Clément Beaune - L'interview politique du 17/02/26
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 75 %Attaque 15 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:46OuverteRéponse directe
Washington n'est plus un ami qui nous veut du bien aujourd'hui ?
- 2:47OuverteRéponse directe
L'Europe est effectivement assez en retard sur l'autonomie stratégique ?
- 2:59OuverteRéponse directe
Notre industrie est en danger de mort face à la Chine ?
- 4:14OuverteRéponse directe
Les coûts chinois sont 30 à 40% moins élevés que les européens ?
- 5:53RelanceRéponse partielle
Un droit de douane de 30% n'augmentera-t-il pas les coûts pour les consommateurs ?
- 7:15OuverteRéponse directe
La révolution de l'IA générative a-t-elle été sous-estimée par nos dirigeants ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:53Invité politiqueFait
« Il ne faut pas se focaliser seulement sur l'actualité, je n'oublie pas ce que sont les Etats-Unis pour la France, un vieil allié, »
- 1:06Invité politiqueFait
« Mais l'actualité c'est effectivement un président américain qui remet en cause tous les cadres du monde en quelque sorte, »
- 1:52Invité politiqueChiffre
« Des droits de douane, il y en a eu, sur l'acier et l'aluminium européen à cette époque. »
- 2:18Invité politiqueFait
« Délégué notre sécurité, notre protection et son financement aux Américains pendant plusieurs décennies. »
- 2:23Invité politiqueFait
« Donc ça veut dire être plus autonome, produire, on a le succès aujourd'hui du rafale à l'export, »
- 3:30Invité politiqueFait
« Ce n'est pas vrai, elle est en train de s'accroître »
- 3:51Invité politiqueChiffre
« L'Allemagne perd, il faut le savoir, 10 000 emplois industriels par mois depuis deux ans. »
- 4:17PrésentateurChiffre
« Vous estimez que les coûts chinois sont 30 à 40% moins élevés »
- 4:40Invité politiqueFait
« Les produits chinois sont de meilleure qualité, souvent, il faut le dire, au moins d'aussi bonne qualité, et 30 à 40% moins cher. »
- 4:50Invité politiqueChiffre
« Dans certains secteurs, c'est 50 à 60% d'écart de coût. »
- 5:25Invité politiqueChiffre
« Je prends un seul chiffre, c'est aujourd'hui 55%, donc plus de la moitié des productions sur le marché européen qui sont fortement menacées »
- 5:46Invité politiqueChiffre
« Rien que la filière automobile en Europe, c'est 13 millions d'emplois. »
- 6:50Invité politiqueFait
« On était leader mondiaux il y a une décennie. En trois ans, on a perdu toutes nos entreprises, toutes nos entreprises en Europe. »
- 6:56Invité politiqueChiffre
« Et aujourd'hui, la Chine, c'est 80% de la production mondiale de panneaux solaires, en trois ans. »
- 8:12Invité politiqueChiffre
« On fait partie des pays en Europe, même le pays en Europe qui a eu le plus d'investissement en l'IA l'année dernière. »
Temps de parole
- Clément Beaune77 %
- Présentateur23 %
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Bonjour Clément Beaune, vous êtes haut commissaire à la stratégie et au plan, vous avez succédé à ce poste à François Bayrou et auparavant vous avez été dans l'ordre conseiller d'Emmanuel Macron à l'Elysée sur les questions européennes puis sur le G20, ensuite ministre à l'Europe et ensuite ministre des transports et député de Paris et vous êtes également en ce moment candidat aux élections municipales à Paris, troisième sur la liste de Pierre-Yves Bournazel, le candidat Renaissance et Horizon.
Alors on va bien sûr parler de la campagne des municipales à Paris, mais d'abord un mot sur les désordres du monde, les tensions géopolitiques et sur l'onde de choc qu'a créé ces dernières semaines l'attitude de Donald Trump à l'égard de l'Europe et notamment sur les droits de douane, ça veut dire que Washington n'est plus un ami qui nous veut du bien aujourd'hui ?
Il ne faut pas se focaliser seulement sur l'actualité, je n'oublie pas ce que sont les Etats-Unis pour la France, un vieil allié, un pays qui nous a aidé, même sauvé dans le passé et d'ailleurs nous avons contribué aussi à son indépendance, il ne faut pas l'oublier. Mais l'actualité c'est effectivement un président américain qui remet en cause tous les cadres du monde en quelque sorte, y compris le cadre transatlantique, y compris en tout cas parfois c'est le soupçon ou ce qu'on entend dans les déclarations de l'administration américaine ou le président américain lui-même, l'OTAN, et la sécurité collective en Europe.
Face à ça, la réponse n'est pas de dire que c'est un mauvais moment à passer, parce qu'on a déjà vécu le modeur de Trump 1, on s'est dit bon après il y a M. Biden, il est plus coopératif, plus transatlantique, il a aidé l'Ukraine, il faut lui rendre hommage sur ce point, et puis il y a eu M. Trump 2, on est dedans, et on ne sait pas ce que sera la suite. Et sans commune mesure avec ce qu'a été le Trump 1. Oui, mais enfin, soyons pas naïfs, il y avait des germes de ce trumpisme musclé dans le premier mandat. Moi j'étais effectivement conseiller d'Emmanuel Macron pour le G20 et pour l'Europe à l'époque. Des droits de douane, il y en a eu, sur l'acier et l'aluminium européen à cette époque.
Le sommet de l'OTAN, le premier de Donald Trump, premier mandat, il était déjà extrêmement inquiétant étant du... Bref, la réponse à ça, c'est pas tellement de se tourner vers Washington en espérant que ça aille mieux, ou en demandant que ça aille mieux, c'est d'être plus autonome, plus indépendant, c'est ce qu'a rappelé le président la semaine dernière, nous européens. Il faut être clair, ça prendra du temps, parce que notamment sur la sécurité et la défense, on a assez confortablement, soyons honnêtes aussi, délégué notre sécurité, notre protection et son financement aux Américains pendant plusieurs décennies.
Donc ça veut dire être plus autonome, produire, on a le succès aujourd'hui du rafale à l'export, notre propre industrie de défense, la défendre et être souverain à la matière, avoir des coopérations industrielles de défense européenne, dépenser plus pour la défense aussi. Tout ça, c'est engagé partout en Europe, en France, en Allemagne, en Pologne, en Espagne, etc. Tant mieux, mais on est encore évidemment des nains militaires par rapport aux Etats-Unis, il faut qu'on se muscle.
Et l'Europe est effectivement, vous le disiez, assez en retard là-dessus. Alors vous avez récemment présenté un rapport du Haut-Commissariat à la stratégie et au plan, l'intitulé « L'industrie européenne face aux rouleaux compresseurs chinois ». Et vous avez estimé que sur ce point, notre industrie était en danger de mort.
Oui, on tire la sonnette d'alarme parce que malheureusement, en géopolitique, vous parliez des ordres du monde, les problèmes ne s'effacent pas les uns les autres, parfois ils se cumulent. Et donc on a toutes ces difficultés avec Washington, ce feu d'artifice trumpiste quotidien, ça n'efface pas pour autant la menace commerciale chinoise. Donc notre rapport, il visait à la montrer, à la documenter, parce qu'on pense qu'on est en quelque sorte sur un plateau, comme dirait les économistes, c'est-à-dire qu'on a une menace commerciale chinoise stable. Ce n'est pas vrai, elle est en train de s'accroître et elle touche ce qu'on appelle le cœur productif de l'Europe.
Le cœur productif de l'Europe, ce sont les grands secteurs industriels, tous en réalité, on parle beaucoup de l'automobile, mais c'est malheureusement vrai aussi dans la chimie, dans la pharmacie, on a vécu dans les panneaux solaires il y a quelques années, les machines outils, etc. Et c'est vrai, pas seulement pour la France, d'ailleurs plus encore, pour les pays du centre de l'Europe, notamment l'Allemagne. L'Allemagne perd, il faut le savoir, 10 000 emplois industriels par mois depuis deux ans.
Bref, si on ne réagit pas là non plus, plus d'indépendance, plus de souveraineté, c'est toujours le même logiciel, avec par exemple des barrières commerciales plus fortes, oui, notre industrie sera en danger de mort. Je veux le dire en positif aussi, nous avons les moyens, parce que nous avons le plus grand marché du monde, du sursaut, de la protection, de l'innovation et de l'investissement.
Justement, vous estimez que les coûts chinois sont 30 à 40% moins élevés et que les coûts européens, avec des produits qui aujourd'hui sont d'aussi bonne qualité, voire de meilleure qualité que les produits européens. Et donc, ce que vous proposez, c'est un bouclier commercial massif des droits de douane de 30% au niveau européen.
Oui, vous vous souvenez peut-être de cette pub d'il y a quelques années, c'était une marque automobile européenne qui disait de ses concurrents, il y a moins bien, mais c'est plus cher. C'est ce qu'on risque d'avoir en Europe aujourd'hui, dans beaucoup de domaines. Je prends la voiture à dessin, le véhicule électrique par exemple. Les produits chinois sont de meilleure qualité, souvent, il faut le dire, au moins d'aussi bonne qualité, et 30 à 40% moins cher. Dans certains secteurs, c'est 50 à 60% d'écart de coût.
Alors, parce qu'il y a des subventions, parce qu'évidemment, les conditions sociales ne sont pas les mêmes en Chine, parce que la monnaie aide la compétitivité des entreprises chinoises, bien sûr, mais c'est la réalité. Et donc, si on a de l'innovation et de l'investissement, c'est ce qu'on doit faire en premier, mais ça ne sera pas suffisant. C'est ça qu'on dit. Donc ensuite, on peut débattre des mesures exactes.
Nous, on propose effectivement qu'il y ait une mesure transversale sur les droits de douane, parce que quand on fait des mesures, sans être trop technique, mais sectorielles, c'est-à-dire on prend un secteur, les panneaux solaires, le véhicule électrique, on regarde domaine par domaine, ça prend beaucoup de temps, et ça donne l'impression qu'il y a juste deux, trois secteurs qui sont concernés. Je prends un seul chiffre, c'est aujourd'hui 55%, donc plus de la moitié des productions sur le marché européen qui sont fortement menacées sur nos calculs par des produits chinois qui pourraient les remplacer.
Donc, on voit bien que ce n'est pas un sujet d'une de filière, c'est un sujet de toute notre économie industrielle, et l'industrie, je le rappelle, c'est la défense, c'est la souveraineté, ce sont les gains de productivité, c'est l'emploi. Rien que la filière automobile en Europe, c'est 13 millions d'emplois.
Alors, est-ce que cette mesure de droit de douane de 30% au niveau européen, que vous préconisez, est-ce qu'elle ne va pas augmenter mécaniquement les coûts pour les consommateurs ? Et puis, est-ce que le gouvernement est d'accord ?
Alors, nous, on propose d'abord des constats, je crois que ce rapport, j'ai fait un grand événement hier sur cette présentation du rapport, il n'y a jamais eu autant de monde qui est venu à une conférence organisée par le commissariat à la stratégie au plan, il y avait plus de 1000 personnes qui étaient connectées ou présentes. Bon, il y a un intérêt pour ce sujet. Le gouvernement et le président, d'ailleurs, ont dit à plusieurs reprises qu'il fallait muscler notre jeu en matière de protection. Ensuite, la mesure précise, je ne sais pas, nous, on propose des choses de manière libre, et ça nourrit le débat. Qu'il y ait des réponses alternatives, pourquoi pas ?
Simplement, il faut poser ce constat d'une menace existentielle. C'est ça le mérite de ce rapport, et changer, si je puis dire, le braquet de notre réponse vis-à-vis de la Chine. Bien sûr, il faut être honnête, là aussi, dans toute tension commerciale, dans toute réponse ferme, il y a des risques. Bon, mais le risque inverse, c'est quoi ? C'est qu'on perde tout simplement des secteurs entiers. Je prends un seul exemple que j'évoquais rapidement, les panneaux solaires. On était leader mondiaux il y a une décennie. En trois ans, on a perdu toutes nos entreprises, toutes nos entreprises en Europe. Et aujourd'hui, la Chine, c'est 80% de la production mondiale de panneaux solaires, en trois ans.
Donc, il y a un sursaut et une réaction massive organisée. Si des gens ont des meilleures idées, je suis très preneur, il faut que ce débat ait lieu. Mais on va le porter, ce débat en Europe. La semaine prochaine, je serai à Bruxelles, pour aussi une grande conférence de débats concrètes pour faire avancer ces idées.
Alors, vous le dites, ça va très, très vite. Et justement, la révolution de l'IA dernière génération, l'IA générative, a commencé à déferler sur nos économies, nos sociétés. On a l'impression que notre pays, que ses dirigeants, mais d'ailleurs pas seulement notre pays, nos voisins européens aussi, n'ont pas totalement pris la mesure du tsunami qui vient, notamment sur l'emploi, parce que tous les secteurs, absolument tous, seront impactés.
Oui, c'est d'ailleurs un des sujets sur lesquels on travaille, évidemment, au plan, puisqu'on regarde le temps long. Donc, notamment, IA et compétences, pour regarder les secteurs qui seront les plus concernés. Alors, personne n'a de boule de cristal. Mais la vraie révolution de l'IA, c'est que ce sont des secteurs, parfois, qualifiés. Des métiers du droit, par exemple, les métiers de notaire, d'avocat, les métiers d'experts comptables, etc. Des métiers qui sont des métiers de réflexion, si je puis dire, qui peuvent être remplacés, ou en tout cas percutés, par l'intelligence artificielle. Si on est positif, ça peut être aussi des métiers aidés par ces outils d'intelligence artificielle.
Donc, il faut construire cette nouvelle économie de l'IA. On n'est pas mal placé. Le président de la République, au moment où on parle, est en Inde pour un sommet de l'IA. On fait partie des pays en Europe, même le pays en Europe qui a eu le plus d'investissement en l'IA l'année dernière. On a à la fois des centres de données pour avoir du stockage de données souveraines. On a des entreprises, des startups. On parle beaucoup de Mistral, mais H et beaucoup d'autres qui sont des stars de l'IA. Et donc, on a les outils, mais on a raté la vague. En tout cas, on l'a moins bien prise que les Américains sur le numérique. Google, etc. Il y a une quinzaine d'années. Ne ratons pas la vague de l'IA.
Et puis, j'anticipe sur certains secteurs, par les transports. J'ai été effectivement ministre en charge de ce secteur. Le véhicule autonome, par exemple, ça va être une révolution massive. Si je reviens à votre micro, dans moins de dix ans, probablement dans cinq ans.
Ce sera le cas, j'espère.
On aura des véhicules, j'espère, avant. Mais on aura des véhicules autonomes. Et là aussi, si on ne se dépêche pas, ce sera Waymo, c'est-à-dire le groupe Google. Ce sera Tesla, constructeur américain bien connu, qui seront nos pourvoyeurs de véhicules autonomes. On a encore le temps de réagir en européen, mais c'est tout de suite.
Alors, revenons sur le terrain national et le terrain parisien avec la campagne des municipales. D'abord, un mot sur l'état du rapport de force telle que mesurée par les sondages qui, je le rappelle, ne sont qu'une photographie à l'instant T. Mais c'est que ça donne quand même un thermomètre, on va dire. En tête, Emmanuel Grégoire, candidat de l'Union de la Gauche hors RFI. Deuxième, Rachida Dati, candidate des Républicains du Modem et de l'UDI. Et puis, plus loin, c'est votre candidat, Pierre-Yves Bournazel, le troisième homme. Devant la candidate LFI, Sofia Chikirou, la candidate de reconquête Sarah Knafo et le RN, Thierry Mariani.
Donc, si on raisonne en termes de vote utile, pourquoi voter pour Pierre-Yves Bournazel plutôt que pour Emmanuel Grégoire ou Rachida Dati qui sont en tête et qui ont
plus de chances de l'emporter ? La question, c'est est-ce qu'on veut du changement à Paris et de l'alternance à Paris ? Moi, je viens de la gauche, je me définis comme social-démocrate. Encore aujourd'hui, je n'ai jamais varié. Je pense qu'on a néanmoins, il y a eu des choses bien. Le vélo, par exemple, dans ce qu'a fait Bertrand Delanoé, Anne Hidalgo ensuite. Mais il faut changer parce que la ville n'est pas gérée, parce que la ville, c'est la question de la circulation, de l'entretien de la voirie, de l'entretien de la propreté, les fonctions essentielles de la municipalité sont mal fichues aujourd'hui. Ce n'est pas compliqué et c'est ça que les parisiens veulent changer.
C'est la faute d'Anne Hidalgo ?
Moi, je ne cherche pas la faute. Madame Hidalgo, elle ne se représente pas. Ce serait un peu facile de la pointer du doigt et on lui a mis beaucoup de choses parfois sur les épaules. Mais on a besoin de changement. C'est sain d'ailleurs dans une démocratie quand il y a eu quatre mandats d'une même majorité municipale, quoi qu'on en pense. Et je crois que Pierre-Yves Bournazel, c'est pour ça que j'insiste, c'est le changement, l'alternance positive dans le sérieux.
Pas le retour en arrière, pas la bagnole partout, pas la réouverture des voies sur berge, pas le grand retour en arrière sur l'éthique ou la probité qui étaient aussi des grands changements positifs qu'ont apporté un Bertrand Delannot et son équipe par exemple. Donc on a besoin de cette alternance, on a besoin de sérieux et moi je suis un homme aujourd'hui engagé au centre avec des gens qui viennent de la gauche, des gens qui viennent de la droite. À Paris, je crois plus encore, il y a cette envie-là de se rassembler au centre pour changer et c'est Pierre-Yves Bournazel qui l'incarne.
Le candidat du vote utile, c'est toujours assez amusant comme argument parce que d'abord, ce serait comme si avant le premier tour, avant même le premier tour, on ait décidé qu'il y ait des candidats légitimes et puis des candidats moins légitimes. Qui le décide ? Si c'est des sondages, on sait qu'ils sont, et c'est normal, plantés de nombreuses fois, notamment à Paris, je pense au parcours de Bertrand Delannot. Ensuite, le vote utile, si on veut utiliser l'argument des sondages, il y en a eu un de sondage il y a quelques jours qui montrait qu'au deuxième tour, s'il y avait un duel entre Mme Dati et M. Grégoire, Mme Dati perdait, donc pas d'alternance. Si c'était M. Bournazel contre M.
Grégoire, M. Bournazel gagnait donc alternance. Donc si on veut utiliser l'argument du vote utile, regardons les choses honnêtement et jusqu'au bout. Et puis la famille du centre, ça existe à Paris, il y a des députés, j'en ai fait partie, c'est un pourcentage de voix important encore en 2024 aux dernières législatives, ça représente quelque chose et aujourd'hui, Gabriel Attal, Édouard Philippe, l'immense majorité des cadres et militants de Renaissance et d'Horizon sont avec Pierre-Yves Bournazel.
Alors justement, l'immense majorité, mais pas tous, puisqu'il y a quand même une partie des... En 95% si ce n'est plus. C'est quand même certaines personnalités, Benjamin Haddad, ministre des Affaires européennes qui vous a succédé à ce poste, Sylvain Maillard, député de Paris, qui eux soutiennent Rachida Haddadhi activement.
Je respecte leur choix, mais c'est un choix dissident, c'est un choix minoritaire, c'est le leur, très bien, mais il ne faut pas inverser non plus les choses.
On a eu un vote, il y a des instances et le secrétaire général, Gabriel Attal, le chef du parti Horizon, Édouard Philippe, ont fait ce choix pour leur parti, ils ont été soutenus, chefs et partis de ce vote et aujourd'hui, quand je regarde ce qui s'est passé, il y a eu un meeting au Cirque d'Hiver, très important, beaucoup de monde la semaine dernière, il y avait Astrid Panossian, Olivia Grégoire, les chefs de parti, Gabriel Attal, Édouard Philippe, moi-même, des fondateurs d'En Marche, bref, ceux qui ont milité ensemble depuis 2017 dans beaucoup de campagnes et j'en ai été de toutes à Paris, étaient ensemble pour soutenir Pierre-Yves Bournazel, donc c'est ça la réalité, après d'autres peuvent faire d'autres choix, je respecte, mais il ne faut pas inverser l'image et tordre les faits, le centre est avec Pierre-Yves Bournazel et l'alternance est possible avec Pierre-Yves Bournazel.
Alors, dernière question, après les municipales, c'est 2027, bien sûr, on constate qu'il y a aujourd'hui pléthore de prétendants dans le bloc central, même si Édouard Philippe est le seul officiellement déclaré, je crois, dans les sondages, comment on va faire pour les départager, est-ce qu'il faut une primaire ?
Pour avoir une primaire, il faudrait un espace de la primaire, un périmètre pertinent, bon, j'entends qu'il faudrait faire une sorte, chez certains, d'alliance de la droite et du centre, bon, est-ce qu'on a un projet politique commun ? C'est comme ça la première question, moi je n'ai pas d'affinité politique, c'est le moins qu'on peut dire avec M. Retailleau, je respecte encore une fois sa famille politique, mais LR, LR c'est la coignature de Mme Détier Paris, c'est le parti de M.
Retailleau, moi ce n'est pas mon histoire et ma famille politique, bon, est-ce qu'on ne peut pas regarder ce qui se passe dans un espace qui va de Raphaël Glucksmann à Xavier Bertrand, qui est clair vis-à-vis du Rassemblement National, qui peut effectivement, qui pourrait s'entendre au premier tour, moi je préfère qu'on regarde ce genre de choses un peu créatives, un peu innovantes, mais on en aura besoin face à l'extrême droite et l'extrême gauche dès le premier tour.
On aura l'occasion d'en reparler d'ici 2027,
merci Clément Bonne et à bientôt sur Radio-J.
Clément Beaune