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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 23 février 2022 26 min

Le système des parrainages pour la présidentielle et les sanctions contre la Russie... Le "8h30 franceinfo" de Bruno Retailleau

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour Bruno Rotaillot. Bonjour à vous. Avant de parler de la politique intérieure, vous êtes président du groupe Les Républicains et donc de la majorité au Sénat. Ce qui est à la une évidemment c'est cette riposte occidentale à ce que les Etats-Unis parlent d'invasion, qualifient d'invasion russe en Ukraine. Les sanctions décidées d'abord par l'Union Européenne et maintenant par les Etats-Unis, est-ce qu'elles sont à la hauteur selon vous de ce qu'a fait la Russie ?

0:27
Bruno Retailleau

D'abord bien entendu qu'il y a une attaque, enfin en tout cas une invasion, et il faut le reconnaître, contre la souveraineté d'un pays qui est l'Ukraine. Donc il faut une riposte. On ne peut pas laisser les choses sans réponse. Simplement il faut savoir deux choses. D'abord il faut que les sanctions soient appliquées, bien ciblées. Et puis parce que dans le passé, il est arrivé qu'on mette des sanctions, que ces sanctions se retournent contre nous. Regardez actuellement on a une crise du tort.

0:57
Invité

On est en 2014 la Crimée.

0:58
Bruno Retailleau

En 2014 la Crimée, mais en matière d'agroalimentaire, en matière agricole, on a eu un retour et on a été tout autant handicapé que la Russie par ces sanctions. Et la Russie finalement en a profité pour conforter son autonomie, sa souveraineté alimentaire. Donc première chose, il faut que les sanctions soient bien ciblées. Aujourd'hui on cible par exemple la dette souveraine, ne plus pouvoir se refinancer, on cible l'Union Européenne des individus. Nord Stream 2 en Allemagne serait repoussée, mais il y a Nord Stream 1, le premier gazoduc, qui coule à flot. Donc première chose, on doit bien les cibler pour que ça ne n'indique pas notre économie française d'abord.

Et deuxième chose, il ne faut pas se faire d'illusions. Les sanctions économiques, ça marche très moyennement. Là encore vous parliez de la Crimée, on a appliqué des sanctions. Est-ce que ça a changé quoi que ce soit ? Est-ce que ça a empêché Vladimir Poutine de finalement menacer et d'envahir le pays ?

1:54
Présentateur

Mais alors c'est quoi la bonne réponse ? C'est une réponse militaire ?

1:56
Bruno Retailleau

Je pense que la bonne réponse, non. Il faut trouver ces bonnes sanctions, évidemment. Et il faut que ces sanctions, je pense, soient bien proportionnées.

2:04
Invité

Est-ce quelles le sont celles qui ont été annoncées ?

2:06
Bruno Retailleau

Pour l'instant non, alors c'est un premier train. Que ce soit le président Biden, que ce soit l'Europe, la France, tous ont dit que c'est un premier train de sanctions. Donc prenons-les comme tels. Simplement ne soyons pas naïfs. Ce que je veux dire par là, c'est qu'il faut être puissant dans ces sanctions économiques sans qu'elles ne se retournent contre nous. Puissant tout simplement pour continuer à un moment ou à un autre à négocier. Parce qu'il n'y aura pas d'autre sortie qu'une négociation.

2:32
Présentateur

Mais on peut encore négocier avec quelqu'un qui souffle le chaud et le froid comme le fait Vladimir Poutine, qui ce matin encore nous fait tourner en bourrique. et qu'il nous dit à nouveau qu'une solution diplomatique est possible.

2:42
Bruno Retailleau

C'est ce qu'on a fait au pire de la guerre froide. Quand nous avions en face de nous une URSS qui était encore plus armée, qui était menaçante, qui massacrait un certain nombre de ses propres concitoyens. Il y a toujours eu des canaux diplomatiques. Parce que c'est ça la recherche de la paix. Quand on discute, on ne discute pas nécessairement avec des anges, avec des saints. Ça sert à ça la diplomatie. Mais ce que je veux dire, c'est qu'il va falloir tirer les leçons du passé. Je pense qu'on s'est cru beaucoup trop fort. Les Américains, par exemple, en encerclant avec l'OTAN la Russie, ont déclenché en Russie un réflexe, si j'ose dire, d'autodéfense. Je n'exonère pas M. Poutine.

3:22
Invité

Vous dites que l'OTAN a commencé cette crise ?

3:26
Bruno Retailleau

Non, je rappelle historiquement, nous sommes au moment de la réunification allemande. Et M. Gorbatchev, qui gère cette réunification, qui la gère le moins mal possible, parce que tout lui échappe. Et il demande à Jane Baker, à l'époque, qui est le secrétaire d'État, le ministre de la Défense américain, et à Helmut Kohl, qui est le chancelier de l'Allemagne.

3:48
Invité

Il demande l'engagement de ne pas étendre l'OTAN.

3:50
Bruno Retailleau

Exactement. Et cet engagement ne sera pas tenu. Donc, il va y avoir une forme d'encerclement. Et c'est là qu'on a loupé, je pense, vraiment, le dialogue avec la Russie. Maintenant, je n'exonère en rien Vladimir Poutine de ses propres responsabilités. Je pense qu'il a une visée impériale. Malheureusement, la Russie n'a jamais été un État-nation. La Russie a toujours été un empire. Et vous savez qu'un empire n'a jamais de frontières très fixes. Première chose, il veut reconstituer son empire sur un socle ethnique, religieux, orthodoxie, les Russes en termes ethniques. Et puis, il veut déconstruire, justement, l'architecture de sécurité qui a été bâtie en Europe. C'est ça qui est dangereux.

4:29
Invité

Emmanuel Macron s'en sort bien sur ce dossier. Il a privilégié le dialogue. Il s'est rendu à Moscou.

4:34
Bruno Retailleau

Personne, je crois, moi qui suis un opposant résolu à Emmanuel Macron, ne peut lui faire le grief d'avoir cherché, justement, à parler avec Vladimir Poutine. Simplement, on doit être là aussi, comment dirais-je, précis. Et lorsqu'on regarde la diplomatie d'Emmanuel Macron, lorsqu'on regarde, par exemple, le sommet du G7, vous vous souvenez, Biarritz, en 2019, avec un coup de com' avec le ministre des Affaires étrangères iranien, puisqu'il y avait une crise entre les Américains et l'Iran au sujet de l'arme nucléaire. Un coup de com', est-ce qu'aujourd'hui, on ne voit pas que l'Iran est sur le point d'obtenir l'arme nucléaire ? Qu'est-ce que vous voulez dire ? Le Liban, attendez, le Liban.

5:14
Invité

Vous voulez dire que ces relations internationales sont erratiques ?

5:16
Bruno Retailleau

Même chose, la politique africaine, on en parlerait. Je pense que la diplomatie, ce n'est pas des coups de com', ce n'est pas des coups d'éclat permanents, parce qu'on se condamne, justement, simplement à une succession de coups d'épée dans l'eau. C'est ce qu'on a fait avec la Russie ? J'aurais pu aussi ajouter l'Australie et l'affaire des sous-marins. Donc, quand vous mettez bout à bout, quand vous examinez sur un quinquennat ce qu'a fait ou n'a pas fait Emmanuel Macron, vous voyez bien que c'est une succession de coups de menton, de coups de com', qui ne mènent à rien, souvent à des échecs, sans aucun résultat.

5:48
Présentateur

Pourtant, beaucoup dans votre parti évoquent le coup de com', en l'occurrence de Nicolas Sarkozy, en 2008, qui avait débarqué en Géorgie, lui qui venait d'être élu président de la République. C'est cité en exemple, je veux dire, par un grand parti républicain.

6:02
Bruno Retailleau

Quel résultat, finalement ?

6:04
Présentateur

La Russie a gagné en Géorgie, parce que l'Occité du Sud et l'Abkhazie...

6:09
Bruno Retailleau

Non, non, il y a eu la préservation de la paix, c'est très très différent. Et encore une fois, moi, je ne discute pas le fait qu'Emmanuel Macron parle. J'essaie de prendre du recul. Certes, l'actualité, je sais que ça nous cloue au piqué de l'instant, mais on peut quand même, sur un quinquennat, puisqu'on arrive au bout d'un quinquennat, essayer de prendre ce recul, cette distance, et dire aux Français, voilà, le fil rouge de la politique d'Emmanuel Macron, c'est la communication. Regardez les images qui ont été faites ce week-end, franchement, et qui ont été publiées par la photographe officielle de l'Elysée, où on voit un Emmanuel Macron en quotidien.

6:41
Présentateur

Ils sont raillés un peu sur les réseaux sociaux.

6:44
Bruno Retailleau

Mais ça sent la scénarisation. Ça sent la mise en scène. Et c'est ce que je reproche. Comment voulez-vous que la diplomatie, une diplomatie efficace, est une diplomatie... Il faut de la mise en scène, mais il faut aussi du résultat. Il faut du résultat. Et j'ai cité, encore une fois, j'aurais pu citer d'autres exemples, mais cette succession d'exemples montre qu'à chaque fois, il y a eu cette scénarisation, il y a eu une mise en scène, et c'est un très bon comédien, mais qu'en réalité, à chaque fois, ça s'est conclu par des échecs.

7:11
Présentateur

Bruno Retailleau, président de la majorité sénatoriale, est engagé au sein de la campagne de la candidate LR Valérie Pécresse, avec nous dans un instant, juste après le fil info, à 8h40, c'est avec Lisa Guyenne.

7:22
Invité

Vladimir Poutine prend la parole après la vague de sanctions internationales annoncée hier. Notre pays est toujours ouvert à un dialogue pour trouver des solutions diplomatiques. Cependant, les intérêts et la sécurité de la Russie sont non négociables, nuance le président russe dans une allocution à la télé ce matin. Faute d'avoir effectué leur dose de rappel, 3,5 millions de Français vont perdre leur QR code dans les prochaines heures. Le pass qui pourrait par ailleurs être levé autour de la mi-mars, à condition, selon Olivier Véran, qu'il y ait moins de 1 500 malades du Covid en réanimation. Pour l'heure, ils sont 2 800 d'après les derniers chiffres.

A 9 jours de la date butoir, 32 000 élus n'ont pas encore donné leur parrainage à l'un des candidats à la présidentielle. Hier, l'écologiste Yannick Jadot est devenu le 7e à obtenir ses 500 signatures. Le compte n'y est toujours pas en revanche pour Éric Zemmour, Marine Le Pen ou encore Jean-Luc Mélenchon. Dans le nord de la France, le gouvernement débloque le fonds de secours d'extrême urgence pour les habitants qui ont été touchés par les tempêtes Eunice et Franklin ces derniers jours. Une aide financière pour permettre aux sinistrés d'acheter rapidement des biens de première nécessité. France Info

8:30
Présentateur

Le 8.30 France Info, Néil à la Trousse, Laurin Sénéchal.

8:36
Invité

Tout d'abord avec Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat, chargé de préparer les 100 premiers jours de Valérie Pécresse. On va y arriver, mais d'un mot Bruno Retailleau, en décembre dernier, quand François Fillon a rejoint le conseil d'administration d'un géant russe de la pétrochimie, ça avait donné lieu à tout un tas de papiers. Et puis on voit aujourd'hui que ça vous voit un certain nombre de critiques de la part de la majorité. Lundi, par exemple, à votre même place, Stanislas Guérini, le délégué général d'En Marche.

9:03
Locuteur non identifié

Je pense que c'est une faute pour un ancien Premier ministre de travailler ainsi avec les intérêts russes. Je le pense très sincèrement.

9:12
Invité

C'est une faute de travailler avec les intérêts russes, comme le dit Stanislas Guérini ?

9:16
Bruno Retailleau

Pas du tout. La majorité tente de faire oublier, justement, les lacunes de la politique de M. Macron en s'en prenant un ancien Premier ministre. Soyons clairs, ça fait dix ans que François Fillon n'est plus Premier ministre. Il travaille dans une société, il est parfaitement libre de le faire. Et pour le bien connaître, croyez-moi, jamais, François Fillon, ne se serait engagé dans un conseil d'administration d'une société russe ou je ne sais quelle nationalité, s'il y avait une sorte de conflit avec les intérêts supérieurs de son pays. Au contraire, il aide aussi les entreprises françaises à s'implanter.

9:49
Présentateur

Il n'y a aucun risque de dévoiler des...

9:51
Bruno Retailleau

Il n'y a aucun risque, je lui fais entièrement confiance. Et ces attaques de la majorité sont minables. Je le dis tel que je le pense, elles sont minables. M. Beaune, M. Guérini, m'entendez-vous bien ?

10:06
Présentateur

M. Beaune, c'est le secrétaire d'État aux Affaires européennes, je le précise.

10:10
Invité

Qui a dû aussi évoquer des questions de conflit d'intérêts.

10:14
Présentateur

Avec ce dossier ukrainien, l'entrée en campagne d'Emmanuel Macron a été contrariée, repoussée plusieurs fois. Est-ce que vous avez l'impression, je vois sourire, pourquoi Bruno Retaille ? Vous avez l'impression que c'est orchestré ?

10:28
Bruno Retailleau

Non, non. Le fait est que c'est difficile pour lui d'entrer en campagne. M. Macron a orchestré l'invasion de l'Écrène par M. Poutine pour repousser sa propre entrée en campagne. Non, une chose est claire, c'est que M. Macron, Jupiter ne veut pas descendre de l'Olympe. Il veut essayer d'enjamber cette campagne. Tout le monde sait qu'il va être candidat. Il y a un site, il y a même un QG de campagne, il y a des affiches. Tout le monde sait qu'il va être candidat. Mais il refuse de débattre. Ça veut dire qu'il refuse le jeu démocratique. Il refuse ce jeu démocratique, je pense, d'abord pour se soustraire à son propre bilan. Le bilan d'Emmanuel Macron est l'un des pires de la Ve République.

On peut rapidement passer. Il y a la Cour des comptes qui vient de faire son rapport. Vous savez que le déficit structurel, ce qu'il y a de pire pour un pays, a doublé en 5 ans. La dette, maintenant, c'est pratiquement 3 000 milliards. On dit oui, mais il y a eu le Covid. Sauf que, qu'est-ce que nous dit la Cour ? Que les dépenses Covid sont minoritaires. Et que les dépenses ordinaires, les dépenses où on flambe, où, comme l'a dit ma candidate que je soutiens, on crame la caisse, c'est pour les deux tiers, c'est 140 milliards sur le quinquennat.

11:33
Présentateur

Mais tout de même, 7% de croissance l'an dernier et 7,4% de chômage au plus bas du prix. M. Hollande, c'était...

11:38
Bruno Retailleau

Ça, c'est pas un bon bilan ? M. Hollande, non, parce qu'à comparer les 7% à moins 8%, où on avait fait, on avait un des pires résultats. Donc, moins 7, moins 8, plus 7...

11:47
Présentateur

On a plongé plomb bas et plus bas, c'est normal.

11:49
Bruno Retailleau

On est toujours... Il faut se comparer. On est un grand pays. Et quand on se compare aux autres pays de l'Europe, on est systématiquement en dessous, bien entendu, de la ligne de fauteuilisation, de la moyenne. Regardez la sécurité.

12:01
Invité

Bruno Taillot, j'aimerais m'arrêter un instant sur la dette.

12:03
Bruno Retailleau

J'aimerais m'y arrêter un instant parce qu'effectivement, 115% du PIB,

12:09
Invité

c'est le montant de la dette.

12:10
Bruno Retailleau

114%, un déficit extérieur de moins 85 milliards.

12:15
Invité

Ce sont des choix qui engageront n'importe quel président élu en avril prochain. Est-ce que ça veut dire que si Valérie Pécresse entre à l'Elysée, il y aura forcément une loi de finances rectificative ? Il y aura forcément des dépenses à supprimer pour les 6 mois qui restent ? Qu'est-ce que vous allez retoucher ?

12:32
Bruno Retailleau

Il faut faire comprendre aux Français que l'État, ça n'est pas mère Thérésa. Quand un jour il vous fait un chèque, le lendemain, il peut vous faire les poches.

12:44
Invité

C'est-à-dire qu'il y aura des hausses d'impôts, quoi qu'il arrive ?

12:45
Bruno Retailleau

Non, nous nous sommes engagés à ce qu'il n'y ait pas de hausses d'impôts. Mais la seule solution, puisque cette dette, elle nous menace, elle nous menace parce que les taux d'intérêt sont en train d'augmenter. En l'espace de 2 mois, entre décembre et février, personne ne le dit ça, les taux ont augmenté sur nos emprunts à 10 ans de près de 1%, de 0,8%. Sur 5 ans, c'est l'équivalent du budget total de la sécurité. Cette simple augmentation des taux, c'est 22 milliards. Donc il faudra avoir le courage. Valérie Pécresse est la candidate de la vérité. Elle dit, si on ne veut pas augmenter les impôts, et nous ne les augmenterons pas, il faut réduire la dépense.

Vous ne pouvez pas faire autre chose.

13:26
Invité

Sur le bouclier tarifaire, dès le mois de juin, comment est-ce que, dès le mois de juin, la prochaine législature réduit cette dépense ?

13:32
Présentateur

Sur un certain nombre de dépenses inutiles.

13:39
Bruno Retailleau

Regardez, nous sommes en France le pays qui dépense le plus. Nous sommes champions du monde de la dépense publique. Et pourtant, nos infirmières sont mal payées. Nos professeurs sont mal payés. On a vu des grands services publics, comme la santé, comme la sécurité, comme l'école, s'effondrer. Donc nous allons entreprendre. Ça ne peut pas se faire dès l'été. On commencera rapidement. D'abord, par exemple, sur un processus de simplification. Il y a des dizaines de milliards à gagner sur la simplification. Ensuite, bien sûr, en prenant des décisions courageuses.

On ne peut pas dire aux Français que demain, on va pouvoir maintenir notre système social généreux, notre système de retraite, en garantissant le pouvoir d'achat des retraités, si, par exemple, on ne recule pas l'âge de départ à la retraite de 62, progressivement, dans le temps, à 65 ans. Ce sont ces décisions qui devront être prises et qui nous permettront de ne pas amoindrir les générations futures. Et on en est là, parce que la France est dans un grand cycle d'appauvrissement. En 20 ans, nous avons perdu le niveau de vie d'un Français. C'est pratiquement 5 000 euros de moins par rapport au niveau de vie d'un Allemand.

Il y a 20 ans, nous étions à parité avec les Allemands sur le niveau de vie. Et on a décroché. C'est ce que cache Emmanuel Macron. Je pense que cette campagne, vous voyez, cette campagne, c'est un moment démocratique. On ne peut pas se satisfaire qu'un président de la République ne souhaite pas entrer en campagne.

14:58
Invité

D'accord, mais vous ne touchez pas aux chèques qui ont été faits, que je comprenne bien Bruno Retailleau, puisque vous avez beaucoup critiqué la politique du chéquier d'Emmanuel Macron. On ne touche pas au bouclier tarifaire, on ne touche pas au fait que la facture de gaz sera contenue, on ne touche pas au fait que la facture d'électricité sera contenue. Ce n'est pas de ça dont vous nous parlez. C'est pas votre question.

15:15
Bruno Retailleau

J'ai donné un certain nombre de réponses structurelles. Vous avez donné des réponses structurelles. Oui, il faudra repousser l'âge de la retraite. On ne peut pas être le pays qui travaille le moins et avoir le meilleur système social. On ne peut pas aussi faire en sorte qu'on ait toujours plus de postes dans la fonction publique et penser qu'on aura aussi des services publics de qualité. Parce que là encore, si la qualité des services publics se mesurait au nombre de postes dans l'administration, territorial, etc., on serait à l'avant-garde du bonheur universel. Ce n'est pas du tout ce que disent par exemple les magistrats. Bien sûr, mais elle s'est engagée.

Ce n'est pas non plus ce que disent les infirmiers. Valérie Pécresse s'est engagée à dire qu'il faudra ajouter des postes là où il y en a besoin. Par exemple, dans la magistrature. Par exemple, à l'hôpital. Par exemple, pour la sécurité. Mais pour pouvoir le faire, créer ces 50 000 postes, il faudra supprimer 200 000 postes pour des gens qui vont partir en retraite

16:10
Présentateur

et qui ne suppriment 200 000 postes, mais on en crée par ailleurs.

16:13
Bruno Retailleau

Les 200 000 ne sont pas des suppressions nettes. Les 200 000, exactement. Ce sont des départs à la retraite que nous ne remplacerons pas. Je vais vous donner un exemple qui est très parlant à l'hôpital. Vous savez qu'à l'hôpital, en France, nous sommes suradministrés. Partout, il y a de la bureaucratie. Parce que c'est ça, la conséquence. C'est la bureaucratie partout. C'est un État qui se transforme en bureaucratie. 34 % de postes administratifs par rapport à l'Allemagne, 25 %. C'est 127 000 postes administratifs de plus dans l'hôpital. Nous, ce que nous voulons, c'est que ces postes soient au chevet des soignants. C'est ça que vous appelez la simplification

16:46
Présentateur

que vous avez évoquée tout à l'heure ?

16:47
Bruno Retailleau

Par exemple, la simplification, c'est aussi donner, par exemple, aux régions, la totalité de la compétence de l'emploi. Aujourd'hui, vous avez un triplon. Les régions s'occupent de l'emploi, Pôle emploi s'occupe de l'emploi, et vous avez des fonctionnaires d'État qui s'occupent de l'emploi. Eh bien, quand vous avez des triplons, quand vous transférez cette partie-là, cette compétence à l'échelon régional, la région sera beaucoup plus efficace. Regardez, on a des centaines de milliers de postes qui ne sont pas pourvus. Nos entreprises, aujourd'hui, plus de 50 % ne parviennent pas à recruter parce que tout ça est inefficace.

Donc arrêtons de penser en France qu'en dépensant toujours plus, on aura les meilleurs services publics et qu'en embouchant dans la fonction publique toujours plus, on réglera tout. L'expérience des 30 dernières années est un démenti flagrant à ce raisonnement. Et Valérie Pécresse est cette candidate de la vérité qui va dire aux Français, écoutez, moi je dis les choses telles qu'elles sont parce que si on ne les dit pas, on s'appauvrira et on sera déclassé définitivement.

17:43
Présentateur

On va parler justement de l'une de ses propositions, celle sur le RSA. Dans un tout petit instant, Bruno Retailleau, d'abord le fil info à 9h10 avec Lisa Guyenne.

17:52
Invité

Un bonus exceptionnel pour les salariés du groupe Stellantis, 4 000 euros minimum pour ceux qui gagnent jusqu'à deux fois le SMIC, annonce faite ce matin sur France Info par le directeur général de Stellantis qui regroupe Peugeot, Citroën et Fiat Chrysler. Le groupe annonce des bénéfices records de 13,4 milliards d'euros en 2021, près du triple de l'année précédente. Les sanctions prononcées par l'UE dans la crise en Ukraine, ça veut dire que les banques russes ne pourront plus financer sur le marché européen, ne pourront plus se financer sur le marché européen. Précision ce matin du secrétaire d'Etat aux affaires européennes, Clément Beaune.

Il reconnaît que l'Europe est dépendante de la Russie sur l'énergie, mais rappelle que c'est aussi la principale ressource fiscale de l'Etat russe. Nous avons aussi des leviers pour imposer nos intérêts, affirme Clément Beaune. Le délai pour l'IVG, l'interruption volontaire de grossesse, va passer de 12 à 14 semaines en France. L'Assemblée nationale doit l'adopter cet après-midi en dernière lecture. Faut-il enseigner plus de mathématiques ? Au lycée, des consultations démarrent ce matin entre les enseignants et le ministère. Depuis la réforme de 2019, les maths sont en option à partir de la première et Jean-Michel Blanquer reconnaît qu'il faudrait probablement les rajouter au tronc commun.

France Info

19:04
Présentateur

Le 8.30 France Info, Néhile à la trousse, Laurin Sénéchal.

19:10
Invité

Toujours avec Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat. Vous êtes en charge, je le disais, des 100 premiers jours de Valérie Pécresse. Vous préparez ces 100 premiers jours après son élection, son accession à l'Elysée. Il y a cette vieille marotte de la droite dans son programme, l'idée de conditionner le versement du RSA, le revenu de solidarité active, à 15 heures d'activité à la société, proposition qu'elle a faite aux Zéniths de Paris. Au fond, pourquoi 15 heures ? J'ai le souvenir qu'en d'autres temps, Laurent Wauquiez parlait de 5 heures, qu'il y a des présidents de conseils départementaux LR qui disaient 7 heures, pourquoi 15 ?

19:43
Bruno Retailleau

Vous parlez d'une vieille marotte. Non, la conception, il y a une vraie différence, c'est vrai.

19:48
Invité

Ça fait 10 ans tout de même que c'est un sujet qui...

19:50
Bruno Retailleau

Oui, parce que pour nous, la conception d'une société, c'est de tendre la main à ceux qui en ont besoin, aux plus fragiles. Mais une société ne peut tenir debout que si, en face des droits, il y a des devoirs. Et je pense que ce travail qui doit être proposé à chacun, d'abord, ça n'est pas l'assistance. Je pense que l'assistance, c'est une sorte de mépris. On enferme dans l'assistance.

20:13
Invité

Vous dites que c'est une question de dignité.

20:14
Bruno Retailleau

Il faut verser le RSA et que les gens travaillent. Absolument. Pourquoi 15 ? J'étais il y a quelques jours sur le terrain où je faisais un meeting. Et une dame qui était tout juste retraitée m'a dit, écoutez, moi je gagne à peine 1100 euros. J'ai travaillé toute ma vie. Beaucoup plus que 35 heures. Et je n'admets pas que le revenu de ce travail en retraite soit finalement si peu différent de tel ou tel qui gagne pratiquement.

20:40
Présentateur

C'est quand même deux fois plus que le RSA pour une personne.

20:43
Bruno Retailleau

Non mais bien sûr, elle parlait des revenus. C'est toujours le problème entre le revenu d'assistance et le revenu du travail. Et beaucoup de Français, et à juste titre, le travail ne fait pas suffisamment en France. D'où la proposition de Valérie Pécresse d'augmenter de 10% le pouvoir d'achat en 5 ans pour rapprocher le salaire brut du salaire net. Bien. 15 heures parce que tout simplement j'ai été président de département et j'ai dû gérer justement le RSA. Avant le RMI, maintenant le RSA. Eh bien, la leçon de tout ça, c'est que vous pouvez remettre le pied à l'étrier des gens que par le travail. Et que le travail... Le travail... S'il refuse, plus de RSA.

Eh bien, moi, il m'est arrivé à l'époque, bien sûr, mais il m'est arrivé de suspendre des contrats d'insertion quand la personne refusait, elle avait signé un contrat, quand elle n'aurait pas son contrat, quand elle ne se rendait pas un rendez-vous, par exemple, pour le travail ou pour faire l'un point, eh bien, on suspendait ce qui est absolument normal parce que les Français n'en peuvent plus. Les Français payent beaucoup d'impôts, il y a beaucoup de dépenses publiques, on a un système social généreux et on veut le garder. C'est pareil que pour la retraite.

La retraite, cette dame, je lui ai dit, il y a des retraites, croyez-moi, en agriculture, femmes d'agriculteurs, c'est quelques centaines d'euros, c'est un scandale. Eh bien, parce que nous repousserons à 65 ans l'âge de départ, ça va nous donner des marges et ça va nous permettre de dire, sur un quinquennat, l'engagement, ce sera justement le SMIG pour toutes les petites retraites, donc jusqu'à 1200 euros.

22:07
Présentateur

Bruno Retailleau, Naila Latroux, parlait de vieille marotte à propos des propositions de Valérie Pécresse, elle a aussi ressorti du placard le karcher de Nicolas Sarkozy, une déclaration qui lui a été un peu critiquée, en tout cas reprochée. On a aussi beaucoup parlé de son meeting, raté selon certains. Est-ce que sa campagne peine un peu à décoller ? Est-ce qu'elle a atteint une forme de plafond ? Non mais, que ce meeting

22:32
Bruno Retailleau

sur la forme n'ait pas été le plus réussi, chacun va en convenir. Il faut simplement savoir ce que veulent les Français. Les Français, depuis 5 ans, ils ont une présidence bavarde. Ils ont une présidence verbeuse. Quelqu'un qui prononce des mots forts à mesure que ses actes sont très faibles ? Que veulent les Français ? Cette présidence verbeuse ou une présidence sérieuse ? C'est clair que ce n'est pas quelqu'un qui est à l'aise dans les grands discours. Mais c'est quelqu'un qui est à l'aise d'abord dans le dialogue.

Je l'ai vu moi en Vendée, je l'ai accueilli la semaine dernière, je l'ai vu aussi au Canet, où quand elle a un micro, qu'elle devient naturelle, c'est là qu'elle est la meilleure. Donc, elle reste naturelle.

23:05
Invité

Donc, pour vous, elle est encore dans le match du second tour ?

23:07
Bruno Retailleau

Elle est encore dans le match du second tour. La question de la campagne, c'est que cette campagne, elle est totalement aujourd'hui anesthésiée par un président de la République qui se protège. Mais est-ce que

23:17
Présentateur

ce n'est pas non plus parce que Valéry Pécresse ou d'autres candidats n'apportent pas forcément de fraîcheur, d'idées nouvelles ? Non,

23:23
Bruno Retailleau

mais une campagne démarre vraiment quand c'est comme un match. Il faut que tous les joueurs soient sur le terrain. Ce n'est pas le cas. En plus, on a une succession de crises, la crise sanitaire. On quitte à peu près la crise sanitaire pour rentrer dans une crise internationale. Et en plus, on a les parrainages. Donc, toute cette campagne est suspendue à toutes ces contingences et les Français, croyez-moi, je fais un ou deux meetings par semaine. Donc, j'ai beaucoup de contacts et croyez-moi, ils ne sont pas encore, leur esprit n'est pas dans la campagne. Ils vont y rentrer tardivement, pas avant la seconde quinzaine du mois de mars.

23:56
Invité

Quand la liste des candidats aura été publiée.

23:58
Bruno Retailleau

C'est là, exactement, c'est là que se feront les choix. Tout est possible et je pense que la qualification du second tour, vous voyez, ça se fera dans un petit mouchoir de poche. Donc, tout est possible, rien n'est joué. Et très franchement, je pense que quand les gens verront que ceux qui veulent tourner la page Macron, qu'elle est la seule à pouvoir le battre, alors, les cartes seront redistribuées.

24:19
Invité

Puisque vous évoquiez les parrainages, est-ce qu'il faut, au nom de l'enjeu démocratique, permettre à des élus LR de parrainer Marine Le Pen ou Éric Zemmour ? C'est souvent une ligne rouge pour LR. Est-ce qu'au nom de cet impératif démocratique, puisque le parrainage n'est pas un soutien, vous dites, vous pouvez y aller sans crainte ?

24:36
Bruno Retailleau

J'ai toujours dit deux ou trois choses. Un, je m'étais élevé contre certains de ma famille politique qui commençaient à dire si jamais un maire ou un élu LR donne son parrainage à tel ou tel qui n'est pas de la famille, il faut les exclure. Stupide. Les élus sont libres. Deuxième chose, en revanche, la logique pour un élu, que ce soit parlementaire ou un maire LR, c'est de soutenir notre candidate.

24:59
Invité

Elle a 2143 parrainages, elle est hors de danger.

25:01
Bruno Retailleau

Troisième chose, je pense que, et je propose qu'on change la loi, qu'on ne revienne pas d'ailleurs à avant le texte de François Hollande, mais qu'on change totalement la loi pour assurer enfin l'anonymat complet pour les élus qui souhaitent parrainer tel ou tel. Pourquoi ?

25:18
Présentateur

Parce qu'aujourd'hui, par exemple, Éric Zemmour, ça peut entraîner des violences physiques au maire.

25:25
Bruno Retailleau

Mais bien sûr, vous savez qu'en quelques années, les violences vis-à-vis des élus, elles ont triplé. Les réseaux sociaux sont aussi une forme de violence. Il y a les violences physiques, bien sûr, il ne faut pas les méconnaître. Il y en a de plus en plus, je viens de le dire, mais je pense que si on ne veut pas jeter nos élus en pâture, il faut les protéger. Cette protection, c'est nécessairement l'anonymat. Quand on vote, d'ailleurs, quand on va dans un bureau de vote, voilà, il y a un isoloir, on essaie de se protéger dans ce secret. Moi, je pense qu'on est arrivé à un point, notamment à cause de ces violences, où il faut revenir à un anonyme total.

26:01
Présentateur

Bruno Retailleau, merci beaucoup, président du groupe LR au Sénat. Bonne journée à vous. Merci à vous.