Daniel Cohn-Bendit : "Aujourd’hui les policiers c’est Robocop"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteRéponse partielle
Dans votre souvenir, les flics de 68 étaient-ils violents comme ceux d'aujourd'hui ?
- 0:36OuverteRéponse directe
Quelle était la philosophie des policiers en 68 selon vous ?
- 2:47OuverteRéponse directe
Que faut-il dire aux jeunes pour leur donner de l'espoir en l'avenir ?
- 3:30OuverteRéponse directe
L'école de la République a-t-elle raté depuis 68 ?
- 5:43OuverteRéponse directe
Pourquoi les jeunes n'ont-ils pas envie de se tourner vers la formation professionnelle ?
- 6:59OuverteRéponse directe
La compétition internationale menace-t-elle l'emploi en France ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:14Fait
« L'école de la République a raté de donner des perspectives qui ne sont pas le baccalauréat et l'université »
- 9:43Fait
« On a réussi après 45 à surmonter une haine incroyable qui était la haine entre les Français et les Allemands »
Temps de parole
- ?100 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
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Gill, justement, c'était votre question ? Oui, c'était ma question mais c'était surtout ma question sur l'attitude des policiers. On il y a une mythique de mai 68 comme quoi les policiers en 68 sous l'égrimau qui avait dit il ne faut jamais frapper un manifestant à terre que les policiers étaient angéliques et qu'il n'y avait eu aucune violence policière. Et d'autres disent "C'est pas vrai. La différence c'est qu'il y avait pas de réseaux sociaux qu'il y avait des violences policières mais qu'on ne le savait pas." Dans votre souvenir, les flics de 68 si je puis dire, est-ce qu'ils étaient violents ou pseudoviolents comme ceux d'aujourd'hui ou est-ce qu'ils étaient ou est-ce qu'il l'était beaucoup moins ? Je sais pas la mesurer. Moi je suis pas c'est une
analyse scientifique sur le nombre de blessés tout ça mais sep morts étudiants sep morts enfin cinq morts étudiant un adulte un commissaire de police en mai 68 mais en mai juin le chiffre je vous les donne. M juin se morts c jeunes adultes. C'est vrai que mais pas durant la nuit des barricades. les nuit des barricades, pas de ça. Et et si on écrit si on lit, il faut lire le livre du préfet Grima en messe et qu'il te plaît, il a dit une des raisons pourquoi il y a pas eu de mort c'est con Bendit. Il l'écrit et c'est pour ça c'est pour ça qu'il a toujours été contre. Je peux vous faire une confidence Daniel Conbandit. J'ai j'ai interviewé il y a des années l'ancien préfet de police qui était pas dans votre on va dire dans
votre camp. Il m'avait dit on avait repéré ce jeune Daniel Conendit. Et je crois qu'il y a une histoire autour du du un moment, il y a une grande manifestation et les la police, le préfet de police a peur que vous ait des appels à marcher sur l'Élysée parce que ça commence à se dessiner. Et là, m'a-t-il raconté, vous sentez venir le danger, vous montez à la tribune et vous dites tous au champ de Mars. Et tout le monde part au champ de Mars. Et le préfet Grima m'a dit "Ce jour-là, je me suis dit c'est pas mon copain ce petit con Bit, mais il a il a été malin et on lui doit on lui doit d'avoir évité peut-être toujours signé contre mon expulsion depuis le début, il est en Allemagne." Bon mais c'est pas ça le Oui, le préfet de police avait une certaine philosophie mais évidemment que
les les policiers de l'époque c'étaient des jeunes de l'époque et les jeunes de l'époque des fois ils en avaient marre de se coltiner des étudi dans le dortoir des filles aussi. Non mais ça c'est c'est cétait c'est pas ça. Ils en avaient marre d'être obligés d'être dans la rue toute la nuit et donc quand ça cognait ben il cognait aussi. Oui parce que quand on voit des images de 68, on se dit que c'était quand même sacrément violent. Bah oui mais oui mais regardez on pas l'impression qu'on regardez un peu les flic ils ont des imperméables, ils ont un bâton et ils ont un casque. C'est aujourd'hui c'est Robocopeop c'est Robocope. La philosophie a disparu justement dont vous parlez là cette philosophie. Non, le le il y a eu des violences mais le le
problème de 68 c'est d'un côté si vous voulez des violences qui ont lieu, les catangais on les appelait et en même temps tout un partie du peuple qui qui était dans la rue qui discutait qui et et ça vous le voyez pas aujourd'hui pour revenir à aujourd'hui c'est ça la grande différence. C'est-à-dire que vous aviez des moments de violence mais vous avez des moments de joie. Il y avait une joie incroyable. Mais justement, c'est très intéressant parce que vous parliez de l'époque d'être promété, c'estàd d'avoir cet esp cet espoir en l'avenir. À votre avis aujourd'hui, que faut-il dire collectivement ? Que pouvons-nous dire aux jeunes pour dire "Mais il y a un avenir malgré tout et comment les en convaincre Alors la la
difficulté c'est que si vous prenez la situation de l'éducation nationale aujourd'hui, c'est difficile de définir cet avenir. Regardez l'article de Dubai dans le monde aujourd'hui. On l'éducation en en 68 on disait l'université de masse vousquez c'était rien à côté d'aujourd'hui. Aujourd'hui il dit il faut supprimer par contre il y avait 500000 étudiants à l'époque 3 millions aujourd'hui. Voilà, supprimé par Cour sup. Qu'est-ce qui va se passer ? Ce qui se passait avant, vous allez, vous voulez aller à Lerre, c'est fermé, on peut plus. Vous voulez aller à la Sorbonne, c'est fermé, on peut plus. Et après, vous arrivez à Amien. Peut-être que je sais pas où vous allez aboutir. Parce que justement, qu'est-ce que
l'école de la République a raté depuis depuis toutes ces années ? Depuis tout année, l'école de la République a raté de donner des perspectives qui ne sont pas le baccalauréat et l'université. C'est pour ça que la fermation professionnelle aujourd'hui une sécurité de l'emploi il estant un comment oui j'allais dire pour vous Daniel Conbandit le 90 % d'une classe d'âge au bac et le bac égal droit d'entrée à diversité c'est une utopie. Non c'est pas une utopie c'est vous n'arriverez pas l'université de masse comme ça vous n'y arrivez pas. On le voit partout. Par contre, par contre aujourd'hui, si vous montrez à et vous donnez la possibilité à des jeunes plombiers, ceci cela, vous avez plus de
sécurité de l'avenir que Pourquoi nous on n'y arrive pas ? Pourquoi les Allemands y arrivent les mé on a un mépris, il y a il y a un truc, un mépris pour certains travaux et puis surtout on n' pas une formation professionnelle digne de ce nom en France. Mais donc il ne fallait peut-être pas 90 % d'une d'une tranche d'ag. Mais si vous n'y arriverez, vous y arriverez que si vous avez une formation professionnelle une qui te qui soit tellement attractive que vous y allez. Aujourd'hui, vous dites un jeune formation professionnelle, il vous dit ou voilà c'est la moi je suis garage ou non seulement une voix de garage, vous allez dans le mur. Non, c'est pas
faux. La plupart il y a pas il y a plein il y a plein de métiers aujourd'hui il y a plein d'emplois dans ces métiers plein d'emplois vous faites aujourd'hui un cit pas une voie de garage s'il y avait une meilleure formation professionnelle je dis pas au contraire ce n'est pas une voie de garage mais aujourd'hui on n'est pas justement à la hauteur de cela c'est-à-dire que tout que aujourd'hui regardez il y a vous avez l j'ai lu un jeune qui raconte il il savait pas où aller on l'a mis dans une formation professionnelle qu'il ne voulait voulez pas, il fait 1 heure de train le matin, 1 heure de train pour quelque chose qu'il ne veut pas. Vous allez pas me dire que il dit "Oh, mon avenir est parfait." Alors, il y a eu quand même des aides à l'apprentissage, il faut le reconnaître
factuellement dans ce gouvernement qui ont essayé finalement de raboter mais beaucoup plus d'apprenti qu'avant. C'est un problème de culture. Non, c'est un problème d'attractivité. C'est un problème de pardon, il me semble c'est un problème de réalisme aussi. Je parlais récemment à un dirigeant d'un grand groupe prétroliier dans le monde. Il disait "Mais là c'est pas compliqué, on va virer tous nos ingénieurs occidentaux." Donc on commence par les Australiens, sont les plus cher, derrière c'est les Norvégiens. Après on va arriver à la France et aux autres pays européens. Parce que aujourd'hui, les ingénieurs indiens et les ingénieurs chinois, ils sont bien meilleurs dans de meilleures universités que les universités françaises et ils nous coûtent moins cher, pas infiniment moins cher, mais
moins cher. Et la question que nous devons tous nous poser, c'est ça nous plaît ou ça nous déplaît ? Et cette compétition internationale, elle existe. La Chine, elle existe. Et moi, je crois qu'il faut savoir tenir des discours de vérité parce que précisément les les lycéens d'aujourd'hui, ils sont tous sauf cons et qu'il le voi et qu'on peut les entretenir, les bercer d'illusion, leurir une forme de paternalisme à les entretenir. Ah mais non, tu pourras avoir un emploi du temps où tu travailles pas beaucoup. La réalité c'est que les gamins en Chine quand l'année du bac ils travaillent de 7h du matin à 23h. Attendez attendez, je vous dis pas que c'est vous avez vous avez pas tort mais il y a un truc avant d'être ingénieur il y a des tas de métiers. Vous allez pas prendre un un
plombier indien mais qui sont non substitu je suis absolument d'accord avec vous méti et queon gagne on peut gagner bien sa vie. Très bien. Donc aujourd'hui, c'est pourquoi on n' pas organisé une partie de l'éducation nationale qui où les jeunes ont envie d'y aller parce qu'ils ont en perspective une sécurité de l'emploi. Et deuxièmement, cette formation, ils sont payés. C'est pour ça que je dis en Allemagne c'est si vous avez 800 900 € par mois en en c'est pas simplement de la porte de la formation et vous êtes un technicien technologique, vous savez. Mais parce qu'il y a encore une industrie en Allemagne même on a besoin tout le solaire installer le solaire aujourd'hui en France ben vous avez besoin de d'un
savoir-faire technologique. Vous mettez pas simplement un panneau. Il nous reste il nous reste une poignée de minutes à peine. Je voulais je voulais vous entendre Daniel Conbendit et on vous donnera le mot de la fin puisque j'espère que vous avez un message à faire passer ce soir. Jamais. Si, c'est intéressant. [rires] Pourquoi pas à la à la jeunesse ? Non. Vous êtes franco-allemand, vous faites des allers-retours en permanence. Il y a aussi une crise économique, il y a une crise politique. Bon, il y a beaucoup de crises, peut-être même une crise financière demain. Comment il ils nous regarde ? Est-ce qu'ils sont inquiets les Allemands pour nous, pour eux ? Tout à l'heure, Richard Verli disait "De toute façon, le chancelier allemand ne pourra jamais dire qu'on va dérailler
parce qu'on emporterait tout le monde." Est-ce que vous êtes d'accord ? Oui, mais bien sûr, c'est ce que je lui dis. Mais il le sait, il le sait Richard. Enfin aujourd'hui l'équilibre et c'est ça que tous les anti-uropéens ne comprennent pas. Aujourd'hui, on a en perspective une crise peut-être mais ce qui nous tient et c'est pour ça que Mélonie est revenu en arrière sur l'euro, tous y reviennent. Ce qui tient nos économies européennes, c'est l'euro. Et si aujourd'hui vous faites la mal de l'euro, vous voyez le Brexit, ils étaient même pas dans l'euro, mais c'est la cata totale. Est-ce que l'Angleterre aujourd'hui va mieux qu'avant ? Non, évidemment c'est une va que nous non plus. Mais elle ne va pas plus mal que nous non plus. [grognement] Si elle va plus mal, elle va beaucoup
plus mal dans la dans l'histoire de perspective. 55 % des britanniques souhaiteraient revenir dans dans l'Union européenne un dernier sondage. 30 dernières secondes Daniel conit est-ce que les jeunes ont quand même aujourd'hui des raison d'espérer parce que vous avez quand même un Oui. Un humaniste quand même. Oui parce qu'on a on a quand même un exemple extraordinaire. On a réussi après 45 à surmonter une haine incroyable qui était la haine entre les Français et les Allemands. Il y a une intelligence dans ces pays. Et ben cette intelligence, il faut la remobiliser. Il là, je suis d'accord avec vous, faut arrêter de pleurnicher. Il faut voir comment on peut se remobiliser. Il y a des moments difficiles, il y a des on a un problème d'injustice. Et ben, on peut s'atonérer.
Il y a on peut s'attaquer à l' Oui, on s'arrête là. Oh, merci. [rires] comme vous voulez.
Daniel Cohn-Bendit