Le grand jury d'Olivier Faure
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 32 %Attaque 48 %Défensif 21 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:08OuverteRéponse partielle
Comment en est-on arrivé là ? La France ne sait-elle plus se parler sans casser ? Quelle réponse ?
- 2:14OuverteRéponse directe
Quelle image retenez-vous de ce samedi de manifestation ?
- 3:05FerméeÉludée
Est-ce que ces images de violences et ces slogans très violents sont tolérable ?
- 4:27RelanceRéponse directe
Est-ce que le gouvernement a réussi à ce que la manifestation se passe plutôt bien ?
- 5:33OuverteRéponse directe
Est-ce que le gouvernement a eu raison de modifier le tracé de la marche au dernier moment ?
- 6:54RelanceRéponse directe
Est-ce que l'interdiction de manifester n'est pas la seule solution pour éviter les casseurs ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:57PrésentateurChiffre
« Plus de 410 000 manifestants ont défilé partout en France hier. »
- 1:56PrésentateurChiffre
« Hier, 410 000 manifestants selon les autorités, 800 000 selon la CGT. »
- 2:17PrésentateurChiffre
« près de 1000 interpellations selon le ministre de l'Intérieur. »
- 3:23Invité politiqueFait
« CRS, SS n'étaient pas forcément du meilleur goût non plus. »
- 3:34Invité politiqueFait
« Et personne n'est mort. »
- 4:56Invité politiqueFait
« Quel est le sujet, en fait, pour celles et ceux qui assurent l'ordre ? »
- 9:11Invité politiqueFait
« Jeudi après-midi. »
- 10:15Invité politiqueFait
« Est-ce que vous trouvez logique et normal que le chef de l'État ait attendu vendredi pour recevoir enfin les lycéens ? »
- 12:03InvitéFait
« Quand Jean-Luc Mélenchon dit la police tue, est-ce que ça ne contribue pas à un climat de violence ? »
- 12:05Invité politiqueFait
« Mais c'était une erreur de sa part de dire la police tue. »
- 12:29Invité politiquePromesse
« Moi, je souhaite que les armes, qui sont des armes classifiées comme armes de guerre, soient proscrites dès lors qu'on a des jeunes face à soi. »
- 15:17PrésentateurChiffre
« entre 800 000 euros à minima selon les assureurs et 1 milliard d'euros de coûts, notamment pour les commerçants. »
- 18:33Invité politiquePromesse
« J'attends de savoir quelles seront les propositions que fera le Premier ministre. »
- 22:44PrésentateurChiffre
« 1,2 milliard d'euros de budget supplémentaire dans le prochain budget. »
- 25:13InvitéChiffre
« il est à 1477,93 euros net. »
- 25:16InvitéFait
« Pour les autres salariés qui ne sont pas au SMIC et qui ont eux aussi des problèmes de pouvoir d'achat, qu'est-ce que vous proposez ? »
- 30:30PrésentateurFait
« Un homme de 39 ans a fait un mort et cinq blessés, dont une jeune fille de 12 ans dans une attaque qualifiée d'attentat raciste. »
- 30:44PrésentateurFait
« Vous avez dit hier, l'extrême droite porte une lourde responsabilité. »
- 31:50Invité politiqueFait
« À force de créer un climat, de laisser penser que nous sommes envahis, qu'il y a une forme de grand remplacement. »
- 32:04Invité politiqueFait
« Les mots de Jordan Bardella, les mots de Marine Le Pen. »
- 32:55Invité politiqueFait
« Le racisme n'est pas une opinion. C'est un délit. »
- 33:52Invité politiqueFait
« Le 17 octobre 1961, quand le préfet Papon, de sinistre mémoire, a jeté à la scène ou fait jeter à la scène des dizaines et des dizaines d'Algériens. »
- 35:02Invité politiqueFait
« Ce n'est pas un tournant. C'est une pente dangereuse dans laquelle nous glissons progressivement. »
- 36:14Invité politiqueFait
« Je suis moi-même eurasien. Ma mère est née à quelques milliers de kilomètres d'ici, désormais au Chimineville, autrefois à Saigon. »
- 37:18Invité politiqueFait
« La Nouvelle France, elle me pose un problème. »
- 45:06Invité politiqueFait
« Je ne vais pas en fait d'un seul coup devenir celui qui trahit un vote qui a été un vote de 120 000 personnes. »
- 52:59Invité politiqueFait
« on a eu un répit d'un an, moi ce que je veux c'est le changement. »
- 53:06Invité politiquePromesse
« le changement j'espère qu'il viendra en 2027 »
Temps de parole
- Olivier Faure68 %
- Présentateur16 %
- ?6 %
- Invité4 %
- Invité 24 %
≈ 19,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Année présidentielle, année RTL. Bonjour, c'est Marc-Olivier Fogiel. Après Gabriel Attal, découvrez le deuxième épisode de mon nouveau podcast, Les Aspirants. Pendant une heure, prenons le temps de découvrir celles et ceux qui aspirent à la fonction présidentielle. Dans ce deuxième épisode des Aspirants, découvrez Bruno Rotaillot. Comme vous ne l'avez jamais vu, derrière l'image du notable conservateur, se cache un homme plus fissuré, plus ambitieux. Les Aspirants, le podcast vidéo de la présidentielle sur la chaîne YouTube de RTL.
Grand
Jury, présenté par Thomas Despré.
Bonjour
à tous et bienvenue dans ce Grand Jury. Très heureux de vous retrouver pour votre grand rendez-vous politique du dimanche. Bonjour Olivier Faure.
Bonjour à
vous Thomas. Bienvenue en direct sur RTL et sur Public Sénat. Canal 8 de la TNT, vous êtes premier secrétaire du Parti Socialiste. Plus de 410 000 manifestants ont défilé partout en France hier. Vous avez parlé de marées humaines, mais toujours en marge des cortèges, des tensions, des poubelles brûlées, des slogans anti-police également. Comment en est-on arrivé là ? La France ne sait-elle plus se parler sans casser ? Quelle réponse ? Attendez-vous désormais du gouvernement ? Nous sommes ensemble pendant une heure. Bienvenue dans ce Grand Jury, Olivier Faure.
A
mes côtés pour vous interroger aujourd'hui, Céline Bardi de Ouest France et Steve Jourdain de Public Sénat.
Bonjour Olivier Faure.
Dans ce Grand Jury, Olivier Faure, nous évoquerons aussi bien sûr l'élection présidentielle et votre candidat tout juste désigné Raphaël Glucksmann. Avec lui, est-ce la fin de toute alliance avec la France Insoumise ? Nous parlerons de l'examen du budget au Parlement. Vous répondrez à nos questions express et à celles des lecteurs de Ouest France, notre partenaire.
Le
Grand Jury, l'événement.
Mais
d'abord l'événement de la semaine Olivier Faure, c'est bien sûr cet acte 2 des manifestations pour le pouvoir d'achat. Hier, 410 000 manifestants selon les autorités, 800 000 selon la CGT et deux images. Les cortèges remplis un peu partout en France, à Rennes, à Marseille, à Nice, à Paris. Mais toujours ces scènes de tension en fin de manifestation avec près de 1000 interpellations selon le ministre de l'Intérieur. Quelle image, vous, vous retenez de ce samedi de manifestation, Olivier Faure ?
Je
retiens celle qui est derrière vous. Cette image d'une foule incroyable, jeune, enthousiaste, heureuse, joyeuse, qui
vient
en fait dire aux adultes ce qu'ils veulent. Et je vois en fait
une
génération qui se lève, comme d'autres avant elle, et qui veut prendre sa place dans la société française.
Et
c'est un formidable moment.
Et
les messages qu'elle développe sont des messages de générosité, une volonté de vivre ensemble, loin de toute forme de séparation entre les uns et les autres. Et je souhaite qu
'on
les entende, qu'on ne fasse pas simplement semblant de les écouter, mais qu'ils soient entendus pour leurs revendications. Et c'est la meilleure façon de mettre fin à ce mouvement.
On va revenir sur les revendications, bien sûr, sur le fond. Mais il y a tout de même eu hier des images de violences, des casses dans certaines villes de France. Et des slogans très violents, entendus par des reporters d'RTL hier sur le terrain. À câble, les policiers sont tous des bâtards. Louis XVI, on l'a décapité. Macron, on peut recommencer. Est-ce que c'est tolérable ?
Écoutez, CRS, SS n'étaient pas forcément du meilleur goût non plus. Et nous avons résisté. Il y a toujours des CRS, il y
a
toujours des gens qui sont là pour assurer l'ordre. Et personne n'est mort. Donc tout va bien. Mais
c'est acceptable, c'est tolérable.
Je ne dis pas que c'est acceptable. Je dis simplement que vous avez toujours, dans ce type de manifestation, une forme de colère qui s'exprime parfois de manière exagérée. Mais nous n'arrêtons pas à l'anecdote. Allons jusqu'au bout. Et regardons ce qu'est le message qui vous adresse. Le message n'est pas d'aller tuer les policiers. Le message, c'est d'avoir
un pays dans lequel
on peut vivre, dans lequel on peut étudier, dans lequel on peut avoir un avenir.
Plusieurs centaines
de policiers qui ont été blessés. Ce n
'est
pas de l'anecdote non plus. Vous dites anecdote.
Non, je ne dis pas. Je dis simplement que les slogans qui sont développés, on a toujours connu ça dans tous les pays du monde. Et je ne veux pas que d'un seul coup, on laisse penser qu'on aurait là une jeunesse qui serait prête à aller tuer des policiers. Ce n
'est
pas vrai.
Est
-ce que
ça veut dire que le
gouvernement et le ministère de l'Intérieur ont cette fois réussi à ce que la manifestation se passe plutôt bien
? Ça
veut dire que quand ils anticipent, quand ils y mettent les moyens, quand ils font en sorte que les choses se passent bien, ça se passe bien. Et la réalité du cortège hier à Paris, c'est qu'il a défilé totalement pacifiquement. Et c'est seulement à l'arrivée, place de la nation, qu'à ce moment-là, les échauffourées ont commencé. Parce que là, pour le coup, les choses étaient moins préparées.
Et
que c'est très difficile. Quel est le sujet, en fait, pour celles et ceux qui assurent l'ordre ? C'est d'avoir des lieux de dispersion qui soient des lieux de dispersion possibles, faciles. Justement, jusqu'au
dernier.
Sur cette place-là, évidemment, ça se finit toujours avec des échauffourées. Et puis, on le sait bien, ce n
'est
pas un phénomène exclusivement français. Il y a dans tous les pays européens des casseurs, des pilleurs qui, opportunément, viennent se mêler à la foule pour commettre des exactions qui doivent être condamnées et qui doivent être effectivement sanctionnées.
Justement, jusqu'au dernier moment, hier, le ministère de l'Intérieur, la préfecture de police de Paris a modifié le tracé de la marche qui était prévue à Paris. Est-ce que, finalement, c'était une bonne chose d'avoir cette manifestation autour de Paris qui ne traverse pas les quartiers où il y avait beaucoup de commerces qui auraient pu être cassés, qui auraient pu être pillés, comme la semaine dernière ? Vous avez contesté cette décision dans un premier temps hier. Est-ce que, finalement, le gouvernement, le ministère de l'Intérieur a eu raison de modifier ce tracé au dernier moment ?
Ce que j'ai contesté, c'est le fait qu'un tracé qui avait été signé avec les organisations syndicales, après deux jours de débat,
a
été, en fait, transformé à la veille du défilé. Et le risque pris, heureusement, ça n'est pas intervenu. Mais le risque pris, c'est qu'il n
'y
ait non pas un cortège, mais deux cortèges, avec des manifestants ne sachant plus très bien où on manifeste et se retrouvant dans une situation où, justement, le désordre aurait pu s'installer.
De
manière heureuse, les manifestants se sont tout de suite rabattus sur le nouveau tracé et ça s'est bien passé. Donc, il y avait une prise de risque. On aurait pu l'éviter. Je souhaite que, désormais, les gouvernants adoptent des tracés qui sont des tracés connus à l'avance, qui permettent la mobilisation, parce qu'on sait aussi que les changements peuvent dissuader les gens de manifester. Là, on avait
le mauvais temps. Il y a eu plusieurs
manifestations qui ont été interdites.
Malgré cela.
Il y a eu des manifestations qui ont été interdites sur le territoire. D'autres ont été déplacées. Vous avez dénoncé, vous, des atteintes graves à la liberté de manifester. Mais quand on voit les scènes de casse qu'on a pu voir le week-end dernier, qu'est-ce que vous dites ? Est-ce que, finalement, l'interdiction, ce n'est pas, dans certains cas, la seule solution
?
Mais je ne
sais
pas si vous vous rendez compte de ce que vous venez de dire.
si,
désormais, pour éviter les casseurs,
on
interdit de manifester, nous ne sommes plus
en démocratie. Alors, il y
a
la liberté de manifester, il
y
a le respect de la propriété privée. Nous
avons besoin, nous avons besoin,
cette
tension
-là existe entre ces deux principes. Vous avez raison de le rappeler. Mais ça ne peut jamais se faire au péril de la démocratie et de la possibilité de manifester et d'exprimer une opinion. Imaginez que, demain, un pouvoir autoritaire s'installe en France et qu'il vienne et qu
'il
reprenne vos arguments et qu
'il
dise simplement...
Ce n'est pas
mes arguments, il y
a
deux principes dans la Constitution.
Ce sont les arguments que vous développez. Le
maintien de l
'ordre et
la propriété privée. Je comprends bien que vous êtes journaliste et que
ce n
'est
pas forcément vos opinions. Mais je les reprends telles que vous les exprimez. En disant simplement que si, désormais, on avait un pouvoir autoritaire, comme c'est le cas dans un certain nombre de pays en Europe, et qu'au prétexte qu'il y a un risque, on interdit de la manifestation, vous voyez bien qu'on entre dans une démocratie dite illibérale, qui n'est plus vraiment une démocratie, mais déjà un régime dans
lequel... Interdit d'interdire les manifestations selon
vous.
Interdiction d'interdire les manifestations selon vous. Les interdictions qui ont été
décrétées n'ont pas été bonnes. Il faut, quand il y a
des lieux qui sont des lieux à risque, on peut effectivement changer les tracés. On peut faire en sorte que sur des délais très courts, sur des endroits qui sont des foyers de casseurs, de pilleurs, etc., on peut aussi mettre en place un couvre-feu provisoire, pendant un jour, deux jours, le temps de rétablir l'ordre, mais on
ne peut pas avoir... Les couvre-feu, pour vous, vous acceptez que le gouvernement propose
des couvre-feu
?
Quand il est très limité à quelques rues, dans un endroit où, effectivement, les choses se passent mal, mais qu
'on
n'interdit pas de manifester de manière générale, effectivement, je ne suis pas un abruti. Je pense qu'effectivement, l'ordre doit revenir.
Qu'est-ce qui doit prendre le pas, selon vous ? Le
maintien de l'ordre ou le droit de manifester ? Il
n
'y a aucun intérêt pour les manifestants à ce que les autres s'installent. Pourquoi ? Parce qu'on sait très bien que ce que cherchent tous les gouvernants, notamment de droite, c'est de faire en sorte de glisser progressivement
d
'un sujet qui est un sujet social, politique, vers un sujet qui est exclusivement sécuritaire. Et on voit bien ce qui se passe. Quand on a été convoqué cette semaine à Matignon avec le Premier ministre... Jeudi après-midi. Jeudi après-midi. De quoi nous parlent-ils ? Ils nous parlent exclusivement de sécurité, comme si le sujet était exclusivement sécuritaire. Non, le sujet, il est d'abord au départ un sujet social et un sujet politique auquel il faut apporter une réponse, et sociale et politique. C
'est
l'absence de réponse politique qui a amené à l'accentuation, pour vous, de la contestation et des mobilisations, et parfois des drames. C'est ce que dit Balibagayoko, notamment ?
Ce que je dis, c'est que c'est à l'épreuve de l'histoire.
Quand
vous avez un mouvement auquel personne n'entend répondre,
qui
est, depuis un mois, laissé face à lui-même, forcément, vous avez des mouvements qui se radicalisent, avec des revendications qui sont de plus en plus radicales, et puis, parfois, des formes qui prennent des formes plus radicales aussi. Est
-ce qu'il y a la
moindre violence
légitime dans ces cortés ?
À un moment que les choses se calment. Si vous voulez que les manifestations s'interrompent, c'est simple, il suffit de répondre aux revendications. Est-ce que vous trouvez logique et normal que le chef de l'État ait attendu vendredi pour recevoir enfin les lycéens ? Il les a reçus pour ne rien leur dire. Et c'est maintenant, lundi, que le Premier ministre va les recevoir à son tour. Mais il aurait pu les recevoir avant la manifestation, il aurait pu leur dire, écoutez, Parcoursup, c'est fini. La réforme Blanquer, j'y reviens. On va revenir
sur les revendications. Olivier Faure, on va revenir sur les revendications. En fait, il y a
quelque chose qui est incompréhensible dans la façon dont est géré ce mouvement. On voit bien qu'il y a eu une tentation très claire de la part du pouvoir. C'est de dire, ah, bientôt les vacances de la Toussaint.
Les
vacances de la Toussaint, ils vont finalement se démobiliser. À la rentrée, il ne se passera plus rien.
Attendez, on ne
va
pas aller vraiment... Et donc,
maintenant,
après,
il
y
a
eu une deuxième tentation,
c
'était de se
dire,
bon,
ça barre le 17, donc on va pouvoir dire
que le sujet n'est pas
un sujet social, mais un sujet sécuritaire. Et ne jamais répondre sur le fond. Eh bien, non, le moment est venu de répondre... Sur la responsabilité politique, Steve Jourdain.
Effectivement, vous renvoyez la responsabilité du chaos, en tout cas de ce qu'on a pu constater la semaine dernière, sur les épaules du gouvernement. Le gouvernement qui renvoie la responsabilité sur la France insoumise, est-ce que, selon vous, la France insoumise a une responsabilité dans ce qu'on a pu constater ces derniers jours
?
Mais là aussi, ça fait partie, en fait, de l'écran de fumée du pouvoir. Trouver un adversaire, commode, un épouvantail, et dire, voilà, en fait, le problème, il est là. Mais vous pouvez supprimer la France insoumise, vous pouvez l'interdire, ça n'empêchera pas les lycéennes être dans la rue. Donc,
pas de responsabilité du tout. Quand on entend un élu de la France insoumise... Attendez,
on n'est pas une île. Regardez ce qui se passe dans les autres pays européens. Vous voyez bien que la jeunesse se soulève partout. Et je ne crois pas qu'en France
insoumise, et ce pouvoir incroyable de pouvoir lever
les masses partout
en Europe et
dans le monde. Quand Jean-Luc Mélenchon dit la police tue, est-ce que ça ne contribue pas à un climat de violence
? Mais
c'était une erreur de sa part de dire la police tue. Il y a malheureusement des policiers, et on le voit bien encore dans les manifestations qui prennent peu de précautions. Et quand on voit ces jeunes avec les mains arrachées ou les yeux crevés, forcément, on se dit qu'il y a des gens qui n'ont pas le souci
et
que quand on a des enfants face à soi, on ne leur tire pas dessus. Moi, je souhaite que les armes, qui sont des armes classifiées comme armes de guerre, soient proscrites dès lors qu'on a des jeunes face à soi. Parce qu'on ne peut pas tirer sur nos
enfants. Il
faut que la police n'utilise plus, dans sa doctrine de maintien de l'ordre, par exemple, les grenades de désencerclement
? Oui, parfaitement. Je pense qu'il y a des armes qui ne sont pas utilisables face à des jeunes, face à des enfants. On parle là de jeunes qui ont 14, 15, 16, 17 ans. On
parle de jeunes qui arrivent parfois dans des manifestations avec un attirail, comme s'ils voulaient en découdre justement avec les forces de l'ordre.
Il y a des jeunes qui peut-être veulent en découdre, mais rien ne mérite le fait qu'il y ait des tirs tendus, qu'il y ait des... Quand on fait un bain qui se fait arracher la mâchoire, j'ai vu cette vidéo, en fait, il est attrapé, il se défend, ensuite, il y a un policier qui lui tire dessus à bout portant, il est à un mètre, il lui déchire la mâchoire. Est-ce que vous pensez sérieusement que, dans une grande démocratie, cet acte-là n'est pas répréhensible ? Je crois qu'il l'est, et je crois qu'il doit l'être, et je pense qu'il y a effectivement des armes qui ne peuvent pas être utilisées face à des enfants.
C'est un principe simple. L
'Assemblée nationale
lance
une commission d'enquête sur les violences en marge du 17 octobre. La commission des lois du Sénat va aussi se pencher sur les événements. Est-ce que c'est une décision que vous saluez ? Et à quelle question souhaitez-vous qu'elle réponde, ces commissions d'enquête ?
Je souhaite qu'elle reprenne tout le continuum de tout ce mouvement, et que ce ne
soit
pas simplement fixé sur le 17 octobre, mais sur tous les événements qui ont précédé le 17 octobre. Comment le maintien de l'ordre a été assuré ? Comment est-ce qu'en fait on s'est déployé face à nos enfants ? Qu'est-ce qui s'est passé pour qu'à un moment, effectivement, vous ayez des slogans qui fleurissent sur les murs, à câble, même si je ne
suis pas
sûr que ce soit l'exclusivité des lycéens, plutôt de l'ultra-gauche ou de casseurs qui sont venus là pour en découdre. Mais ce que je crois, c'est qu'effectivement, il faut faire la lumière sur ces événements et que nous puissions en tirer des leçons. Qu'on ne soit pas là à reproduire, année après année, les mêmes erreurs.
Vous considérez cette initiative de Yael Brunpivet ?
La question d'enquête a été demandée par l'ensemble des oppositions. Yael Brunpivet, ensuite, y a accédé
d
'une manière un peu particulière, parce qu'elle a souhaité que ce soit, je reviens dans la technique deux secondes, mais que ce soit la commission des lois qui soit, en réalité...
Comme
c'est le cas régulièrement,
ça a déjà été
le
cas pour l'affaire Benalla, par exemple ? Oui,
d'accord, mais enfin, ce n'était pas un grand succès. Donc, j'aurais préféré que ce soit une commission ad hoc. C'est comme ça, on va prendre notre partie
de
cette solution-là, et maintenant, enquêtons et faisons en sorte de tirer les bonnes leçons d'un mouvement qui n'a pas été forcément exemplaire à tout point de
vue.
Olivier Faure, en un mot, avant de revenir sur les revendications des lycéens et pour plus de pouvoir d'achat, ces manifestations, la semaine dernière, elles ont coûté cher, entre 800 000 euros à minima selon les assureurs et 1 milliard d'euros de coûts, notamment pour les commerçants. Qui doit payer ? Il y a un projet de loi qui va arriver bientôt, le projet de loi casseur-payeur, il arrive au Sénat mardi. Le texte doit donner la possibilité de faire payer les dégâts à toute personne, qu'elle soit auteur de violence ou pas, au simple motif qu'elle appartient à un groupe ayant lui-même commis des dégradations. Est-ce que vous, vous y êtes favorable ?
Mais vous
venez... Enfin,
je
suis assez interdit.
Vous
venez presque de donner la réponse dans l'énoncé même de cette loi.
Vous
pouvez n'avoir commis aucun délit
et
être condamné. Mais participer à un groupe qui lui-même a commis des délits ? Participer à un groupe, ça passe par quoi ? Ça passe par être présent à un moment dans une manifestation où il y
a
des dégâts et parce que vous étiez là au mauvais moment...
Et
parce que vous n'avez pas répondu aux sommations
de la police qui a demandé de partir. Comment vous le vérifierez
?
Comment vous vérifierez le fait que la sommation a bien été entendue ? Dans un moment de panique, comment est-ce que vous vérifierez qu'il n'y
a
pas quelqu'un qui... Vous avez vu qu'il y
a
une jeune fille qui, dans l'Est de la France, a pris un tir de LBD dans l'œil, sortait d'un restaurant. Elle aurait très bien pu être prise dans une nasse, être elle-même embarquée, être mise à contribution pour des dégâts qu'elle n'a pas commis. Voyez bien que ce principe-là est un principe fou. Il fut d'ailleurs abrogé par François Mitterrand en 1981. Parce que cette loi, elle a déjà existé. Et elle avait été justement abrogée parce qu'elle ne correspondait évidemment à rien. Et que c'est en réalité un dispositif de dissuasion des manifestations elles-mêmes. Laissez entendre que vous pouvez vous-même être amené demain à aller rembourser le bris d'une vitrine alors que vous n'étiez pour
rien. Aujourd'hui, c
'est l'État
qui est
jugé responsable.
Ce n
'est
pas mieux
?
L'État, ce
n
'est pas mieux. Enfin, c'est quand même un peu mieux que d'être pris sur même... Enfin, en dernier mois, je ne défends pas les bris de vitrine. Je dis simplement que ce que l'on considère aujourd'hui, c'est que c'est l'État qui a malheureusement n'a pas été à la hauteur de sa capacité à maintenir l'ordre. Et donc, c'est lui qui est rendu responsable. Il y
a
une partie les assurances, une partie l'État. Et donc, il faut qu'évidemment... Et donc, c'est à tous les
Français de payer pour des jeunes qui vont manifester dans des groupes qui cassent
?
Écoutez, quand vous avez des agriculteurs qui brûlent le Parlement de Rennes, est-ce que vous avez considéré à ce moment-là que ce n'était pas logique que la collectivité le prenne en charge ? Vous avez accepté de le faire parce que malheureusement, il y
a
un moment, on ne sait pas très bien à qui attribuer. Et donc, forcément, c'est la collectivité qui paye. Est-ce que je m'en félicite ? Non. Est-ce que je crois que la violence soit une manière utile de se faire entendre ? Non. Est-ce que ça peut arriver, malheureusement, à l'insu du plein gré de ceux qui manifestent ? La réponse est malheureusement oui. Et donc, il y a des règles et il faut les respecter.
Sur les revendications des lycéens, très précisément, Sébastien Lecornu qui reçoit demain les représentants des lycéens pour faire des annonces après les grèves et les blocages qui avaient précédé les grandes manifestations qu'on connaît depuis. Emmanuel Macron, lui, a reçu également les représentants pendant plus de deux heures et demie.
C
'était vendredi. Vendredi, selon son entourage, il a reconnu le besoin d'une refonte en profondeur de Parcoursup. Vous dites, ça y est, ils ont compris, là-haut
? J
'attends de voir. J'attends de savoir quelles seront les propositions que fera le Premier ministre. Vous avez compris qu'il y
a
à la fois le problème de Parcoursup et puis il y
a
le problème de la réforme Blanquer.
Qu'est-ce que vous
attendez demain, justement, des annonces du Premier ministre ? Et donc, la réforme Blanquer, qu'est-ce qu'elle a causé comme difficulté ? C'est les rythmes scolaires. C'est une pression dès la première, puisque vous êtes jugé sur un contrôle continu qui parle de vos notes de première jusqu'à la terminale.
Et
c'est
aussi la possibilité, Olivier Faure, c'est aussi la possibilité pour les lycéens parce
que les bacs blancs servent presque plus dans le contrôle continu que le bac lui-même. Et donc, il y a là une forme de stress permanent. Et vous voyez bien qu'y compris en termes de santé mentale, nous avons aujourd'hui un vrai problème avec des lycéens qui sont de plus en plus mal à l'aise avec l'institution scolaire.
Cette réforme Blanquer, c'est aussi la possibilité,
Olivier Faure, d'ouvrir le champ des lycéens qui peuvent choisir des options qu'ils ne pouvaient pas choisir avant. C'est aussi ça, la réforme Blanquer ?
La réforme Blanquer, c'est aussi tellement d'options que ce qu'on appelait le bloc classe a été tellement divisé que vous avez aujourd'hui des jeunes qui vivent dans une forme de solitude parce qu'ils sont trimballés d'une classe à une autre sans avoir la possibilité de se ranger à un collectif. Et donc, je ne dis pas que c'était l'intention de Jean-Michel Blanquer, je ne dis pas qu'il avait l'intention de faire mal volontairement. mais quand on évalue les conséquences d'une réforme, à un moment, il faut aussi regarder les choses en face et se dire que cette réforme, elle n'a pas eu que des bénéfices.
Loin s'en faut. Vous avez
évoqué Parcoursup. Vous, votre famille politique propose d'abroger Parcoursup. Mais au-delà du mode d'orientation, il y a une question de place dans les universités, dans les filières universitaires. Comment est-ce que vous vous faites ?
Vous vous souvenez
que quand Parcoursup a été inventé,
c
'était pour résoudre les problèmes dans deux filières principalement. C'était STAPS et puis Psycho ou Sociaux, je ne me souviens plus. Bon, pour deux filières, on a mis en place un système que personne ne comprend, dont les algorithmes sont totalement opaques et qui conduit, je vois dans ma circonscription, des jeunes chaque année qui viennent me voir en me disant, vous vous rendez compte, j'habite en Seine-et-Marne, ma mère travaille et elle est mère célibataire et on me demande d'aller faire mes études dans le nord de la France.
Mais comment est-ce que c'est
possible ?
Ça
c
'est
le diagnostic, mais qu'est-ce que
vous
proposez très concrètement à la place de Parcoursup ? Moi, ce que je propose, c'est qu'on ait d'abord qu'il n'y ait plus jamais d'algorithmes sans recours humains,
qu
'on ait la possibilité d'avoir la transparence sur tous les modes de sélection qui sont opérés, que jamais on ait le sentiment de dépendre de critères qui sont des critères que personne ne comprend ni ne connaît. Vous
conservez la sélection, qu
'on comprenne bien, vous conservez la sélection à l'université ? L'orientation.
L'orientation ou la sélection ?
La possibilité de dire qu'en fonction de ces résultats, on va vers telle ou telle filière, mais la réalité,
c
'est que quand moi j'ai passé le bac, le bac était le premier étage
qui
permettait d'accéder à
l
'entraînement supérieur. C'était inconditionnel. Aujourd
'hui, vous voyez bien que ça n'est plus le cas.
Et donc, il faut que le bac reste le diplôme qui permet un accès inconditionnel à l'enseignement supérieur. Voilà. Mais quand on échange avec les
manifestants,
certains ont du mal à comprendre qu'aujourd'hui, il y ait une forme de sélection, que les meilleurs élèves peuvent accéder aux classes où il
y
a le moins de places. C'est même ce principe même qui fait débat aujourd'hui chez certains manifestants.
Non,
je ne crois pas. Je crois que tout le monde a bien compris qu'il y a forcément un moment, un critère qui doit être un critère objectif et ce critère permet d'accéder à tel ou tel enseignement, telle ou telle école. Et ça, tout le monde le reconnaît. Simplement, pour ceux qui veulent accéder à l'enseignement universitaire, pourquoi est-ce que la sélection se fait non pas sur des bases qui soient des bases claires ? Comment est-ce qu'il est possible aussi de ne pas chercher à faire en sorte qu'il y ait aussi les moyens humains pour accueillir derrière nos étudiants ?
Il y a aujourd'hui une forme d'évidence au fait que l'enseignement supérieur est un enseignement supérieur qui est largement oublié, méprisé et qu'on a des universités qui sont aujourd'hui en péril. Tout
de même, 1,2 milliard d'euros de budget supplémentaire dans le prochain budget.
On privatise une part de l'enseignement supérieur et en fait, pour ceux qui veulent poursuivre des études supérieures de qualité, on les oriente vers des enseignements qui sont des enseignements très chers et seule une partie de nos enfants peuvent y accéder pour des raisons qui sont évidentes et donc c'est une sélection qui n
'est
pas une sélection par les notes mais une sélection par l'argent ce qui est bien pire encore.
Dans
ce contexte, du coup, vous souhaitez que les lycéens reprennent leur barrage à la rentrée
?
Mais moi, je ne souhaite rien. C'est-à-dire que je pense que ce mouvement il est organisé par des syndicats lycéens, par des étudiants, par des syndicats étudiants.
Ce matin, l'un d'eux dit qu'il va
reprendre le mouvement
s'il n'y a pas d'annonce.
de dicter leur conduite ni aux salariés ni aux lycéens et aux étudiants. Donc, je m'abstiendrai de toute forme le
conseil en la matière. vous se riez éventuellement sur des points
de blocage ? Je souhaite qu'ils soient entendus et donc, en fonction des réponses qui leur seront faites demain par Sébastien Lecornu, il faudra qu'ils avisent et qu'ils reviennent vers leurs assemblées générales pour voir s'ils prolongent ou
s
'ils habitent. En l'état, vous considérez que ce n'est pas satisfaisant et qu'il faut continuer la mobilisation des lycéens ? En
l
'état, je ne vois pas très bien ce qu'ils ont obtenu. Donc, je ne vois pas
très bien Une refonte de
parcoursup, une refonte en profondeur, c'est ce qu'a dit Emmanuel Macron, ce
n
'est pas suffisant.
Je ne sais
pas
ce
que ça veut dire. En fait, j'attends de voir concrètement ce que proposera le Premier ministre et en fonction de ce qu'il dira. On verra s'il a véritablement un plan de sortie de crise ou s'il n'en a pas. Nous avons présenté avec Raphaël Guzman, avec Boris Vallaud, avec Patrick Cannaire jeudi dernier, un plan de sortie de crise. Il est sur la table, et bien que le gouvernement s'en saisisse et qu'il voit s'il est prêt à avancer ou pas. Parce qu'il y a non seulement les étudiants et les lycéens, mais aussi les salariés. C'est aussi un mouvement contre la vie chère. Et donc, il va falloir quand même qu'à un moment, quelqu'un au gouvernement entende. On va en parler.
Justement, Olivier Faure, beaucoup de questions des lecteurs et des lecteurs de Ouest France qui vous interrogent justement sur les réponses à apporter à cette crise. Céline Bardi.
Oui, alors André vous demande si votre candidat l'emporte en 2027. Est-ce que vous vous engagez à augmenter le RSA, le SMIC, à rendre les moyens de contraception gratuits et à baisser le prix des transports en commun dans toutes les villes
?
Si vous me posez la question à moi, je vous réponds oui.
Dans les 10 mesures de sortie de crise que fait votre candidat et votre famille politique, il
y
a le SMIC à 1700 euros. Aujourd'hui, il est à 1477,93 euros net. Pour les autres salariés qui ne sont pas au SMIC et qui ont eux aussi des problèmes de pouvoir d'achat, qu'est-ce que vous proposez ?
Je
propose d'abord qu'il y
a
beaucoup de propositions. La première proposition peut-être la plus simple à comprendre, c'est que désormais, quand on verse un euro de dividende aux actionnaires, il y a un euro qui est versé aux salariés sous forme de participation d'intéressement ou de salaire. Deuxième élément, c'est qu'il faut convoquer une grande conférence salariale qui permette là de conditionner les aides d'État aux entreprises au fait qu'il y ait une transformation écologique dans les entreprises mais qu'il y a aussi des salaires qui augmentent. Et puis, dernière proposition, c
'est
de faire en sorte que pour toutes les branches professionnelles qui ont des minimas qui sont des minimas de branches qui sont inférieures au SMIC et donc, c'est un peu technique, mais en gros, vous avez des gens qui sont très en dessous du SMIC, ils sont malgré tout payés au SMIC, mais tout au long de leur carrière, à chaque fois que, chaque année, ils évoluent, ils évoluent dans une grille qui est inférieure au SMIC et donc, ils passent toute leur vie au SMIC sans jamais être augmentés. Et donc, ces gens-là, évidemment, il faut qu'il n'y ait plus aucune branche professionnelle qui ait des minimas inférieures au SMIC pour que, dans l'évolution d'une carrière, il y
ait
la possibilité de voir son salaire augmenter.
Christian, dans les Côtes d'Armor et Delphine en Guadeloupe, vous interrogent sur les inégalités. Ils vous demandent si être socialiste aujourd'hui, c'est encore lutter contre les inégalités et pour ce qui est des Outre-mer, Delphine demande si vous portez toujours le projet d'égalité réelle en Outre-mer qui avait été porté par Victorin Luttrel en 2017 et qui est depuis tombé aux oubliettes, nous dit-elle.
Absolument. Absolument. Et vous me permettez de saluer aussi nos compatriotes ultramarins. D'ailleurs, on dit ultramarins, ils sont...
c
'est plutôt... Moi, je préfère les questions de pays des océans puisque c'est en fait une façon de ne pas considérer qu'ils sont la périphérie et nous le centre et qui aujourd'hui manifestent aussi pour des conditions
de
vie, d'existence qui sont encore bien plus compliquées que celles de l'Hexagone et donc qu'il s'agisse de l'accès aux soins,
qu
'il s'agisse de la vie chère, qu'il s'agisse des études, évidemment, il y a beaucoup à redire sur cette inégalité qui demeure entre donc les pays des océans et puis l'Hexagone.
Olivier Faure, la coordination des Gilets jaunes a déjà appelé à une nouvelle journée de manifestation samedi prochain, le 31 octobre. Est-ce que vous participeriez à cet appel ?
Moi, je participe à chaque fois que les syndicats appellent, je participe derrière eux à ces appels.
Donc,
je
verrai... Si les
syndicats ne participent pas parce que là, c'est les Gilets jaunes ?
Si les syndicats n'appellent pas, je n'appelle pas.
Est-ce qu'aujourd'hui, vous pensez qu'on rentre dans une litanie de ces actes 1, 2, 3, 4, comme on a connu au moment du premier mouvement des Gilets jaunes ? Est-ce que vous pensez qu'on est là-dedans et que ça va se poursuivre peut-être jusqu'à l'élection présidentielle ?
Je
n'en sais rien, mais ça dépend, en réalité, moins de ce que je vais vous répondre moi que de ce que va répondre le gouvernement. Si le gouvernement acceptait
de
dialoguer, pourquoi est-ce que les choses se passent ainsi
? C
'est assez simple, en réalité, parce que ce pouvoir, depuis 10 ans, n'écoute personne.
Il
a eu le mouvement des Gilets jaunes. Il y
a
eu un grand débat, des cahiers de doléances. Ils ont été enfermés dans une armoire de fer. Personne ne les a jamais revus. Il y a eu des conventions citoyennes dont une sur les rythmes scolaires. Il n'en a pas été tenu compte.
Vous
avez eu ensuite, y compris, des syndicats qui ont revendiqué, qui n'ont jamais été entendus.
Certains appellent
à la
démission d'Emmanuel Macron.
Il doit
partir. Vous avez eu aussi une élection, même plusieurs élections. En 2022, une majorité relative. En 2024, une majorité encore plus relative.
Et
pour autant, rien n'a changé. En un
mot, il doit partir, Emmanuel Macron ? Les gens,
on leur dit, les corps intermédiaires,
ça
ne sert à rien. Les partis politiques, ça ne sert à rien. La rue, ça ne sert à rien. À un moment, ça finit par être, justement, la violence. Et donc, si on veut éviter que tout cela dégénère, il faut des réponses politiques à un mouvement politique. Réponse très simple. Est-ce qu'Emmanuel Macron doit
démissionner aujourd'hui, selon vous
?
Il doit répondre aux questions qui lui sont posées. Moi, je ne souhaite pas précipiter l'élection présidentielle. Pour vous,
c
'est
plutôt
non. Ça créerait un précédent. Je ne veux pas que, désormais, on puisse revenir sur des institutions et sur la stabilité nécessaire. Il y aura un nouveau président dans six mois. Mais, dans l'intervalle, il faut que ce président-là réponde.
Et
on va avoir l'occasion d'en parler dans la deuxième partie de cette émission. On va évoquer la campagne de votre candidat, Raphaël Glucksmann. Merci beaucoup. Restez avec nous.
Suite du Grand Jury présenté
par Thomas Després. Et toujours avec nous dans ce studio, Olivier Faure, premier secrétaire du Parti Socialiste, député de Seine-et-Marne. Avec nous dans ce studio, Céline Bardi de Ouest-France et Steve Jourdain de Public Sénat. Dans un instant, nous parlerons de la campagne de votre candidat tout juste désigné, Raphaël Glucksmann, vainqueur de la primaire de Place Publique et du Parti Socialiste.
Le Grand Jury sur le terrain.
Mais
d'abord, Olivier Faure, l'autre événement de ce week-end, c'est cet attentat perpétré vendredi soir à Trappes. Un homme de 39 ans a fait un mort et cinq blessés, dont une jeune fille de 12 ans dans une attaque qualifiée d'attentat raciste. Il est soupçonné d'avoir voulu précisément s'en prendre à des personnes en raison de leur couleur de peau ou de leur religion supposée. Vous avez dit hier, l'extrême droite porte une lourde responsabilité. C'est le RN,
c
'est Marine Le Pen qui est responsable.
D
'abord, je veux dire un mot aux familles que nous sommes avec elle et à cette petite fille qui est entre la vie et la mort, lui dire
«
bats-toi, on est avec toi
».
Et tout à l'heure, sur votre antenne,
il
y avait Jacques Brel, cette chanson magnifique « Fils de » et qui dit « Fils de César
»
ou « Fils de rien, tous nos enfants sont comme le tien ». Eh bien, cette fille-là, c'est aujourd'hui une fille de France, une fille des Français et nous devons toutes et tous espérer qu'elle s'en sorte.
Qui est responsable ? Marine Le Pen, elle a du sang sur les mains. Marine Le Pen,
c
'est vous qui avez dit « L'extrême droite
porte une lourde responsabilité ».
Non
pas direct, et je ne serais pas aussi idiot que de vous prétendre aujourd'hui qu'ils ont directement armé
le
bras de cet homme
et
visiblement qui est un esprit faible avec peut-être des antécédents psychiatriques. On
apprend ce matin la présence de cannabis et de cocaïne dans son sang.
Voilà.
Ce
que je dis simplement là, c'est qu'à force de créer un climat, de laisser penser
que
nous sommes envahis, qu'il y a une forme de grand remplacement, que Trapp serait une république djihadiste, les mots de Jordan Bardella, les mots de Marine Le Pen. Eh bien, quand vous avez un esprit faible qui à un moment se croit missionné pour venir rétablir à sa façon une forme d'ordre, eh bien, il y a là passage à l'acte. Et qu'il est urgent. urgent d'en finir avec cette idée que toutes les paroles sont de même nature. Non, tout ne relève pas de la liberté d'expression. Quant au gouvernement, Aurore Berger laisse penser un instant
que
parler... Ministère déléguée aux discriminations. Justement, aux discriminations et qui laisse penser
que
la théorie du grand remplacement relève de la liberté d'expression, que ça n'est pas raciste, mais
où
vit-on la
réalité ?
En disant qu'elle voulait combattre cette théorie, justement ?
En disant que c'était une théorie qui avait sa place dans le débat public, etc. Non, le racisme n'est pas une opinion. C'est un délit. C'est simple à comprendre, c'est basique, comme dirait Aurel San. Et donc, nous avons là, franchement, aujourd'hui, une forme de dérapage continu avec des gens qui, finalement, se contentent de faire quelques... de reprendre quelques éléments de langage
après chaque mort. mais je vois, je
finis juste là-dessus. Je veux dire quand même que je suis heurté, choqué par le fait qu'à la suite d'un attentat terroriste de cette nature, on n'est pas David Glissnard, patron de l'AMF, qui appelle toutes les mairies de France à observer, par exemple, une minute de silence devant les mairies tel ou tel jour, qu'il n'y
ait
pas de rassemblement
qui sont organisés.
C
'est un
appel que je lance effectivement à David Glissnard. Je ne le comprends pas. Je ne comprends pas qu'il puisse être celui qui, sur la boîte de télévision, vient minorer les événements qui ont frappé notre pays, Paris, en l'occurrence, le 17 octobre 1961, quand le préfet Papon, de sinistre mémoire, a jeté à la scène ou fait jeter à la scène des dizaines et des dizaines d'Algériens. Vous
êtes
le secrétaire du Parti Socialiste. Vous
pouvez lancer cet appel. Vous dites à tous les maires demain, mardi, cette semaine, observer une minute de silence.
Demain, après-demain, dans ma ville, ça se fera dimanche prochain à Savigny-le-Temple. Très bien. Moi, ce que je dis simplement, c'est qu'il faut qu'à un moment, ce soit un réveil, qu'il soit un réveil collectif. On ne peut pas avoir le sentiment d'un deux poids, deux mesures. Et donc, il faut que soyons toutes et tous présents. Nous avons marché. Moi, j'ai appelé, il
y
a quelques années, à un grand rassemblement après les premiers délires antisémites qu'on observait sur les murs de Paris et ailleurs. Et je considère, et j'ai marché, évidemment, au lendemain du 7 octobre. Et je pense qu'aujourd'hui, après des attentats qui se multiplient, on a eu Aboubakar Sissé, on a maintenant ce jeune homme qui a été tué parce que, présumé musulman, eh bien, il faut qu'effectivement, dans ce pays, on se lève et
qu'on dise non,
ça n'est pas ça la
France. Justement, Steve Jourdain. Sur place, vendredi, Emmanuel Macron a parlé d'un tournant. Est-ce que vous reprenez ces mots ?
Est
-ce que, selon vous, cet attentat constitue un tournant
? Non,
ce n'est pas un tournant. C'est une pente dangereuse dans laquelle nous glissons progressivement. Il y a déjà eu des attentats terroristes qui frappaient des gens en raison de leur religion ou de leur religion supposée. Justement,
Emmanuel Macron a dit que la polémique, effectivement... Ça a commencé avec
Mohamed Merah, donc, avec l'école juive aux Aratora, et puis ça s'est prolongé, hyper cachère,
le père Hamel,
Aboubakar Sissé, et d'autres encore dont j'ai oublié les noms.
Mais comment vous définissez
ces propos d'Emmanuel Macron ? C'est une erreur qu'il a fait ? C'est une erreur. Je ne
veux
pas... l'accabler de tout. Je pense que l'UM est conscient du fait que nous sommes dans une forme d'impasse dans laquelle il faut sortir très très vite. Et pour cela, ça suppose de redéfinir ce qu'est l'identité dans notre pays. Moi, j'ai écrit, j
'ai
commis un livre il y a quelques semaines qui s'appelle La loi du plus juste et qui revient pour partie sur la question de notre identité.
Vous proposez le concept de France vivante. C'est quoi une France vivante ?
Eh bien, vous avez des gens qui parlent en fait de la France éternelle, comme si la France avait toujours été identique à elle-même et depuis Clovis, la Saint-Gétorix, on n'aurait pas changé. La réalité, c'est que cette France vivante,
c
'est une France qui a évolué. C'est une France qui à la fois s'est enrichie d'apports extérieurs. Je suis moi-même eurasien. Ma mère est née à quelques milliers de kilomètres d'ici, désormais au Chimineville, autrefois à Saigon. Bon, eh bien écoutez, je pense que je suis français comme les autres et je participe à la vie démocratique de ce pays. Nous sommes dans une nation citoyenne et puis une nation qui se confond aussi avec un État social. Ce que nous avons fondé ensemble depuis la Deuxième Guerre mondiale, cet État social qui permet à chacun, face au grand risque de l'existence, eh bien d'avoir là le soutien de la nation. Elle est là, notre identité.
Elle n'est pas, elle ne se confond pas avec je ne sais quoi, avec une religion, une couleur de peau ou je ne sais quel autre rapport à notre histoire. En fait, nous avons une histoire, bien sûr, nous avons un patrimoine, mais nous avons aussi une capacité de nous enrichir au fur et à mesure. Imaginez que, par exemple, le cassoulet trouve ses racines aussi dans la cuisson du cassoulet. Eh bien, j'ai découvert ça il y a peu de temps qu'on le devrait au couscous. Donc, vous voyez bien que même sur le plan culinaire, nous qui sommes un grand pays de gastronomie, nous nous sommes aussi enrichis de beaucoup d'autres cultures.
Pourquoi pas la Nouvelle France comme la propose Jean-Luc Mélenchon ?
La Nouvelle France, elle me pose un problème. Elle a un mérite, c'est qu'elle dit à des gens qui jusqu'ici avaient le sentiment d'être rejetés, de ne pas être intégrés à notre pays, mais elle laisse penser qu'on pourrait opposer une nouvelle France à une ancienne France et moi je souhaite donc une France vivante, une France qui intègre, qui fédère des gens qui ont vocation à vivre ensemble et donc à partager ensemble des valeurs, des principes qui sont ceux de la République.
Le
Grand Jury,
quel président à l'Elysée
?
Justement, Olivier Fort, de ces concepts de Jean-Luc Mélenchon, on va en parler dans un instant mais d'abord, vous dirigez le Parti Socialiste depuis 2018, vous avez passé 8 ans à essayer de reconstruire ce parti après le quinquennat de François Hollande et au moment de choisir son candidat à l'élection présidentielle, les électeurs de la primaire ont choisi Raphaël Glucksmann qui n'est pas membre du Parti Socialiste. D'abord, question très simple,
est
-ce que vous considérez que c'est un échec personnel de votre part
?
Moi j'ai voulu une primaire, pas celle-là, je voulais une primaire plus large qui aille, j'avais dit, de Ruffin à Glucksmann et je voulais qu'elle soit à 2 euros,
il
se trouve que j'ai été battu là-dessus et que c'était une primaire à 15 euros.
Pour ceux qui n
'étaient pas
électeurs
d'un département. Mais j'en ai
accepté le principe
et
à partir du moment où je concours à cette primaire, à partir du moment où j'en accepte les règles, j'en accepte aussi le résultat.
Vous allez rappeler les résultats Raphaël Glucksmann, 66%, vous vous avez fait
14%. A toutes et tous et il n'y
a
pour moi aucune espèce de distanciation, ce résultat est très clair et il mérite d'être respecté.
Vous
acceptez les résultats, est-ce qu'il ne
faut
pas aussi en tirer les conséquences, Olivier Faure ? Vous avez été mis en minorité au bureau national. Vous avez perdu une primaire avec... Vous avez fait 14%. Vous avez perdu un référendum au mois de juillet au Parti Socialiste.
Est-ce que
vous avez pensé à démissionner
? Mais
il n
'y a
pas eu de référendum et la question qui était posée, il y avait deux options et une option qui était donc une option large, la mienne, puis une option plus fermée, celle qui l'a emportée. D'accord.
Mais sur les conséquences
de ces... Sur les conséquences.
Si à chaque fois qu'on pose une question et qu'on nous répond mal et qu'on ne répond pas à la question telle qu'on avait posée soi-même, dans ces cas-là, il ne faut plus poser de questions. Là, ça fait trois fois que vous essuyez les échecs. Il
y
a bien trois fois, je ne
vois
pas très bien où, mais enfin, j'ai gagné quatre congrès et j'ai perdu un vote sur la primaire qui ensuite s'est traduit par une primaire qui n'était pas celle que je voulais.
Je viens de
m'expliquer.
C'est une ligne
qui a été contestée. Sur le fond, rappelons peut-être à nos auditeurs aussi, vous, vous avez plutôt défendu au cas par cas sur les dernières élections des accords nationaux avec la France insoumise. Ça a été le cas lors de la dissolution, par exemple. Est-ce qu'aujourd'hui, vous considérez que c
'est... Ça a été
le cas pour tout le monde. Enfin, franchement, je peux bien porter tous les chapeaux parce que j'ai le dos large et je dois avoir la tête suffisamment large aussi pour porter tous ces chapeaux.
Vous
êtes le patron du Parti Socialiste.
Je
suis le patron du Parti Socialiste. Mais enfin, ne laissez pas penser un seul instant que je l'ai fait sans vote. Je l'ai fait avec des votes qui ont à chaque fois approuvé ma démarche. Et vous avez des gens qui sont venus à la fois à la NUPES puis ensuite au NFP qui
maintenant craignent
le su. Mais enfin, la réalité,
c
'est quand même que tous ces gens-là ont été élus grâce à...
Pour vous, ils ont simplement choisi un homme, Raphaël Glucksmann ou est-ce que c'est une ligne politique qui a été désavouée
?
Je pense que le poids des sondages a fait beaucoup. Vous avez des gens qui considèrent qu'il était le mieux placé pour porter la gauche réformiste dans un deuxième tour et que ça a une influence comme ça a toujours une influence dans toutes les primaires depuis qu'elles existent. Et donc, il y
a
certainement d'autres raisons. Peut-être des gens qui ne me veulent pas du bien aussi. Tout ça est possible. C'était un électorat très âgé, moyen âge de 65 ans. Donc, on sait aussi que cet électorat-là est plus sensible à certains arguments que d'autres. Bon, ben voilà, ça fait partie du jeu et encore une fois, moi, je me plie au jeu démocratique.
Vous
vous dites que je ne démissionnerai pas jusqu'à l'élection présidentielle. Je reste le premier secrétaire du Parti
Socialiste.
La
question
posée par la primaire était de savoir qui sera le candidat à l'élection présidentielle. Donc, la réponse est non, vous ne démissionnerez pas. Pardon, j'essaie de vous dire une chose.
C
'est que la question, pourquoi quand Emmanuel Macron dissout et qu
'il
n
'y
a pas de majorité, vous ne demandez pas à Emmanuel Macron de partir ?
D'autres ont appelé à sa
démission.
Mais la presse ne
l
'a pas fait, je ne crois pas.
Donc, je pense tout simplement que quand on pose
une question, on répond à la question posée. Les gens, à la réponse, enfin, la question qui leur a été posée, c'était qui souhaitez-vous comme candidat ? Ils ont répondu Raphaël Glucksmann. La question n'était pas de savoir qui est le premier secrétaire. Le premier secrétaire,
il
est désigné par les militants socialistes. Il n
'est
pas désigné par une primaire. Donc, ne mélangez pas tout. S'il vous plaît, ça nous évitera de perdre du temps. Ce
n
'est
pas qu'une question de journaliste. Je précise qu'on a beaucoup de questions de lecteurs qui nous interrogent et qui vous demandent si vous n'avez pas l'intention de
démissionner. Les lecteurs
socialistes aussi, peut-être des gens qui veulent refaire un congrès.
Ça
n'était pas un congrès.
Notamment Patrick Dumont se demande pourquoi vous n'avez pas démissionné de votre poste de premier secrétaire après votre défaite à la primaire. C'est une question qui a été envoyée.
Je vous ai répondu. Est-ce que ce n'était pas le sujet du scrutin ? Ce n'était pas le sujet
du scrutin. Est-ce qu'on
imagine Gérald De Gaulle perdre un scrutin et rester à la tête d'un parti ? Vous
n'aurez pas échappé que ce n
'est
pas tout à fait ma famille de pensée. Je crois me souvenir qu'il y
a
un certain nombre de gens qui ont perdu des référendums et qui
sont
démissionnés. Par ailleurs, je ne crois pas que dans les autres partis politiques, il y a eu d'autres cas de figure. Vous avez eu des primaires qui n'ont pas été gagnées par le premier scrutin. Martine Aubry n'a pas gagné la primaire face à François Hollande.
On a compris. Éric
Ciotti n'a pas gagné la primaire face à Valérie Pécresse. Il n
'a
pas démissionné. Pourquoi vous me posez la question à moi ? C'est personnel ? Ce n
'est
pas personnel.
Si ce n'est pas personnel, revenons à des choses sérieuses. Ce qui
est sérieux, c'est la campagne présidentielle. Qui c'est qui fixe la ligne aujourd'hui ? C'est Raphaël Glucksmann ou c'est vous, Olivier
Faure ?
Je crois que Raphaël Glucksmann a une volonté, on a discuté à plusieurs reprises, de rassembler les socialistes et places publiques. C'est à lui maintenant de porter cette campagne. C'est lui l'émetteur central de cette campagne. C'est lui le candidat. Et donc, évidemment, il y
aura
des interactions avec le Parti socialiste. Vous n'imaginez pas que d'un seul coup, le Parti socialiste s'efface et disparaisse. Donc, évidemment, nous avons voté un projet. Nous avons des propositions. Et donc, évidemment, le candidat ne reprendra pas forcément l'intégralité, mais il sera amené à discuter avec nous forcément.
Est-ce qu'il vous a attribué un rôle précis dans cette campagne au-delà de mobiliser l'EPS ?
Mais il n'a pour l'instant attribué aucun rôle précis à personne. Est
-ce que vous souhaitez avoir un rôle dans sa campagne ? Il va, dans les prochaines heures ou
les prochains jours, faire part de son organigramme de campagne et donc dire comment il entend mener sa campagne.
Est-ce que
vous-même vous souhaitez faire partie de cet organigramme d'une manière ou d'une autre
? Je suis premier secrétaire d'UPS, donc vous imaginez bien que ce serait associé à cette campagne et nous nous parlons régulièrement avec Raphaël Glucksmann. On continuera à se parler et puis ça va bien se passer.
Une campagne
présidentielle, ça coûte beaucoup d'argent. Est-ce que le Parti Socialiste accompagnera la campagne de Raphaël Glucksmann et à quel niveau ?
Forcément, l'argent qui a été économisé pour la campagne présidentielle, quel qu
'en
soit le candidat, sera utilisé pour la campagne de Raphaël Glucksmann.
Est-ce que les yeux dans les yeux sur le plateau du Grand Jury, vous pouvez dire aujourd'hui je soutiendrai Raphaël Glucksmann jusqu'à la fin, jusqu'à l'élection présidentielle ?
Quelle
drôle de question. En fait, je viens de vous dire que moi je suis un démocrate et j'ai été battu dans une élection primaire. Il est celui qui a été choisi.
Et
donc évidemment, je
respecterai... Si la question c'est est-ce que vous me
prenez pour Manuel Valls ? La réponse est je ne suis pas Manuel Valls. Ah, donc c
'est le
contre-modèle c'est Manuel Valls. Et
si un François Hollande arrive un peu plus tard... Je ne suis pas un
parjure. Je ne veux pas... Enfin, je ne vois aucune raison. Je peux à la fois avoir des désaccords avec Raphaël Glucksmann. Je peux lui en faire part. Je peux lui dire à tel moment ou tel autre sur telle proposition. Ce n'est pas exactement comme ça que je l'apprendrai. Mais est-ce que je m'en vais soutenir François Hollande parce que c'est votre question en cours de route ? La réponse est non. Je ne vais pas en fait d'un seul coup devenir celui qui trahit un vote qui a été un vote de 120 000 personnes. Est
-ce que
vous répondez à François Hollande qui dit que la campagne présidentielle pour l'instant n'a pas commencé et qui continue quelque part d'entretenir le doute sur une possible candidature à la présidentielle
?
La campagne présidentielle elle a un peu commencé malgré tout. Je crois que ce serait difficile de ne pas le remarquer. Maintenant est-ce que François Hollande ne sera candidat ?
Je
n'en sais rien. Il n
'a
pas voulu participer à cette primaire.
Vous
lui demandez de se ranger aujourd
'hui derrière
Raphaël Glucksmann
? Je
pense qu'il a un rôle éminent. Il a été président de la République.
Il
a notamment sur le plan international beaucoup de choses à transmettre. Et je pense que sur ces sujets-là il pourrait être un atout. Je suis moins d'accord pour ne pas dire que je suis en désaccord avec les propositions qu'il a faites sur les retraites aux 63 ans sur le regroupement familial qu'il veut désormais contraindre. Et puis évidemment sur la télé sociale que l'UIM avait combattu quand François Fillon la proposait et que je n'entends pas reprendre à mon compte aujourd'hui.
Mais là où François Hollande a raison c'est que la cristallisation le moment où les gens rentrent complètement dans la campagne ce moment-là n'est pas encore effectivement complètement advenu et c'est plutôt janvier, février voire mars. Vous savez les sondages sont ce qu'ils sont. Comment vous les
regardez justement les sondages ?
Il s'est élu pour aller sondage jusqu'en mars il n'a même pas été au second
tour. Comment vous les regardez aujourd'hui les sondages ? Raphaël Luxman
est plutôt en dynamique aujourd'hui j'imagine que vous vous en réjouissez comment vous les observez ces sondages
?
Je viens de vous le dire en fait d'abord je trouve que les sondages ont un poids qui est trop important dans la vie politique. On devrait d'abord s'intéresser à ce que chacun raconte et ce que chacun est prêt à faire et comment il entend le faire.
Ce
serait beaucoup plus intéressant. On passe notre vie à compter des chiffres qui changent tous les jours et rappelez-vous que dans la dernière présidentielle Éric Zemmour était à 17% il a fini à 7% on a eu en fait Valérie Pécasse à 18% elle a fini à moins de 5
% tout ça relève Aujourd'hui Raphaël Luxman il est le troisième
homme dans
certains sondages de cette campagne. Oui, tant mieux. Il peut aujourd'hui passer devant Jean-Luc Mélenchon vous le souhaitez
?
Moi je souhaite qu'il soit le président de la République face à Marine Le Pen qui vraisemblablement sera qualifiée pour le second tour. Vous souhaitez encore
un
accord avec Jean-Luc Mélenchon ou ça n'arrivera plus
? Ça ne peut plus arriver ? Je ne sais pas de quoi vous me parlez. On
a passé la
primaire entière à se parler de Jean-Luc Mélenchon et de la France Insoumise. J'ai dit les choses dans l'élection présidentielle il y a des candidatures qui sont des candidatures concurrentes et donc il y a d'un côté Jean-Luc Mélenchon de l'autre il y
a
Raphaël Luxman. On ne
peut
pas faire plus simple il n
'y a
pas
d'accord possible.
Olivier Faure c'était la question de Thomas pour
les élections législatives. On est dans les élections
présidentielles vous êtes déjà dans les élections législatives et pourquoi vous ne me parlez pas des cantonales et des régionales qui en ont l'année d'après
? Ça compte aussi pour les candidats. Moi ce que je dis
vous savez bien qu'on commence vous êtes député vous avez été président du groupe socialiste vous avez souvent commencé votre campagne avant même l'élection présidentielle. Cette campagne elle va commencer la campagne des législatives aussi pour élire des députés. est-ce que demain il y aura un accord à nouveau entre le parti socialiste et
la France. Vous savez ce
qui va se passer vous à
l
'élection
présidentielle
?
Vous
savez qui va gagner l'élection présidentielle ? Parce que moi je ne le sais pas. Donc comme je ne le sais pas je passe d'abord par la présidentielle et ensuite je verrai quels seront en fait les accords que nous devrons nommer ou pas en fonction de ce qu'est l'intérêt général et l'intérêt du pays. Donc vous n'excusez pas complètement à nouveau des
accords avec Alain. Je n'excuse jamais rien
et il y a un principe par contre qui est clair c'est que le parti socialiste est souverain sur les choix qu'il fait à chaque échéance. Là son choix souverain est sorti sur l'idée d'une primaire. Cette primaire a été emportée par Raphaël Glucksmann. Il est le candidat de la présidentielle. Ensuite
il y aura une élection
législative et dans cette élection législative le parti socialiste se retrouve à pleine souveraineté et il fera ses choix comme il l'entend. Donc peut-être à ce moment-là des accords peut-être avec la France insoumise. Ça veut dire que nous
verrons de
la présidentielle et des suites de la présidentielle. Voilà ce que ça veut dire.
Vous avez vu le jingle Olivier Faure.
C
'est une série de questions et des réponses par oui ou par non ou bien pour pour ou contre. Faut-il interdire le RN ? Vous manifestiez hier à son congrès à Orléans. Est-ce que c'est-à-dire que le parti devrait être interdit ?
Non. Faut-il avancer la date de l'élection présidentielle pour éviter un second tour le lendemain du 1er mai ?
C
'est
ce
que propose notamment Bruno Retailleau. Non. Est-ce que vous aviez prévenu Raphaël Glucksmann que vous iriez à Orléans avant de l'annoncer publiquement ?
Oui. Faut-il interdire à nouveau les réseaux sociaux au moins de 15 ans ? Certains considèrent qu'ils attisent la violence et les pillages.
Je
ne sais pas comment cette proposition est praticable dans les faits.
Elle a été jusqu'à présent retoquée par le Conseil constitutionnel ?
Et puis je ne
vois
pas très bien comment en fait on l'interdirait. Donc
sans
doute faut-il que les plus jeunes s'abstiennent de participer trop tôt à des réseaux sociaux qui peuvent être une vraie pollution de l'esprit. Mais je ne sais pas comment on le pratique.
Olivier Faure vous avez dit que la censure vous semblait inéluctable.
J
'aimerais qu'on parle désormais du budget. Est-ce que c'est-à-dire que vous préférez aujourd'hui qu'il n'y ait pas de budget y compris pour le prochain président de la République plutôt qu'un mauvais budget
? Vous
faites comme si la 5ème République n'avait pas été bonne mère avec les gouvernants et comme s'il n'y avait pas ce qu'on appelle le parlamentarisme rationalisé et donc le
49.3 les ordonnances
et donc il y aura je pense à la fin de cette histoire un budget mais je ne vois pas comment nous ne censurerions pas le gouvernement sur la base de ce budget.
C'est-à-dire que si le gouvernement utilise l'article 49.3 vous déclencherez automatiquement une censure ça fera tomber le budget à ce moment-là
?
Mais
là
encore vous me posez des questions qui sont de l'ordre de la politique fiction. Je ne sais pas ce que fera le gouvernement je ne sais pas ce qu'il acceptera Concrètement
qu
'est-ce qu'il faudrait dans un budget Sébastien Locornu dans une deuxième version pour que vous souteniez ce budget ? Trois mesures très concrètes pour que vous votiez le budget de
Sébastien
Locornu Il faudrait déjà de la justice fiscale Pourquoi ça ? Parce que nous avons un problème de marge de manœuvre On a des étudiants et des lycéens qui manifestent Ils veulent 10 milliards
Est
-ce que ces 10 milliards sont dans le budget actuellement ? Non C'est même l'inverse On réduit le nombre d'enseignants On réduit le budget des collectivités locales qui doivent, elles, venir rénover les lycées,
les collèges,
les écoles On
augmente
un peu le budget de l'éducation nationale Un peu,
beaucoup
et une loi de programmation qui permette derrière d'assumer dans la durée cette rénovation L'éducation, c'est le premier point L'éducation
Ensuite,
il faut effectivement revenir sur toutes les mesures qui sont des mesures qui sont des mesures qui contreviennent à ce principe d'accès à la santé, aux soins et donc toutes
ces mesures qui ont été prises
pour le coup souvent par décret pour éviter de passer par la loi de finances de la société sociale Et donc là, il y a quelque chose effectivement évidemment, tout ce qu'on avait évité l'an passé doit être évité cette année aussi
L'année dernière, il y a
eu un accord avec Sébastien Lecornu parce que vous discutiez avec lui notamment sur le sujet des retraites Est-ce que vous discutez encore avec Sébastien Lecornu ou est-ce que le contact est rompu aujourd'hui
?
Le
contact n'est jamais rompu En fait, on se parle Je suis un républicain et donc quand je suis invité à parler, je parle Mais ce que je vois aujourd'hui c'est qu'on a un Premier ministre qui en réalité est otage de sa propre majorité relative qui elle, n'a plus du tout envie de négocier avec qui que ce soit Je vois bien que ni Bruno Rotaillot ni Edouard Philippe ni Gabriel Attal qui sont les trois piliers de cette majorité relative et bien aujourd'hui sont dans une forme d'intransigeance et ne veulent rien entendre et donc la réalité c'est qu'on voit bien que ce qui va se passer c'est qu'ils vont rester bloqués jusqu'à la fin et qu'il n'y aura aucune marge à cette négociation Donc vous, vous confirmez
à nouveau sur le plateau du Grand Jury que les socialistes censureront le prochain budget de Sébastien Lecornu ?
Oui,
ça me paraît une évidence c'est que si rien ne changeait évidemment je ne
vois
pas très bien au nom de quoi nous irions prêter main forte à un gouvernement qui revient y compris sur ce que nous avions obtenu l'an passé et moi je veux non pas un répit on a eu un répit d'un an moi ce que je veux c'est le changement et le changement j'espère qu'il viendra en 2027
Merci beaucoup Olivier Faure premier secrétaire du Parti Socialiste d'avoir été avec nous on se retrouve la semaine prochaine pour le Grand Jury Sous-titrage
Société Radio-Canada
Olivier Faure