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interviewFrance Culture — Sens politique· 6 janvier 2024 43 min

Edwige Diaz : Élections européennes : "les macronistes méritent une gifle électorale"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Un podcast France Culture.

0:51
Invité

C'est là, non loin du Médoc des Oubliés, à côté de l'estuaire des Grands Crus et sur la côte de Blaille, qu'elle laboure le terrain depuis 2014. Élection municipale, sénatoriale et régionale, jusqu'en 2022, où elle se fait élire députée du Rassemblement National, première du nom sur cette terre de vignerons. La Haute-Gironde, considérée par l'INSEE comme un couloir de pauvreté, vote désormais Marine Le Pen. Pour en arriver là, un minutieux travail de terrain. Sur les marchés, chez les chasseurs, les artisans ou les agriculteurs, elle déploie son sourire, ses tracts et ses cheveux blonds qui font penser à ses administrés qu'elle est de la famille de sa patronne.

Passée un an à l'UMP, elle est déçue par Nicolas Sarkozy en 2012. Elle vote alors en secret pour Marine Le Pen, pendant que sa mère, assistante maternelle, choisit, elle, François Hollande. En famille aussi, elle arrive à convaincre. Depuis, ils votent tous pour le RN. À Paris, elle court les plateaux des chaînes info qu'elle regarde en continu, sans oublier TikTok. Ses mails, elle dit les ouvrir à 5h30 du matin. Bûcheuse et minutieuse, elle est l'un des visages de la dédiabolisation et nous dira à quoi pourrait ressembler la France de Marine Le Pen. Bonjour Edwige Diaz. Bonjour, merci pour votre invitation. Meilleur vœu et meilleur vœu à vos auditeurs.

Merci à vous d'avoir répondu à l'invitation de Sens Politique. Une invitée et trois archives pour revenir sur son parcours et sur l'actualité. Et merci à vous de nous écouter. Vous êtes sur France Culture. Nous sommes ensemble jusqu'à 13h30. Vous avez fini 2023 avec une victoire symbolique, Edwige Diaz, celle du projet de loi sur l'immigration adoptée au Parlement. Que peut-on vous souhaiter pour 2024 ? Une dissolution ?

2:32
Edwige Diaz

Une victoire aux élections européennes, puisque les élections européennes sont des élections très importantes pour le Rassemblement national au regard de l'impact qu'a la Commission européenne et l'Union européenne sur le quotidien des Français. Donc nous souhaitons une large victoire de Jordan Bardella le 9 juin prochain. Ce serait quoi pour vous une large victoire ? A combien l'estimez-vous ? C'est toujours difficile de donner un chiffre, mais c'est vrai que nous souhaitons arriver en tête, creuser l'écart par rapport à notre second qui, d'après les sondages, pourrait être la liste menée par les macronistes. Donc ça serait déjà une belle victoire.

L'idée, c'est bien sûr de faire rentrer un maximum de députés européens patriotes au sein du Parlement européen. Ça aussi enverrait un message de sanction à l'égard de la politique menée par les macronistes et ça nous permettrait de préparer l'après-Macron, puisque, vous le savez, tous les élus et tous les cadres du Rassemblement national sont d'ores et déjà pleinement mobilisés pour la présidentielle de 2027.

3:31
Invité

Vous en faites un scrutin national, comme Jordan Bardella ?

3:34
Edwige Diaz

Mais c'est absolument nécessaire, parce que l'Union européenne a un impact sur le quotidien des Français. Prenons l'exemple du pouvoir d'achat et notamment des factures d'électricité. On sait que le prix de l'électricité, aujourd'hui, dépend du marché européen de l'énergie. Prenez par exemple la question de l'agriculture. Si nos agriculteurs souffrent aujourd'hui, c'est parce qu'ils sont soumis à une concurrence internationale déloyale orchestrée par l'Union européenne qui ne cesse de signer des traités de libre-échange absolument partout.

Moi, dans mon département, il y a beaucoup de chasseurs en Gironde et les chasseurs sont tous les ans embêtés à cause d'une directive qui s'appelle la directive oiseau qui les empêche de pratiquer un certain nombre de chasses. Autre exemple, autre menace qui pèse sur la Nouvelle-Aquitaine et notamment sur la Gironde, c'est l'implantation d'éoliennes et on sait que l'Union européenne est très favorable à l'implantation d'éoliennes dans les territoires ruraux, par exemple.

4:23
Invité

Donc pour vous, c'est vraiment l'enjeu de cette année qui s'ouvre. Est-ce que vous aimeriez faire plus que 25% ? Ce qui est votre score aux dernières élections en 2014, 23 en 2019. C'est ça la barre que vous vous fixez ? Ou c'est d'être devant Renaissance ?

4:38
Edwige Diaz

Alors d'aller le plus loin possible pour le bien des Français et puis oui, d'être devant Renaissance parce qu'en fait, ils méritent de recevoir une gifle électorale. Quand on voit le comportement qu'ils adoptent depuis la réélection d'Emmanuel Macron, quand on voit le nombre incalculable de 49,3 qu'ils ont dégainé, quand on voit le mépris à l'égard des Français, quand on voit qu'ils ne s'intéressent absolument pas à la question du pouvoir d'achat, qu'ils ont pris les Français pour des imbéciles avec la loi immigration, c'est vrai qu'on se dit que oui, en effet, les macronistes méritent une gifle électorale et j'espère qu'elle leur sera infligée par les électeurs le 9 juin prochain.

5:10
Invité

Renaissance n'a pas encore désigné son candidat. Stéphane Séjournay, eurodéputé sortant et pressentier, est-ce un adversaire difficile pour vous ? Est-ce qu'une autre tête de liste serait plus compliquée à affronter ?

5:18
Edwige Diaz

Oh ben vous savez, chez les macronistes, c'est tous les mêmes. On sait que peu importe la tête de liste issue des rangs des macronistes, on sait très bien que ce sera la liste d'Emmanuel Macron. Il n'y aura pas de différence de politique qui sera menée. Ils sont des européistes, ils sont soumis au diktat de l'Union Européenne et donc ils sont co-responsables avec Mme von der Leyen de la situation que nous subissons actuellement.

5:42
Invité

Emmanuel Macron a parlé lui aussi dans ses voeux de ces élections, de ces échéances européennes en disant arrêter la Russie et soutenir les Ukrainiens ou céder aux puissances autoritaires en Ukraine, continuer l'Europe ou la bloquer, poursuivre la transition écologique et productive ou revenir en arrière. En gros, il a posé les termes du débat et du duel qui peut s'annoncer au mois de juin. C'est comme ça que vous l'avez perçu ?

6:04
Edwige Diaz

Sauf qu'il l'a fait d'une manière caricaturale. Personne, enfin là quand il dit on continue l'Europe ou on la bloque, non c'est pas ça en fait, on peut aussi la modifier.

6:13
Invité

Pour l'instant vous ne l'avez pas beaucoup modifié depuis les dernières élections en 2019.

6:17
Edwige Diaz

Parce que nous ne sommes pas majoritaires pour l'instant, mais j'ai bon espoir que nous arrivions avec nos alliés européens partout en Europe, que nous arrivions à composer un groupe très important, voire le premier groupe d'opposition. Et par rapport aux propos tenus à l'occasion de ces voeux, Emmanuel Macron, il a clairement fait campagne pour l'élection européenne. La question que je me pose c'est est-ce que ces propos vont être intégrés dans le compte de campagne de Renaissance ?

6:42
Invité

Pourquoi vouloir supprimer les drapeaux européens des lieux publics alors que vous y avez des élus dans cette Union européenne ?

6:48
Edwige Diaz

Parce que nous nous sommes attachés à l'Europe en tant que continent, en tant qu'histoire commune que nous partageons en tant qu'héritage. Pour autant l'Union européenne telle qu'elle est aujourd'hui, elle est bureaucratique, technocratique et surtout elle est invasive parce qu'elle prive les États d'une partie de leur souveraineté et nous nous considérons que sur la devanture des mairies françaises, seul le drapeau de la France a sa place.

7:19
Invité

C'est un peu hypocrite d'aller tous ensemble au Parlement européen, payer sur des fonds européens, de participer à ces institutions et dans le même temps de les fustiger sur le territoire national.

7:29
Edwige Diaz

Précisément, heureusement que nous avons des élus au Parlement européen parce que nous servons quelque part de lanceurs d'alerte. Nous sommes des vigies, nous sommes un groupe d'opposition. Imaginez un Parlement européen...

7:39
Invité

On n'a pas vu beaucoup de lancements d'alerte à part des votes contre les sanctions en Ukraine.

7:44
Edwige Diaz

Imaginez un Parlement européen sans opposants. Imaginez, ils auraient les mains absolument libres. Là aujourd'hui, grâce aux élus du Rassemblement national, il y a des projets qui peuvent avancer et surtout les Français sont au courant de ce qui se passe parce que sinon la Commission européenne pourrait décider en catimini de faire absolument tout ce qu'elle veut alors que comme je viens de vous le démontrer, il y a un véritable impact entre les décisions prises par la Commission européenne et le Parlement européen et le quotidien des Français.

8:13
Invité

Le Washington Post a dévoilé le 30 décembre des documents d'un service secret européen qui atteste des liens entre la Russie et Vladimir Poutine et vos éléments de langage pour ne pas sanctionner la Russie depuis le début de la guerre en Ukraine. Renaissance de parti présidentiel vous accuse d'être les porte-parole du Kremlin en France. Que répondez-vous ?

8:29
Edwige Diaz

Beaucoup de choses. Alors déjà, dire que je pense que la majorité est particulièrement fébrile. Elle est fébrile parce qu'elle voit bien les sondages et elle voit bien qu'au dernier sondage pour les élections européennes, elle est créditée de seulement 18%, c'est-à-dire 5 points de moins que la dernière fois. On en a parlé, mais sur l'article. Donc là en fait, il ne se raccroche à pas grand-chose. Alors sur l'article, moi je pensais que le Washington Post était un média sérieux.

Or, je découvre que ce média n'a vraisemblablement pas pris connaissance de la commission d'enquête parlementaire qui s'est déroulée l'année dernière à l'Assemblée nationale et qui a reçu un certain nombre d'institutions en audition. Je pense par exemple au parquet national financier, à la Commission nationale des comptes de campagne et des finances publiques, aussi à Traquefin ou même à la DGSI. Et en fait, tous les propos de ces directeurs, qui dans une commission d'enquête parlementaire, je le précise pour vos auditeurs, parlent sous serment, c'est-à-dire avec une obligation de dire la vérité.

Et tous ont dit une seule chose, il n'y a pas d'ingérence étrangère de quelque nature que ce soit au sein du Rassemblement national, ni même, et moi j'ai la clarté, la transparence de le dire, ni même dans aucun autre parti politique français.

9:34
Invité

Le rapport parlementaire que vous évoquez, justement, dit au contraire que vous êtes la courroie de transmission de la Russie en France. Et si on prend les propos de Laurent Jacobelli, 27 janvier 2023, quand il dit que nous devons protéger les Français d'une troisième guerre mondiale, c'est exactement ce qui est dit dans l'article du Washington Post, et c'est la propagande du Kremlin.

9:52
Edwige Diaz

Attendez, je reprends juste. En fait, dans le rapport que vous évoquez sur la commission d'enquête parlementaire, il y a la rapporteure. Donc là, en fait, ce que vous citez, ce sont les mots de la rapporteure. Donc c'est-à-dire, la rapporteure, c'est une macroniste, c'est une personne politique.

10:05
Invité

C'est un rapport adopté par cette commission.

10:07
Edwige Diaz

Oui, mais adopté, pourquoi ? Parce qu'il y avait une majorité de macronistes en son sein. Et c'est pour ça que moi, j'ai bien pris le soin de vous expliquer qu'il s'agit là d'instances qui se sont prononcées. Quand je dis que les instances disent que les institutions françaises respectueuses et respectables disent qu'il n'y a pas de lien d'ingérence entre le Rassemblement national et la Russie, c'est sur ça qu'il faut se fier. Parce que quand vous avez la rapporteure macroniste qui tire des conclusions, elle tire des conclusions politiques et évidemment, en tant qu'adversaire politique et particulièrement malhonnête, elle ne se fie pas aux propos des représentants des institutions.

Vous, au pouvoir, auriez-vous rendu un hommage national à Jacques Delors dans la Cour des Invalides ? Alors oui, parce que même si nous ne partageons pas la vision européiste de Jacques Delors, il n'en reste pas moins que c'est une personnalité politique française qui a marqué l'histoire de notre pays, qui a aussi marqué l'histoire de l'Union Européenne. Et ce n'est pas parce que nous ne partageons pas son point de vue que nous allons écarter le travail qu'il a accompli quand il a été élu ou quand il a été nommé. Donc oui, nous l'aurions probablement fait. En tout cas, nous n'aurions pas fait comme les macronistes font actuellement, c'est-à-dire fait de la récupération politique.

Quand j'entends les macronistes dire que l'héritier de Jacques Delors, c'est Emmanuel Macron, je trouve ça un petit peu gonflé, d'autant plus que M. Delors n'a jamais souhaité rencontrer Emmanuel Macron et que la fille de M. Delors, Mme Martine Aubry, est en froid avec Emmanuel Macron. Donc ça, ça s'appelle clairement faire de la récupération politique à quelques mois des élections européennes.

11:36
Invité

On va revenir sur le projet de loi immigration. Vous avez déclaré remporter une victoire idéologique après le vote du texte issu de la commission mixte paritaire en décembre. Pourtant, quand ce même texte quasiment était adopté au Sénat le 14 novembre, vos sénateurs RN, ils sont trois, ne l'ont pas voté.

11:52
Edwige Diaz

Pourquoi cette incohérence ? Alors, ce n'est pas une incohérence, c'est que le texte a évolué. Donc le texte est d'abord passé au Sénat. Nous ne le trouvions pas suffisamment en accord avec nos positions. Ensuite, le texte issu de l'hémicycle du Sénat est arrivé en commission des lois de l'Assemblée nationale au cours de laquelle il a été totalement détricoté par les macronistes qui, finalement, voyant qu'ils se dirigeaient vers un échec, c'est-à-dire probablement vers un refus de ce texte, surtout suite au vote de la motion de rejet, eh bien, ils ont décidé d'enteriner toutes les propositions issues de la commission mixte paritaire.

Donc, en fait, c'est un texte qui a beaucoup évolué et c'est la raison pour laquelle, à l'issue, donc sa dernière mouture à l'issue de la commission mixte paritaire, c'était un texte, certes pas un texte signé Rassemblement National, mais en tout cas un texte qui allait dans le bon sens parce qu'il posait trois principes. Le principe qu'il y a trop d'immigration dans notre pays. Ensuite, le principe qu'il existe un lien entre l'immigration et insécurité. Et enfin, pour la première fois, rentrer dans la loi le principe de priorité nationale.

Donc, pour toutes ces raisons, même s'il s'agit d'un texte imparfait, nous avons décidé de le voter et nous sommes, comme 70% des Français, satisfaits qu'il ait été voté.

13:01
Invité

Sur ce texte du Sénat première mouture, il y a quand même le rétablissement du délit de séjour irrégulier, la suppression de l'article 3 sur la régularisation des sans-papiers, la suppression de l'automaticité du droit du sol, des quotas migratoires pour les immigrés économiques et les allocations familiales attribuées aux étrangers après 5 ans de présence en France. On n'est quand même pas très loin de ce qui a été adopté en décembre.

13:21
Edwige Diaz

Alors, à une différence près, c'est sur l'article 3 devenu 4 bis, donc sur la régularisation des clandestins. En fait, le premier texte issu de ce Sénat n'était pas tellement limitatif, c'est-à-dire qu'on aurait pu régulariser massivement. Avec la nouvelle mouture issue de la CMP, il est bien précisé qu'il s'agit d'un dispositif qui pourrait être activé à titre exceptionnel. Et ce qui a été rajouté, c'est que les étrangers qui ont été condamnés ne pourront pas être régularisés même s'ils travaillent. Donc ce sont des avancées que nous avons tenues à souligner.

13:50
Invité

Pourquoi vous n'assumez pas d'avoir voulu faire un coup politique ?

13:53
Edwige Diaz

Oula ! Parce qu'il ne s'agissait pas d'un coup politique. Je pense que l'issue de ce texte était absolument imprévisible pour tout le monde. Et je vais vous dire pourquoi. C'est parce que vraiment, en commission des lois de l'Assemblée nationale, les macronistes ont rejeté toutes les propositions de durcissement en la matière. Et c'est parce que eux, les macronistes, ont décidé de se sauver qu'ils ont finalement décidé d'avaler un certain nombre de couleuvres et de voter un texte, de faire valider un texte qui ne ressemblait absolument pas à leur projet initial. Donc c'est les macronistes en fait qui se sont sauvés.

Et moi, tout à fait clair, je pense que Emmanuel Macron a dû leur dire si le texte ne passe pas, on se dirige vers une crise politique, il y aura une dissolution de l'Assemblée nationale. Et vous, macronistes, députés, vous perdrez beaucoup de vos sièges. Et ce sont les députés du Rassemblement national qui gagneront des sièges. Donc en fait, pour sauver leurs fesses, ils ont décidé d'avaler un certain nombre de mesures qu'ils vont certainement faire retoquer par le Conseil constitutionnel.

14:49
Invité

ou que le Conseil constitutionnel retoquera tout seul. En tout cas, vous êtes en première ligne lors de cette fameuse commission mixte paritaire le mardi 19 décembre. Vous êtes suppléante pour votre groupe, le Rassemblement national.

15:01
Edwige Diaz

La CMP venait à peine d'être ouverte qu'il a été déclaré une suspension de séance. Tous les LR n'étaient pas dans la salle. Et d'après les bruits de couloir que nous avons entendus, ce qui justifie cette suspension de séance, c'est le manque d'accords, c'est l'absence d'accords entre les LR et la majorité, ou alors entre les LR entre nous.

15:23
Invité

A-t-elle été fictive cette CMP dans la mesure où tout s'est joué quasiment en dehors de ce huis clos par des coups de fil entre le gouvernement et les députés LR ?

15:31
Edwige Diaz

Mais c'est clair que c'est une question qu'on peut se poser. En fait, la Macronie a tellement été ébranlée suite à l'adoption de la motion de rejet qu'il fallait absolument trouver un accord. Pourquoi ? Pour sauver le soldat Darmanin. Et donc, on a eu l'impression d'assister à une commission mixte, pas paritaire, mais à une commission mixte parallèle. Puisqu'on sait que le week-end, précédant le lundi 19 décembre, on sait que Mme Borne a consulté, qu'il y a eu des rendez-vous, qu'ils se sont tenus, on ne sait pas trop où, on ne sait pas trop avec qui, vraisemblablement le soir. Donc c'est vrai que ça fait un petit peu petit arrangement sur un coin de table.

Ça n'était pas très sérieux vis-à-vis de la commission d'enquête parlementaire. Et d'ailleurs, les accords n'ont pas abouti, puisque en effet, la CMP a commencé après une suspension de séance de plusieurs heures.

16:16
Invité

Edwige Diaz, cela fait maintenant 18 mois que vous êtes députée. Quelle expérience retenez-vous de ces quelques mois passés à l'Assemblée ? Est-ce qu'il y a des choses qu'il faudrait changer selon vous ?

16:27
Edwige Diaz

D'un point de vue personnel, c'est très exaltant et très épanouissant. Ensuite, d'un point de vue d'utilité au service du pays, notre présence est absolument nécessaire. Parce qu'en fait, quasiment aucune loi ne passe sans nos votes. Et en revanche, nous pouvons faire tomber des lois. Et donc l'utilité des élus du Rassemblement National est essentielle. Et surtout, elle nous permet de préparer l'avenir.

16:50
Invité

Je vous parle vraiment d'un point de vue institutionnel et non pas politique. Si vous, vous étiez au pouvoir, qu'est-ce que vous vous changeriez à cette institution ? Si vous étiez présidente de l'Assemblée ?

16:59
Edwige Diaz

Nous, on n'est pas pour le Big Bang institutionnel. On est au contraire très respectueux des institutions et des usages. Là, je n'ai pas d'idées qui me viennent dans l'immédiat. Parce que je pense que l'Assemblée Nationale est une vieille maison et qu'elle tourne assez bien. Il y a un personnel très expérimenté, très professionnel. Donc là, on n'est pas pour plaider pour un Big Bang institutionnel.

17:22
Invité

Est-ce que vous êtes toujours favorable à la proportionnelle, maintenant que vous avez 88 députés ?

17:27
Edwige Diaz

Oui, tout à fait. Même si, contre toute attente de nos adversaires, nous sommes rentrés en force au sein de cet hémicycle. Et donc, c'est quasiment comme s'il y avait eu une proportionnelle. Mais nous, vous savez, on ne change pas de programme au gré de ce qui nous arrange ou de ce qui ne nous arrange pas. La proportionnelle aux élections législatives faisait partie de notre programme en 2022 et même en 2017. Donc, nous allons nous y tenir.

17:52
Invité

Alors, à 27 ans, vous décidez de rejoindre Marine Le Pen en 2014, après un meeting à Brive-la-Gaillard dans Corrèze, auquel vous participez le 18 avril. Qu'est-ce qui fait que vous vous rendez à cette réunion publique ? Et qu'est-ce qui vous séduit chez Marine Le Pen ?

18:05
Edwige Diaz

J'ai voté en 2007 pour Nicolas Sarkozy parce que, comme beaucoup de Français, j'attendais le Karcher et j'étais très sensible au discours respectueux du travail, à savoir travailler plus pour gagner plus. Finalement, comme beaucoup de Français, j'ai été très déçue et donc je ne voulais pas revoter pour Nicolas Sarkozy en 2012. Et j'ai lu tous les programmes de tous les candidats à la présidentielle. Et quand j'ai lu celui de Marine Le Pen, je me suis dit, cela correspond à mes attentes et à l'image que je me fais de la France. Donc j'ai voté pour elle en 2012, mais je n'ai pas pris ma carte tout de suite.

Et à l'occasion des élections européennes, Marine a en effet eu l'occasion de se rendre en Corrèze pour y organiser un meeting. Et c'est vrai que, oui, très sincèrement, quand je l'ai vu, ça a été une révélation. Et c'est la raison pour laquelle j'ai décidé de m'engager, de prendre ma carte et puis de fil en aiguille de devenir une militante active.

18:55
Invité

Cinq mois seulement après cette rencontre, en septembre 2014, vous êtes investie pour les sénatoriales. Sur la liste, je cite, bleu marine pour nos villes et nos villages. Un an plus tard, en 2015, vous êtes candidate aux élections régionales. Numéro 2 sur la liste de Gironde, le RN manque de candidature.

19:10
Edwige Diaz

C'était il y a dix ans. Donc c'est sûr qu'aujourd'hui, nous avons beaucoup plus d'adhérents qu'il y a dix ans. Nous avons d'ailleurs une large féminisation de notre parti et un large rajeunissement aussi grâce à l'effet Bardella. Et donc oui, aujourd'hui, c'est une période de large dynamisme. Et ce dynamisme a commencé à être opéré après que Marine Le Pen soit devenue présidente du parti, c'est-à-dire après 2011. Et donc oui, en 2014, c'était l'occasion de faire monter des jeunes, comme on dit dans le jargon. Et Jacques Colombier, qui était à l'époque tête de liste, a décidé de me faire confiance. Il m'a formée, il m'a accompagnée. Et aujourd'hui, je le remercie.

19:49
Invité

Diriez-vous que vous avez été élue sur une étiquette plus que sur votre nom, comme on a pu le reprocher aux députés macronistes en 2017 ?

19:56
Edwige Diaz

Ah mais il est incontestable que le Rassemblement national, c'est-à-dire la flamme du Rassemblement national, et le nom Marine Le Pen et aujourd'hui Jordan Bardella, font évidemment l'immense majorité d'un résultat du vote, clairement. Et moi, je m'en réjouis. Moi, je suis très fière de défendre la ligne de Marine Le Pen et de Jordan Bardella, leur vision pour le pays. Et donc oui, je le dis sans aucun problème.

20:25
Invité

Comment réagit votre entourage, votre famille, quand vous leur annoncez que vous rejoignez le parti fondé par Jean-Marie Le Pen ?

20:31
Edwige Diaz

Alors, c'était quand même déjà Marine Le Pen qui en était la présidente.

20:35
Invité

Mais il est encore président d'honneur. On parle encore du Front National.

20:37
Edwige Diaz

Oui, on parle encore du Front National, mais c'est vraiment Marine qui est à la manœuvre. C'était Marine la candidate à la présidentielle en 2012. Donc mes parents ont toujours décidé de me faire confiance. Donc voilà, bon, ils ont été un petit peu, peut-être un peu surpris. Surtout ma mère qui avait en effet voté François Hollande en 2012. Mais bon voilà, ils m'ont laissé faire. Bon, j'avais déjà une vingtaine d'années à l'époque, donc j'étais suffisamment grande, autonome. Et comme je suis un naturel féministe, je suis plutôt indépendante. Vous avez des origines étrangères. Est-ce que parfois vous vous dites que la préférence nationale aurait été un frein pour vos ancêtres ?

Non, parce que l'époque était différente. L'immigration qui arrivait en France à l'époque, c'était une immigration qui était majoritairement... Enfin, qui venait pour travailler, qui était respectueuse des institutions. Donc moi, c'était mes grands-parents à l'époque, mais c'était au Maroc. Donc ce n'est pas tout à fait ce qu'on rencontre aujourd'hui en France.

21:29
Invité

L'immigration aujourd'hui n'est pas respectueuse des institutions, vous diriez ?

21:32
Edwige Diaz

Non, je ne fais pas une généralité, mais je dis qu'il y a certains immigrés, au regard de l'immigration massive que subit notre pays aujourd'hui, il y a certains immigrés qui s'enferment dans un communautarisme qui est lui-même générateur de délinquance et, dans certains cas, d'islamisme. Après, je ne fais absolument pas d'amalgame, et je le dis de la manière la plus claire qui soit, les étrangers qui sont arrivés de manière légale dans notre pays, qui se comportent bien, qui travaillent, qui éduquent correctement leurs enfants, qui épousent les valeurs de la République. Ces gens-là n'ont absolument rien à craindre d'une arrivée au pouvoir de Marine Le Pen.

22:08
Invité

À part la fin des allocations familiales ou des APL, comme c'est déjà le cas aujourd'hui.

22:12
Edwige Diaz

Oui, voilà, mais en même temps, quand vous venez dans un pays, vous venez pour, en tout cas, notre vision, nous, c'est que vous venez dans un pays, vous venez pour contribuer à sa richesse, pour contribuer à son rayonnement. Et c'est vrai que, oui, nous considérons normal que les Français doivent être prioritaires dans leur pays, notamment en matière d'accès aux prestations sociales, mais aussi de logements sociaux et même de travail.

22:30
Invité

Votre parti, le Rassemblement National, a remporté deux vice-présidences de l'Assemblée Nationale, grâce aux voix macronistes. C'était en 2022. Ne diriez-vous que le cordon sanitaire a rompu ?

22:42
Edwige Diaz

Et à quand le datez-vous ? Oh, mais le cordon sanitaire, je pense qu'il n'existe plus tellement, que ce soit au moment de l'élection de nos vice-présidents à l'Assemblée Nationale ou que ce soit sur le terrain. Moi, je trouvais normal que nous ayons, en effet, deux vice-présidences à l'Assemblée Nationale, précisément parce que les vice-présidences doivent refléter la composition de l'Assemblée Nationale. Et vous ne pouvez pas invisibiliser 88 députés. Donc, ça m'apparaît tout à fait normal. Et le cordon sanitaire, voilà, c'est une vieille marotte d'anciens élus politiques qui appartiennent clairement à l'Ancien Monde.

En tout cas, je pense que c'est un principe qui ne fait pas consensus au sein des Français. Les Français sont même plutôt carrément hostiles à ce genre de cordon sanitaire, du coup, qui ne marche plus du tout.

23:28
Invité

Diriez-vous que vous avez été aidé dans votre entreprise de dédiabolisation par les médias et en particulier ceux du groupe Vincent Bolloré ?

23:36
Edwige Diaz

Oh, mais je pense que... Moi, je le dis très sincèrement, j'ai de l'estime pour les journalistes. Malheureusement, bien sûr, il y en a qui sont militants. Mais d'une manière générale, là, c'est pareil, je ne fais pas d'amalgame. La plupart des journalistes, déjà, on a le même rythme que... Enfin, vous avez le même rythme que les politiques. C'est-à-dire que vous travaillez les week-ends, les gens fermiers. Le soir, vous n'avez pas d'heure. Vous devez réagir à l'actualité. Donc, en ce sens, on a quand même beaucoup de points communs. C'est pour ça que je connais la difficulté du métier.

Donc, je pense que l'immense majorité des journalistes font un travail absolument correct, qui se contentent de retransmettre de l'information objective. Et après, oui, vous avez quelques journalistes militants. Bon, écoutez, c'est comme ça. Si ça ne pose pas de problème à leur rédaction, au moins, les Français se rendent assez compte, finalement, de qui fait de la politique, qui fait du militantisme politique et qui est respectueux de sa profession.

24:20
Invité

Alors, à quoi ressemblerait la France si votre parti, le Rassemblement National, était au pouvoir ? Voilà ce qu'en pense Olivier Véran, porte-parole du gouvernement.

24:28
Présentateur

On parle toujours de M. Bardella et de Mme Le Pen quand on parle de l'URN. Mais ça veut dire qu'on met qui au gouvernement ? On met qui au gouvernement ? On met M. De Fournasse, ministre de la Mer, parce qu'il disait qu'il retourne en Afrique en parlant en réponse à un député qui était d'origine nord-africaine. Ça veut dire qu'on met M. O'Doul, ministre de l'Agriculture, qui demandait si la corde avec laquelle un agriculteur s'était pendu était bleu-blanc-rouge. On met M. Angelman, maire de Hayange, ministre des Solidarités, qui a coupé l'électricité et l'eau au secours populaire en plein hiver. On met M.

Rachid, ministre des Transports, parce qu'il aime bien faire des blagues sur Hitler quand il est dans des voitures allemandes. On met M. Jacobelli, ministre de l'Intérieur, parce qu'il insulte un député d'origine maghrébine de Rakaï. Je peux continuer, la liste est longue.

25:13
Invité

Le porte-parole du gouvernement, Olivier Véran, sur LCI, le 13 décembre 2023. Tout ce qu'il dit se base sur des faits reprochés à vos représentants du RN.

25:23
Edwige Diaz

M. Véran a oublié qu'il était ministre d'un gouvernement et donc ministre au service de tous les Français. Et donc à ce titre, je l'invite à ne pas manquer de respect aux 42% de Français qui ont voté en faveur de Marine Le Pen. Mais si M. Véran se perd dans toutes ses caricatures, c'est très certainement parce qu'il est particulièrement fébrile. Et moi, je voudrais juste l'appeler à faire honneur à sa fonction et à ne pas se comporter comme un petit militant politique de gauche.

25:52
Invité

Luc Ferry, ancien ministre de Jacques Chirac, a déclaré récemment que votre parti était celui de la droite républicaine et populaire. Pourrait-il faire partie d'un gouvernement RN ?

26:01
Edwige Diaz

Marine Le Pen a toujours dit que le jour où elle deviendra présidente de la République, elle ne ferme absolument pas la porte. Elle est même très favorable à un gouvernement d'union nationale. Parce que oui, nous nous le disons, il y a des talents qui peuvent arriver de tous horizons politiques. L'essentiel, c'est que les personnes qui pourraient être nommées au gouvernement partagent la vision du RN pour la prospérité de la France, pour que les Français retrouvent du pouvoir d'achat, pour qu'ils retrouvent leur sécurité, leur service public et surtout la paix fiscale.

26:35
Invité

Où étiez-vous le 12 juillet 2022 ? Bonne question. Vous le savez. C'est la date de l'incendie du siècle. Les feux de forêt qui ont ravagé 27 000 hectares dans votre département, la Gironde. Oui.

26:48
Edwige Diaz

Eh bien, j'étais ou à l'Assemblée nationale ou sur le terrain, puisque j'ai eu l'occasion d'accompagner un déplacement de terrain. Premièrement, pour rendre hommage aux sapeurs-pompiers qui ont réalisé un travail remarquable, mais aussi pour saluer le travail des élus locaux et des associations et pour témoigner ma solidarité aux habitants. Je regrette que malheureusement, il n'y ait pas eu beaucoup de leçons tirées de ces incendies, puisque la flotte en matière de canadaires sera très insuffisamment renouvelée.

Nous nous avions demandé avec mon collègue Grégoire de Fournasse que des canadaires et des hélicoptères soient stationnés de manière permanente en Gironde, qui malheureusement est un département qui très souvent fait l'objet et victime d'incendies, notamment des incendies criminels. Nous avions proposé par voie d'amendement que les sanctions soient durcies à l'encontre des criminels qui mettent le feu aux forêts. Malheureusement, notre amendement n'a pas été retenu.

Je souhaite déjà qu'il n'y ait plus d'incendies criminels dans les prochains temps, mais en tout cas je peux assurer les victimes de ces incendies que le jour où le Rassemblement national sera au pouvoir, les sanctions seront tellement dissuasives que les personnes, les criminels tentés de mettre le feu aux forêts réfléchiront à deux fois. Vous n'expliquez pas l'ampleur de cet incendie par le réchauffement climatique ? Je pense en effet que tout est lié. Bien sûr que le fait qu'il y ait un dérèglement climatique qui passe par un réchauffement, bien sûr que les forêts étaient beaucoup plus sèches, donc elles se sont embrasées bien plus rapidement.

Mais je n'oublie pas pour autant que la plupart des incendies que subit notre pays est d'origine humaine et notamment d'origine criminelle. Donc là bien sûr c'est un fait qu'il ne faut pas écarter, c'est la raison pour laquelle nous nous réclamons des sanctions renforcées à l'encontre de tous ceux qui veulent mettre le feu à notre nature. Êtes-vous favorable à la fin du glyphosate ? Alors ça dépend. Bien sûr que les conséquences du glyphosate peuvent avoir un impact délétère sur notre santé.

Pour autant moi aussi je pense aux agriculteurs et je considère qu'en l'absence de produits alternatifs plus respectueux de l'environnement, on ne peut pas se permettre d'arrêter brutalement le glyphosate. Donc moi je plaide pour un investissement massif en matière de recherche. Ça fait quand même des années qu'on nous parle de ce glyphosate et pourtant la recherche ne va pas assez vite. Et pourquoi ? Ce n'est pas de la faute de la recherche, c'est en raison de l'insuffisance des financements qui y sont consacrés.

Vous savez, si on empêche nos agriculteurs d'utiliser du glyphosate, et permettez-moi de dire qu'aucun agriculteur n'utilise du glyphosate par plaisir, parce que déjà les produits phytosanitaires coûtent particulièrement cher et ensuite tout le monde sait que ça a un impact négatif sur la santé. Mais si on interdit brutalement les agriculteurs d'employer du glyphosate, c'est la mort de notre agriculture que l'on signe. Et comme nous avons besoin de nous alimenter et que la France est moins en moins autosuffisante en matière agricole, nous allons être obligés d'importer des produits qui vont être produits dans des conditions environnementales et sociales difficilement vérifiables.

30:03
Invité

Vous êtes opposé au dispositif zéro artificialisation nette, pourtant c'est aussi cette artificialisation qui cause les crues qu'on voit en ce moment dans le Pas-de-Calais. Comment expliquer ça ensuite aux Français qui subissent ces inondations ?

30:17
Edwige Diaz

En fait, nous sommes défavorables au principe généralisé qui est mis en place de manière non concertée, donc le dispositif de zéro artificialisation nette des sols. Je vais vous expliquer pourquoi. Moi je suis dans une circonscription très rurale. Et le problème c'est qu'à cause de ce dispositif de lutte contre l'artificialisation des sols, vous condamnez des petites communes au vieillissement de sa population et à sa paupérisation. Pourquoi ? Parce que les maires des petites communes ne peuvent plus mettre de terrain à bâtir. C'est-à-dire que les communes ne peuvent plus accueillir de nouvelles familles.

Et derrière vous avez des commerces qui ferment faute de clients et vous avez les écoles qui ferment faute d'élèves en nombre suffisant. Donc je suis défavorable au principe tel qu'il est instauré actuellement. Et ça ne veut absolument pas dire que nous sommes favorables à la bétonisation à outrance des sols. Nous disons juste qu'il faut trouver un équilibre et que l'équilibre actuel n'est pas le bon.

31:14
Invité

Mais vous êtes aussi favorable au démantèlement des éoliennes. Est-ce que c'est un sujet que vous laissez de côté, l'écologie ?

31:21
Edwige Diaz

Absolument pas précisément. C'est précisément parce que nous sommes défavorables aux éoliennes que nous sommes favorables à l'environnement. Vous savez, les éoliennes sont de plus en plus contestées. Il suffit de lire notamment des rapports de la Cour des comptes ou des rapports d'experts. Pour planter une éolienne, il faut mettre un nombre incalculable de mètres cubes dans le sol. Ces mètres cubes de béton y resteront. Ensuite, on a un vrai problème de recyclage des pales d'éoliennes notamment. Et les éoliennes ont un impact très négatif sur les oiseaux. Par exemple, les chauves-souris, etc. Et là, il suffit de regarder les associations de protection d'oiseaux pour s'en rendre compte.

Nous nous disons que pour avoir une électricité propre, décarbonée, peu chère et constante, il faut miser sur le nucléaire.

32:12
Invité

Cette semaine ont été célébrés les obsèques de Patrick Buisson.

32:18
Edwige Diaz

Quel héritage laisse-t-il au pays ? Il laissera bien sûr une marque importante dans notre pays puisqu'il fait partie de ces hommes qui ont marqué la France. Pour autant, il y a eu d'autres sujets d'actualité cette semaine qui ont largement monopolisé l'attention. Je pense par exemple à la nuit du Nouvel An qui a beaucoup plus concerné les Français à mon avis. Je rends hommage à la mémoire de Patrick Buisson tout en me focalisant sur les préoccupations majeures des Français, notamment en matière d'insécurité. Il était d'extrême droite selon vous ? Non, je ne pense pas. Je pense qu'en France, il y a assez peu de personnes d'extrême droite dans notre pays.

Je pense que l'extrême droite en France est vraiment ultra groupusculaire. Je pense qu'il y a moins d'un pour cent de la population ou des électeurs qui sont d'extrême droite. En tout cas, ce n'est pas parce que je salue ce qu'il a pu apporter et puis l'avis qu'il a eu. Ce n'est pas pour ça que je dis non plus que le RN est un parti d'extrême droite. Vous disiez dans votre présentation tout à l'heure que je contestais cette appellation. Oui, je confirme que le RN n'est pas d'extrême droite parce qu'en fait, l'extrême droite correspond à des critères bien spécifiques, notamment l'anti-parlementarisme.

Donc là, c'est une députée qui vous parle, donc je ne suis évidemment pas anti-parlementaire. L'extrême droite répond à de la violence. Nous, nous ne sommes absolument pas violents. Et l'extrême droite a pour principe de contester les élections. Au RN, nous n'avons jamais contesté les élections. Nous nous sommes toujours présentés aux élections. Et si jamais nous avons contesté une élection, nous l'avons fait par les recours administratifs parce que nous avons décelé des irrégularités dans les scrutins.

34:00
Invité

Le 24 juin 2022, l'un des premiers entretiens que vous accordez, c'est aux médias Brays Info, fondé par l'ancien président du mouvement identitaire d'extrême droite, Jeune Bretagne, est condamné en 2023 pour injure publique en raison de l'origine.

34:12
Edwige Diaz

Non, mais ce n'est pas vrai. La première interview que j'ai donnée quand j'ai été élue, c'était dans la permanence départementale du Rassemblement National de la Gironde. Et je pense qu'il y avait à peu près tous les médias qui étaient concentrés ce soir-là. Et ensuite, j'ai été sur France 3 Aquitaine. Après, voilà, j'ai pour principe de répondre à quasiment tous les médias dès lors qu'ils ont un rôle d'information. Là, en l'occurrence, l'interview que j'avais donnée reflétait exactement ma philosophie et la manière dont je voyais mon mandat. Donc, il n'y avait pas de raison de faire preuve de sectarisme. Vous voyez, nous, on n'est pas comme à la France Insoumise.

On répond à tous les médias, même s'ils ne pensent pas comme nous.

34:49
Invité

Ce qui ressort de tout cela, malheureusement pour le pays, c'est qu'il n'y a pas de direction. La direction, c'est deux éléments. D'abord, la maîtrise des événements. Emmanuel Macron et son gouvernement ne gouvernent pas, mais rafistolent. Deuxièmement, le sens donné à l'action. Là où on attend une vision, on ne constate que des contradictions. On ne dirige pas un pays dans la disruption obsessionnelle et dans le « en même temps » pathologique. Marine Le Pen à la tribune de l'Assemblée le 8 juillet 2022, après la déclaration de politique générale de la première ministre Elisabeth Borne. Pourquoi cet extrait, Edwige Diaz ?

35:31
Edwige Diaz

Parce que Marine Le Pen a eu des propos très justes à la tribune ce jour-là et Marine Le Pen a eu raison d'annoncer tout ce qu'Emmanuel Macron allait nous faire subir. Je pense que tous les Français aujourd'hui se sont rendus compte que le « en même temps » d'Emmanuel Macron ne fonctionne pas. On s'en est rendu compte très récemment au moment de la loi immigration où en matière d'immigration, il n'est pas possible de vouloir mener une politique à la fois de fermeté et à la fois d'assouplissement. Marine Le Pen a souligné tous les mensonges d'Emmanuel Macron. Je rappelle qu'en 2017, Emmanuel Macron promettait que toute personne condamnée à faire de la prison ferme irait en prison.

Aujourd'hui, tout le monde sait que c'est bien loin d'être le cas. Sur le pass sanitaire, par exemple, souvenez-vous, cette horrible période du Covid, on nous disait les masks que ne sont pas obligatoires et finalement, ils sont obligatoires. Donc en fait, Emmanuel Macron est vraiment un menteur en la matière et les Français s'en sont bien rendus compte. C'est la raison pour laquelle aujourd'hui, il est le président le plus détesté des Français. Je crois qu'il y a 75% des Français qui ne lui font pas confiance.

36:31
Invité

En tout cas, Emmanuel Macron, il a gagné deux fois face à Marine Le Pen et notamment lors du débat d'entre-deux-tours. Est-ce que vous êtes sûre que Marine Le Pen est la bonne candidate pour vous en 2027 ?

36:42
Edwige Diaz

Oui, Marine Le Pen est la bonne candidate pour 2027. Bien sûr, le choix de se présenter ou pas, lui, appartient. Mais moi, en tout cas, je soutiens sa candidature et je me réjouirai de mener une autre campagne derrière elle. Vous savez, Marine Le Pen, aujourd'hui, elle est perçue comme elle l'est vraiment. Pendant des années, elle a été victime de caricatures que nos adversaires ont fait de nous. Aujourd'hui, les Français se rendent compte qu'elle est proche de leurs préoccupations. D'ailleurs, c'est la personnalité politique qui est considérée comme étant la plus proche des préoccupations des Français.

37:15
Invité

Sauf qu'elle n'est pas, contrairement à Jordan Bardella, le président de votre parti, dans le classement des 50 personnalités politiques préférées des Français de l'IFOP publié le 31 décembre dans le journal du dimanche. Si on prend même sur TikTok, un réseau social que vous appréciez aussi, Jordan Bardella, à près d'un million d'abonnés, Marine Le Pen, 748 000.

37:36
Edwige Diaz

Je pense qu'au Rassemblement National, on a la force d'avoir deux personnalités politiques particulièrement appréciées par les Français et surtout très complémentaires. Moi, j'ai toute confiance en Jordan Bardella et d'ailleurs, j'ai beaucoup apprécié les propos qu'il a tenus récemment chez l'un de vos confrères quand il a dit qu'il savait tout ce qu'il devait à Marine Le Pen. Donc, les esprits qui auraient envie d'opposer Jordan Bardella et Marine Le Pen se trompent puisque les deux travaillent en grande confiance, en grande complémentarité et même avec beaucoup d'affection. Donc, moi, je m'en réjouis. En tout cas, je sais que c'est très apprécié.

Vous savez, le week-end, quand je vais sur les marchés de ma circonscription, les gens me disent, il est bien Jordan Bardella, elle est bien Marine Le Pen. Et oui, je pense que c'est notre force d'avoir un ticket à présenter aux Français. Question Instagram de François Atour.

38:22
Invité

Compte tenu de votre complémentarité idéologique, une fusion entre LR et le RN est-elle prévue ?

38:29
Edwige Diaz

Non. Enfin, vous savez, si les Républicains avaient eu envie de nous rejoindre, ils l'auraient déjà fait. Donc, je pense qu'il n'y aura pas de fusion entre les deux parties. Mais ça ne veut pas du tout dire qu'il n'y aura pas de travail conjoint, voire même de ralliement de cadres des Républicains qui, bien conscients de l'échec du parti Les Républicains, je veux dire, le parti Les Républicains, quand vous avez un parti qui fait moins de 5% à la présidentielle, ça veut dire que vous êtes en échec.

Et donc, je pense que oui, il y a des électeurs et des cadres sincères chez les Républicains qui ont envie de contribuer au redressement du pays et qui ont la conviction, la légitime conviction, que le pays pourra être relevé grâce au travail mené par le RN et à Marine Le Pen. Et à ces gens-là, nous leur tendons la main. Ce n'est pas la première fois que nous le faisons. Je rappelle qu'au moment des élections européennes précédentes, donc en 2019, le RN a accueilli sur sa liste deux éminents anciens cadres des Républicains, à savoir Thierry Mariani et Jean-Paul Garraud.

39:28
Invité

Si vous arrivez au pouvoir, que redoutez-vous le plus ?

39:33
Edwige Diaz

Alors, rien, parce qu'au RN, nous n'avons pas peur de grand-chose, parce que nous travaillons. Nous travaillons sérieusement, nous travaillons avec sincérité et avec conviction. Et je peux d'ores et déjà le dire, nous serons à la hauteur des attentes des Français parce que précisément, nous aurons beaucoup travaillé pour en arriver là. Nous arrivons de loin, un rassemblement national. Et donc, si nous gagnons en 2027, je le dis, nous n'aurons qu'un seul objectif, c'est celui de répondre aux attentes des Français et d'être dignes de la confiance qu'ils nous auront accordée.

40:08
Invité

Quels sont les auteurs, morts ou vivants, qui ont façonné votre rapport à la chose publique ?

40:13
Edwige Diaz

Toujours vivants, moi j'aime beaucoup lire des livres d'actualité ou alors des sociologues, je lis pas mal Gulli, Fourquet, j'ai lu Jean-François Kahn cet été et après je lis quelques livres en espagnol de développement personnel.

40:31
Invité

Une dernière question de Julie en Bretagne. Quel est votre avis sur les étudiants délogés du CRUS à cause des Jeux Olympiques ?

40:38
Edwige Diaz

Je trouve que c'est assez déplorable que les étudiants soient considérés comme la variable d'ajustement. Très sincèrement, aujourd'hui, les étudiants dans notre pays sont clairement victimes d'un appauvrissement, ils vivent dans la précarité et donc je trouve que les écartés de leurs logements sociaux, c'est le dernier affront qu'on pouvait leur faire.

Et nous, nous sommes très attentifs aux besoins des étudiants, c'est la raison pour laquelle nous avons voté en faveur de la généralisation du repas à 1 euro à l'Assemblée nationale et malheureusement, ce jour-là, le VOS n'est pas passé à une seule voix et notamment en raison de l'absence de députés écolos qui avaient préféré passer une soirée sur une péniche parisienne. Nous sommes aussi très favorables au soutien des étudiants, c'est la raison pour laquelle nous voulons construire 100 000 logements étudiants.

Et enfin, nous voulons accompagner les étudiants qui travaillent, c'est la raison pour laquelle nous voulons leur attribuer un genre de bourse d'État et à tous les étudiants qui travaillent, s'ils ne sont pas boursiers, ils recevront un accompagnement financier de 200 euros et s'ils sont boursiers, un accompagnement financier de 300 euros. Mais vous êtes favorable aux Jeux Olympiques ? Oui, bien sûr, je suis favorable aux Jeux Olympiques parce qu'ils vont contribuer au rayonnement du pays, parce qu'on est toujours satisfait de voir un événement sportif qui va marquer le siècle. Donc oui, nous y sommes favorables.

En revanche, nous redoutons largement les conditions dans lesquelles ils vont être organisés, parce que j'ai lu un certain nombre d'articles qui préconisent, ou des politiques préconisent aux franciliens de privilégier le télétravail parce que ça va être très compliqué dans les transports.

42:07
Invité

Merci Edith Diaz d'avoir été l'invité de Sens Politique. La semaine prochaine, je recevrai le sénateur LR et avocat Francis Spiner. Vous pouvez lui adresser vos questions à l'adresse suivante, senspolitique.radiofrance.com avant jeudi prochain. Merci à toute l'équipe, à la préparation Anne-Claire Bazin, à la réalisation Payerey le Gras, à la technique Jérémy Kaufmann, à la vidéo Félix Delacour. Très bon après-midi, merci de nous avoir suivis et à la semaine prochaine. Sous-titrage Société Radio-Canada