AUDITION IA : REPRÉSENTANTS DE SYNDICATS ENSEIGNANTS DU SUPÉRIEUR
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Analyse automatique
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 54 %Attaque 20 %Défensif 27 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 56 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 25:00OuverteRéponse directe
Quelle est votre appréciation des possibilités de formation des enseignants sur l'IA ?
- 30:00OuverteRéponse partielle
Comment voyez-vous les bénéfices de la personnalisation par l'IA pour l'apprentissage ?
- 35:00OuverteÉludée
Comment concilier création de connaissances et respect du consentement des données ?
- 0:00OuverteRéponse partielle
Quelle entité juridique gère les archives ouvertes et comment sont-elles utilisées par l'IA ?
- 2:00OuverteÉludée
Comment garantir la souveraineté des données face aux acteurs américains ou chinois ?
- 4:00OuverteRéponse partielle
Le RGPD peut-il garantir une souveraineté sur les données utilisées par l'IA ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:30Madame rapporteurChiffre
« 50 % affirment qu'il leur serait difficile de s'en passer. »
- 4:00Madame rapporteurChiffre
« 47 % des étudiants admettent l'utiliser pour des exercices même lorsque c'est explicitement interdit. »
- 19:00Monsieur Réo (Collectif 384)Fait
« Il y a un besoin réel de formation structuré, accompagné de l'ensemble des personnels de l'enseignement supérieur et la recherche sur ce sujet. »
- 21:00Monsieur Réo (Collectif 384)Fait
« L'apprentissage commence pas tout à fait là où on croit. Il y a une étape qui est de savoir que l'on ne sait pas. »
- 29:00Monsieur Sicoutau (CFTC)Chiffre
« 90 % de la donnée est stockée aux États-Unis. »
- 1:00Fait
« On est tenu, si on veut être valorisé à donner les titres, le contenu, les références de notre travail. »
Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
J'entends de lune ça. Bon très bien. Merci beaucoup madame rapporteur.
Bien mesdames et messieurs, bonjour chers collègues. Bonjour. Nous poursuivons aujourd'hui les travaux de notre mission d'information intitulé création, diffusion et acquisition des connaissances.
Comment l'intelligence artificielle transforme notre éducation et notre information et nous procédons aujourd'hui à l'audition de syndicat de l'enseignement supérieur euh dont nous remercions les représentants présents ce jour d'avoir accepté notre invitation. Nous accueillons donc madame Maria Suzanna Seguin, membre de la qualité de la Science française QSF, maître de conférence en littérature française du 18e siècle à l'université Paul Valérie de Montpellier. Monsieur Laurent Coste, membre de la CFE CGC, professeur d'histoire moderne à l'université Bordeaux Montagne.
Monsieur David Réo, enseignant à l'université Paris Saclet, coordinateur des actions de l'ami CMA campus de l'industrie circulaire de la mobilité, monsieur Réy Boule, enseignant en informatique et mathématiques à l'IUT de Blagnac et tous deux membres du bureau national du collectif 384. Et enfin, messieurs Jean-Marc, excusez-moi, Sicoutau, délégué syndical central chez Lauroi Merlin et conseiller du président de la CFTC sur les questions d'IA, monsieur Paul Dumont, conseiller technique et attaché du groupe CFTC au conseil économique, social et environnemental. Euh madames, messieurs, euh soyez les bienvenus.
En février 2026, une enquête ipsos menée auprès des étudiants pour l'école, pour l'informatique et les techniques avancées, Pita a mise en lumière une intégration massive de l'intelligence artificielle dans les usages académiques. Lia est désormais profondément ancré dans la vie des étudiants. 48 % d'entre eux s'en servent quotidiennement.
Je pense que ce chiffre est sous est sous-évalué et 50 % affirment qu'il leur serait difficile de s'en passer. Certaines dérives ont été mises en lumière. Bien sûr, si les étudiants affirment utiliser l'IA avant tout pour comprendre les concepts difficiles des communes de la révision, beaucoup s'en sertent aussi pour tricher si ce terme est un peu brutal mais enfin il faut l'utiliser.
Au total, 47 % des étudiants admettent l'utiliser pour des exercices même lorsque c'est explicitement interdit. En théorie, lien génératif peut permettre au système de l'enseignement supérieur de personnaliser l'acquisition des savoirs comme jamais auparavant. par exemple en accordant à chaque étudiant un tuteur personnel que vous inspire une telle perspective et voyez-vous une menace pour l'autorité et la respectabilité des enseignants.
Un risque de de substitution. Ne faut-il pas au contraire considérer que les jeunes esprits en formation auront toujours besoin de la médiation des adultes pour les guider dans leurs études ? Si les potentialités sont nombreuses, on peut ignorer l'utilisation du système d'IA à des fins de triche ou de paresse.
Comment faire en sorte que les étudiants ne perdent pas l'habitude de penser par eux-même, de s'exprimer à la première personne ? N'existe-t-il pas d'ors et déjà un risque de dépendance à ces outils par ailleurs fort consommateur en énergie ? Enfin, peut-être pourrez-vous nous dire un mot de l'utilisation de cette technologie par les enseignants eux-mêmes.
Laattention se se focalisant bien souvent sur les seuls étudiants. Donc, mesdames et messieurs, euh le fonctionnement de notre de mission est toujours le même. Il est traditionnel.
Vous avez la parole pour des propos liminaires de 5 minutes à peu près par organisation, par organisme de manière à enfin je demander d'être assez concis de manière à permettre à madame Calvez rapporteur de vous poser les questions qu'elle a préparé à votre attention. Je vous remercie et je vous cède la parole dans l'ordre que vous souhaiterez. Merci beaucoup.
Donc je représente qualité de la science française qui n'est pas un syndicat mais une association. Euh donc nous menons sur la question de Lia une réflexion régulière depuis 3 4 ans puisque nous sommes confrontés régulièrement à l'utilisation de l'IA par nos étudiants comme vous le rappeliez. Euh je dirais que c'est même plus que 47 %.
C'est 47 % qui l'avoue. Euh mais l'utilisation est récurrente et nous sommes souvent démunis parce que les outils dont nous disposons pour la détection des usages de l'IA sont insuffisants et légalement inopérant puisque nous ne pouvons pas nous en servir pour euh sanctionner éventuellement les étudiants. Il faut obtenir de leur part la reconnaissance de l'utilisation de ces outils, sinon cela ne marche pas.
Euh nous sommes également euh confrontés à à une réalité avec laquelle il faut faire désormais. On ne peut pas fermer les yeux devant l'utilisation de l'IA. Euh mais nous avons justement consulté des personnes qui travaillent sur les IA, des philosophes qui réfléchissent sur les questions anthropologiques, éthiques, épistémologiques liées à ce défi technologique qui est certes un outil de plus et comme tous les outils susceptibles d'un bon ou d'un mauvais usage, mais c'est un outil dont la puissance entraîne les conséquences peut-être qui vont bien au-delà de celle d'autres technologies auxquelles nous avons été confrontés ces derniers temps.
Nous nous inquiétons donc sur les usages de l'IA par nos étudiants et sur ce que cela peut entraîner non seulement au niveau de leur acquisition de connaissances mais aussi de leur formation en tant que futur professionnel et surtout futur citoyens. Il ne s'agit pas seulement je je regarder le questionnaire que vous nous aviez envoyé hein et [grognement] euh si cela peut avoir un impact sur la réussite des étudiants. Mais je me demande qu'est-ce que c'est la réussite ?
Qu'est-ce qu'on entend euh par la réussite à l'université ? Est-ce que c'est juste valider des examens ? Certainement, ça peut aider à avoir de meilleures notes.
Mais est-ce que cela voudra dire pour autant que ces étudiants auront acquis les connaissances et les compétences qui vont les préparer ? à exercer des métiers, à s'insérer dans la société, à transmettre à leur tour des valeurs au-delà des connaissances qu'ils ont acquises et à devenir des citoyens à part entière dans la société. Nous nous inquiétons également au niveau des enseignants d'une part par le manque d'information et de formation dont nous disposons.
Nous sommes de plus en plus écrasés par des tâches administratives, par une surcharge d'heure d'enseignement et nous n'avons pas souvent le temps de nous former à ces compétences. Sauf pour ceux qui avons la possibilité de le faire par le biais de nos propres recherches, nous manquons cruellement hein d'outils pour faire face à cette réalité. Et nous nous inquiétons aussi euh sur euh les conséquences que cela peut avoir au niveau de nos recherches, hein.
Non parce que non pas parce que la l'intelligence artificielle n'est pas un outil très intéressant et très utile pour les recherches euh notamment pour tout ce qui est exploration de vaste corpus de data. Moi, je viens des lettres, hein. Donc euh nous nous développons pas de nous coudons pas mais nous essayons d'interpréter les documents du passé et cela peut en effet être très utile. et l'utilisation des datas dans le contexte actuel qui est celui de l'open source des sciences ouvertes auquels nous adhérons par principe la science n'appartient à personne, le savoir est à tout le monde nous expose aussi au pillage intellectuel des données que nous publions de façon ouverte et nous nous inquiétons également au niveau des futurs enseignants et notamment de ce qui se passe pour les thèses qui sont diffusé sur internet et au niveau du conseil national des universités sur ce que cela peut entraîner au niveau de la qualification des futurs enseignants universitaires.
Enfin, pour répondre à la question euh que vous posiez dans le questionnaire sur le fait que euh si l'intelligence artificielle peut rendre plus intelligent, je demande mais de quelle intelligence on parle, hein. J'ai j'ai parlé tout à l'heure avec nos collègues, j'ai bien aimé, il y a toute une série de questions rhtoriques qui pourraient servir de base à un cours de stylistique. les réponses sont implicites dans dans votre questionnaire et en tant que représentant d'une association qui réfléchit à la qualité de la science, nous aimerions qu'on nous donne les moyens justement d'avoir une réflexion plus large, une connaissance de l'intérieur de l'utilisation de ces de ces outils et de pouvoir mener une réflexion plus large sur les conséquences scientifiques, les conséquences éthiques et épistémologique de l'utilisation de l'IA.
Et nous aimerions aussi qu'on pense que tous ces outils qui sont absolument extraordinaires d'accompagnement individualisés euh doivent être pensés aussi au niveau de l'accessibilité des personnes handicapées qui nont pas toujours accès aux outils numériques et de des personnes qui qui relèvent de l'électronisme parce qu'on laisse de côté toute une partie de la population qui n'a pas accès aux outils numériques ou qui n'est pas formé pour les outils numériques qui par des questions parfois idéologiques, parfois d'âge ne maîtrise pas ces outils là. Donc dans devant l'arrivé de de ces masse d'instruments, de botes d'assistant personnel, on s'interroge aussi sur les conséquences que cela peut avoir à ce niveau-là. Ensemble pour QSF, nous ne sommes pas fermés à l'utilisation de l'IA dans les trois catégories que vous définissiez et nous nous demandons donc à être associé en tant qu'enseignant universitaire sur les utilisations pour la recherche pour l'enseignement et au-delà sur l'utilisation sociale les conséquences sociales et sociétales que peut avoir cette nouvelle technologie.
Merci beaucoup. Merci à vous. Allons-y.
D'autres contributions, d'autres préinaires ? Oui. Madame la rapporteur, monsieur le président, la CFE CGC vous remercie d'abord de l'avoir convié à cette audition.
Nous remettrons très rapidement nos remarques au questionnaires que vous nous avez transmis pour faciliter le travail de votre commission. Alors, l'intelligence artificielle, elle est une réalité dans nos vies personnelles et professionnelles. Elle suscite, comme toutes les innovations, à la fois des phénomènes de d'adoption, d'enthousiasme.
De notre côté, des phénomènes de refus, de recul, voire pour certains de nos collègues, d'objection de conscience face à une technologie qui est par exemple très coûteuse au point de vue consommation énergétique et d'autres et d'autres aspects. Nous sommes confrontés dans notre vie professionnelle de manière régulière, tant au niveau des étudiants que de nos collègues, à cette nouvelle technologie. Il faut un temps d'adaptation mais nous avons connu la mise en place de l'internet, l'utilisation aux usages multiples des applications des téléphones portables.
Donc je veux dire, il y a un processus en cours et euh pour mener un certain nombre d'analyses, nous manquons peut-être encore un peu de recul. Mais en tout cas, c'est un processus qui est qui est à l'œuvre. Alors, il y a plusieurs éléments dans votre questionnement. celui par exemple des étudiants, celui des étudiants qui utilise effectivement beaucoup euh pour trouver des informations de manière plus rapide parce que c'est un des atouts de cette technologie, c'est la rapidité d'accès à l'information mais avec aussi le risque qui a été bien étudié par les psychologues et les neurologues de la recherche du moindre effort, c'est-à-dire de trouver de faciliter le travail et de mettre son nom au bas d'un document d'un exposé qui en fait n'est pas le sien.
Et il y a alors c'est un élément qui peut être intéressant à aborder au cours des des prochains mois des prochaines années. Il y a en ce moment un flou juridique puisque si on prend par exemple le un jugement du tribunal administratif de Montreuil d'octobre 2025 qui a été saisi par une étudiante qui dont le travail avait été sanctionnée pour utilisation frauduleuse de l'intelligence artificielle et bien le tribunal a considéré que il n'y avait pas d'élément probant et que on pouvait donc utiliser un certain nombre d'arguments qui étaient présentés par l'université. Qu'avait fait l'université pour étudier ce dossier, pour attaquer cette étudiante ?
Ils avaient utilisé eux-mêmes l'intelligence artificielle sur le même sujet avait abouti à un résultat similaire. Ils avaient présenté un plan qui était également similaire. Le professeur qui avait dirigé le mémoire considérait que le style du travail écrit ne correspondait pas au style habituel de l'étudiante dans ses productions précédentes.
Et d'autre part, lors de l'audition, lors de la soutenance de ce mémoire, on voyait qu'elle ne maîtrisait pas. Donc la sanction a été maintenue. Inversement, au mois de mars dernier 2026, Tribunal Administratif de Paris, mais situation à peu près similaire, qu'a dit le tribunal ?
L'université Paris Panthéon Sorbon n'a pas fait de règlement antérieur précisant les condition d'utilisation et donc on ne peut pas sanctionner quelqu'un puisque si nul n'est censé ignorer la loi encore faut-il qu'il y ait une loi. Donc il semble qu'il faille aller dans cette direction. Alors les inquiétudes au-delà je dirais de la fraude ou d'une utilisation un peu non éthique de cet outil.
La crainte effectivement, c'est que les étudiants ne puissent plus savoir apprendre, qu'il se repose trop facilement sur une production qui présente des biaiss, qui présente aussi des erreurs, hallucination, mauvaise référence bibliographique, cré. Donc ça suppose pour l'utilisateur d'avoir une connaissance du sujet qu'il traite pour pouvoir contester ce que lui propose l'intelligence artificielle et qu'il ait aussi un esprit critique. Donc ça c'est un élément qui doit jouer un rôle important à l'avenir dans la formation des étudiants.
Il nous semble aussi que il faudrait que les établissements, les organismes de recherche mettent en place des chartes d'utilisation. Alors en ce qui nous concerne, on est très attaché à la liberté académique. Les disciplines sont différentes, les sciences humaines, les sciences dures.
Et donc il ne faut pas, nous semble-t-il qu'il y ait un organisme centralisé qui donne une règle uniforme, mais que au niveau de chaque école doctorale, de chaque établissement de CNRS, l'INRIA, l'INRAE et bien les [raclement de gorge] structures qui ont en charge la recherche réfléchissent et mettent en place des structures adaptées à l'établissement et à la discipline. pour les collègues. Alors effectivement l'utilisation de l'intelligence artificielle est de plus en plus utilisée mais avec des variantes selon les disciplines, selon aussi je dirais l'âge des collègues.
Il sera plus facile à un jeune maître de conférence, un jeune chercheur de s'adapter à ce nouvel outil que je dirais des collègues qui sont plutôt en fin de carrière et qui n'ont pas été qui ne jugent pas nécessaires de de suivre ce mouvement. Donc des situations extrêmement variées. Là aussi, c'est l'éthique qui compte.
C'est l'éthique. De même que il y a pu y avoir des cas de plagia, il peut y avoir un recours abusif à l'intelligence artificielle. Et si on peut admettre l'utilisation de cet outil pour traiter des bases de données, pour balayer la production historiographique bibliographique, il me semble que il nous semble que marquer son nom au bas d'un article, d'un ouvrage dont on n'est pas l'auteur représente quand même un défaut éthique majeur et je pense qu'il faut sensibiliser nos collègues à ce problème très important.
Ce sera le cas, je pense, il faudra le faire là aussi. euh au niveau local. Voilà, si vous voulez quelques éléments que nous voulions porter à votre connaissance et nous sommes bien sûr disposés à répondre à vos questions.
Je vous remercie pour votre attention. C'est bon. Alors monsieur le président, madame la rapporteur, nous allons faire un proposinaire à deux voix avec mon collègue monsieur Boule au nom du collectif 384 qui est un syndicat qui rassemble les personnels de l'enseignement supérieur et de la recherche avec en son sein essentiellement des enseignants du supérieur et des contractuels.
La question qui est posée aujourd'hui par cette mission d'information, elle est évidemment essentielle. Elle appelle une clarification immédiate, c'est que l'intelligence artificielle, c'est pas un nouvel outil lambda, c'est un outil qui amène un changement de paradigme important dans la matière dans la manière dont les savoirs sont produits, diffusés et acquis. LIA, on l'a dit, est déjà présente massivement dans l'enseignement supérieur et puis elle utilisé de manière importante par les étudiant.
L'un des enjeux, c'est de comprendre comment intégrer intelligemment cet outil dans les apprentissages. Alors, l'IA est un outil qui permet de faire de générer des synthèses, de proposer des exemples, de construire des exercices progressifs. Dans ce sens-là, c'est un outil dont les enseignants peuvent se saisir pour pouvoir appuyer l'étayage nécessaire pour la progression des étudiants.
Certains enseignants s'en sont saisis très vite. Effectivement, ça dépend un peu des domaines. Je pense que les les domaines scientifiques son sont saisis un peu plus rapidement.
Mais une chose est claire, c'est que vu la vitesse à laquelle ce type d'outil évolue, il y a un besoin réel de formation structuré, accompagné de l'ensemble des personnels de l'enseignement supérieur et la recherche sur ce sujet. On pourrait penser que comme Lien crée des contenus, bah finalement, il y a plus besoin d'enseignant. Je voudrais juste rappeler un élément sur l'apprentissage.
L'apprentissage commence pas tout à fait là où on croit. Il y a une étape qui est de savoir que l'on ne sait pas. Lorsque l'on sait que l'on ne sait pas, à ce moment-là, on peut utiliser des outils pour essayer d'apprendre des choses nouvelles.
Mais avant ça, il y a une étape, c'est ignorer même que l'on ne sait pas. Et à ce moment-là, on peut pas découvrir un un sujet si on ignore même que son existence. Et donc là, le rôle des enseignants, il est essentiel pour pouvoir faire découvrir des méthodes, faire découvrir des champs disciplinaires, mettre de l'intérêt sur l'ensemble des champs existants.
Donc l'enseignant se contente pas de répondre, il fait émerger des questions, il ouvre des perspectives, il fait découvrir des domaines, il structure les savoir. L'enseignant est là aussi pour animer un collectif apprenant au sein du groupe, au sein de la classe de telle manière à ce qu'il y a une dynamique sociale qui puisse se mettre en place. Je voudrais aussi insister sur les mécanismes de l'apprentissage.
Le fonctionnement de l'intelligence artificielle repose en grande partie sur les réseaux de neurones. Ça s'est inspiré du fonctionnement humain. Dans le fonctionnement humain, pour qu'il y ait un développement synoptique, il faut qu'il y ait un passage un grand nombre de fois de la même information ou d'une information qui soit proche.
Et ça, ça passe aussi par le mécanisme de l'erreur. Et sur cette notion d'erreur, l'IA, les outils d'IA qui existent actuellement en général, elles ont tendance à réduire un petit peu les erreurs qui se sont faites. C'est-à-dire que Lia a tendance à dire que la personne qui a mis le prompt raison et ne dit pas suffisamment que la personne se tromper.
Ça c'est gênant parce que ça peut laisser penser à l'étudiant, à l'apprenant qu'il a bon alors qu'il a tort en réalité. Et ce mécanisme d'apprentissage par l'erreur, il est indispensable. C'est lui qui va permettre de comprendre, qui va permettre d'ajuster, qui va permettre de progresser.
Un autre risque pour les étudiants d'utiliser l'intelligence artificielle, c'est d'être uniquement en tant que consommateur de réponses. Et il y a là quelque chose d'important, c'est de savoir quelle est l'intention qui est mise par l'étudiant lorsque il utilise l'IA. Est-ce que il veut simplement avoir une réponse pour pouvoir faire un copiercollé et avoir une bonne note ou est-ce que il a une réelle volonté d'apprentissage derrière ?
Et en fonction de cette intention, on a un mécanisme cognitif qui va être qui va différent. Il y a là derrière quand même un parallèle intéressant à faire euh pour les enseignants de former à la métacognition les mécanismes d'apprentissage. Les mécanismes d'apprentissage de l'UIA fonctionne sur un mode relativement proche de celui de l'intelligence humaine.
Et là apprendre comment fonctionne Lia, pas seulement à l'utiliser, comment elle fonctionne, comment est-ce qu'elle a été entraînée. Ça peut permettre euh aux étudiants aussi de comprendre comment eux ils apprennent. et de pouvoir les engager euh dans leurs apprentissages.
Et là aussi, il y a un rôle essentiel de l'enseignant de pouvoir accompagner à cette métacognition. Euh le rôle de l'enseignant, c'est pas juste de transmettre et d'accompagner euh mais c'est de faire comprendre aux étudiants de faire cet effort. Et puis notre rôle se limite pas à la transmission.
Nous sommes là dans l'enseignement supérieur pour pouvoir former des citoyens qui seront acteurs demain de la nation. Et on est là aussi pour leur faire prendre de la hauteur, faire prendre un esprit critique. Et là, notre rôle reste essentiel.
On pourrait aussi penser que pour créer quelque chose de nouveau, pour créer quelque chose d'innovant, on n pas besoin de connaissance de base. Ça c'est un truc qui est complètement faux. Dans les écoles d'art, par exemple, euh là où on essaie de créer des choses nouvelles, la première chose que l'on fait, c'est à apprendre euh ce que on fait les grands maîtres euh à apprendre les fondamentaux. parce que en fait la création ne pas du vide.
Et donc là aussi il y a un besoin des enseignants pour pouvoir vérifier la réalité des acquis, la réalité des connaissances des des étudiants. Et donc tout ça formé, accompagner, évaluer, c'est ça nécessite des moyens humains, ça nécessite un investissement financier, mais c'est un investissement pour l'avenir de la nation. Euh on pourra pas répondre à ces jeux en fragilisant les moyens d'enseignement supérieur, ce qui est le cas actuellement.
Et ça suppose aussi une reconnaissance de l'ensemble des personnels qui sont dans l'enseignement supérieur. Et en particulier au collectif 384, on milite contre les écarts de traitement qui existent entre des enseignants chercheurs et des enseignants. Alors que le travail engagé par les enseignants du supérieur auprès de leurs étudiants est reconnu par tous les acteurs de l'enseignement supérieur.
Voilà. Et je laisse la parole à mon collègue monsieur Boule. Merci beaucoup.
Euh, bonjour mesdames messieurs. Euh, je poursuis sur la partie production des savoirs puisqu'il y a peut-être un angle mort là-dessus au niveau de la de la de la recherche hein euh dont l'impact sur la production des savoirs est quand même connu. En recherche, l'IA aide d'ors et déjà à quasiment automatiser des états d'art, identifier des tendances dans des bases biographiques qui peuvent être assez assez massives.
Ça permet aussi d'aider à générer des hypothèses. Il y a des travaux récents de mathématicien Don Teren Stao qui était médaille field 2000 2016 je crois enfin excusez-moi la date je suis pas très sûr qui a dans deux publications récentes a signalé qu'il avait utilisé chat GPT comme modèle pour l'aider à comme outil d'exploration pour affiner ses hypothèses. Un autre mathématicien aussi Freddy Manners bon je vais pas faire du donner tous les noms a aussi utilisé cette fois-ci Gemini.
Donc c'est assez récent. Donc c'était un un amplificateur. Mais il faut pas oublier que dans ce cas-là l'humain au final a toujours supervisé, structuré, c'est lui qui a donné du sens au final.
Mais c'est des articles qui ont été qui ont été pas mal repris avec un contenu de pointe en fait puisque c'est quand même des mathématiciens de de premier plan. Ça c'est un exemple un peu que l'IA peut aussi aider. C'est pas forcément négatif dans le même s'il y a plein de gardes de fou que vous avez très bien signalé.
Ensuite pour la partie diffusion des savoirs comme la comme vous l'avez indiqué comme l'a indiqué mon collègue Liad donne effectivement un accès direct au savoir mais en fait elle fournit que de l'information mise en forme. C'est pas de la connaissance hein, c'est juste de la data structurée. Mais par contre, un point intéressant dans la formation du futur citoyen du la future salariée, c'est que l'effort cognitif ne disparaît pas pour autant si tenter qu'on ait l'intention comme disait mon collègue, il se déplace plus vers un contrôle critique des productions de l'IA.
Et ça ce sont des compétences qui me semblent majeures et beaucoup plus exigeantes en fait parce que si on automatise beaucoup de choses au final il va rester à l'humain les choses qui sont difficiles à à gérer. Donc là c'est quelque chose j'ai pas la réponse maintenant on va y réfléchir plus en détail. Donc voilà cette partie là c'est un point de un point de vigilance.
Euh je reviendrai pas sur la partie souveraineté des données qui ont été évoquées déjà par ma [raclement de gorge] collègue de de de QSF puisqu'on a des données qui transite sur des serveurs dans situés dans des juridictions extraeuropéennes. Donc ça peut poser des soucis de RGPD, accès, pillage intellectuel et cetera. Donc c'est bien.
Euh je fais un focus quand même sur un point particulier puisqu'on a beaucoup parlé des I génératif jusqu'à maintenant. C'était le c'était le sujet de la table ronde d'ailleurs, mais là récemment est sorti depuis on va dire décembre lié àantique. Donc on est quand même à notre stade et là c'est pas simplement une nouvelle version hein.
Euh c'est pour ça qu'il faut pas débattre uniquement de l'IA, excusez-moi, d'hier, sachant que hier c'était en en décembre. Les IA agentiques peuvent par un agent autonome sur ordinateur, je vais pas citer des marques, peut on peut leur déléguer la totalité du processus intellectuel. C'est pas simplement interagir avec un bot qui sait à peu près tout.
Ça permet de rechercher de l'info. Ça on sait déjà faire structurer. Ça permet de rédiger surtout hein.
C'est pas juste par copiercollé. Ça va interagir avec notre texte, ça peut itérer sur des documents, ça peut produire de l'autoévaluation. Donc je pense que nos politiques publiques à quelque quel que soit le niveau doivent un peu tenir doivent tenir compte de cette nouvelle réalité.
Et là, il y a une transformation massive qui me fait dire que dans dans le paysage de l'enseignement supérieur, il y a un point qui nous semble assez assez ignoré, c'est que il y a un déséquilibre structurel entre la valorisation de la recherche et la valorisation de la partie enseignement et pédagogie. Et cette partie-là va être fondamentale pour les enjeux futurs autour de l'IA et notamment les images antiques. Et je ne sais quelle version qui va arriver dans le futur.
Ça va très vite. Pour anecdote, mes supports de formation, ils évoluent enfin tous les mois. Voilà, je peux pas sur le liage, je suis obligé de suivre le train.
Donc c'est assez compliqué. Et dans cette expertise pédagogique nécessaire, comme l'a dit mon collègue, bien dans l'université, il y a quand même 13000 personnels qui sont des enseignants du supérieur qui font un plein temps d'enseignement, qui n'ont pas de mission de recherche et dont je fais partie. Ce sont des personnels qui seront ravis de d'appuyer euh les efforts un peu de ben de transition, d'adaptation des maquettes de formation, des offres de formation, des modalités d'évaluation aussi pour euh encaisser ce choc en fait et pas seulement se contenter de rejeter.
Donc c'est des compétences qui nous semblent indispensables. On alerte aussi sur la tendance qu'il y a eu par le passé avec des plans d'équipement massif. On ne pourra pas s'en sortir à mon avis avec du technolutionnisme si vous m'excusez le le barbarisme.
Il faut mettre sur le sur le terrain des humains, des pédagogues, des didacticiens pour vraiment ben évoluer à notre temps. Voilà. Donc je terminerai par quelques orientations que nous devons sélectionner trois orientations possibles.
C'est pas un plan d'action pour le SR, j'aurais pas du tout cette prétention là mais ça donne des lignes pour la suite de la table ronde. Donc il est important dans les évaluations en premier de puisqu'on en a parlé abondamment de d'essayer de trouver des moyens de rendre visible le cheminement intellectuel des étudiants. La réflexion, le raisonnement et pas seulement la production finale.
Donc c'est peut-être lourd à mettre en place. Ça peut passer par des euros, ça passe pas forcément à l'échelle dans certaines universités, surtout avec des promos à 300 étudiants, mais peut-être pour certaines ça peut passer plus facilement. Des travaux pratiques, bref, tout ce qui consiste à évaluer le raisonnement.
Et pour paraphraser l'UNESCO qui est mentionné dans le rapport euh sur l'IA et enseignement supérieur, il semblerait qu'effectivement il y a un consensus sur les quatre compétences du 21e siècle. C'est les quatre C1. Pensé critique, communication, collaboration et créativité.
Donc voir comment notre offre de formation globale que sur l'enseignement supérieur à la recherche s'adapte à ces enjeuxl. Deuxièmement, il nous semble clair qu'il faut investir dans des solutions publiques sous licence libre si possible open source. Sachant que dans Lial, open source ça veut dire beaucoup de choses et peu à la fois.
Faut clarifier un petit peu ce schéma là. Il y a une initiative européenne, on pourra en parler après à ce sujet qui est intéressante, mais il est important que nous vions des enfin de ne pas reproduire l'erreur qu'on a pu accomplir avec les gars femmes en fait. Voilà, le le mot est lâché.
On a raté un peu le train là-dessus au niveau de l'État, des collectivités, des accords cadres que l'État a pu conclure, que ce soit avec des sociétés comme Microsoft ou d'autres. Donc peut-être que là c'est bien d'essayer de monter dans de pas rater le train de l'IA dans une perspective de souveraineté et en gardant une dimension éthique. Et enfin, je pense que dans enfin nous pensons que dans le SR, il me semble important de revaloriser comme je vous l'ai dit la partie expertise pédagogique et là il va falloir faire des travaux dessus que les gens se réunissent et comme l'a dit mon collègue monsieur Cost, il nous semble être pertinent que chaque établissement garde son autonomie là-dessus qui a une sorte de mission d'ingénierie pédagogique mais cette fois-ci avec vraiment des acteurs de terrain constitués peut-être à part égal d'enseignant de chercheur d'enseignants chercheurs pour justement essayer de piloter, d'accompagner cette transition là.
Voilà, c'était juste trois points et on se tient à disposition bien sûr maintenant lors de la table ronde et ultérieurement de la commission pour pour aller plus loin sur ces points-là. Je vous remercie [raclement de gorge] monsieur le président, madame la rapporteur, monsieur les députés, la CFTC est ravie aujourd'hui de participer à à cette table ronde. Euh en tant que syndicat, on va dire plutôt général, effectivement le côté du travail mais aussi le côté de l'éducation est quelque chose de primordial et il nous a beaucoup nous intéresse beaucoup.
La première question qu'on s'est posée, c'est de savoir si Lia doit entrer dans l'éducation et la réponse est qu'elle y est déjà. Maintenant, c'est comment l'IA peut-elle aider les enseignants, les étudiants ? Et nous considérons que l'IA est un outil et ça c'est je dirais assez important de le préciser.
C'est un outil. Donc il y a trois thèmes qui nous parlent et à qui on nous on veut dialoguer. C'est un thème sur l'éducation.
Euh quand on parle d'éducation, on parle des élèves et des étudiants. Euh la formation et la souveraineté. En ce qui concerne l'éducation, euh on a fait beaucoup de recherches, on s'est beaucoup intéressé au sujet et une des questions qu'on s'est posé c'était à quel âge faut-il faut-il commencer à apprendre à prompt ? parce que beaucoup d'étudiants ou d'élèves utilisent, on va pas se cacher, aujourd'hui, il y a une étude qui a été faite par l'INERME qui nous dit que 80 % des lycéens utilise l'intelligence artificielle.
C'est c'est voilà, je pense que les chiffres doivent être identiques voire supérieurs au niveau de des étudiants en université. Euh donc ça c'était des choses qui nous intéressaient et on s'est aperçu qu'il n'y avait aucune étude neuroscientifique et pédagogique qui avait été faite jusqu'à présent aujourd'hui. On a trouvé deux recommandations, une qui a été faite par l'UNESCO et une qui était fait par l'INCERME qui indique bon l'âge potentiel pour apprendre à pronter serait de l'entrée en 4e.
Ce qui pose déjà cette première réflexion, c'est les étudiants, les élèves et les étudiants d'aujourd'hui sont les travailleurs de demain ou les gens qui vont construire des sociétés de demain et donc qui vont utiliser l'outilien. Si déjà à la base c'est faussé, l'arrivée va être dire mauvaise sur cette partie et ça c'est quelque chose d'important qu'il faut prendre en compte et qu'il faut réagir immédiatement. C'est la formation aujourd'hui des enseignants au promettage.
Sur ce sujet-là, c'est pareil. On sait aujourd'hui euh on a on a beaucoup étudié, on a beaucoup euh échangé avec différents euh professeurs euh pour savoir qu'est-ce qui était une mise en place par l'éducation nationale pour accompagner le corps enseignant dans l'intelligence artificielle. Rien.
Il n'y a rien. J'ai j'ai regardé dernièrement un rapport de l'éducation nationale, de l'enseignement et de la recherche. C'est le programme national de formation 2025-2026.
Vous pouvez trouver he sur internet. Il n'y a absolument rien pour accompagner les professeurs sur ce sujet. Euh sachant que nous on un point essentiel pour la CFTC, c'est qu'on prône la liberté pédagogique.
C'est-à-dire que le professeur doit avoir apprendre à utiliser l'outil. Après, c'est à lui de savoir si l'outil il veut l'utiliser avec ses élèves. Donc ça c'est vraiment un point essentiel.
Donc comme je vous disais, aucune formation dédiée à l'IA euh qui a été proposée sur cette partie là. Beaucoup de personnes nous disent que l'utilisation qui est faite actuellement, c'est ce qu'on appelle le shadow I, c'est-à-dire l'é fantôme. L'IA qu'on utilise de manière euh euh de manière euh on va dire sans contrôle avec le risque effectivement des je reviendrai sur la souveraineté des des données puisqu'il y a pas de contrôle sur ces sur ces données-là.
Est-ce qu'aujourd'hui nous l'éducation pour au sens large pas parce qu'il y a effectivement dans certains domaines des développements qui sont résiduels ? Est-ce que dans le sens large, l'éducation là a un outil à proposer à l'ensemble aujourd'hui du corps enseignant ? Non, il n'y a pas.
Le développement d'un outil aujourd'hui souverain français mettrait plusieurs années. Ça, il faut en être conscient. Ce qui déjà va nous conduire à avoir du retard.
Et la l'autre question c'était qu'on s'était posé, c'était combien de temps faudrait-il aujourd'hui pour former l'ensemble des professeurs ? Aujourd'hui, je rappelle qu'il y a quand même 790000 professeurs en France, 890000 enfin 750000 pardon, excusez-moi, dans le secteur public et 890000 avec le secteur privé. Donc c'est quand même une masse d'éducation, d'apprentissage, alors peut-être pas à tous les niveaux qu'il va falloir, mais qui est quand même assez important.
On nous parle qu'il faudra à peu près 4 ans pour former l'ensemble de ces professeursl. Je vous rajoutez la le déclenchement de l'outil plus la formation pour pouvoir apprendre à des élèves et qui viendront aussi des étudiants aujourd'hui. On est parti sur un certain nombre d'années.
Vous voyez très bien le développement de l'IA et la vitesse aujourd'hui qu'elle se développe. Donc la France est très en retard sur ce côté-là et je pense qu'il y a et je suis ravi honnêtement de de je fais une petite digression mais je suis ravi que l'Assemblée nationale s'empare de ce sujet-là. parce que je m'occupe de l'IA aussi au niveau du monde du travail et aujourd'hui nous sommes dans la même situation.
Il n'y a pas de formation aujourd'hui dans le monde du travail et malheureusement nous avons un patronatf et CPME qui refuse tout dialogue aujourd'hui et tout avancé sur le sujet. Donc les si les députés et le gouvernement avancent sur le sujet, je pense que vous seriez un moteur et un moteur essentiel dans le développement de l'IA pour dire avançons parce que ça veut dire c'est parce qu'après ce seront des futurs travailleurs. Le dernier point que je souhaite aborder c'est la souveraineté.
Aujourd'hui, on parle beaucoup d'étudiants chercheurs et on va pas se cacher, même si les étudiants disent n'utilisent pas l'IA, je pense que une grande majorité utilise l'intelligence artificielle. 90 % de la donnée est stockée aux États-Unis. 90 %.
C'est-à-dire qu'aujourd'hui nos étudiants chercheurs produisent de la donnée potentiellement récupérable par les Américains. C'est une réalité. c'est qu'il y a un travail de fond à faire sur sécuriser l'ensemble des données des étudiants chercheurs.
La souveraineté est quelque chose de primordial. Si aujourd'hui l'État avance sur cette partie-là, il faudra accélérer aussi dans la sécurité des données. Je vais pas m'étendre parce que beaucoup de choses ont été dites sur le sujet.
Le risque de décrochage massif de la France en matière d'éducation, il est réel. S'il n'y a pas vraiment une accélération forte, vous pouvez être le moteur comme je vous disais et je souhaite vraiment que vous soyez un petit peu exemplaire pour que après la machine puisse se développer. Il y a une certaine urgence dans l'éducation, il y a une urgence dans la formation et il y a une urgence dans la souveraineté.
Bien, merci beaucoup madame messieurs pour ces propos liminaires. Nous pouvons passer maintenant aux questions qu'a préparé madame Calvez à votre attention. Je vous en prie madame la rapporteur.
À vous. Merci monsieur le président. Alors, en entendant vos différentes enfin vos différents propos introductifs, je me suis au-delà même de ce qu'il y avait dans le questionnaire noter quelques points.
Je voudrais commencer sur la formation des enseignants. Euh monsieur Jean-Marc Sicuto, vous avez dit qu'il n'y avait pas de formation des enseignants. On a pu avoir des sons de cloche différents notamment par ceux qui forment ces enseignants et qui considèrent que c'est mise en place.
Je voulais du coup ouvrir la parole à aux autres organisations. Quelle est votre appréciation aujourd'hui des possibilités de formation des enseignants sur les enjeux de l'IA, sur l'utilisation de l'IA ? Qu'est-ce qui est mis en place à votre connaissance par les établissements ?
Qu'est-ce qui est mis en place par les enseignants eux-mêmes ? Pour vous avez, madame Suzanne Séin dit qu'il y avait une autooration mais qu' fallait en avoir le temps, les moyens. Quelle est vous votre vision sur l'état de la formation des enseignants ?
Alors dans le SR, restons dans le SR. Alors, je crois que quand on notre collègue a parlé de la question de la formation, il a parlé de 800000 enseignants qui ne sont pas formés. J'ai l'impression que ça concerne le secondaire davantage que l'université.
Nous ne sommes pas si nombreux. On l'aimerait mais on est bien moins nombreux que cela. Euh les formations existent selon les établissements.
Il y a plus ou moins des choses qui sont faites et on se on fait circuler aussi entre collègues selon les disciplines ce type de formation. Je sais que je j'ai reçu d'une collègue le le catalogue de formation de Sorbon Université avec des livrets de préconisation et d'autoforation au promtage par exemple qui qui sont communiqués aux enseignants pour qu'ils découvrent ce type de choses. Dans ma propre université, il y a un atelier numérique qui se fait une fois par mois auquel nous sommes conviés à participer pour des présentations et des formations.
Mais il faut qu'on puisse le faire parce que quand ça ne tombe pas un jour de cours, ça peut tomber un jour de séminaire ou le jour où il y a la sortie des enfants et c'est très difficile de pouvoir se libérer parfois pour ces types de formations qui sont très très ponctuells. Mais il peut aussi y avoir des cas où il n'y a absolument rien, hein. Euh après, comme le disait mon collègue, cela relève aussi il y a une question générationnelle sur l'accès à ce type de formation.
Euh il y a une génération qui est plus ouverte à euh se former ou s'autoformer. Il y a des domaines de recherche qui vous impose aussi de de se former à ces connaissances dans le domaine des sciences et des des des sciences humaines et des lettres. Tout ce qui relève des humanités numériques fait qu'on est nécessairement confronté à à l'utilisation de de ces outils et que nous allons collaborer avec des des chercheurs d'autres disciplines qui nous forment progressivement à l'utilisation de ces mais il y a rien de systématisé hein et l'information circule plutôt par la de mon expérience par la bonne volonté des réseaux de collègues qui euh veulent se tenir informés et euh au niveau des départements ou des formations par la tenue d'activité de petits groupes d'enseignants qui tentent d'informer les autres, hein, mais il y a pas de systématicité dans la formation.
En revanche, je suis d'accord hein, cela relève des universités et doit être fait au niveau disciplinaire parce que la réalité dans les sciences et les lettres, les sciences humaines et les lettres ne sera pas la même euh dans les sciences dures dites dures. Nous avons une grande chance et un grand problème pour nos étudiants qui pensent être très intelligents en faisant un mémoire de master en littérature du Moyen-Âge euh en passant ou de de la première modernité en passant par les IIA. c'est que 3/4 des informations leur échappent parce qu'elles sont dans les bibliothèques et pas sur internet.
Donc nous avons encore la chance de travailler sur des domaines qui ne sont pas du numérique hein. Donc c'est c'est une grande chance. Ce n'est pas la même réalité pour d'autres disciplines.
Donc il faut absolument que ça reste euh dans les domaines concernés. Merci. Je confirme effectivement ce que vient de dire ma collègue effectivement sur la situation variable selon l'âge des individus.
Euh selon la discipline euh il y a des formations qui sont faites de manière soit plus approfondie, soit de manière ponctuelle, mais on fonctionne quand même pour beaucoup sur l'autoforation. Alors, c'est vrai qu'effectivement nous sommes des chercheurs, des enseignants chercheurs, donc je veux dire nous avons les outils. Mais face à un domaine qui évolue de manière extrêmement rapide, c'est beaucoup plus difficile.
Et alors le problème de cette autoforation, c'est qu'elle demande du temps. Or, parallèlement, vous le savez, on en a discuté lorsque la commission enfin des affaires culturelles et de l'éducation a évoqué la le budget 2026, c'est que un certain nombre d'enseignants chercheurs et d'enseignants aussi, je le pense, sont contraints de plus en plus pour faire face à l'afflux d'étudiants de prendre des heures complémentaires, ce qui leur fait délaisser une partie donc leur travail de recherche mais ce qui aussi leur prend du temps qu'ils pourraient utiliser pour se former à ces nouveaux outils. Et donc il y a un contexte général qui ne favorise pas, je dirais l'autoforation parce que il y a une surcharge de travail.
Il y a toujours je dirais une course après le temps euh avec le calendrier universitaire alors qu'il faut un peu de temps pour pouvoir appréhender ces nouveaux outils. Je pense que là c'est une un point aussi qu'il faut prendre en compte par rapport aux collègues, à leur positionnement par rapport à l'autoforation. Alors, par rapport à mes collègues, je viens d'une université plus scientifique où effectivement les les gens se sont imprégnés plus rapidement de cet outil.
Bon la je pense que la culture des enseignants dans le supérieur ou des enseignants chercheurs est aussi un peu différente dans le sens où par rapport au secondaire, les gens ont plus l'habitude souvent de mettre à jour leur leur cours et et de s'imprégner des des outils en regardant aussi ce qui se fait dans l'industrie, en regardant ce qui se fait dans le monde socio-économique. Il y a [grognement] derrière une notion de liberté pédagogique aussi qui qui est importante à regarder. des formations àia, il y en a mais effectivement le le train est tellement rapide que il y a un besoin de de renforcer ce côté-là de telle manière à pouvoir aller plus vite et que la majorité des collègues puissent s'en imprégner et puis de ne pas se laisser non plus dépasser par les étudiants de telle manière à pouvoir s'assurer que les savoirs sont toujours acquis et de manière à ce que on puisse continuer à former des des étudiants bien formés.
Oui, une précision puisque il était question mon collègue à ma droite de parler de de l'éducation nationale. Il y a et dans le c'est un petit peu la même chose au final de ce que je peux observer comme tu l'as dit c'est beaucoup d'initiatives individuelles, des gens qui prennent à bras le corps. Dans mon université, un collègue a proposé une formation spontanément à l'ensemble des des autres collègues.
Donc ça s'est fait comme ça, un petit peu sous le manteau, on va dire. Il y a pas de cadrage, mais c'est pas mal aussi. Il faut laisser foisonner un petit peu cette énergie, ses volontés pour après éventuellement les structurer dans des commissions disciplinaires, universitaires locales sans avoir de la lourdeur non plus, mais pour faut faire émerger un peu ces initiatives.
Euh pour terminer sur la partie dans le second degré, d'ailleurs en ce moment même va se tenir sur dans l'Amémie de Toulouse deux jours se consacré à l'IA qui sont pas encore dans le plan de formation. Donc il y a tout un façonnement, les gens se fédèrent peu à peu. Donc il convient maintenant juste d'accompagner ce mouvement qui va qui va très vite.
Ma collègue parlait aussi de former au prompt. Donc c'est certes c'est intéressant mais comme je l'ai dit dans le propinaire avec l'IA antique le prompt c'est déjà c'est déjà dépassé quoi en fait. Donc voilà c'est réalité à prendre en compte.
J'ai pas la réponse. Merci beaucoup. Je voulais juste je voulais excusez-moi je vais juste préciser enfin je vais reformuler localement il y a effectivement comme et comme les collègues ont dit il y a des formations euh mais le programme national de formation PNF pour les pour l'enseignement supérieur et la recherche que vous avez que vous pouvez trouver hein je vous le dis l'action 27 développer la formation de résidences artificielle générative et autres et son usage est réservé aux inspecteurs référents semaines des langues, aux inspecteurs coordinateurs des langues et aux inspecteurs référents des langues.
Et la dernière formation qu'on a vu, c'est pour les DRH adjoint des cadres académie. Donc c'est quand nous on parle effectivement de de il y a bien des formations locales, ça on le conçoit, mais une formation globale ça vous n'en trouvez pas. Et vous avez quand même un autre souci.
Alors il y a 890000 global, il y a 46000 à peu près professeurs agrégés. La moyenne d'âge est de des plus de 50 ans et et de l'ordre de 57 %. Ça aussi c'est quelque chose qu'il faut aujourd'hui les professeurs agrégés aujourd'hui la moyenne les plus de 50 ans ça représente 57 % des 46000 % la pyramide d'âge va être aussi importante aussi dans ce domaineel.
Vous venez justement de terminer votre propos sur les possibles fossées générationnelles que qui peuvent s'agrandir. On avait aussi soulevé la question de l'inclusion. Alors euh avec un paradoxe, d'un côté, on peut déplorer qui est de l'électronisme qui va encore euh bien être un obstacle à l'utilisation d'outil I.
Mais parallèlement, et c'est là où c'est un paradoxe, on a aussi des outils IA qui permettent qui permettent d'inclure davantage euh des personnes qui peuvent être porteurs de 10 ou de handicap qui dans le cadre d'un enseignement global et bien n'ont pas forcément assez d'individualisation de l'accompagnement par les professeurs et là par des outils d'IA à disposition des professeurs ou à disposition des des étudiants, on a une possibilité d'améliorer la les apprentissages. Comment voyez-vous les bénéfices et l'utilisation de la personnalisation des par les outils IA ? En avez-vous déjà constaté des bénéfices pour une meilleure apprentissage des étudiants ou au contraire est-ce que finalement ça ne rejoint pas toutes ces promesses ?
Euh encore une fois, cela relève de pratique individuelle. Euh tout d'abord, une petite remarque par rapport à ce que vous disiez. C'est tout à fait paradoxal, vous avez raison, cela peut aider.
Mais déjà nos sites internet universitaires ne sont pas adaptés, ne sont pas accessibles parce qu'on n pas le moyen de les faire ni le personnel pour le faire. Donc les outils existent mais il faudrait qu'on puisse déjà les mettre en place. Ça c'est un premier point.
Euh par rapport à l'utilisation, je pense que cela doit dépendre pour beaucoup des des disciplines. Euh ce ce n'est pas quelque chose qui à ma connaissance a été systématisé. J'ai essayé de le mettre en place non pas pour améliorer les connaissances ou les pratiques pédagogiques des étudiants, mais pour les inviter à avoir une réflexion métacritique sur les outils et donc en quelque sorte les confrontés au b interprétatifs des intelligences artificielles dans l'approche des textes anciens notamment où une partie de la bibliographie critique échappe complètement aux parce qu'elle n'est pas disponible. numériquement et d'autre part pour le montrer que les I peuvent inventer des références, inventer des citations qui n'existent pas donc tout simplement leur faire une bibliographie critique sur un roman du 17e siècle et après les envoyer à la bibliothèque chercher les livres qui n'existent pas et donc les confronter à à la réalité des pratiques de l'IA avec avec le le la recherche par elle-même ou proposer de faire un texte sur et après le commentaire par rapport à ce qui a pu être discuté en cours, mais encore une fois, cela relève de pratique personnelle plus que collective, je n'ai pas vu d'amélioration au niveau des connaissances.
J'espère que cela les aura invité à regarder l'outil qui peut-être intéressant en soi avec une distance critique mais pas d'amélioration du moins dans ma discipline précise. Oui. Euh moi je voulais revenir sur la personnalisation.
Il y a et c'est quand même un outil qui est relativement formidable de ce point de vue-là parce qu'il va permettre de pouvoir générer une quarantaine de sujet d'anal en imprompe qui va pouvoir générer des exercices qui vont pouvoir être graduels et que l'on va pouvoir donner aux étudiants. Néanmoins, un moment donné, il y a il y a un besoin de de contrôle de l'enseignant de vérifier que le le travail qui va pouvoir être réalisé par l'étudiant, c'est son propre travail. Et donc on en a parlé un petit peu tout à l'heure, c'est au moment du là là où on est un peu diminuiti, c'est sur euh les évaluations même en salle où les les étudiants sont parfois très habiles sur l'utilisation du téléphone portable et puis euh euh sur le fait de d'avoir accès euh à des réponses très très rapidement.
Et donc là, on a on a un vrai sujet de réflexion à mon avis là-dessus sur comment évaluer finement les étudiants de telle manière à ce que le travail soit fait correctement. [raclement de gorge] Alors, j'ai j'ai la chance de participer à une étude qui est faite par Laboria de Lineria depuis 2 ans désormais sur l'intelligence artificielle et un des thèmes que je travaille avec des chercheurs, c'est justement l'inclusion. Euh je vous dirais que oui, l'IA euh permet de faire des choses qui sont assez intéressantes.
Euh moi j'ai vu grâce à cette étudeel, on a on on s'était posé la question, c'est comment aujourd'hui permettre d'intégrer que ce soit les salariés ou des étudiants euh qui sont qui sont en situation d'handicap. On a vu des exemples de de cannes par exemple qui sont équipés avec de l'intelligence artificielle qui permet à la personne de pouvoir se déplacer plus facilement ou également des personnes qui ont des problématiques de cécité. L'intelligence artificielle permet aujourd'hui de retranscrire beaucoup plus facilement les cours euh sur cette partie-là.
Donc il y a des outils. Ces outils-là sont encore des outils qui ne sont je dirais à l'état de de pas encore pas encore dans ouvert au grand public. Euh, il y a une nécessité d'accélérer sur cette partie-là.
Mais à travers ces outils là, il y a une autre question qu'on doit se poser et que je dirais que on peut se poser, c'est le risque de fracture numérique euh où certains pourront effectivement s'équiper dans cette dans avec ces outilsl, d'autres ne pourront pas. Donc les outils commencent à apparaître grâce à l'intelligence artificielle. on le voit euh c'est encore souvent des projets.
Euh il y a il y a une nécessité d'accélérer aujourd'hui euh l'accessibilité de ces outils aux personnes qui seraient en situation d'handicap. Merci beaucoup. Je voudrais maintenant revenir à la question des données.
Vous avez été plusieurs à les à soulever. Donc d'un côté, nous avons euh grâce à l'intelligence artificielle la capacité de produire des données. Euh parfois on a aussi avec l'intelligence artificielle une profusion de données fausse.
On a aussi la question du pillage des données, vous l'avez mentionné, sans le consentement de ceux qui en sont à l'origine et puis que ce soit pour l'entraînement, ce soit aussi et ça c'est la question de la souveraineté des données, c'est à l'extérieur, on peut on peut en faire ce qu'on veut. Donc comment on peut balancer enfin pardon trouver un équilibre entre ce que nous apporte LIA pour nous aider à créer de la connaissance et à la diffuser et d'autre part comment faire respecter et bien le consentement, l'autorisation qu'on doit donner pour utiliser les données, ces connaissances que nous avons produit. C'est une excellente question sur laquelle nous réfléchissons, mais à laquelle personnellement au sein de QSF, on est incapable d'apporter des réponses.
On associe la réflexion de juristes, éminents juristes qui réfléchissent notamment sur la question de la liberté académique, hein. Comment concilier cette protection avec la question de la liberté académique euh et la protection des données. On s'inquiète aussi, comme je vous le disais au niveau de la simple transmission des dossiers d'évaluation des candidatures à des postes universitaires ou des dossiers transmis au conseil national des universités qui sont tous transmis par voie électronique et parfois peuvent relever de thèses plus confidentielles.
Est-ce qu'ils sont suffisamment protégés ou pas ? Mais ce sont des éléments sur lesquels nous nous-mêmes nous n'avons pas de réponse. Nous sommes incapables parce qu'il y a des intérêts croisés qui apparaissent.
Il y a la question légale, il y a la question technique, il y a la question éthique et nous n'avons pas de réponse. En tout cas pour nous-mêmes, c'est une une des questions majeures. Firme également aussi notre incertitude face à à ce souci. effectivement, il y a des aspects juridiques, éthiques pour lequels nous n'avons pas encore de réponse.
Peut-être parce qu'il on manque un peu de recul puisque c'est le développement est quand même encore relativement récent. Alors pour mettre tout le monde à l'aise, on n pas forcément toutes les réponses, mais moi je veux bénéficier de votre expérience pour peut-être des exemples d'utilisation de papiers ou d'outils pédagogiques qui ont été finalement enfin dont vous avez constaté l'utilisation éventuellement pour entraîner des modèles d'IA ou est-ce que enfin voilà c'est plus on n pas de réponse définitive sur le sujet mais je veux avoir de votre part des réflexions près presque plus que que des réponses définitives. Non, juste un petit point qui n'est pas forcément lié à l'IA, mais qui est lié comme vous dites à finalement à la souveraineté puis à la maîtrise de ce qu'on a produit et le fait par exemple de découvrir par hasard en faisant des recherches sur internet que vous avez certains de vos articles de vos ouvrages qui ont été numérisés par Google de sans que vous ayez absolument informé.
Euh c'est toujours surprenant euh et ça montre effectivement et alors là c'est l'époque avant l'IA mais que donc aujourd'hui ben je dirais tout ce qui a été numérisé, tout ce qui est sur plus ou moins les réseaux est accessible à l'intelligence artificielle même s'il y a encore quelques domaines va collecter les ouvrages qui sont dans les bibliothèques. un certain nombre d'outils de recherche qui ne sont pas qui sont en ligne mais avec un accès un peu limité, pas forcément lisible par l'IA. Il y a encore un certain nombre de de gardes fou mais qui ne vont pas tarder à sauter bien évidemment.
Si si je peux intervenir, il peut arriver aussi que en lisant des travaux d'étudiant euh on trouve on se trouve cité soi-même. J'ai l'impression les étudiants aiment bien vous citer parce qu'ils vous font plaisir de vous de vous vous montrer qu'ils ont lu articles et vous découvrez que certains de vos articles ont été publiés sans votre consentement et on se retrouve confronté à un paradoxe, c'est que à l'enseignement supérieur, à la recherche, on est obligé de déposer, on en parlait euh ou du moins de communiquer toutes nos publications sur un outil public qui s'appelle, les archives ouvertes et que ces archives ouvertes sont moissonnées systématiquement par les IA. Et donc on est cité par des IA sans qu'on ait donné le consentement mais on a donné le consentement de publier sur elle, on est obligé de le faire.
Donc c'est une situation tout à fait paradoxale, c'est que pour nos évaluations de nos laboratoires de recherche, de nos formation, on est obligé de rendre compte de tout ce que nous faisons. Et en faisant ça, on prède le bâton pour se faire battre par ces I qui sont générés ailleurs, hein. Et là, là, c'est vraiment on est piégé dans cette situation et on n pas de solution.
Juste pour rebondir sur cet exemple des archives ouvertes. Donc vous avez une obligation de les déposer mais je ne sais pas quelle est l'entité juridique qui qui gère les archives. En fait, est-ce que il y a eu une mise à jour des réflexions en disant voilà nous on vous demande expressément ou pas expressément de donner votre théorisation pour que nous archives ouvertes on puisse mettre à disposition ces ces papiers si on peut dire à des à des fournisseurs d'IA ?
Alors, je dirais pour Hall, c'est implicite. C'est-à-dire qu'en fait quand euh ça sert notamment pour l'évaluation des laboratoires par la Chers qui va pouvoir mesurer la production scientifique d'un laboratoire ou d'un chercheur. Donc, nous sommes incités soit à le faire par nous-mêmes, soit c'est le système euh les services de documentation qui le font.
Alors, on est tenu, si on veut être valorisé à donner les titres, le contenu, les références de notre travail. Par contre pour le contenu lui-même, on peut parfois le faire. Parfois il n'y a pas de communication en ligne du texte de notre article.
Voilà. Soit on peut donner le titre, donc la communauté sait que vous avez travaillé sur tel sujet. On peut dans certains cas avec certains accords en fonction des éditeurs des durées voilà de l'éditeur se réserve la publication pendant un certain nombre d'années et après vous êtes libre de diffuser et donc il y a des situations extrêmement variables mais je dirais c'est implicite.
Si on met sur le site le texte même de notre travail on sait qu'il sera utilisé par la communauté et puis par l'intelligence artificielle aujourd'hui. Merci beaucoup. Je vais donner la parole.
Il y avait il y avait le collectif 384 puis monsieur également plus généralement sur la production de données, l'utilisation et la disponibilité des données. Coupe le micro. Coup.
Oui, merci. Euh là encore que des questions, pas pas vraiment de réponse mais sur les données, c'est lié même à la caractéristique de ces grands modèles de langage qui euh qui moissonnent tout internet, toutes les données ouvertes. C'est par construction.
Donc c'est déjà fait, c'est déjà là, les données sont déjà parties. Est-ce que c'est bien ou pas ? Là c'est un autre débat puisqu'il est question de droit d'auteur aussi.
Mais il y a aussi la la question des données qu'on peut injecter. Mon collègue parlait du Shadow IA aussi dans les dans les universités, les entreprises au sens large, on peut avoir tendance à ben à utiliser de plus en plus et injecter nos datas, des dossiers persos, des dossiers d'évaluation, un rapport d'un industriel qu'on a pas pris le pas eu trop l'envie de lire. Enfin, je c'est un cas imaginé, hein, pardon, hein.
D'accord. Mais euh voilà, donc ça aussi c'est une problématique et à partir du moment où on s'est injecté dans le modèle, on est juste prié de faire confiance aux conditions d'utilisation de ces acteurs étatiques américains ou chinois. Enfin, pour le dire, pour le dire simplement, même si on a coché la case comme quoi ça resterait juridiction européenne, on a aucune garantie.
Voilà, il faut être faut être clair là-dessus. C'est aucune. Euh je salue au passage peut-être digression puisque on parle de l'IA donc d'un problématique informatique, il y a aussi récemment la la dilume, la division du numérique qui entrepris une migration de tout le système d'exploitation euh au-delà de Windows qui est quand même aussi une boîte noire qui équipe nos services étatiques.
Donc on sait pas ce qui se passe, on est là encore prié de faire confiance. Donc je pense que la dume et peut-être nous ici d'autres vont amorcer un mouvement pour retrouver un peu de la souveraineté en fait sur nos datas. Et enfin cette souverainté, on parle aussi de droits d'auteur.
Euh là aussi j'ai pas non plus la réponse, mais il faut trouver aussi un équilibre entre euh sauver les données personnelles, le droit d'auteur et aussi l'innovation. Donc je trouverais dommage de alors je vais choquer peut-être de de tuer et sacrifier l'innovation sur l'hôtel du droit d'auteur. Donc là j'ai pas la réponse.
Je sais que le Sénat a fait une a voté très récemment un texte qui à titre personnel ne sont pas allés forcément dans dans le bon sens. Voilà, je suis pas là. Merci. [raclement de gorge] Je je vais vous donner un exemple qui est assez parlant, c'est comment Google a utilisé son système de traducteur, comment il a appris à son NIA à apprendre aujourd'hui à à traduire.
Il s'est servi des traducteurs de la Communauté européenne pour entraîner son IA à traduire. Donc la donnée qui est des traducteurs est libreur est libre. Ah, il y a un petit écho.
Ouais. la donnée est libre et donc euh on a entraîné l'IA de de Google avec euh les traducteurs de la Communité européenne. Voilà, c'est ce qui vous montre aujourd'hui comment la donnée, à quoi elle peut à elle peut elle peut servir.
Alors, on a un outil quand même en Europe qui s'appelle le RGPD euh qu'il faudrait le certifier sur ces points-là. Le le problème c'est de la donnée, c'est que vous avez vous avez deux échelons. Euh vous avez l'industriel où il va effectivement garder sa donné parce que s'il y a un secret industriel aujourd'hui, c'est il faut faut être clair.
La question c'est du jeu de données. C'est ça aujourd'hui qui est important. C'est à partir de quel IA on a appris aujourd'hui à traduire.
C'est pas dans la donnée en elle-même, c'est dans la jeu le jeu donnée qui a servi et qui a permis la traduction ou l'application. C'est là où je où je dirais il faut être il faut avoir une certaine vigilance sur euh la souveraineté euh sur cette partie-là. Mais comme vous le voyez, toutes ces données qui circulent aujourd'hui euh elle est elles sont captées aujourd'hui par les GAFA complètement ou par les nouveaux GAFA pour aujourd'hui entraîner leur machine parce que c'est que des questions d'entraînement.
C'est des outils qui s'entraînent en permanence, en permanence, en permanence, en permanence. Voilà où aujourd'hui on en est. Donc la RGPD peut être aujourd'hui un moyen pour garantir une certaine souveraineté.
Merci beaucoup. dans les propos aussi, je voudrais qu'on on vous avez parlé de d'une de la jurisprudence monsieur Cost contradictoire, c'est l'art de la jurisprudence aussi mais ça soulève la question de l'encadrement de l'utilisation de l'intelligence artificielle. Quel est le bon niveau normatif ?
On a dans les établissements d'enseignement supérieur l'existence de charte. Est-ce que votre connaissance euh euh et sans doute dans les établissements dans lequels vous êtes, est-ce qu'il en existe ? Comment-elle été élaboré ?
Euh est-ce que cette ce ce cette charte doit être fait par école doctorale ou pour tout le monde ? Est-ce qu'il doit en avoir une pour les étudiants, une autre pour les professeurs ? Donc c'est quel est le niveau d'encadrement de ces chartes ?
Et puis plus globalement, c'est quelle est leur utilité quand on va devant la justice administrative ? Quelle est aussi ce que l'on doit faire d'après votre expérience ? Là aussi, je demande pas de réponse définitive mais on a des enjeux qui sont au niveau national mais aussi au niveau européen.
Vous êtes par le contexte de l'enseignement supérieur et de la recherche en lien souvent avec des personnels d'autres pays. Comment on peut déterminer ce qui pour le SR est le bon niveau normatif ? Alors, c'est un sujet complexe bien évidemment sur lequel les avis sont assez voilà ne sont pas identiques.
Enfin, en ce qui nous concerne puisqu'on est notamment attaché à la liberté académique, à l'autonomie des établissements, c'est effectivement au niveau de chaque établissement des écoles doctorales puisqu'il y a des situations différentes entre les scientifiques, les sciences humaines, les juristes, mais ça pose plusieurs problèmes. Ça pose notamment le cas par exemple des thèses qui peuvent être en codirection ou en cotutelle avec des établissements français ou des établissement étrangers qui n'auraient pas la même charte. Donc là, ça supposera, je dirais, la mise en place de conventions complémentaires pour faire face à une diversité de positionnement.
Voilà, ça c'est un point qui nous semble important. Euh et puis bien bien évidemment le fait qu'il y ait une charte sur lequelle s'engage les enseignants et les étudiants euh peut permettre un peu mieux de cadrer le travail des des des tribunaux s'il y a contestation. S'il n'y a rien, euh ben je dirais voilà, on peut on va suivre le Tribunal administratif de Paris qui a dit il y a pas de règle donc je ne peux pas sanctionner.
Donc il est il est important qu' c règles. Et alors pour ce qui est la différence entre enseignant et étudiant, ben nous formons à la recherche. Donc nous formons de futurs chercheurs, de futurs enseignants chercheurs, de futurs chercheurs.
Donc il je pense que dès qu'ils sont étudiants par exemple en master, il faut les les leur indiquer un certain nombre de pratiques éthiques comportementales pour qu'ils puissent les poursuivre au niveau de leur carrière. Et puisqu'on évoquait la situation des étudiants et des enseignants et je rebondis sur ce que disait mon collègue, la situation est urgente parce que actuellement dans les universités, les étudiants que nous avons, ce sont des étudiants qui ont peu connu l'intelligence artificielle dans leur cursus secondaire. Dans quelques années vont arriver à l'université, tous les jeunes dont on nous parlait hein qui dès le collège commence à utiliser l'intelligence artificielle.
Et donc là, il risque d'y avoir un choc, je dirais, entre ben la génération de ces futurs étudiants et le corps enseignant s'il n'est pas préparé. Donc, on a encore quelques années, mais je pense qu' il faut accélérer la réflexion et et la prise de décision. Je vous remercie.
Si je peux euh au niveau des établissements euh c'est c'est assez disparate mais je pense que ça se généralise le fait d'avoir des chartes par rapport à l'intelligence artificielle et elles sont établies en accord avec les écoles doctorales pour qu'il n'y ait pas contradiction entre les chartes des établissements pour éviter justement les l'effet de jurisprudence. Cela ne règle pas tout. C'est un engagement entre des personnes de bonne foi et on peut aller même jusqu'à faire signer en début d'année à des étudiants une charte au niveau des formations dans lesquelles on les incite à s'engager à ne pas utiliser de dia.
Mais comme le mensonge he ça n'engage que celui qui croit hein. C'est ça n'empêche rien du tout. Et le problème majeur, c'est que arriver au tribunal euh quand il s'agit d'apporter des preuves de l'utilisation de l'IA, euh c'est extrêmement difficile souvent de le prouver et cela ne peut se faire parfois que dans le cadre pour les masters par exemple des soutenances.
On, pardonnez-moi le terme, on cuisine un peu les étudiants pour voir s'ils maîtrisent les sujets véritablement ou s'ils n'ont fait que reprendre des éléments d'ailleurs. Enfin, pour la question des collaborations internationales, la solution que mon école doctorale a trouvé entre autres, ça a été de consigner dans les conventions des cutelles ou de collaboration, c'est moins facile dans le cas des codirections parce qu'il n'y a pas de convention spécifique mais dans le cas de des cotutelles de thèse où il y a des conventions, il y a toujours des des articles particuliers stipulant les conditions de l'utilisation de l'IA afin d'harmoniser les pratiques entre les états établissement internationaux, les établissements français. Alors, mes collègues parlent des écoles doctorales.
Enfin, je voudrais quand même rappeler que il y a pas que les écoles doctorales, hein, il y a il y a les formations licences, il y a les formations BUT qui existent avant et il y a beaucoup d'étudiants qui s'arrêtent à ce niveau-là. Euh c'est des gens qui derrière seront techniciens, seront employés dans différentes euh entreprises ou ou peuvent être amenés à créer leur propre entreprise eux-mêmes. Euh il y a il y a des chartres qui existent et puis euh actuellement il y a des étudiants qui sont sanctionnés lorsqu'ils sont pris avec l'usage de et parce que c'était écrit dans la charte.
Moi, moi ce qui m'interroge, c'est plutôt est-ce que l'étudiant a réfléchi finalement à où sont allées les données et pourquoi il met simplement son nom sur un travail qui fait en fait là derrière l'étudiant veut simplement avoir une bonne note et donc là je pense qu'il y a un travail de la part des enseignants auprès des étudiants pour leur faire comprendre que effectivement si au bout d'un moment tout le monde utilise en permanence l'intelligence artificielle et que l'objectif c'est simplement d'avoir une réponse instantanée, bah au bout d'un moment, il y a quand même une dégradation de de la connaissance et une dégradation de l'innovation et que là, il y a il y a un réel travail de de la part des enseignants pour mobiliser la communauté étudiante pour que elle s'empare de euh de de la connaissance et et que elle puisse comprendre l'importance de de poursuivre les efforts le sur la joie d'apprendre et sur le sur le fait. Unia, c'est aussi un outil statistique qui va lisser les réponses, donc qui va enlever finalement la nature un peu personnelle qui pourrait y avoir dans un document. On voit en fait à travers les les lettres de motivation que l'on reçoit sur Parcours sup qui sont toutes identiques parce que tout rédigé en fait avec le même outil.
Euh UNIA, c'est un outil en fait qui a tendance à reproduire des biaiss. Et donc là, il y a il y a vraiment un un vrai travail. Tout à l'heure, on parlait de de la formation des des enseignants, mais il y a aussi au-delà du prompt sur comment est-ce que l'IA fonctionne euh et pourquoi est-ce qu'elle reproduit des billets parce que elle a été appris sur un modèle statistique parce que il y a euh de la reproduction des données euh d'apprentissage qui sont utilisées.
Donc là, je pense qu'il y a il y a il y a un vrai travail à faire aussi. euh sur former nos étudiants à cet usage. D'ailleurs, c'est dans le dans le programme des Bachelor univers universitaire de technologie, il y a une nouvelle maquette qui va arriver.
Il vair un module là-dessus sur l'utilisation de l'IA sous l'angle éthique donné et après j'espère la partie un peu plus un peu plus technique euh sur la partie formation. C'est vrai que parfois la alors réflexion personnelle, une charte, ça peut être malheureusement souvent euh on va dire une mauvaise solution, un vrai problème, je ne sais pas. Et comme vous l'avez dit, c'est les mensonges dans les mensonges, voilà, s'engage que ceux qui les croient.
Enfin, vous vous voyez vous voyez l'idée, mais là, on a un tel saut qualitatif euh d'utilisation dans les apprentissages que peut-être que parfois il faut en amont nous revoir un peu les des modalités de formation, des contenus. Et là, bon là encore une fois, je n'ai pas la réponse mais euh si on doit notre travail consiste à évaluer un fichier comme je le fais aussi, peut-être que il faut changer là, il faut voir quelles compétences transmettre et trouver d'autres modalités d'évaluation. Nous, dans ma pratique, les mémoires des étudiants ont beaucoup augmenté en qualité.
Il y a plus une seule forthographe, tout est bien structuré. Enfin, c'est magnifique. À la limite, est-ce que je les lis ?
Je les envoie à un moteur de GPT avec la grille, il peut très bien me donner une évaluation aussi. Vous voyez ? Donc ça questionne bon parade ici oratoire, excusez-moi, mais ça questionne le fait même de demander ce genre de travail aux étudiant mais là bon là aussi j'ai pas la réponse.
Mais je pense que empiler encore une charte oui peut-être qu'il faut en tout cas il faut en faire pour que l'université puisse se couvrir effectivement juridiquement en cas de contestation mais c'est pas vraiment la solution. Voilà, on est tous d'accord là-dessus, je pense. [raclement de gorge] Merci beaucoup pour nos échanges.
Euh le président Chudo a dû se déconnecter malheureusement pour un souci technique, mais c'était il y a quelques minutes, donc il a entendu bien sûr l'ensemble de nos échanges. Euh vous avez effectivement pu aborder plusieurs points du du questionnaire. Vous pouvez aussi nous faire parvenir des éléments supplémentaires à ces questions.
Et comme nous savons très bien que tout évolue de semaine en semaine, nos travaux se poursuivant jusqu'à fin juin, n'hésitez pas à aussi donner des mises à jour des de vos versions de vision de ce que Lia représente dans l'enseignement supérieur et la recherche. Je vous remercie. Merci beaucoup.