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interviewLCI — L'événement du dimanche· 16 février 2025 48 min

L'Événement du Dimanche LCI du dimanche 16 février 2025

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:06
Présentateur

Bienvenue dans l'événement du dimanche LCI, ravie de vous retrouver. Bonjour Jean-Philippe Tanguy.

0:11
Jean-Philippe Tanguy

Bonjour Madame Chanterelle.

0:12
Présentateur

Merci d'avoir accepté notre invitation, député RN de la Somme, membre du bureau national, du rassemblement national. A mes côtés pour vous interroger durant cette heure d'interview, Arlette Chabot, bonjour à vous. Bonjour. Énormément de sujets à aborder ensemble avec vous, qui avez été élu, on le souligne, député de l'année, par le trombinoscope, l'année professionnelle du monde politique. Et ça ne plaît pas à tout le monde, d'ailleurs on y reviendra ensemble. Une motion de censure spontanée du Parti Socialiste, la Votre et vous, Alerte de la Cour des Comptes, ou encore la Leçon des Américains à nous, Européens, et plus précisément Français.

Mais d'abord, Jean-Philippe Tanguy, l'affaire Bétarame. Le Premier ministre s'est rendu hier à Pau pour rencontrer l'association de victimes de violences et d'agressions sexuelles de ce collège-lycée de Notre-Dame-Bétarame. Et il le dit, il l'affirme, on va l'entendre, il a fait tout ce qu'il devait faire quand il était ministre de l'Éducation nationale en 1996, écoutez-le.

1:03
Invité

Mais à coup de pas, ça veut dire que c'est ma faute. Et je vous assure que ce n'est pas de ma faute. J'ai fait tout ce que je devais faire quand j'étais ministre, et j'ai fait tout ce que je pensais devoir faire quand je ne l'étais plus.

1:21
Présentateur

Jean-Philippe Tanguy, le Premier ministre, après cette déclaration nouvelle, vous a-t-il convaincu ?

1:27
Jean-Philippe Tanguy

Écoutez, je ne sais pas, c'est une histoire vraiment épouvantable, très compliquée. Et en fait, la France est en train de redécouvrir ce que malheureusement les différents responsables politiques, mais aussi, il faut bien dire, collectivement sans doute, la société française n'a pas voulu faire, c'est-à-dire, un travail de vérité et de responsabilité sur les victimes, sur tous ces enfants, ces adolescents qui ont vécu, subi ces violences, ces agressions, ces harcèlements, ces viols, pendant des années, dans des institutions scolaires, privées, publiques, dans un certain nombre d'institutions qui pouvaient s'occuper d'enfants, de jeunes enfants, d'adolescents, encore aujourd'hui.

La cause de l'enfance n'est pas gérée à la hauteur des défis. Il y a encore beaucoup d'enfants qui vivent des violences épouvantables dans des institutions, dans l'aide à l'enfance, tout ça n'est pas du tout à la hauteur des défis. Et ce qu'on est en train de vivre, finalement, c'est ces responsables politiques qui n'ont pas assumé leur responsabilité pendant trop d'années. Je ne sais pas ce qui s'est passé à Betaram, en tout cas, quand il dit qu'en tant que ministre de l'éducation, donc entre 93 et 95, il a fait ce qu'il devait faire, non.

Ça ne le rend pas coupable, et ce n'est pas pour lui mettre tout sur le dos, mais non, encore dans les années 90, après son passage à l'éducation nationale, il y a eu le pas de vagues, encore jusqu'à une période très récente. Est-ce que c'est fini ? Je n'en suis pas sûr, contrairement à ce qu'a dit M. Attal, par exemple. Le pas de vagues existe encore. Le fait de minimiser systématiquement les violences que subissent les enfants et les adolescents existe encore. MeToo n'a pas eu beaucoup de lendemain. Moi, j'ai été un des... on n'était pas nombreux à droite, à ne pas se moquer de MeToo, à prendre ça au sérieux parce que ça venait de la gauche.

La gauche a voulu faire un objet politique qui était complètement hors de propos. Mais les témoignages courageux d'enfants, d'adolescents, de jeunes adultes, ou d'adultes avec un certain âge maintenant, c'est toujours à écouter, à prendre en considération.

3:26
Présentateur

On entend votre prudence, mais il a pris effectivement beaucoup de pincettes dans la manière de présenter les choses. L'affaire est très complexe et vous avez raison de le souligner. Mais Arlette, la France insoumise continue de dire que le Premier ministre a menti.

3:41
Invité

Il a menti, il doit démissionner. Est-ce que vous partagez ce sentiment et cette volonté ?

3:45
Jean-Philippe Tanguy

S'il a menti sciemment, c'est-à-dire pour protéger une responsabilité ou une erreur grave qu'il aurait commise à l'époque, il y aura sans doute des suites. Je ne sais pas. Moi, je ne suis pas, contrairement à la France insoumise, c'est aussi la France inquisition, la France inquisitrice. Ils savent tout, ils sont au courant de tout. Ils travaillent avec un certain nombre d'officines qui n'ont pas toujours raison. S'il a menti, parce que 30 ans après, et pour des raisons peut-être psychologiques qui sont liées au ressort de cette affaire, le fait que sa propre famille a pu être scolarisée dans cet établissement.

4:19
Présentateur

Plusieurs de ses enfants, en effet, étaient scolarisés.

4:21
Jean-Philippe Tanguy

Voilà, au Parlement, on vous pose une question. Est-ce qu'il était au courant avant ? Je ne sais pas. Est-ce qu'il s'est emmêlé les pinceaux ? Je ne sais pas. Puis surtout, moi, je ne suis pas là pour défendre en soi M. Bérou. Moi, je défends un principe. Marine Le Pen a toujours été très attachée. Qu'on traite nos opposants politiques, comme on doit traiter n'importe quel être humain, n'importe quel Français et française. Le respect, évidemment, de la présomption d'innocence. Ne pas faire des procès à la place de la justice. Moi, je ne sais pas.

4:46
Invité

Quand vous dites s'il n'a pas fait ce qu'il aurait dû faire, ou bien s'il est intervenu dans une procédure. C'est ça qui serait grave, qu'il soit intervenu pour stopper une procédure, pour épargner, pour protéger des gens qui auraient été accusés ou soupçonnés d'eux. C'est ça qui ferait la gravité, effectivement.

5:01
Jean-Philippe Tanguy

Moi, ce qui m'inquiète, et c'est pour ça que j'ai voulu parler de ce phénomène, enfin, ce n'est pas un phénomène, de cette tragédie historique qu'a frappé la France et d'autres pays européens, d'ailleurs. Moi, je me souviens très bien des années 90. Moi, j'étais à l'école primaire. Et je me souviens des cours qu'on nous donnait. Ça venait du Québec. Des cours qu'on nous donnait de prévention contre la pédophilie, les agressions sexuelles. Je me souviens très bien de ces cours. Donc, je me souviens qu'il y a eu une réaction de l'État. Je me souviens aussi du pas de vague à côté. Et dans la vie de chacun, malheureusement, on a pu rencontrer des victimes et qui n'ont pas été considérées.

Donc, ce qui m'inquiète derrière tout ça, c'est le petit milieu qu'on voit derrière cette tragédie Bétarame. C'est toujours pareil. C'est un corps enseignant qui ne veut pas voir, des autorités, une inspection qui n'a pas voulu voir, une certaine famille, un peu des notables. Non, mais je vais finir. Parce que c'est ça, la France aussi. Nos territoires. Notabilité locale. Oh, il ne faut pas faire de bruit. On le connaît. C'est l'omerta. L'omerta, exactement. Ne jamais considérer la parole des enfants, des adolescents. Parce que ce sont des enfants, ce sont des adolescents. Donc, leur parole n'est pas sans doute assez considérée.

6:13
Présentateur

Vous dites que c'est des pratiques qui ont toujours cours aujourd'hui. C'est ça que vous dites ? Vous sous-entendez ?

6:17
Jean-Philippe Tanguy

Il nous a été dit, avec M. Attal, qu'il n'y avait plus le pas de vague. Le pas de vague, ça concernait les violences subies par les professeurs, qui sont intolérables, évidemment. Mais ça subissait aussi le fait de mettre sous le tapis un certain nombre de violences subies par les enfants. J'espère que c'est traité. Moi, je me souviens que Marine Le Pen, au présidentiel, a été la seule candidate à vouloir parler des droits des enfants. J'ai ma collègue Caroline Parmenté qui siège à la dégagation pour la protection de l'enfance, qui me dit régulièrement que non. Ce pas de vague, malheureusement, ça continue. Qu'il n'y a pas les moyens nécessaires, il n'y a pas les écoutes.

Et puis, à l'image, malheureusement, de tout ce que subissent les victimes dans notre pays, la justice est faible. Mais la justice pénale est faible.

Et quand on voit un certain nombre de condamnations au quotidien dans les gazettes, dans les journaux, quand on voit comment se traiter les affaires de pédophilie, de pédocriminalité, d'inceste au sein des familles, avec des peines dérisoires, des gens qui sont remis dans la nature au bout de seulement deux, trois, même cinq années, qui sont encore capables de commettre des méfaits et dont tout le monde se fiche, à part le Rassemblement National, oui, je pense que, d'ailleurs l'affaire Bérou, je ne sais pas comment ça finira, et moi, une fois plus, je ne suis pas un inquisiteur.

Ce que je sais, c'est que, est-ce qu'enfin, dans notre pays, on va protéger les enfants et les adolescents du mal qu'une petite minorité leur fait ? J'espère qu'il y aura un avant et un après, et j'en doute.

7:32
Invité

Mais qu'est-ce qui vous conduirait à demander, à exiger la démission du Premier ministre sur cette affaire ?

7:37
Jean-Philippe Tanguy

Ben, factuellement, qu'il soit établi de manière claire, que M. Bérou serait intervenu, mais le dire, c'est déjà l'accusé de quelque chose, vous voyez, on serait intervenu pour protéger des criminels et pas pour protéger des victimes.

7:48
Présentateur

Jordan Bardella disait hier, s'il a menti devant la représentation nationale, vous faisiez référence à ses propos qu'il a tenus au sein de l'Assemblée cette semaine, c'est bien sûr extrêmement grave, disant aussi que finalement, peut-être devrait-il démissionner. Est-ce que vous êtes sur ce point d'accord avec Jordan Bardella ?

8:07
Jean-Philippe Tanguy

Jordan Bardella a raison, mais c'est ce que j'ai dit tout à l'heure. La seule petite nuance que j'ai dit, si vous voulez, c'est que moi je sais comment c'est la politique. S'il arrive au Parlement, qu'on l'interroge sur des faits aussi graves commis il y a 30 ans, vous pouvez vous tromper de bonne foi, c'est-à-dire, il y a entre mentir pour couvrir des actes épouvantables ou des infractions immorales, épouvantable c'est le crime, l'agression, l'infraction morale, c'est de ne pas le dénoncer, c'est très grave.

Par contre, c'est juste parce qu'il s'est trompé, malheureusement, et puis quand on est victime, attention, moi je comprends aussi le point de vue des victimes, quand on a été victime, parent de victime, proche de victime et qu'un Premier ministre, quelqu'un d'aussi important se trompe sur votre affaire, évidemment, vous le vivez d'une manière très cruelle et c'est normal de le vivre comme ça.

Que la France Insoumise se prétende la voie des victimes alors que c'est un parti qui relativise systématiquement les méfaits, les criminels et qui pense que c'est toujours la faute de la société et jamais des ordures, nous à la Rassemblement Nationale, on a une vision très claire, ce sont évidemment les personnes qui agressent, violent les enfants, qui doivent être très sévèrement punis, c'est sans doute le crime, en tout cas de mon point de vue, le plus épouvantable qu'un être humain puisse commettre sur un autre.

9:14
Présentateur

Procès tout à fait politicien, comme dit Gérald de Darmanin, vous partagez donc ces propos à vous entendre.

9:18
Jean-Philippe Tanguy

Non, je ne sais pas, voilà, c'est-à-dire que je ne veux pas tomber dans l'inquisition de la France Insoumise, mais le fait d'absoudre aussi sur une affaire aussi grave spontanément, ça fait partie, et on en revient à ce que je disais au début, de ce système qui se protège. Donc moi, je ne suis pas juge, je n'étais pas là, je ne suis pas le grand inquisiteur de la Mélenchonis, mais d'un autre côté, le fait que tout le monde se précipite pour dire qu'il ne s'est rien passé, ça me choque aussi.

9:43
Présentateur

Jean-Philippe Tanguy, passons maintenant à la situation politique. Normalement, normalement, une motion de censure spontanée devrait être déposée demain, demain, prenons du conditionnel par le Parti Socialiste, examinée donc normalement mercredi. Il dénonce la dérive droitière du gouvernement, avec notamment l'utilisation de ce mot, ce sentiment de submersion migratoire utilisé par le Premier ministre. Ma question est simple et directe, le Rassemblement National pourrait-il, votera-t-il, cette motion de censure spontanée déposée par le Parti Socialiste ?

10:15
Jean-Philippe Tanguy

Jordan Bardella a répondu à cette question, il a fait comprendre qu'il ne souhaitait pas la voter, il a raison, c'est une espèce de manœuvre de dispersion de la part des socialistes, qui veut le faire oublier. On avait l'habitude, avec les Insoumis, qui multipliaient les outrances, les procédures qui n'avaient pas de sens, pour faire oublier qu'ils avaient systématiquement voté pour Emmanuel Macron contre Marine Le Pen, qu'ils avaient systématiquement fait élire des députés macronistes, y compris Mme Borne, responsable de la réforme des retraites, contre des députés patriotes et populaires que nous présentions.

Et maintenant, les socialistes font pareil, c'est-à-dire que comme ils ont sauvé les fesses systématiquement de la macronie, bon, ils essaient de faire croire qui lavent plus blanc que blanc. Je pense que personne n'est dupe. Personne n'est dupe. Par ailleurs, dire que ce gouvernement, comment dire, fait une politique firme sur l'immigration, c'est leur faire bien trop d'honneur. On n'a jamais eu autant d'immigrés légaux, jamais eu autant d'immigrés illégaux. Les OQTF sont à un niveau d'exécution indigne d'une république. Et le niveau de violence et d'irresponsabilité pénale dans notre pays est consternant.

11:14
Présentateur

Jordan Bardella dit non, Arlette, mais dans votre groupe, ça en chatouille peut-être quelques-uns. Sébastien Chenou était moins ferme sur la question.

11:22
Invité

On a l'impression que là, vous faites le suspense, vous dites les socialistes, je reprends votre expression guillemets, s'ouvrent les fesses du Premier ministre. Est-ce que vous, vous continuerez aussi à sauver ses fesses ? Combien de temps ? Ou est-ce que vous ne vous interdisez pas de censurer ? Et sur quelles questions ?

11:39
Jean-Philippe Tanguy

On ne s'interdit évidemment pas de censurer. Et Sébastien Chenou a eu raison de mettre en tension le Parlement. La politique, c'est un rapport de force.

11:48
Présentateur

Vous aimez bien entretenir au Rassemblement National une sorte de vrai faux suspense.

11:51
Jean-Philippe Tanguy

On ne s'en cache pas, mais oui, ce n'est pas un vrai faux suspense. Parce que plusieurs fois, je pense que nous avons dédié les pronostics et que nous avons surpris nos adversaires politiques. Et c'est eux que nous voulons surprendre. C'est normal. Parce que d'une part, vous ne savez jamais ce que vos adversaires vous réservent aussi, et surtout ce qu'ils réservent à la France. Donc, le lot des mauvaises nouvelles au quotidien, ou parfois le temps qu'il est nécessaire aussi pour enquêter sur un certain nombre de dispositions qui ont l'air inoffensives comme ça, mais qui en fait sont très graves sur le fond, par exemple sur l'immigration.

Le fait que le doualème n'a pas pu être expulsé, la justice s'est fondée sur une disposition votée par M. Rotaillot, président du groupe LR au Sénat. Le diable est souvent dans les détails. Donc, le temps révèle tout, comme disait Euripide. Et moi, j'aime bien ce philosophe grec qui, effectivement, laissait le temps révéler la vérité contre les mensonges de nos adversaires.

12:39
Invité

C'est une question d'opportunité. C'est-à-dire, au moment où vous trouverez un texte qui ne vous plaira pas, ou bien vous pensez que ce sera un moment politique intéressant ou important pour vous.

12:47
Jean-Philippe Tanguy

Oui, mais aussi un moment qui est utile aux Français. Là, aujourd'hui, si on censure ce gouvernement, M. Bérou tombe, il sera remplacé par un clone. Donc, la différence entre M. Barnier et M. Bérou peut faire le jeu des sept différences. Je pense qu'on en trouvera à peine une. Voilà, donc, en fait, remplacé l'un par l'autre, on a bloqué M. Barnier, non pas sur sa personne, parce que ce n'est pas une question de personnel, c'est parce qu'en censurant M.

Barnier, on a pu indexer les retraites sans l'inflation, donc 6 milliards de pouvoir d'achat pour les retraités, et surtout les petites retraites, puisque je rappelle qu'on parlait des retraites de la sécurité sociale et pas les super retraites de certaines complémentaires. On a permis le remboursement ou l'absence de déremboursement des médicaments, et on a protégé les classes moyennes de 3 milliards de taxes sur l'électricité. Donc là, on avait une action utile. Là, M. Bérou tombe parce que les socialistes veulent blanchir leur irresponsabilité politique.

13:40
Présentateur

Tomberait, resté au conditionnel, il ne tombe pas encore.

13:43
Jean-Philippe Tanguy

Oui, oui, voilà, mais bon, si on arrivait à ça, il se passerait quoi pour la France ? Rien. On aurait une nouvelle crise politique, on aurait un nouveau casting, on aurait une espèce de vote-ville, à savoir qui rentre, qui sort, qui trompe qui, qui est cocu, qui ne l'est pas. Bon, ça ne ferait pas beaucoup avancer, comment dire, l'intérêt des Français.

13:59
Présentateur

Rapide question sur votre groupe, le Rassemblement National. Il y a une liberté de vote ou pas ? Parce que vous-même, Jean-Philippe Tanguy, le 5 février dernier, à l'occasion de la dernière motion, enfin, l'une des dernières motions de censure, où il y avait une forme de suspense, vous étiez très, très, très, très contre François Bérou. Vous n'avez pas mâché vos mots. Et on comprenait à vous entendre que la censure, vous vouliez la voter. Finalement, le RN ne l'a pas votée. Vous avez raillé, notamment, les députés de la Macronie, les décrivants comme des Playmobil, qui écoutaient aux ordres. Est-ce que chez vous, c'est un peu pareil, finalement ?

On doit forcément écouter la chef, qui est Marine Le Pen, qui décide et la suivre derrière.

14:38
Jean-Philippe Tanguy

Ah, mais nous avons eu un débat au groupe. Moi, je suis en charge des questions financières. Je représente Marine Le Pen et Jordan Bardella en commission des finances et à la commission mixte paritaire. C'est le petit groupe qui réunit les sénateurs et les députés pour se mettre d'accord sur le budget. Moi, en tant que représentant du budget, j'ai dit à Marine et Jordan, ce budget devrait être censuré. Il est très mauvais pour les Français. Vous étiez pour la censure. Mais je l'ai dit publiquement et ils m'ont permis de le dire. Donc oui, il y a une liberté de réflexion. Mais au final ? On pense librement, on s'exprime librement tant que la réflexion est en cours.

Et après, il y a une décision commune au groupe qui a été prise, avec Éric Ciotti, qui était aussi présent avec les députés de son parti. Et collectivement, on a pris une autre décision. La liberté de parole doit nourrir le débat. La liberté de réflexion doit permettre une réflexion collective pour prendre la meilleure décision possible avec Marine Le Pen et Jordan Bardella. Ce n'est pas Jean-Philippe Tanguy, la diva, qui doit toujours avoir raison sur tout et qui pense avoir raison sur tout. Je ne pense pas avoir raison sur tout. Et si je pensais ça, je serais un bien piètre représentant du Rassemblement National en Commission Finance. On peut avoir une opinion, on l'a dit.

Et après, il y a un débat. Et puis, on se rallie à la position dominante. C'est la démocratie aussi, interne, parlementaire. La démocratie, ce n'est pas que pour les autres. Donc, il y a aussi, c'est vrai, beaucoup d'hommes et de femmes politiques qui sont toujours pour la démocratie, qui sont toujours pour qu'on consulte tout le monde et qui pensent toujours avoir raison sur tout. Ce n'est pas mon cas.

15:56
Présentateur

Pas de frondeur au RN ?

15:57
Jean-Philippe Tanguy

Non, mais ce n'est pas une question. Ce n'est pas la culture. Parce qu'on peut fronder pour des raisons de fond. Il y a des frondeurs opportunistes qui font ça pour leur carrière. Et puis, il y en a qui peuvent être en désaccord avec une ligne politique. Moi, je n'ai pas le début d'un désaccord avec la ligne politique de Marine Le Pen et Jordan Bardella, évidemment. Mais j'ai donné mon opinion sur les finances. Mais la censure, et c'est très important de l'expliquer aussi, ça explique pour les socialistes, ce n'est pas que les finances. Vous faites tomber un gouvernement. Donc, il y a des conséquences politiques. Il y a des conséquences sur les marchés financiers.

Il y a les entreprises et les ménages qui peuvent être inquiets. Il y a les fonctionnaires qui peuvent se poser des questions.

16:32
Présentateur

Et beaucoup de vos électeurs vous l'ont dit aussi. Ça a pesé aussi dans le choix.

16:37
Jean-Philippe Tanguy

Sincèrement, non. Je n'ai pas rencontré, dans la somme d'électeurs qui m'aient reproché la première censure, bien au contraire. Par contre, Marine Le Pen et Jordan Bardella avaient senti que nos compatriotes voulaient passer à autre chose. Et force est de constater que les sondages leur donnent raison. Que sur le terrain, moi j'ai fait du terrain le week-end dernier, et les gens étaient plutôt d'accord avec le fait de ne pas avoir censuré. Donc, ils ont eu raison. Et non pas que j'avais tort sur la liste du budget, mais la censure dépasse la seule question budgétaire, même si parfois, elle peut le submerger.

17:09
Présentateur

Jean-Philippe Tanguy. Parlons maintenant d'un homme. D'un homme qui fait beaucoup parler, qui parle beaucoup également. Je parle de Bruno Retailleau. Et qui le dit à nos confrères du Parisien ce matin dans une interview. Je n'ai pas de frontières. Ce qui est sûr dans mon action au ministère, c'est que j'arrive à convaincre autant les électeurs macronistes que ceux du Rassemblement National. Arlette Chabot. Oui, il vous pose un problème, Bruno Retailleau.

17:30
Jean-Philippe Tanguy

Ça me pose un problème parce qu'il fait croire à des gens de bonne foi qu'il va faire quelque chose alors qu'il ne fait rien. Ça marche. Alors, si vous dites qu'il fait croire, ça veut dire que ça marche quand même. Il y a un phénomène. On voit bien les sondages. Les gens sont tellement étoffés. Mais vous savez, je pense que nos compatriotes avaient tellement assez d'avoir des ministres, comment dire, qui n'avaient même pas le courage de dire ce qu'ils pensaient. d'avoir un ministre qui parle comme le Rassemblement National, c'est plus agréable aux oreilles de nos électeurs que d'entendre un gauchiste ou un centriste mou.

17:58
Invité

Il ne va pas les récupérer, vos électeurs ?

17:59
Jean-Philippe Tanguy

Non, parce qu'il ne fera rien. Il ne fait déjà rien. Donc, qu'est-ce qu'il a fait concrètement depuis qu'il a eu M. Retailleau ? Il a fait une circulaire de régularisation des clandestins. Alors, elle est un peu plus... Pour limiter la régularisation, les conditions. Non, mais, comment dire... Il est revenu au système pendant 20 ans. Bon, donc, pendant 20 ans, il y a eu beaucoup trop de clandestins en France. D'ailleurs, il disait lui-même, il y a 20 ans, il disait déjà qu'il y avait trop de clandestins, M. Retailleau. Donc, il fait ce qu'il dénonçait quand il était dans l'opposition. Donc, tout ça n'a pas beaucoup de sens. Donc, quand il était dans l'opposition à M.

Macron, il n'était pour aucune régularisation comme le Rassemblement National. Maintenant, il fait une circulaire pour régulariser des clandestins. Donc, il trahit sa parole. Il s'est fait piéger en voulant finir...

18:37
Présentateur

Il durcit la régularisation, soyons...

18:40
Jean-Philippe Tanguy

Il passe de 5 à 7 ans.

18:42
Présentateur

Intellectuellement honnête.

18:43
Jean-Philippe Tanguy

J'ai dit qu'il était revenu à l'état d'avant. Oui ou non ? Oui, il revient à l'état d'avant. Oui, il y a des conditions, le mode de vie... Il y a des conditions, quand même. Il n'y a pas de problème. Il y a des gens... Oui, oui, ça on verra. Il y a des gens... Non, non, non, mais ça fait 30 ans qu'on entend que... Maintenant, pour être régularisé, il faut parler français et qu'on régularise des gens qui ne parlent absolument pas français. En tout cas, pas un niveau qui permette une assimilation correcte. Quant aux valeurs de la République, c'est du baratin. Il n'y a aucun respect des valeurs de la République. Mais il était contre la régularisation de Mme Chabot.

Il y a des gens qui disent aux élections « Moi, je suis pour régulariser au bout de 7 ans. » Soit je suis contre eux, je ne suis pas d'accord. Mais ils disent ce qu'ils vont faire. M. Retailleau avait dit « Je suis contre la régularisation des clandestins, reprenant, imitant déjà la doctrine et les valeurs de Marine Le Pen. À savoir, on ne peut pas récompenser un étranger qui est rentré ou qui s'est maintenu sur le territoire de manière illégale. À titre individuel, les clandestins peuvent être sympathiques et travailleurs, mais ce sont des délinquants. Ils sont rentrés sur le territoire de manière illégale.

19:40
Invité

Il y favorera, par exemple, au rétablissement du délit, de séjour irrégulier. Mais ce n'est pas fait, ça. Non, mais attendez, vous auriez fait mieux, vous ?

19:47
Jean-Philippe Tanguy

Oui, c'est-à-dire qu'on aurait fait parce que le premier problème de M. Retailleau, c'est son péché originel, lui qui aime cet enracinement et cette culture idéocrétienne, c'est qu'il a menti aux électeurs en disant qu'il ne soutiendrait pas et qu'il ne pourrait pas participer à un gouvernement de M. Macron parce qu'il n'aurait pas les moyens de sa politique. Donc, pendant 7 ans, il a dit « Je ne serai pas ministre de M. Macron parce qu'un ministre de M. Macron, c'est le fauné du centrisme, du fédéralisme, de l'immigrationnisme. Et pour avoir un voiture avec chauffeur et les ordres de la République, il a trahi sa parole. »

20:16
Présentateur

Mais qu'est-ce que ne fait pas, Bruno Retailleau, que vous, vous feriez et que vous auriez fait aussi vite, en moins de 3 mois au pouvoir ?

20:24
Jean-Philippe Tanguy

On aurait fait en un mois un référendum sur l'immigration puisqu'on l'aurait fait le jour des élections législatives. Mais oui, mais ça change tout, Mme Chabot. Parce que tant que, par référendum, le peuple français n'a pas réaffirmé son droit et son devoir de protéger sa nation et de réaffirmer sa souveraineté contre les juges...

20:43
Présentateur

Qui nécessite quand même une modification de la Constitution et qui ne se fait pas en un mois, par ailleurs.

20:48
Jean-Philippe Tanguy

C'est totalement faux. Je vais vous montrer à quel point ils sont hypocrites. Aujourd'hui, on parle d'un référendum, l'article 11, donc celui que Marie-Le Pen voulait utiliser sur l'immigration, pour faire un référendum sur les écrans. Donc, on nous explique que l'article 11 dit qu'il faut un motif économique ou social que l'immigration ne rentre pas dans l'économique ou pas dans le social. J'attends toujours qu'on me démontre en quoi l'immigration n'est pas un phénomène économique ou n'est pas un phénomène social. Et on veut faire un référendum sur les écrans qui n'est ni un phénomène social ni un phénomène économique, c'est un phénomène sociétal.

Bon, il se trouve que, lorsque la Constitution a été écrite, si vous reprenez le dictionnaire de l'Académie française de l'époque, le mot sociétal n'existe pas dans le vocabulaire du général de Gaulle. Donc, c'est un mot qui est apparu après. Donc, qu'on ne nous fasse pas le coup de dire que M. Macron veut faire son caprice sur un référendum sur les écrans qui n'est quand même pas la priorité nationale et qu'on ne peut pas le faire sur l'immigration. Tout ça, ce sont des faux jetons. La réalité, c'est qu'ils ne veulent pas faire de référendum sur l'immigration. Tous les prétextes sont bons. Pendant dix ans que je faisais de la politique comme militant avec M.

Dupont-Aignan, les mêmes nous ont dit que c'était indigne, immoral, indigne de la République de faire un référendum sur les écrans. Bruno Retailleau dit ce matin qu'il l'encourage le président de la République à le faire. Parce que l'article ne veut pas. L'article peut le permettre. C'est n'importe quoi. C'est un mensonge. Et quand j'entends des commentateurs comme M. Attali, qui a trahi la France à peu près tous les jours depuis qu'il a les moyens de commettre ses méfaits, nous dit « Ah oui, le général de Gaulle a utilisé l'article 11, mais il avait tort. » Donc M.

Attali a tellement le melon et tellement, comment dire, content de lui-même, satisfait de lui-même, qui prétend connaître mieux la constitution de la 5e République que le général de Gaulle. Pour répondre à la question

22:25
Présentateur

d'Arlette Chabot, Jean-Philippe Tanguy, est-ce que vous craignez qu'il siphonne certaines de vos voix ? Je vais citer quelqu'un que vous tenez particulièrement dans votre cœur, un certain Jean-Luc Mélenchon qui le dit ce matin, « Le surgissement de M. Retailleau modifie la donne présidentielle. » Voilà ce qu'il dit. Mme Le Pen est moins assurée d'être au second tour et il chasse sur les mêmes terres. Est-ce que, finalement, à vous entendre, et que vous êtes certain à dire plus en off qu'en on devant la caméra, mais qu'effectivement, il y a un phénomène, Retailleau, qui pourrait, eh bien, vous contrariez vos plans dans quelques années ?

22:56
Jean-Philippe Tanguy

Moi, je n'ai pas dit ça en off. Voilà, je veux que ce soit clair. Non, mais je veux que ce soit clair pour ceux qui nous écoutent. Je n'ai pas un double discours. Non, mais, merci, en fait. Ça m'arrive rarement, mais je veux remercier M. Mélenchon de donner le pot au rose. Effectivement, il serait ravi, M. Mélenchon, qui sait qu'il serait battu à plate-couture par Marine Le Pen, d'avoir M. Retailleau comme adversaire parce que ce serait l'inverse. M. Retailleau offre au second tour un score très décevant pour une simple raison, c'est qu'il ne l'est pas aligné avec la société française sur beaucoup de sujets. Voilà, donc, moi, je le dis. M.

Retailleau, c'est Sarkozy, avait donc la trahison de toutes les valeurs, de tous les programmes, mais en plus, contre le droit à l'avortement, contre le mariage pour tous, contre le droit des femmes, contre la lutte, contre un certain nombre de discriminations qui ne sont pas inventées, qui peuvent exister. Bon, bref, voilà. Donc, on a connu ce score.

23:40
Présentateur

Et Sarkozy, finalement, a empêché le RN.

23:44
Jean-Philippe Tanguy

Ah, mais ça, je vous reconnais volontiers d'arriver au second tour. M. Sarkozy a pu tromper des électeurs de bonne foi une fois, mais moi, je ne crois pas qu'on trompe la France deux fois. Donc, M. Sarkozy a pu, et encore, je pense qu'il y avait d'autres raisons, détromper un certain nombre d'électeurs qu'en avaient assez de voir leurs idées pas appliquées. C'est-à-dire, bon, mieux vaut appliquer un peu avec Sarkozy que pas du tout avec Jean-Marie Le Pen. Mais ils ont vu quoi que Sarkozy, c'était comme les autres. Et M. Rotaillot, en trahissant son engagement de ne pas travailler avec M. Macron, s'est compromis comme les autres. Moi, j'ai une anecdote personnelle puisqu'on est dans les off.

24:17
Présentateur

Des off qui deviennent un avec vous.

24:19
Jean-Philippe Tanguy

Oui, mais moi, ça m'arrive sous... Non, mais c'est un faux off parce que c'est politique. Quand M. Dupont-Aignan, en 2017, a eu le courage de soutenir Marine Le Pen contre Emmanuel Macron, et à le soutenir dans un deuxième temps avec M. Villiers, d'ailleurs. Eh bien, on les attend toujours. Donc, ce sont des gens qui, sciemment... Ce que vous dites, c'est que M. Rotaillot

24:38
Invité

s'était engagé à soutenir

24:39
Jean-Philippe Tanguy

Nicolas Dupont-Aignan. Nicolas Dupont-Aignan. Oui, dans un deuxième temps. En disant, pars devant, on est derrière toi. Eh bien, on attend toujours. Encore, on a regardé derrière nous avec Nicolas Dupont-Aignan. Il y avait beaucoup de Françaises et Français honnêtes et de bonne foi. Il n'y avait ni M. Rotaillot ni M. Villiers, et d'ailleurs, à l'époque, on ne peut se tromper, mais enfin, il y a un moment, les leçons, ça suffit. Et rebelote en 2022, où était M. Rotaillot pour faire barrage à Macron ? Parce qu'on peut dire, en 2017, on ne savait pas M. Macron, tatati, tatata. Non, mais en 2022, on savait qui était M. Macron. Donc, M. Rotaillot, sciemment, n'a pas fait barrage à M.

Macron et avec sa cohorte immigrationniste, laxiste, et aussi, faut-on le rappeler, la trahison des grands intérêts économiques de l'État. Parce que, moi, j'aimerais bien entendre M. Rotaillot sur comment il peut travailler pour un président de la République qui a soldé Alstom, Technip, Lafarge, et qui est en train de faire pareil avec Atos. Parce que, moi, je lance une alerte aujourd'hui. M. Macron et ses amis au gouvernement, dont M. Rotaillot est caution et solidaire, sont un train de saccager Atos, un des joyaux économiques de la France et des technologies souveraines au nom, évidemment, pour le sauver. Mais en le sauvant, il le tue.

25:47
Présentateur

On va continuer d'en discuter, justement, de cette situation économique et de cette alerte de la Cour des Comptes qui dénonce des dépenses publiques hors de contrôle. Et voilà, France, dit-il, au pied du mur. Jean-Philippe Tanguy, on se retrouve dans quelques minutes, tout de suite, après la pause. L'événement du dimanche se poursuit. A tout de suite. Retour sur le plateau de l'événement du dimanche, toujours avec notre invité, Jean-Philippe Tanguy, député RN de la Somme, membre du Bureau national. Et je le disais en introduction tout à l'heure, vous avez été élu député de l'année par la publication Le Trombinoscope, l'annuaire professionnelle du monde politique.

À vous, élu député de l'année, cette enquête du Figaro qui révèle une forme de vente des primes à l'Assemblée nationale, vous fréquentez souvent ces couloirs et cet hémicycle, qui révèle que 76 députés, dont des poids lourds, dont Marine Le Pen, dont Laurent Wauquiez aussi, soyons justes, ou encore François Hollande, ont participé à 10% au moins des votes dans l'hémicycle depuis juillet 2024. Regardez ces chiffres. Un absentéisme quand même important. Vous, vous êtes à 57% de votes depuis juillet dernier sur 798 votes au total. Ce n'est pas un peu le moment de donner l'exemple, franchement. Cet hémicycle délaissé, il n'y a pas un problème.

27:06
Jean-Philippe Tanguy

Enfin, sur Marine Le Pen, c'est quand même de mauvaise foi, car vous, pas vous, mais l'article du Figaro, je l'ai signalé à l'intéressé, le journaliste, parce qu'elle avait son procès. Donc, je trouvais ça vraiment de mauvais goût de ne pas dire aux lecteurs du Figaro que Marine Le Pen n'était pas chez elle contrairement peut-être à François Hollande, mais était à son procès. Et tous les journalistes qui ont suivi le procès ont reconnu qu'elle avait été assidue et qu'elle était venue se défendre et défendre ceux qui étaient injustement accusés avec elle. Elle n'a pas, donc elle n'a pas encore le don d'ubiguité. Et Marine Le Pen avait de très bonnes statistiques avant ce procès et en dehors.

Donc, je trouve que là, franchement, cet article était vraiment à charge. Et c'est dommage parce que la personne qui l'a écrite sait très bien où était Marine Le Pen. Sur le fond, par contre, il y a un vrai sujet, c'est l'humiliation du Parlement. C'est-à-dire qu'en fait, effectivement, il y a une vague d'ennuis au Parlement parce qu'en fait, depuis que M. Macron a été déjugé dans les urnes deux fois en 2022, aux législatives en 2022 et en 2024, le gouvernement choisit d'éviter le Parlement.

28:08
Présentateur

Mais c'est un peu contre-intuitif parce qu'on dit que c'est finalement un parlementarisme de la vie politique française, que le Parlement est au centre de tout et finalement, effectivement, on s'aperçoit

28:17
Jean-Philippe Tanguy

que régulièrement,

28:19
Présentateur

les vents sont vides.

28:20
Jean-Philippe Tanguy

Vous avez raison, c'est totalement contre-intuitif et pas, je suis désolé de parler de moi, mais au lendemain des élections, j'avais dit à la presse anglo-saxonne que le Parlement allait devenir un trou noir parce que je connais l'État français, l'administration française et il y a en fait en France un anti-parlementarisme d'État. Donc, la haute administration française et un certain nombre de dirigeants qui en viennent d'ailleurs, estiment que le Parlement est une contrainte, qu'on est des emmerdeurs, qu'on est nuls, qu'on représente les Français et que les Français ne comprennent rien.

Donc, à travers leurs représentants, évidemment, les Français, de leur point de vue, ne comprennent rien non plus. Donc, voilà, on a ce mépris de toute la démocratie et de la démocratie représentative qui est, comment dire, incarnée par une part de cette haute administration et par ses relais politiques. Et d'ailleurs, ceux qui sont élus députés de cette clique ne supportent pas être députés. Vous voyez, Mme Borne qui s'était engagée à faire du terrain, à rester députée, c'est fini, hop, dès qu'elle a pu redevenir ministre, elle est devenue ministre parce qu'en fait, être députée pour la hiérarque bonnariens Mme Borne, ce n'est pas possible de faire des permanences et voir des électeurs.

29:23
Présentateur

Laisse mettre de votre propos sans tomber dans l'insulte. Mme Borne,

29:27
Jean-Philippe Tanguy

elle a reconnu d'ailleurs elle-même sur l'éducation qu'elle n'y connaissait rien mais en fait, Mme Borne est sans doute la dirigeante française la plus incompétente des dix dernières années sur tous les sujets. Elle a fermé Fessenheim sciemment en disant c'est pas moi, je ne le connais pas alors qu'elle est polytechnicienne. Donc, nullissime. On en reparlera avec le déficit puisque les deux années qu'elle a préparé les budgets, c'est les pires avec Gabrielle Attaloui. Donc oui, Mme Borne, bonne à rien.

29:54
Présentateur

Vous laissez encore une fois maître de vos propos.

29:56
Jean-Philippe Tanguy

Je leur dirai une troisième fois s'il faut. Et donc, comme elle n'est pas confrontée à ses collègues députés qui lui rappellent son triste bilan, tout de suite, elle s'est fait réélire ministre. Et c'est comme ça de M. Darmanin. La main sur le cœur qui avait dit je veux redevenir députée de Tourcoing, j'ai des choses à faire à Tourcoing pour retrouver les déclarations et dès qu'il n'a plus l'air devenu ministre. Ce sont des gens qui ne n'ont pas de respect pour la fonction parlementaire, qui ne veulent être dans l'État avec la haute fonction publique qui fait la pluie et le beau temps et donc, ils contournent le Parlement.

Et donc, cet anti-parlementarisme d'État est très grave parce que les Français ont clairement exprimé, y compris en participant largement à ces élections pour une fois, qu'elles voulaient que le Parlement reprenne du pouvoir. Et le gouvernement, au lieu d'en tenir compte, de cet événement historique quand même, de cette volonté des Françaises du pouvoir aux députés contournent le Parlement et ne présentent pas de texte à la hauteur. Je vais vous donner un exemple comme un problème de fond. Je parlais du nucléaire. Ça fait deux ans que le Parlement n'est pas saisi de la politique énergétique de la France. C'est dans la loi. On devrait être saisi. On devrait en discuter. On n'est pas saisi.

Et je peux vous multiplier les exemples. Par contre, on nous fait voter deux jours sur les tickets restaurants. Non pas que ce n'est pas important, mais ça, ça devrait être réglé en deux heures. Ça devrait être réglé en deux heures.

31:07
Présentateur

Juste parenthèse, si Marine Le Pen était élue présidente de la République, vous ferez quoi ?

31:13
Jean-Philippe Tanguy

Ce serait totalement la politique inverse.

31:15
Présentateur

Si vous êtes nommée dans un ministère, ce qui n'est pas complètement à exclure, vous ferez quoi ? Vous êtes élue députée.

31:21
Jean-Philippe Tanguy

Mais nous, on a un respect profond du Parlement. Tout le programme du Rassemblement National, c'est la défense de la proportionnelle, la défense du pluralisme, du débat parlementaire. Tout l'esprit, même le comportement du groupe Rassemblement National à l'Assemblée prouve le respect de ce Parlement. Déjà, une demande d'assiduité. Tout à l'heure, on a entendu 57%. Ça peut paraître peu comme participation au vote. Mais en fait, c'est beaucoup parce qu'on vote beaucoup à l'Assemblée nationale. Il y a des votes tout le temps. Il suffit de sortir cinq minutes pour rater des votes. C'est-à-dire, si vous êtes nommé ministre, vous ne direz pas non. Je ne sais pas ce que j'ai dit, Mme Achabot.

Je n'ai pas dit qu'il ne fallait pas devenir ministre quand on était parlementaire. Je me permets de préciser ma position. Je ne suis pas contre le fait que des parlementaires deviennent ministre. Ce n'est pas ce que j'ai dit. Vous avez des gens qui se font réélire députés la main sur le cœur en disant, cette fois, j'étais ministre. C'est l'inverse. J'étais ministre. Maintenant, je me consacré au terrain qui, au bout de trois mois, redeviennent ministre parce qu'en fait, ils veulent la voiture, ils veulent le cabinet, ils veulent le directeur de la com, ils veulent le majeure d'homme, ils veulent le ministère et servir les Françaises et les Français, ils s'en moquent.

32:22
Présentateur

Avançons, Jean-Philippe Tanguy. Et donc, cette alerte de la Cour des comptes Arnette Chabot

32:32
Invité

c'est une nouvelle alerte de son président Pierre Moscovici qui dit effectivement que la dépense publique n'est pas tenue. Est-ce que vous dites la même chose ? Qui considère qu'il sera difficile de rester sur l'objectif fixé par le Premier ministre pour le déficit budgétaire de cette année, 5,4 et surtout, l'année prochaine et les années qui suivent, il va falloir sérieusement couper dans les dépenses. Si vous étiez au pouvoir tiers ministre, vous auriez accepté d'être aversi. Vous dites, voilà ce qu'il faut couper là où il y a des dépenses inutiles ?

33:03
Jean-Philippe Tanguy

Bien sûr, les dépenses sont hors contrôle. C'est le septième rapport de la Cour des comptes depuis qu'Emmanuel Macron est au pouvoir qui dit la même chose. La dépense n'est pas contrôlée et là, effectivement, on atteint la côte d'alerte. Je suis assez satisfait de ce rapport parce qu'on a une commission d'enquête en ce moment à l'Assemblée nationale qui raconte n'importe quoi depuis deux mois. Le Rassemblement national est le seul à contester comment ça se passe parce qu'on dit que c'est un problème de recettes, un problème d'impôts. Que ce soit la Macronie qui dit un an le dérapage des recettes

33:32
Invité

ont été surestimées par Bercy. C'est un problème

33:34
Jean-Philippe Tanguy

de surestimation des recettes. Et la gauche, évidemment, dit pareil parce qu'il va justifier leurs impôts. Donc, on a deux forces politiques. L'extrême-centre macroniste qui dit c'est pas nous, c'est Bercy qui s'est trompé sur les prévisions et la gauche qui dit c'est bien la preuve qu'il faut plus d'impôts qui raconte n'importe quoi. Alors que l'évidence... Depuis deux mois, tout le monde peut voir ses propos publics, je dis mais arrêtez de mentir. C'est pas un problème de recettes, c'est un problème de dépenses. Donc, la Cour des comptes vient justifier l'analyse du Rassemblement National. Une dépense hors contrôle. Où coupez-vous les dépenses ?

Eh bien, nous, on s'attaque au grand tabou de la dépense publique qui ce sont des dépenses qui en fait montent toutes seules. L'immigration, s'attaquer frontalement à l'immigration, priorité nationale sur les aides sociales, priorité sur le...

34:14
Présentateur

L'aide médicale d'État par exemple, mais vous savez que c'est... C'est symbolique,

34:17
Jean-Philippe Tanguy

c'est un petit montant. C'est un petit montant. Mais vous avez toutes les aides sociales françaises, Madame Chantré, c'est pas que l'AME. D'ailleurs, l'AME, en fait, les hôpitaux ont des comptes spéciaux qui traitent beaucoup du migré.

34:29
Invité

Il faut une grande réforme du système de l'hôpital santé. Il faut tout changer

34:31
Jean-Philippe Tanguy

sur l'immigration, il faut tout changer.

34:35
Invité

Mais sur la santé, qu'est-ce que vous coupez dans les dépenses ? Vous réformez l'hôpital ?

34:38
Jean-Philippe Tanguy

Écoutez, de toute façon, c'est assez mathématique. Il y a 10% d'étrangers en France. Bon, ben, ça a un poids sur le système de santé. Voilà, il faut être complètement idéologue pour ne pas voir cela. Je veux dire, si vous êtes parisien, si vous êtes à Amiens, si vous êtes à Lille, et une fois, j'ai eu un accident à Anneuil, je suis arrivé à l'hôpital à côté de Bastille à spécialiser dans l'ophtalmologie. Bon, ben, il n'y avait que, pratiquement que, des étrangers, en tout cas, ils ne parlaient pas français, aux urgences de cet hôpital. Et dire l'inverse, c'est complètement se fausser sur la réalité de l'immigration sur l'hôpital public.

Et d'ailleurs, si on a un tel soutien des Français, c'est qu'une majorité de nos compatriotes, y compris de gauche, ne supportent plus cette espèce de lavage de cerveau en permanence où on explique que d'avoir autant d'immigration en France qui n'est pas formée, qui n'est pas une immigration de travail, qui n'est pas une immigration familiale, une immigration pseudo-humanitaire, une immigration ou même, comment dire, ceux qui viennent étudier en France, une partie n'étudient pas vraiment ensemble, a un poids sur toute la structure sociale française. Et puis, de toute façon, puisqu'ils ont raison sur tout et qu'on a tort, eh bien, on verra.

C'est-à-dire qu'effectivement, quand on sera au pouvoir, eh bien, on fera cette grande réforme de la priorité nationale, de fin de l'immigration à guichet social et on verra si on avait raison ou tort. Si on avait tort, il disparaîtrait du paysage politique. Comptez sur moi. Après, deuxième pilier, je pense qu'on aura raison, deuxième pilier des économies, c'est l'Union européenne. Ah ben ça, il n'y a que le Rassemblement national qui en parle. On ne peut jamais parler de l'Union européenne. Parce que les autres pensent

36:00
Invité

que c'est nettement insuffisant. Il faut coûter que c'est 24 milliards d'euros. Par exemple, méthode, question de méthode. François Bayrou dit pour la préparation du budget à 2026, on va tout remettre à plat. On parle et on va apprendre, chaque ministère va reprendre budget blanc, on repart de zéro et on regarde ce qui est utile et pas utile. Est-ce que vous trouvez que sur ce plan-là, la méthode est intelligente ? Mais si elle est appliquée,

36:20
Jean-Philippe Tanguy

oui. D'ailleurs, c'était sur votre plateau, j'avais proposé cette méthode qui vient d'ailleurs via plein de mois. C'est-à-dire, j'avais reconnu que c'était une méthode de Thierry Breton quand il était ministre des Finances qu'il avait appliqué. Ça avait fonctionné.

36:30
Invité

Donc ça, c'est bien.

36:31
Jean-Philippe Tanguy

Donc vous voyez, moi je ne m'approprie pas le travail des autres mais je l'avais déjà dit à l'époque que c'était le début. Donc je suis très content et c'est vrai que M. Bérou nous écoute plus que M. Barnier sur les économies. Les 3 milliards qu'il a fait d'économies sur les agences venaient de la note que lui avait remise Marine Le Pen et Jordan Bardella.

36:46
Présentateur

Vous lui reconnaissez donc un bon point. Vous le traitez de malin renard, je crois, dans le parrain. C'était sur la tactique. Sur la tactique politique.

36:53
Jean-Philippe Tanguy

Mais sur le fond, oui, il prend un certain nombre de mesures. Tant mieux. Moi je suis pour qu'on fasse 3 milliards d'économies sur les agences alors qu'un mois avant vous avez dit, pareil, tout est public, ce n'est pas possible les 3 milliards que vous proposez, ce n'est pas comme ça que ça marche. M. Tanguy, vous n'y connaissez rien. Mon collègue Mathias Renaud avait proposé cela. Pareil, soi-disant, on ne comprenait rien. Comme par miracle, un mois après, c'était possible de le faire.

37:14
Présentateur

Je reprends juste la question d'Arlette. L'Union Européenne, d'accord. 24 milliards d'euros.

37:19
Jean-Philippe Tanguy

On en perd entre 9 et 12 après les retours. Est-ce qu'il y a un tabou

37:22
Présentateur

sur la fonction publique au Rassemblement National ? Est-ce que vous êtes tous d'accord et sur la même ligne, quand on entend Marine Le Pen et Jordan Barnella, on en doute un petit peu. Jordan Barnella qui est tenté par ce qu'a mis en place Donald Trump, on y reviendra aussi avec Arlette un peu plus tard, sur le ministère de l'efficacité gouvernementale porté aussi par Eric Ciotti. Et Marine Le Pen, elle dit c'est un truc de droite. C'est un truc de droite de couper dans les fonctionnaires. Quelle est votre ligne ? Quelle est la ligne du RN là-dessus ? Faut-il moins de fonctionnaires

37:52
Jean-Philippe Tanguy

en France ? En fait, moi j'avais réutilisé l'expression dégraisser le mammouth et on n'a pas attendu M. Musk ou M. Trump. Jordan Barnella l'avait proposé aux législatives. C'était le grand audit de l'État. À l'époque, on nous a raillés, on avait évidemment raison et Marine Le Pen, en 2022, elle m'avait fait confiance pour co-rédiger son rapport économique. Ça n'a pas changé. Il faut que l'État c'est que c'est trop facile de jeter en pâture comme ça les fonctionnaires. La vraie question, c'est les fonctions. Qu'est-ce qu'on réforme dans l'État qui permette de baisser le nombre d'agents ou les remettre sur le terrain ? Envoyer en pâture, c'est ce qu'avait fait M.

Sarkozy et c'est sans doute ce que propose M. Rotaillot, que j'ai entendu ce matin dans une émission concurrente. Jeter en pâture des fonctionnaires ce qui finisse à la fin comme avait fait M. Sarkozy de diminuer le nombre de soldats, de diminuer le nombre de gendarmes, de douaniers, d'enseignants, de policiers. Qu'est-ce que ça a fait comme conséquence ? François Hollande qui a recruté partout. Donc ça, c'est la conséquence de M. Sarkozy. Zéro économie. Parce qu'ils ne font pas de réformes structurelles. Les réformes structurelles, supprimer les agences. Alors maintenant, tout le monde le dit, mais qui l'a dit en premier ? Marine Le Pen.

Supprimer la quasi-totalité des agences, pas une petite agence par là. Là, M. Bérou a voulu supprimer l'agence du bio. Eh bien, ça n'a même pas tenu. C'est-à-dire même supprimer l'agence du bio. C'est quelques personnes qui peuvent très bien, alors que le ministère de l'Agriculture est très bien à même de faire ça, ou que la filière du bio peut très bien financer elle-même si elle veut faire la promotion de ses produits. Même ça, ça n'a pas été supprimé.

39:23
Invité

Vous n'êtes pas un adepte de la hache, vous n'êtes pas un adepte de Millay, vous n'êtes pas un admirateur d'Elon Musk qui avait coupé ou licencié des fonctionnaires du jour au lendemain.

39:32
Jean-Philippe Tanguy

M. Musk, il a l'éducation politique d'un citoyen sud-africain et l'État sud-africain, excusez-moi, ce n'est pas l'histoire française. M. Millay, il a l'éducation politique d'un Argentin, l'Argentine, ce n'est pas l'État français.

39:43
Présentateur

Enfin, un eurodéputé de votre camp, du RN, va y aller, visiblement. Selon un écho de la tribune, va se rendre en Argentine. C'est quoi ? Pour prendre quelques leçons ?

39:51
Jean-Philippe Tanguy

S'inspirer ? Je ne pense pas que ce soit pour prendre des leçons mais il peut toujours y avoir des bonnes idées partout, c'est pas ce que je dis. Mais la relation avec l'État n'est évidemment pas le même et surtout, on peut lancer en pâture comme le font, enfin non, on ne peut pas d'ailleurs, mais nos adversaires le font, les fonctionnaires à la vindique populaire. Les fonctionnaires, sauf un certain nombre, une toute petite case tout en haut, ils obéissent à l'État. Donc, ils sont là où on les a mis. Donc, ce n'est pas la faute des fonctionnaires s'il y a une bureaucratie des agences régionales de santé. Pendant le Covid, on a redonné le pouvoir aux hôpitaux, ça fonctionnait mieux.

C'est ce qu'on propose. Ce n'est pas la faute des agents publics si on a créé le millefeuille territorial où les pauvres fonctionnaires de terrain, moi je le vois au quotidien, j'étais encore à Corby avec le personnel municipal qui s'occupait du marché, mais ils ne savent même plus à qui obéir les pauvres. Bon, donc, il y a le maire, il y a l'intercommunalité, il y a des syndicats. Il faut simplifier, donc. Il faut, mais là, ce n'est même pas simplifié, il faut proposer un vrai choix aux Français comme le faisait Marine Le Pen, communes, départements, État, et le reste, on s'arrange avec les préfets. Tout cela pour fonctionner très bien parce que le problème, ce n'est pas tant le...

Finalement, à la fin, on peut alléger la fonction publique, mais vous savez, il manque de soignants, il manque de personnes pour les EHPAD, donc je ne suis pas sûr qu'à terme, il y aura moins de fonctionnaires. Par contre, c'est où va la dépense publique exactement, mais c'est aussi... En fait, il y a beaucoup de dépenses pour rien. Quand vous avez plein de normes, quand vous avez des fonctionnaires qui ont baladé d'un bureau à l'autre, par exemple, avec les grandes régions, des gendamiens qu'on fait venir à Lille, c'est une demi-journée de perdu.

C'est tout ce temps inutile, tout cet argent inutile, toutes ces normes, ces changements de logo, l'application des règlements, c'est ça qui coûte une fortune. J'avais trouvé une étude qui a été reprise une fois de plus par M. Bérou, donc il a des bonnes lectures. C'est Marine Le Pen qui lui avait donné cette étude. Ça a été le coût de la surnormalisation, de la surréglementation du millefeuille administratif. C'est 4 points de PIB en France, c'est donc, excusez-moi, 60 milliards d'euros, c'est 120 milliards d'euros. C'est considérable.

41:41
Présentateur

Jean-Philippe Tanguy, il faut qu'on avance. Et on ne peut pas ne pas évoquer avec vous cette visite la semaine prochaine de Jordan Bardella à Washington. Il se rendra à la convention des conservateurs américains. Arlette Chabot, ça nous a inspiré quelques questions.

41:54
Invité

Non, parce qu'on se demande si vous êtes redevenu, vous aussi, trumpiste. Marine Le Pen avait pris ses distances. Bon, là, Jordan Bardella va s'exprimer devant la convention des conservateurs, des républicains. Vous dites, finalement, il faut s'inspirer de Donald Trump ?

42:10
Jean-Philippe Tanguy

Je ne pense pas, non. Non ? Ah non ? Non, non, mais c'est-à-dire que Donald Trump dirige la première puissance américaine. Ne pas parler à l'administration américaine, ce serait ridicule, mais je suis persuadé que si on avait été invité par l'administration Biden, nous serions aussi venus échanger, s'exprimer, ou avant, avec le premier mandat Trump, Marine aurait pu parler avec M. Obama.

42:29
Présentateur

Il ne faut pas s'en inspirer, mais il y a eu une grande convention, notamment des patriotes européens, avec Marine Le Pen, à Madrid, il y a 15 jours, avec ce slogan « Make Europe Great Again », qui est directement inspiré de la campagne américaine de Donald Trump.

42:42
Jean-Philippe Tanguy

Oui, et le discours de Marine Le Pen que j'ai écouté attentivement dit l'inverse. C'est-à-dire que Marine dit « Ce n'est pas l'Europe qui doit redevenir formidable à nouveau, puisque l'Europe n'a jamais existé comme entité politique. » C'est les nations d'Europe. Elle a été très claire dans son discours. C'est les nations d'Europe qui, parce qu'elles sont libres et qui coopèrent entre elles, peuvent renouer avec un grand destin. Elle l'a dit très clairement. Le génie européen, c'est que chaque nation, chaque peuple ait fait leurs génies nationaux. Chopin en Pologne, Cervantes en Espagne. Cervantes, ce n'est pas un écrivain européen.

C'est un écrivain espagnol au sein de plusieurs civilisations.

43:16
Invité

Jean-Philippe Tanguy, que direz-vous lorsque Donald Trump annoncera effectivement une hausse des taxes, 25% sur les importations venues d'Europe et qu'il y a des producteurs français, des agriculteurs, de ceux qui vendent le vin qui seront touchés ? Qu'est-ce que dira le Rassemblement national ?

43:33
Jean-Philippe Tanguy

On dira que M. Trump, malheureusement pour nous, défend ses intérêts. C'est exactement ce qu'a dit Jordan. Jordan Bardella a tout le monde.

43:39
Invité

Vous dites malheureusement que vous regretterez cette décision.

43:41
Jean-Philippe Tanguy

Bien sûr qu'on regretterez cette décision, mais j'ai regretté la décision de M. Obama qui, avec le droit extraterritorial américain, a fait payer 10 milliards d'euros de fausses amendes à la BNP, a pompé les brevets d'Alstom, a détruit des clics

43:54
Invité

pour prendre le meilleur et nous refiler le reste. Qu'est-ce qu'il faut faire ? Dans ce cas-là, il faudra répondre, il faudra nous aussi

44:02
Jean-Philippe Tanguy

Marine Le Pen a été la première dirigeante politique, même en Occident, à annoncer la nécessaire démondialisation des économies, la régionalisation des économies pour des raisons sociales, évidemment, pour récupérer des bons salaires pour nos salariés, pour reproduire en France, pour garantir la vraie écologie puisque je vous rappelle que 50% des émissions de gaz à effet de serre de la France ce sont des importations. Donc le premier mouvement écologique, c'est reproduire localement. Marine Le Pen avait défendu à l'époque le localisme sous les critiques de soi-disant experts de mes deux et la réalité, c'est qu'elle a toujours eu cette intuition et cette analyse concrète que M.

Tropp ne fait que transfigurer dans les faits. Donc oui, il faut démondialiser, il faut ramener les chaînes de production le plus proche possible des lieux de consommation, il faut réindustrialiser la France, il faut redonner confiance à nos agriculteurs et pour ça, il faut s'y rompre avec la doctrine, l'escroquerie repeinte en verre de la communauté de l'Union Européenne qui en fait est une décroissance et qui nous empêche de produire. Là, j'ai entendu un très bon interview du directeur de l'Agence internationale pour l'énergie qui a regretté les délais du nucléaire en Europe en disant que c'est uniquement à cause du site de réglementation

45:12
Présentateur

Il y a Donald Trump et il y a aussi son vice-président qui a marqué les esprits ces dernières heures J.D. Vance avec un discours un plaidoyer pour la liberté d'expression Arlette et des mots et un soutien appuyé à votre ancien allié l'AFD allemand dont vous vous êtes détaché.

45:30
Invité

Est-ce que vous regrettez de vous être séparé un peu de l'AFD parce que finalement non pas du tout ça vous choque qu'Elon Musk ou que le vice-président américain

45:40
Jean-Philippe Tanguy

se mêle de nos affaires qui se mêle de l'AFD Si les Allemands veulent continuer à être totalement soumis à l'Atlantiste comme ils le sont depuis un demi-siècle qui continue comme ça Moi je n'ai pas à me mêler des affaires allemandes ce n'est pas ma conception de la souveraineté nationale Les Allemands soutiennent l'AFD dont vous vous êtes séparé Moi ce qui me choque si vous voulez c'est toutes les ingérences étrangères j'ai été président d'une commission d'enquête parlementaire sur les ingérences étrangères La rapporteure Madame Le Grip macroniste a écrit les ingérences américaines sont par nature à la lisière des ingérences étrangères Pourquoi ? Parce que les macronistes quand c'était M.

Biden considéraient que les Etats-Unis se mêlent pas de nos affaires Toutes les ingérences sont contestables Les ingérences chinoises et russes sont insupportables parce qu'elles viennent de pays totalitaires ou de dictatures qui sont en opposition frontale avec nous Les ingérences américaines sont plus vicieuses parce qu'elles ont l'air amicales Elles ont l'air amicales Elles ne sont pas amicales Les Etats-Unis défendent leur intérêt Est-ce que c'est de la faute du Rassemblement National si quand l'administration Obama fait une amende de 10 milliards d'euros Est-ce qu'on se rend compte que c'est une amende de 10 milliards d'euros contre une banque française donc contre des épargnants français personne ne dit rien à part le Rassemblement National Quand Alstom nos centrales nucléaires passent sous contrôle de maintenance américain à cause de M.

Hollande et M. Macron qui dit quelque chose à part le Rassemblement National Personne Vous considérez aujourd'hui

47:03
Présentateur

que l'administration s'ingère aujourd'hui dans notre administration

47:06
Jean-Philippe Tanguy

que l'administration Trump est en train de s'ingérer dans nos affaires mais toutes les administrations européennes se sont ingérées dans nos affaires Les pays européens ont des soldats américains sur leur sol La France a été protégée des ingérences américaines par le général de Gaulle Les Américains d'ailleurs ont voulu régler leur compte Les historiens aujourd'hui l'ont prouvé malheureusement Personne n'a d'ailleurs réagi Quand Mme Merkel ou M.

Sarkozy sont sous écoute des Etats-Unis personne ne dit rien personne ne réagit à part le Rassemblement National Donc le problème ce n'est pas Trump et Musk c'est la lâcheté du paysage politique français en dehors du Rassemblement National contre les ingérences Nous on est contre toutes les ingérences

47:40
Présentateur

Et c'est parfaitement clair Merci beaucoup Jean-Philippe Danquille d'avoir été notre invité Merci Arlette Restez sur LCI On se retrouve dans quelques instants pour notamment débriefer l'interview du député du RN A tout de suite