Valérie Pécresse, présidente LR de la région Île-de-France
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Bonjour Valérie Pécresse. Bonjour. Merci d'être avec nous. Vous êtes la présidente Les Républicains de la région Île-de-France. Demain, Edouard Philippe devrait donner les restitutions, les grandes pistes de sortie de ce grand débat. Pour vous, qu'est-ce qu'il faudrait dire ?
D'abord, le grand débat n'aura été utile que s'il aboutit à des décisions extrêmement fortes. Et moi, j'appelle évidemment à une inflexion politique de la part du gouvernement. Une inflexion politique dans trois directions. D'abord, la restauration de l'autorité. Ensuite, un chemin de baisse des impôts par la baisse de la dépense. Donc, il faut afficher des baisses de dépense pour pouvoir avoir durablement des baisses d'impôts. Et puis, pour la cohésion nationale, pour la renforcer, je demande une nouvelle étape de la décentralisation.
Alors, vous donnez ces trois thèmes. Concrètement, dans chacun de ces trois thèmes, qu'est-ce que vous vous proposeriez ?
Alors, concrètement, moi, j'ai une mesure que je pense être urgente et nécessaire. Je trouve qu'on s'est beaucoup trop éloigné dans ce grand débat de l'origine de la crise. L'origine de la crise des Gilets jaunes, c'est quoi ? C'est une aspiration à plus d'écologie, moins de pollution, qui se heurte aux besoins de pouvoir d'achat et de pouvoir de se transporter des Franciliens. C'est la taxe carbone. La taxe carbone, c'est la goutte d'eau qui fait déborder le bas. C'est l'étincelle qui attise l'incendie.
Donc, la question de la mobilité ?
La question de la mobilité et du pouvoir d'achat et de l'écologie qui sont au cœur, aujourd'hui, des grands enjeux de la France de demain. Donc, moi, j'ai une demande forte et une proposition à faire. La demande forte, c'est de baisser la TVA sur les transports, qui est aujourd'hui à 10%, de la baisser à 5,5%. C'est très facile. Il suffit de demander l'autorisation de la Commission européenne. Ça se traduirait par... Elle dira oui ? Ça se traduirait... Elle ne peut pas dire non. C'est un choix des États. Alors, ça se traduirait par des dizaines d'euros rendus aux Franciliens et aux Français, tous les jours.
Et ça leur permettrait aussi de les inciter à prendre les trains, les bus, les TER, les trains régionaux, plutôt que la voiture.
Ça ferait baisser immédiatement le prix des tickets de métro et des billets de train. Oui, ce serait immédiatement répercuté.
Immédiatement, puisque c'est la SNCF, la RATP, les sociétés de transport. On leur dirait, écoutez, vous répercutez immédiatement. Et donc, ce serait une baisse de TVA avec répercussion immédiate, contrairement à ce qui s'est passé parfois dans la restauration ou dans le bâtiment. Donc, je demande ça. Et il se trouve que c'est une proposition qui a été adoptée à l'unanimité du Parti communiste jusqu'au Front National, dans ma région. On m'a demandé de demander au gouvernement... Donc, ce que vous voulez dire, c'est que vous avez même testé politiquement cette proposition et qu'il y a unanimité ? Elle fait unanimité. C'est une mesure de pouvoir d'achat et c'est une mesure écologique.
Et c'est une mesure qui répond à cette demande de se transporter des Français. C'est la première mesure. La deuxième, c'est une proposition que je fais. Je propose au gouvernement de généraliser ce que je vais faire dans ma région. C'est-à-dire une aide très puissante financière à tous ceux qui acceptent de covoiturer. Mais on a l'impression que ça, c'est déjà sur la table depuis très longtemps. Oui, mais ça ne prend pas. Ça ne prend pas. Je vais vous expliquer pourquoi. Parce que j'ai fait une expérimentation l'année dernière. On a triplé le nombre de covoitureurs dans la région Île-de-France, un peu grâce à la grève SNCF. Il faut quand même l'avouer.
Mais nous avions mis une prime au covoiturage.
Elle n'était pas assez puissante. Aujourd'hui, pour convaincre des automobilistes d'ouvrir leurs portières, il faut les aider financièrement, puissamment. Alors nous, nous allons mettre en place une aide. En fait, vous voulez proposer de vous substituer à Blablacar ? Non. Là, il s'agit du court-voiturage. Le court-voiturage, c'est les trajets du quotidien. C'est je vais au travail, je reviens du travail. Et donc, l'idée, c'est de mettre 20 centimes d'euros par kilomètre, 2 euros pour 10 kilomètres, mais par passager. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que si on prend une personne, on aura 2 euros. Si on prend deux personnes, on aura 4 euros. Si on prend trois personnes, on aura 6 euros.
L'idée, c'est de donner beaucoup plus au conducteur. Et je vais plafonner les aides à 150 euros par mois. Mais vous imaginez 150 euros par mois ? Ça veut dire qu'un conducteur qui, tous les jours, covoiture, ou qui, quelques jours par semaine, covoiture, pourra augmenter son pouvoir d'achat de 150 euros par mois, ça lui paye tous ses pleins par mois, 2-3 pleins d'essence gratuit. Et ça, ça développera vraiment le court-voiturage. Le court-voiturage, ça permet de diminuer la pollution, ça permet aussi de diminuer les coûts pour tous les automobilistes de France.
Et effectivement, là, pour revenir à la question du départ, qui était effectivement l'utilisation de la voiture. Mais oui, à la racine du problème.
Mais cela dit, depuis, le droit à la mobilité, et en même temps, la question du pouvoir d'achat qui est au cœur de ce droit à la mobilité.
Depuis, ça s'est considérablement élargi, à la fois en termes de demandes de la part des Gilets jaunes et d'un certain nombre de Français, mais aussi à travers les propositions du grand débat. Sur tout le reste, est-ce que vous avez le sentiment que ce grand débat, il a été utile ?
Oui, parce qu'il a fait émerger, je vous dis, toute une série de thématiques sur lesquelles je pense que la droite a des réponses très fortes à apporter. La question de l'autorité, avec ces cagoules noirs qui se sont substitués aux Gilets jaunes et qui ont tout cassé, et qui ont montré qu'en réalité, nous avions une faille aujourd'hui dans la sanction pénale. Nous avons une justice qui ne marche plus, qui ne marche plus parce qu'elle ne prononce pas de sanctions.
Ça a montré les problèmes, mais est-ce que dans la deuxième partie, c'est-à-dire celle qui s'ouvre demain, la partie proposition, vous pensez que ça va être fécond, qu'il y a des choses qui vont ressortir ?
Moi, je suis très inquiète parce que, comme vous le dites, comme le grand débat est parti dans tous les sens, et que depuis six mois, le gouvernement est sur pause, on promène le chien. Je veux dire, qu'est-ce qu'il y a de commun entre l'aspiration à une tranche supplémentaire à l'impôt sur le revenu ou l'aspiration à ce que tout le monde paye l'impôt sur le revenu ? C'est deux aspirations totalement différentes. On a tout entendu dans ce débat. On a entendu du pour, du contre, du vert, du rouge. Le problème, c'est qu'il va falloir prendre des décisions courageuses et donner un sens à tout ça.
Et c'est pour ça que moi, je vous dis, retrouver l'autorité de la loi, baisser les impôts par la baisse de la dépense, parce que là aussi, on court l'épine des baisses d'impôts, très bien, mais où est-ce qu'on baisse la dépense ?
Mais Valérie Pécresse, là-dessus, vous êtes plutôt d'accord ? Le ministre des Comptes publics, aujourd'hui, c'est quelqu'un qui était chez vous avant, c'est Gérald Darmanin. Et quand on regarde ses propositions, ça fait une semaine qu'il avance régulièrement, et notamment sa proposition numéro 1, qui est effectivement de baisser au maximum les impôts,
vous ne pouvez pas dire non, vous êtes d'accord ? Attendez, pardon, mais un ministre du budget n'est pas là pour nous promettre des lendemains qui chantent. Il est là pour nous dire concrètement où est-ce qu'il va baisser la dépense. Quand j'étais ministre du budget, en 2011, on a baissé en net les dépenses de l'État. Ça veut dire qu'en 2011, il y a eu moins de dépenses de l'État qu'en 2010. Je crois que c'est la seule année, dans les 30 dernières années, où ça s'est produit. Je ne suis pas certaine, mais enfin, en tout cas, ça a été un effort considérable. Nous avons baissé en net les dépenses. Où est-ce que M. Darmanin baisse les dépenses ?
C'est très populaire de dire « je vais baisser un jour les impôts ». Mais si on baisse les impôts sans baisser la dépense, c'est des baisses d'impôts à crédit. Et les Français savent bien ce qui se passe avec les baisses d'impôts à crédit. C'est qu'un jour, on vient leur présenter la facture. Vous voyez, quand Gérald Darmanin dit « on va supprimer la redevance », tout le monde sait bien que s'il supprime la redevance, il créera une nouvelle taxe sur les tablettes. Il créera une nouvelle taxe sur les tablettes parce qu'il faudra bien à un moment donné financer l'audiovisuel public. Ou alors, il nous dit très clairement qu'il va réduire la voilure sur un certain nombre de politiques.
Moi, j'ai fait avec Libre 50 milliards de propositions de baisse des dépenses.
Libre, c'est votre courant.
Libre, c'est mon mouvement d'idées. Nous avons apporté concrètement, nous avons pris, j'allais dire, avec courage cette question, et on a proposé des suppressions. Est-ce que l'Agence pour la rénovation urbaine est nécessaire ? Est-ce que ça ne pourrait pas se faire au niveau des régions ? Est-ce qu'on ne pourrait pas purement et simplement la supprimer ? Et que le 1% logement et les régions gèrent la rénovation urbaine ?
Donc vous, vous avez pris votre stylo et vous avez barré un certain nombre de lignes budgétaires.
Non, mais j'y vais, cache cette agence qui s'occupe de la transition énergétique au niveau de l'État. Est-ce qu'on ne pourrait pas juste transférer ça aux régions et supprimer l'ADEME ? Parce que le problème, c'est qu'on a des doublons partout. On a des collectivités qui font la même chose que l'État. Et on a aussi des choses qui sont inefficaces. Alors, ça fait peut-être partie de l'emploi. Ça fait peut-être partie des choses qui sortiront. Non, mais je vous le dis ça parce que personne n'a le courage d'aller jusque-là. Politique de l'emploi. Moi, je demande à ce qu'on régionalise les politiques de l'emploi. Pourquoi ? Parce que vous avez Pôle emploi. Vous avez les missions locales.
Vous avez les centres d'information et d'orientation. Tout le monde travaille sur les politiques de l'emploi. Il n'y a pas d'indicateur de performance. Ce n'est pas comme si on disait que ça marchait formidablement bien. Mais non, ça gaspille. Le problème que nous avons, c'est que nous sommes champions du monde de la dépense. Et pourtant, les Français, et ils l'ont dit dans le grand débat, ont le sentiment de ne pas avoir des services publics efficaces. Alors, si ce n'est pas efficace, on change tout et on donne beaucoup plus de compétences au territoire qui résolvent les problèmes dans la proximité.
Valérie Pécresse, vous reviendrez tout à l'heure dans les détails sur ces questions, notamment.
Mais je remarque que personne ne parle des baisses des dépenses. Personne, personne, aucun ministre, personne. Y compris dans l'opposition. Ils disent toujours qu'on va baisser les dépenses, mais effectivement, il y en a quand même peu qui donnent des lignes.
Y compris Mme Le Pen, vous commencez à l'amorcer. Sur les européennes, je voudrais quand même vous entendre là-dessus parce que c'est évidemment l'échéance qui commence. Premier débat a eu lieu cette semaine. Les élections seront le 26 mai. Mais je ne comprends pas très bien pourquoi vous ne voteriez pas Nathalie Loiseau.
Tout simplement parce que j'ai des différences très fortes avec le gouvernement aujourd'hui, et notamment sur un certain nombre de politiques au niveau national. Et sur le plan européen, il me semble que le gouvernement n'est pas du tout assez proactif pour lutter contre la bureaucratie européenne. Je vous donne un seul exemple. Il se trouve que j'ai commandé 100 trains qui vont arriver pour un milliard d'euros en Ile-de-France. Et le règlement européen a changé. Il a changé.
Et on me dit que ces trains qui sont livrés tous les mois, ils arrivent tous les mois, ces trains qui arrivent tous les mois, et bien peut-être que j'ai un risque qu'au mois de juin, la Commission européenne refuse qu'ils aient l'autorisation de rouler en Ile-de-France. Alors permettez-moi de vous dire, c'est une situation UBUS qui est caractéristique de cette bureaucratie européenne, qui se mêle de la réglementation des trains de banlieue, des trains régionaux, des trains qui ne rouleront jamais sur les frontières européennes.
Mais restons sur cette question des normes européennes. Est-ce que vous avez le sentiment qu'à votre problème, François-Xavier Bellamy répondra mieux que Nathalie Loiseau ?
Oui, parce que j'ai le sentiment qu'il a compris qu'il y avait trop de bureaucratie en Europe. Qu'est-ce qui s'est passé ? Le ministère des Transports, qui aurait dû réclamer que ces trains roulent, ne l'a pas fait. Il s'est réveillé beaucoup trop tard. Il a envoyé un dossier en février à la Commission européenne en disant, allez, maintenant, il faut me donner, s'il vous plaît, une dérogation. Donc on voit bien qu'en réalité, on a un État qui est malheureusement pour elle incarné par Nathalie Loiseau, puisqu'elle est ministre des Affaires européennes, ministre du gouvernement Macron.
On a un État qui ne s'est pas battu pour qu'aujourd'hui, les régions se faire circuler leur train, sans demander un avis à moi.
C'est vrai que je voulais vous poser la question parce qu'on avait le sentiment jusqu'à présent. En gros, vous votiez Bellamy parce que c'est votre famille politique. Mais sur le fond, quand on écoute Nathalie Loiseau, qui dit que l'écologie, c'est la première urgence au niveau européen, vous le dites aussi. Quand elle dit face à Marine Le Pen, j'ai envie d'une Europe de partage et pas d'une Europe de la division, on se dit au fond, quelle est la différence avec Bellamy ? Peut-être que la petite différence, c'est sur les questions plutôt de l'immigration.
Et là-dessus, au fond, on vous imagine plutôt plus proche de Nathalie Loiseau que de Bellamy, quand elle dit notamment la nécessité malgré tout d'accueillir les réfugiés au nom des valeurs et qu'elle défend un projet de politique européenne de l'asile et une meilleure protection des frontières extérieures de l'Union européenne. Ça, c'est plutôt votre état d'esprit ?
Moi, j'ai un gros différent avec le gouvernement sur les sujets d'ordre, de sécurité, sur les sujets de communautarisme et sur les sujets de radicalisation. Et aujourd'hui, j'ai malheureusement le sentiment que le gouvernement est assez angélique sur ces questions. Et sur les questions d'immigration, permettez-moi de vous le dire...
Et Nathalie Loiseau a toujours refusé pour l'instant, effectivement, de rentrer dans ce débat-là.
Sur les questions d'immigration, permettez-moi de vous dire qu'à un moment donné, il va falloir être beaucoup plus ferme. On ne peut pas aujourd'hui avoir autant de clandestins sur notre sol et ne rien faire. Ça n'est juste pas possible. Il faut avoir le courage de dire que ces clandestins doivent rentrer chez eux. Le gouvernement... Prenons un exemple concret. Parce que, vous savez, le problème d'Emmanuel Macron, c'est qu'entre les paroles très fortes qu'il porte dans tous les médias, on l'entend matin, midi et soir, et les actes du gouvernement, il y a un décalage flagrant sur les clandestins.
Il se trouve que je demande au gouvernement, depuis trois ans, de m'autoriser à supprimer la gratuité dans les transports pour les clandestins dans ma région. Ça me coûte 42 millions d'euros. Eh bien, le gouvernement a refusé de voter l'amendement au Parlement. Les parlementaires qui sont derrière moi pourront témoigner. On porte cet amendement à toutes les lois possibles et imaginables. Aujourd'hui, je paye 75%, enfin 50% de réduction, et c'était 75% avant, de réduction dans les transports pour des clandestins, alors que des étrangers en situation régulière ou des Français payent plein pot. Au moins, cette frère, on a compris pourquoi vous votez du coup, Bellamy.
Ça veut dire que le gouvernement, au fond, ne fait rien pour que les étrangers en situation régulière rentrent chez eux. Il leur donne le droit d'aller travailler et une quasi-gratuité dans les transports.
Donc, pour vous, il y a un paradoxe. Je voudrais quand même vous interroger sur votre famille politique. Là, on a compris clairement que votre choix pour voter Bellamy, ce n'est pas seulement un choix d'amitié ou de fidélité à votre famille. Mais cela dit, jusqu'à présent, on se dit qu'au sein des Républicains, il y avait en gros Laurent Wauquiez et vous. Et maintenant, on se dit qu'il y a Laurent Wauquiez, il y a vous et il y a Bellamy qui existent pleinement et qui est en train de trouver sa place. On est d'accord ?
Mais, attendez, la droite n'a pas besoin de nouveaux talents. Et il faudra évidemment faire émerger des nouveaux talents. D'ailleurs, je m'y emploie dans ma région et je vois que, d'ailleurs, ils sont reconnus comme tels, puisque Agnès Évren est maintenant numéro 2 sur la liste. Qui est numéro 2 sur la liste.
Sur la liste.
Les Républicains, qui est une de vos proches. C'est une vice-présidente de la région. Frédéric Péchena, qui est aussi vice-président de la région en charge de la sécurité, est aussi sur la liste des Républicains. Je veux dire, on n'a pas trop de talent à droite aujourd'hui. Et moi, je suis très heureuse que François et Xavier Bellamy apparaissent comme un nouveau talent.
Après, il y a une question de génération. Quand vous voyez Nicolas Sarkozy qui a dit, c'est le Figaro qui lui rapporte ses propos cette semaine, à propos de vous, de Laurent Wauquiez, de Xavier Bertrand ou même de Bruno Retailleau, il a dit qu'ils ne sont pas loin d'être président. Ils en sont très loin. Est-ce que vous n'avez pas loupé le coche ?
C'est vrai qu'il y a au moins trois ans qui nous séparent de l'élection présidentielle, on va dire. Donc, on en est loin.
Vous le voyez comme une histoire juste de timing, en fait. Oui, non, mais je crois que... Vous voulez le lire comme vous le voulez, quoi.
C'est pas ça. Mais je crois que les Français, ce qu'ils souhaitent, c'est des hommes et des femmes politiques qui font des choses et qui concrètement leur prouvent que la politique, ça sert à quelque chose. Et je crois que je m'y emploie dans ma région comme d'autres s'y emploient. Et à un moment donné, face à Marine Le Pen et à ses propositions totalement démagogiques, parce qu'on n'en a pas parlé, mais quand on la voit s'acoquiner avec M. Bannon, conseiller de M. Trump, ou avec les Russes de Poutine, on se dit qu'elle s'acoquine avec les deux ennemis de l'Europe et qu'elle veut en réalité, donc, déstabiliser l'Europe.
Déstabiliser l'Europe, c'est affaiblir la France, les Français, nous faire perdre de l'emploi, nous faire perdre dans la bataille économique et donc nous affaiblir.
Donc, c'est l'inverse. Elle fait l'inverse de ce qu'elle prétend, c'est-à-dire... Voilà, exactement. Elle est complètement dans la duplicité.
Elle prétend défendre la France et ses intérêts, mais elle le fait avec des ennemis de nos intérêts.
Vous avez dit qu'à vos yeux, l'une des réponses au grand débat, ça devait être aussi la restauration de l'autorité, la question de la sécurité. Et on y vient tout de suite avec Henri Vernet du Parisien, aujourd'hui en France. Bonjour, Henri Vernet du Parisien, aujourd'hui en France.
Bonjour, Président Malherme. Bonjour, Valérie Pécresse. On a évoqué tout à l'heure les Gilets jaunes à propos du grand débat. Hier, c'était ce qu'on appelle l'acte 21, les grandes manifestations, enfin grandes. Hier, il y avait 22 000 personnes mobilisées à travers la France, c'est-à-dire la plus faible mobilisation depuis le début du mouvement. Est-ce que ça veut dire que ce mouvement est terminé ? C'est fini, les Gilets jaunes ? Comment voulez-vous que je le sache ?
Moi, personnellement, je n'ai jamais mis le Gilet jaune, donc je ne peux pas vous en parler, je ne suis pas au cœur de ce mouvement. Contrairement à Laurent Rouquet, qui lui en a fait bien. Non, mais le sujet n'est pas celui-là. Le sujet, c'est de savoir si le gouvernement incarne l'autorité de l'État. Et aujourd'hui, clairement, on a une défaillance dans cette stratégie de rétablir l'autorité.
Aujourd'hui encore ? Parce qu'hier, il y a eu peu de violence, finalement.
Écoutez, je m'en félicite. Mais il est quand même temps que l'ordre revienne. Enfin, ça fait combien de mois que nous avons ces mouvements ? Pardon de le dire, mais les répercussions en termes d'emploi dans de nombreuses villes vont être considérables. Et donc, c'est des Français qui souffrent de cette absence de rétablissement de l'ordre. Donc, le sujet, il est simple. Il est incarné par un seul chiffre. On nous dit que seulement un quart des peines qui ont été prononcées contre des casseurs ont été exécutées depuis le début du mouvement. On a un problème d'exécution des peines dans ce pays. Les peines sont exécutées beaucoup trop tardivement.
Vous dites que les juges sont laxistes ?
Non, les juges prononcent des peines. Mais les peines ne sont pas exécutées. Et quand vous avez un délai trop long entre les peines et leur exécution, ça donne ce que les juges du tribunal de Bobigny ont dénoncé, des peines fictives. Ils ont dit, nous avons l'impression de prononcer des peines fictives. Alors, oui, il faut mettre des moyens sur la justice, des moyens considérables, pour avoir une exécution de peine immédiate. Mais je vous prendrai un autre exemple. Les lycées, vous savez que moi... On va en parler. Dans deux minutes, on en parle.
Mais les gilets jaunes, très clairement, si on les avait mis hors d'état de nuire, et vous savez que moi, je porte une proposition un peu iconoclaste, je considère que les crimes et les délits se concentrent toujours sur quelques territoires. C'est assez logique. C'est des territoires qui sont des territoires où on a envie de les commettre, ces crimes. Dans l'île de France ? Pour plein de raisons. Non, partout en France. Si vous allez à Marseille, si vous allez à Perpignan, si vous allez... Donc, votre proposition ? Partout, on sait où sont les quartiers criminogènes. Mais une carte, en quelque sorte, pour vous, il y a une carte assez facile à faire. Mais on les connaît d'ailleurs.
D'ailleurs, pardon, mais M. Castaner n'a-t-il pas zoné des territoires de reconquête républicaine ? S'il a zoné des territoires de reconquête républicaine, c'est donc bien qu'il y ait des territoires dans lesquels il y a beaucoup plus de crimes et de délits, beaucoup plus de trafic, beaucoup plus de délits.
Donc, si on sait où c'est, vous dites...
Si on sait où c'est, on peut mettre une circonstance aggravante pour enfin donner un coup de pied dans la fourmilière et enfin démanteler les réseaux. Et ça, ça serait cette circonstance aggravante, ça permettrait de doubler la peine. Je l'ai proposé et en fait, ça marcherait extraordinairement bien sur les Champs-Elysées ou dans les centres-villes victimes des casseurs. Les casseurs des gilets jaunes, avec cette mesure, eh bien, ils auraient pu... Enfin, les casseurs des gilets jaunes, les casseurs avec des gilets jaunes, parce que moi j'appelle ça des cagoules noirs, mais les cagoules noirs auraient eu double peine avec ma disposition.
Et ça aurait peut-être permis d'en incarcérer certains, de les mettre hors d'état de nuire et d'arrêter les violences beaucoup plus vite.
Vous mettez en cause la fermeté à la fois de Mme Belloubet, garde des Sceaux, et de Christophe Castaner. Il n'est pas à la hauteur, Christophe Castaner, de la mesure d'un intérieur.
Mais, attendez, pardon, ils ne sont que ministres d'un gouvernement et d'un président de la République. qui doit donner les lignes directrices. Il y a un problème de laxisme et il y a un problème d'impunité, d'impunité des délinquants dans la République française, qui fait que personne n'est incité à s'arrêter. Et moi, je dis stop à l'impunité.
Et en même temps, le Conseil constitutionnel vient d'invalider, enfin de censurer un dispositif de la loi anticasseur, loi Retailleau d'ailleurs, comme vous vous dites, à propos justement de l'interdiction de manifs de certains récidivistes. Que pensez-vous de cette décision du Conseil constitutionnel qui maintient les libertés ?
Le Conseil constitutionnel, il s'est appuyé sur le fait que la loi était imprécise sur les motifs qui pouvaient fonder l'interdiction de manifester. Il faut revenir avec une loi précise qui montre que ceux dont on veut l'interdiction de manifester, ce sont des casseurs et pas juste des opposants politiques ou des personnes manifestant une souffrance sociale. Il faut que le gouvernement repropose un article 1, qu'il le précise et qu'il passe les fourches codines du Conseil constitutionnel, qui à juste titre a soulevé le fait que la loi n'était pas assez précise. L'objectif de la loi n'est pas d'interdire à la libre expression politique de s'exprimer.
Ce n'est pas d'empêcher les gilets jaunes authentiques, ceux qui ont une souffrance sociale ou des revendications politiques, de s'exprimer. L'objectif de la loi, c'est que les casseurs déguisés en gilets jaunes ne puissent plus casser.
Alors les violences scolaires, vous l'avez abordé, vous prenez un petit peu une casquette justement de Madame Sécurité dans votre région et vous avez dit tout récemment qu'en quelque sorte on met une espèce d'hédredon sur la réalité des violences scolaires. Vous avez vous-même été ministre de l'enseignement avant de présider la grande région Île-de-France. Qu'est-ce que ça veut dire un hédredon ? Ça veut dire qu'à les violences scolaires, on nous cache quelque chose en quelque sorte ?
Mais bien évidemment. Mais lisez tous les témoignages d'enseignants, lisez tous les témoignages d'enseignants, tous ces livres qui s'empilent pour vous expliquer la réalité de certaines classes, des incivilités, de la violence, des injures, de ce que vivent les enseignants en France aujourd'hui. Je mets une casquette de Madame Sécurité, mais parce que la sécurité c'est ce qui permet d'étudier sereinement. Et dans tous les quartiers populaires de France, quelle est la seule chance pour les jeunes de s'en sortir ? C'est l'école, c'est l'ascenseur social par l'éducation.
Et s'ils ne peuvent pas étudier, si dans leur lycée, il y a des bandes avec des intrusions violentes, s'il y a des jeunes qui, pardon de le dire, sadisent certains enseignants, est-ce que tout ça est tolérable ? Combien de livres, combien de témoignages, combien il va falloir attendre ?
Alors qu'est-ce que vous proposez ? Qu'est-ce qu'il faut faire ? Alors dites-nous.
Eh bien il faut, là encore, alors j'ai la main, il y a l'éducation nationale. Moi j'attends de Jean-Michel Blanquer, il le sait, un plan contre les violences à l'école qui soit un plan massif, puissant. Et une partie dépend de l'éducation nationale, puisqu'il s'agit des assistants d'éducation, il s'agit des CPE, des conseillers d'éducation, de tous ceux qu'on appelait les surveillants. Il faut muscler évidemment les équipes éducatives. Mais à côté de ça, moi je suis obligé dans ma région, pour faire face à l'urgence, de créer ce que j'appelle des brigades mobiles de sécurité.
Les brigades mobiles de sécurité, c'est des équipes de 5 personnes formées à la médiation et à la sécurité en milieu scolaire.
Mais des agents civils, pas des policiers.
Des civils, évidemment pas armés, bien évidemment, mais qui viennent à 5 pour rétablir l'ordre dans les situations de crise. Quand vous avez des bandes qui, plusieurs fois d'affilée, s'introduisent dans un lycée pour lyncher un élève, parce qu'il faut appeler les mots, qu'un agent de la région, au péril de sa vie, sauve la vie d'un élève. Quand vous avez dans un autre lycée des feux, des incendies à l'intérieur du lycée, toutes les semaines.
Alors justement, ça c'était à Nanterre, dans un lycée de Nanterre. Et vous y êtes allé, mais le personnel enseignant vous a dit, non mais d'accord, mais l'effort qu'il faut faire, c'est vraiment l'enseignement, c'est pas la sécurité, on veut pas être une porteresse. C'est une plaisanterie ? Attendez, c'est ce qui s'est passé cette semaine. Les enseignants n'étaient pas très chauds à l'idée d'avoir des policiers dans leur établissement.
Pardon, certains enseignants qui ont parlé à certains journalistes, mais moi j'ai fait une réunion avec les enseignants. Donc moi je les ai vus à une vidéo.
Donc sur place à Nanterre, là où des départs de feu avaient eu lieu au sein même des établissements scolaires.
Trois fois, trois fois depuis janvier, il y a eu des départs de feu dans un lycée de Nanterre. C'est une petite bande, bien circonscrite, je crois. Et donc c'est celle-là qu'il faut mettre hors d'état de nuire pour permettre aux 1200 élèves de ce lycée d'étudier sereinement. Alors moi je les ai vus les enseignants, et j'ai vu aussi les parents. Et je les ai vus à huis clos, sans journaliste. Qu'est-ce qu'ils m'ont dit ? Au contraire, ils m'ont dit accélérer la sécurisation. Et j'en prends ma part, parce que nous avons eu tellement de demandes de caméras de vidéoprotection dans les établissements, ce que mon prédécesseur refusait de faire.
Des caméras de vidéoprotection, des sas de protection aux entrées, on avait 500 opérations de sécurisation depuis trois ans, et on n'avait pas fait ce de Nanterre. Alors, il y a une mesure, qui est une mesure de dernier recours, mais qui est une mesure qui a bien fonctionné, et qui pourrait fonctionner. En matière de sécurité scolaire, moi j'ai un principe. Je n'impose jamais rien. C'est pour ça que vous m'avez dit qu'ils n'en veulent pas. Je n'impose jamais rien. C'est le conseil d'administration qui me demande. Mais tout ce qu'on me demande, je paye. Tout ce qu'on me demande.
Et je pense que dans les lycées qui le souhaitent, pour répondre à des situations de crise, mettre un policier référent, qui fasse le lien avec la police nationale, et qui soit présent dans l'établissement, et qui incarne l'ordre républicain dans l'établissement, je sais que ça marche, et je sais que ce serait utile. Et en Seine-Saint-Denis, avec le ministre Nounes, nous sommes allés, la semaine dernière, justement, faire une réunion sur les violences scolaires, et cette demande est venue. Elle est venue des chefs d'établissement, elle est venue aussi de la police. Merci beaucoup.
Merci Henri Vernet. Valérie Pécresse, vous restez avec nous dans un instant. Edwige Chevrillon sera avec nous. On parlera notamment de ces questions de pistes pour sortir du grand débat, et notamment l'âge de la retraite. A tout de suite. Bonjour Edwige Chevrillon. Bonjour Apolline de Ballard. Avec vous, on poursuit ce BFM politique,
avec Valérie Pécresse. Oui, avec... Bonjour Valérie Pécresse. Bonjour. Beaucoup de questions à vous poser, évidemment. On va revenir sur la fiscalité, juste par rapport à l'annonce que vous faisiez tout à l'heure sur votre souhait de baisser la TVA sur les transports. En même temps, moi j'ai des souvenirs, notamment pendant la campagne présidentielle, une des armes économiques de la droite était au contraire la TVA, c'était d'augmenter la TVA. Est-ce que ce n'est pas un peu paradoxal, non ? Non, parce que c'était la TVA sur les biens d'équipement,
la TVA à 20 que nous voulions augmenter. Pourquoi ? Parce que cette TVA à 20, elle est constituée pour moitié de produits importés, qui sont importés en dumping social, pardon Madame Pécresse Chevrillon, permettez-moi de finir ma réponse, qui sont importés en dumping social, puisqu'on sait bien que les biens d'équipement chinois ou les biens d'équipement d'un certain nombre de pays payent beaucoup moins de charges sociales. Et donc, oui, on voulait faire un transfert des charges sociales sur la TVA pour que les produits fabriqués en France aient un avantage compétitif et que les produits fabriqués à l'étranger aient un désavantage compétitif.
Je considère toujours que c'est une très bonne réforme qu'il faudrait faire dans notre pays. Mais en même temps, une des mesures que vous mettez en avant, c'est la baisse de la TVA. La TVA du quotidien, ça n'a rien à voir.
La TVA à 10, on n'a jamais voulu l'augmenter. D'ailleurs, c'est nous qui l'avions baissée, pardon de le dire, puisque j'étais mise du budget à l'époque, nous l'avions baissée sur, notamment, la restauration et les travaux de rénovation des bâtiments de façon à créer de l'emploi. Donc cette TVA à 10 que je propose de baisser sur les transports, c'est la TVA du quotidien. Et moi, je ne suis pas favorable à la TVA à taux zéro pour les produits de première nécessité, parce que la TVA à taux zéro, comme le dit Gérald Darmanin ce matin, ce n'est pas possible de créer un taux zéro en France.
En revanche, faire passer de 10 à 5,5, c'est très facile, il suffit juste d'avoir l'accord de la commission, mais on l'a fait. On l'a fait pour la restauration, on l'a fait pour le bâtiment, donc c'est tout à fait faisable. C'est la TVA du quotidien. C'est une mesure écologique et de pouvoir d'achat immédiate, plébiscitée sur tout le spectre politique.
Donc je demande au gouvernement de la mettre en œuvre, maintenant. – En revanche, on va parler de la CSG, est-ce que vous pensez, parce que là on est à la veille de grandes mesures fiscales, enfin on ne sait pas, il n'y aura peut-être pas de grands soirs, on attend en tous les cas de voir ce qui va être décidé. Est-ce que vous pensez qu'il faut revenir sur la désindexation des retraites, des petites retraites et la hausse de la CSG ? Est-ce que c'est une mesure que vous pensez qui est absolument indispensable dans le cadre de la restitution de ce grand débat ?
– Ce qui est évident, c'est que si on veut faire une réforme des retraites, avant de la faire, il faut ressigner un pacte de confiance, enfin restaurer un pacte de confiance avec les retraités. Le pacte de confiance a été abîmé par Emmanuel Macron, avec la hausse de la CSG, puis la désindexation des retraites, donc double lame sur les retraités. – Si on veut faire une réforme des retraites, on va dire aux Français, globalement, faites-nous confiance, on change les règles du jeu, mais à la fin, vous pourrez sereinement envisager votre retraite avec un pouvoir d'achat qui ne baissera pas.
– Et il n'y aura plus d'équité, facile, monsieur.
– Oui, avant de parler de l'équité, le sujet, c'est quand même de dire aux Français qui ont travaillé toute leur vie, après avoir travaillé toute votre vie, vous vivrez décemment de votre retraite jusqu'à la fin de la vie. Et ça, ça veut dire la réindexation des retraites, au moins sur l'inflation, parce que sinon, on ne peut pas garantir aux Français… – Mais ça, ça semble une retraite sereine. – Ça semble quasiment acquis. – Ah non, pour l'instant, on nous dit, on réindexera les petites retraites.
– Les petites retraites. – Et pour vous, c'est pour tout. – Et pas la CSG, pas la CSG.
– Écoutez, moi, je suis désolée de le dire, mais la notion de petite retraite est très importante. Elle doit être au cœur de la réforme. Moi, je suis pour l'augmentation du minimum vieillesse. Je considère que, par exemple, une femme d'agriculteur, par exemple un agriculteur qui a travaillé toute sa vie, qui se retrouve au minimum vieillesse, c'est indigne. Et pareil pour les carrières des femmes qui ont été incomplètes. Donc je pense qu'il faut augmenter le minimum vieillesse.
Mais je pense que c'est toutes les retraites qu'il faut réindexer. – Oui, mais il y a des problèmes, vous savez mieux que nous, de finances de la France.
– Eh bien, c'est pour ça qu'il faut arrêter aussi d'arnaquer et d'entourlouper les Français en leur disant qu'on va pouvoir vivre beaucoup plus vieux, beaucoup plus longtemps, qu'on va pouvoir rester chez soi beaucoup plus longtemps aussi, parce qu'on aura une assurance de prévention de la dépendance, qu'on aura des soins à domicile, qu'on pourra avoir tout ça. Et qu'en même temps, contrairement à tous nos voisins européens, on peut garder la retraite à 62 ans. Il y a une entourloupe, ça ne marche pas, les calculs ne font pas juste. – Il faut la mettre à 65 ans, ce que vous préconisez.
– Il faudra progressivement repousser l'âge de la retraite, parce qu'il faudra garantir que les retraités, après, ils auront un pouvoir d'achat jusqu'à la fin de leur jour. Et j'ajoute que c'est vraiment important de dire…
– Mais c'est une mesure pas très populaire, lorsque vous regardez les sondages, tous les sondages, ils vont dans le même sens. – Personne n'a envie de reculer l'ordre de la retraite.
– Et bien, si c'est ça, ça veut dire que la retraite à point que nous prépare le gouvernement, ce sera une retraite à point dans lequel le point pourra changer de valeur et qu'à terme, les retraites baisseront. Et bien, moi, je ne m'engagerai pas dans une réforme des retraites dans laquelle je dis aux Français, vous allez cotiser, et à la fin, peut-être, vos retraites baisseront. Parce que ça, pardon de le dire, mais les Français ont le droit à une retraite garantie.
– Donc vous préférez qu'ils partent à la retraite un peu plus tard, mais qu'au moins, ils aient une retraite décente. – Exact, mais ils aient une retraite garantie avec un pacte de conflit. – Qu'ils ne changent pas et qu'ils ne soient pas une variable d'ajustement.
– Mais les Français comprennent qu'il y a une entourloupe, ils le comprennent, simplement, c'est vrai que ce n'est pas très populaire de leur dire la vérité, tout simplement, Mme Chaudillon. – La vérité qui est que, dans tous les pays du monde, aujourd'hui, on repousse l'âge de départ. Alors, j'ajoute que si on le fait, il faudra prendre en compte la pénibilité de manière radicalement différente. Parce que ce n'est pas la même chose d'avoir été ouvrier sur un chantier quand le corps lâche, le corps lâche. Je veux dire, on ne peut pas imaginer que des personnes qui ont des métiers
très difficiles travaillent jusqu'à 65 ans. – Bon, ça, ça n'est pas possible. – Je voudrais reprendre un instant, peut-être sur la région Île-de-France, en l'occurrence, Charles de Gaulle Express, le train des riches, disent certains. Comment faire pour convaincre les gens que ce qui va être peut-être un plus formidable, en tous les cas, pour les touristes qui vont venir à Paris…
– Qui permettra de rejoindre l'aéroport Charles de Gaulle et le cœur de Paris.
– Voilà, ne s'en fera pas au détriment du RERB, en l'occurrence, c'est ce que redoute beaucoup, évidemment, d'élus franciliens et parisiens.
– Moi, j'ai tiré le signal d'alarme très vigoureusement, parce que relier directement Paris à Roissy par un train direct, c'est, à mon avis, un outil d'attractivité très fort pour les capitales. – Surtout, avant les grandes capitales du monde, Londres, Stockholm, Moscou, ont maintenant mis en place des trains directs pour l'aéroport. Donc, c'est un outil d'attractivité très puissant, donc de création d'emplois. Donc, moi, je suis favorable à ce CDG Express. Mais, ce que j'ai dit, c'est qu'aujourd'hui, la situation des transports, 30 ans de sous-investissement, font qu'il y a une ligne qui, aujourd'hui, va à Roissy, qui s'appelle le RERB.
Il y a 900 000 franciliens qui la prennent tous les jours, 900 000 voyageurs. – Comment concilier les deux ? – En détendant le calendrier. – Oui, mais il y a des Jeux olympiques 2024. – Eh bien, tant pis pour les Jeux olympiques, franchement. – On a pris des engagements, Madame Chevrillon, mais moi, j'ai une proposition à faire. – Oui. – On fait, on prend le RERB. Vous savez, les Jeux olympiques, c'est au mois d'août. – Oui. – Au mois d'août, les Franciliens prennent des vacances. Donc, il y aura beaucoup moins de monde sur le RERB. Moi, je propose qu'on fasse une offre premium, Jeux olympiques sur le RERB, avec des trains directs. On mettrait les trains neufs.
Ceux que Bruxelles ne veulent pas que je fasse. – Ceux que Bruxelles ne veulent pas mettre.
– Les fameux 100 trains que vous allez revoir.
– Voilà. Et bien, ceux-là, qui sont magnifiques, que tout le monde adore, qui s'appellent les Franciliens, qui sont très beaux, on les mettrait sur le RERB et on ferait des lignes directes. – Sans arrêt. – Sans arrêt.
– Sans arrêt. – Paris. – C'est une sorte de Charles de Gaulle Express. – Voilà. – Pour une solution.
– En utilisant le RERB. Et entre-temps, on rénove le RERB. C'est ma priorité absolue. Les usagers du RERB, les voyageurs du RERB, voyageurs des conditions indiques.
– Une question est déchirée. – Une question rapide, enfin deux questions rapides. – Et le gouvernement, là encore, vous avez vu le décalage.
– Monsieur Macron, qui dit transport du quotidien, et puis qui, après, nous dit, ah ben non, c'est déjà exprès,
c'est le RERB. – Valérie Pécresse, est-ce que vous avez des chiffres sur ce que le Brexit, entre guillemets, va rapporter à l'Île-de-France ? Il y a combien d'entreprises qui se sont délocalisées, relocalisées en Île-de-France ?
– Sur le Brexit, ce que je veux d'abord dire, c'est que ce serait dramatique d'avoir un Brexit sans accord. Ce serait dramatique pour la Grande-Bretagne, mais ce serait aussi dramatique pour la France, pour nos pêcheurs, pour nos ports, pour nos industriels. Donc moi, je ne souhaite pas un Brexit sans accord. Il faut absolument qu'un accord soit signé pour avoir une sortie de l'Union européenne de la Grande-Bretagne qui soit ordonnée. Mais la décision de la Grande-Bretagne de sortir de l'Union européenne aura des conséquences aussi favorables sur la France si on s'en donne les moyens. – Est-ce que vous avez les chiffres ? – Oui.
En Île-de-France, nous avons déjà 90 entreprises basées à Londres qui ont annoncé leur décision de relocaliser de l'emploi en Île-de-France. 90. Et nous sommes en prospect avec 220, 130 entreprises supplémentaires qui envisagent de revenir en France, en Île-de-France en l'occurrence, à cause du Brexit. Et là, je parle du Brexit financier. Mais derrière, il y a aussi le Brexit de la recherche et du développement. Donc les chercheurs qui vont revenir, les laboratoires de recherche. Et il y a aussi le Brexit industriel, avec la possibilité de remettre des usines dans les Hauts-de-France, en Normandie, en Aquitaine, dans toutes les régions limitrophes de la Grande-Bretagne.
– Et je veux dire, vous vouliez poser une dernière question sur Carlos Ghosn. – Une dernière question. Puisque vous avez été à Bercy, est-ce que vous s'estimez que Bercy soutient suffisamment et défend suffisamment Carlos Ghosn ?
– C'est difficile pour la France de s'insérer dans le fonctionnement de la justice d'un pays tiers. Donc, bien sûr, nous devons respecter la souveraineté japonaise. Mais il y a un principe, qui est un principe fondamental du droit, qui est la présomption d'innocence. Et il semble que cette présomption d'innocence ne soit pas totalement respectée, qui est plutôt une présomption de culpabilité, en l'occurrence.
– Merci. Et tout de suite, le mot de la fin. – Une toute petite question sur Paris, puisque la bataille a été lancée et qu'au sein de la droite, il semble que Rachida Dati veuille prendre la tête de la campagne parisienne. Vous la soutiendrez ?
– Moi, ce que je souhaite, et je l'ai dit à Rachida Dati, mais je l'ai dit aussi aux multiples candidats à la candidature, parce qu'il y a aussi Jean-Pierre Lecoq, aujourd'hui Marie-Claire Carre-Hergé, Pierre-Yves Bournazel, je leur ai dit, nous pouvons gagner Paris aujourd'hui. Et c'est indispensable que Paris soit gérée différemment, de manière plus propre, plus sûre, plus attractive, plus écologique.
– Mais est-ce que, malgré tout, vous avez un rôle important, est-ce que vous allez dire que Rachida Dati a votre soutien ?
– Moi, j'ai donné le message, pour gagner Paris, il faut une liste très large de rassemblements de la droite et du centre. On ne peut pas gagner uniquement avec les LR, il faut qu'on fasse un grand rassemblement. Donc moi, ce que je souhaite, c'est un candidat unique. Je souhaite que les Parisiens se prononcent.
– Mais vous ne vous mouillerez pas, vous ne vous mouillerez pas. Vous ne me direz pas, voilà, moi, je pense que ça doit être Rachida Dati, ou je pense que ça doit être Pierre-Yves Bournazel.
– Les Gilets jaunes nous ont exprimé de manière très forte que, dans chaque territoire, c'est la population qui veut s'exprimer, qui veut choisir, qui veut faire ses choix. Moi, ce n'est pas d'en haut qu'on fait les choix. Et Rachida Dati, c'est une bonne candidate, il y en aura peut-être d'autres qui s'exprimeront, mais moi, ce que je souhaite aussi, c'est une alliance, une alliance avec Pierre-Yves Bournazel, dont je rappelle qu'ils siègent dans le même groupe que Rachida Dati au Conseil de Paris. – Ensemble, ils sont ensemble dans le même groupe.
– Donc vous les appelez tous les deux, à trouver.
– Mais ce sera pareil pour les présidentielles. Si la droite veut se reconstruire, elle doit et s'élargir et se réunir.
– Merci beaucoup Valérie Pécresse d'avoir été avec nous. Je rappelle que vous êtes la présidente des Républicains de la région Île-de-France et je retiens cette formule que vous avez eue à propos du gouvernement, dont vous dites qu'en quelque sorte, avec ce grand débat qui s'éternise, il promène le chien, ce qui veut dire qu'il nous promène aussi un peu nous tous, finalement, d'après vous. Merci beaucoup d'avoir été avec nous, merci Edwige Chevrillon. Dans un instant, c'est Affaire suivante sur BFM TV et pour ma part, je vous retrouve à 18h pour « Et en même temps ». A tout à l'heure.
– Sous-titrage ST' 501
Valérie Pécresse