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interviewParti socialiste (sur YouTube)· 8 juillet 2025 41 minAutoproduit

La dissuasion depuis Charles de Gaulle - François Hollande

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

19h donc pile poil. Euh c'est la dernière réunion en fait d'une d'une série de rencontres que nous avons décidé de de nommer les socialistes et la défense. Et donc en effet, ça fait partie du cercle défense qui lui-même fait partie du cercle international qui est dirigé par Dylan.

Et euh nous avons décidé et bien de d'organiser cinq séminaires qui nous permettront dans un deuxème temps de produire un document, un documentaire qui sera disponible dans les fédérations et dans les sections qui fera partie à la fois de la formation qu'un parti politique se doit de dispenser hein auprès de ses militants et également d'une information globale sur un sujet qui malheureusement chez les socialistes n'a jamais été central mais qui euh de part et bien l'actualité internationale fait qu'aujourd'hui il y a une vraie appétence chez nos concitoyens pour à la fois comprendre ce qui se passe, essayer de distinguer le vrai du faux parce qu'il y a quand même une guerre informationnelle qui est en cours également. Et donc nous avons sur ces cinq séminaires euh démarré avec l'histoire. Euh nous avons couvert la doctrine, euh la relation des jeunes aussi euh avec la défense, euh les le le travail et ce que représente aujourd'hui euh cette industrie de défense comme finalement euh présence territoriale importante.

Et puis nous terminons ce soir avec peut-être le sujet le plus sensible et nous avons la chance d'avoir la personne la plus qualifié, un ancien président de la République pour nous en parler. Et donc parler de cette arme, c'est une arme qui est tout à fait particulière puisque c'est une arme qui est dite de non emploi puisque quand on parle de nucléaire et bien on parle de dissuasion. Et donc dissuader, c'est bien faire en sorte que l'ennemi ne frappe pas et qu'on ait pas le frapper en retour, mais que la crainte de la poste et bien finalement le le dissuade et l'empêche d'attaquer.

Alors, je crois que il faut se souvenir que François Mitteran en 83 avait parlé de l'arme nucléaire qui est un un instrument de dissuasion qu'on le souhaite ou non ou qu'on le déplore qui demeure la garantie de la paix dès lors qu'il existe l'équilibre des forces. En effet, c'est une capacité destructrice et puis aussi la mémoire des usages passés qui aujourd'hui en interdit son utilisation sur un champ de bataille tant qu'elle il dépasse finalement la puissance de feu de toutes les autres armes. Donc aujourd'hui, nous avons un un monde de plus en plus instable.

Nous avons une doctrine française qui en effet est basée sur la dissuasion mais la non prolifération également. Et malheureusement, nous entrons dans une nouvelle phase où nous avons des pays tels la Chine, tel l'Iran. Alors l'Iran qui aspire à avoir la bombe, la Chine qui la possède mais qui aujourd'hui est dans une course effrainée de et bien de de fabrication de têtes nucléaires dans cette dans cette voilà course avec les avec les États-Unis.

Euh nous avons un un sujet tout particulier mais je pense que le président Hollande en parlera. Le président Hollande arrive, je vous le dis. Au cas où vous vous demandiez pourquoi je vous fais la conversation mais j'attends qu'il s'ass à côté de moi pour pouvoir prendre la bonne femme là.

Ouais prendre la parole. Oui, il faut couper les micros peut-être mon prénom. Voilà.

Oui. Pensez à bien couper vos micros s'il vous plaît hein. Non, il faut que tu les coupe parce que je crois qu'on va Je le fais je le fais au fur et à mesure mais certains oublient.

Voilà. Très bien. Euh et donc aujourd'hui, je disais que nous avons euh aussi au niveau européen une une nouvelle réflexion à entamer avec un qui euh aujourd'hui et bien n'est plus aussi euh euh stable.

Voilà, j'entends le président parler donc il arrive, il arrive. Le voilà. Pardon ?

Voilà. Bien. Donc euh voilà, pour vous dire, nous avons le le le plaisir et et l'immense honneur d'avoir euh je crois la personne la plus qualifiée pour nous parler d'un d'un sujet qui est euh incroyablement complexe et sensible euh dans le pays, qui est sensible aussi euh euh au sein de Donc je vais passer sans plus attendre la parole au président.

Alors ce que je vous demande, c'est de d'inscrire dans le chat les questions que vous pouvez avoir, que sa présentation suscite chez vous. Ensuite, nous les regrouperons. va faire sa présentation avec le nombre de minutes qu'il a qu'il a préparé et puis ensuite nous nous poserons les vos questions regrouper si elle se elle se rejoignent et ça permettra d'avoir un un débat où vous aurez vos réponses mais dans un temps qui est plutôt limité de part des contraintes d' Voilà vous je vous laisse et je vous passe voilà le président François Hollande.

Bon, merci merci à tous euh d'avoir patienté et d'être présent pour un temps qui hélas sera trop contraint. Le sujet bon que nous avons évoqué depuis déjà plusieurs semaines, c'est est-ce que il y a nécessité de changer notre doctrine de dissuasion nucléaire à la lumière de ce qui se produit à la fois par le conflit ukrainien et ce qu'il a engendré et aussi par et surtout par l'attitude de l'administration de Trump qui n'assure plus dans la clarté qui pouvait être celle des États-Unis jusque-là, la sécurité du continent au sens du bouclier nucléaire ou de la protection qui était assurée euh par les États-Unis dans le cadre de l'Alliance Atlantique aux pays européens. Euh c'est d'autant plus euh nécessaire de repenser éventuellement notre doctrine qu'il nous ait demandé de le faire puisque euh de manière euh qui a pu surprendre les Allemands voire même les Polonais se sont interrogés sur euh la garantie que pourrait éventuellement donner la France quant à une extension ou en tout cas une ouverture du du sanctuaire n'a jamais été d'ailleurs totalement précisé. de ce que pouvait être la dissuasion nucléaire française pour protéger le continent européen d'une éventuelle attaque sous une forme nucléaire.

Euh pour répondre à ces questions, je dirais que c'est à la fois nouveau l'attitude des États-Unis et la l'aggravation de la tension et quelquefois la gesticulation de Poutine avec l'arme nucléaire qui est brandie. Et c'est d'une certaine façon euh une configuration qui était déjà installée dans la guerre froide. Alors, je vais préciser mon mon point de vue.

C'est c'est nouveau dans la mesure où euh les pays européens étaient très réticents à l'égard de toute discussion avec la France quant à la définition du champ de la dissuasion du clérire. Il y avait une seule fois où ce sujet avait été abordé, c'est sous la présence de Valérie Giscardestin car lui-même avait pu dans certains propos évoquer une extension de la du du champ de la dispuasion du Cler euh sur notamment euh notre voisin allemand. ça avait suscité un certain nombre de réactions et les les partenaires, y compris euh les les Européens qui nous était les plus proches refusit de rentrer dans cette discussion dans la mesure où euh il considérait que toute euh toute ouverture de cette euh de cette réflexion pouvait nuire à la relation transatlantique et laisser adduire que les États-Unis pourraient se mettre à distance.

Donc il refusait d'entrer dans cette conversation et la même conversation nous même nous ne la nous la nous ne la provoquions pas. Donc le fait nouveau, c'est que compte tenu de l'attitude de Donald Trump, compte tenu de de l'incertitude, il y a maintenant aussi bien de la part donc du nouveau chancelier allemand que de la part d'un certain nombre de chefs de gouvernement en Europe, l'interrogation sur ce qu'est la couverture par la France du continent européen dans l'hypothèse où cette question d'adispassion peut-être évoquée. Mais ce qui n'est pas nouveau, c'est que jamais un président de la République, euh j'ai pu être dans cette circonstance moi aussi concerné.

Donc jamais un président de la République n'a défini précisément ce qu'était le champ de la dissuasion nucléaire. Certes, les premières déclarations, notamment celles du général de Gaulle, laissé penser dans un contexte qui était très particulier que c'était le sanctuaire national qui était en cause. Et ensuite les présidences successives compte tenu de ce qui était l'évolution aussi de nos rapports entre européens et quand bien même étions pas dans dans l'agation militaire de l'alliance atlantique et nous n'étions pas non plus dans un certain nombre de comités, il y avait l'idée toujours sous-jacente que euh la France n'avait pas à définir précisément parce que c'est justement une des règles de la dissuation ce qui était euh finalement son son son intérêt vital.

Or, tous les présidents ont toujours considéré que l'intérêt vital tel que il pourrait justifier un engagement de la force nucléaire en réponse à une attaque que l'intérêt vital c'était pas simplement le territoire national, c'était pas simplement l'appréciation que nous étions envahis ou que nous étions soumis à à délug [Musique] de feu venant Il y a un coup euh c'est pas voilà, je reprends euh l'hypothèse où il y avait donc une attaque du territoire, des luches de feu qui s'abattaient sur notre sol. Oui, là là c'était la réponse attendue. Mais comment si un pays voisin était attaqué dans l'hypothèse même où les États-Unis n'apporteraient pas leur concours, il était clair que la France considérerait, en tout cas le chef de l'État considérait que l'intérêt vital serait en cause.

Et tout au long de de la 5e République et dans des situations différentes, les les présidents de la République on ont toujours affirmé qu'il n'avaiit pas besoin de définir précisément pour ce qui était l'intérêt vital pour justement créer cette disfasion qu'on a longtemps appelé du faible fort mais qui n'est plus forcément construite ainsi qui est tout simplement le fait que nous sommes conscients que en cas d'attaque d'un d'un partenaire de l'Alliance atlantique, nous serions forcément concernés, tout dépend la nature de l'attaque. Est-ce que aujourd'hui il faut aller plus loin ? Est-ce qu'il est nécessaire, comme l'a d'ailleurs sous-entendu président Macron, est-ce qu'il faudrait entrer dans une discussion formelle dans le cadre de l'Alliance atlantique ou en dehors de l'Alliance atlantique pour donner un certain nombre de de sécurité à nos partenaires ? qu'il y ait des discussions avec le Royaume-Uni, elles ont lieu depuis longtemps compte tenu de la coopération qui existe entre ces deux puissances nucléaires.

Mais je ne pense pas, et sera peut-être ma ma conclusion pour répondre à vos questions. Je ne pense pas qu'il soit souhaitable que la question du nucléaire puisse être débattue avec des partenaires, encore moins à l'échelle européenne et même dans l'alliance atlantique. Ce qui fait la caractéristique même de la dissuation nucléaire, c'est son caractère indépendant.

C'est-à-dire que c'est le chef de l'État qui est en est le responsable. C'est à lui d'apprécier, c'est à lui de savoir dans quelles conditions il peut y avoir l'engagement du feu nucléaire et comment il peut utiliser cette doctrine pour dissuader précisément tout ennemi ou tout adversaire de de nous faire une violence qui serait telle qu'elle justifierait une réaction avec une arme nucléaire. Et il y a une autre raison qui qui va à l'appui de cette thèse, c'est que au-delà de l'indépendance, c'est sont les Françaises et les Français qui ont financé pendant des années les fortes d'équipement de nos armées et en particulier de la des composantes nucléairirees.

à peu près 20 % ça dépend des années 20 à 25 % des budget de l'équipement des de la défense sont consacrés à l'arme nucléaire et chaque président a veillé à ce que il puisse y avoir une amélioration constante de de nos armes et des vecteurs qui peuvent correspondre à notre dissuasion et donc partager au-delà de la décision qui serait inacceptable, mais partager euh une forme de de de coresponsabilité ou en tout cas de de de considérer que nous aurions à à avoir un engagement commun avec d'autres partenaires alors que ce sont les Françaises et les Français qui ont contribué à cet effort me paraîtrait totalement injustifié. Mais c'est pas la raison principale. La raison principale, c'est que notre force de dissuasion euh est un élément tout à fait fondamental de notre stratégie euh qu'elle est fondée sur une autonomie de décision qu'elle relève du chef de l'État et de personnes tôtres et que par définition elle ne se partage pas.

Mais c'est pas parce que la décision ne se partage pas que nous n'avons pas nous, la France et ce sera d'ailleurs un élément de l'élection présidentielle de 2027 euh que nous la France nous n'ayons pas à euh assurer par notre expression politique que nous n'avons pas une définition limitée de notre sanctuaire et nous n'avons pas une définition restrictive. de notre intérêt vital, que l'intérêt de de de l'Europe correspond aussi à une forme d'intérêt vital si le continent européen était submergé ou était victime d'une frappe nucléaire. Voilà ce que je voulais dire en introduction pour répondre à toutes les questions qui pourraient m'être posées.

Merci. Merci beaucoup. C'est un je vois une une belle introduction incroyablement claire.

Moi, j'ai une première question. Est-ce que euh dans un programme présidentiel euh on peut imaginer qu'il y ait un un vrai clivage entre la droite et la gauche sur cette question ? Et qu'est-ce que le Parti socialiste euh peut-être au sein de la gauche euh peut proposer euh comme doctrine qui va de la dissuasion à la non prolifération qui est aussi un un élément qui est important je pense dans l'esprit euh dans l'esprit des des citoyens.

Alors, d'abord, il sera à mon avis évident que l'extrême droite aura une définition extrêmement restrictive de l'intérêt vital et et donc reviendra une notion de sanctuaire purement national. Je pense que ça sera ça sa son inclinaison. La droite euh peut se retrouver pour partie sur cette thèse, la droite souverainiste ou la moins européenne, mais pour l'essentiel, la droite et les présidentes, j'ai évoqué Nicolas Sarkozi avant Jacques Chirac, les présidents se sont tenus à une conception euh volontairement elliptique de de l'intérêt vital et donc large dans ce que pourrait être finalement la la notion géographique euh la gauche.

Alors, je pense que LFI euh est sur une position de dénucléisation. Je pense que ça doit être ça leur leur thèse. Euh donc de diminution des arsenaux et de fin de de du du nucléaire militaire. position de principe qui qui n'engagerait finalement pas à grand-chose compte tenu du fait que les arsenaux aujourd'hui sont plus en augmentation qu'en diminution, hein.

C'est ça la grande différence par rapport aux années où États-Unis et Russes faisait en sorte de de diminuer progressivement les les arsenaux nucléaires. Là, il y a une augmentation en tout cas du côté russe tout à fait évidente. du côté chinois tout autant.

Donc je pense que l'argument de la enfin de la de la fin du nucléaire militaire n'aurait pas beaucoup de porté euh sur les écologistes. Alors, ils sont dans une position assez contradictoire puisque d'un côté ils sont contre le nucléaire civil. C'est quand même difficile ensuite d'être pour le nucléaire militaire parce qu'on sait que pour précisément la recherche, pour faire en sorte que nos armes puissent être miniaturisées pour pour une partie d'entre elles ou pour être plus efficace, euh bien la ce qui la recherche civile et la recherche militaire peuvent converger.

Euh pour le Parti communiste, alors si tentez que c'est encore euh là aussi beaucoup de sens, euh ils sont toujours pour la la fin des armes nucléaires euh et comme ils n'ont plus de lien avec euh la Russie comme il l'avait avec l'Union soviétique, je pense pas que ce soit tout à fait majeur dans leur dans leur doctrine. Voilà pourquoi je pense que entre disons le centre droit, le centre gauche et la gauche, le le consensus sera possible sur cette question. Ce sera pas le cas avec l'extrême droite et pour d'autres raisons avec elle fille et large partie des écologistes.

Très bien. Alors, nous avons une série de de questions. Euh, bonjour monsieur le président.

Le président Macron parle de prêter la dissuasion nucléaire à d'autres pays de l'OTAN. Je suis complètement contre l'idée de transmettre notre pouvoir nucléaire avec des pays qui peuvent en user sans discernement. Qu'en pensez-vous ?

Ça, je pense que c'est une je suis pas sûr qu'elle été exprimé ainsi par Emmanuel Macron, mais comme je l'ai évoqué, la décision euh d'engagement nucléaire ne se partage pas. Et il peut il peut y avoir euh avec partenaire une réflexion stratégique sur ce que pourrait être une réponse coordonnée face à une attaque. Mais euh la la décision finale revient toujours euh à reviendrait toujours à la France et euh il ne peut pas y avoir de co euh responsabilité, de cécision et et même de coconception.

C'est très important de le dire. C'est-à-dire que nous sommes un pays qui a fait le choix de de de d'avoir une disasion nucléaire. Euh d'autres ne l'ont pas fait euh ou n'ont pas pu le faire, ont été interdits même de le faire.

Donc on n'est pas dans une dans une cstratégie. Euh nous avons notre propre stratégie. Elle s'intègre dans une relation de cadre d'alliance mais elle elle n'est pas conçue en commun.

Alors, les armes nucléaires étaient l'alpha et l'oméga de la guerre durant enfin pendant longtemps, mais la guerre ch notamment par les drones, l'intelligence artificielle, d'autres armes. Est-ce qu'en restant sur le nucléaire, on ne risque pas de rester en retard d'une guerre ? Est-ce que l'arme nucléaire ne risque pas de devenir notre ligne magino du 21e siècle ?

Oui. Euh ce qui est ce qui est exact dans cette question, c'est que il nous faut continuer à investir dans les armes nucléaires aussi bien en qualité qu'en quantité si nous n'avons pas besoin de d'avoir euh un arsenal complet. Et il est important d'investir dans toutes les autres formes d'armes et notamment les armes conventionnelles et les nouvelles forme de défense ou d'attaque.

Parler de cyberdéfense, des satellites et cetera. Euh et donc le risque ce serait finalement de de surinvestir dans nos capacités de nucléaire militaires et de sous-investir dans euh les armes conventionnelles. C'est pas le chemin qu'on prend he compte tenu du fait que les budgets vont augmenter, qu'il y a une volonté de coordination à l'échelle européenne et j'espère une ébauche quand même de de d'Europe de la défense et avec une augmentation de tous les budgets militaires et notamment celui de l'Allemagne, je pense que on va pas manquer à l'avenir de drones, d'armes et cetera.

Mais ce qui ce qui a été démontré avec la guerre en Ukraine, c'est que ce qui compte, c'est pas avoir des des beaux matériels, c'est d'avoir des matériels nombreux et des capacités de fabrication. Et on a fait l'expérience parce que quand il s'est agit de donner des armes aux Ukrainiens, euh il y a eu quand même un peu de retenu du côté de nos armées qui ne voulaient pas euh se se départir ou se priver d'armes parce qu'elles n'étaient pas suffisamment nombreuses. La dissuasion fonctionne avec des ennemis qui ont des comportements rationnels avec Poutine et Trump manque des adultes dans la pièce.

Ne devons-nous pas Ne devons-nous pas définir une dissuasion intermédiaire contre la guerre hybride ? Par exemple, la fermeture de la mer Baltique en cas d'agression sur les câbl les câbles sous-marins ou les bateaux ? Une agression informatique en cas de cyberattaque ?

Oui, il y a des nouvelles formes d'attaque ou de ou de réaction à voir par rapport à des opérations qui pourraient être extrêmement dangereuses nous privèmes de télécommunication, nous privant de nos systèmes d'alimentation. énergie nous privè de transport. Tout ça fait partie de de notre maintenant vision stratégique.

Un mot quand même sur la rationalité. Euh si tentez qu'on puisse faire une analyse mentale de Donald Trump. Il y a une chose qui me paraît tout à fait claire malgré la confusion, c'est qu'il ne veut pas la guerre, qu'il ne fait pas la guerre.

Trump, il utilise la menace de la force, il utilise la provocation, la sidération pour ne pas faire la guerre. Poutine, lui, fait la guerre mais il connaît les les règles de la guerre. Et vous avez sans doute noté que dès le début du conflit ukrainien, il a menacé plusieurs fois de l'usage d'armes nucléaires chaque fois qu'il y avait des livraisons d'armes qui étaient promises aux Ukrainiens sans jamais bien sûr passer à l'acte.

Parce que Poutine qui connaît le les rapports de force, c'est que s'il engageit le feu nucléaire même sur un objectif limité, on courrait alors de nous peut-être de des États-Unis jusqu'à Trump sûrement, mais de toute façon, il sait que il aurait plus à perdre qu'à gagner. C'est pour ça que il est resté sur un format de guerre hybride. Ça c'est très juste hein, avec des moyens qui n'étaient pas jusque-là forcément utilisé mais de guerre classique de certaine façon.

Sommes-nous certains ? Nous avons des experts là qui s'expriment. Sommes-nous certains que les armes nucléaires seraient encore efficaces car les armes antiaériennes, les défenses antimissiles comme le dô de fer israélien seront sans doute en mesure d'arrêter des armes nucléaires.

Faut-il développer des missiles hypersoniques ou des bombes différentes comme les bombes planantes qui seraient à même de contourner les défenses ? Car si notre bombe nucléaire peut-être arrêtée, elle cesse d'être ? Alors la question est excellente et et la réponse est effectivement qu'il y a une course de vitesse qui existe depuis euh que les armes nucléaires euh ont été utilisées une fois euh et ont été prévu dans la panoplie euh euh dans les arsenaux des pays dotés de ces de ces armes. c'est que il faut continuer à investir puisque les boucliers obligent à chaque fois à les contourner ou aller percer.

Pour ça que arrêter l'investissement dans le nucléaire nous priverait de toute dissuasion crédible. En tant que président d'un État européen, croyez-vous que la doctrine de dissuasion conventionnelle de l'OTAN pourrait garantir l'inviolabilité d'un flanc est pour l'Europe de plus de 2500 km simultanément face à une menace balistique qui n'a pas de frontière avons donc suffisamment de défense antibalistique pour apporter un épaulement suffisant pour garantir la crédibilité de notre dissuasion nucléaire. Donc là, on voit une balistique portait des armes nucléaires des des armes classiques et on a bien vu la guerre en Ukraine qu'il y avait eu des missiles de longue portée qui avaient été utilisés par les Russes avec des armes conventionnelles.

Donc la la scénario le moins improbable, je pas dire le plus probable, le moins improbable s'il devait y avoir une offensive, c'est qu'elle se ferait avec des missiles qui peuvent avoir de longues portées sur un flanc et donc un front assez large et avec des moyens conventionnels. Et toute la question c'est de savoir, et ça c'est une question que je ne peux pas traiter volontairement, c'est que à partir de quel volume d'armes conventionnelles qui font des destructions massives peut-il y avoir une réponse nucléaire ? Euh alors beaucoup beaucoup de questions, je ne pas en quand même appliquant je partie de ceux qui pensent que les déclarations de monsieur Trump ne sont pas crédibles et qu'elles ne s'adressent qu'à sa base électorale.

Qu'en pensez-vous ? Oui. Euhement qu'il s'adresse à une base électorale qui est qui est, comme on l'a compris, assez euh isolationniste, c'est-à-dire qui n'a plus de solidarité explicite, même implicite, à l'égard du continent européen.

Euh je pense qu'une partie même de sa base considère que les les Européens sont des concurrents déloyaux, sont des partenaires faibles et sont des sociétés déclinantes. Et voilà. et et d'une certaine façon c'est exactement ce que pense Vladimir Poutine.

Hm hm. Parle beaucoup trop peut-être. Euh intérêt vital, c'est surtout l'intégrité du territoire.

En effet, il faut garder cette doctrine constitutionnelle d'utilisation au périmètre du précaré. Alors pas constitutionnel, il est pas écrit dans la constitution que l'intérêt vital c'est ça a été un élément de de notre doctrine, c'estàd de considérer que notre intérêt vital c'était d'abord et et ça le reste d'abord notre territoire national. Imaginons, c'était pas complètement irréaliste dans les années 60 quand une attaque autant de l'Union soviétique qui était quand même présente sur le territoire de de de l'Allemagne de l'Est et qui viendrait jusqu'à nos frontières pour nous nous menacer.

C'était le fameux débat enfin débat ou la fameuse polémique sur les chars russes qui pouvaient arriver sur la place de la Concorde mais c'était pas pour l'usage d'armes du Cler, c'était pour faire peur à des électeurs dans l'hypothèse où la gauche arriverait au pouvoir en l'occurrence François Abit. Là, on est sur d'autres d'autres lignes de front. C'estàd que pour que la France puisse être attaquée, c'est-à-dire envahie, il il faudrait que des forces ennemies euh et et parcouru des des des centaines de kilomètres euh et et traverser toute l'Europe où il soit passé par d'autres d'autres canaux, ce qui n'est pas quand même si simple.

Donc euh voilà euh on peut pas considérer que notre seul territoire national euh serait le notre précarré. Notre précarré est plus large et il n'a pas besoin d'être précisé géographiquement. Il doit être de dire que nous apprécions et le c'est le chef de l'État qui l'apprécie.

Si l'intérêt vita, c'est-à-dire le l'idée même de ce que nous représentons, l'essence même de de la République euh serait attaqué euh à ce moment-là, nous aurions à région. Hm hm. Une robe de la défense impliquant une chaîne de commandement unifiée avec un pouvoir décisionnel égal pour tous les ATmembres est-elle d'une perspective réaliste ? perspective qu'on peut avoir euh elle n'arrivera pas tout de suite.

C'estd qu'il y aura des étapes pour y parvenir. Et moi, je suis d'abord pragmatique. Je pense que nous nous arriverons à une solution dans les années qui viennent avec quelques pays qui dans le cadre de l'Alliance atlantique à l'évidence mais qui le décideront ensemble.

Ces pays, on les connaît, c'est la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne, la Pologne, les principaux pays. Peut-être d'autres s'y adjoindront. et qui euh à la fois euh décideront de fabriquer euh des matériels ensemble, en tout cas donc commander euh communément euh d'avoir des des euh des entraînements ou des manœuvres également qui pourraient lier les armées de ces pays-là et d'avoir dans le cadre de l'Alliance atlantique un certain nombre de coordinations de commandements.

Est-ce qu'une deuxième étape sera possible, ce qu'on appelle le pilier européen dans l'Alliance Atlantique ? Bah beaucoup de pays européens n'y sont pas prêts et ils n'y seront peut-être jamais prêts et les États-Unis feront sûrement pression. Ah, on a perdu la connexion.

Ça va revenir je pense. Cit la connexion au Sena qui est mauvaise. Le wifi du Sena, j'en connais quelque chose.

Fonctionne pas très bien. Euh j'espère que Thbo va m'entendre. Thbo, si tu m'entends sur ton autre compte, est-ce que tu peux nous répondre accep de l'alliance pour bâtir une Europe de la défense.

Donc c'est dans le cadre de l'alliance qui pourra s'élargir si nous allons plus loin. Toute la manœuvre de Donald Trump et pas simplement de Donald Trump parce que c'est une affaire qui va pas s'arrêter à ce président, ça sera de faire pression sur chaque pays européen pour que les commandes militaires soient encore adressées aux États-Unis. Il y a énormément de de questions.

Je vais tu m'excuses Hélène, s'il te plaît juste une petite une petite remarque technique. Bonsoir François, bonsoir à tous. On a un problème de connexion avec vous.

On a perdu le début de la réponse du président Hollande juste avant. Ah, on a vu qu'il y avait instabilité, connexion installe. Ouais, c'est ça.

C'est ça. Oui, mais alors il ne va pas reprendre ce qu'il vient de dire là. Non, non, non, c'est pas ça.

C'est juste pour qu'on peut-être qu'on essaie de se déconnecter si d'autres personnes utilisent le même signal que vous. D'accord. Encore deux trois questions.

Voà. Oui oui oui oui. Alors, quel est le quel est votre sentiment sur les perspectives d'autonomie de l'Europe vis-à-vis des États-Unis quant à la fourniture d'armement ?

Est-ce que cette question freine la mise en place d'une Europe de la défense y compris pour les défenses antiaériennes et antinucléaires ? Oui. D'ailleurs, ça permettra de de répondre à également à la question précédente.

C'est-à-dire que qu'est-ce que ça veut dire l'autonomie stratégique qu'elle la France est sans doute plus attachée que d'autres ? C'est pas d'être indépendant des États-Unis. Nous sommes dans une alliance et nous souhaitons que les États-Unis puissent y rester.

C'est que les pays qui engagent une coopération de défense, pays européens puisse commander de la même manière et avec la même perspective du matériel qui qui soit fabriqué en Europe. Or, c'est le sens de la question. Euh les États-Unis vont faire une pression maximale euh sur la Pologne, sur l'Allemagne, sur l'Italie, l'Espagne et cetera pour que euh même s'il y a une Europe de la défense, les matériels restent euh pour beaucoup euh sur euh les enfin les matériels qui sont sur les étagères américaines et avec le problème que si on a du matériel même des pièces de ce matériel américain pour l'engagement de des forces, c'est vrai que les États-Unis ont une forme de corde de rappel.

Donc il est très important que nous puissions résister enfin pasf nous français mais beaucoup de nos nos alliés puissent résister à la pression qui sera très forte de la part de Donald Trump de la part de l'administration américaine d'une manière générale de continuer malgré les la prise de distance américaine de commander du matériel américain. Alors, certains pays commencent à s l'émanciper, mais ça sera une longue bataille et on va regarder ce qui va se passer en Allemagne puisque l'Allemagne a dégagé un des fonds importants. Est-ce que les Allemands vont consacrer la large partie de ces fonds pour des commandes qui ont fabriqué en Europe ou au contraire vont aller toujours vers les États-Unis ?

Peut-être la dernière question, il y en a vraiment beaucoup he elles sont très très techniques pour certaines. Si les pays européens dont la France opte pour un financement communées et renforce l'intégration de leurs armées, cela ne risque-t-il pas de limiter des facto leur autonomie dans l'usage de leurs armes dont les armes nucléaires ? Là, on parle peut-être d'une armée européenne.

Voilà, était hein par un certain nombre de prix fédéralistes, faut bien le dire. Euh je n'y crois pas dans dans crois pas cette perspective dans dans un délai proche. Je pense que d'ailleurs ce n'est pas forcément souhaitable.

Ce qui est souhaitable c'est qu'il y ait euh des coordinations plus fortes entre les armées européennes. Des opérations communes, on a pas fait beaucoup hein à l'extérieur. Euh et je l'ai regretté euh que nous ayons des États-majeurs qui travaillent ensemble dans le cadre de l'Allianceque.

C'est plus simple. Euh tout ça est possible mais euh l'intégration de de l'armée française dans euh une armée supranationale, non, ça je crois pas. Et peut-être euh voilà, puisque nous avons dit que nous faisons de la pédagogie euh et de l'information et de la formation en même temps, euh il est dit que voilà les que les Français peut-être se trompent sur la définition du parapluie nucléaire.

Voilà pour l'Europe, hein, ce que ce qui pourrait être euh proposé. Et donc il il peine à comprendre que seul le président français garde la main sur l'utilisation de la bombe et qu'elle intègre l'Estes des ses intérêts stratégiques. C'est ce que mentionné.

Comment faire comprendre à l'ensemble des Français ce principe de parapluie ? Alors, les Français sont sont ce sujet-là comme sur beaucoup d'autres très contradictoires. C'est que d'un côté ils ont peur du nucléaire, ils ont peur d'une guerre nucléaire. quand il y a eu euh l'engagement hélas euh en Ukraine suite à l'invasion russe, euh il y a eu euh la crainte chez beaucoup de nos compatriotes, utilisé d'ailleurs par euh des parti extrêmes, que euh finalement nous soyons engagés euh impliqués dans une espèce d'escalade qui conduirait un moment ou un autre à ce que arme nucléaire puisse être utilisée.

Or, je l'ai expliqué, la doctrine française n'est pas d'aller de faire une espèce de d'action graduelle qui conduit vers le nucléaire et le nucléaire a jamais été utilisé sauf la fin de la seconde guerre mondiale. Donc le nucléaire n'est pas c'est pas une arme de champ de bataille. Le nucléaire c'est une arme stratégique de dissuasion.

Donc les Français peurent du nucléaire et ils veulent aussi être protégés. C'est-à-dire qu'il pense quand même heureusement que la force de dissuasion peut-être avec un l'idée d'un précarré euh et géographiquement que la force du dissuasion nous protège de toute attaque nucléaire. Et là, il faut quand même les mettre en garde comme ça a été dit dans plusieurs questions.

Si on veut que nous soyons protégés par un parapluie, il faut pas que le parapluie soit troué. C'estàd qu'il faut qu'on ait des armes antiles. Il faut qu'on ait euh la capacité à à pouvoir nous-même infliger des des destructions massives à ceux qui euh utiliseraient des arbres nucléaires contre nous.

Donc voilà pourquoi il faut faire cette pédagogie. C'est qui vient de le dire, la pédagogie c'est très important. C'est-à-dire et et une élection, ça sert à ça et l'élection présentée doit servir à cette pédagogie peut-être plus que ça n'a été fait quand je me suis présenté en 2012 dans le débat avec Nicolas Sarkozi, la question du nucléaire n'a même pas été posée.

Là, il faudrait avoir sur les questions de défense euh dans un débat de second tour. Faut-il encore être au second tour ? Je fais cette parenthèse mais faut-il encore être retour mais il faudrait avoir avec le candidat ou la candidate qui se crite en face un débat sur la question du nucléaire pour dire aux Français qu'ils peuvent être rassurés à une condition c'est que nous continuons à avoir un budget d'équipement de nos armées et que deuxièmement nous disposons par la force de dissuasion des moyens d'assurer la paix parce que la force de dissuasion elle est quand même au service de la paix pas Merci pour cette très très belle conclusion.

Voilà. Donc merci pour vos questions. Merci le président Hollande de cette fêter d'abord à cette présentation qui nous permet aussi de euh et bien de faire le point sur ce sujet très très particulier et euh également vos questions très précises techniques pour certaines qui nous permettront je crois de d'avoir un très beau document que nous partagerons.

Donc je remercie l'équipe de la communication du parti et surtout Dylan et Thba qui ont beaucoup travaillé et qui vont mettre en en musique et bien ce documentaire qui sera très largement diffusé dans les fédérations et dans nos sections. Voilà, merci à toutes et à tous et je crois que nous avons complété de de façon magistrale cette série de de cinq séminaires. Donc merci pour votre fidélité et puis à bientôt pour d'autres rencontres au sein du cercle international.

Bonne soirée à toutes et à tous. M.

La dissuasion depuis Charles de Gaulle - François Hollande — Charles de Gaulle · Pourquijevote