Valls va-t-il lâcher Hollande ? Les qestions SMS #cdanslair 31-10-2016
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 70 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 78 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:04OuverteÉludée
A-t-il fallu un livre pour que le Premier ministre découvre la vraie personnalité du président ?
- 0:43OuverteÉludée
François Hollande est-il conscient des dégâts que fait dans son camp le livre des journalistes du Monde ?
- 0:49OuverteÉludée
Vous en avez parlé avec lui ?
- 1:08OuverteÉludée
Le président a bougé depuis 15 jours ?
- 1:37OuverteRéponse directe
Ces tensions au sommet de l'État ne profitent-elles pas à Emmanuel Macron ?
- 1:59OuverteRéponse directe
Et ça profite aussi à Mélenchon de la même manière ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:41InvitéChiffre
« Oui, si, elle profite à Emmanuel Macron. On le voit bien dans les sondages. »
- 3:23InvitéChiffre
« on a vu cette semaine, en effet, qu'à l'est le chiffre du chômage »
- 4:39PrésentateurFait
« Quand on est président, à l'issue d'un premier mandat, on a vocation naturelle à se représenter devant les Français. »
- 8:03PrésentateurChiffre
« Le rappel malgré tout, 7% lors de la dernière primaire »
- 9:02PrésentateurChiffre
« aujourd'hui encore une fois on a Marine Le Pen qui est plutôt à 29 voire 30% »
- 9:48InvitéChiffre
« 80% qu'il se représente ? »
Temps de parole
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- Invité 222 %
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- Invité 410 %
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A-t-il fallu un livre pour que le Premier ministre découvre la vraie personnalité du président ? Elle est intéressante cette question. Il ne peut pas faire mine de découvrir qui est François Hollande ? Non, mais enfin tout de même, le livre, le contenu du livre, les confidences sur des affaires géopolitiques, ça a surpris quand même même les plus proches de François Hollande. Ils en ont été quand même stupéfaits, y compris des gens qui étaient des soutiens indéfectifs depuis des mois et des mois. La manière dont Bruno Leroux a réagi, on ne peut pas dire que Bruno Leroux n'ait pas été un Hollandais vraiment dévoué. Donc il a quand même surpris par le contenu.
Après, les divergences idéologiques et les divergences de caractère, elles étaient listées depuis longtemps entre Valls et Hollande. Mais Valls a aussi profité de cette faute. Voilà, c'est parce qu'il y a une faute de Hollande que Valls s'engouffre dans la brève. François Hollande est-il conscient des dégâts que fait dans son camp le livre des journalistes du Monde ? Cécile Cornudet. Il affiche une placidité absolument incroyable. Vous en avez parlé avec lui ? Oui, moi je l'ai vu le lendemain de la publication et donc il n'y avait pas de problème.
Aussi, la presse n'était pas gentille de ne sortir qu'une ou deux phrases, mais il fallait qu'elle lise l'entièreté du livre et elle serait convaincue que tout cela était très bien. Après, manifestement, le président a bougé depuis 15 jours parce que beaucoup de ses amis lui ont dit « Non, mais sur le terrain, ça ne va pas du tout ». Donc c'est vrai qu'il avait tout un programme là qui devait commencer mercredi, de faire un grand discours sur le modèle social. Ça devait être le début d'une montée en puissance pour une candidature et tout ça a été ajourné et reporté à plus tard.
Et ses amis aujourd'hui, le presse a fait une interview, soit à la télévision, ça il n'a pas l'air de vouloir, mais au moins dans la presse écrite pour s'expliquer un peu sur le livre. Ces tensions au sommet de l'État ne profitent-elles pas à Emmanuel Macron ? Oui, si, elle profite à Emmanuel Macron. On le voit bien dans les sondages. Et on voit bien effectivement que cette espèce d'auto-suicide du Parti Socialiste, forcément, ça ouvre du champ sur la droite du Parti Socialiste, évidemment. Brice Aseuillet.
Et puis parce qu'on voit bien, et ça profite aussi à Mélenchon de la même manière, que François Hollande, Emmanuel Valls, là où ils sont, ne sont pas encore candidats, ne peuvent pas du coup apparaître comme des opposants, soit à la droite, comme le fait Mélenchon, qui prend le leadership de l'opposition du coup à la droite, soit comme un candidat putatif qui commence à dérouler des propositions, et ça c'est le jeu d'Emmanuel Macron. Donc tant qu'il y a cette paralysie sur, même pas la candidature, la candidature à la candidature, c'est-à-dire que le pain blanc de Jean-Luc Mélenchon, il peut durer jusqu'à la fin janvier, de ce point de vue.
Tant qu'il n'y aura pas clarification de la candidature...
Et pour Emmanuel Macron aussi ?
Pour Emmanuel Macron aussi, parce que si Emmanuel Macron décide de se présenter, d'annoncer sa candidature, quel que soit le résultat de la guerre entre François Hollande et Emmanuel Valls, eh bien il continuera à labourer, à prendre une longueur d'avance, et à être de plus en plus en capacité de proposition. Ces difficultés viendront peut-être, mais plus tard. Là, il y a six semaines, moi je crois, davantage d'ailleurs, jusqu'à au moins la finale de la primaire à gauche, qui sont extraordinairement difficiles pour Emmanuel Valls, pour François Hollande et pour celui qui sera...
Ce qui est extraordinaire, je fais une petite parenthèse, c'est que la gauche s'inquiétait de ne pas exister pendant la campagne des primaires de droite, on peut les rassurer, ça se passe plutôt bien médiatiquement, même si c'est sans doute pas le scénario qu'ils avaient envisagé. Quels atouts restent-ils à Hollande pour s'imposer ? D'abord, son bilan n'est pas déposé, il y a encore des choses qui peuvent arriver, on a vu cette semaine, en effet, qu'à l'est le chiffre du chômage, bon, il y a un chiffre médiocre de la croissance, mais il a quand même encore des choses à dire.
Il y a des moments symboliques forts, le premier anniversaire du 13 novembre en sera un, il y aura des moments internationaux, il sait faire parfois de très bons discours, pourvu qu'il soit audible, il peut aller sur le terrain des interviews écrites ou audiovisuelles, donc il n'a pas abattu toutes ses cartes. Et puis enfin, il y a ce moment fatidique, entre le 27 novembre, on sait qui est le candidat de la droite, et ça peut être un moment aussi de pagaille, de conflit à droite, de tension, et le 15 décembre, date limite pour déposer sa candidature à gauche.
Là, il y a le congrès du PS, la belle alliance qui fait une sorte de grande plateforme, il a le président, tous les regards vont être tournés vers lui, donc ça dépendra de lui. Et là, s'il y va franchement, fermement, il peut d'une certaine manière éteindre certains incendies. Et j'ajouterais juste un mot, la force quand même qu'il a, c'est qu'il est le président sortant, et qu'au fond, tout dépend malgré tout, au total, au bout du compte, de lui. C'est-à-dire que si demain, il dit « je suis candidat », malgré tout ce qu'on raconte le soir, il est candidat.
Donc c'était pour revenir à la question qu'on se posait en milieu d'émission, sur qu'est-ce qui peut l'empêcher en réalité de se présenter ?
Rien vraiment, rien vraiment. Et la force des institutions, encore une fois, je crois, joue beaucoup. Quand on est président, à l'issue d'un premier mandat, on a vocation naturelle à se représenter devant les Français. Et encore une fois, ils vous sanctionnent ou pas, ou ils vous renouvellent, mais on a vocation à se représenter, et on voit mal comment on pourrait contester cette possibilité. A fortiori, s'il s'agit de passer après par la casse primaire.
C'est-à-dire, comment est-ce qu'on pourrait vouloir empêcher que le président sortant déclare, c'est quand même assez minimaliste, « je suis candidat à la candidature pour aller défendre l'action qui a été menée et pour proposer autre chose aux Français ».
Démissionner, être viré ou rester, quelle est la meilleure stratégie pour Manuel Valls dans l'optique d'une candidature ? Rester. Rester, parce que se faire virer, il serait martyr, et puis Hollande, il faut trouver un remplaçant, et je pense qu'Hollande, on serait puni dans l'opinion. Enfin, quand même, ça donne l'impression qu'on a été pris les doigts dans le pot de confiture et qu'on n'a pas fait l'affaire. Démissionner, ça veut dire « je pense à moi, je ne pense pas à la France, je veux préserver mes chances ». Rester, rester en essayant de tenir le gouvernail. Rester malgré tout, rester dans ce climat de tension.
Rester pour la suite, rester dans ce climat, on ne cède en rien, mais en ne provoquant pas trop, on ne sait pas simple. Qui à gauche soutiendrait Valls s'il décidait de se présenter à la primaire ? Grand ministre. Que ferait Nathalie Vallaud-Médicassem, Marisol Touraine, que ferait Jean-Marc Ayrault ? Alors, il ne va peut-être pas dire « bravo Valls, c'est mon successeur », « mais Jean-Marc Ayrault, il va se présenter à la primaire, il va soutenir Montebourg à la primaire, celui qui l'a dit ». À un moment donné, par légitimisme, faute de mieux, je pense que le Premier ministre sortant peut récupérer un petit peu de ce...
La question est Martine Aubry et tous les Aubristes, ça, ça va être plus compliqué.
Plus compliqué, oui, et Taubira.
Et ça dépendra de la façon dont il a obtenu le fait d'être le candidat. S'il apparaît comme le traître, tous ces gens-là n'iront pas avec lui. Que se passe-t-il, que se passerait-il si Manuel Valls annonçait sa candidature à la primaire ? Que ferait alors François Hollande ? Impensable. Impensable, ça c'est le scénario qu'il faut exclure. Non, il ne peut jamais faire ça, il ne le fera jamais. Et d'ailleurs, il l'a dit, non, ça c'est un peu pas possible. Alors Macron le fera peut-être, oui, mais pas... Oui, non, je veux dire, annoncer sa candidature avant Hollande, mais non, pas Manuel Valls, ça c'est pas possible.
Pourquoi Laurent Fabius, ancien Premier ministre, n'est-il pas considéré comme un recours possible ? Bah tiens. Les présidents du Conseil constitutionnel, c'est des postes où on ne se remet pas dans une politique active électorale. La carrière de Laurent Fabius, politicienne, est derrière lui. Il lui reste maintenant à servir la France à ce poste éminent. Il va publier dans quelques jours ses mémoires du Quai d'Orsay. Quand on écrit ses mémoires, généralement c'est qu'on ne veut pas revenir.
Il lui-même a donné des signes qu'il se retirait de la politique. Ce n'a jamais été le cas d'Alain Juppé par exemple.
Et encore moins de Ségolène Royal. Et Ségolène Royal dans tout ça ? Non, alors il y a une vraie hypothèse. Je pense que si Hollande n'y va pas, il y a une grande chance qu'on n'est pas Hollande, donc qu'on n'est pas Aubry parce qu'elle est hors du jeu depuis 5 ans, et qu'on est les 3 restants. Royal, Montebourg, Valls. Quelque part c'est assez logique que le spectre de 2011, réuni par Hollande au soir du premier tour, se retrouve en compétition après la défection de Hollande et l'échec de ce quinquennat. Ça serait assez logique d'avoir avec Valls ce qu'il a incarné de social-libéralo-sécuritarisme, Montebourg à gauche, et puis Royal. On peut jouer la première.
Qui par ailleurs Royal ajoute une autre dimension à sa candidature. Un, elle a déjà été candidate à la présidentielle, ça confère une forme de légitimité. Et deux, elle a été la compagne de François Hollande, donc devant l'échec qui représenterait l'incapacité de Hollande à se représenter, il y aurait un côté catharsis à avoir une candidature de Royal à la primaire. C'est un mauvais souvenir pour elle, la dernière primaire.
Le rappel malgré tout, 7% lors de la dernière primaire, qui était une primaire où là il y avait une espérance forte de l'emporter ensuite à l'élection présidentielle. 7% donc aujourd'hui allait se risquer à nouveau dans une telle primaire, alors qu'il n'y a pas d'espérance forte on va dire, de gain à l'élection présidentielle. Pourquoi ? Pourquoi ?
Macron va-t-il s'inscrire à la primaire de la gauche ? A-t-il les moyens d'être candidat à la présidentielle en indépendant ? Est-ce qu'il pourrait, faute de candidature de François Hollande, réintégrer des primaires ? Non, dans tous les cas. Non, pour une raison simple, c'est qu'il a tellement bâti son projet sur le refus des partis politiques et sur le refus justement que ce soit les partis qui organisent l'élection présidentielle, c'est très compliqué maintenant de venir se remettre dans ce processus. Un second tour, Mélenchon-Le Pen est-il possible ?
Je sais qu'aujourd'hui vraiment on dit tous que plus en rien n'est visible. Tout est possible. Mais là il faut revenir à des réalités d'opinion. Aujourd'hui encore une fois on a Marine Le Pen qui est plutôt à 29 voire 30% et un candidat de la droite qui est qualifié aussi potentiellement pour le second tour.
De Valls ou de Hollande, qui a le plus besoin de l'autre ? Alors nous parlons, Hollande a plus besoin de Valls que de l'inverse. C'est pour ça qu'il ne l'a pas recadré très fermement ? Oui, il a été quand même doux parce que si Valls disait, vous avez entendu ce qu'a dit le Président, je ne peux plus travailler dans ces conditions, je claque la porte comme Jacques Chirac en 1976, Hollande serait quand même très embêtée. Une dernière question très vite, face à une gauche désorientée et à une droite en ordre de bataille, un rapprochement Valls-Macron n'est-il pas une solution ?
Je ne sais pas si c'est une solution mais en tout cas ce n'est pas ce qui se profite franchement compte tenu de leur rapport réciproque. Quelle est la solution ? Quelle est selon vous la probabilité que Hollande se représente ? 80% qu'il se représente ? Un peu moins. Merci, c'est la fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir à 22h35, une émission que vous pourrez retrouver sur PLEUZ, le site de Ripley de France Télévisions. Tout de suite c'est à vous, belle soirée sur France 5.