Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 14 juillet 2026 18 min

Incendies, 14-Juillet, Moyen-Orient... Le "8h30 franceinfo" du général Patrick Dutartre

Source d'origine 3 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour Patrick Dutartre, avant qu'on évoque ensemble le défilé militaire du 14 juillet, ce qui nous occupe aussi évidemment ce matin, c'est cet incendie à Fontainebleau, ces incendies un peu partout en France, il y en a des dizaines, les pompiers sont extrêmement sollicités. Est-ce que l'armée peut jouer, doit jouer un rôle ? Déjà l'armée joue un rôle permanent parce que vous savez que la brigade des sapeurs-pompiers de Paris sont des militaires, et de même que la brigade des sapeurs-pompiers à Marseille, des marins, et puis dans nos canadaires, souvent nos anciens pilotes militaires, que ce soit de l'aéronaval ou de l'armée de l'air et de l'espace.

Et prochainement, on espère d'ailleurs, d'ici une dizaine de jours, peut-être que l'Airbus A400M de l'armée de l'air pourra amener une contribution complémentaire aux efforts quotidiens des DASH et des canadaires qui volent tous les jours au-dessus des feux en France. Ça, c'en est où justement ? Un prototype pour l'instant, c'est ça ? Oui, c'est une affaire qui date d'un certain nombre de mois. Les industriels ont beaucoup travaillé, la DGA pour mettre au point le système, parce que l'avion n'a pas été conçu pour cela.

Mais si on peut amener une contribution significative de l'armée de l'air grâce à ses moyens, avec un kit en fait particulier, si vous voulez, la A400M va être un complément du DASH. La A400M ne va pas faire de l'écopage, comme font les canadaires, mais amener des contenants que l'on prépare sur une base aérienne, comme le DASH le fait, avec du retardant ou de l'eau, mais surtout la capacité est trois ou quatre fois plus que celle d'un canadaire. Ce ne sera pas la solution, ça peut faire partie des solutions à l'avion indispensable.

Mais bien sûr, c'est un complément très intéressant, une contribution valorisante en fait pour à la fois les armées, mais évidemment pour aider nos amis de la sécurité civile.

1:41
Invité politique

Général Dutartre, on va vivre un 14 juillet sous canicule. Est-ce que c'est bien raisonnable d'organiser un défilé militaire massif aujourd'hui à Paris ?

1:50
Présentateur

Alors fort heureusement, vous l'avez observé ce matin, la température a un peu baissé et c'est tant mieux, mais c'est vrai que c'est un sujet et donc il y a une décision de go no go en fait lorsque la température est trop élevée. Aujourd'hui, je crois que c'est relativement raisonnable parce que la température est beaucoup plus faible que d'habitude et puis le défilé sera terminé à midi, donc on n'aura pas non plus les grosses chaleurs de l'après-midi. Mais c'est un sujet dans certains cas, oui, il était même question au moment d'avancer de deux heures le défilé.

2:20
Invité politique

Parce qu'on attend 7000 défilants, on attend jusqu'à 50 000 personnes dans le public et des aéronefs beaucoup plus nombreux que d'habitude.

2:29
Présentateur

Oui absolument, mais alors les aéronefs sont relativement climatisés, ils sont pour tous les temps, mais aussi ce sont des militaires qui sont quand même exercés à opérer un peu dans toutes conditions, à la fois de forte chaleur et à la fois de grand froid. Donc c'est la caractéristique du militaire d'être engagé en tout lieu et en tout temps.

2:49
Invité politique

Un 14 juillet massif et historique, c'est ce que nous promet l'Elysée. Ça va ressembler à quoi ?

2:54
Présentateur

Oui, en fait, il y a une forte symbolique, vous savez, aujourd'hui c'est le réveil stratégique de l'Europe. C'est le thème du défilé aérien, enfin du défilé tout court d'ailleurs, terrestre et aérien. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire qu'après 4 ans de guerre, on attaque la 5ème année de guerre en Ukraine, on voit ce qui se passe aussi dans d'autres parties du monde, notamment dans les Trois-Dormouzes. Il faut que l'Europe prenne son autonomie stratégique. Bien sûr, reste dans l'OTAN, mais ce pilier européen de l'Europe au sein de l'OTAN, il faut qu'il se réveille en fait quelque part, c'est la symbolique.

C'est pour ça que le président de la République a souhaité que ce défilé, cette année, à une certaine ampleur, on a quand même 35... Et ça sert à quoi, général ? Pardon ? Ça sert à quoi, ce défilé massif, ces nationalités-là représentées ? Alors, quoi sert ? Au-delà du symbole. Défilé du 14 juillet. Vous savez, quand j'étais jeune officier, je me dis, mais ça sert à quoi de faire le défilé du 14 juillet ? Vous avez la réponse ? Ah oui, non, mais je me posais la question aussi, parce que c'est beaucoup d'énergie. Quand j'étais dire comme de l'armée de l'air, à une époque, je me suis rendu compte de l'impact, en fait, du 14 juillet sur la nation.

En fait, c'est un moment où tout le monde regarde, en fait, ses forces. Il y a un sentiment d'unité, comme lorsqu'on gagne la Coupe du Monde, par exemple. Et donc, c'est absolument important. Et les Français, ils sont très attachés. C'est vrai que c'est un des derniers pays occidentaux qui fait ce genre de défilé. On le voit plus en Chine ou en Russie. Mais ça montre aussi que la France est derrière son armée, derrière sa défense, épris de liberté et de paix. C'est une thématique extrêmement simple, mais pourtant fondamentale, que véhicule la diplomatie française, la liberté des nations et la paix dans le monde. Et derrière l'Ukraine ? Bien sûr.

Et évidemment, tous engagés derrière l'Ukraine. Pourquoi ? Parce qu'il y a une vraie prise de conscience, en tout cas en France, mais de tous les pays européens, que l'Ukraine, quelque part, c'est le bouclier de l'Europe. C'est le bouclier de l'Europe. Et c'est également le bouclier de l'OTAN. Donc à quoi sert l'OTAN ? Tout simplement à protéger ces pays membres de l'Alliance. Et la meilleure protection aujourd'hui, c'est le bouclier ukrainien. Et ça, il faut qu'on en prenne conscience. C'est pour ça que la politique européenne de ces quatre dernières années, quatre et demie maintenant, de défense de l'Ukraine, c'est extrêmement important.

5:08
Invité politique

D'ailleurs, hier, il y a eu une réunion importante qui s'est tenue à Paris. La fameuse coalition des volontaires autour notamment d'Emmanuel Macron avec, parmi les annonces faites avec le président Zelensky, la livraison prochaine de 16 Rafales, une commande de la part de l'Ukraine. C'était une commande attendue, sachant que les Ukrainiens fonctionnent aussi avec des avions de chasse américains, voire soviétiques.

5:34
Présentateur

Non, non, ils avaient quelques avions de l'ex-URSS, en fait, donc soviétiques. On leur a donné des F-16, des Mirage 2000 français. D'ailleurs, vous verrez tout à l'heure dans le défilé aérien qu'autour de la patrouille de France, pour la première fois, vous avez deux Mirage 2000 bi-place en escorte, pilotés par des pilotes français. Et derrière, vous avez deux pilotes ukrainiens. Donc, la symbolique est extrêmement...

5:58
Invité politique

Que nous avons formés, en fait.

5:59
Présentateur

Que nous avons formés, ou que nous formons en ce moment même. Et donc, on a fourni également des Mirage 2000. Et l'Ukraine a commandé aussi des Gripen. Et nous, nous allons fournir probablement la commande annoncée d'un escadron de chasse de Rafale pour les deux ou trois années qui viennent.

6:17
Invité politique

Mais ça dit quoi de la politique de la France ? Parce qu'on aide l'Ukraine, mais au passage, on veut aussi lui vendre nos armes, nos équipements.

6:26
Présentateur

Écoutez, l'un n'est pas antinomique de l'autre, en fait. Donc, effectivement, il vaut mieux quand même que l'Europe se dote, et ça c'est important, de matériel européen, parce que la base industrielle de défense, elle doit s'élargir. Elle n'est pas uniquement française, elle doit être européenne. Et il est temps qu'on prenne notre autonomie stratégique sur tous les plans. Encore aujourd'hui, on achète beaucoup trop d'armes aux Etats-Unis. Je rappelle ces armes, moi, je suis pour le désarmement. Mais il faut faire preuve de réalité, de réalisme, malheureusement. C'est que la Russie de Poutine existe et elle a entraîné des milliers, des dizaines de milliers de morts, notamment en Ukraine.

Et justement, l'Ukraine nous apprend à faire la guerre, générale, aujourd'hui ? En tout cas, elle ne nous apprend pas toutes les choses, mais c'est la guerre d'aujourd'hui. Donc, il y a une révolution qu'on a tous observée, notamment en matière de drones. Le fantassin d'aujourd'hui n'a rien à voir avec le fantassin d'il y a quatre ans. Le fantassin d'aujourd'hui, il est enterré, il est pilote de drones, et il ne faut surtout pas qu'il sorte la tête parce qu'il peut se faire attraper par des drones.

7:30
Invité politique

Mais on a appris de l'Ukraine.

7:32
Présentateur

Mais bien sûr, en matière de drones, on a appris l'Ukraine. D'ailleurs, on a trop attendu, à mon sens, pour tirer les premières leçons de cet engagement, mais y compris les Américains, y compris les Israéliens, y compris tous les pays très opérationnels dans le domaine militaire. Et l'Ukraine a des choses à nous apprendre, notamment en termes d'interception de drones et éventuellement de drones à longue portée. C'est un sujet d'actualité. C'est ici, général, la défense européenne, aujourd'hui, beaucoup, qui est mise en avant. Ce n'est pas un vœu pieux quand on sait que le projet d'avion de combat européen a échoué. Écoutez, moi, depuis que je suis rentré dans l'armée... C'était énorme, ça.

C'était un gros projet. C'est un certain nombre d'années. On me parle de la défense européenne et je me disais j'y crois pas. Tout simplement parce qu'il y avait le parapluie américain au sein d'OTAN. Et donc, la défense européenne, mais nous, on est au sein de l'OTAN, on est très bien. Mais en fait, l'histoire dramatique de l'Ukraine et le désengagement ou les menaces de désengagement du président Trump, en fait, ont été le meilleur réveil de l'Europe. Il faut que les pays européens prennent leur destin en main. On le voit d'ailleurs avec nos amis allemands qui vont engager un budget de la défense totalement hors norme de 100 milliards de dollars pour ses équipements.

L'Allemagne s'était un peu endormie et maintenant, elle doit faire un réveil aussi stratégique. Et aujourd'hui, c'est le réveil stratégique de l'Europe. C'est ce que vous montrez ce défilé aérien, défiler en tout cas militaire aujourd'hui.

9:05
Invité politique

D'ailleurs, Emmanuel Macron, hier s'est félicité d'avoir doublé le budget de l'armée en ses 10 ans de mandat. Emmanuel Macron, ce qui s'est exprimé depuis l'hôtel de Brienne.

9:18
Locuteur non identifié

Le message que nous envoyons au monde est le suivant. Oui, la paix est notre but. Et oui, nous nous tenons prêts à combattre pour défendre toujours et au prix du sang s'il le faut.

9:33
Invité politique

Qu'est-ce que ça veut dire, général ?

9:35
Présentateur

Ça veut dire qu'un militaire, comme un policier d'ailleurs, chargé de la sécurité intérieure, les militaires et en tout chargés de la sécurité extérieure, on a déjà payé le prix du sang. On a perdu des hommes, vous le savez, au Liban, on a perdu des hommes en Irak. On n'a pas perdu pour l'instant aux Émirats, enfin pas récemment, mais ça veut dire que les armées françaises se sont engagées un peu sur tous les fronts. Je rappelle le front de l'Est, vous avez des troupes actuellement en Roumanie, vous avez des avions de combat au-dessus des Pays-Baltes, régulièrement au-dessus de la Roumanie et de la Pologne.

On a des forces françaises en permanence aussi, notamment de l'armée de l'air et de l'espace, aux Émirats arabes unis pour protéger les Émirats des tirs iraniens et dans d'autres pays aussi de la zone.

10:21
Invité politique

Est-ce que ça veut dire aussi qu'on pourrait envoyer des troupes en Ukraine, éventuellement ?

10:26
Présentateur

Alors ça, c'est un sujet différent parce qu'on attend la paix. En fait, qu'est-ce que c'est que la coalition des volontaires ? C'est quelque part un engagement de 35 à 37 pays maintenant, parce qu'il y en a deux nouveaux, qui s'engagent à participer à la stabilisation de la paix, c'est-à-dire la réassurance, la fameuse réassurance que réclamait le président Zelensky en cas de traité de paix ou en tout cas de cesser le feu, c'est qu'il a un soutien derrière lui et ce soutien, quelque part, ce sont ces 35 à 37 pays qui sont prêts à amener des forces. Alors est-ce que ce serait en Ukraine même ou juste à la lisière ?

Moi je pense qu'il n'y a pas forcément urgence de les déployer en Ukraine, sauf s'il y avait un engagement plus important, mais avec les moyens dont on dispose aujourd'hui, on peut agir extrêmement rapidement et donc d'être en bordure et quelque part, c'est le flanc est de l'OTAN tout simplement. On va évoquer l'autre guerre parce qu'elle reprend, elle est peut-être en train de reprendre la guerre au Moyen-Orient. On reste ensemble, général Patrick Dutartre.

11:26
Locuteur non identifié

Le 830 France Info, Audrey Tison, Marie Bernardo.

11:32
Invité politique

Et nous sommes toujours avec vous, Pascal Dutartre, général de l'armée de l'air, ancien pilote de chasse et leader de la patrouille de France. On insiste à un regain de tensions au Moyen-Orient, des frappes de la part de l'Iran et des Etats-Unis. Est-ce que vous considérez que la perspective de la paix s'éloigne ?

11:50
Présentateur

Malheureusement, je pense qu'elle s'éloigne. C'est vrai que le protocole d'accord d'il y a quelques jours, signé en grande pompe à Versailles par le président Trump qui était un Mémorandum of Understanding, MOU, celui-là, il a l'air de s'éloigner en fait, quelque part. Signé pour rien ? Pardon ? Signé pour rien ? Non, mais c'est parce que l'Iran, de manière un peu incompréhensible, s'est remise à tirer sur des navires qui passaient dans le golfe Persique et dans l'étroit d'Hormuz sous prétexte que ces bateaux ne suivaient pas l'itinéraire qu'ils voulaient imposer.

Donc, en tout cas, le gardien de la révolution a cette idée de maîtriser maintenant complètement le Détroit et ce qui est quelque part insupportable, non seulement pour les Américains mais pour les Européens, en fait. Ça va contre le droit international qui est la liberté de circulation. Donc, en fait, ces tirs ont entraîné des ripostes américaines et c'est vrai que ça fait trois jours de suite où les bombardements sont relativement importants. C'est une escalade ? C'est possible. Retour de la guerre à haute intensité comme on dit, comme en mars ? Alors, non, la même intensité qu'en fin février et début mars où on avait 500, 600 vols par jour. En ce moment, on a 140 à peu près.

Mais ce n'empêche que c'est très significatif. Vous remarquerez que les cibles qui ont été choisies par les forces américaines, Soundcom, sont essentiellement celles autour du Détroit d'Hormuz, donc sur la bande côtière. Mais il est possible qu'une campagne aérienne de plus forte intensité reprenne. L'Israélien d'un côté et même certains observateurs disaient que la première campagne avait été arrêtée à mi-course. Elle n'avait pas atteint tous ses objectifs. Donc, il n'est pas impossible que cette campagne reprenne complètement avec des conséquences qui sont difficiles à évaluer à ce stade. La balle est dans le camp de qui aujourd'hui ?

Des deux camps, des deux, entre guillemets, belligérants. Il faudrait au minimum que rétablir la liberté de circulation et que les dialogues reprennent. Ce qui est quand même fou, c'est que toute la journée de samedi, les pourparlers de paix continuaient. C'est-à-dire qu'il y avait des discussions, huit heures ininterrompues, une petite pause, et là, tire dans la nuit ou en soirée de la part des gardiens de la révolution sur des bateaux qui franchissaient le Détroit. ce qui entraînait la riposte américaine, ce qui entraînait après une riposte sur les pays limitrophes dans le Gauche-Persigues.

Bahreïn, Coën, qui sont les plus proches en fait, et entre guillemets peut-être le plus vulnérable en raison de leur proximité géographique, mais également sur Omane et quelques tirs aussi sur les Émirats. Donc, oui, c'est un vrai sujet de préoccupation. Et là,

14:39
Invité politique

la situation semble bloquée. Donald Trump qui gonfle les muscles, il dit avoir rétabli un blocus des ports iraniens, il dit aussi vouloir instaurer un droit de péage. Dans la foulée, on a même vu une hausse des cours du pétrole. Qu'est-ce qui peut stopper cet engrenage ?

14:56
Présentateur

Où est-ce qu'on va ? Vous savez, c'est difficile de dire aujourd'hui.

14:59
Invité politique

Et quel rôle elle a joué la France ?

15:01
Présentateur

Alors la France, d'abord, elle joue un rôle qu'on ne voit pas toujours, mais de ses accords de défense, notamment avec les Émirats Arabes Unis, et il y a des chasseurs français qui volent tous les jours en fait dans l'espace aérien soit des Émirats soit d'autres pays partenaires au Moyen-Orient, notamment pour assurer la défense du territoire au profit de nos camarades de ces pays-là. Donc, et ça a été extrêmement important pendant la campagne des tirs assez intense menée par l'Iran.

Vous observerez que les tirs sont quand même de moins en moins forts et ça, quelque part, c'est une bonne nouvelle, c'est-à-dire qu'il semblerait que la capacité de nuisance des gardiens de la révolution devrait faiblir, en tout cas, on le souhaite, mais en même temps, il faut trouver une issue, évidemment, pacifique à ce conflit et, et bien, c'est pas facile, il faudra reprendre, bien sûr, les accords.

Je ne sais pas si les discussions sont totalement interrompues, en tout cas, le Qatar et le Pakistan poursuivent leurs efforts entre guillemets diplomatiques, mais c'est difficile entre deux parties qui ne se comprennent pas, qui ne bêtent pas la même chose derrière les mots et tous les deux qui veulent maintenant contrôler le détroit d'Hormuz et surveillons ce qu'il va être dit. Ce qu'a dit le président Trump hier, c'est qu'il veut à nouveau contrôler tout ce qui sort du détroit vis-à-vis des ports iraniens, donc quelque part un blocus des ports iraniens comme c'était le cas pendant des semaines. La France qui prendrait part à une sorte de force de maintien de la paix ?

C'est ce qu'annonce le président de la République, c'est que l'Europe est prête à intervenir d'une part pour faire le déminage si besoin, je pense qu'il y a une dizaine ou une quinzaine de mines qui traînent quelque part mais personne ne sait vraiment où, peut-être même pas les Iraniens, donc là c'est une chose et après effectivement assurer la libre circulation et éventuellement le contrôle de ce qui se passe dans l'étroit mais aujourd'hui ni les Iraniens ni les Américains ne veulent entendre parler, les Américains veulent faire un contre-blocus qui avait été relativement efficace, au moins aussi efficace que les bombardements.

Un mot encore avant de vous libérer Général Patrick Dutartre, vous qui avez dirigé la patrouille de France, vous avez une pensée j'imagine pour les pilotes en ce moment ? Bien sûr, surtout qu'ils ont fait une tournée magnifique, extrêmement spectaculaire aux Etats-Unis et ça a réchauffé aussi les relations diplomatiques entre les Etats-Unis et la France et ils ont volé à côté de leurs camarades de l'US Air Force et de l'US Navy, de Thunderbirds et Blue Angels et puis là ils sont revenus et donc ils vont voler tout à l'heure, je vais regarder avec beaucoup d'attention. Avec ce que vous avez au veston, qu'est-ce que c'est pour ceux qui n'ont pas l'image ?

Oui, on arrive, c'est toujours la patrouille de France qui ouvre le défilé aérien donc en position Big Night, neuf avions, bleu, blanc, rouge. Est-ce que vous avez au veston votre cocarde ? Oui, la cocarde ici, ça vous savez, c'est vis-à-vis des blessés de guerre, c'est une tradition et c'est toujours un hommage à tous les Français qui sont battus pour les valeurs françaises et pour la défense de notre pays donc chaque fois qu'il y a une cérémonie officielle, on essaie de porter cette cocarde.

Et vous allez regarder le défilé et cette patrouille de France que vous avez dirigée Général Patrick Dutarte, merci d'avoir été avec nous ce matin sur France Info, Général de l'Armée de l'Air, pilote de chasse, ancien leader donc de la patrouille de France.