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interviewRTL — L'invité de 7h40 (sur Podcast)· 27 mai 2026 13 min

"C'est une barbouzerie" : sur RTL, Éric Ciotti demande "qui a payé ceux qui ont suivi Charles Alloncle" et son assistante parlementaire, présentée comme sa compagne

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Thomas Soto, RTL Matin. Il est le nouveau maire de Nice et il est toujours pour l'instant le chef des députés UDR à l'Assemblée. Éric Ciotti est donc l'invité d'RTL Matin. Bonjour et bienvenue sur RTL Eric Ciotti. Dis donc, c'est l'austérité chez vous à Nice. Depuis que vous êtes maire, vous taillez dans les dépenses.

0:15
Éric Ciotti

Austérité, je ne sais pas, mais gestion utile, efficace, prudente, sérieuse, rigoureuse de l'argent public. On ne peut pas faire n'importe quoi avec l'argent public et c'est la ligne que j'ai mise en oeuvre à Nice en réduisant les dépenses qui ne servent à rien, des subventions qui étaient du gaspillage. Quand on donne, quand on a au cabinet 50 véhicules, quand on a un appartement pour avoir un bureau du maire dans le 7ème arrondissement de Paris, quand on donne à une société privée plus de 2 millions d'euros pour faire une course, une journée par an, multipliée chaque année. Tout ça, ce sont des exemples d'une forme de dérapage, de gabegie. Ça veut dire quoi ?

Les Niçois sont très sensibles à cela, comme le sont les Français. Ça veut dire que dans un pays où on paye le plus d'impôts au monde, on exige une rigueur dans la dépense publique. Et cette rigueur dans la dépense publique, elle a une contrepartie, c'est que nous avons baissé immédiatement les impôts de plus de 50 millions d'euros à Nice. Donc on démontre qu'on peut, et c'était mon premier objectif, mon premier engagement, diminuer massivement la fiscalité de presque 15% et le faire grâce à une meilleure gestion de l'argent public.

1:37
Présentateur

Vous me rappelez un petit peu Jacques Chirac ce matin qui disait je veux faire pour la France ce que j'ai fait pour Paris. Est-ce que ces économies drastiques, c'est un avant-goût de ce que sera votre programme si le RN avec Jordan Bardella ou Marine Le Pen entrait à l'Elysée l'an prochain ?

1:50
Éric Ciotti

C'est ce qu'il faut faire pour le pays, je crois qu'on n'a pas le choix. On vient d'écouter l'édito de François Langlais. On a un problème de compétitivité majeure. On produit moins et quasiment plus dans certains secteurs avec la désindustrialisation. Parallèlement, les salaires sont très faibles en France. Donc on a un enjeu. Je le redis, on gagne chaque année la Coupe du Monde des impôts. Il faut changer. Et pour changer, il faut dépenser moins et mieux surtout. Parce qu'on a un argent aujourd'hui qui va vers le financement du non-travail. On revient là aussi au diagnostic qui était posé. On ne travaille pas assez parce que le travail ne paie pas assez.

2:29
Présentateur

On n'est pas assez nombreux à travailler plus précisément, ce que disait François Langlais.

2:32
Éric Ciotti

En tout cas, moi je pense qu'on a en gros 660 heures de travail par français aujourd'hui. La moyenne européenne, c'est 770 heures. Donc on a ce sujet et notamment parce qu'il n'y a pas assez d'écart entre ceux qui ne bossent pas et qu'on paye avec des allocations et ceux qui travaillent et qui ont un salaire trop faible parce qu'il y a trop de charges que payent les patrons mais aussi les salariés.

2:54
Présentateur

On n'est pas assez à travailler. Il y a pas mal de zones de flou dans le programme du Rennes dont un qui concerne un sujet très important. C'est celui des retraites notamment. Puisqu'évidemment, si les personnes travaillent plus longtemps, on produira plus de richesses. Vous, vous êtes dans l'équipe Bardella qui est prêt à repousser l'âge légal de départ ou dans l'équipe Le Pen qui maintient qu'il faut un départ à 62 ans et même à 60 ans pour ceux qui ont commencé le plus ?

3:14
Éric Ciotti

Moi, je crois que ce clivage, c'est un clivage qu'installent les journalistes. Ah non, non, non, non. C'est votre jeu, je le vois bien. Ah non, non, non, non, pardon. Et vous êtes dans votre rôle.

3:26
Présentateur

Vous êtes taquin, mais vous savez bien que c'est un sujet majeur. Et vous, vous étiez pour la retraite à 65 ans. Et on sait bien qu'économiquement, ça n'a pas la même signification.

3:33
Éric Ciotti

Et je suis aussi, et c'est le projet de l'UDR, nous avons déposé d'ailleurs un texte en ce sens à l'Assemblée, je suis aussi pour installer une dose de capitalisation. Tous les pays, et notamment ceux de l'Europe du Nord, qui aujourd'hui ont des systèmes de retraite excédentaires, des Pays-Bas, au Danemark, à la Suède, sont ceux qui ont eu le courage, ou la vision, qu'on n'a pas eu en France, d'installer une part de capitalisation. Aujourd'hui, il y a 28 points de cotisation retraite salariale et patronale. On ne propose qu'à terme, il y ait 3 points qui soient réservés par la capitalisation. Oui, mais c'est la solution, Thomas Soto.

On se bat depuis des années sur l'âge de départ, sur l'âge pivot. Moi, je pense qu'il faut un minimum de durée de cotisation. Je l'avais déjà porté dans la primaire en 2021. Je pense qu'il faut une durée minimale de cotisation. C'est combien la durée minimale de cotisation ? Aujourd'hui, on est à 42 annuités. Je pense que, vu l'évolution démographique, il faudra bouger de façon... À combien ? Je n'ai pas de réponse à ce stade.

4:37
Présentateur

En tout cas, ça veut dire, si on monte le nombre d'annuités, mécaniquement, on va faire monter l'âge légal.

4:43
Éric Ciotti

Mais ceux qui ont commencé très tôt aussi, n'auront plus ce coup près. C'est là où il y a une injustice. C'est ce que dit Marine Le Pen, et elle a raison. Quelqu'un qui commence à travailler à 18 ans, si on lui impose un âge de départ à 65, il y a une forme d'injustice. Il va travailler 47 ans. Alors que quelqu'un qui a fait des études qui commence à 28 ans, il part à la même période. Et souvent, sur des métiers qui sont physiquement moins difficiles.

5:12
Présentateur

Quand Sébastien Chenu, vice-président et porte-parole d'URN, dit que la retraite à 60 et 62 ans, c'est un totem de notre programme, est-ce que vous êtes d'accord avec ça ? Est-ce que c'est intouchable ?

5:23
Éric Ciotti

Mais moi, je ne suis pas membre du Rassemblement National. On a une différence... Vous tournez autour du pot. Non, non, non, mais l'UDR, c'est quoi ? C'est une filiation gaulliste. Je considère que mon parti, l'héritier, est le vrai parti de droite aujourd'hui. LR n'est plus un parti droite, c'est un parti macroniste allié au socialisme. On va en parler, mais ce n'est pas du tout ma question. Mais ce que je veux dire, c'est que l'UDR porte un message de liberté. Et nous sommes différents. Il y a des différences. Il y a des divergences. Il y a des nuances. Ce qui nous rassemble est le plus important. On a cette différence sur la question des retraites. Mais je l'ai dit, on l'a assumé.

Moi, je n'ai pas voté à l'Assemblée Nationale. Quand le RN a proposé la suppression de la réforme borne, je n'ai pas voté ce sujet. Donc c'est un sujet qu'il faudra clarifier pour la présidentielle. Je le dis, j'avais soutenu la réforme borne. Contrairement à M. Wauquiez, par exemple. Qui a voté la suspension de la réforme borne à l'Assemblée Nationale ? Si ce n'est les LR. Donc, j'entends qu'on nous donne des leçons, mais qu'on balaye un peu devant... Que ceux qui donnent des leçons balayent d'abord devant leurs portes parce que les actes, c'est eux qui les ont commis.

6:31
Présentateur

Vous savez qu'en cas de victoire de Jordan Bardella, on parle de vous comme d'un Premier ministre potentiel.

6:34
Éric Ciotti

Moi, je n'ai jamais évoqué cette question avec Jordan Bardella. D'abord, on n'anticipe pas les étapes. Il y a une élection à gagner. Et cette élection, elle doit changer le pays. Parce qu'on ne peut pas garder ceux qui nous ont mis dans cet état. Sur le reste, je ne fais pas de politique fiction.

6:55
Présentateur

Ce n'est pas de politique fiction. C'est une question importante, notamment pour les nichois. Je souhaite la victoire. Si le RN gagne dans un an, est-ce que vous accepteriez d'entrer au gouvernement ou est-ce que vous resterez maire de Nice, quoi qu'il arrive ?

7:03
Éric Ciotti

Quoi qu'il arrive, je resterai à Nice. Donc, pas de gouvernement pour vous. Je resterai à Nice. Mais je veux jouer un rôle actif dans cette campagne présidentielle pour le changement. Pour mon pays, on ne peut pas laisser les manettes à ceux qui ont envoyé la France dans le mur. Et on ne peut pas envoyer M. Mélenchon à l'Elysée. Donc, voilà. À partir de là, je serai mobilisé et je servirai toujours les niçois. Vous resterez maire de Nice, quoi qu'il arrive ?

7:32
Présentateur

Je le souhaite, bien sûr. Vous le souhaitez. Vous avez eu un allié inattendu dans la dernière ligne droite de la campagne des municipales, puisque c'est Bruno Retailleau, le patron des LR, qui avait finalement choisi de ne pas soutenir Christian Estrosi face à vous. Est-ce que vous étiez parlé avant avec Bruno Retailleau ? Est-ce que vous avez appelé ? Vous l'aviez appelé ?

7:46
Éric Ciotti

Non, on ne s'est pas parlé sur ce sujet. Il m'arrive d'échanger avec Bruno Retailleau. J'ai du respect pour lui. Je crois qu'il est dans une impasse, parce que LR est dans une impasse. C'est un homme de conviction, mais il a fait le mauvais choix. Il a fait le choix de l'alliance avec M. Macron. Non, ce n'est pas ce qu'il dit. Oui, il y a sept ministres LR au gouvernement. Il a quitté le gouvernement. Il y a sept ministres LR au gouvernement, et le groupe LR à l'Assemblée nationale a voté le budget de M. Lecornu, écrit par M. Olivier Faure. Voilà, c'est ça que ne comprennent plus les électeurs LR. C'est pour ça que l'UDR est en train de grand remplacer LR.

La moitié des militants LR viennent chez nous. Beaucoup d'élus. La moitié ? Depuis que j'ai quitté la présidence, oui, nous avons aujourd'hui près de 30 000 adhérents à l'UDR. Il y en avait 60 000 à LR à l'époque. C'est à peu près ça.

8:41
Présentateur

Il y a un autre ex-LR qui est au gouvernement, c'est le garde des Sceaux, Gérald Darmanin. Quand il demande, comme il l'a fait dimanche, un moratoire de trois ans sur l'immigration légale, qu'il veut mettre en place des quotas migratoires, conditionner l'octroi de visas, revenir sur le regroupement familial, et ça vous parle ça, j'imagine, non ?

8:58
Éric Ciotti

Bien sûr, il a raison. Mais j'ai envie de dire que le candidat Darmanin aurait dû interroger le ministre Darmanin. Il n'est pas candidat. Oui, s'il fait ça, c'est qu'il a quelques arrières pensées. Je l'ai rencontré hier soir d'ailleurs pour lui proposer un lieu pour une nouvelle prison à Nice. Il vous a dit qu'il pensait à la présidentielle ? Non. Je ne vais pas trahir nos conversations, mais vous savez, Gérald Darmanin était le ministre de l'Intérieur qui a quasiment le plus délivré par mois de titre de séjour lorsqu'il était ministre de l'Intérieur. 24 000. Donc, j'y vois une forme de contradiction, mais la contradiction, elle est dans ce système à bout de souffle.

On dit des choses et on fait l'inverse. Et c'est pour ça que les Français n'y croient plus. Et c'est pour ça qu'il faut le changement.

9:48
Présentateur

Bon. On a beaucoup parlé d'un de vos députés, Charles Aloncle, qu'on a découvert lorsqu'il a été rapporteur de la commission d'enquête parlementaire sur l'audiovisuel public. Il a été, comment dire, la présidente de l'Assemblée a saisi le déontologue de l'Assemblée parce qu'il a participé à un reportage Charles Aloncle pour Paris Match qui laisse penser qu'il a une relation avec sa collaboratrice parlementaire présentée comme sa compagne, ce qui est interdit. Qu'est-ce que vous en pensez de ça ?

10:12
Éric Ciotti

D'abord, j'ai trouvé Mme Bronte-Pivet beaucoup plus zélée qu'au sujet des collaborateurs de M. Raphaël Arnaud qui sont aujourd'hui en prison. Donc j'aurais aimé qu'elle ait le même zèle. Là, on est dans une forme de police des mœurs. Police des mœurs ? Oui, qui couche, avec qui. C'est scandaleux, c'est odieux. C'est pas si simple. C'est une barbouserie. Vous savez, Charles Aloncle m'a raconté qu'il était suivi depuis un mois. Sans doute par des officines. Qui a payé ? Je pose cette question. Qui a payé ceux qui ont suivi ? Sans doute pas Mme Bronte-Pivet. Qui a payé ceux qui ont suivi M. Charles Aloncle ? Et qui avait intérêt ? Qui, selon vous ? Il a attaqué des grands groupes.

Il a attaqué des intérêts qui portent des centaines de millions d'euros de résultats, de bénéfices. Donc il y a des questions à se poser. Mais cette affaire a été téléguidée du début à la fin. C'est une barbouserie. C'est grave ce que vous dites. Vous accusez qui ? Vous n'avez qu'à enquêter. Moi, je n'ai pas d'idée. Mais à qui profite ? Qui a intérêt à attaquer Charles Aloncle ?

11:20
Présentateur

Après, c'est aussi une règle. C'est une question d'argent public, de déontologie. On sait depuis l'affaire Pénélope Fillon qu'un député n'a pas le droit de faire travailler ses proches ou ses intimes.

11:26
Éric Ciotti

D'abord, je trouve personnellement que tout ça est une forme d'hypocrisie. Charles Aloncle a dit des choses sur la relation avec sa collaboratrice. Mais je trouve que là, on est dans une dérive. C'est la règle. Mais la règle, elle n'est pas d'interdire une relation privée. Voilà, la règle, il y a trois conditions. Le paxe, le concubinage et le mariage. Voilà. Charles Aloncle n'est pas dans cette situation.

12:00
Présentateur

Éric Sautier, il y a un concert de Patrick Bruel qui est prévu à Nice. Ce sera le 31 octobre au palais Nikaya. Ce concert doit-il se tenir ?

12:06
Éric Ciotti

Écoutez, moi d'abord, je lis comme vous les évolutions judiciaires qui concernent Patrick Bruel. J'ai du respect pour les victimes qui poncent de plainte. Maintenant, la justice doit passer. J'espère qu'elle le fera avec transparence et rapidité.

12:24
Présentateur

En attendant, ça ne sera pas fait d'ici octobre. Qu'est-ce que ce concert doit se tenir ?

12:27
Éric Ciotti

Des places ont été achetées par des gens. C'est à Patrick Bruel de prendre sa décision. S'il veut annuler son concert, ce n'est pas au maire de Nice. D'annuler un concert. Moi, ce n'est pas le contribuable niçois qui va payer. Parce que si on annule le concert, ça veut dire que c'est la mairie de Nice qui va rembourser. Non, je n'irai pas. Qui va rembourser ses places.

12:49
Présentateur

Merci beaucoup, Eric Ciotti, d'être venu sur RTL ce matin. Dans un instant, c'est Philippe.