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interviewfranceinfo (sur YouTube)· 11 septembre 2025 9 min

"Une provocation inacceptable..." Benjamin Haddad sur les drones russes en Pologne

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour Benjamin Adad. On va effectivement longuement parler de ce qui se passe en France avec la nomination d'un nouveau premier ministre Sébastien Lecnu. Mais juste avant ça, on commence avec ces 19 drones russes.

He c'est des drones kamikas qui sont des engins de guerre qui ont violé l'espace aérien de la Pologne mardi soir. Certains ont été abattus par l'armée polonaise. C'est du jamais vu pour un pays membre de l'OTAN.

Est-ce que la Russie teste délibérément les défenses de l'OTAN ? Est-ce que c'est de l'espionnage ? B c'est une provocation inacceptable de la part de la Russie contre un pays membre de l'Union européenne et de l'OTAN.

Ça montre une fois de plus une volonté d'escalade et d'intimidation de la part du régime du Kremelin. Vous le savez, nous nous participons aux opérations de réassurance de l'OTAN en Pologne dans les États-aballes précisément pour protéger le flanc est de l'alliance face à la menace de la Russie. Je me rendrai aujourd'hui en Pologne et ce soir en Ukraine en Pologne pour précisément exprimer notre solidarité, notre soutien à nos alliés.

Ça montre une fois de plus, vous savez, dans le contexte dans lequel on est, que les Américains, les Européens, les Ukrainiens veulent la paix, veulent la diplomatie. Le seul qui continue de refuser la paix, qui continue d'escalader l'agression, c'est Vladimir Poutine. Mais est-ce que ça traduit une volonté de Vladimir Poutine d'étendre sa guerre après l'Ukraine, la Pologne ?

Est-ce qu'on en est là ? Mais ça montre fondamentalement que à travers l'Ukraine, c'est l'Europe que menace la Russie. C'est l'architecture de sécurité européenne.

C'est la Russie qui de Vladimir en Poutine qui nous dit que la chute de l'URSS, c'est la plus grande catastrophe géopolitique du 20e siècle. Donc oui, la Russie est une menace pour l'Europe. C'est pour ça que nous vons continuer de soutenir l'Ukraine.

C'est pour ça que nous devons réarmer de sur une génération. Et c'est pour cela aussi que même si demain nous avions incessé le feu, un accord de paix, ce que nous sommes en train de faire avec les Britanniques, les membres de la coalition des volontaires, c'est travailler sur les garanties de sécurité parce qu'il faudra dissuader au sol. de la Russ de manière très concrète, Varsovie a obtenu l'activation de l'article 4 de l'OTAN qui prévoit des consultations dans l'urgence des alliés.

Ça peut déboucher sur quoi ? Que demande concrètement la France ? Est-ce qu'il faut par exemple renforcer les troupes américaines en Pologne ?

Alors, vous le savez, le président de la République s'est entretenu hier avec le premistre polonais, avec le secrétaire général de l'OTAN. Il a dit au secrétaire général de l'OTAN la disponibilité de la France pour renforcer notre soutien à la réassurance dont je vous parlais sur le FL est. Nous avons aujourd'hui des troupes en Pologne, des troupes dans les étables.

Donc il y aura des consultations entre alliés, un dialogue bien sûr avec nos alliés polonais en fonction de leurs besoins. En tout cas, nous sommes déjà présents et nous sommes prêts à en faire plus. Donald Tusque, le premier ministre polonais a dit qu'on n'a jamais été aussi proche de la 3ème guerre mondiale.

Est-ce qu'il a raison de dire ça ? Mais il a raison de dire que la Russie menace la sécurité des Européens, que ce qui se passe en Ukraine, ça engage bien sûr nos valeurs de démocratie, liberté, mais la paix et la sécurité du continent européen. C'est pour ça encore une fois que nous faisons tous ce travail. nous la France avec nos alliés pour garantir la paix et la sécurité sur le long terme et puis pour faire en sorte que les Européens investissent dans leur défense et la sécurité, ne dépendent plus des autres, en particulier des Américains et soient capables justement de prendre leur sécurité dans leurs mains.

Euh on en est pas quand même, il est pas question à ce stade d'enclencher le fameux article 5 he qui fait peur à tout le monde he qui prévoit une solidarité entre les membres de l'OTAN. En clair, si un membre est attaqué, les autres doivent doivent le défendre. On on en est pas là.

Alors, comme vous l'avez dit, aujourd'hui, on a enclenché ce qu'on appelle l'article 4. L'article 4, c'est ce qui permet justement des consultations, des échange et puis du soutien, de la réassurance à nos partenaires. Ce qui est certain, c'est que nous devons encore faire plus pour renforcer la les capacités de défense des Européens pour soutenir l'Ukraine et pour comprendre la menace et la menace hybride.

Parce que là, on voit les drones mais vous savez, la France a été victime d'attaque cyber, de de sabotage, d'attaque contre aux infrastructures. On a vu ce qui s'est passé devant une mosquée cette semaine avec des agents étrangers qui sont partis après. On voit encore une fois la volonté de la Russie de déstabiliser les démocraties européennes.

Un tout dernier mot pour être complet sur ce sujet sur l'absence de réaction de Donald Trump ou plus exactement une réaction un peu lunaire avec un un message sur X enfin sur son réseau social où il dit c'est parti. Ça veut dire quoi ? Qu'on est seul ?

Les Européens sont seuls que c'est parti. Qu'est-ce qui est parti ? Ce que je vois, vous savez, il y a 6 mois, on nous disait les Américains vont faire un accord de paix avec les Russes en 24 heures sans les Européens, sans les Ukrainiens.

Et grâce au travail notamment la diplomatie française, on a réaligné tout le monde. Aujourd'hui, on avait par exemple la semaine dernière l'envoyé spécial Wkov à l'Élysée pour travailler sur la question des volontaires. Le président de la République a parlé avec Donald Trump hier soir précisément pour qu'on se réaligne et pour qu'on fasse augmenter la pression sur la Russie par les sanctions, par les livraison d'armes à l'Ukraine parce qu'on partage le même objectif qui est de relancer la diplomatie et trouver les voies d'une paix durable.

On en vient à la nomination de Sébastien Lecornu. Vous êtes ministre démissionnair délégué à l'Europe. Est-ce que déjà vous vous savez si vous allez rester au gouvernement ?

Non. Et je suis pas là pour spéculer sur mon cas personnel. Euh et et vous connaissez bien euh Sébastien Lecnu puisque vous êtes aussi issu de la droite hein.

Vous vous avez quitté l'UMP en 2016 euh pour Allier en marche. C'est à peu près en même temps que Sébastien Lecornu. Euh sur le péron de Matignon lors de la passation de pouvoir et bien il a parlé d'une rupture dans la méthode et sur le fond.

Mais rupture avec qui est-ce que c'est une rupture avec la méthode Bairou. Vous savez c'est plus profond. C'est une rupture avec la façon dont on fait de la politique.

Parce que vous savez, moi je voyage beaucoup en Europe et en réalité ce qu'on est en train de vivre c'est la norme en Europe. Il y a pas de majorité absolue chez nos voisins que ce soit en Allemagne, en Espagne ou ailleurs. Et donc il y a des logiques de compromis de coalition où chacun fait un pas l'un vers l'autre.

Et c'est vrai qu'en France, on a eu pendant longtemps une culture de majorité absolue où on avait pas besoin de construire ces ces coalitions et de s'écouter et de se respecter. On avait une culture politique du jeu à somn nul. Moi, j'ai vu Sébastien Lecnu travailler lorsqu'il était ministre des armées à faire passer une loi de programmation militaire historique qui a été soutenue par toute l'Assemblée nationale parce qu'il a écouté toutes les forces politiques, parce qu'il a respecté, parce qu'il a lancé un dialogue avec tous les députés en commission en allant vraiment dans le détail technique sur tous les sujets.

Aujourd'hui, on a besoin d'apaisement, on a besoin d'écoute. Il va consulter les forces politiques, il commence avec les forces du socle commun puisque entre les centristes et les républicains, nous sommes la première force politique à l'Assemblée nationale. il élargira, il parlera à tous pour trouver précisément les voies du compromis dont on nous avons besoin pour l'intérêt général du sa que la clé repose aussi sur les socialistes.

Est-ce que la rupture c'est finalement de lâcher du l'est sur sa gauche et notamment sur le budget ? Mais il y aura effectivement une discussion importante sur le budget avec les socialistes. Euh et quand on voit, vous savez, on vient d'ouvrir sur la situation internationale que Sébastien le Cornu connaît bien.

Nous avons une guerre sur notre continent. Nous avons des menaces, la pression commerciale des États-Unis, le risque de décrochage économique et technologique de notre continent. On peut pas se permettre de l'instabilité, on ne peut pas se permettre de la division.

Donc oui, on devra s'écouter, on devra aller faire des compromis, construire le budget avec les différents partis à l'Assemblée nationale, avec les socialistes. Encore une fois, nos voisins y arrivent. C'est pas tout le temps facile.

Aujourd'hui, il y a pas de gouvernement au Pays-Bas. Il y a eu l'emplocage en Belgique aussi en Allemagne. Donc même ceux qui ont cette habitude, ça peut mettre du temps.

Mais à nous encore une fois de faire preuve de responsabilité et de respect ce que vous dites, vous faites partie de ce qu'on appelle le domaine réservé du chef de l'État. Donc vous êtes en lien avec lui. Emmanuel Macron a quand même été toujours frileux à l'idé à l'idée de détricoter son bilan.

Est-ce que vous pensez que là, d'une certaine manière, il est prêt à le faire et que Sébastien Lecarnu, notamment vis-à-vis de la gauche des socialistes a des marges réelles manœuvre. Je pense que le président de la République fait confiance à Sébastien Lecnu. Il a prouvé qu'il obtenait des résultats lorsque des missions sensibles, que ce soit aux outresem, que ce soit lors de la crise des gilets jaunes ou aujourd'hui bien sûr au aux armées maintenant à Matignon.

Donc le plus important encore une fois, c'est dans cette situation politique qui est inédite pour nous mais qui ne l'est pas pour nos voisins. On a quelqu'un qui va changer profondément dans la méthode, qui va se mettre dans une logique d'écoute, de respect, de dialogue en allant dans le détail, en trouvant des solutions. Pourquoi euh Michel Barnier n'a pas réussi ?

François Baou n'a pas réussi. Pourquoi est-ce que Sébastien Lecornu finalement il réussirait mieux avec le même contexte que ses prédécesseurs ? Moi, je crois déjà qu'il a démontré dans ses missions précédentes, je vous parlais du passage de la loi de programmation militaire, qu'il était un homme d'écoute et de dialogue et de compromis et qu'il a fait passer des avancées encore une fois historique de mandat d'Emmanuel Macron.

On aura doublé le budget des armées de la France. On aura entamé ce réarmement qui est critique pour notre sécurité et on l'a fait et on il a l'art du deal et on l'a fait dans une ambiance de consensus. Et puis encore une fois, je pense qu'il ne faut pas accabler ceux qui sont venus avant parce que on est dans une situation politique inédite.

On a eu l'habitude des majorité absolue. Aujourd'hui, on doit travailler dans un nouveau contexte et on peut regarder un petit peu ce que font nos voisins