L'autre soir, j'ai entendu à la télévision, je ne vais pas dire laquelle, il y avait un personnage important de la télévision française qui disait « Ah ben, ils sont sur les ronds-points, alors ils cassent la croûte ensemble, ils boivent en cours, on n'est pas prêts de les déloger de là. » Mais qu'est-ce que ça veut dire ?
Vous croyez que les gens prennent plaisir à être dans la lutte ? Bien sûr qu'il y a des moments forts dans la lutte de chaleur humaine, de fraternité humaine. Mais ça, c'est toujours, les grands bourgeois ont toujours cette idée, ils pensent que les gens vont font des manifs pour se promener, font grève par plaisir, alors qu'ils y perdent leur journée de travail, etc.
Donc, le mouvement, il correspond à aucune catégorie sociale particulière, aucun camp politique particulier. Quand je dis « Aucune catégorie sociale particulière », tout le monde le comprend. C'est clair que ce ne sont pas les patrons du CAC 40 qui sont sur les ronds-points.
D'ailleurs, ceux-là, vous avez remarqué, ils n'ont jamais besoin de manifester pour obtenir ce qu'ils veulent. Vous n'en êtes pas rendu compte ? Par exemple, ils ont obtenu la suppression de l'impôt sur la grande fortune.
Moi, je vais absolument en reparler de ça parce que c'est un scandale énorme. C'est-à-dire que vous avez un pouvoir qui a décidé de donner comme ça, de la main à la main, un chèque d'un million d'euros à 100 personnes. 100 personnes.
Ils n'avaient rien demandé. Ils n'avaient pas fait de manifs, pas bloqués de ronds-points, même pas payé une page dans un journal. Forcément, ils possèdent tout le journal, donc ils n'ont pas besoin.
Mais ils auraient pu payer une pub pour dire « On veut récupérer notre ISF ». Rien. Ils n'ont rien dit, ils ont obtenu.
Et le pouvoir a dit, quand on leur a dit « Vous ne trouvez pas ça énorme quand même ? » « Oh oui, ben non, mais ils vont le réinvestir. » L'année est terminée.
Cet argent, il n'est pas revenu dans la production. Il y a un ministre à qui j'avais dit « Mais écoutez, est-ce que vous connaissez l'économie de notre époque ? Ce n'est pas possible.
Comment vous pouvez croire que cet argent va retourner dans la production ? » Il va tourner dans la spéculation. Tout le monde peut comprendre que quand vous avez beaucoup d'argent, même si vous en avez très peu, ça rapporte plus d'aller le mettre dans la sphère financière et on peut obtenir jusqu'à du 10% que de le mettre dans la production, vous devez vous contenter de 4%.
Je sais bien que la plupart des gens qui m'écoutent, ce n'est pas leur problème. Dans la vie, leur problème, c'est d'arriver à tenir au-delà du 10 du mois. Mais pour ceux qui ont beaucoup d'argent, bon, donc, on le sait, ils vont mettre ça dans la sphère financière.
D'accord ? Ça va d'ailleurs mal tourner bientôt dans la sphère financière. Mais ils l'ont mis là-dedans.
Ils ne l'ont pas mis dans la production. Alors le ministre Le Maire, à qui je faisais la remarque, se lève, il dit, mais M. Mélenchon, vous me demandez pourquoi je crois ça ?
Mais parce que c'est le bon sens. Je dis, M. vous croyez que c'est le bon sens qui mène le capitalisme aujourd'hui dans le monde ?
Mais si c'était le bon sens, ils arrêteraient de détruire la planète. Or, ils sont incapables d'arrêter les processus qu'ils ont mis en route, même si eux-mêmes, leurs gosses, doivent être protégés contre eux-mêmes de leur manière de faire vivre la planète et de faire vivre les êtres humains entre eux. Donc, le mouvement Gilets jaunes, c'est essentiellement des gens qui disent, bon, bon, ça, on ne vous demande pas d'être milliardaires, on vous demande de partager ce qu'il faut pour qu'on puisse vivre dignement de notre travail.
D'ailleurs, on ne vous demande pas mieux que d'aller travailler ou d'aller se former. Et puis, quand arrive la retraite, on arrête de bosser. Non, mais je suis obligé de rappeler ça à intervalles réguliers.
C'est qu'on croirait que les gens sont des feignants quand ils arrêtent de travailler, mais ce n'est pas un but dans la vie de travailler. Le travail permet d'avoir un revenu, il permet souvent de s'accomplir soi-même parce qu'on sait faire des choses que les autres ne savent pas faire et on est content de rendre service d'une certaine manière quand on produit quelque chose. Je suis sûr que vous, vous êtes content de faire votre boulot de journaliste.
Bon, ben, il y a plein de gens comme ça, tout le monde. Moi, j'en connais peu qui disent, mon travail, ça ne veut rien, c'est une honte, je ne sais pas pourquoi, il existe. Non, les gens s'investissent dans ce qu'ils font.
Donc, c'est tout ce que demandent les gens. Le droit de pouvoir vivre dignement est, disons, de vivre tranquillement, de prendre les petites parts de bonheur que l'existence peut nous donner. Et moi, j'appuie ce mouvement parce que je le trouve extraordinaire, de solidarité, de fraternité.
Je le trouve modéré dans ses demandes. Contrairement à l'image qu'on veut donner des Gilets jaunes, je ne vois pas ce qu'il y a d'exagéré dans ce qu'ils disent et dans ce qu'ils demandent. D'ailleurs, la preuve que c'est plein de bon sens.
La preuve, c'est qu'ils ont fini par avoir raison. Au début, on les traitait de tous les noms. Mais pour finir, la surtaxe a été abrogée.
Donc, ils avaient raison. Pourquoi a-t-il fallu attendre tant de temps pour se rendre compte qu'ils avaient raison ? Eux, ils n'ont pas demandé ça comme un privilège.
Ils l'ont demandé comme un fait de justice. Et nous, les parlementaires insoumis, on a dit 100 fois, on a dit, mais c'est absurde. Vous allez prendre 3 milliards à des gens qui ont la langue par terre de la tirer.
Et tout ça, pourquoi ? Pour payer 3 milliards que vous faites cadeau aux autres. Parce que c'est ça, la vérité.
C'est tellement vrai que c'était dans une lettre que le gouvernement a envoyé à la Commission européenne en disant, pas de problème, d'accord, on a fait un gros cadeau, mais on se rattrape sur les taxes, sur le carburant. Ils l'ont écrit. Bon.
Alors, ce mouvement, voilà, c'est ça qu'il représente. Et puis, il représente une chance pour la France. Parce que, puisque les gens se sont mis en mouvement, ils peuvent transformer plein de choses.
Regardez cette affaire de référendum d'initiative citoyenne. On aura le temps d'y revenir un petit peu plus tard, mais cette question qui est peut-être importante aussi, on la...
Vous me posez une question tellement, que je fais une réponse qui n'en finit plus. Bien sûr, mais on a l'occasion après de revenir point par point sur certains détails. Oui, de passer la nuit.
Mais il y a cette question qui se pose également. On a recueilli énormément de témoignages sur Brut, sur le terrain. On a donné la parole à des Gilets jaunes qui nous expliquaient pourquoi ils étaient là.
Et certains disaient, c'est une parole qu'on n'a pas eue pendant des années. On a été oublié à la fois des médias, donc des fois, ils se dirigeaient contre nous, journalistes, comme qu'on ne leur donnait pas la parole et qu'on les avait oubliés. Mais d'un autre côté, ils se dirigeaient aussi vers les politiques en disant que les politiques les ont totalement oubliés.
Qu'est-ce que vous répondez à cela ? Je réponds d'abord. Ce n'est pas moi qui pose la question, c'est vous qui me la posez.
Mais je vais vous dire, un, que les médias aient méprisé le peuple, c'est une certitude qu'on peut calculer. Il y a des organismes qui font ça. Je ne vais pas aller bien loin.
Je ne vais pas dire parler de politique, mais simplement la représentation. Qui on voit à la télé ? Qui on voit ?
On voit 2% d'ouvriers. Or, les ouvriers, les employés, c'est 23% de la population active. Et 60% des rôles, des films, de tout ce qu'on voit à la télévision, ce sont des cadres et des cadres supérieurs.
Comment ça se fait ? Il y a donc toute une partie de la population qui n'existe pas. Ensuite, la couleur de peau des gens.
Voilà. Ce n'est pas moi qui dis ça. C'est un rapport, je crois que c'est du CSA.
Comment ça se fait qu'à la télévision, il y a des tas de gens qui n'apparaissent jamais ? Le peuple français est très divers. Comment ça se fait ?
C'est-à-dire, il faudrait...
Le CSA fait des remarques. Moi, j'ai beaucoup de comptes à régler avec le CSA, mais j'ai aussi des moments où je peux vous dire ce qu'ils ont dit là, ce qu'ils ont fait là, c'est bien. Il faudrait qu'ils soient plus...
Non, c'est peut-être que la mentalité de ceux qui décident change. Vous comprenez ça ? On est des êtres humains.
Tout ne va pas se régler à coup de règlement. Bien sûr qu'il faut des règlements. Par exemple, pour ce qui a été de féminiser la présence à la télévision, on peut dire qu'on a progressé.
Ce n'est encore pas la gloire. Ni dans ce qui se voit, ni dans les rôles principaux, ni dans les postes de commandement, et ainsi de suite. Mais bon, alors, qu'est-ce qu'il faudrait faire ?
Déjà que tout le système médiatique ne soit pas au service d'une vision du monde. Parce que...
Pour vous, le service médiatique, il n'y a pas objectif pour vous ? C'est ce que vous voulez...
Objectif, vous savez, personne n'y arrivera jamais. C'est un sujet qui est toujours... qui est incroyable, qu'on soit obligé de revenir là-dessus.
C'est comme le débat qu'il y a eu à l'Assemblée sur les fake news. Ils ne peuvent pas dire ça en français, les fausses nouvelles. Alors, on fait une loi contre les fausses nouvelles.
Alors, on a dit, écoutez, bon, d'accord, c'est quoi une vraie nouvelle ? Ah, je ne le savais pas. Et puis, à la fin, ça a tourné au ridicule parce que c'était une loi qui prétendait établir par la loi ce qu'est la vérité.
Mais ça, on n'y arrivera jamais. On ne saura quelle est la vérité parce que son horizon recule sans cesse. Il n'y a pas besoin d'être un maître en philosophie pour comprendre ça.
La vérité, nous la cherchons nous autres les êtres humains. Alors, nous sommes souvent au service d'une manière de voir le monde. Les médias sont au service d'une manière de voir le monde.
Et quand ce monde auquel eux croient est en danger, eh bien, ils le défendent. Et ils ne se rendent pas compte qu'ils affrontent une masse croissante de gens qui ne croient plus à ce monde. Par exemple, la publicité qui pousse sans arrêt à la consommation.
Mais ils défendent quel monde pour vous ? Le monde de l'argent, celui de leur propriétaire. 90% des médias sont possédés par 9 milliardaires.
Bon. Alors, on me dit, il faut que la presse soit indépendante. Non, ce n'est pas le sujet.
Ce n'est pas l'indépendance de la presse qui est le sujet. Le sujet, c'est le pluralisme. C'est-à-dire le fait qu'ils disent des choses différentes.
Et on ne peut pas admettre qu'au fond, il y a cette espèce d'énorme machine qui répète les mêmes choses d'une chaîne à l'autre sous un angle un peu différent, avec des talents différents. Nous en sommes d'accord. C'est des visages différents.
Mais qui dit et produit la même chose du matin au soir. Et puis qui surtout vend un style de monde. J'allais aborder le sujet de la publicité avec vous.
Parce que c'est ce qui doit faire réfléchir. Vous savez, un système économique, un système politique, ce n'est pas que des règlements et des lois. Il vous vend une culture avec.
Vous êtes forcément en quelque sorte la somme des modes d'emploi des objets que vous utilisez. D'accord ? Ce à quoi on vous fait rêver quand vous regardez une pub.
Alors on vous fait rêver à des choses qui sont souvent hors de portée. Il faut tout ce qu'on soit par exemple beau, musclé, je ne sais pas quoi, telle couleur de cheveux, tel...
Bon. Ça vous vend sans arrêt un idéal pour lequel, pour accéder à cet idéal, il faut acheter. Acheter, produire et vendre.
Acheter, acheter, acheter, acheter. C'est un monde dans lequel on ne vous dira jamais fait un sourire, c'est sympa. Bon, j'exagère, je caricature, mais j'essaye de faire comprendre que le système médiatique est la deuxième peau du système économique et politique.
Alors, du système économique par les valeurs qu'il défend, par la mise en scène qu'il fait, et du système politique parce que vous n'avez qu'à regarder les plateaux de télé. Tout le monde raconte la même chose. Bon, voilà.
Hier et avant-hier, c'était moi l'horrible, l'affreux. Alors tout le monde me montrait du doigt. Bon.
Pas un s'est demandé si réellement ce qu'on me reprochait, je l'avais vraiment dit. Par exemple, ce ministre Hicule qui dit, Mélenchon dit il faut casser du flic, ils auraient pu vérifier les gens qui sont là. Est-ce que c'est vrai ?
Il a dit ça, il a dit le contraire, Mélenchon, sur cette affaire-là. Et combien d'autres ? Donc, ça, tout le monde le voit.
Est-ce qu'il faut que vous compreniez, vous autres, les journalistes, mais je le dis à vous parce que je sais que je vais pouvoir finir ma phrase. D'habitude, je ne peux même pas finir ma phrase. Il faut que vous compreniez que la détestation dont vous faites l'objet, elle a une origine, elle a une racine.
Alors, évidemment, regardez comment, en quelque sorte, le système médiatique reproduit toutes les inégalités de la société. Les malheureux qui sont sur le terrain, ceux qui font les enquêtes, qui croient à leur métier, ils pensent que c'est ça, bon, c'est aller, comme on dit, c'est les médias. Les gens se demandent plus ce que le nom veut dire.
Médias, ça veut dire plusieurs médiums, c'est-à-dire intermédiaires. Les gens qui choisissent d'être journalistes, c'est un métier que je n'ai pas pratiqué longtemps, mais je n'ai pratiqué quand même deux ans. Quand on fait ça, on est content parce qu'on passe d'un sujet à l'autre et intellectuellement, c'est super excitant, on rencontre des tas de situations qu'on n'aurait jamais connues sans ça, on approche des gens qu'on n'approcherait pas sans ça, et puis on a l'impression que du coup, on donne à voir et on fait exister, on permet à une réalité d'exister et d'être vu.
C'est ça que se figure chaque jeune qui veut être journaliste et puis se retrouve à faire des directs qui durent deux ou trois secondes et où la question contient la réponse. Est-ce que tout brûle ? En effet, ça brûle.
Et donc, ils se font détester les malheureux. Eux, ils font leur boulot. Et puis après, on passe le plateau.
Le plateau, il y avait 50 personnes dans la manifestation. Manque de peau, il y en a 1 000. Donc les 1 000 qui sont là sont fous de rage.
Et qui est-ce qui déguste le malheureux qui est là sur le terrain ou la malheureuse qui faisait son boulot, qui n'est responsable en aucun cas de ce qui vient d'être dit sur le plateau. Donc, vous voyez, dans ces circonstances, les chefs le savent tout ça. Les grands dirigeants des chaînes de télé, ils le savent.
Ils savent qu'ils exposent leur personnel en laissant comme ça à longueur de journée répéter des propos aussi hostiles au peuple, aussi mensongers par rapport à la réalité. Ils le savent. Pourtant, ils continuent.
Alors, ça craque en ce moment. De même que vous avez des policiers qui ne veulent plus, qui disent écoutez, où on va comme ça. Alors, tous les samedis maintenant, c'est tabassage généralisé.
Ils ne sont pas d'accord, les policiers. Vous commencez à avoir des journalistes qui disent mais nous, qu'est-ce qu'on fait là ? Alors, tous les samedis, on s'en va à l'expliquer que le mouvement s'essouffle et qu'il y a des violences partout alors que ce n'est pas vrai.
Et puis, de l'autre côté, il y a aussi des journalistes qui peuvent dire que c'est les politiques et certains vous citent notamment en disant vous avez, par certains de vos propos, mis une tension supplémentaire entre des gens dans la rue et la presse. Qu'est-ce que vous leur...
Alors, il faut qu'ils s'en expliquent. Il faut qu'ils le démontrent. Il faut qu'ils le prouvent.
Il ne suffit pas d'accuser. Moi, je...
Là, je viens de faire une démonstration pour expliquer et qui n'était pas une démonstration personnelle. Je n'ai pas mis en cause des personnes. J'ai mis en cause un système, une manière de fonctionner qui fait que le système médiatique est celui-là.
Puis après, qu'est-ce que vous voulez ? Il y a un côté, un goût pour le spectaculaire, pour le violent, pour le buzz qui fait que vous avez tout un tas de professionnels de la presse qui ne font plus que ça. Du buzz.
Alors, bon, un jour, on m'accuse d'avoir dit ceci ou cela. C'est même pas vrai. Mais tant pis, on en parle pendant des heures.
Vous avez un point particulier ? Par exemple, il y a eu une phrase, une fois, au moment, je vais l'aborder parce qu'elle est venue souvent en exemple. Pendant la grève des cheminots, pareil, le système médiatique était horrible.
C'était les cheminots privilégiés, glandeurs, qui ne faisaient pas leur travail, comment ils étaient encore là, la SNCF est endettée comme si c'était de leur faute à eux. Bon, c'était ça l'ambiance. Et il y avait une rage contre les journalistes terrible.
Et j'ai écrit dans...
J'écris beaucoup. Donc, je fais des longues notes de blog. Imaginez-vous, je prends des risques parce que si vous écrivez quatre mots, vous surveillez les quatre mots.
Mais si vous écrivez, comme c'est mon cas, 30 000 signes par semaine, bon, je prends des risques. Mais enfin, il faut pouvoir parler quand même. Sinon, s'il faut rester là à dire, bon, comme je fais des fautes d'orthographe, je n'écris pas.
Ou comme l'autre, il ne peut pas comprendre plus de 140 signes, je ne dis rien, je n'explique plus rien. La pensée, c'est un processus complexe. Vous voyez, là, je fais des phrases longues que vous me permettez de parler, donc je me sens plus à l'aise pour exprimer.
Je me dis, je vais peut-être bien arriver à me faire comprendre. Alors, j'avais fait une phrase comme ça au milieu en disant, si la haine et le dégoût que ce genre de méthode inspire est compréhensible, d'accord ? Et la phrase continue.
Elle dit, il nous faut traiter cette question d'une manière rationnelle, c'est-à-dire avec la raison, de manière raisonnable. Raison, raisonnable, rationnelle, tout ça, je le dis pour M. Griveaux qui ne comprend pas tous les mots, tout ça, voilà, ça forme un tout.
Et alors, qu'on fait toute une série de vos confrères, c'était trop beau, ils avaient un bout de phrase de Mélenchon qui montre que c'est un violent et tout, ils ont pris le début de la phrase. Mais comme ils sont, pardon de dire ça, mais pas très malins, ils croient que tout le monde me déteste, parce qu'eux me détestent. Je les comprends.
Pour vous, les médias vous détestent ? Non, les médias, ça ne veut rien dire. La presse vous déteste ?
Non, la presse, ni elle me déteste, ni elle ne me déteste pas. La presse, elle est à vendre. Donc, elle fait ce qu'elle a à faire, vendre du temps de cerveau utile, comme disait le patron de TF1.
Donc, ils font leur boulot. Ils n'ont ni détestation, ni amitié, ce n'est pas le problème. Mais il y a des personnes, oui, qui sont absolument obsédées de moi, qui peuvent, dans un mois, mettre 50, 60, 70 tweets, alors qu'ils sont journalistes, contre moi.
Bon, normalement, ce n'est pas leur métier de faire ça, ils ne sont pas payés pour ça, ou alors, sans tenir de même pas parler de cette phrase, qui a un intérêt assez médiocre, il faut bien le dire, ils n'ont fait que lire le début de la phrase. Comme si, moi, je disais, oui, oui, c'est bien de les haïr et de les trouver dégoûtants. Mais ce n'est pas mon propos.
Que les gens les haïssent et les trouvent dégoûtants, c'est leur point de vue. Je suis au courant. Ce que je dis, c'est que nous devons...
Partagez ? Bien sûr. Nous devons traiter cette question d'une manière rationnelle.
C'est-à-dire, ne pas en faire une affaire de violence et personnelle. Oui, bien sûr, je comprends qu'on finisse par être excédé, mais je suis moi-même un témoin. C'est-à-dire que vous haïssez les médias, c'est ce que vous...
Vous voyez, là, vous êtes en train de...
Non, mais attendez, c'est intéressant parce que tout le monde nous écoute et vous voit faire. Bien sûr. Regardez, est-ce que je viens de dire il est normal de haïr ?
Non, je viens de dire les gens les haïssent. Bon, mais vous, vous voulez me faire dire que ça ferait un bobeuse, c'est ça que vous voulez dire ? Non, pas du tout, mais moi, ce qui m'intéresse en tant que joueur, c'est d'avoir le fond de votre pensée.
Le fond de ma pensée, je viens de vous le donner à la première partie où vous m'avez, avec beaucoup d'élégance, laissé parler. Je vais vous expliquer pourquoi c'était la deuxième peau du système. Je vous ai démontré comment ça fonctionnait.
Donc, quand vous, vous êtes de l'autre côté de la peau, c'est-à-dire à l'endroit où on prend les coups, les coups sociaux, la violence de la dureté de la vie, c'est normal que vous n'allez pas embrasser la main qui vous frappe. Si vous êtes cheminot, vous n'avez pas regardé la télé en disant « Oh, merci d'avoir dit que je suis un bon à rien, un feignant, trop payé. » Non, vous ressentez, vous dites « Mais c'est dégueulasse, pourquoi c'est eux qui parlent comme ça et nous, on ne peut jamais rien dire et on ne peut pas répondre. » Et quand vous commencez à répondre, on vous coupe la parole à bout de deux secondes.
C'est normal qu'il y ait une réaction comme ça. Il faut comprendre que les gens ont de la fierté, ils ont de l'orgueil. Et puis, on vit dans une civilisation où l'apparence compte beaucoup.
Donc, vous comprenez, c'est ça qui crée de la colère. Et à certains moments, des bouffées de haine. C'est ça qui crée cette situation.
Mais ça ne veut pas dire que moi, je la souhaite. Moi, ce n'est pas ce que je souhaite. Dans mon programme politique, j'explique...
Dans ce qu'on a dit. Dans mon programme politique, j'explique ce qu'on devrait faire avec les médias, comment les médias publics devraient être replacés sous le contrôle de ceux qui payent la taxe, qui par exemple, pourraient élire, ça peut être l'Assemblée nationale, sur une liste d'aptitudes, qui élirait les chefs de la télé publique ou le grand chef, au lieu que ce soit le président de la République, en consultant le CSA. On pourrait faire comme ça.
Ensuite, il y a une forme d'égalité sociale dans les médias qu'il faut défendre. Si, entre le grand chef ou le journaliste qu'on voit sur le plateau qui est payé, 30 000 euros par mois, comme c'est le cas dans plusieurs grandes chaînes. Il n'y a pas forcément...
Tout le monde n'est pas forcément...
Il y en a certains qui se sont payés ce niveau-là. C'est exactement ce que je veux vous dire. Ce n'est pas normal que les uns aient tant, avec des privilèges fiscaux en cause.
Ils sont très peu nombreux par rapport à ceux qui sont...
Pas, pas, pas, pas, très peu nombreux, mais ils sont là et c'est eux qui commandent. Mais c'est comme dans les entreprises. Ils sont très peu nombreux à toucher beaucoup, mais c'est eux qui commandent.
C'est une des raisons pour lesquelles, par exemple, j'ai proposé qu'il n'y ait jamais un écart plus grand que de 1 à 20 dans les salaires dans une entreprise. On peut resserrer d'ailleurs. On pourrait dire de 1 à 10, c'est bien assez.
Moi, j'ai pris le chiffre de 1 à 20 parce que c'était le chiffre que proposait la Confédération Européenne des Syndicats. Je ne voulais pas faire l'exagérer et en rajouter. Mais comme depuis, il y a d'autres partis qui ont proposé d'autres fourchettes, c'est-à-dire de 1 à 10, très bien de 1 à 10, donc dans une rédaction, il ne devrait pas y avoir d'écart plus grand que de 1 à 10.
D'accord ? Or, vous avez des gens qui sont payés au lance-pierre, qui sont payés avec des statuts tout à fait incertains et qu'on met dans la rure du cours avec ton micro, avec ta caméra et puis débrouille-toi. Ça, ce n'est pas acceptable.
Parce que, qu'est-ce qui se passe ? Il faut raconter la vraie vie dans le journaliste pour comprendre de quoi on parle. Celui qui est dans cette situation, il est tenu comme ça.
Il est comme tout le monde, il faut qu'il paye ses traites de voiture ou de sa maison. S'il a des gosses, il faut qu'il amène à manger. D'accord ?
Il ne va pas prendre de risque, le garçon ou la fille qui fait ça. Il ne va pas se dire « Ah, mais finalement, pourtant, ils en prennent souvent des risques. Ils tendent le micro.
Ils prennent des interviews de gens qui disent « Il y a la marge, si et ça. » Et puis après tout ça, il n'y a pas que socialement. Il y a la manière de produire l'information qui est une grande importance.
Si vous mettez un malheureux qui a cinq sujets dans la journée, moi je suis parlementaire, j'ai quatre assistants et je change le sujet continuellement. D'accord ? Vous êtes d'accord ?
Mais vous, vous changez aussi de sujet. La preuve, c'est que je m'en occupe. Les sujets dont je m'occupe moi, vous vous en occupez vous aussi.
Moi j'ai quatre assistants, vous en avez zéro. Et vous devez donc tous les jours avoir une pensée très claire, très fine, très documentée sur...
Alors d'abord, pourquoi le temps a changé ? Bon, je blague. Et puis à la fin de la journée, ça va être un cas social, une entreprise qui ferme.
Au milieu, vous avez un problème d'écologie qui se pose. Comment voulez-vous que des gens puissent produire une information de qualité dans des conditions pareilles ? Alors heureusement, des journaux y arrivent.
Mais il faut regarder comment ils font. Mais on réinstaure le climat de confiance pour clôturer sur le chapitre des médias. Comment on réinstaure ce climat de confiance ?
Parce qu'aujourd'hui, vous en faites un constat très critique. Vous êtes peut-être l'homme politique qui en fait le constat le plus critique aujourd'hui. Voilà.
Comment ? Comment c'est l'enjeu que Melenchon voudrait savoir ? Je viens de proposer des pistes.
J'en ai pour pratiquement toutes les situations. Je pense que, par exemple, il ne devrait pas y avoir...
On va entrer dans les détails. C'est peut-être aller trop cuisiner. Par exemple, plus aucun service d'information sans un comité de rédaction.
Des tas d'endroits où il n'y a pas de comité de rédaction. C'est un type tout seul, souvent d'hommes, où une femme qui décide tout seul dans son bureau, ce qu'on va faire, ce qui passe, ce qui ne passe pas, et ainsi de suite. Bon.
C'est des détails, mais pour la presse privée, c'est une chose. Mais pour le service public, alors non, là, c'est notre bien commun. Je crois que surtout, ce qu'il faut faire l'effort, c'est de renoncer à l'idée de vache chacrée.
Vous savez, quand on parle du statut des cheminots, là, on a le droit de critiquer. Dès qu'on critique la situation dans les médias, on a l'impression qu'on va attenter à la liberté. On a le droit de dire.
Moi, mes critiques, je les ai toujours argumentées avec des propositions, des contre-propositions. Les réponses que j'ai, elles sont incroyables. Par exemple, le président de Reporters sans frontières, quand même, il devrait s'intéresser à ça, il n'a pas un mot à dire.
Quand le président de la République dit, ce ne sont plus des médias, ce sont des accusateurs que nous avons dans les journaux. Le président dit ça. Normalement, on aurait dû dire, dites donc, vous êtes le premier magistrat du pays, vous ne pouvez pas parler comme ça.
Vous n'êtes pas un passant dans la rue, vous n'êtes pas M. Mélenchon, vous n'êtes pas un chef de syndicat, vous ne pouvez pas parler comme ça, mais il ne dit rien. Par contre, il fait un papier où il dit que je suis une menace pour la liberté d'informer que je n'aime que la propagande.
Pendant quel monde on vit ? J'ai une menace pour qui ? Pourquoi ?
Ça me rappelle Hollande qui traitait d'apprenti dictateur. Mais quel truc ? J'ai que mes pauvres mains, mes textes et mes discours pour produire mes idées.
Donc, la situation dans les médias, nous devons nous y intéresser. Ce n'est pas un sujet comme ça. Répandre de l'information en données, c'est un devoir dans une démocratie.
On a besoin des médias. Sinon, on ne peut pas, on s'occupe, on a sa vie, on a ces choses à faire, on ne peut pas chacun chez soi installer, je ne sais pas quoi, un comité de rédaction. Donc, on attend des professionnels qui nous amènent des choses bien calibrées, bien réfléchies, aussi proches que possible de ce qui se passe vraiment.
Je dis bien aussi proches que possible, on ne demande pas une absolue perfection. On a besoin des médias dans une démocratie. Dans une république, il y a deux piliers au temple.
Premièrement, l'école qui nous permet de devenir des êtres libres, intellectuellement, capables d'avoir de l'esprit critique. Et deuxièmement, les médias, l'information. Parce que c'est ce qui nous permet, quand on nous dit, ben monsieur, madame, il faut voter.
Ah, je veux bien voter, mais sur quoi ? Quel est le sujet ? Comment il doit comprendre ?
Les gens, ils cherchent à comprendre, ils aiment comprendre, ils aiment apprendre. Eh bien, voilà pourquoi on a besoin d'une école de très haut niveau, avec beaucoup de professeurs, beaucoup d'instituteurs, pour que tout le monde soit bien formé. Et deuxièmement, un système médiatique qui soit moins crispé et moins accaparé par l'argent qu'il ne l'est aujourd'hui.
J'ai l'impression de dire des choses de simple bon sens, mais le simple fait de les dire me vaut une vindicte absolument incroyable des gens qui sont installés dans la place et qui se figurent que je l'ai ou que j'ai un compte à régler avec eux, mais je n'ai pas de compte à régler. Je me préoccupe des médias comme je me préoccupe de tout le reste des aspects de la politique du pays. Peut-être qu'on va en parler.
Alors oui, justement, il y a cette question. On parle beaucoup d'Emmanuel Macron. Il y a ces slogans parfois qu'on entend Macron démission au sein de ce mouvement des Gilets jaunes.
Mais finalement, est-ce que ce n'est pas une succession de politiques depuis des décennies qui ont conduit à ce ras-le-bol ? C'est ce qu'on entend régulièrement dans certains témoignages de Gilets jaunes aujourd'hui. Est-ce que c'est Macron le responsable ou c'est tout en train de faire ça ?
Mais ça n'a pas d'importance qui compte. C'est le moment où on est. Bien sûr que c'est la longue suite.
Ça fait maintenant 4 présidents de la République qui pratiquent au moins 4, qui pratiquent la même politique libérale avec le même mythe, la même idéologie qui les aveugle et qui les rend fous. Qui pensent que c'est la compétition partout qui va régler l'économie. Alors que nous, nous croyons que c'est la coopération.
C'est ce que les gens n'arrêtent pas de dire. Écoutez, il vaut mieux s'entendre, travailler différemment que de faire comme on le fait. Ils ont tout privatisé en disant les prix vont baisser.
Vous vous rappelez de ça quand même pendant des années. On vous a dit le service public ça coûte cher, c'est inefficace et tout. Ah bon, on téléphone mieux maintenant ?
Le gaz, il chauffe mieux qu'avant ? Non, bien sûr. Il coûte plus cher, c'est tout.
C'est la seule différence. Mais il est privé. De même, ils vont privatiser le train.
Vous savez comme moi ce que ça va donner ? On va fermer des milliers de lignes qui ne sont pas rentables qui autrefois étaient gérés par le fait que globalement le système était rentable. Tiens, ça me fait penser à une différence.
Quand on a proposé un amendement pour qu'on ne puisse pas privatiser le train, les amis de Mme Le Pen ont voté contre notre amendement. Je vous dis ça au passage parce que ça me revient à l'esprit. Mais c'est pour vous dire toute cette politique, les gens l'ont vue.
Enfin, hé, réveillons-nous. Il n'y a encore pas longtemps, il y avait une poste dans chaque village, non ? Oh, le pays était tellement plus riche à l'époque ?
Non, on était moins riche, on était moins nombreux à l'époque. Maintenant, on n'est plus nombreux, il y a moins de postes. Je dis poste pour prendre cet exemple, il y a moins d'écoles, il y a moins de lignes de chemin de fer.
Qu'est-ce qui s'est passé ? Qu'est-ce qui ne va pas là-dedans ? On vous l'a expliqué.
On vous l'a expliqué. Donc, M. Macron, il a été élu pourquoi ?
Pas parce que les gens, tout d'un coup, ont été hypnotisés en partie par lui. Ce n'est même pas que ses discours étaient performants. On se dit « Ah, mais cet homme-là, il est jeune, il n'a rien à voir avec tout ça.
Il va nous faire un peu le ménage là-dedans, on va arrêter avec toutes ces bêtises. » Non, c'est pire qu'avant. C'est-à-dire que c'est la même chose qu'avant, c'est dur, c'est brutal, on change le code du travail pour serrer encore à la gorge les gens, on donne encore plus aux riches qu'on donnait jusque-là.
Et lui, en plus, il a amplifié l'affaire. On donne plus, on supprime l'ISF, on fait le machin qui s'appelle le crédit impôt, compétitivité, emploi, 40 milliards qu'on donne comme ça encore, c'est pire qu'avant. Et en plus, par un gars qui vous méprise.
C'est-à-dire qui dit « ouais, dans les gars, il y a des gens qui ont réussi leur vie et d'autres, c'est rien, comment rien, comment il parle celui-là ? » Personne n'a jamais parlé comme ça aux Français. Je suis un homme qui vient de la gauche, comme vous le savez, donc j'en ai passé des meetings et des batailles avec ceux de droite.
Je n'ai jamais entendu les gens de droite parler comme ça avant. Ils ne parlaient pas comme ça. On n'était déjà pas d'accord, c'est clair, on ne défendait pas la même vision du monde mais on ne parlait pas comme ça aux Français.
Je ne me rappelle pas d'un président de la République qui a dit aux Français « vous êtes des rien, des Gaulois réfractaires, en plus, allez raconter ça à l'étranger. Qu'est-ce que c'est que cette façon de faire ? » Et je vous passe tout le reste.
Plus un système, mais grossier, de deux poids, deux mesures. Vous avez un gars, notre ami, le boxeur, qui regrette d'avoir boxé ce jour-là, un gars qui avait un bouclier. Alors lui, il va en prison, personne à terre tenue par les autres.
Il est où, lui ? Il est en train de se balader d'un pays à l'autre en avion avec des passeports diplomatiques de la République française. Tout le monde le voit, ne prenez pas les gens pour des idiots.
Ne croyez pas que les gens n'ont pas fait attention. Ils ont vu, ils comprennent qu'il y a deux poids, deux mesures. Ils comprennent que quand M.
Carlos Ghosn, qui est le patron de Renault-Nissan, il a une embouille avec le fisc japonais, tout le monde sait ça. Je ne vais pas m'exprimer dessus parce qu'on va dire que je conspire contre l'industrie automobile nationale. Je ne vais pas dire ça.
Je vais juste dire la phrase que prononce M. Le Maire, le ministre de l'Économie, qui est un type plutôt froid, ce n'est pas un gars qui s'énerve. Alors on lui dit, qu'est-ce que vous pensez de ça ?
Il dit, ah ben moi, je n'ai rien à dire, il n'y a pas de problème avec la situation fiscale de M. Carlos Ghosn. Bon, vous êtes content ?
Moi aussi, je suis content, il n'y a pas de problème avec la situation fiscale. Si, il y a un problème, il ne paye pas ses impôts en France. Et il est le patron de la plus grosse boîte de bagnole du pays.
Et combien comme ça ? Et c'est les mêmes qui viennent vous dire, après, vous ne pensez pas à l'intérêt général. Au fond, ces grands capitalistes et tous ces gens, ils n'ont pas de patrie.
Tout ce qui compte, leur seule patrie, c'est leur argent. Voilà. Alors, ils habitent autour de la France, mais ils viennent en France faire leurs affaires et ramasser leurs milliards.
Vous voyez, tout ça, les gens le savent. Et ils comprennent que ils n'en peuvent plus de ça. Vous m'avez posé la question de dire, est-ce que c'est sa faute ?
On s'en fout de savoir si c'est sa faute. Il a aggravé les choses au moment où les gens espéraient qu'il allait changer tout ça. Et puis, il aurait dû être prudent, un peu réfléchir à sa situation.
Le gars, il fait 23% au premier tour. Il se retrouve élu au deuxième avec plus de 60 parce qu'il y a l'extrême droite et que les gens disent « Ben non, nous, entre les deux, on ne veut pas laisser passer l'extrême droite. » Donc, il a massivement été élu.
Mais, au point de départ, le gars, il a 10% du corps électoral. Ça ne lui donne pas le droit de tout ficher en l'air, d'agresser tout le monde, d'insulter les gens dans le pays. On a le droit quand on est un chef politique d'un parti, d'un mouvement, on parle d'une certaine manière.
Mais quand on rentre en situation, alors ça change tout. C'est la France dont il est responsable. Ce n'est pas juste de sa bande.
Vous évoquiez il y a quelques instants la situation d'Alexandre Benalla, cette comparaison. Je vais vous apprendre une information, à vous et notamment à ceux qui nous regardent à 19h06. c'est que la commission des lois du Sénat dans son enquête sur l'affaire Benalla a convoqué à nouveau Alexandre Benalla à venir à des auditions qui se dérouleront du 16 au 21 janvier et auxquelles participeront également, notamment Christophe Castaner, le ministère de l'Intérieur.
Quelle réaction ça vous suscite ? Il va sûrement venir. Il racontera ce qu'il veut et puis il n'y aura aucune sanction parce qu'ils ont déjà menti tous ces gens devant les deux commissions parlementaires.
Normalement, une commission parlementaire, ce n'est pas un tribunal. Mais vous déposez sous serment. Vous jurez de dire la vérité, rien que la vérité, toute la vérité.
Vous jurez que vous allez dire la vérité. Vous êtes devant la représentation nationale. Il me manque comme des arracheurs de dents, comme on disait autrefois.
On en mentir comme un arracheur de dents. Mais voilà. Quelles conséquences ?
Il n'y en a pas. Il est toujours en liberté. Il rentre, il sort, il bat, il vient.
Lui, quand il a une perquisition, chez lui, on lui téléphone avant. « Monsieur Benalla, on peut venir demain ? » « Non, je ne peux pas demain. » Voilà, ça s'est passé comme ça. « Venez pas demain parce que je n'y suis pas. » Et puis alors, ils arrivent le lendemain, puis les clés, je ne les ai pas.
C'est ma femme qui les a. Moi, on ne m'a rien demandé de tout ça. D'accord ?
Donc tout le monde voit, c'est ce que je vous disais tout à l'heure, qu'il y a deux poids, deux mesures, deux manières d'être traités dans ce pays. Ce n'est pas normal. Et personne n'est d'accord avec ça.
Il faut quand même le savoir. Tout à l'heure, je vous parlais des policiers, mais je ne crois pas que les juges et les avocats soient fin contents du nouveau régime qui est en train de se voter, la loi sur la justice qui va repasser à l'Assemblée nationale. Tout le monde est vent debout parce qu'on voit bien que d'une loi à l'autre, on est en train de tout durcir, tout aggraver, tout rendre encore plus difficile.
Tous les ans, on vote une loi, pratiquement à la moyenne, c'est à peu près ça, sur la sécurité intérieure, la police, la justice et tout. Personne n'a jamais fait le moindre bilan de ce qu'on a fait. Tous les ans, vous m'entendez, on doit en être à la 10e ou la 15e loi sur la sécurité intérieure.
Sur l'affaire Benalla, pour revenir dessus, certains emploient le terme d'affaire d'État. Est-ce que pour vous, vous partagez cela pour vous, l'affaire Benalla ? Oui, le mot affaire d'État, ça permet, bon, ça fait comme ça du bruit avec la bouche, mais il faut quand même regarder le fond de l'affaire.
Oui, c'est très grave, c'est gravissime. Alors voilà un homme. Je vous passe tout le premier round de l'affaire Benalla, tout le monde l'a à l'esprit.
Un gars qui décide d'aller tabasser des gens dans la rue au milieu des policiers. Bon, avec tout ce qu'on a découvert, qui avait en plus des armes chez lui, un coffre-fort qui a disparu, enfin bref. Une manière d'exercer la justice absolument incroyable, vous n'avez pas oublié qu'ils ont trouvé des armes au siège de La République En Marche.
On n'a pas trouvé au siège la France Insoumise, il n'y en a pas, c'est pas la peine de chercher, il n'y en a pas. Bon, mais eux, ils en avaient. Alors ça, ça n'a pas fait l'onde d'un bruit.
Moi, trois paroles, oui, eux, des armes dans leurs locaux, non, ce n'est pas un problème. Et lui, M. Benalla, il avait un coffre qui a disparu, bon, on ne va pas embêter les gens, hein.
Perquise, il y a un coffre qui disparaît, les armes qui étaient, elles ont disparu aussi, bon. Et cet homme, cet homme, maintenant, pose un problème gigantesque. Tout ça, tout le monde le savait, vous êtes d'accord ?
Tout le monde le savait. C'était grave, déjà. On a passé tout l'été là-dessus.
Et on découvre à la rentrée, il avait un passeport diplomatique et on l'a laissé circuler avec ça. Alors, je vais faire attention aux grands mots. Mais quand même, quelqu'un est coupable dans cette affaire.
C'est curieux, il n'y a pas de responsable. Donc, on a laissé un passeport diplomatique à quelqu'un qui faisait l'objet d'une affaire monstrueuse connue dans ce pays et il a quand même eu un passeport diplomatique. Personne ne l'a récupéré.
Mieux, on le lui a rendu. Et on veut nous faire croire que personne ne le savait. Ils disent, ah oui, mais on lui a écrit.
Ah bon ? Donc, quelqu'un dans un ministère a écrit à M. Benalla pour lui dire, écoutez, il faut rendre les passeports diplomatiques.
Je veux bien croire que ça a été fait. Mais alors, pourquoi personne n'a presse en essoucié ? Donc, ça veut dire que tout le long, ça se savait et tout le monde fermait sa bouche.
Et puis, un jour, quelqu'un a dit, il y en a marre. Parce que, c'est ce que je vous disais tout à l'heure, le gars, il est dans la diplomatie et tu lui dis, moi, je ne suis pas d'accord pour couvrir des pratiques. Pareil, ce n'est pas l'idée que je me fais de mon métier, ce n'est pas l'idée que je me fais de la France, ce n'est pas l'idée que je me fais de la diplomatie française, c'est quand même le deuxième réseau du monde.
Je ne suis pas d'accord pour qu'un personnage comme ça, là, circule en avion d'un endroit à l'autre, des avions privés avec un passeport diplomatique. C'est le niveau le plus élevé de passeport pour une personne. Je vous garantis qu'on vous la récupère derrière.
Quand j'étais ministre, j'ai fait plusieurs voyages à l'étranger et j'avais un passeport diplomatique qu'on m'en a donné deux fois. Mais on me les récupérait juste derrière. On ne me disait pas, ben, M.
Mélenchon, vous n'avez qu'à me garder, faites ce que vous voulez avec, vous nous le rendrez quand vous aurez le temps. Non, non, on le rendait tout de suite. On le rendait, c'est normal, d'ailleurs, je n'ai jamais demandé à le garder, qu'est-ce que j'aurais fait avec un passeport diplomatique.
Mais, donc, quelqu'un a craqué et a été voir un journaliste et lui a dit, tenez, voilà, voilà l'affaire, voilà ce qui se passe. Donc, oui, c'est très grave. Ça veut dire qu'il y a une chaîne ou bien personne ne contrôle rien à la tête de l'État.
Et c'est grave, je ne le crois pas, ou bien il y a une espèce d'ambiance, comment dire, bon, tout ça est accepté, supporté. Moi, j'ai dit à un moment donné avec mes amis qu'on voyait qu'il y avait une structure de commandement policier parallèle à celui de la police nationale. Bon, et vous avez vu comment M.
Collomb s'est défaussé de cette histoire. C'était lui qui était ministre de l'Intérieur à l'affaire à l'époque. Il a dit, bon, je ne suis pas au courant de rien.
Je ne sais pas qui est M. Benalla, je ne le connais pas. L'autre, je n'ai jamais vu.
Et puis, là-dessus, il a dit, s'il y a un problème, vous n'avez qu'à voir le préfet de police de Paris, qui n'était pas trop content, de se retrouver à avoir tout d'un coup l'affaire Benalla sur les genoux. Et M. Collomb est parti et a laissé en plan tout le monde.
Donc, maintenant, la haute fonction publique de l'État, elle sait que les politiques n'assument pas leurs responsabilités et que quand il y a un gros problème, ça retombe sur les genoux des hauts fonctionnaires. Donc, vous en avez un certain nombre qui commencent à dire, mais moi, je n'ai pas envie d'être pris là-dedans. Et qui commencent à dire, mais on ne veut plus faire ce sale boulot qui est de se taire quand il se passe des choses qui ne sont pas acceptables du point de vue de la morale ou de l'idée qu'on se fait du fonctionnement de l'État.
J'espère que je me suis bien fait comprendre pour dire que c'est ça l'ambiance qu'il y a en ce moment au château. Une petite bande est arrivée qui elle-même a dit qu'on a pris le pouvoir par effraction. C'est le président Macron lui-même qui a parlé de hold-up et qui a accaparé à quelques-uns, naturellement n'ayant la confiance de personne dans l'État, ne sachant pas commander l'État et en plaçant, comme ça, par-ci, par-là, des personnages bizarroïdes, pas eux-mêmes de très haut niveau, qui font les choses à la place du fonctionnement normal de l'État.
Les passeports diplomatiques sont donnés à des gens qui ont une mission de l'État, décidée par l'État et pour lui. Vous avez fait un bref parallèle par rapport à votre situation personnelle et les perquisitions qui sont déroulées dans les locaux en fin d'année dernière. Très concrètement, ça en est où aujourd'hui ?
C'est vrai qu'on en est tous restés sur cette situation en mois d'octobre. Aujourd'hui, est-ce que vous avez eu des nouvelles depuis ces perquisitions ? Non, mais de toute façon, je ne pensais pas que j'en aurais.
Par exemple, M. Bayrou, qui lui faisait l'objet d'une procédure, presque deux ans après, il n'a plus vu personne. Bon, mais sur le moment, il y a eu un effet spectaculaire, des problèmes.
Bon, je ne vais pas vous saouler avec ça parce que c'est...
J'essaye de cicatriser, d'accord ? J'ai été humilié comme vous pouvez l'imaginer, de deux façons. La première, par la manière avec laquelle j'ai été traité.
Vous savez, il y a des choses auxquelles on croit profondément dans la vie. Moi, la République, ça peut vous faire sourire, mais c'est une religion pour moi. Mon écharpe tricolore, j'ai fait élu du peuple, je crois à tout ça.
Je ne suis pas né qu'une cuillère d'argent dans la bouche, je viens du peuple. Donc, pour moi, c'est des mots importants. Par exemple, à un moment donné, j'ai dit ma personne est sacrée.
Alors, tout le monde s'est moqué de moi. Je comprends qu'on se moque de moi parce qu'en plus, j'étais plutôt énervé. Au moment où je fais ça.
Vous regrettez ? Pardon ? Vous regrettez ?
Oui, ça, c'est une question du journaliste. De ma vie, je ne regretterais d'avoir défendu ma dignité. Je vais terminer.
Non, ça n'intéresse personne à part vous. Qui, derrière cet écran, dit, M. Manchon, est-ce que vous regrettez parce que c'est trop ?
Parce que c'est ça qui est sous-entendu. Mais il y a eu beaucoup de critiques à votre rencontre. Mais je m'en fous des critiques, monsieur.
Qui me critiquait ? Les mêmes plateaux de médias qui, de toute façon, me critiquent quoi que je dise et quoi que je fasse. Et ils n'ont même pas eu le ressort professionnel qui aurait été de dire, mais est-ce que c'est normal de faire tout ça ?
Quelqu'un aurait pu se dire sur un plateau, attendez, il est parlementaire, cet homme-là. Normalement, il y a un truc qui s'appelle immunité parlementaire. On a réduit sa liberté.
On a l'accord du bureau de l'Assemblée ? Non. Personne n'a été demandé à l'Assemblée si on avait le droit de surgir chez un parlementaire qui, plus est, président d'un groupe.
Mais je vais quand même aller au bout. Oui, c'était très humiliant. Mais c'était humiliant parce que je n'ai jamais cru que tout ça aurait pu avoir lieu.
Comment c'est possible un truc pareil ? Une élue d'extrême droite dénonce 17 parlementaires pour, comme ça, parce qu'elle dit elle-même c'est un pied de nez que je fais à la justice. Et ça vous donne lieu à une perquisition.
Moi, que moi, parce que les autres n'ont pas été perquisitionnés chez eux. Tous mes anciens collaborateurs, les malheureux, des jeunes, à qui on prend tout, tout ce qu'il y a dans leurs ordinateurs, tout ce qu'il y a dans toute leur vie privée, tout est parti comme ça. Donc tout le monde est traumatisé, je vous demande de l'entendre.
Mais surtout, et je vais le redire là devant des gens qui d'habitude n'écoutent peut-être pas ce genre de rubrique à la télévision. Je vais vous dire, moi, pourquoi je suis allé au siège de mon mouvement, les gens ? Pourquoi j'ai fait ça ?
J'aurais pu rester tranquillement chez moi, attendre que ça se passe. C'est que dans le siège de mon mouvement, comme j'ai vu ce qu'on faisait chez moi, comprenez tout ce qu'il y avait dans l'ordinateur. Ils vont aller là-bas et ils vont prendre tout ce qu'il y a dans l'ordinateur, y compris le fichier où il y a votre nom.
Vous êtes 500 000 qui m'avez donné votre nom de tous les métiers, de toutes les branches, de tous les aspects du pays. D'accord ? Et bien moi, je me suis fâché comme ça.
Et puis après, oui, j'ai commis une erreur. Ça, c'est clair. J'en ai commis une.
C'est d'avoir cru que je serais défendu par les défenseurs traditionnels de la démocratie et de la liberté. C'est une chose qu'on n'avait jamais vue, une affaire comme celle-là, sans policiers, pour perquisitionner des gens qui sont accusés sur la base de simples dénonciations. D'accord ?
Oui, alors c'était...
Bon, ben voilà. Mais maintenant, je vais quand même conclure sur une chose pour prendre les devants, pour préparer la suite. Je vais vous raconter la suite.
Dans tous les pays du monde, les hommes comme moi, les femmes comme moi, la manière de les liquider, c'est de leur faire des...
Ça s'appelle la OFAR, je crois, en anglais. C'est des attaques juridiques. Donc on a mis, par exemple, l'ancien président qui était en tête des sondages pour la présidentielle au Brésil, Lula, qui est un ouvrier métallurgiste qui a été président, et il était à nouveau en tête dans les sondages pour être élu.
Et on l'a inculpé et mis en prison pour 12 ans, pour avoir été... a reçu un pot de vin.
Quel pot de vin, vous savez, c'est une corruption. Quelle corruption ? On lui a dit, on vous a offert un appartement.
Il lui a dit, lequel ? Montrez-le-moi. Je n'ai jamais vu.
Je ne sais pas de quoi vous parlez. Eh bien, le gars, il est en prison. Et le type qu'il a mis en prison, le juge qu'il a mis en prison, lui, Lula, en l'accusant d'avoir reçu un appartement comme pot de vin, lui, il est devenu ministre de la justice du gars d'extrême droite qui s'y trouve aujourd'hui.
Dans tous les pays, c'est comme ça. Il y a une attaque juridique. Le pouvoir politique instrumentalise la justice et grâce à ça, permet de se saisir de la personne ou d'évoluer politiquement.
Donc, M. Bayrou, par exemple, ce n'est pas juste. Ce n'est pas mon ami politique, M.
Bayrou. On n'est pas en ministre. Lui, il est macroniste.
Il est pour Macron. Pas moi. M.
Bayrou, ce n'est pas juste qu'ils lui ont fait. Toc ! Il fait l'objet d'une procédure.
Il ne voit plus personne. Il ne peut plus être ministre. Il ne peut plus rien faire.
Et si jamais il ressort le nez de la boîte, on va lui dire, « Eh, monsieur, il y a l'affaire là-bas ? » De pression. Je ne sais pas ce qui va m'arriver, mais comme je trouve incroyable d'être pris dans une histoire à partant d'une dénonciation et l'autre, c'est pire que tout, c'est l'histoire du financement de la campagne du parti, des présidentielles, j'ai dit, « Mais écoutez, refaites, revoyez tous les comptes, je suis d'accord.
Vous ne voulez pas les autres ? » Moi, je veux bien. Je veux bien qu'on réexamine tous mes comptes d'un bout à l'autre et qu'on me dise « Qu'est-ce qu'il a dedans ? » N'est pas normal.
Moi, j'ai passé ma vie à répondre à des questions. 2000, j'en ai reçu, de questions à la fin quand on a rendu les comptes. Et tout le long, on demandait, « Allô, est-ce qu'on a le droit de faire ci ?
Est-ce qu'on a le droit de faire ça ? » Ils avaient à zéro dans la commission à cause du passé, de l'affaire de M. Sarkozy et de la sous-facturation.
Tout ça peut paraître lointain. Puis vous voyez, c'est ça qui est habile de leur part. C'est ce que comprennent beaucoup de Gilets jaunes aujourd'hui parce qu'ils ont affaire à la justice.
C'est qu'on vous met dans une embrouille le temps que vous l'expliquiez, tout le monde dit, « Oh là là, qu'est-ce que c'est encore cette histoire ? On ne comprend pas bien. Il n'y a pas de fumée sans feu. » En plus, on vous fait un motif et on vous dit, « Ah, vous êtes présumé innocent. » Mais quand même, on vous soupçonne d'être un menteur, un voyou, un voleur, un escroc.
Rien que l'énoncé de la suspicion que vous êtes déjà malade de l'entendre. Moi, je comprends d'ailleurs les gens que j'ai au téléphone parce qu'il y a quand même des amis, j'ai des amis quand même parmi les Gilets jaunes ou qui m'appellent. « Monsieur Mélenchon, on secours.
Qu'est-ce que je vais pouvoir faire ? Je suis accusé de ci et de ça. » Ils ont mort de peur des inculpations qu'il y a contre eux.
Et on voit que là, vous avez entendu le président de la République, il a dit, « Je t'en ai d'extrême, c'est vérité. » De quoi il se mêle ? C'est le juge qui décide comment on applique une peine.
Ce n'est pas une machine automatique, la justice, sinon il n'a pas besoin de juge. On dirait, « Vous, vous avez coché la case E40, pouf, tant de données de prison, tant d'amende. » Non, il y a un juge.
Le juge, il évalue. Il se dit, « Bon, alors je tiens compte des circonstances, je tiens compte de ce qu'on... » « Ça, c'est pas vrai.
Ça, c'était vrai. » Ou le gars, là, notre ami, je dis notre ami le boxeur parce que moi, il m'a remis les larmes aux yeux quand j'ai vu expliquer « Écoutez, je n'aurais pas dû faire ça, tout ça. » Je sens le gars qui est paniqué.
Il doit se dire, « Mon Dieu, ma famille, tout ça. » Bon, cet homme-là, il est... il faut évaluer la situation.
C'est ça que doit faire le juge. Et c'est pour ça qu'il nous faut des juges et pas des machines. Et les juges, eux, ils disent, « Mais nous, on applique la loi. » Ils sont d'ailleurs là pour ça.
On ne comprendra pas qu'ils fassent autre chose. Mais il faut qu'ils aient une latitude pour apprécier comment la loi doit s'appliquer. Nous ne sommes pas une société de rhombos et de machines.
Nous sommes une société d'êtres humains. Dans la vie des êtres humains, tout est relatif. Bien sûr, la loi s'applique, mais il faut l'appliquer avec intelligence des situations, pas aggraver les plaies, pas augmenter les tensions dans la société.
Si à la fin de tout ça, vous avez vu votre collègue, puisque vous me parliez de journaliste, l'autre soir, alors on interview M. Edouard Philippe, Premier ministre. Il vient, on se demande pourquoi.
Pour 20 heures de TF1. Oui, oui. Pardon ?
Vous parliez du 20 heures de TF1 de cette soirée ? Oui, oui. Alors, bon, il vient faire son truc.
Il dit, on va faire des lois pour rendre ça plus sévère. Très bien, on le connaît. On l'a déjà entendu dix fois.
C'était dans tout Paris. on disait, il va arriver à la télévision, il va déclarer quelque chose. Non, il vient juste déclarer qu'il va mettre des lois encore plus dures.
Et là, il se passe une chose absolument incroyable. Le journaliste qui est sur le plateau, lui dit, oui, mais vous en avez arrêté ça. Alors, le ministre, vous vous rendez compte, on a interpellé 5000 personnes.
Parfait. Il a interpellé 5000 personnes. Et le journaliste, c'est le journaliste qui dit ça.
Oui, mais vous n'en avez condamné que 140. La question qui devrait se poser, c'est, comment vous avez fait pour ramasser 4860 personnes pour rien ? Qui ne relève d'aucune procédure, d'aucune sorte.
Ça, ça serait une question. On peut y répondre, mais pas faire ce sale boulot qui consiste à dire, allez, on ramasse tout le monde et on punit tout le monde. Et ça n'a pas traîné.
Ça crée une telle ambiance que 24 heures après, vous avez l'ancien ministre, Luc Ferry, qui dit, oui, les policiers ont qu'à se servir de leurs armes et d'ailleurs, on a une armée et elle est la quatrième du monde et il faudrait qu'elle fasse...
C'est-à-dire qu'on finit par traiter le peuple tout entier comme un ramassis d'ennemis. Mais ce n'est pas bon ça. Ce n'est pas comme ça qu'on gère un pays.
C'est pourquoi, je vous le redis, la loi doit être appliquée avec une interprétation, une personnalisation de la peine, évidemment, en appliquant la loi. Ça va de soi. Cette question de Mathieu Auclair pour Mercier dans les commentaires qui nous parle justement de votre programme par rapport à la mise en place d'une VIème République.
C'est vrai qu'on en parle beaucoup actuellement avec les réformes que certains demandent, notamment au sein du mouvement des Gilets jaunes. En quoi ça consisterait concrètement sur les points majeurs ? Alors, là, il y a une...
D'abord, je commence par expliquer ce qu'est...
Souvent, vous savez, le mot ne passe pas parce qu'on ne comprend pas bien ce que ça veut dire. Je dis une constituante et moi, je crois que tout le monde comprend. On m'a déjà dit il n'y a que toi qui comprend une constituante.
Je ne sais pas ce que ça veut dire. Il faudrait donc convoquer une assemblée constituante. Ça, c'est déjà vu.
C'est-à-dire, c'est une assemblée où les gens viennent fixer la règle du jeu. Voilà. On discute.
Alors, on a vu dans plusieurs pays ce truc se faire. Bon, moi, celui que j'ai aimé le plus, la plus belle assemblée constituante qui m'a plu, c'est celle qui a eu lieu en Équateur sous la présidence de M. Raphaël Correa.
Alors, il est arrivé, à peu près, comme ça finira par arriver dans ce pays, et il a dit, écoutez, plus personne ne croit plus en rien dans ce pays, donc, on va refaire une constitution qui va définir comment fonctionne la règle, mais c'est vous qui allez le décider, les gens. Aucun de ces élus-là. Donc, moi, je fais la même proposition.
On fait une assemblée constituante, on peut décider de la façon avec laquelle on la compose. On pourrait tirer au sort des gens. Bon, il faut quand même tenir compte du fait qu'il vaut mieux qu'il y ait des discussions avant pour qu'on sache pour qui on vote, parce que vous avez des gens qui sont partisans d'un régime parlementaire, vous en avez d'autres qui sont partisans d'un régime présidentiel.
Bon, il faut quand même qu'on tranche tout ça. Mais, on ferait une assemblée, soit tirée au sort, soit élue, mais où il n'y aurait pas un seul sortant des autres assemblées. Des gens qui n'ont jamais été élus, à part, sans doute, au niveau local, parce que ce niveau local ou départemental, c'est un bon entraînement à la compréhension des affaires publiques, et souvent, les gens qui sont là ont une connaissance très fine de plein d'aspects de la réalité que quand on est ailleurs, on connaît des fois un peu moins bien.
Bon, voilà. Ça, ça serait l'assemblée constituante et elle redéfinirait absolument toutes les règles politiques de fonctionnement du pays. Elle remettrait tout à plat.
Nous avons besoin d'une remise à plat. La constitution actuelle, elle a été élaborée en 1958. C'était la réponse que le général de Gaulle proposait à la situation créée par la précédente république, la quatrième, qui était réputée très instable, et surtout, il y avait la crise de la décolonisation.
Bon, on a changé la constitution, on a donné plus de pouvoir au président de la république parce qu'à ce moment-là, les gens pensaient que c'était ça qu'il fallait faire et puis la personnalité du général de Gaulle rassurait parce qu'il avait été le chef de la France libre. Bon, c'est des choses qu'il ne s'oubliait pas. Bon, à intervalles réguliers, on peut changer la constitution.
La France de 1958 et la France d'aujourd'hui, ça n'a plus rien à voir. Mais est-ce que les gens savent que la constitution a déjà été changée depuis 1958 25 fois, dont 22 sans qu'on ait rien demandé à personne ? C'est-à-dire, aux députés, aux sénateurs, un point, c'est tout.
Les gens n'ont pas eu le temps de se rendre compte. Par exemple, est-ce qu'ils savent que dans l'article 16 de la constitution, on suspend toute la liberté démocratique ? Ça n'a plus arrivé, je n'en sais rien.
Pourquoi ? Enfin bon, on est envahi, bon, et on dit, ce n'est pas le moment de se disputer. Je ne sais pas comment on appliquerait l'article 16.
Personnellement, je trouve que ce n'est pas une bonne idée que cet article 17. Mais, à la dernière réforme, on a dit, oui, mais au bout de 6 mois, il faudra rendre des comptes. Réfléchissez les gens.
Ça veut dire qu'on peut, dans ce pays, sur la base d'un article de la constitution, suspendre toutes les libertés pendant 6 mois. C'est pas rien, non, quand même ? La plupart des gens, n'en savent rien.
Je prends cet exemple, mais est-ce que vous êtes toujours d'accord pour que le président de la République décide de tout dans ce pays ? Il y a 557, 550 postes de très hauts fonctionnaires qui sont à la discrétion du président de la République. Vous trouvez ça normal ?
Qu'est-ce que c'est ce truc ? C'est une monarchie présidentielle. Alors, il y a des gens qui pensent toujours, on a toujours eu ça, parce que, oui, quand il y a un chef, ça marche mieux.
Bien sûr qu'il faut qu'il y ait une autorité, mais c'est la manière d'exercer l'autorité qui compte. Donc c'est le cadre dans lequel on le fait. C'est ça qu'il faut bien comprendre.
Si vous dites à un homme ou à une femme, tu as tous les pouvoirs, et vous croyez qu'il va rester sans l'esprit combien de temps ? Non, il faut qu'un cadre et il faut surtout faire d'abord confiance au collectif. Vous savez ce qui se passe en ce moment, dans le mouvement des Gilets jaunes ?
La plus grosse surprise de beaucoup d'observateurs, c'est que les gens qui sont engagés dans l'action disent beaucoup de choses extrêmement construites. Ils découvrent que le peuple français a un niveau d'instruction et d'éducation bien supérieur à celui de toutes les générations précédentes. Donc ce n'est pas vrai que ce peuple ait besoin d'être mené à la baguette.
Et ce n'est pas vrai qu'il ait besoin d'avoir un monarque présidentiel. Ça n'existe nulle part ailleurs en Europe. Et les régimes ne sont pas moins instables que la France.
Ce n'est pas vrai. Les Allemands n'ont pas ce système. Leur système est stable.
Et quand on me dit que ça garantit la stabilité des pouvoirs publics, vous n'avez qu'à faire les comptes du nombre de ministres de l'économie qu'il y a eu dans les dix dernières années, vous allez voir qu'il tienne à peine deux ans ou un an et demi. Ce qui vaut à peine ce qui se passait dans la Quatrième République. Donc il faut que ce débat-là soit mis dans la main des Français.
C'est eux qui...
Alors s'ils le font, regardez ce que ça changerait. Tout le monde va se mettre à parler de l'organisation des pouvoirs publics. C'est exactement ce qui est en train de se passer sur les ronds-points quand les gens parlent du référendumisme.
C'est formidable. J'ai connu un pays où on a imprimé des articles sur les paquets de pâtes pour que tout le monde puisse en discuter en famille. Et à partir de là, le peuple se reconstitue.
Donc ce grand nouveau peuple de gens qui vivent en ville où les femmes jouent un rôle qu'elles ne jouaient pas il y a 50 ans. Elles n'avaient pas la même présence politique et économique que dans la vie du pays. Bon.
Et tous ces gens avec lesquels on s'est mélangé. Voilà. La Nouvelle France surgirait, se donnerait elle-même sa propre définition.
Il faut faire confiance aux gens. Il faut arrêter de croire que c'est une masse irresponsable, qui n'est pas capable de décider comment on organise la vie publique. Seuls les très intelligents sont capables de le faire parce que les très intelligents, vous voyez dans quel état ils ont mis ce pays.
Alors ce n'est pas la peine d'être si intelligents et d'avoir fait autant d'études pour qu'on arrive à ce résultat-là. Bon. Il n'y a pas que des gens qui ont fait beaucoup d'études qui sont responsables.
Justement, vous parlez du RIC, du référendum décisive citoyenne qu'on entend beaucoup, qui est peut-être même la revendication numéro une actuellement au sein du mouvement des Gilets jaunes. Si on devait prendre des exemples pour lesquels il y a un point de convergence certain entre la France insoumise et les Gilets jaunes. Parce qu'on sait, nous, on le sait, en tant que journalistes, on a été beaucoup sur le terrain, donner la parole à ces Gilets jaunes et on voit une multitude de revendications différentes, parfois très variées d'une personne à une autre.
Quelles sont celles que la France insoumise veut porter, concrètement ? En général ? En général, que vous avez pu entendre.
Bon, déjà, de ce que moi j'ai pu voir, il est évident que je me sens très en phase avec toutes les revendications qui concernent le partage des richesses. Bon, changer l'impôt dans ce pays, parce que cette histoire de taxes qui s'accumulent de tous les côtés d'un impôt qui est complètement juste, les gens ont raison. C'est toujours ça qu'a provoqué en France des révolutions.
Il n'y a que ceux qui ne lisent pas les bouquins d'histoire qui ne savent pas. La révolution de 89, la grande révolution qui fonde la France et qui a changé l'histoire du monde, au point de départ, ça commence par la question des impôts. Ça n'a aucun rapport avec aujourd'hui, je sais bien.
Il y avait un roi qui n'était pas tout à fait dans la bonne case. Bon, ça n'a rien à voir avec aujourd'hui. Il y avait une dette abyssale et on ne savait pas comment la payer.
Ça n'a rien à voir avec aujourd'hui. Il y avait des privilégiés qui ne voulaient pas payer. Bon, comme aujourd'hui.
Bref, vous m'avez compris, c'est un clin d'œil que je fais. L'histoire nous apprend beaucoup de choses. Donc, le système fiscal français, globalement, ça ne va plus.
Vous avez...
Il reste encore des paquets de niches fiscales. Donc, 80% ne profitent qu'à 10% les plus fortunés du pays. Vous avez un système d'impôt sur le revenu.
Vous allez voir à la fin du mois, on va en dire un mot, l'impôt à la source. Bon, vous avez un système d'imposition sur le revenu où il n'y a que 5 tranches. Et écoutez les gens, ça c'est un peu technique.
Il y a des moments où on ne peut pas faire autrement. Il faut expliquer les choses. 5 tranches, ça veut dire que quand vous avez un revenu, on ne vous met pas le même pourcentage pour tout le monde et pour tout le temps.
Il faut que ce soit graduel. Et pour chaque tranche, vous payez différemment. Par exemple, si vous avez...
Je prends un exemple absurde. Si vous avez 10 euros, bon, si je vous prends 10%, ce n'est pas pareil que si vous avez un million et que je vous prends 10%. Il ne va pas vous manquer les mêmes choses.
D'accord ? Donc, il y a des tranches. Aujourd'hui, il n'y en a que 5.
D'accord ? Donc, les très très riches payent autant que les petits riches. Et les classes moyennes portent tout sur leur dos.
La moitié des Français ne payent pas d'impôts du tout. Et au milieu, ça y va à fond la caisse. Ça ne va pas.
Moi, je propose qu'on mette 14 tranches d'impôts. Ceux qui gagnent le plus payent le plus. Ceux qui gagnent le moins payent le moins.
Ce que je viens de dire là, ce n'est pas une invention révolutionnaire, non ? De dire les petits payent petit et les gros payent gros. Il faut que les gros acceptent aussi qu'ils font comme tout le monde.
Ils participent. Ils ont beaucoup d'argent. Tant mieux pour eux, en quelque sorte.
Pas pour nous, parce qu'il faut voir ce qu'ils en font. Mais voilà. Voilà un exemple.
Ça, c'est des choses sur lesquelles je comprends ce que disent les gens et je me sens en phase avec eux. Je me sens en phase sur cette histoire de réorganiser complètement la politique fiscale du pays. Parce que tout ce machin est fait uniquement pour favoriser les plus puissants.
Après, l'imposition des entreprises. Vous voyez bien qu'il y a quelque chose qui ne tourne pas rond. On ne peut pas imposer les petites comme les très gros.
Ça n'a rien à voir. Ça porte le même nom. On appelle ça entreprise.
Et puis peut-être que ça fait plaisir aux gars de se dire que je suis le patron. mais la majorité de ceux qui s'appellent patrons dans ce pays, il faut voir la moyenne de leur salaire. En plus, depuis maintenant qu'il y a les auto-entrepreneurs à qui on dit « Ah, vous êtes patron de votre propre boîte. » Tout ça, c'est un mot.
Mais la réalité est beaucoup plus différente. Et moi, je suis pour qu'on fasse attention d'abord à privilégier l'outil de travail. Donc l'imposition, elle doit d'abord favoriser l'outil de travail, l'investissement, etc.
Je ne suis pas d'accord pour contexte de la même manière. Dans une société, l'argent qui est réinvesti dans la société pour faire de l'investissement, est-ce qu'il part dans les dividendes ? Non, je ne suis pas d'accord.
Et ainsi de suite. Donc il faut donner de nouvelles priorités. Je pense que de toute façon, pour ce qui est de l'économie réelle, c'est-à-dire la production elle-même, vraiment, il va falloir faire un effort gigantesque, les gens.
Il faut comprendre ça. Il faut qu'on change nos manières de produire, nos manières de consommer. Parce que c'est notre responsabilité de vendre la planète.
Il faut arrêter de croire que ça va s'arranger tout seul. Donc c'est écologie et entre guillemets justice fiscale. C'est très facile à faire.
C'est eux qui ont rendu tout ça une histoire de fou. Ils ont fait croire aux gens que l'écologie, j'ai entendu une courte dame une fois dans un reportage, elle était brave, elle avala son gamin sur les genoux. Et puis elle dit, écoutez, nous l'écologie, on est d'accord, moi aussi j'ai les petits là.
Mais nous, on ne peut pas se le payer. Comment on ne peut pas se le payer ? Bien sûr que si, qu'on peut se le payer, il faut absolument qu'on se le paye.
Donc il faut qu'on change la manière de produire. Et les moyens d'investir là-dedans, ce n'est pas d'aller le chercher à la pompe, dans la poche du commun des mortels, de cette manière grossière et vulgaire. Les gens, ils n'ont pas de goût pour le diesel.
Ils ne se sont pas levés un matin en disant, ah chic, on va mettre du diesel. On leur a dit, pour ne pas du diesel, ça coûte moins cher et ça marche mieux. Mais si vous leur proposez d'autres choses, ils les prendront.
Mais à condition qu'on les leur donne, qu'ils aient les moyens de le faire. On ne veut pas dire aux gens changer de voiture et en même temps, la paie est insuffisante, le diesel du mot, on ne sait plus où on va et ainsi de suite. Ce n'est pas possible.
Là, on parle du détail, c'est-à-dire de la vie des gens. Mais pour l'économie elle-même, c'est elle qu'il faut organiser. On a besoin, écoutez-moi, on a à peu près chiffré.
On a besoin d'une masse d'argent qu'on connaît, qui est liée aux engagements qu'on a pris à la COP21. La COP21, vous savez, c'est la grande conférence internationale pour le climat. La France a pris des engagements.
Personnellement, je les trouve insuffisants. Et la COP21, c'est bien, elle a existé, il y a eu un accord mondial, c'est parfait. Mais ce n'est pas suffisant.
Ça prévoit à 3,5 degrés de plus de chaleur. Donc la catastrophe écologique va avoir lieu. Et on sait qu'on est en retard.
Nous, les Français, il nous manque déjà 90 milliards qu'on aurait dû mettre dans le changement de la production qu'on a déjà de retard. Moi, j'avais proposé dans mon programme, j'avais dit, écoutez, sous Hollande, on a pris un retard de 20 milliards par an dans les investissements. Donc je propose qu'on fasse 100 milliards d'investissements.
Maintenant, il faudrait sans doute changer le chiffre. Bientôt, on va passer à l'actualisation de nos chiffres. Mais on a un projet de budget alternatif.
Les gens peuvent le trouver sur le site de la France Insoumise. Tout est calculé. On a très, très bonnes équipes là-dessus.
Bon, mais il faut faire un effort d'investissement pour changer les machines, pour changer surtout l'accès à l'énergie. Tout le monde doit comprendre que l'énergie, c'est le point de départ du fonctionnement de toute l'économie. On ne peut pas continuer comme ça, avec les énergies carbonées d'un côté et le nucléaire qui est super dangereux de l'autre.
Les gens, moi, je vous demande d'entendre ça. C'est dangereux tout ça. C'est très dangereux.
Alors, tant qu'il ne se passe rien, on félicite ceux qui travaillent et qui font en sorte qu'il ne se passe rien. Mais statistiquement, ça n'existe pas, un système sans risque. Donc, il y a un problème.
Il va falloir changer tout ça. Il nous faut des dizaines de milliers d'éoliennes en mer, des dizaines de milliers d'hydroliennes dans tout ce qui coule d'eau dans notre pays. Donc, ça, c'est beaucoup d'investissement.
C'est beaucoup de travail. On me dit, c'est de la dette. Oui, et alors ?
Où est le problème ? C'est une dette qui est avec un capital, avec...
C'est des machines qui existent, qui produisent quelque chose. Donc, il va falloir faire sans doute une caisse différente pour cette dette-là. Là aussi, il faut arrêter de se faire peur avec des grands mots.
On dit, la dette, la dette...
Mais, les gens, écoutez-moi. La dette qu'on a là, personne ne la paiera jamais. Moi, je viens faire semblant comme tout le monde, hein ?
Comme tout le monde. Comme tous les économistes libéraux. Ils disent, bon, il faut payer la dette.
Très bien, mais elle ne sera jamais payée. Elle est trop importante. Non seulement, pas en France, hein, dans toute l'Europe et dans le monde.
Et là, on ne parle que de la dette publique. Les gens, quand vous entendez parler de la dette, on ne vous parle que de la dette publique. Mais la dette privée, elle est beaucoup plus dangereuse et elle est supérieure à la dette publique.
Pourquoi elle est plus dangereuse ? Parce que l'État, vous le retrouverez toujours, hein ? Il sera toujours là.
Il y aura toujours...
Les institutions sont là. Les biens de l'État existent. En France, le patrimoine commun des Français, c'est je ne sais pas combien, 30 000 milliards.
C'est beaucoup d'argent. Bon, alors vous me direz, c'est des choses invendables, hein ? Bon, encore, ils arrivent tout à vendre.
Alors donc, ils pourraient même vendre l'eau, la mer et le reste. Mais bref, il y a un patrimoine considérable. Vous retrouverez toujours l'État.
Et puis, quoi qu'il arrive, vous lèverez toujours le matin pour aller au boulot. Puis, il faudra donner à manger aux enfants. Il faudra...
Bref, l'économie, elle tournera. Mais...
Et vous retrouverez toujours l'État. Mais la dette privée, c'est beaucoup plus dangereux. Pourquoi ?
Parce que si, dans le droit privé, si vous ne pouvez plus payer, monsieur, vous êtes en faillite. Vous fermez. Votre dette s'écroule.
Et celui qui possédait votre titre de dette, bah, que ça soit dessus. Et ainsi de suite. Donc, elle est très fragile.
Et à l'échelle du monde, il y a une énorme bulle financière. Et Mme Lagarde, la présidente du FMI, qui n'est pas membre des Insoumis, c'est elle-même qui dit ça va mal tourner. Donc, j'ai fait une proposition pour toute l'Europe.
Autant traiter le problème avant que ça tourne mal. Faisons une conférence de la dette. On peut transférer tous les titres de dette des États comme titre de dette de la Banque Centrale Européenne.
Et les États pourront donc à nouveau se refinancer. Premièrement. Ne me dites pas que ce n'est pas possible, parce que la Banque Centrale Européenne a déjà racheté les titres de dette des États aux banques privées.
Et vous savez ce qui se passe ? C'est que les banques privées ne veulent pas les vendre. Alors, d'un côté, ils gueulent en disant « Ouais, vous allez à la catastrophe. » Puis d'autre, ils disent « On garde quand même les titres parce que vous allez les payer. » Ça, c'est le premier aspect.
Et le deuxième aspect, c'est qu'il faut que les États puissent emprunter ailleurs que sur le marché. C'est-à-dire qu'ils puissent emprunter à la Banque Centrale Européenne que nous avons. Donc, il faut qu'elle arrête d'être une institution qui ne traite qu'avec le privé.
Il faut que les États puissent emprunter à très taux, à des taux très faibles. Si vous dites « C'est les agences de notation qui décident ce que vous valez et qu'après ça, on vous met les taux d'intérêt, eh bien, vous êtes perdus. » Vous êtes à la merci de ceux qui mettent une note.
Vous savez qui c'est qui met des notes ? Des gens qui arrivent en avion, ils montent dans le taxi, ils font le tour, ils reviennent, ils disent « Oh, la France, ça ne marche pas trop fort. Ils mettent le feu aux Champs-Elysées. » Alors, on dit « Il y a un risque. » On monte le taux.
Et vous avez un peuple entier qui est là à payer. C'est ce qui est arrivé aux Grecs. Bien sûr, dans mon propos, je simplifie, je sais qu'il y a une part de caricature dans ce que je dis, mais c'est pour rendre compréhensible ce que nous pouvons faire.
Moi, ce que je veux dire aux gens, c'est qu'il y a la possibilité de faire des choses, de faire de grandes choses, de belles choses. Quand je vous parle de cette transition écologique que l'État impulserait par la planification écologique, ça veut dire des dizaines de milliers de postes de travail, des belles choses, qu'on invente, qu'on fait, chacun se rend utile à la collectivité. Et on a l'impression d'être un peuple de petits malheureux qui regardent la pointe de leurs chaussures, il n'y a rien qui marche, il n'y a rien qui va.
Ce n'est pas vrai. On peut faire plein de choses. Il n'y a pas de fatalité.
Sauf si on renonce, qu'on s'abandonne et qu'on laisse des gens aussi illuminés idéologiquement que des Macron et compagnie gouvernent le monde. Pas mal de personnes réagissaient sur la question du RIC qu'on évoquait précédemment, qui fait partie des, peut-être même aujourd'hui, le point numéro un évoqué chez les Gilets jaunes aujourd'hui. Est-ce qu'on peut aborder tous les sujets ?
On sait qu'il y a eu certaines polémiques sur le fait de dire est-ce qu'on peut évoquer la peine de mort ? Est-ce qu'on peut remettre en cause le mariage pour tous ? Il y a eu des commentaires dans ce sens-là.
Est-ce qu'il y a vraiment des sujets du passé qui ne peuvent plus revenir sur le devant de la scène ? Bon, alors d'abord, commençons sur le référendum d'initiative citoyenne. Moi, je suis d'accord avec ça.
Et je n'oublie pas qu'on a proposé le référendum en évocatoire. Je l'ai expliqué il y a un instant. Le référendum pour proposer des lois et le référendum pour abroger des lois.
Je veux quand même que ceux qui m'entendent sachent qu'on a déjà proposé ça au Parlement et qu'ils peuvent aller voir qui a voté pour et qui a voté contre. D'accord ? Qui a voté pour, qui a voté contre, ce qui est sûr, c'est qu'on votait contre toute la droite, l'extrême droite et la République en marche.
Et maintenant, ils viennent faire les malins en disant oui, c'est une idée qui nous intéresse. Ce n'est pas vrai. Ce qui les intéresse, c'est de repasser leur propre réforme constitutionnelle qu'ils avaient prévue de faire et de, après avoir fait comme ça, bouger un peu les mains et les doigts, dans le grand débat qui doit commencer, qui commence très mal puisque la présidente a déjà commencé par s'en aller.
Bon, à la fin, ils vont poser des questions prévues d'avance. Alors maintenant, je viens sur le fond. Alors, évidemment, dès qu'on a parlé de référendum, vous avez vu, les gens, ils viennent, ils sont sournois.
Ils viennent, comme ils n'osent pas dire le peuple, c'est un ramassis d'abrutis, bon, on ne peut quand même pas leur faire confiance. Ils viennent comme ça en disant oui, mais alors il y a des sujets comme si, par exemple, le peuple français, je prends cet exemple, mais je vais vous répondre très précisément, comme si le peuple français, il rêvait que d'une chose, rétablir la peine de mort. Il rêvait que d'une chose, abolir le droit au mariage pour tous.
Il rêvait que d'une chose, je ne sais pas quoi, tout ce que vous voudrez, d'accord ? Mais enfin, pour qui vous prenez les gens ? Vous croyez que les gens sont stupides, qu'ils n'ont pas réfléchi, qu'ils n'ont pas mûri avec leur temps ?
Vous croyez que le pouvoir doit se méfier, baïonnette au canon du peuple ? Tout ça est absurde. Alors, le problème existe quand même.
Donc, disons-nous les choses franchement et tranquillement. On craint que sur certains sujets, qu'on considère comme fondamentaux, un référendum d'initiative citoyenne renverse un principe que nous croyons sacré. Bon, très bien, voilà, la question est posée.
Comment y répond-on ? Bon, d'abord, il faut savoir une chose. Au-dessus de la Constitution, d'abord, au-dessus de toutes les lois, il y a la Constitution.
Au-dessus de toutes nos lois, il y a les accords internationaux. En latin, il y a même un mot latin. Je vais les dire comme ça, ça va nous détendre. pacta sunt servanda.
Ça veut dire que toutes les lois sont soumises aux accords internationaux. La France a signé, elle est obligée d'appliquer. Ou alors, elles sortirent d'un ensemble de choses.
Bien. Donc, je vous dis ça pour quoi ? Pour vous dire, il y a déjà des niveaux au-dessus de la loi.
Au-dessus de la loi, la Constitution. Et au-dessus de la Constitution, est-ce qu'il y a quelque chose ? Oui, la déclaration des droits de l'homme et du citoyen.
Nous croyons que si quelque chose dans la Constitution était contraire aux droits de l'homme et du citoyen, il faudrait l'abroger dans la Constitution. Et les citoyens auraient le droit de se révolter contre un pouvoir qui appliquerait quelque chose de contraire aux droits de l'homme et du citoyen. Et les gens, vous avez bien entendu, droit de l'homme et du citoyen.
Parce qu'en général, on oublie le citoyen. Alors, on ferait mieux de dire aujourd'hui, droit de l'être humain et des citoyens, de manière à ne pas genrer les mots. Mais c'est ça que ça veut dire.
Alors, on pourrait décider. On pourrait décider ça. Dire, écoutez, voilà.
Il y a une série de questions qui sont au-dessus de la loi, au-dessus de la Constitution, au niveau des droits de l'homme intangibles. Intangibles. On ne peut plus y toucher.
Voilà. Et ce serait telle, telle, telle, telle question. Pourquoi on peut le faire ?
Parce que dans la déclaration de 1789, la liberté de disposer de son corps, ça n'avait pas de sens. Le droit à l'avortement, qu'on évoque rarement, le droit à l'avortement doit être mis à ce niveau. C'est un droit de propriété de soi.
Après, vous faites ce que vous voulez. Je l'ai dit un million de fois aux gens qui sont contre l'avortement. Je peux comprendre qu'ils soient contre l'avortement.
C'est une affaire de personnel. Mais chacun décide. D'accord ?
Et donc, vous n'avez pas le droit d'imposer à quelqu'un de faire ce qu'il n'a pas envie de faire, par exemple, de porter un enfant. Dans certaines conditions. On est d'accord ?
Sur cet exemple-là, on comprend bien. On pourrait le mettre dans la déclaration des droits de l'homme et du citoyen. Et on dirait, la déclaration, on n'y touche plus.
On pourrait prendre la même chose pour la peine de mort. On a signé un accord international. On peut décider, nous mettons ça.
On ne va pas tout mettre là-dedans. Mais on peut prendre comme ça une série de questions. La question du mariage pour tous, ce n'est pas la question du mariage qui est posée.
C'est la question de l'égalité. Le mariage pour tous n'a jamais voulu dire qu'on obligerait les gens à se marier. Non ?
Que je sache. Que ce soit des couples hétérosexuels ou des couples homosexuels. L'union libre, ça existe dans notre pays.
On a même inventé un statut intermédiaire. Le PACS. Je vous en parle avec d'autant plus de plaisir que le premier homme qui a proposé un texte de loi sur le sujet, c'est moi.
D'accord ? En 1991. Et je ne défendais pas un intérêt personnel.
Je suis hétérosexuel. Je défendais l'égalité des droits. Et ensuite, ça s'est merveilleusement accompli.
Des gens ont su faire ce qu'il fallait, prendre les bonnes décisions, et ainsi de suite. Bon, on ne va pas revenir là-dessus. La question qui est posée, c'est celle de l'égalité.
Pas celle de la nature des relations affectives entre les gens ou de leur orientation sexuelle. C'est donc la liberté d'être à égalité. Mais personne n'est obligé de le faire.
Je trouve qu'il y a quelque chose de choquant dans le comportement de ceux qui veulent imposer aux autres une manière de faire, de vivre, d'aimer, de ressentir les choses. Alors, vous voyez bien que ça ne concerne pas tous les domaines de l'existence. La manière de répartir l'impôt, ce n'est pas tout à fait la même question que celle de disposer de la liberté de son corps, de la propriété de son corps pour une femme.
Ce n'est pas de même nature. Dans un secteur, on touche aux droits fondamentaux. Dans l'autre, on parle de l'organisation, de la vie, de la société.
On peut avoir 50 idées. Moi, je vous ai dit tout à l'heure quelles sont les miennes. Mais on peut avoir un gars qui vient, qui dit tout ça, c'est des folies. « Monsieur Mélenchon, on connaît votre histoire. » Pendant un siècle et demi, chaque fois qu'un gars comme moi parlait, on disait « Mais de quoi vous parlez, monsieur Mélenchon ? » L'égalité, ça n'existe pas.
Il y a des petits, il y a des grands, il y a des gros, il y a des maigres, il y a des intelligents, il y a des qui sont bêtes, ça n'existe pas. Donc vous, vous voulez faire un régime politique basé sur l'égalité, mais ça sera toujours une violence contre la nature. Bien joué, hein ?
C'était leur argument. Et c'est pourquoi c'est en France que sont nées les idéologies égalitaires, avec la Grande Révolution, et les idéologies inégalitaires et fascisantes. Ça, on s'en vante moins, hein ?
Mais c'est quand même chez nous que ça a commencé. Donc, vous voyez, ce sont ces principes. Donc arrêtons de nous faire peur, et surtout de nous faire peur d'une manière malsaine, qui est avoir l'air de sous-entendre que le peuple ne veut que de mauvaises choses, des choses brutales, des choses grossières, des choses agressives.
Ce n'est pas vrai. Voilà, ayons confiance en nous-mêmes, on est capable de gérer un changement constitutionnel et un référendum d'une manière tranquille, quoi. On parlait du RIC, ça me permet de rebondir à un discours de François Ruffin qu'il avait tenu avec votre groupe parlementaire, où il prend la référence avec Étienne Chouard.
Alors, on se souvient un peu, ça a été un peu, voilà, on voit derrière un peu des regards, un peu de surprises. C'était quoi votre avis ? Ben, moi, je suis président d'un groupe dans lequel il n'y a que des fortes têtes, des fortes personnalités.
Moi-même, j'ai mon caractère. Donc, mon rôle à moi, c'est de faire ensemble, de faire en sorte qu'on puisse tout le temps rester groupé, monter au rideau pour une virgule, un adjectif, un mot. Là, on a eu un problème parce qu'on ne s'y attendait pas à ce que François, qui est un bon député, qui est un travailleur, qui est quelqu'un qui apporte beaucoup à tout le groupe, je vais le dire en préalable, qui a un esprit, une manière d'être, comme tous les autres, chacun a son style.
Mais là, franchement, bon, on n'était pas très content, quoi. Alors, lui, François, il faut aussi lui poser la question, pourquoi il a dit ça ? Vous en avez parlé avec lui ?
Ben, je ne vous le dirai pas, ça, c'est le secret, pas du confessionnal, mais du président de groupe. Si je vous raconte toutes mes discussions, on ne peut plus vivre. Ils vont dire, on ne peut rien me dire, ils vont dire, il a raconté à la télé.
Donc, je parle avec tout le monde et avec lui spécialement beaucoup, parce que nous sommes amis, je trouve qu'on est amis, qu'on partage beaucoup de goûts. Tiens, par exemple, je vais vous raconter un truc. Quand j'ai parlé de Drouet, j'ai fait la comparaison avec le Drouet de la Grande Révolution.
On a l'occasion d'y revenir, je pense. Bon, maintenant, juste pour parler de François, je connaissais Drouet, je connais bien mon histoire de la Révolution, mais le gars qui m'a offert un bouquin sur Drouet, c'est François Huchamp. On partage beaucoup de choses comme ça.
Alors, quand il a dit ça, on est vraiment tombé. Comme tout le monde, mais enfin, ce monsieur Chouard, quand même, quoi, c'est pas nous, quoi, c'est quelqu'un qui a des positions liées à des secteurs de l'extrême droite. Alors, la réponse de François, c'est de dire, non, mais ça, il a changé.
Et François, il le croit. Donc, il a pensé que, moi, je suis méfiant. En tout cas, ce que je peux vous dire, c'est que le groupe, comme collectif, et pas dans l'idée que M.
Chouard a changé. Voilà. Et puis après, moi, il y a aussi quelque chose qui commence à me chauffer, c'est qu'on me dit, oui, oui, mais c'est lui qui a inventé le référendum d'initiative citoyenne.
Non, mais c'est piquant encore l'autre chose, peut-être, non ? Non, non, ce n'est pas vrai. Nous portons cette idée depuis très longtemps, dans ma famille politique, dans le combat que moi, je mène depuis des années.
Voilà. Et notamment, le référendum révocatoire, ça, c'est signé France Insoumise, le droit de révoquer un élu. C'est un instant.
Mais rendez-vous bien compte, nous, nous essayons d'apporter des réponses concrètes aux problèmes qui se posent. Comment on fait pour avoir des institutions stables et un pouvoir d'intervention populaire permanent ? Ah bon, alors les gens regardent ailleurs, ils disent, bon, on verra la prochaine fois.
Non, c'est maintenant qu'il faut répondre. C'est à ça que répond l'idée du référendum révocatoire. Il y a la stabilité des institutions, mais à tout moment, le peuple peut décider de changer une personne qui est affectée à une tâche.
Voilà pourquoi je ne crois pas que M. Chouard soit si important que ça. En tout cas, ce n'est pas ce que je peux dire à tout le monde.
Ce n'est pas la référence de la France insoumise. On parlait justement de François Ruffin. Certains le voient comme peut-être un successeur.
Alors, pas tout de suite. À Jean-Luc Mélenchon. Pourquoi pas ?
Moi, je sais quel est mon travail. Mon travail, ça a été de faire qu'on...
Pardon, les gens, vous allez comprendre parce que moi, j'ai passé ma vie à ça. Je crois à ça. Je suis un homme de gauche.
Au départ, j'ai fait tout ça, tout mon trajet là-dedans. Des fois, on me dit vous êtes de gauche ou de droite. Écoutez, ça va, arrêtez, quoi.
Tout le monde sait ce qui je suis. Ce que je pense, c'est ma manière d'être. On peut lire mes livres.
Et ce que j'incarne dans l'histoire, enfin, ce à quoi j'ai participé avec plein d'autres gens qui portent un nom dans l'histoire longue. Alors, on peut dire...
Mais fondamentalement, c'est l'humanisme. C'est-à-dire un courant philosophique qui est né au XIVe siècle en Europe et qui dit le siège de la vérité dans l'esprit des êtres humains et débrouillez-vous avec ça. Et il n'y a pas de pouvoir autre que celui que vous délibérerez entre vous.
Alors, on dit mieux à la société politique et tout. Moi, je me considère comme un enfant de la grande révolution de 89. D'accord ?
Qu'est-ce qui se passe dans toute l'Europe ? Partout, ce à quoi moi, j'ai appartenu de tout mon cœur. La gauche est en miette, détruite, les partis communistes.
Tous détruits, les partis socialistes subclaquants ou carrément ralliés à la politique de droite. Et l'exemple le plus typique, c'est ce beau pays qu'est l'Italie où on avait le plus grand parti communiste d'Europe occidentale, etc. Tout s'est effondré.
Donc moi, je me suis dit, c'est maintenant que je dois agir. Et en 2008, le hasard a fait qu'il y avait beaucoup de choses qui bougeaient dans le monde pour construire de nouvelles forces politiques. Et moi, j'ai rencontré d'abord une personne assez magique qui est Mme Marie-Georges Buffet.
Et on s'est vite compris et entendu. Et on a proposé ensemble avec d'autres, parce que là, je cite deux noms, mais nous étions nombreux, dont plusieurs que vous continuez à voir, comme Corbière, Coquerel, qui sont parmi les fondateurs dans les gens qui m'entourent. Bref, on a créé ça.
Et puis, on a porté une première candidature aux présidentielles. Incroyable ! 11% !
Alors que j'ai commencé à 3,5%. On s'est dit, ce type, il est bizarre. 3,5%. 11%.
Et la deuxième fois, pareil. Et on termine à presque 20%. Vous serez que la troisième ?
Tout le monde pense qu'on est au seuil du pouvoir. Les macronistes, ça ne s'exciterait pas comme ça contre nous s'ils pensaient qu'on n'était rien. Évidemment, et de ceux dont ils ont le plus la trouille, c'est de nous.
Parce que nous sommes le mouvement du partage et en plus, on a inventé des choses. On n'est plus un parti, on est un mouvement. C'est compliqué.
Je viens de vous dire...
Justement, c'est la certitude que vous porterez la France insoumise en 2022. Alors je sais que c'est loin que vous porterez la France insoumise à la présidentielle. Il y aura une candidature de la France insoumise en 2022.
Mais on verra. Si vous voulez, moi, ça va, ma gloire est à son comble. Ça va, je suis en bonne santé, mes enfants vont bien, mes bouquins se vendent bien.
J'ai fait tout mon boulot, tout mon cœur, avec toute ma force, toute mon énergie. On est arrivé à 20%. Mais ce n'est pas moi l'important.
L'important, c'est qu'on a réussi à mettre en mots un programme politique qui est unique au monde. Les autres copines dans l'avenir en commun. Et c'est ça qu'on va porter.
Là, nous avons 17 députés. Vous avez vu le nombre de gens qui sont capables d'être des gouvernants de ce pays ? Je peux vous en citer 10.
Quelqu'un comme François Ruffin pourrait être un bon président. Mais évidemment. Et puis Coquerel, et puis Corbière, et puis Mathilde Panot, et puis je ne sais pas, je ne sais pas, excusez-moi les camarades parce que si je récite la liste des 17, je vais à tous les coups je vais en oublier un.
Et puis il y a ceux que vous voyez à l'Assemblée nationale. Et puis il y a ceux qui vont être élus au Parlement européen. et toute cette liste de gens qui sont là.
Younous Omarji, vous l'avez vu, député de La Réunion, brillantissime, et combien d'autres. Donc ce que...
Beaucoup ont pointé leur idée par rapport à François Ruffin parce qu'il a été énormément vu depuis le début de cette crise des Gilets jaunes. Alors peut-être un peu moins ces derniers jours. Un peu plus en retraite.
Parce qu'il est en train de faire son film et d'écrire un bouquin. Lui, il a de la chance. Il peut se retirer comme ça.
Ben oui, c'est bien. C'était annoncé. C'est bien.
C'est bien que son nom ait été mis en scène. Certains regrettaient qu'ils soient un peu cavaliers seuls. On avait pu lire parfois...
Non, non, mais ça, c'est des histoires. Vous savez, c'est comme ceux qui disent que...
Alors, j'ai une main de fer, que je tiens le mouvement, je ne sais pas quoi. Le seul groupe parlementaire dans lequel il y a une pluralité de représentations politiques, c'est le mien. D'accord ?
Si j'étais la brute qu'on dit, il n'y aurait déjà plus de groupe. Écoutez, j'ai une communiste dans mon groupe, trois membres d'un groupe que vous ne connaissez peut-être pas qui s'appelle Ensemble, sept partis de gauche, et les autres, ils n'appartenaient à aucun parti. Donc, le mouvement, c'est pareil.
Ce n'est pas un parti. Il y a des gens de toutes sortes. La liste qu'on vient de présenter et dont on a confié, heureusement qu'elle a accepté, on est fin content de ça.
Amanon Aubry, c'est quelqu'un qui ne vient pas ni d'un parti, elle vient d'une association où elle menit une bataille sur...
C'est ça qui nous a tiré les yeux, contre la fraude fiscale à échelle européenne et pour l'égalité fiscale. Donc, c'est une fille qui a une super capacité d'expertise. Bon.
Il y a beaucoup de... de gens qui vont apparaître et ma fierté à moi, c'est d'avoir constitué cette force et de pouvoir vous dire écoutez, vous ne dépendez plus de Jean-Luc Mélenchon.
Vous avez 17 personnes qui sont là, vous en aurez d'autres. Donc, vous allez...
Vous allez pouvoir vous déployer parce que ce que nous avons représenté dans le temps et dans l'histoire va continuer dans ce pays. Et heureusement, parce que c'est la France et qu'il y a une tradition révolutionnaire droit de l'homme, il y a une tradition républicaine révolutionnaire et que nous l'incarnons. Alors, quand on dit vous êtes contre les institutions, je le répète, oui, je suis pour la 6ème République, pas pour la 5ème.
Bon Dieu, c'est un droit démocratique. Vous voyez, c'est ça ma fierté. Alors, après, où j'en serai moi ?
Je n'en sais rien, monsieur. Et il faut avoir la modestie, l'humilité de remercier le jour qui est passé pour l'avoir passé si on l'a employé utilement. Et de se dire que ce sera un bienfait si le jour suivant est une occasion de prouver qu'on peut se rendre utile.
Et il faut savoir le faire à la place qu'on est prêt à se donner. Je ne sais pas vous dire, je n'ai pas eu peur à deux reprises d'être candidat à l'élection présidentielle. Mais je connais les limites qui, dans la vie de tout homme, de toute femme, peuvent se dresser devant soi.
J'ai perdu mon meilleur ami et mon bras droit qui est mort à 44 ans et que je pleure encore et qui était l'homme dont je pensais qu'il était en situation d'incarner la suite des événements. Depuis, j'ai acquis une forme d'humilité. Je me dis, nous verrons bien.
Mais je suis si fier d'avoir au moins un recours de doctrine et que je me reconnais ça. J'ai au moins fait ça. Et je l'ai fait avec un corps de doctrine qui est cohérent.
Il y a une vision du monde qui est cohérente. Il y a un programme, il y a une doctrine, l'ère du peuple. Vous pouvez acheter 3 euros en librairie.
Il existe toujours si vous le trouvez, s'il en reste. Bref. Regardez bien les députés de la France Insoumise.
Ils sont arrivés, ils ne se connaissaient même pas entre eux. On a tenu le choc. Deux sessions, dont deux sessions extraordinaires.
Bref. On aurait pu s'écrouler en route. Là, c'est ceux que vous voyez, nos collaborateurs.
Une équipe magique. Tous ces gens-là, maintenant, ils savent faire. Je vous garantis que s'il faut gouverner le pays demain, il y a de quoi faire en gouvernement et même plusieurs avec le nombre de gens qu'il y a.
Donc je n'ai pas de...
Et quand quelqu'un apparaît, je suis content. Quand on me dit « Ah, mais François Ruffin, bravo ! » On me dit Mathilde Panot, quand elle a fait tout ce travail qu'elle a fait sur le nucléaire, elle fait une vidéo où il y a 5 millions de personnes qui la voient, elle leur fait une deuxième. 5 millions à nouveau, vous, journalistes, savez ce que ça veut dire. 5 millions.
C'est pas mal. Oui, c'est bien. Quand je vois Coquerel, 10 jours et 10 jours dans l'hémicycle avec Sabine Rubin, mot à mot faire le projet de contre-budget, waouh !
Comme ils sont forts, comme ils sont beaux, comme ils sont grands, je suis heureux. Vous voyez, j'ai fait mon boulot. Alors après, ce qui m'arrivera à moi, nous verrons bien.
Mais moi, je n'ai pas l'intention de rentrer à la maison. C'est pas mon projet dans la vie. Jusqu'à mon dernier souffle, je serai un combattant.
Et mon dernier souffle, c'est pas pour tout de suite. Rassurez-vous, pour ceux que ça inquiète, ça finira par arriver. Je suis en train de plagier le général de Gaulle, donc je ne veux pas que vous prendre en traite.
Il disait, bon, ne vous inquiétez pas, ça finira par s'arrêter. Mais franchement, ce n'est pas le sujet du jour. Alors, il y a la question qui se pose beaucoup par rapport au pacifisme, par rapport à la violence.
Oui. On entend beaucoup parler même parfois sur le terrain. Voilà, nous, dans nos directs, on donne la parole aux Gilets jaunes et on entend parfois certains qui vont dire par notre micro très directement.
S'il n'y avait pas eu des tensions comme il y en a eu début décembre, Macron n'aurait jamais lâché 10 milliards quelques jours plus tard. Ça veut dire, est-ce que pour vous, je parviens, pour vous, est-ce que pour vous, on n'obtient rien sans tension ? Tension et violence, c'est pas tout à fait pareil.
Bon, d'abord, ce que vous dites est vrai. Je veux dire, je confirme, pardon, est vrai. Je confirme.
Ce n'est pas mon avis. C'est ce qu'on entend sur le terrain. Non, voilà, je l'ai entendu.
Sur le terrain, c'est un vrai débat qu'on a et qu'on voit même, parfois au sein même des formes de discussion des Gilets jaunes, où certains se disent mais ce week-end, il faut, voilà, le pacifisme, ça suffit, il faut passer à autre chose. Est-ce que vous, en tant que responsable politique, vous comprenez la violence de certains ? Alors, la comprendre, c'est une chose et je vais vous répondre sans détour.
Mais d'abord, je veux confirmer que j'ai entendu les mêmes choses que vous. Je vais même me rendre encore plus inquiet. J'observe que l'appréciation de la place de la violence a changé.
C'est-à-dire que, il y a 10 ans, on aurait été unanime à un ou deux près pour dire, pas question. Aujourd'hui, c'est plus compliqué. Il faut expliquer, il faut raisonner.
Moi, je vais donner mon explication de dirigeant politique. Je peux d'abord donner une explication qui serait philosophique ou morale. Je pense que la non-violence est la solution rationnelle, raisonnable, humaniste, fondamentale.
Je ne dis pas que, vous savez, c'est comme le rapport à l'alimentation. Je ne dis pas que, après, dans tous mes actes, on ait senti qu'un homme qui serait obsédé de non-violence. Je ne suis pas un saint, je ne suis pas le Magandhi, ni rien de tout ça.
Mais je pense que c'est ça qu'il faut faire. C'est ça qu'il faut essayer de faire. Comme tous dans la vie, on aurait mieux faire comme ci que comme ça.
Donc, la non-violence, à mes yeux, est la stratégie fondamentale de relations humaines qu'il faut essayer de mettre en œuvre. Maintenant, dans l'arène politique, je veux parler avec sérieux et détermination de cette question. J'ai eu une longue vie de militant.
J'ai vu beaucoup de choses. J'ai cru, à une époque, que la violence jouait un rôle dans l'histoire et qu'on pouvait, comment dire, non seulement l'instrumentaliser, mais qu'elle faisait partie de ce qui était nécessaire. Tout le monde sait que quand, parce que ça s'est beaucoup dit, ma vie a été beaucoup racontée, quand j'étais un jeune homme de 20 ans, en étudiant, j'étais un militant trotskiste.
Bon, trotski est le fondateur de l'armée rouge, inutile de vous dire que ça avait de l'influence sur notre manière de nous représenter le monde. J'en profite pour condamner formellement la série Netflix trotski qui ne vous rive du tout. Mais bon, oui, parce qu'au moment, on respecte l'histoire, les Américains, ils sont incroyables, ils la réécrivent.
Mais, donc, j'ai connu aussi la période où on pensait que, comme le Tché, c'était en faisant des révolutions armées qu'on arrivait au pouvoir. Le Tché en est mort. Je ne le dis pas pour le charger, qu'au fond, il est mort d'avoir cru à ses idées.
Mais, je veux vous dire, nous avons été au bout de cette histoire-là. Partout où il y a eu de la violence, ça a toujours mal fini pour nous, pour notre famille, pour le camp de ceux qui sont pour l'égalité, pour le partage, etc. Tout le temps, les exceptions, il y a toujours des exceptions, une règle, il y a eu quelques petites exceptions.
Cuba, au début, c'est tout. Donc, la violence tourne toujours contre nous, même quand il paraît qu'elle soit, comment dire, qu'elle était évidente. Par exemple, la lutte armée contre Pinochet, on pourrait dire, ah ben, contre un dictateur, s'il faut le faire.
Ben, c'est pas comme ça qu'on l'a vaincu. Donc, dans le moment qui nous occupe, je vais prendre des exemples plus proches de nous, parce que là, vous avez parlé de Pinochet, ça peut paraître loin pour la jeune génération. qui nous regarde peut-être, c'est vrai que c'est des...
Oui, mais pour ceux qui sont plus contemporains, la Tunisie. En Tunisie, mes amis, sont au Front Populaire Tunisien. Leur responsable politique le plus connu est Ama Amami, qui a été candidat à l'élection présidentielle, qui a fait un peu plus de 10% des voix.
Bon, quand la révolution a éclaté, la révolution citoyenne en Tunisie, que Ben Ali a été chassée, il y a eu une période avec une constituante, il fallait tout réécrire, donc ils ont choisi la bonne méthode des Tunisiens faire une constituante. Et c'était très tendu. Bon, les rapports politiques étaient très tendus.
Le parti...
Les partis religieux avaient ses extrémistes qui ne voulaient supporter personne et comptaient faire une constitution religieuse en Tunisie, dont les Tunisiens ne voulaient pas. Et il y a eu des morts. C'est-à-dire qu'on nous a tués, je dis nous, parce que je m'identifie à mes amis, des hommes comme Choukri Belaïd ou Mohamed Brami, qui ont été assassinés.
Donc, grosse question à ce moment-là. Écoutez-moi, jeune homme, et vous autres. C'est pas tout de faire des phrases en général.
Il faut assumer la responsabilité des actes qui suivent. Qu'est-ce qu'on fait ? Vous croyez que les camarades n'ont pas parlé entre eux ?
Ils se sont dit « Ah, nous en avons tué deux. On leur en tue quatre. Pour leur montrer qu'on ne se laissera pas faire. » Eh bien non, c'est pas ça qu'ils ont décidé.
Ils ont dit « On ne tuera personne. » On continue le processus, même si on est le dos au mur. Choukri Belaïd a été tué en bas de chez lui, devant sa cité HLM.
Mohamed Brami, devant sa porte. D'accord ? Les épouses de ces deux hommes-là, qui sont des militantes politiques, ont mené une lutte implacable pour que la bataille continue dans sa forme démocratique de masse.
De masse, écoutez-moi. Chaque fois que vous passez à la violence, vous réduisez le nombre de ceux qui viennent dans la lutte. Parce que ça fait peur.
Parce qu'on ne peut plus y venir en famille. Parce que ceux qui ne courent pas assez vite ne viennent pas. Donc vous rabougrissez la batte de la...
Ce que je suis en train de vous dire, c'est d'abord une question de stratégie politique. De ligne d'orientation générale. Plus il y a ce monde dans la lutte, plus les esprits mûrissent.
Plus tout le monde comprend les enjeux de la lutte. Si la lutte se réduit à ceux qui sont capables de courir vite et de frapper fort, ça ne fera plus grand monde à la fin. Et surtout à la fin, ça ne fera plus personne.
Parce que c'est une escalade sans fin. Alors, je sais que les gens m'ont dit, à moi aussi, ils m'ont dit, ben d'accord, tu nous dis ça, mais en attendant, si on n'avait pas fait tout ce qu'on a fait, ben on n'aurait pas eu autant d'argent d'un seul coup. Je ne crois pas les gens.
Écoutez-moi. Ce n'est pas la violence qui a fait peur à Macron. La violence a l'arrangé d'une certaine manière.
Vous savez aussi bien que moi qu'il y a eu plus d'une situation tout à fait bizarroïde où les gens, on les laissait arriver à un endroit, puis on les nassait. Clairement, on avait l'impression qu'on utilisait, on instrumentalisait la police et les cortèges au service d'une attente. On a l'impression que cette violence, finalement, mais écoutez, mais saliez-vous devant la télé, comprenez-vous ?
Ils passent leur journée à faire de la propagande pour expliquer que nous sommes tous des violents, des abrutis, etc. Donc, je vous dis qu'elle est maligne. Après, vous offrez bien ce que vous voulez.
Ce n'est pas moi qui vous dis ce que vous allez faire. Bon, vous faites bien comme vous voulez jusqu'à présent. Mais si vous me demandez mon avis, les gens, je vous le donne.
Pas d'escalade. Plus on est nombreux. Si on est une masse immense, qu'on vient avec nos gosses et tout.
Le gosse, bon, peut-être pas en ce moment parce que c'est un peu tendu. Mais il faut qu'on soit immaciment. C'est le nombre.
C'est ça qui fait peur à Macron. C'est le fait que, quoi qu'on vous fasse, vous êtes là la semaine suivante. Vous vous rendez compte, ce pays est gouverné depuis maintenant huit semaines par des gouvernants qui, chaque semaine, se demandent ce qui va se passer à la fin de la semaine.
Un seul pays au monde est comme ça. La France. Bon, c'est ça qui leur fait peur.
Le nombre, la masse, les gens déterminés, les gens simples, des gens qui, jusque-là, c'est comme ça que vous allez finir par avoir le dernier mot. Ils ne peuvent pas gouverner contre le peuple. Ils ne peuvent pas.
Et si le peuple est toutes les semaines dans la rue, il y a un moment où ils sont obligés de dire, bon, retour à la case départ. Les carottes sont cuites, on vote. Vous évoquez justement tout à l'heure Édouard Philippe qui était sur TF1 tout à l'heure.
Enfin, en début de semaine, pardon. Vous m'avez fait peur, j'ai cru qu'il était retourné sur TF1. Il n'est pas retourné.
Il a son rond de serviette là-bas. C'était en début de semaine. Le fait que samedi, il y aurait 80 000 policiers et membres des forces de l'ordre sur le territoire.
Ce n'est pas assez. Donc 5 000 à Paris. Et puis notamment, également, des nouvelles mesures pour durcir certaines situations, notamment les non-déclarations de manifestations, des évolutions également en matière de maintien de l'ordre.
Vous, c'est quoi votre positionnement ? J'imagine que vous avez écouté attentivement le Premier ministre. Oui, bien sûr.
Qu'est-ce que vous en pensez ? D'abord, j'ai vu un gars qui ne croyait pas lui-même à ce qu'il disait. Parce qu'Édouard Philippe, ce n'est pas Macron.
Bon, ce sont deux hommes de droite. Mais Macron, il n'a jamais rien fait d'autre que ça. Il était dans une banque, après il était, je ne sais pas quoi, il s'est retrouvé ministre, ministre du budget, puis il se retrouve président de la République.
Il n'a jamais rien fait d'autre que ça. Bon, il ne connaît rien au peuple français. Ce n'est pas le cas du Premier ministre.
Édouard Philippe, il a été maire d'une ville. Donc, il sait bien comment est faite la France. Il sait bien que ça ne se mène pas à la baguette.
Il y a coup de trik. Bon. Donc, alors, ils l'ont envoyé, on finit par le convaincre d'aller à la télévision raconter qu'il va durcir le...
Alors, bon, c'est pitoyable, si vous voulez, sur le plan intellectuel, ça fait pitié, parce que c'est quand même un esprit assez brillant, M. Édouard Philippe. Ça, vous êtes un adversaire, je peux quand même le dire.
C'est un type brillant, plutôt. Et vous le voyez expliquer, mettre sur le même plan à la télévision un droit constitutionnel qui est le droit de manifester. Les gens, je peux comprendre qu'il y a des gens qui disent « Ouais, manifester, vous nous faites suivez ».
Peut-être bien, mais ça s'appelle la démocratie. Donc, manifester, c'est un droit constitutionnel, ça fait partie des libertés. Et, il met ça sur le même plan que le comportement de ce qu'on appelle les hooligans dans les stades de foot.
Bon, enfin, écoutez, ça n'a rien à voir. Avoir le droit ou non d'exprimer une opinion politique et une opposition au gouvernement est le droit d'aller regarder ou non un match de foot. N'importe qui, quand on le présente comme je viens de le faire, arrive à comprendre que c'est pas de même nature.
Donc, on a eu un numéro à la télé de ce crogneu-gneu pour dire « Oui, attends, je ne vais pas se passer comme avant ». Ben, tu n'avais qu'à faire avant. Pourquoi tu n'y es pas arrivé avant ?
Pourquoi ils n'y sont pas arrivés ? Pourquoi ? Parce que les policiers n'étaient pas bons ?
Ben, ils ont fait leur boulot, non ? Qu'est-ce qui ne va pas ? Ce qui ne va pas, c'est qu'une masse de gens ne veulent pas de votre politique.
C'est ça le problème. Au départ, le problème de l'ordre public, c'est un problème social. Il n'y a pas d'ordre public sans justice sociale.
Et je vais même plus vous dire, pour un républicain, un ordre public sans justice sociale, il est suspect. Voilà. On peut quand même dire les choses comme elles sont.
Donc, M. le Premier ministre a parlé pour faire peur, pour impressionner, mais tout ça n'a pas grand sens. Et je vais vous dire, si vous réfléchissez à l'aspect juridique des choses, qu'on déclare une manifestation, c'était le cas samedi dernier, normal, pourquoi pas ?
Alors, samedi dernier, pour être transparent avec ceux qui nous regardent, la manifestation entre les Champs-Elysées et la Place de la Bourse a fait l'objet d'une déclaration de préfecture. Et celle entre l'hôtel de ville et l'Assemblée nationale a fait l'objet non pas de discussion, mais d'un courrier envoyé en disant on va faire tel parcours. Mais il n'y a pas eu une autorisation en tant que telle.
Et voilà. Donc, vous êtes en train de plaider pour l'autorisation au cas-là du droit de manifester ? Je ne plaide rien du tout.
Je suis juste en train de savoir avec les gens qui nous regardent parce que c'est important d'être factuel. Moi, je veux juste simplement pour ceux qui nous regardent bien à la présence de l'Assemblée nationale. C'est bien.
Comme ça, vous avez bien précisé les choses. Je suis important. Mais ce qui est clair, c'est que les gilets jaunes dans cette affaire sont de bonne foi.
Ils ont dit on va aller de là à là. Oui, ils l'avaient dit, ils avaient déclaré. Très bien, ils l'avaient déclaré.
Mais dans ce pays, il n'y a pas d'autorisation préalable. C'est l'inverse. L'autorité publique dit quoi ?
Qu'est-ce que vous voulez faire ? On n'est pas d'accord. On vous dit pourquoi ?
Enfin, bon sang, on n'est pas un troupeau gardé par je ne sais pas quel gendarme. Ce n'est pas comme ça que ça se passe. Une vie démocratique.
Des manifs, moi j'en ai vu des centaines. Ce n'est pas moi qui les organise. Mais je sais comment ça se passe.
On discute avec la police, avec le préfet. Tout ça se passe dans une ambiance plutôt décontractée. En général, ce sont les autorités qui disent écoutez, ne passez pas à tel endroit, ce n'est pas une bonne idée.
Nous, on pense que vous ne devez pas le faire. Passez plutôt là. Souvent, ça se négocie, les parcours.
Ça se fait entre gens de bonne intelligence. Mais si...
L'Assemblée nationale, c'était risqué ? C'était un...
Ah, je n'en sais rien. C'est eux qui n'ont pas voulu. Les Gilets jaunes, ils disent on y va.
Mais attendez, monsieur, allons au bout puisque vous vouliez être factuel. Donc, ils envoient la lettre. Et après, qu'est-ce qu'ils font ?
Ils attendent à la maison qu'on leur dise oui. Pas de réponse. Qui nous dit mot consent.
On y va. Ils ont cru de bonne foi qu'ils pouvaient y aller. Tout d'un coup, on les empêche de passer.
Donc, ils se sont dit c'est pas normal. C'est pas l'habitude de nos relations. Voilà ce qui ne va pas.
Bon. Et puis maintenant, je vais aller au fond de l'affaire. Mesdames et messieurs, les manifestations ne peuvent pas être soumises à autorisation préalable.
Alors, vous allez voir tous les organismes internationaux et ils vous répondront tous la même chose que le droit de manifester est un droit fondamental des libertés humaines. Voilà. Alors, on peut discuter ça et dire on n'est pas d'accord, la liberté, ça commence à bien faire et tout.
Mais ça, c'est les grands débats philosophiques qui nous occupent depuis deux siècles et il faut se coller dans le crâne que c'est nous qui avons gagné parce que la déclaration des droits de l'homme et du citoyen elle s'impose à la terre entière et elle n'existait pas avant la révolution de 89. C'est une victoire politique et donc politiquement, la liberté de manifester ne peut pas être soumise à autorisation préalable. Elle peut être soumise à une interdiction au nom des risques de l'ordre public dûment énoncée, signifiée et démontrée.
Voilà. Pas le caprice de quelqu'un où je ne t'ai pas répondu tu n'as qu'à attendre toi et tes 10 000 copains que je te réponde oui pour pouvoir sortir enfin tout ça n'a pas de sens. Donc, dans les événements qui ont eu lieu les déclarations après du Premier ministre n'ont pas grande signification.
Ce qui est d'abord pour la raison que tout ce qu'il a dit ne s'appliquera pas samedi prochain ni samedi d'après ni samedi d'après ni samedi d'après. Il y a un parlement dans ce pays avec votre permission qu'on discute au moins qu'on dise ce sur quoi on n'est pas d'accord. Toutes les organisations liées à la défense des droits de l'homme disent vous êtes fous ça va trop loin.
Et surtout ça n'explique pas comment dire ce n'est pas l'insuffisance de la sanction qui crée la tension. C'est parce qu'il y a la tension qu'on est dans cette situation. Parce que des milliers de gens disent nous ne voulons pas c'est un problème politique pas un problème d'ordre public et encore une fois le problème d'ordre public ne se règle que dans le cadre de la justice sociale et de la justice démocratique.
Parce que oui c'est vrai au début les gens parlaient de surtaxe de carburant et maintenant ils parlent de référendum, d'initiative citoyenne. Et bien alors qu'est-ce qui s'est passé ? Ce qui s'est passé ce qui se passe dans tous les pays du monde quand une situation sociale est bloquée elle devient une situation politique et les gens disent mais écoutez qui vous êtes pour nous dire non ?
Alors le pouvoir répond qui on est ? On est les gens qui ont été élus. C'est légitime ils ont raison de le dire c'est vrai.
Et puis les autres disent mais nous on est le peuple. Alors c'est pourquoi je dis à la fin quand on arrive là on vote. Là en ce moment dans quoi on est ?
Une situation de tension incroyable entretenue par le pouvoir et tous ses larbins. qui ont fait des gilets jaunes une basse hostile violente etc. Ils espèrent que samedi prochain le 27 ils ont prévu de faire une grande manifestation du parti de l'autorité.
Alors moi je vous dis à vous autres les français tous écoutez bien quand quelqu'un vient vous parler d'autorité comme ça ça finit toujours très mal ça finit par de l'autoritarisme. l'autorité ça se conquiert ça se mérite ça se gagne ça se fait par des tas de choses où il ne faut pas être comme une mule obstinée sur certains sujets. Des fois ça coûte parce que vous croyez à quelque chose mais bon c'est pas le moment ça passe pas ça passe pas ils vont retourner devant les gens discuter expliquer compléter monsieur Macron il s'est mis dans une situation il ne peut plus rien faire imaginez-vous là à la fin du mois vous allez tous avoir votre impôt à la source les trois quarts des gens vont atterrir et découvrir ce qui se passe mais vous croyez qu'il va passer sa réforme de la retraite vous croyez qu'il va passer les autres réformes où il s'agit à nouveau de mettre des coups sociaux sur la tête des gens bien sûr que son campagne est fini ?
Comme c'est là ? Ah oui qu'est-ce que je voulais qu'il fasse ? Il n'a plus qu'une chose à faire c'est maintenant que c'est au peuple de trancher alors quand je dis ça on me dit monsieur Mélenchon à chaque fois on me fait le numéro on me dit mais ça ne vous profite pas mais je m'en fous moi je ne suis pas là pour que ça me profite je ne suis pas en train de vendre des chaussures ou du papier peint je suis en train de défendre des idées elles avancent dans le peuple tant mieux en ce moment c'est heureux pour moi quand je vois tout ce qui vient du peuple ça confirme ce qu'il y a dans le programme l'avenir en commun donc je suis heureux et je me dis ben ça avance et alors du coup on dit ah ben vous êtes un factieux mais pas du tout je suis juste un démocrate qui en ce moment voit ses idées avancer vous dites le terme factieux on a Aurore Berger député de la je la plains elle porte parole du groupe La République En Marche alors le groupe La République En Marche tous les gens qui nous écoutent le savent il est présidé par M.
Le Gendre qui est un ancien journaliste vous voyez que ça en fait deux un du même journal dans les sphères du pouvoir le journal Challenge bon alors cet homme là il est président du groupe La République En Marche et à la première motion de censure il a dit je crois que ce que nous nous faisons nous faisons trop bien déjà tout le monde alors tout le monde a rigolé dans l'hémicycle tout le monde a oublié et puis il n'y a pas longtemps il a recommencé en disant nous avons été trop subtils trop intelligents ils sont foutus dans une impasse pas croyable et ils trouvent que ça c'est subtil et intelligent ces gens sont bouffis d'arrogance et c'est Mme Berger qui tout d'un coup sort de sa boîte pour me mettre en cause et me traiter de factieux et elle dit une chose qui est horrible elle ne s'en rend même pas compte je crois à la pauvre elle ne doit pas avoir toute sa tête quand elle mène ce genre de bataille parce qu'elle met en cause deux personnes de la France Insoumise il s'agit de l'un est candidat sur notre liste aux européennes M. Thomas Guénolé l'autre est un ami qui a été candidat pour la France Insoumise aux élections législatives et qui est un homme qui porte ses propres idées encore un électron libre dans la France Insoumise il fait comme il le sent et il a dit des choses ni l'un ni l'autre n'ont appelé à l'émeute à casser elle dit mais plus dangereux que ceux qui cassent il y a ceux qui arment le bras de ceux qui cassent et nous mettent en cause vous vous rendez compte ce que ça veut dire ça ? on ne peut plus parler si c'est comme ça si il dépend de quelqu'un de dire comme elle le fait elle que ces deux hommes n'ont pas le droit de dire ce qu'ils ont dit parce que je tiens à le préciser ils n'ont pas appelé à l'émeute ils n'ont pas appelé à tout casser ils n'ont pas appelé à frapper à tuer ça c'est le pouvoir qui accuse qu'on a entendu dire que les gilets jaunes venaient pour frapper et tuer ça c'est eux qui nous accusent de ça vous voyez je suis sympa aujourd'hui je vais dire bon je mets ça sur le compte de l'exagération ils ne savaient plus très bien ce qu'ils disaient mais quand on commence à dire qu'on dénonce à un procureur des propos purement politiques de deux hommes qui disent cette situation est en impasse il faut en sortir il faut changer les institutions mais je viens de vous dire pareil là alors quoi il faut le me juger pour ça mais ça c'est les dictatures c'est la police politique vous comprenez ? mais vous comptez apporter une réponse d'une façon ou d'une autre même peut-être non j'ai répondu ils sont là bon on va pas ça y est on va pas non plus monter au rideau tous les 5 minutes ça fait leur jeu ils voudraient que tout le monde s'énerve tout le monde s'en porte que les noms d'oiseaux volent bon voilà madame Aurore Berger n'a impressionné personne jusqu'à présent dans les gilets jaunes j'ai pas rencontré un gilet jaune qui m'ont dit et qu'est-ce qu'elle pense madame Berger de ce qu'on... tout le monde s'en fout c'est ça la vérité alors plusieurs questions dans les commentaires on a notamment quelques-uns qui ont parlé d'Éric Drouet on sait que vous avez écrit une tribune par rapport à Éric Drouet qui fait partie on peut l'expliquer pour ceux qui ne connaîtraient pas qui est un peu une des figures du mouvement qui avait été interpellée le 2 janvier dernier ça avait fait réagir énormément de monde pour vous Éric Drouet il symbolise quoi ? bon d'abord il faut prendre les choses avec la bonhomie qui est celle de l'existence moi j'étais en train de me reposer parce que j'ai eu un trimestre très dur et puis bon alors c'est la fin de l'année le 31 décembre j'ai dit je vais faire un petit billet je tiens un blog qui est très lu c'est le premier blog politique du pays de Jean-Luc Mélenchon quand même je veux signaler ça mon blog ma chaîne YouTube c'est la première chaîne YouTube politique du pays etc bon donc je sais que j'ai les moyens de m'exprimer alors je me dis bon qu'est-ce que je pourrais faire on voit le nouvel en fin d'année il faut avoir une petite méditation philosophico-historique sur la vie de notre pays alors je dis moi je trouve extraordinaire ce pays où il y a un Drouet qui empêche Louis XVI de s'en aller et on en a un autre aujourd'hui qui est en train d'empêcher le monarque présidentiel de faire ce qu'il veut et surtout ce qui me frappe chez les deux le Drouet de 1791 et celui d'aujourd'hui c'est que c'est des gens qui sont des gens sans prétention je veux dire qu'ils se sont trouvés confrontés à des situations puis ils y répondent le Drouet de la révolution il voit passer Louis XVI il comprend qu'il s'enfuit donc il fait il n'attend pas les consignes c'est une espèce d'insoumis de son époque il n'attend pas les consignes il sait ce qu'il doit faire empêcher le roi de s'en aller et je dis moi j'admire qu'en France on soit capable de produire comme ça des individus qui savent faire ce qu'il faut au bon moment là c'est les deux noms que j'ai retenus parce que je m'en excuse auprès des autres c'est monsieur Eric Drouet madame Priscilla Ludovski que j'ai vu je les ai un peu écoutés j'ai regardé ce qu'ils font et tout et ils m'impressionnent parce que je les trouve très de sang froid très maîtres d'eux-mêmes et surtout deux personnages qui ont compris que s'il y avait un alignement politique du mouvement des gilets jaunes il se rabougrirait c'est exactement l'analyse que je fais moi aussi moi je suis dans le problème suivant comment je fais pour aider soutenir mes amis sont partout alors si oui je fais l'aveu il y a des insoumis sur tous les ronds-points bon il y a plein de gilets jaunes mais dedans ils ont un coeur d'insoumis bon mais on sait très bien qu'on n'a rien à faire qu'ils soient insoumis ou ce qu'ils veulent ce qui compte c'est ce qui se passe et les deux ont l'intelligence de comprendre qu'il ne faut pas rabougrir politiquement et rabougrir ça ne veut pas seulement dire laisser une organisation politique prétendre être l'expression politique de ce mouvement il n'y en a pas ni non plus ça ne veut pas dire que le mouvement lui-même devienne une organisation politique ça c'est un peu plus compliqué à comprendre mais eux ils l'ont compris et grâce à ça ils maintiennent ça ouvert j'ai le droit de dire que j'admire des gens non ? quand même bon alors les autres non ils n'admirent personne ils sont tellement intelligents qu'ils n'admirent personne alors j'ai écrit alors vous allez voir comment ça se passe j'ai mis j'ai pris une fascination en les voyant fascination toute la journée sur toutes les chaînes d'info on continue de s'embêter il n'y avait rien à mettre sous la dent ce jour-là mais l'enchaînement est fasciné alors ça a commencé tout de suite ils ont rappliqué de partout pour accabler ce pauvre Drouet qui lui-même dit mais attendez moi je ne comprends pas qu'est-ce qu'on me cherche qu'est-ce que vous me voulez et dans l'après-midi on a vu tout le monde monsieur Hamon est arrivé en disant c'est monsieur Drouet qui a voté extrême droite tour de tour c'est pas vrai bon bref il avait l'air mais il a démenti eh ouais Drouet a démenti pas de bol comme hier c'était Drouet va rencontrer le mouvement 5 étoiles en Italie toute la journée plein de gens qui me demandaient comment vous réagissez moi je ne réagis pas j'attends d'abord de savoir si c'est vrai de ce que j'ai compris de la personnalité d'Eric Drouet je sais que c'est pas vrai parce que c'est un homme intelligent et il sait que s'il fait ça il clive le mouvement il fait le cadeau que Macron rêve d'avoir c'est-à-dire de donner une signification d'extrême droite à un mouvement or ce mouvement n'est pas d'extrême droite ni dans ses mots d'ordre ni d'ailleurs dans sa composition il y a des gens d'extrême droite dans le mouvement oui et alors et alors qu'est-ce qu'on doit faire trier tout le monde maintenant et puis alors on garde qui à la fin qui est-ce qui est légitime quelle est le la femme de l'homme alors celui-là comme il a voté de telle manière il ramène pas il n'a rien à dire sur le SMIC il n'a rien à dire sur le prix de l'essence hop tais-toi rentre à la maison non ce n'est pas possible il faut accepter que le peuple français ait fait comme ça ce qui compte à la fin c'est quel est le sens de l'action quels sont les mots d'ordre qui sont mis en avant et les mots d'ordre qui sont mis en avant malgré les efforts incroyables qu'a fait le pouvoir d'un côté l'extrême droite officiel Mme Le Pen et compagnie ils sont arrivés à rien ce mouvement n'est pas d'extrême droite il n'est d'ailleurs pas non plus d'extrême gauche c'est un mouvement qui porte ses propres mots et c'est ça qu'il faut protéger parce que tant que c'est comme ça et bien Macron ne peut pas s'en sortir parce qu'il sait pas par quel bout il les a attrapés certains dans les commentaires alors je sais que vous étiez là le 17 novembre à Paris vous étiez présent mais certains vous demandent pourquoi vous n'êtes pas plus présent sur le terrain est-ce que c'est la peur qu'on vous accuse de récupération politique ou même par rapport à votre sécurité personnelle c'est parce que sous mes cheveux j'ai un cerveau qui me sert à réfléchir je sais que si je vais quelque part ma seule présence va polariser c'est-à-dire que même s'il n'y en a qu'un on est à l'ère des médias un seul qui vient et qui dit ouais qu'est-ce que vous faites là ça m'est arrivé une fois je vous la raconte je suis à la gare de l'Est c'était la gare des cheminots et il y avait là Abdelgaard dans un poids qui était quand même bien éméchée ils n'avaient pas sucé des glaçons avant comme on dit clairement et alors je fais une erreur de gamin le gars il me dit je ne sais plus quoi il y en a marre les socialistes alors moi je réponds je dis non je ne suis pas socialiste bon bref vous voyez un truc tout bête les deux se mettent à crier après moi et là-dessus il y a deux trois petits jeunes qui sont là qui ne m'aiment pas ils ont le droit et ils ont un slogan un slogan danard ça dit ni Dieu ni Maître ni Mélenchon voilà c'est ça alors moi je vous préviens je veux être ni Dieu ni leur Maître je me contente d'être Mélenchon ou j'essaye de faire ce que je peux mais bon alors ils crient ça ils ont le droit aussi alors évidemment les caméras bam là-dessus et ça fait un incident Mélenchon un problème dans les manifs manifs où les gens m'aimaient beaucoup et j'espère qu'ils m'aiment toujours parce que les cheminots c'est des gens avec qui j'ai des relations formidables bon donc là si je fais ça c'est ça que je risque un incident et l'incident il servira à dire vous voyez même Mélenchon on ne peut pas y mettre les pieds c'est des bêtes furieuses c'est des sauvages bon alors maintenant je vais vous dire la vraie vérité de ma situation personnelle quand je suis allé à la Concorde le 17 novembre j'étais avec mes Marseillais qui étaient montés pour venir à l'Assemblée Nationale il y avait une visite qui était organisée tout ça alors comme c'est des militants ils ont dit ah bon voilà la manif alors nous la partie à la manif à la Concorde il y en avait qui traînaient leur valide derrière eux enfin il faut voir le cortège qu'on formait on était une cinquantaine avec les Marseillais qui étaient là et on commence à avancer alors il y avait un gars qui était en train de démonter les barrières Vauban moi je ne sais pas pourquoi je l'engueule je lui dis écoute c'est bon quoi ce n'est pas la peine d'en rajouter on ne va pas se battre dans la rue avec les barrières Vauban ouais ben Mélenchon fais ce que tu veux je fais ce que je veux bon très bien je vais un peu plus loin et il y a des gens qui me voient ils sont contents et pour faire un pied de nez à Macron je l'imagine ils disent Mélenchon président j'ai bien compris que ce n'est pas qu'il m'aimait tellement qu'il voulait me barater c'est juste pour embêter l'autre bon je me marre mais en même temps je me dis oh là là ça peut être mal pris tout ça donc on a dit bon ben les amis on rentre et c'est la première fois de ma vie que j'ai quitté une manif parce qu'on me faisait des compliments bon mais je sais très bien que je n'ai pas intérêt à par ma présence créer un incident mais je peux vous dire la chose suivante dans toutes les manifestations nous sommes présents c'est à dire que les députés de la région parisienne se trouvent toujours en région parisienne les députés sont là Coquerel Corbière Panot Autun qui est-ce que j'oublie Rubin j'espère que j'ai oublié personne des députés de la région parisienne Daniel Obono tout le monde est dans les manifs parce que c'est notre place nous sommes les élus du peuple et moi j'étais une fois à la Concorde à Paris une autre fois à Marseille parce qu'il y avait trois manifs qui convergeaient les lycéens les délogés les malheureux qui vous savez dans les immeubles sont effondrés ou en situation de péril extrême et les gilets jaunes plus la CGT donc je m'en dis un truc pareil je ne peux pas rater ça il faut que je sois là et en plus ils arrivent il se trouve que dans ma circonscription il y a le point d'arrivée de la manif donc très bien j'y étais j'étais bien reçu gentiment mais je ne veux pas créer si vous voulez je ne veux pas qu'on dise je ne veux pas qu'on m'attribue la manifestation je sais que ce n'est pas une question de gloriole personnel ou pas moi ça va ma gloire est faite j'ai besoin de rien je ne veux pas qu'on rabougrisse le mouvement je ne voudrais pas qu'on dise c'est un mouvement France Insoumise oui il y a une influence oui il y a beaucoup de choses en commun mais c'est un mouvement qui s'appartient à lui-même des gilets jaunes sur vos listes européennes c'est un souhait une idée ? j'espère qu'il n'y a que de ça non mais attendez on ne se comprend pas là toute la liste est gilets jaunes du premier au dernier tout le monde est dans les manifs aux gilets jaunes et certains vont sur les ronds-points bien sûr mais est-ce que des figures du mouvement qui ne sont pas forcément mis à la base alors attendons d'abord première m'offre qu'elle veuille parce que je sais qu'il y a 3-4 politiciens qui ont les doigts dans le truc là qui essayent de tirer leur ficelle et de se la jouer gilets jaunes mais ce n'est pas le sens du mouvement gilets jaunes de faire une liste aux élections européennes parce que si on commence à discuter de cahier de la solution pour régler le problème de l'Europe dans les gilets jaunes demain il n'y a plus de mouvement parce qu'il y a autant de points de vue qu'il y a de personnes bon en tout cas moi c'est ce que j'ai compris de ce mouvement c'est à dire que d'abord son unité ensuite est-ce qu'il y a des gilets jaunes dans la liste insoumise oui tout le monde il y en a 79 voilà tout le monde est gilet jaune chacun à sa manière est-ce qu'il y aura comme vous dites des personnalités bon voir d'abord si elles-mêmes ont envie de l'être parce que je ne sais pas pourquoi pour ceux qui croient que c'est un destin enviable je crois que vous n'avez pas bien compris ce que c'est que d'être député européen il y a certains qui ont dit clairement bon bien sûr pourquoi parce qu'ils réfléchissent puis ils ont je veux dire ils ont leur vie non d'Eric Drouet vous auriez aimé d'avoir sur vos listes je ne veux pas répondre il a réagi il n'a pas voulu mais moi je ne veux pas répondre à cette question parce que je mettrai des gens dans l'embarras d'abord notre liste on l'a faite si vous voulez bien ça a pris du temps j'en ai dit 6 mois ben attends 6 mois de discussion alors c'est pas moi qui ai discuté il y en a beaucoup qui me léchaient les mains les pieds pour que je les avance dans la liste mais non c'est une commission de 32 personnes dont 18 tirés au sort d'accord autant d'hommes que de femmes donc c'est pour vous dire on a fait une liste regardez là les gens elle est publique vous voyez les personnalités qu'il y a là c'est des gens il y a dedans un routier il y a dedans un ancien ouvrier des abattoirs qui ne veut plus être ouvrier aux abattoirs parce qu'il n'est pas d'accord avec ce qui s'y passe un philosophe comme Benoît Schneckenburger je ne sais pas je pourrais vous citer des gens de tous les métiers surtout des gens du peuple il y a des personnes qui viennent du milieu hospitalier bon une urgentiste une aide soignante tout ça existe dans la liste c'est des gens voilà les gens ça a pris du temps 600 candidats il y avait enfin les trier là dedans vous imaginez que j'allais faire ça moi j'étais trop content qu'il y en ait d'autres qui s'en occupent moi je ne suis intervenu que sur une chose quand on a eu la discussion sur la tête de liste et j'ai fait partie de ceux qui ont dit oui il faut que la tête de liste vienne d'un mouvement de type associatif ou syndical parce que les deux hypothèses existent dans notre esprit parce que ma responsabilité aujourd'hui je m'excuse mais ce n'est pas celle des autres la responsabilité de Jean-Luc Mélenchon ou la responsabilité des 17 parlementaires insoumis et du mouvement à la France insoumise c'est de proposer au pays une alternative donc je ne suis pas en train de m'occuper de mon petit groupe à 3% pour le faire passer à 4 nous sommes les plus importants donc on assume il faut que tout le monde puisse se reconnaître dans cette liste regardez par exemple la présence des socialistes des socialistes qui sont corrects ceux qui ont rompu avec la logique de l'Europe libérale comme monsieur Morel comme madame Mellinman ces gens qui nous ont rejoints donc nous serons la seule liste aux européennes dans laquelle il y a toute cette palette de gens qui ne font pas de carte de parti dès qu'ils en ont dès qu'ils sont des associatifs dès qu'ils viennent de la vie politique sans union des gauches sans union des gauches ensemble c'est vrai que mais qui est de gauche dans ce pays vous le savez vous donnez moi vite le mode d'emploi parce que il y a certains dans les commentaires qui ont regretté les difficultés on va dire relationnelles avec Benoît Hamon le fait que je n'ai aucune difficulté relationnelle je ne le fréquente pas je n'ai donc pas de relation difficile avec lui quand on a fini l'élection présidentielle tout le monde oublie tout moi j'étais dans mes sondages au niveau vous savez pour finir on a fait 19 et demi et lui il était dans il savait où il en était à la fin des présidentielles on m'avait vu passer tous les jours dire c'est de sa faute c'est de sa faute on a payé tous les jours non et vous pensez la première manif qu'on a fait attendez je vais vous répondre je vous répondrai à tout j'ai pris l'engagement parce que vous le faites d'une manière courtoise que vous ne coupez pas la parole au point que c'est très long donc je vous répondrai je pense que c'est aussi la force du format je vous dis clairement pour ceux qui nous regardent on essaie de mettre en place un format d'interview où on a le temps oui oui oui pour vous dire je ne sais pas depuis combien de temps vous pensez pour nous en direct 2h20 je pense que c'est intéressant parce que d'un côté on va sur des sujets de fond on prend un peu de hauteur sur l'actualité ça permet aussi de pouvoir développer avec vous et j'imagine que ceux qui nous suivent actuellement ça permet je peux faire un commentaire là dessus dites moi c'est une révolution qui se passe là les gens ils ne s'en rendent pas compte mais vous êtes en train de révolutionner la manière de faire de l'information c'est normal c'était tout verrouillé cadenassé les moyens techniques aujourd'hui les gens vous ne voyez pas mais il y a un pied pour une fois d'habitude il tient ça c'est un téléphone d'accord c'est ce que je fais d'habitude d'habitude il a un téléphone moi je vous ai regardé je vois comment vous faites comment vous y prenez je ne sais pas comment vous êtes encore vivant vu qu'à chaque fois vous êtes tous pris bon bref et puis vous avez complètement contourné tout le système c'est à dire que les gens tout le monde parle ça n'a l'air de rien mais c'est une révolution et ce qu'on fait aujourd'hui vous donnez la parole à un homme politique 2h20 je ne sais pas qui est-ce qui supporte 2h20 avec moi mais bon je ne sais pas combien ils sont si ça les intéresse s'il y a du commentaire ou pas mais en tout cas on l'aura fait alors tiens du coup je ne me rappelle plus quelle était la question au départ on parlait précédemment par rapport à oui la gauche alors il y a 8300 personnes qui sont encore là combien ? 8300 sur le Facebook c'est bien ou pas ? c'est bien oui c'est bien après c'est pas à moi d'en juger non mais je ne sais pas est-ce que c'est un bon chiffre oui c'est intéressant puis il y a surtout beaucoup de gens aussi qui sont là dans les commentaires qui voilà beaucoup qui sont dans la réaction pas forcément dans le question oui oui on a encore quelques questions pour clôturer oui mais c'est vrai qu'il y en avait certains justement qui parlaient de l'union des gauches justement dans les commentaires et c'est l'occasion de pouvoir répondre à ceux qui regardent parce que aussi l'un des points qu'on essaie de mettre qui est important pour nous dans le live c'est de mettre en avant les commentaires et on s'excuse pour toutes les questions qu'on n'aurait pas pu prendre parce que sinon on aurait fini demain matin je vous le dis très clairement mais on essaye en tout cas de prendre les tendances les plus importantes et celle-ci en faisait partie sur l'union des alors il y avait celle justement sur la présence de gilets jaunes on vous y avait répondu et sur ce côté justement l'union des gauches alors sur les gilets jaunes j'ai répondu c'était un peu une allégorie je peux dire le programme gilets jaunes il est là bon après sur quoi l'union des gauches voilà ça a été évoqué par certains oui oui mais c'est une comédie tout ça bon moi déjà commençons par le commencement j'ai rompu avec ça la dernière élection présidentielle j'ai dit écoutez ça n'a aucun sens qu'on fasse semblant d'être tous d'accord alors qu'on n'est d'accord sur rien notamment sur la question européenne là nous parlons de l'Europe écoutez il y a une différence alors petit à petit ils viennent tous sur ma position parce que comme je tiens bon ils sont obligés de céder mais au départ rappelez-vous quand je disais il faut sortir des traités ils faisaient tous les idiots comme les macronistes aujourd'hui avec les institutions c'est quoi Mélenchon il faut sortir de l'Europe j'ai dit il faut sortir des traités il y a aussi cette question là qui était posée je rebondis dessus votre position par rapport à l'Union Européenne alors il y a des gens qui pensent qu'il faut qu'il faut arrêter l'union politique de l'Europe c'est un point de vue moi j'ai un point de vue un peu plus compliqué je pense que la France est une grande puissance et qu'on ne fait pas l'Europe sans elle donc si on fait une Europe comme celle qu'on a aujourd'hui sous les yeux c'est parce que la France a laissé faire ou a aimé que ça se passe comme ça d'accord si on a une Europe libérale avec des traités qui interdisent l'harmonisation fiscale qui interdisent l'harmonisation sociale qui favorisent la lutte de chacun contre tous c'est parce que on l'a voulu des dirigeants politiques de droite et des dirigeants politiques socialistes l'ont voulu et je ne sais pas une accusation en l'air le parti socialiste co-gère le Parlement européen avec la droite la dernière fois ils ont fait une campagne je ne le rappelle pas pour prolonger une querelle inutilement mais pour que tout le monde s'en souvienne où ils disaient à nous plus jamais nous ne voterons pour M.
Juncker comme président de la commission vous voyez qui est M. Juncker n'est-ce pas ? bon c'est l'ancien premier ministre du Luxembourg qui a passé des années à organiser un système massif de détournement des sièges sociaux des entreprises pour payer moins d'impôts au Luxembourg bref un personnage il est de droite lui ça va on a compris il ne s'en cache pas et bien les socialistes co-gèrent avec eux et le cœur de l'Europe qui est en Allemagne je le rappelle le gouvernement allemand est composé de gens de droite et de membres du parti socialiste c'est pas une petite question c'est pas une difficulté relationnelle non c'est une question de fond il faut rompre avec ça bon donc moi j'ai fait mon choix et j'en avais assez du bougli-bougla où on fait semblant qu'on s'aime tous alors ils ont fait des tas de réunions une primaire de toute la gauche à la fin certains étaient au gouvernement d'autres qui n'étaient pas en fait un cafarnaum incroyable tout ça s'est terminé comme vous le savez moi j'ai une responsabilité je vais pas embarquer tout le monde dans des aventures politiciennes sans issue qu'est-ce que vous voulez que je je m'accorde aujourd'hui avec le parti socialiste de monsieur Faure qui passe son temps à expliquer partout premièrement que comme c'est là tout va bien en Europe qu'il faut continuer blablabla et deuxièmement que monsieur Mélenchon est un factieux je sais pas quoi non même pas la modestie de se dire écoutez on s'est pris une telle tôle que finalement on va réfléchir vous vous rappelez à un moment donné et moi j'ai fait une proposition je suis allé à Libération qui est l'organe central de la social-démocratie en France bon je dis ça sans aucune mauvaise intention enfin cette gauche là ce centre-gauche se retrouve plutôt là-dedans le centre-droit dans le monde Libération le centre-gauche je suis allé là ils m'ont donné deux pages on s'est expliqué longuement et je leur ai dit nous pouvons faire un front populaire si l'objectif c'est bien de fédérer le peuple c'est à dire de partir des revendications populaires et de leur donner une réponse pas d'aller voir le peuple pour lui dire et maintenant on va vous expliquer pourquoi il faut encore continuer à manger de cette Europe là dont vous ne voulez plus je ne peux pas parler plus simplement du sujet donc j'ai fait une proposition quelle a été la réponse des insultes et une ostracisation enfin une quand ils parlent de moi on a l'impression qu'on parle d'une bête féroce de quelqu'un à qui personne ne veut pas faire quelque chose de cette histoire non alors là je vois comment ferait-on une liste quand à quel moment de quoi on parle sur quel programme et d'ailleurs moi au moins j'ai été franc du collier j'ai dit au départ votre affaire ça ne marchera jamais ce qu'il faut c'est une liste honnête avec un programme honnête clair et puis bah remettons-nous-en aux électeurs et tous ceux qui venaient jusque là me chanter la chanson de l'unité qu'est-ce que je vois ils ne supportent pas entre eux donc mais si l'unité est si importante qu'ils commencent qu'ils la fassent entre eux mais ils ne sont même pas capables de ça alors ceux qui au début comme à Europe Écologie les Verts parlaient d'unité pour finir ils n'en veulent pas monsieur Hamon ne veut pas s'allier avec le parti socialiste il vient de répondre et c'est à moi qu'on vient régulièrement dire est-ce que vous voulez l'union des gauches l'union de qui je ne comprends même plus et surtout il y a une chose qui n'est pas possible vous verrez nous on n'a jamais répondu au niveau de violence aux attaques qui sont portées contre nous et singulièrement contre moi comme personne encore aujourd'hui ce pauvre monsieur Faure tout ce qu'il a trouvé à faire c'est de dire je ne sais plus en quel mot enfin bref insupportable dérive de Jean-Luc Mélenchon vers les rouges-bruns rouges-bruns est-ce que cet homme se rend compte des mots est-ce qu'il croit que ça va lui rapporter une voix de faire ça non ce que ça peut faire c'est que ça peut décourager des gens qui se disent ah mon dieu ah bon c'est ça bon comme puisque c'est comme ça je ne fais rien donc je m'abtiens et chaque abstention ça finira par servir le pouvoir on le sait bien donc moi j'attends que tout ce monde là devienne plus clair sur ses objectifs et sur sa politique j'observe que tout le monde progressivement au moins en parole vient sur ma position la sortie des traités parce que ces traités ne permettent pas de faire fonctionner une union sérieuse avec l'objectif qu'on doit avoir qui est le progrès social alors moi j'ai donné ma position plan A si je suis le président de la République signe pas l'élection européenne je dirais voilà ça ça ça c'est fini vos traités vous les remballez et comme on ne peut pas faire je leur dirai pourquoi parce que ça a provoqué la catastrophe en Grèce en Espagne au Portugal parce que les Anglais ont fini par fiche le camp parce que chez nous les gens n'en peuvent plus de cette politique d'accord donc stop on fait autre chose vous voulez pas faire autre chose bon on regardera si vous voulez pas nous on est prêt les français à faire autre chose on est prêt à faire une union d'harmonisation sociale d'harmonisation fiscale avec un plan de conversion de transition énergétique écologique parce que vous y répondez déjà indirectement alors déjà il y a ce grand débat qui va commencer dans les prochains jours est-ce que vous y êtes favorable ou non et deuxième question tout simplement plus générale portée sur l'avenir aussi vous avez commencé à y répondre d'un point de vue européen mais comment on sort de cette crise comment faire en sorte que selon vous c'est Gilets jaunes qui prépare l'acte 9 qui va se dérouler samedi un peu partout en France j'espère que ça sera un très grand succès et puis j'invite tous les insoumis et les gens qui ont confiance en moi vous serez sur le terrain vous ? ben moi je vais être là où je peux être utile donc vous savez une fois j'ai répondu oui comme ça à une émission de télé j'ai pas fait attention mon jeu c'était devenu une information résultat je pouvais plus aller nulle part donc je suis allé à Marseille je vous ai dit pour quelle raison et là est-ce que c'est possible de vous voir samedi manifesté ? ceux qui seront autour me verront mais pas plus parce que si je vais quelque part et je l'annonce ça veut dire des caméras donc des malheureux qui paquent des risques donc sur le terrain mais en discrétion je pense qu'on me verra pas on vous verra pas moi je verrai mais on me verra pas comment en sortir comment éviter que ça continue encore pendant des mois quelle solution politique aujourd'hui apporter à ces gilets jaunes qui sont justement qui certains nous regardent probablement parmi ceux qui regardent ce lave qui se disent bon ben voilà ils manifestent mais qu'est-ce qui va arrêter pour vous ? chaque semaine qui passe le niveau d'exigence monte il faut faire donc d'abord commençons par dire le débat pour contre non mais moi le débat je vais vous répondre mais je me mets déjà dans je suis du côté des gilets jaunes je vais pas faire semblant d'être dans les nuages donc de ce côté là je dis faisons très attention à ce que nos adversaires essayent de faire c'est-à-dire de marginaliser de pousser à la faute enfin bon les responsables des gilets jaunes se sont toujours magnifiquement sortis de toutes les situations mais en tout cas il faut les submerger par le nombre donc moi je sais que samedi il y a j'espère qu'il y aura du monde partout, partout, partout, partout beaucoup plus vous serez nombreux plus le risque de la violence baisse et plus le pouvoir sera en quelque sorte contraint d'admettre que il a perdu la part mais qu'est-ce qui doit faire ce pouvoir aujourd'hui ? il doit faire quoi ? alors il doit faire quoi ? attendez moi je vais pas expliquer à monsieur Macron ce qu'il doit faire je peux expliquer ce que moi je ferai mais votre arrivée de... attendez je commence d'abord sur le débat je vais pas vous répondre bien sûr le débat c'est une comédie parce que bon il y a tout parti de travers la présidente est plus présidente les maires il y en a un paquet qui disent mais nous pourquoi on va organiser un truc pareil et puis tout à l'heure vous avez fait un petit lapsus sans nous en rendre compte on était en train de parler d'Europe et vous êtes passé au débat parce que je pense que dans votre esprit vous vous souvenez qu'il y a déjà eu un débat dans ce pays et qu'est-ce qu'il y a les gens qui vous en rappelez pas ? ben si il y en a déjà eu M.
Macron avait proposé qu'il y ait un grand débat sur l'Europe pour trouver des solutions d'avenir pour l'Europe etc vous vous en rappelez ? il devait même avoir lu dans toute l'Europe il a eu lieu en France il y a eu des petites réunions confidentielles aux frais de l'Etat pour faire la campagne européenne des macronistes il ne s'est rien passé donc quand vous avez un mouvement d'une puissance pareille la réponse c'est que les gens ne demandent pas un grand débat ils demandent que des réponses concrètes soient apportées à leur problème premier problème comment rendre la vie des gens moins dure ? comment faire que les petites payes soient des payes décentes ? comment faire que les minimas sociaux permettent de vivre ? et ainsi de suite première grande question deuxième grande question ce système ne fonctionne pas et se bloque continuellement donc il faut changer la règle du jeu politique c'est ce que les gens proposent avec le référendum d'initiative citoyenne et que ce que moi je propose c'est qu'une assemblée citoyenne constituante soit réunie dans ce pays plus le temps passe plus M.
Macron pense qu'il va s'en sortir sans rien faire plus le niveau d'exigence monte et ce que je ne voudrais pas c'est qu'à la fin les gens se regardent en chien de faïence parce qu'au fond dans ce pays on pourrait trouver une grande majorité pour avoir une assemblée constituante dans ce pays on pourrait avoir une majorité pour rétablir l'impôt sur la fortune et créer 14 tranches d'impôt on pourrait trouver ça mais on ne le fera pas ils ne veulent pas le faire parce qu'ils ne veulent pas partager voilà et bien je pense que tant qu'on restera dans cette tension on sera paralysé et évidemment le niveau d'exigence populaire va monter donc si le président de la république et le premier ministre disent ce que je vais dire là je ne joue pas forcément à ma faveur disent écoutez nous ne voulons pas changer de position parce que nous estimons que nous avons été élus pour faire cette politique là d'accord vous la détestez mais on a été élus pour ça et puis les autres disent nous ne voulons pas que vous la piquez alors on vote c'est pourquoi je pense d'ailleurs que plus le temps passe plus c'est l'impasse et plus on va en direction de la dissolution c'est d'ailleurs à quoi le pouvoir se prépare il fait monter les tensions il essaye de faire vous savez deux camps les affreux les méchants les abominables et puis les gentils qui doivent se retrouver tous ensemble autour de monsieur Macron ça commence à sentir la campagne électorale ça commence déjà à sentir la campagne électorale et puis le 27 ils ont décidé de faire une manifestation de tous ceux qui sont partisans du président Macron et il va nous jouer un peu le numéro à la De Gaulle mais il n'est pas De Gaulle qui veut c'est à dire la grosse manifestation et puis derrière il y a la marre du bazar bon nous verrons mais ce qui est certain c'est qu'il faut à chaque jour suffit sa peine là nous avons une tâche à accomplir il faut que la mobilisation soit à son plus haut niveau samedi moi je ne peux rien faire d'autre que de dire il faut que ça soit à son plus haut niveau possible et puis on verra samedi ce qu'il faut faire mais je dis au pouvoir politique si vous croyez qu'il suffit de faire de la répression de punir des gens très durement et de me montrer moi comme le diable et que vous croyez que c'est comme ça que vous allez régler un problème politique pareil vous vous trompez vous ne comprenez pas ce qu'est la France et vous commettez une très grande erreur en repoussant des gens quand vous dites n'appartient plus au camp républicain c'est vous qui d'une manière ou d'une autre messieurs dames les macronistes vous mettez à côté de la république parce que le fondamental de la république c'est le peuple il ne faut jamais oublier ça il n'y a qu'un camp dans ce pays le peuple alors bien sûr des fois ces intentions sont difficiles à connaître et bien on vote alors j'en profite pour ceux qui nous regardent parce que certains me posent une question directement en me demandant si on a sollicité d'autres personnalités politiques pour les interviews bien sûr énormément d'autres et on a eu un accord pour une interview demain avec le ministre de l'intérieur Christophe Castaner qui sera notre invité sur brux demain à 14h alors moi j'aimerais vous dire Jean-Luc Mélenchon s'il y avait une question à poser à Christophe Castaner ce serait laquelle ? non non bon j'ai d'accord j'ai promis donc je répondrai aussi à ça Castaner et moi on a quelque chose en commun à part d'être vous savez pas quoi ? ben je vais vous le dire il y a 10 types qui ont décidé de nous tuer lui et moi lui il voulait les gorger moi il voulait me tuer avec un rense-flamme le chef de cette bande a été arrêté le 28 mai 2017 et les 9 autres sans qu'on m'ait rien dit ni à Castaner non plus parce que j'en ai parlé avec lui et les 9 autres ont été arrêtés en octobre depuis il y en a 4 qui ont été libérés au bout de 8 mois je crois de prison préventive alors ceux-là oui ils sont dangereux d'accord ça les a pas trop émus la république en marche depuis je continue à être un homme qui se protège par lui-même donc monsieur Castaner a eu du mal à admettre qu'il y avait une violence de l'ultra droite qui existe dans le pays et je le lui redis comme ministre de l'intérieur il n'est pas normal que des gens aient occupé un col soit venu avec un hélicoptère pour empêcher des gens de passer soi-disant à la frontière et que ce soit donc en quelque sorte substitué à l'état ce n'est pas normal ce n'est pas normal qu'il y ait lieu des violences comme celles qu'on peut constater dans une série de villes où des petites bandes de cette nature font peur alors bon Castaner il était socialiste aux élections précédentes il était même la tête de liste des socialistes il a à voir avec l'histoire Benalla il est le ministre de l'intérieur je ne dis pas que c'est lui qui a organisé Benalla mais il est ministre de l'intérieur alors monsieur le ministre de l'intérieur il faut faire cesser le scandale de cette espèce d'immunité dont bénéficie ce monsieur vous devez retrouver les armes qu'il avait chez lui vous devez expliquer pourquoi les scellés de justice ont fait que on a laissé au siège de la république en marche les armes qui avaient été mis sous scellés il faut que cesse le deux poids deux mesures vous ne pouvez pas être le responsable de la police et de n'avoir aucun souci de la façon avec laquelle vous utilisez les forces de police elles doivent punir en tout cas saisir et remettre à la justice ceux qui relèvent de la justice je pense de monsieur Benalla et il faut se comporter autrement dans l'organisation de l'utilisation de la force de police c'est pourquoi je viens sur un point bien précis monsieur Castaner il faut renoncer à l'usage de ces armes extrêmement dangereuses qui sont aujourd'hui mises au service des policiers ils ont rien demandé les policiers les grenades qui sont tirées sur les manifestants les tirs de flashball qui envoient des balles en caoutchouc mais c'est pas parce qu'elles sont en caoutchouc qu'elles ne sont pas dangereuses nous en sommes à je ne sais combien 800 je crois plus de 800 blessés c'est pas une affaire de dire ah ben il n'y a qu'à pas être là on ne peut pas raisonner comme ça dans un pays démocratique on n'utilise pas des méthodes pareilles parce que c'est une escalade sans fin et vous avez vu ce que ça a donné c'est que comme c'est pas pour ces méthodes là qu'on règle le problème vous retrouvez à avoir des gens qui disent qu'il faut que l'armée vienne ce que je sais bien que vous ne ferez pas parce que vous n'êtes pas fou voilà monsieur Castaner vous avez une grande responsabilité en ce moment sur le dos elle ne peut pas se limiter à dire je vais être ferme elle doit être de veiller scrupuleusement à un usage proportionné de la force et bien on lui posera la question demain c'est à 14h exactement ce sera sous le même format avec vos questions dans les commentaires j'invite d'ailleurs toutes celles et tous ceux qui veulent poser des questions demain même pour la préparation de l'interview parce que c'est toujours interactif on sollicite les gens pour poser leurs questions et puis on essaye de prendre des même parfois pas forcément une question d'une personne en particulier mais même des tendances qu'on peut avoir n'hésitez pas vous avez par exemple mon profil dans la description de ce live vous pouvez m'envoyer des messages en privé et j'essaie de prendre en compte les tendances que je peux recevoir des messages que vous m'enverrez pour poser des questions alors on ne posera pas bien sûr exclusivement que des questions d'internautes comme on l'a fait avec vous monsieur Mélenchon oui oui mais moi je veux bien répondre à des questions on peut s'arranger pour se les transmettre moi je veux bien refaire de mon côté avec votre aide mais en tout cas on va essayer en live non mais c'est absolument spectaculaire je n'ai jamais fait ça une interview en direct qui dure 2h20 j'espère que vous m'avez trouvé assez clair c'est toujours le problème quand c'est long on peut commettre des erreurs d'expression ou se croire plus clair qu'on est en tout cas merci merci à vous monsieur Mélenchon de cette prétesse s'était exercée je rappelle que c'est votre première intervention médiatique depuis le début de cet année 2019 qu'on a pris le temps il n'y en aura pas beaucoup pas beaucoup de présence non on discute beaucoup de savoir si ça sert à quelque chose ou pas j'ai beaucoup de moyens de m'exprimer j'ai ma chaîne YouTube j'ai mon blog et puis il y a tous mes amis vous savez il y a beaucoup d'insoumis qui s'expriment qui sont invités ils doivent être pas trop mauvais puisqu'on les réinvite donc qu'est-ce qu'il faut que moi je parle beaucoup je ne sais pas après il y a des comment dire peut-être que je ne sais pas peut-être que TF1 comme ils ont passé le premier ministre peut-être qu'ils vont faire parler des gens d'opposition en 20h pourquoi pas c'est toujours à joindre oui oui oui alors dans des cas comme ça il faut y aller France 2 aussi qui peut-être m'invitera alors bon dans des cas comme ça ça se discute c'est un Jean-Luc Bourdin vous savez que jusqu'à présent ça a été assez agréable je veux dire bon c'est un peu tendu mais de fort personnalité on va dire je n'ai pas de problème personnel ni avec lui ni avec Mme El-Krieff ou d'autres personnes qui organisent ces interviews c'est juste que il y a chez moi une lassitude d'un certain type d'exercice c'est pourquoi je suis venu là d'ailleurs parce que c'était nouveau complètement différent et que je vous ai vu faire bon j'ai pu parler tant que je voulais c'est même beaucoup trop long les amis vont me dire mais pourquoi tu as parlé pas je pense que c'est intéressant je n'ai pas fait de punchline cette façon justement de pouvoir avoir aussi des réponses longues elle est assumée en soi parce qu'on a la chance d'avoir un format qui est le format du Facebook Live où justement on a un temps qui n'est pas limité voilà je n'ai pas derrière une page de pub qui va me dire il faut couper etc donc le fait d'avoir et viennent ceux qui veulent pour voir ça le fait d'avoir ce temps long je pense que c'est une chance je le dis à ceux qui nous regardent parce que vous êtes parfois très nombreux à poser des questions même sur ces nouveaux formats moi j'ai toujours considéré que le manque de temps était parfois l'ennemi du journalisme ou le manque de caractère quand on écrit un article le fait d'avoir cette liberté de temps comme on peut avoir sur le live elle est précieuse il faut en profiter et j'espère qu'on a pu le faire aujourd'hui en remerciant en tout cas toutes celles et tous ceux qui ont suivi ce live je vous remercie pardon d'avoir été peut-être des fois trop long je vous remercie en tout cas pour vos nombreux commentaires alors on n'a pas pu prendre toutes les questions certains sont peut-être frustrés mais comme je vous disais si on les avait toutes prises on aurait continué jusqu'à demain matin mais au moins on a essayé de prendre les plus grosses tendances les commentaires qui revenaient le plus et on a peut-être oublié mais voilà le plus simplement possible on a essayé de prendre celles qui revenaient le plus dans ce live très bien on vous remercie en tout cas on vous souhaite à tous une très très bonne soirée à vous monsieur Mélenchon et puis à ceux qui nous ont regardé en disant que ce live vous pourrez le voir ou revoir en intégralité comme tous nos interviews comme tous nos lives je tiens aussi à le dire parce que c'est vrai qu'on se voit parfois beaucoup de messages qui nous demandent pour retrouver nos Facebook live l'ensemble de nos directs que ce soit de mouvements sociaux d'interviews politiques ou de suivi de l'actualité généraliste tout est toujours disponible en intégralité sur notre page Facebook comme le sera et on pourra y accéder aussi on va en prendre des morceaux mais on va aussi la mettre à disposition sur Canalphi qui est notre propre chaîne de télé mais qui renvoie sur vous sur votre travail que vous avez réalisé là parce qu'il y a quand même beaucoup de boulot derrière tout ça Merci en tout cas de se prêter à cet exercice encore une fois monsieur Mélenchon et merci à vous J'espère que ça donne envie à tous les autres de venir ici parce que comme ça vous aurez gagné et moi aussi On a déjà pas mal de bons et puis comme je disais demain matin Christophe Castaner enfin demain en début d'après-midi pardon à 14h Christophe Castaner le ministère de l'Intérieur qui répondra à mes questions mais aussi les vôtres et je le rappelle encore une fois n'hésitez pas à nous envoyer vos messages avec vos questions on essaiera de prendre quelques tendances et d'avoir une interview avec les questions que vous vous posez Bonne soirée à vous et on se retrouve très très vite sur Brut pour de nouvelles images en direct Bonne soirée à vous prenez soin de vous c'était Rémi Buzine pour Brut depuis le haut de la rédaction avec Jean-Luc Mélenchon Merci à vous
Jean-Luc Mélenchon