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interviewMedi1TV Afrique· 9 avril 2025 8 min

Soutien américain réaffirmé à la souveraineté du Maroc sur son Sahara : Analyse d'Aymeric Chauprade

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Et en réaffirmant leur soutien, la souveraineté du Maroc sur son Sahara. En confirmation de la position adressée par Donald Trump à sa majesté le roi Mohammedis, les États-Unis réitèrent un choix géopolitique qui révèle un engagement stable. Et pour en parler, nous sommes en direct de Vienne avec Emeric Chaprade, géopolitologue français et ancien député européen.

Bonsoir. Bonsoir. Alors, selon vous, quel est l'impact de la confirmation de la reconnaissance américaine de la souveraineté marocaine par les États-Unis sur la dynamique géopolitique régionale, notamment en Afrique du Nord et au Sahel ?

Mais tout d'abord, c'est un signal fort qui est envoyé par les États-Unis dans ce 2e mandat Trump puisque au début du 2e mandat avec cette visite et cette rencontre entre le ministre Burrita et le secrétaire d'État Rubio, c'est une réaffirmation très claire, très forte, très nette de la position des États-Unis d'Amérique sur la marocainité du Sahara et sur le fait aussi que la seule solution durable efficace pour obtenir un règlement de ce différents politiques. C'est le plan d'autonomie stratégique dans le cadre de la souveraineté proposé par le Maroc. Donc on a à faire à un pays du conseil de sécurité de l'ONU bien sûr comme la France.

Donc maintenant nous avons deux pays membres du conseil de sécurité de l'ONU, deux pays importants, les États-Unis et la France qui soutiennent très clairement la marocainité du Sahara. Et au moment où nous sommes dans une compétition où les États-Unis veulent en quelque sorte réaffirmer sous le mandat Trump la primauté euh de leur puissance géopolitique sur la scène internationale, euh le signal qui est envoyé que le Maroc est un partenaire stratégique fiable, euh les partenariats qui sont discutés actuellement, tout ça est de très bonne augure pour la position du Maroc dans le Maghreb et plus largement en Méditerranée et sur le continent africain. parce que c'est le signal qui est envoyé que le Maroc est bien le pays, le pôle de stabilité dans la région avec lequel il faut discuter.

Et j'en veux aussi pour preuve le fait que dans cette fameuse guerre commerciale des tarifs, vous voyez aujourd'hui que le Maroc par exemple se voit attribuer à un tarif comment dire assez privilégié avec 10 % de droit de douane. Et donc c'est aussi un signe qui est envoyé que le Maroc tient une place particulière. Mais au fond, si on inscrit notre réflexion dans la longue durée de l'histoire, n'oublions jamais que le premier pays du monde qui a reconnu les États-Unis d'Amérique, c'était le Maroc. le Maroc vieux royaume avec sa profondeur historique, son ancienneté en tant que vieille nation qui a été le premier pays du monde en 177 à reconnaître les États-Unis d'Amérique comme nouveau pays souverain.

Donc tout cela est en tout cas positif. C'est une nouvelle victoire pour sa Majesté le roi Mohamed 6 dans sa vision de reconnaissance de la marocainité. Je rappelle que de très nombreux pays maintenant euh s'inscrivent dans cette logique, que de très nombreux pays ont ouvert des consulats, que ce soit à Da ou à Layoun.

Euh les États-Unis, d'ailleurs en 2020 l'avaient ouvert à Darla. Euh et donc il y a une vraie dynamique qui va sans doute s'accentuer, s'approfondir avec la volonté des Américains d'appuyer dans cette direction. En quoi l'appui des États-Unis justement à la marocainité du Sara peut-il être interprété comme un changement majeur dans la politique étrangère américaine en Afrique du Nord ?

Alors, il faut le rappeler, c'est une réaffirmation de la position. La position date de 2020 sur le premier mandat et là nous sommes dans une réaffirmation très claire. Donc il y a une continuité et évidemment c'est en un signal qui est envoyé notamment à l'Algérie qui cherche à perturber toujours le jeu en utilisant sa marionnette locale dans le dans le Sahara.

Mais évidemment, c'est un signal très fort pour tous les autres pays africains parce qu'il y a en quelque sorte un sens de l'histoire et ce sens de l'histoire, il est appuyé par la première puissance mondiale. Et par ailleurs, moi j'ajouterai que la vision de sa majesté appuyée par l'action du ministre Burrita est aussi celle d'un monde multipolaire. Et donc le Maroc ne se contente pas d'avoir d'excellentes relations avec les États-Unis d'Amérique.

Il a aussi développé de très bonne relation avec la Chine, avec la Russie, avec un certain nombre d'acteurs du monde émergent et du monde multipolaire. Et par conséquent, on peut penser que dans la durée euh cette politique de victoire successive, de reconnaissance va s'amplifier, va s'accentuer et avec aussi, je l'espère, le soutien constant de mon pays, la France qui, ne l'oublions pas, donc en juillet 2024 a franchi un pas euh décisif après l'Espagne aussi dans cette direction. Et en même temps, comment est-ce qu'on peut évaluer l'impact de cette reconnaissance américaine sur les relations diplomatiques entre le Maroc et les autres grandes puissances ?

Vous avez mentionné la Russie ou encore la Chine, mais alors d'autres puissances ? Alors, écoutez, moi je je pense que le Maroc veille à ne pas tomber dans le piège d'une sorte de bipolarité où il serait avec les États-Unis contre d'autres pays. Le Maroc, encore une fois, a l'intelligence en tant que pays souverain, que pays indépendant, d'une part de renforcer sa relation qui est solide, qui est ancienne avec les États-Unis.

N'oublions pas que pendant la guerre froide, c'était un allié stratégique face au bloc prooviétique. Mais il a euh il s'est adapté au nouveau monde multipolaire grâce à la vision développée dès le début de son règne par sa majesté le roi Mohamed 6 qui était de dire le Maroc est indépendant, il est libre, il va développer ses relations de manière positive avec tous les acteurs qui veulent construire une relation politique et économique solide et constructive. Et et donc je crois que euh ça ne n'empêchera pas, si vous voulez cette reconnaissance affirmée des États-Unis, le Maroc de pouvoir aussi euh développer sa relation et convaincre petit à petit euh de grandes puissances du monde multipolaire comme la Russie ou comme la Chine qui sont, ne l'oublions pas aussi, des acteurs décisifs au conseil de sécurité de l'ONU.

Alors pour revenir à l'autre partie dans ce conflit, l'Algérie qui soutient le front politario et qui a exprimé un mécontentement face à cette reconnaissance. Alors comment cette situation pourrait-elle affecter les relations entre le Maroc et l'Algérie et ce à court et long terme ? Alors, vous savez, l'Algérie encaisse depuis pas mal de de pas mal de temps maintenant des des des fêtes stratégiques puisque les reconnaissances successives sont autant de coup porté à sa politique qui malheureusement pour le peuple algérien, je le dis, est négative.

Elle n'est pas constructive. au lieu de chercher euh un règlement avec de manière positive avec le Maroc, euh elle cherche à perturber ce jeu. Donc évidemment, il j'ai vu le le communiqué aujourd'hui qui a un communiqué de de mécontentement, mais ça n'a pas beaucoup de porté et ça ne modifiera en rien.

Ça n'aura aucun impact sur la relation, euh comment dire sur le sur la politique des États-Unis dans dans la région. Ça ne peut d'ailleurs que marginaliser davantage l'Algérie qui s'enferme dans ce discours idéologique agressif, que ce soit vis-à-vis des États-Unis aujourd'hui ou il y a peu de temps encore vis-à-vis de la France ou d'autres puissances. Mais je crois que euh cette bataille, elle est elle est elle est perdue pour l'Algérie.

Euh et il faudrait que en Algérie émerge de nouvelles générations qui ont une vision beaucoup plus positive et constructive, y compris bien sûr pour le peuple algérien qui a tout intérêt à terme à s'entendre aussi avec le peuple marocain. Et bien merci infiniment Emeric Chaprad pour toutes ces précisions. Je rappelle que vous êtes géopolitologue français et ancien député européen.

Merci à vous.