Allocutions du Président Emmanuel Macron et de Sa Sainteté le Pape Léon XIV.
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- 3:43PrésentateurPromesse
« nous avons œuvré, après le terrible incendie de Notre-Dame de Paris, pour qu'elle puisse être rebâtie en cinq ans et rendue non seulement aux catholiques, mais à tous les Français et au-delà encore au monde entier. »
- 11:02PrésentateurFait
« vous lui avez consacré l'encyclique magnifica humanitas »
- 18:08Invité politiqueFait
« la France brille comme un phare culturel, artistique et spirituel, non seulement en Europe, mais aussi dans le monde. »
- 24:24Invité politiqueFait
« il m'est apparu indispensable d'aborder dans ma première lettre encyclique le thème de l'intelligence artificielle. »
- 33:53Invité politiqueChiffre
« a permis d'apporter un soutien à plus de 260 établissements d'enseignement au Moyen-Orient, y compris à sept universités au Liban et à l'université de Bethlehem. »
- 35:19Invité politiqueFait
« comme l'affirmait déjà en sautant mon saint prédécesseur Jean XXIII, »
- 35:29Invité politiqueFait
« qu'on arrête la course aux armements. »
- 35:32Invité politiqueFait
« la réduction parallèle et simultanée de l'armement existant dans les divers pays. »
- 35:40Invité politiqueFait
« La proscription de l'arme atomique est enfin le désarmement d'humains effectués d'un commun accord est accompagné de contrôles efficaces. »
- 35:56Invité politiqueFait
« la conviction erronée que la possession de l'arme nucléaire serait un gage de sécurité, »
- 36:09Invité politiqueFait
« la paix n'est pas un équilibre de force, »
- 36:12Invité politiqueFait
« elle se construit chaque jour par le dialogue et la justice. »
- 36:47Invité politiqueFait
« la France a la vocation de démurer un artisan infatigable du paix et du multilatéralisme, »
- 37:04Invité politiqueFait
« les sillons d'une paix désarmée et désarmante »
- 38:05Invité politiqueFait
« une Église prétendant se désintéresser des questions temporelles n'irait pas au bout de sa vocation »
- 38:15Invité politiqueFait
« un Président de la République prétendant se désintéresser de l'Église et des catholiques manquerait à son devoir. »
Temps de parole
- Emmanuel Macron54 %
- Présentateur31 %
- ?15 %
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Très
Saint-Père,
Mesdames
et Messieurs, en vos grades et qualités,
c
'est pour
la
République française un grand honneur
et
aussi une grande joie que de vous accueillir aujourd'hui sur notre sol.
Un
grand honneur et une grande joie en ce que, confrontés souvent au spectacle des misères du monde, beaucoup de nos compatriotes ressentent,
avec
votre visite en France, une espérance.
Oui,
comme il est dit dans l'Ecclésiaste, il ne faut pas s'attrister comme ceux qui n'ont pas d'espérance
et
c'est un sentiment, je le sais, que vous partagez.
Vous
voici,
18
mois après le commencement de votre pontificat,
et
vous voici pour un temps long
que
vous nous offrez et qui nous touche.
C
'est ici que débute ce chemin de foi, si j'ose dire, qui va vous mener du cœur de Paris à Notre-Dame,
de
l'Elysée à l'UNESCO,
de
la place de la Concorde à Saint-Denis,
du
Stade de France à la Maison Bakhita,
de
Lourdes, ville de Bernadette-Soubirous,
à
Metz, Carrefour des mémoires chrétiennes de notre Europe. Autant d'étapes
qui
disent votre lien personnel avec notre pays.
Très
Saint-Père, nous sommes fiers de vos racines normandes,
et
vous verrez que nous avons même trouvé des racines béarnaises et bigourdanes.
Autant
d
'étapes, comme
autant d'épisodes qui racontent aussi cette histoire si particulière
qui
lie le christianisme à notre pays. Histoire deux fois millénaire dont témoignent ces paysages de France, parsemés de cathédrales, basiliques, églises, monuments venus du fond des âges, inestimables dons de ceux qui nous ont précédés
et
qui se faisaient de notre pays une certaine idée. Il fut long.
Ce
temps où la religion chrétienne, ambitieuse d'être l'architecte de l'universel, guidait nos ancêtres à tailler la pierre, afin de laisser inscrite dans la chaîne des temps la trace visible de leur idéal. Croire,
c
'est créer.
Et
c'est au nom de cet héritage que nous avons œuvré,
après
le terrible incendie de Notre-Dame de Paris,
pour
qu'elle puisse être rebâtie en cinq ans et rendue non seulement aux catholiques,
mais
à tous les Français et au-delà encore au monde entier.
Et
tant de talents, d'artisans, d'apprentis, de bénévoles, s'y sont donnés avec cette espérance chevillée au cœur.
Car
Notre-Dame est une part de nous, un emblème de cette volonté si française d'offrir au monde toutes les beautés que peut engendrer l'esprit humain, dès lors qu'il est ému par un idéal de fraternité universelle.
Oui,
cette histoire deux fois millénaire
a
créé un lien singulier
entre
la France et l'Église catholique.
Et
lorsque la République décida, il y a un peu plus de 120 ans,
de
la séparation entre l'Église et l'État,
elle
donna forme à une laïcité française
qui
n'est nullement la négation de la religion.
La
République se fait un devoir de permettre, à chacune et à chacun en conscience,
de
penser et d'exprimer son point de vue dans toutes les sphères de son existence, de croire ou de ne pas croire,
dans
l'intimité comme dans la sphère publique,
à
condition d'en respecter les lois.
C
'est dans ce cadre, très Saint-Père,
que
vous solliciterez la conscience de tous les Français
qui
s'associent en pensée et en action à ce que vous représentez,
à
eux,
à
tous ceux qui, en France comme ailleurs, sont attentifs à ce que vous avez à dire au monde, et je m'en réjouis.
La
République veille aussi.
Depuis
15 ans, les actes commis à l'encontre de personnes ou de biens en raison de leur religion ont malheureusement connu une recrudescence.
Et
ces insupportables démonstrations d'intolérance frappent la religion chrétienne au cœur.
Les
communautés juives
et
musulmanes en sont aussi victimes.
Et
c'est un combat essentiel
que
nous menons et mènerons
pour
protéger les lieux de culte, continuer de former les esprits à la tolérance, en même temps que nous encourageons le dialogue interreligieux si vivant dans notre pays.
La
quête de la paix
sur
tous les fronts est une nécessité existentielle.
Et
il n'est pas un catholique qui ne puisse être sensible à ce combat pour le bien commun.
Et
j'ajouterai,
pas
un juif,
pas
un musulman, pas un protestant,
ni
un orthodoxe, ni un bouddhiste.
Il
n'est personne en France, croyant ou non, qui puisse refuser de faire sienne cette quête.
La
paix
est
aussi cet horizon pour lequel nous œuvrons ensemble.
Vous
avez placé les premiers mois de votre pontificat sous le signe d'une paix désarmée et désarmante. Exigence qui prend une force particulière alors que la guerre meurtrit notre continent
et
que partout, tensions et conflits ressurgissent. Exigence qui rappelle aussi que la paix est davantage que le silence des armes
et
qu'elle suppose justice, sécurité, respect des droits de l'homme, souveraineté des nations et droits des peuples à disposer d'eux-mêmes.
Et
plus fondamentalement,
la
capacité à reconnaître l'autre pour ce qu'il entend être.
La
France se tient du côté de la paix,
du
multilatéralisme d'action, du respect du droit international et de la Charte des Nations unies. Et nous nous y tenons partout,
sans
double standard, avec cohérence et constance,
car
une vie vaut une vie et tous les peuples sont à défendre.
Ce
combat pour la paix est inséparable de celui pour la dignité humaine et la lutte contre les injustices. Partout, ce sont toujours les plus fragiles qui paient le prix des crises et des conflits,
qui
contraignent tant de femmes et d'hommes à fuir leur pays.
À
la maison Bakhita, vous rencontrerez celles et ceux qui accueillent les exilés, les plus pauvres, les plus isolés.
Là
encore, la République et l'Église croisent souvent les mêmes visages.
Le
visage de ceux qu'il nous faut voir en face,
le
visage de ceux dont la voix peine à porter,
de
ceux qui nous rappellent l'exigence de fraternité, celle-là même
qui
fait de l'autre son frère en République,
cette
attention que nous devons aux plus fragiles.
Et
je veux saluer ici l'engagement quotidien
de
tant de Français, de bénévoles, d'associations, et notamment chrétiennes, qui servent quotidiennement
leurs
prochains. Leur dévouement, leur solidarité disent un formidable élan d'espoir. comme je veux saluer l'engagement de tous ceux
qui
contribuent à l'éducation de nos enfants,
qu
'il s'agisse
de
l'enseignement public ou de l'enseignement privé dans notre pays.
Tous
sont aussi
au
service de la défense du bien commun que nous partageons par-delà les frontières, notre planète
et
le vivant.
C
'est pour cela que la France a porté l'accord de Paris il y a 11 ans. et s'est battu pour obtenir l'accord sur les océans
l
'année dernière.
C
'est pour cela aussi que nous continuons de défendre le pacte de Paris pour les peuples et la planète afin que nul pays n'ait à retarder sa transition faute de moyens ni à choisir entre son développement et la préservation de la planète et du vivant. climat et biodiversité irriguent les choix de notre siècle.
L
'Église catholique avec le pape François puis avec vous-même l'a toujours rappelé sans ambiguïté.
Nous
vous en rendons grâce.
Ce
n'est pas seulement affaire de technologies ou d'ajustements.
Cela
relève notre manière d'habiter le monde d'y produire
de
consommer
de
concevoir ensemble la voie du progrès humain. Telle est notre responsabilité commune
et
elle ne s'arrête pas là.
Les
ruptures technologiques de notre époque risquent d'engendrer des ruptures anthropologiques inédites. L'être humain ne doit pas être lié par le numérique mais libéré. Question vertigineuse pour notre génération parce qu'elle touche non seulement à ce que nous faisons
mais
plus encore à l'essentiel à ce que nous sommes.
L
'intelligence artificielle bouleverse déjà le travail, la création, la recherche, l'éducation, l'information, le lien social. Elle décuple nos capacités mais substitue la prédiction au jugement,
la
performance à la conscience
et
nous conduit à déléguer une part de notre liberté. Dès les premiers mois de votre pontificat,
vous
lui avez consacré l'encyclique magnifica humanitas
et
ce message est essentiel.
Face
à la puissance de la machinerie numérique,
l
'être humain doit garder la place qui est la sienne.
L
'intelligence artificielle doit être un serviteur et non un maître. La révolution numérique doit entraîner
et
non enchaîner.
La
responsabilité nous revient donc
de
ne pas permettre que les modèles les plus performants
ne
se retrouvent entre quelques mains
qui
auraient à décider pour toute l'humanité
ni
que ces avancées les plus exponentielles
ne
nous conduisent à perdre le contrôle.
C
'est pour cela que nous devons trouver la voie d'une organisation internationale réconciliant progrès technologique, justice et humanisme.
De
la même manière, comme nous sommes en train de le faire pour les réseaux sociaux, il nous faut protéger nos enfants
et
accompagner nos adolescents.
Leur
développement affectif et cognitif
suppose
en effet de les protéger
pour
pouvoir transmettre
et
les préparer à la vie.
La
lecture,
l
'apprentissage, les arts et la culture,
le
sport et le temps avec les autres sont des trésors à leur donner et à protéger des écrans, des algorithmes
comme
des chatbox.
Protéger
nos enfants, accompagner notre jeunesse dans ces interrogations
et
accueillir son besoin de sens et son engagement
sont
nos plus beaux devoirs.
La
veillée des jeunes que vous présiderez au Stade de France aura une force toute particulière.
Des
milliers de jeunes y seront en demande d'une parole de responsabilité et de lucide espérance.
Leur
soif d'engagement dit toute leur vitalité.
Ils
ne demandent pas qu'on leur promette un monde facile,
ils
demandent à pouvoir bâtir un monde meilleur.
Très
Saint-Père,
lors
de votre visite, vous allez rencontrer la France,
pays
de la diversité, comme le disait l'un de nos plus grands historiens, Fernand Brodel.
Et
c'est précisément parce qu'elle est patrie de liberté et d'esprit
que
la France est diverse, nation qui nourrit une passion particulière pour le débat permanent.
Ainsi
faut-il la considérer
pour
bien l'aimer.
Les
grands débats sociaux et sociétaux de ces dernières années en attestent,
l
'éthique est l'un de nos grands sujets français.
Où
est la frontière entre le bien et le mal ? Comment concilier les progrès technologiques, notre conscience, notre attachement à la dignité humaine
?
Ainsi sommes-nous attentifs toujours
à
toutes les réponses qui peuvent être apportées à ces questions fondamentales.
Et
soyez assurés, très Saint-Père,
que
tous les Français,
moi
le premier, vous écouteront avec le plus grand intérêt.
Je
veux vous redire mon attachement à cette écoute qui a pour vocation de nourrir un dialogue exigeant
avec
l'Église catholique
comme
avec tous les autres cultes, avec les croyants
comme
avec les non-croyants, avec toutes les traditions philosophiques et humanistes qui font notre pays.
Parce
que la République ne craint pas les consciences libres,
parce
que notre nation est forte du dialogue nécessaire entre toutes les opinions.
en
demeurant fidèles à notre humanisme,
notre
attachement à la dignité humaine, en fondant nos décisions sur la science tout en veillant aux plus fragiles.
Très
Saint-Père, je forme le vœu
que
ces quelques jours
vous
permettent de rencontrer la France dans toute sa vérité,
ses
forces, sa diversité,
ses
débats.
Une
France empreinte de spiritualité et cherchant toujours l'universel.
une
France émancipée, attachée à son projet de liberté, d'égalité et de fraternité, diverse
et
unie.
Une
France engagée, sensible à votre présence
et
dont vous sentirez la ferveur.
Très
Saint-Père,
c
'est cette France qui vous reçoit aujourd'hui
avec
beaucoup d'humilité, avec beaucoup d'honneur
et
une très grande joie. Soyez le bienvenu.
Présent, veuillez suivre l'allocution de sa sainteté, le pape Léon XIV.
Monsieur
le Président, distingué autorité, membres des codes diplomatiques, mesdames et messieurs,
c
'est pour moi une grande joie d'être parmi vous aujourd'hui.
Je
vous suis particulièrement reconnaissant, Monsieur le Président, de votre cordiale invitation à venir visiter la France
et
je vous remercie des paroles de bienvenue que vous venez de m'adresser.
À
travers vous, je salue aussi tous ceux et celles qui habitent ce pays, au vaste patrimoine moine culturel et religieux.
Ils
forment ensemble un peuple au sein duquel la diversité des origines contribue à vivifier la vie démocratique
et
enrichit l'art de vivre ensemble.
Je
tiens également à vous assurer, Monsieur le Président, mesdames et messieurs,
que
la France est très souvent au cœur de la prière du pape
qui
n'oubliait pas ses origines familiales normandes et bernaises.
Ma
visite
en
France commence par la capitale de votre pays, Paris, souvent désignée comme la ville d'Houmière. Depuis des siècles, la France brille comme un phare culturel, artistique et spirituel,
non
seulement en Europe,
mais
aussi dans le monde.
Forte
de ses écoles cathédrales, de ses universités, de ses académies,
l
'use essentielle des recherches de la vérité,
la
France a contribué à forger l'intelligence des populations,
bien
au-delà de ses frontières.
L
'illumination d'esprits d'exception français
qui
était en même temps du grand catholique, souligne combien les sciences, les arts, la littérature, la philosophie peuvent concourir au bien de l'humanité dès lors qu'ils sont orientés vers la recherche du beau, du bien et du vrai, afin que le monde ait la vie.
Le
savoir-faire français est synonyme d'excellence dans de nombreux domaines.
Il
s'est notamment illustré
de
manière remarquable dans le vaste chantier de restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Aucun nombre d'institutions, tant privées que publiques, ont, dès les débuts, participé.
Et
à laquelle vous avez, Monsieur le Président, réservé une attention particulière.
C
'est donc je vous remercie.
Je
salue avec reconnaissance
tous
les artisans et corps des métiers qui s'y sont investis.
La
récente réouverture de la cathédrale à la célébration du culte divin
comme
aux visiteurs du monde entier
n
'est pas seulement le coronement d'une prouesse technique,
mais
le symbole d'une espérance retrouvée. La preuve que ce que l'on croyait détruit n
'a
jamais pourraînâtre grâce à la collaboration de chacun
et
le témoignage d'une unité réalisée dans l'effort commun.
Un
si bel accomplissement doit inspirer à tous les acteurs de la vie politique, sociale et religieuse du pays une nouvelle et l'âme pour ouvrir sans cesse d'un esprit d'unité
avec
la force d'une vivante espérance.
La
France est aussi
une
terre aux riches racines chrétiennes.
Depuis
Saint-Irénée et le baptême de Clovis,
l
'âme de votre patrie s'est déployée en puissant dans le christianisme, un génie spirituel, culturel, intellectuel, artistique et missionnaire
qui
rayonne aujourd'hui à travers le monde.
C
'est ainsi que dans la France du XVIe siècle, s'est épanoui l'humanisme qui cherchait à unifier l'héritage greco-romain
et
la foi chrétienne.
Au
célèbre pensée de la Renaissance
puis
du Grand siècle, feront suite ceux des Lumières,
la
France apportant alors un monde des véritables conquêtes,
parmi
elles, la reconnaissance des droits de l'homme inscrits dans la nature de la personne humaine,
en
particulier la liberté religieuse.
Cette
attention permanente
à
la dignité inhérente à toute personne humaine
trouve
un écho dans votre devise nationale.
La
liberté,
l
'égalité
et
la fraternité
ne
sont pas des simples mots gravés sur les frontons de vos édifices
publics, mais
renvoi à des exigences éthiques universelles
qui
trouvent aussi dans le message évangélique une source inépuissable d'inspiration et d'accomplissement.
la
déclaration universelle des droits de l'homme
qui
fut proclamée dans cette ville de Paris
et
où les juristes français et prix Nobel de la paix René Cassin
jouant
un rôle de premier plan dans son élaboration
a
eu pour but de créer une conscience générale de la dignité inaliénable de la personne humaine.
Saint
Jean-Paul II
qui
considérait ce document comme un véritable et puer milliard sur le chemin du progrès moral de l'humanité
avait
conscience que toute menace contre les droits humains
aussi
bien dans le cadre des biens matériels que dans celui des biens spirituels
est
également dangereuse pour la paix
car
elle touche toujours l'homme dans son intérilité.
La
question du respect de la dignité humaine
et
des droits et libertés fondamentaux qui dérivent de la nature humaine
suppose
à toute époque
et
doit accompagner les évolutions de la société et du progrès technique.
En
effet,
au
fil des siècles,
le
développement technologique a contribué à une amélioration significative des conditions de vie de l'humanité.
En
même temps, chaque étape du progrès a également révélé la face ambiguë d'utiles susceptibles de causer du tort lorsqu'ils ne sont pas mis au service du bien.
Déjà,
en son temps, Georges Bernano percevait le risque de voir l'obéissance à Weigle et irresponsabilité devenir maître
d
'un paradis des machines.
Il
soulignait comment, pour leur échapper, la civilisation française avait, au contraire, travaillé pendant des siècles à former des hommes libres, pleinement responsables des deux actes.
Pour
cette raison,
il
m'est apparu indispensable d'aborder dans ma première lettre encyclique
le
thème de l'intelligence artificielle
afin
de replacer la personne humaine au cœur de toute réflexion.
Pour
ne pas perdre notre humanité au milieu du paradis des machines
qui
envahissent et conditionnent notre quotidien,
il
est urgent d'informer les esprits
à
un discernement d'éthique
capable
de voir ce qui est moralement bon.
Cette
exigence est requise pour reconnaître le bien véritable qui fait grandir l'homme selon sa vocation première, dans le respect inconditionnel de sa liberté intérieure
et
de sa dignité sacrée.
A
cet égard,
je
voudrais rappeler
qu
'une société authentiquement libre n'impose pas l'uniformité
mais
protège la diversité des consciences
en
prévenant les dérives autoritaires
et
en favorissant un dialogue éthique
qui
enrichit le tissu social.
Ce
dialogue est d'autant plus aux gens dans le contexte de la France d'aujourd'hui
où
des personnes de différentes appartenances culturelles et religieuses
sont
appelées à vivre ensemble
et
à donner leur contribution à l'édification de la société.
C
'est justement grâce à la richesse de son tissu social
que
depuis des siècles
la
France se distingue par une attention à la diversité
et
un fort désir de solidarité.
Par
l'œuvre enseigne d'hommes et des femmes des murets fidèles à leur humanité
et
au value de l'Évangile,
l
'Église catholique en France,
n
'a cessé d'œuvrer pour les biens des plus démunis, se faisant du visage vivant de la tendresse et de la compassion de Dieu.
Pensons
aux œuvres de Saint-Vessant-Dépaule,
aux
rénovations caritatives du XVIIe siècle
et
aujourd'hui encore aux nombreuses institutions catholiques
où
des soignants accompagnent nos frères et soeurs fragilisés par la souffrance. Leur témoignage d'attention et de service constitue une véritable école d'humanité sur la grandeur des soins
et
un rappel vibrant de la valeur unique
et
irréplaçable de chaque être humain.
Ils
sont aussi une invitation à la fraternité renouvellée
qui
nécessite d'apprendre à accouiller la vie sans condition,
à
soutenir la fragilité avec tendresse, accompagner avec respect
et
dans la confiance réciproque
chaque
étape de l'existence
et
à défendre avec courage et compassion ceux qui n'ont pas de voix ou qui ne se sentent
pas
suffisamment soutenus.
C
'est pourquoi je réaffirme
avec
force que la protection du droit à la vie constitue les fondements incontournables de toute autre droite humaine.
Il
existe de nos jours
la
tentation d'attendre de la science une solution et une consolation à toutes nos souffrances.
Le
risque est souvent de tomber dans l'illusion.
Lorsque
la science et la technologie ne sont pas éclairées par la conscience, elles peuvent proposer des solutions immédiates
qui
semblent répondre aux désirs et aux dolors des hommes et des femmes
mais
qui, en réalité, peuvent gravement les détourner du bien auquel ils aspirent profondément.
Je
constate parfois avec préoccupation
les
dérives actuelles des sociétés qui risquent de détourner la science et la technologie en entreprises lucratives favorisant les manipulations génétiques,
la
gestation pour autrui,
l
'achat d'organes
ou
l'offre d'une mort programmée.
n
'oublions pas que le respect mutuel
et
la protection de la vie de toute personne humaine
est
une responsabilité de chacun et de tous
qui
commence par une conversion de l'intelligence et du cœur
et
qui nécessite un engagement réel et désintéressé envers nos frères et soeurs.
Comment
ne pas voir aussi dans un tel engagement l'expression de la juste laïcité de la citat terrestre
? Les
chrétiens impliqués dans la vie publique
et
agissant selon la lumière de sa conscience éclairée par la foi
ne
peuvent être considérés comme un prosélytiste ou une menace à l'unité de la patrie.
En
effet,
la
véritable laïcité n'exclut pas la dimension religieuse,
mais
c'est au contraire en tirer parti comme d'une ressource éducative.
C
'est précisément la raison pour laquelle l'école catholique a toute sa place dans le passage éducatif d'un pays comme la France.
Cela
s'inscrit d'ailleurs dans une attitude plus large, indispensable et à tout dialogue,
à
l'école comme dans la société, connaître et aimer ce qu'on en est
pour
savoir aller à la rencontre de l'autre
avec
respect et au futur d'esprit.
Une
juste laïcité
ne
consiste donc pas à exclure la religion du espace public
ou
de l'éducation,
mais
à travailler pour que l'État et les institutions religieuses dialoguent ensemble et unissent leurs forces au service du bien commun
pour
que le monde ait la vie.
À
cet égard,
je
salue le travail effectué dans le cadre de l'instance de dialogue entre le Saint-Siège, l'Église catholique en France et le gouvernement français.
Du
fait, l'infatigable œuvre de l'Église catholique
à
travers la richesse de ses expressions et d'institutions
est
assurément précieuse et louable pour le bien-être de toute la société.
Toutes
les chances illustrent très heureusement cette saine complémentarité qu'il faut réaffirmer lors du Concile Vatican II,
en
ce sens que la communauté politique et l'Église, quoiqu'il y
a
des titres divers,
sont
au service de la vocation personnelle et sociale des mêmes hommes. Elles exerceront d'autant plus efficacement ce service
pour
le bien de tous qu'elles rechercheront davantage entre elles une sainte coopération.
Je
constate également avec joie que cette même volonté de servir ensemble toute personne
quelle
que soit de son origine inspire depuis des siècles la coopération entre la France et l'Église catholique au service des chrétiens d'Orient.
L
'action éducative, sociale, culturelle et humanitaire menée dans les pays du Moyen-Orient
en
lien avec diverses associations telles que l'aide à l'Église en détresse aux l'œuvres d'Orient
et
une précieuse contribution au dialogue entre les peuples et au soutien des droits de toute personne.
Il
y a là un témoignage éloquant
où
culture et foi se présentent comme les piliers qui favorisent l'harmonie entre différents peuples et religions pour le service de la paix et de la médiation entre les hommes.
Ici
également,
l
'éducation constitue un enjeu particulièrement important.
Elle
demeure du fait l'un des principaux domaines de coopération,
trouvant
notamment une expression concrète et féconde à travers les fonds pour les écoles d'Orient.
À
Souchuzé, je souhaite exprimer ma reconnaissance
à
toutes les personnes investies dans ce projet
qui,
depuis sa fondation en 2021, a permis d'apporter un soutien à plus de 260 établissements d'enseignement au Moyen-Orient,
y
compris à sept universités au Liban et à l'université de Bethlehem.
Mais
comment évoquer cette région du monde
où
est née les princes de la paix il y a 2000 ans, sans penser aussi à toutes ces populations affectées par les conséquences du conflit
et
à tous ceux qui sont affligés par le fléau de la guerre
? Nous
ne pouvons pas rester indifférents
devant
de telles souffrances qui blessent la dignité humaine et créent justice à Dieu.
La
gravité de ces situations doit nous interpeller et appeler chacun
là
où il se trouve à une véritable conversion du cœur
et
à un changement d'attitude.
C
'est en reconnaissance humblement du besoin que nous avons les uns des autres
que
nous pourrons ensemble ouvrir davantage à la construction de la civilisation de l'amour
au
cœur de notre monde devenue si complexe et interdépendante.
En
même temps, comme l'affirmait déjà en sautant mon saint prédécesseur Jean XXIII,
la
justice, la sagesse, le sens de l'humanité réclament qu'on arrête la course aux armements.
Elle
réclame la réduction parallèle et simultanée de l'armement existant dans les divers pays.
La
proscription de l'arme atomique
est
enfin le désarmement d'humains effectués d'un commun accord est accompagné de contrôles efficaces.
En
effet, se répand de plus en plus la conviction erronée que la possession de l'arme nucléaire serait un gage de sécurité,
ce
qui alimente une nouvelle course aux armements difficilement contrôlables.
or,
la paix n'est pas un équilibre de force,
elle
se construit chaque jour par le dialogue et la justice.
Je
vous exhorte donc à ne jamais vous résigner à la perspective d'une guerre
en
la considérant comme inévitable, mais à promouvoir son relâche du dialogue et la diplomatie
afin
de préserver des sociétés pacifiques, respectueuses de la dignité et des droits de la personne et des peuples. Face au bruit des bottes et aux crises multiformes qui ébranlent notre monde,
la
France a la vocation de démurer un artisan infatigable du paix et du multilatéralisme,
notamment
au sein de notre chère Europe.
Puisse
la France dans la fidélité à ses valeurs
crescer
les sillons d'une paix désarmée et désarmante
et
offrir avec responsabilité sa contribution irréprassable en faveur de la paix.
Que
votre liberté grandisse sans cesse dans le souci du bien commun.
Que
votre fraternité embrasse l'humanité toute entière
et
que l'égalité à laquelle vous aspirez s'establisse toujours sous les fondaments de la justice et de la charité
sans
supprimer les différences entre les personnes
mais
en les faisant fructifier harmonieusement
au
profit de la société toute entière.
Monsieur
le Président, Mesdames et Messieurs,
je
désire une fois encore vous exprimer ma gratitude pour cette rencontre qui pourrait prendre les paroles significatives pour chacun prononcées par Votre Excellence aux évêques de France en 2018.
Je
souligne combien une Église prétendant se désintéresser des questions temporelles n'irait pas au bout de sa vocation
et
qu'un Président de la République prétendant se désintéresser de l'Église et des catholiques manquerait à son devoir.
Soyez
assurés de ma févente prière pour votre belle nation.
Que
Dieu lui conseille de la paix
l
'unité et la prospérité afin que le monde ait la vie.
Je
confie ces mots à l'intercession maternelle
de
la bienheureuse Vierge Marie patron principal de la France.
Que
Dieu bénisse la France et tous les Français.
Les
questions sont à présent terminées.
Nous
vous demandons à nouveau de bien vouloir rester à vos places. Merci. Salut
les pompiers et les artisans.
Emmanuel Macron