"Beaucoup de pays" vont étendre leurs aires marines protégées annonce Agnès Pannier-Runacher
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[Musique] Bonjour Agnè Paner uneché. Bonjour. Alors dans l'actualité ce matin, il y a ces interrogations autour d'une loi qui doit être étudiée, discutée demain à l'Assemblée nationale, loi agricole dite loi du plomb.
Ça permettrait d'alléger euh les contraintes des agriculteurs notamment sur les sujets des néonicotinoïdes. On va on va y revenir. Sauf que les députés favorables au texte ont déposé euh enfin vont déposer une motion de rejet en clair pour que le texte ne soit pas étudié face aux très nombreux amendements de la gauche qui ont été déposés.
Est-ce que vous jugez que ce serait une bonne chose que ce débat n'ait pas lieu finalement ? Est-ce que c'est comme ça qu'il faut lutter contre l'obstruction parlementaire ? En fait, ce qui est inacceptable, c'est les plus de 3000 amendements qui ont été déposés euh par euh et les filles et les verres et qui empêchent le débat politique de se faire. 3000 amendements, pour vous donner une idée, lorsque euh on va à un bon rythme, on fait du 30 amendements à l'heure, c'est plus de 100 heures de débat.
Donc ça confisque littéralement le débat démocratique et c'est inacceptable parce que c'est c'est pas des amendements de fond, c'est des amendements prétexte, c'est remplacer la rédaction 1 mois par 30 jours. Donc en fait c'est capturer, c'est prendre en otage les députés pour empêcher que le débat démocratique se se fasse. C'est pas ma conception de la démocratie.
Et ça affaiblit l'Assemblée nationale. Ça affaiblit l'Assemblée nationale parce que au fond les députés ne pourront pas peser sur le texte si effectivement ce ce débat ne se fait pas. Vous-même, vous étiez quand même très très réservé sur sur certaines mesures, notamment celles qui fâcheent le plus, la réintroduction des nicotinoïdes et et et enfin, on peut imaginer aussi que que qu'ils aient envie de ces de d'amender ce texte parce qu'ils sont contre, fondamentalement contre en raison des dangers de de ces produits.
Mais soyons sérieux, lorsque vous remplacez un mois par 30 jours, ce n'est pas des amendements pour améliorer le texte. Moi, je l'ai dit, dans la version initiale de cette proposition de loi, je trouvais qu'il y avait beaucoup de choses à corriger et je me suis battu pour faire en sorte déjà qu'au Sénat, on améliore les rédactions et il y a eu des améliorations massives de ces rédactions. Beaucoup d'articles sont désormais, de mon point de vue, équilibrés, et apporte des solutions.
Je prends un exemple puisque vous citez les néonicotinoïdes et on connaît ma position. Je ne suis pas favorable à la réintroduction de ce néonicotinoïde. Je rappelle que depuis 2015, voilà, la France a interdit les néonicotinoïdes et assimilé. l'Europe euh s'est progressivement aligné sur la France puisque sur les cinq molécules, trois sont désormais interdites, une est interdite à l'air libre et peut-être utilisée sous serre et une est encore autorisée.
Donc vous voyez bien, c'est pas la caricature qu'on a fait de la France qui aurait pris des décisions sans fondement scientifique. Néanmoins, par rapport au texte qui initialement prévoyait une réouverture sans limite de l'utilisation de cette molécule, le Sénat a verrouillé fortement cette utilisation. elle est sous forte condition et on peut encore progresser au niveau de l'Assemblée nationale.
Donc vous voyez que je trouve ce que je trouve choquant, c'est justement que le débat politique ne se fasse pas et qu'on soit pas en capacité de permettre à des députés qui ont travaillé le texte et vous savez à l'Assemblée nationale, il y a beaucoup de députés en transpartisans qui connaissent bien l'agriculture, qui s'agissent de Stéphane Traver qui s'agisse de Julien Div qui s'agisse de Dominique Potier. Je cite un LR, un ensemble pour la République et un socialiste pour pour montrer que il y a des gens qui travaillent sur ce texte et on empêche ce débat de se faire. Ça c'est pas juste sur le fond quand vous dites ça tue les pollinisateurs, c'est un perturbateur endocrinien neurotoxique du développement et on peut le retrouver dans l'eau potable, il devrait même pas y avoir à discuter.
Pourquoi on le réintroduit ? Mais si c'est si dangereux. Euh d'abord, je je ma position, elle est connue, mais je veux juste préciser certaines choses.
La question qui se pose, La question qui se pose, c'est comment vous l'utilisez ? La question qui se pose, c'est euh et et c'est le débat. Si c'était tout blanc ou tout noir, il y aurait pas de débat.
Aujourd'hui, la question qui se pose, c'est quel est le niveau de risque que nous sommes d'accord pour accepter et quels sont les limites que nous apportons à l'utilisation d'un ensemble de produits qui nous permettent de produire notre nourriture en en quantité et en qualité acceptable. Beaucoup de pays utilisent des phyosanitaires qui sont interdits en France et en Europe. La France et l'Europe font parmi font partie des pays qui sont les plus restrictifs en matière de phytosanitaire.
Simplement, on sait aussi que face au ravageurs, face à un certain nombre de d'angers qui menacent les cultures, on a besoin d'avoir une pharmacopée. C'est comme les médicaments. Les médicaments, faut pas les utiliser sans limite.
Mais la question, c'est quelles conditions on pose ? Quels sont les médicaments qui sont trop dangereux et qu'on interdit ? Quels sont les médicaments qui sont dangereux ?
Exactement. question de dojage, question limite. Encore une fois, dans un pays qui a interdit la la les néonicotinoïdes, je trouve que c'est dommage de réouvrir cette possibilité parce que on perd tous l'élan qu'on a fait d'investissement dans des alternatives et que on va se reposer la question dans quelques années parce que immanquablement une interdiction arrivera.
Agnès Panier Runaché sur l'accès à l'eau, les agriculteurs s'attendaient à ce qu'on reconnaisse comme intérêt général majeur ce qu'on appelle les ouvrages de stockage, les mégabassines, les prélèvements. À ce stade, le texte sorti de la commission de développement durable propose un moratoire de 10 ans sur ses réserves d'eau. Est-ce que on a une inquiétude telle sur la ressource en eau qu'il faille un moratoire de 10 ans ?
Alors euh sur cet aspect de stockage d'eau, euh mes équipes avaient travaillé très intensément avec euh les sénateurs pour proposer une rédaction qui nous paraît tout à fait acceptable parce qu'on va avoir besoin de stocker de l'eau. Et attention, le stockage de l'eau ce n'est pas des projets de mégabassine partout sur le territoire qui seraient uniquement réservé aux agricultures, aux agriculteurs. Ce n'est pas ce que prévoit le texte aujourd'hui.
Ce que prévoit le texte, c'est précisément de faciliter la capacité à récupérer le trop plein d'eau qui avec le dérèglement non pas la capté mais à à récupérer ce qui est en trop en fait. Voilà, récupérer ce qui est en trop l'hiver pour pouvoir le restituer l'été et avec une logique de partage des usages. On sait qu'on va avoir besoin d'eau pas seulement pour les agriculteurs, on va en avoir besoin pour les pour les citoyens. on veut lutter contre les restrictions qui pourraient nous amener à avoir des problèmes sur l'eau potable.
Donc euh avoir cette logique d'anticipation euh de récupération de l'eau, de l'eau de pluie, de l'eau de certaines euh de certains cours d'eau, de certaines nappes fréatiques parce que on fait la preuve que ça ne dérègle pas ensuite le rythme naturel euh de reconstitution des nappes fréatiques. Bien sûr que c'est du bon sens et nous serions les derniers à à à le à le faire. Ça serait idiot par rapport au dérèglements climatiques.
Ça fait ça fait 10 ou 20 ans, peut-être même plus d'ailleurs qu'on qu'on s'inquiète sur le sur cette ressource en eau. Euh vous parlez de logique d'anticipation. Euh vous êtes responsable de la transition écologique.
La vraie transition, est-ce que c'est pas de de de d'anticiper l'évolution de l'agriculture ? Et on a le sentiment des variétés moins gourmandes dans eau et cetera et et que ça en fait ça fait des années qu'on en parle et que ça bouge pas. C'est pas vrai ce que vous dites ?
Et et et quand on revient à ce problème de de ressources en eau, c'est que manifestement on a besoin de plus d'eau que ce qu'on est capable de Mais pourquoi a-t-on besoin de plus d'eau ? Parce qu'il y a plus de sécheresse. Oui, mais précisément l'anticipation c'est climatiqu je vous donne un exemple dans le pas de calé, nous sommes en arrêté sécheresse aujourd'hui.
Ça n'est jamais arrivé avant. Je veux dire, ça n'est jamais arrivé, ça n'est jamais arrivé que on soit en arrêté sécheresse aussitôt dans l'année dans un département qui avait accès à l'eau. Il n'y a pas une culture, il n'y a pas une culture qui n'est pas besoin d'eau.
Même une culture même une culture qui a peu besoin d'eau, elle a besoin d'eau. Et c'est là où on ferait une erreur que de penser que d'un côté on on ne doit pas gérer l'eau parce que naturellement les l'agriculture va va s'adapter. C'est pas vrai.
On a à la fois besoin de faire les deux. On a besoin d'aller rechercher et c'est ce qu'on fait les semences qui sont les moins gourmands dans eaux, les types d'agriculture qui sont les moins gourmand dans nos eau. On est en train de développer les protéines végétales.
On développe à marche forcé les cultures intermédiaires pour protéger les sols. Tout ça, ce sont des changements de mode agronomique. C'est en cours et maintenant que ça se passe.
Les jeunes agriculteurs sont les premiers à revendiquer de transformer le modèle agricole. Mais dans le même temps, les faits sont ttuus. Il y a beaucoup moins d'eau à partir euh euh du printemps et ça vous pouvez tourner les problèmes comme vous voulez.
Je ne connais pas d'agriculture qui fonctionne sans eau. Agnagé, vous restez avec nous, on va se retrouver juste après le fil 8h42 Marine Clet. Les syndicats des taxis saluent.
Un bon début mais disent vouloir maintenir la pression à l'issue de la réunion au ministère des transports en présence du premier ministre François Bairou. Il leur a promis une nouvelle rencontre mardi et de retravailler sur ce qui cristallise leur colère, à savoir la nouvelle convention avec l'assurance maladie et ses tarifs pour le transport de malades. Une dénonciation de la torture, des blagues sur la corruption et puis des femmes qui ne sont pas voilées.
Le film Un simple accident a séduit le jury du festival de Can hier soir. Son réalisateur, le dissident Jafar Panaï repart avec la palme d'or. À Gaza.
La défense civile annonce la mort de neuf enfants dans une frappe imputée à Israël et qui a touché le sud du territoire palestinien. L'État hébreu, de son côté, affirme avoir visé et éliminer des terroristes et dites examiner les dommages causés à des civils. Fin de citation.
Enfin, les handballeuses de mess sont championnes de France. Après leur victoire hier soir face à Strasbourg, elles sont irrattrapables au glacement pour la 4e année consécutive. Elles signe donc le doublé coupe et championnat de France.
France info le 830 France info berangerbonte Adrien Bec et ce matin Agnès Panier Runaché ministre de la transition écologique de la biodiversité de la mer et de la pêche. Et on va parler justement de de l'océan parce qu'il y a ce sommet qui arrive à Nice dans 2 semaines l'Unox sommet de l'ONU. Greenpeace a déposé cette semaine plusieurs blocs de calcaire au large de Barcarès pour empêcher les chalu de fond de racler les fonds marins là où c'est encore autorisé.
Il faut dire que les ONG se mobilisent donc pour l'UNOC et que demain, je le précise aussi, vous serez à Saint-Nazer avec François Bairou pour un comité interministériel de la mer qui doit déboucher sur des annonces. Juste sur cette question de de de pêche et de de chalutage, à quoi ça sert d'avoir des aires marines protégées si on peut pratiquer ce type de pêche qui détruit tout au fond ? Alors, d'abord, laissez-moi revenir sur ce qui s'est passé à Port Barcarè.
Vous avez un bateau qui bat pavillon étranger qui vient déverser plus de 10 tonnes, pas quelques blocs de calcaire, c'est plus de 10 tonnes de grava dans une aire marine protégée sous prétexte de faire une campagne contre le chalutage de fond à un endroit où les chalus ne pénètrent pas. Moi je trouve ça profondément choquant. Je trouve que c'est une campagne c'est un coup de com euh inadmissible.
Et d'ailleurs le parc mariné, mais pardon, vous prétendez euh protéger les a les aires marines protégées et vous euh déverser des gravas dans une air marine protégée. Vous savez qu'aujourd'hui c'est illégal ce qu'ils ont fait. C'est non seulement illégal mais le parc marin a réagi et le procureur est saisi.
C'est de ça qu'on parle. Moi, j'essaie de travailler sérieusement pour renforcer nos aires marines protégées, pour faire en sorte qu'on protège mieux effectivement la biodiversité marine dans toutes ces dimensions. Mais ça c'est inacceptable.
Qu'est-ce que vous vous êtes en mesure de nous annoncer peut-être sur ces aires marines protégées justement ? Sachant que la France a des objectifs 30 % si je dis pas de bêtises, à l'horizon 2030 qui doivent être protégés. Alors, il y a différents niveaux de protection, protection forte et autre.
Mais qu'est-ce qu'est-ce qu'on fait ? Qu'est-ce que vous faites ? Alors peut-être pour pour redire où on en est aujourd'hui.
La France aujourd'hui a plus de 30 % de ces eaux territoriales qui sont classées pas par nous hein, c'est enregistré par le programme des Nations- Unies comme étant des aires marines protégées. Il y a pas de ce genre de pêche par exemple et je le redis ce n'est pas nous qui enregistrons nos aires marines protégées. C'est un enregistrement qui est fait au niveau international et qui concatène les données de chaque pays.
Donc nous sommes classés comme ayant plus de 30 % d'air marine protégé. Pardon mais protégé qu'on comprenne bien que ceux qui nous écoutent comprennent. Protéger ça veut dire qu'on ne fait aucune activité.
Ça veut dire que certains endroits, il y a quand même ce chapitre. Une air marine protégée. Le sens d'une air marine protégée, la la législation, le droit c'est de limiter les impacts des activités humaines sur les enjeux de biodiversité de l'air marine protégée.
Je donne un exemple. la les plus anciennes aires marines protégées en France sont des aires marines qui protègent des oiseaux. Ça peut paraître surprenant mais c'est comme ça.
Et donc tout l'enjeu c'est effectivement de faire en sorte que les pratiques la navigation, la pêche éventuellement les le nautisme, les activités touristiques n'impactent pas euh la la vie de ces oiseaux en particulier au moment de des cycles de reproduction. Euh et donc vous avez cette approche euh situation par situation, ce que j'appelle le cas par cas, mais qui est encore une fois la législation européenne qui est de dire lorsque ce sont des fonds marins, il faut euh limiter au maximum l'impact d'activité humaine sur les fonds marins. Lorsque ce sont des oiseaux, il faut limiter l'activité, l'impact des activités humaines sur les oiseaux.
Lorsque ce sont des CAC, des dauphins, il faut limiter l'impact sur les CAC. Ce sont pas les mêmes mesures. Est-ce que en en quelques mots vous pouvez nous nous donner des directions sur ce qui va être annoncé demain dans les autres secteurs ? sur euh déjà sur les aires marines protégées, je veux dire que à l'Unoc, nous nous allons obtenir de la part de beaucoup de pays d'aller plus loin et d'étendre leurs air marines protégées et nous-mêmes nous ferons des des annonces plutôt pour renforcer le niveau de protection parce que il y a des il y a des critiques qui sont euh tout à fait justifiées de dire il faut que vous alliez encore plus loin dans le renforcement de votre protection avec ça veut dire précisément espagnolé qu'est-ce que vous entendez par là pour renforcer le niveau de protection renforcer le niveau de protection c'est définir des zones au sein de nos aires marines protégées restreint ou interdit certaines activités plus fortes.
Exactement. On restreint ou interdit de nouvelles activités qui aujourd'hui représente un pourcentage très faible, je crois aujourd'hui ces zones de protection forte. Alors, les zones de protection forte, effectivement, elles sont estimées à de l'ordre de 1 % et nous, notre objectif, c'est d'être à 5 % dans les eaux hexagonales et 10 % dans l'ensemble de de nos eaux marines.
Je rappelle que la France a le 2e territoire marin du monde. Nous sommes une puissance maritime exceptionnelle et que plus de 80 % de notre biodiversité se situe dans les outresemers. Et c'est pour ça qu'il est aussi très important de protéger les territoires marins des outresemes.
On aura pas le temps de tout détailler mais il y a des mesures sur la décarbonation du transport maritime. Ça c'est un gros dossier de Exactement. Alors comité interministériel de la mer pour la ministre de la mer qu'est-ce que c'est ?
C'est le moment où le premier ministre mais tous les ministres compétents autour de la table pour prendre des mesures importantes. Avec mon collègue des transports, on veut que l'argent que paye aujourd'hui le transport maritime en terme de taxe sur les énergies fossiles leur permettent reviennent à ce à ce secteur pour leur permettre de financer des motorisations décarboné du carburant décarboné. Et donc je je salue les annonces qui seront faites demain et qui iront en ce sens.
Voilà un exemple très concret. L'argent euh de la pollution va pour dépolluer, pour baisser nos émissions de gaz à effet de serre. Merci Agnè Pagier Runaché, ministre de la transition écologique, de la biodiversité et donc on l'a bien compris de la mer et de la pêche.
Agnès Pannier-Runacher