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interviewPublic Sénat — Bonjour chez vous ! (sur Podcast)· 14 octobre 2025 26 min

Jean-François Husson : « Nous exigeons que tous les éléments du budget soient mis sur la table »

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Bonjour Jean-François Husson. Merci beaucoup d'être notre invité sénateur à l'air de Meurthe et Moselle. Vous êtes le rapporteur général du budget ici au Sénat. On va évidemment longuement y revenir sur ce budget présenté aujourd'hui dans un contexte politique particulier. Mais d'abord, on va regarder trois unes de la presse régionale. D'abord la une de l'indépendant et cette photo hier d'otage, la libération et l'espoir. Le Hamas qui a donc libéré les 20 derniers otages israéliens vivants. La deuxième une, c'est celle des dernières nouvelles d'Alsace.

Le corps nu sur une corde raide, le Premier ministre sous menace de censure qui prononce donc sa déclaration de politique générale cet après-midi. Et puis la dernière une, elle concerne votre parti LR, la déchirure. Et le gouvernement, le corps nu d'eux qui a donc déchiré votre parti avec des conséquences également sur le plan local. C'est le cas notamment dans les Alpes-Maritimes. Quelle une choisissez-vous ?

1:03
Locuteur non identifié

Sans hésiter, la première. Si aujourd'hui, on ne regarde pas l'avenir en prenant à la fois le recul, la hauteur et puis la gravité du moment. On sent bien qu'on est un monde qui est en ébullition permanente, en surchauffe. Et le fait d'avoir en tous les cas une pause et un accord de paix, j'espère que cet accord sera respecté pour qu'ensuite, à la fois les pays concernés et l'action diplomatique puissent enfin produire des effets et produire ses fruits. Je pense qu'on n'est pas... La nature humaine doit résister à ses instincts les plus maléfiques. Et on doit toujours mettre finalement l'avenir commun, le travail ensemble.

Et puis travailler dans un esprit de concorde, visé à la paix, à l'harmonie. Alors ça paraît évidemment... Ça peut paraître, comment dirais-je, un peu naïf. Mais je pense que dans la vie, si on n'a pas quelque idéal, eh bien on est vite rattrapé, je le disais, par les instincts qui font qu'on préfère le combat, la difficulté. Je pense que c'est vraiment un moment... J'espère que c'est un grand moment de l'histoire au sens premier du terme et les deux avec des majuscules. C'est vraiment et de loin ce qu'on doit retenir dans ce teubou médiatique de l'information à toutes les échelles, je dirais.

2:50
Présentateur

Et dans l'actualité politique nationale aujourd'hui, c'est le discours de politique générale de Sébastien Lecornu après cinq semaines à Matignon. Est-ce que les Républicains iront jusqu'à censurer le Premier ministre selon la teneur de son discours ?

3:02
Locuteur non identifié

Non, c'est pas du tout l'intention. Je pense qu'on va reposer les choses calmement. J'entendais le Président de la République parlant de la situation internationale à plein de l'humilité. J'appelle aussi le Président de la République non pas à faire la leçon aux partis en leur demandant, en disant qu'ils ne sont pas à la hauteur. Il a été lu en 2017, la démocratie a opéré, il n'y a aucun souci. Mais depuis la dissolution, est-ce que la France est stabilisée ? Est-ce qu'elle est dans le calme ? Est-ce que ce sont les différents partis politiques qui ont décidé sur le moment de gouvernement ? L'humilité, c'est juste de regarder les choses en face.

3:47
Présentateur

Mais là, est-ce que quelle que soit la teneur du discours de Sébastien Lecornu, vous dites que les Républicains ne seront pas les artisans de la censure ?

3:53
Locuteur non identifié

Pour l'instant, en tous les cas, sauf s'il y avait des mesures très à l'encontre de l'intérêt de la France et des Français.

4:05
Présentateur

Ça pourrait être quoi ?

4:07
Locuteur non identifié

Comment ? Ça pourrait être quoi ? Ça pourrait être des tombeaux de fiscalité, une remise en cause intégrale de la retraite. Je ne crois pas que ce soit ça. Mais je vais vous dire, moi je regrette une chose. Le Premier ministre a eu un premier gouvernement, puis un deuxième. Il va prononcer son premier discours de politique générale. Je vois qu'il aime la culture du secret. Mais aujourd'hui, on n'a eu absolument aucun signal, d'aucune manière. On va rentrer dans l'examen du budget. Ce n'est même plus du juste à temps. On est presque déjà en retard. Et il n'y a pas de complicité.

Moi, je suis plutôt, je dirais, un homme qui souhaite, parce que c'est mon pays, toujours mettre plutôt le jour qui se lève, le positif. Et là, on n'a pas d'éléments. Donc, on travaillera le budget. Mais ça n'est pas raisonnable. Et je dirais que c'est un manque de sérieux et de respect vis-à-vis du Parlement. On ne peut pas demander aujourd'hui, dire le Parlement avoir toutes ses libertés et laisser une pareille pagaille susceptible de se mettre en place.

5:17
Présentateur

C'est-à-dire que là, vous n'avez aucun élément sur le budget. Vous allez le découvrir en Conseil des ministres aujourd'hui.

5:21
Locuteur non identifié

Oui.

5:22
Présentateur

Rien du tout pour commencer à travailler en amont. Justement, on va parler de ce budget, puisque c'est l'un des sujets principaux sur lequel la parole de Sébastien Lecornu est très attendue cet après-midi et sur lequel il joue probablement la survie de son gouvernement. Budget et réforme des retraites. C'est votre éclairage, Audrey Sébastien Lecornu, qui présente donc aujourd'hui son projet de budget en Conseil des ministres. Il va sûrement détailler les contours cet après-midi. Quelles pourraient être les grandes lignes de ce budget ?

5:47
Jean-françois Husson

On va parler des pistes, puisque vous n'avez pas les infos. Et on en a quelques bribes, mais on va essayer de les détailler. Donc, tout laisse à penser qu'il parlera forcément tout à l'heure de la réforme des retraites, puisqu'il est attendu au tournant par le Parti socialiste à ce sujet. Les socialistes qui attendent de savoir ce qu'il veut faire avec cette réforme impopulaire pour déterminer s'ils le censurent ou non. Eux veulent sa suspension immédiate. Le problème, c'est que c'est un totem du second quinquennat d'Emmanuel Macron. Même s'il a les coudées plus franches, est-ce que Sébastien Lecornu ira jusque-là ? Pas sûr. Indardis tend à prouver que non.

La nouvelle ministre de la Santé, qu'il a nommée Stéphanie Riste, que vous voyez ici en photo, est une fervente défenseur de cette réforme. Le Premier ministre pourrait donc plutôt reprendre la concession faite vendredi par Emmanuel Macron au chef de parti, en bloquant jusqu'à la présidentielle de 2027 le relèvement de l'âge légal de départ.

6:43
Présentateur

Jean-François Husson, est-ce que ce qu'a dit Emmanuel Macron au chef de parti, c'est-à-dire bloquer le relèvement de l'âge légal de départ, ça pour vous c'est acceptable ?

6:53
Locuteur non identifié

Écoutez, je vais vous dire, c'est trop tôt pour moi pour le dire. J'ai besoin de comprendre exactement. Parce qu'en fait, on me demande ou on nous demande pratiquement de nous exprimer à l'aveugle. Et ça n'est pas...

7:06
Présentateur

Là on est un peu dans une question politique avant d'être une question économique. Est-ce qu'il faut, pour ne pas que les socialistes censurent, dire oui, on suspend la réforme des retraites jusqu'à la présidentielle ? Est-ce que c'est le prix à payer pour éviter la lâche du gouvernement ?

7:21
Locuteur non identifié

Quel est ce pays dans lequel on a aujourd'hui un Premier ministre qui est finalement un peu comme au bord d'une falaise avec une épée dans les reins tenue ici par les socialistes ? Mais dans quel pays est-on ? Dans quel pays est-on ? Est-ce que la démocratie, ce n'est pas de travailler avec tout le monde ? Et globalement, si c'est finalement, je dirais, la décision ou les éléments d'une composante, mais qui est également minoritaire, et je reviens à ce que je disais tout à l'heure, cet émiettement aujourd'hui des sensibilités politiques à l'Assemblée nationale fait un mal terrible à la France.

On prend un retard considérable avec des déficits qui continuent de s'accroître à un moment où tous nos partenaires européens ont redressé la situation. Et moi, ça me fait mal. Et donc, on a besoin effectivement de travailler ensemble, mais travaillons ensemble et à découvert. Il faut mettre toutes les cartes sur la table pour savoir et comprendre.

8:21
Présentateur

Mais est-ce que vous accepteriez une suspension de la réforme des retraites jusqu'à la présidentielle ?

8:24
Locuteur non identifié

Moi, aujourd'hui, je ne dis pas que j'accepte. Je souhaite que tous les éléments soient mis sur la table. Parce que la retraite, on va se le dire aussi très gentiment, effondrement de la démographie et accroissement des pensionnés, des bénéficiaires des retraites, qui peut aujourd'hui raisonnablement dire qu'on prépare l'avenir en restant sur un système déséquilibré de répartition ?

8:49
Présentateur

Donc le régime par répartition, il est en danger aujourd'hui ?

8:50
Locuteur non identifié

Bien sûr qu'il est en danger. Enfin, moi, je ne ferai pas partie de ceux qui mentent aux Français. J'avais demandé dans le débat, qui était d'ailleurs un débat biaisé sur la réforme des retraites, qui venait dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale. J'avais demandé qu'on élabore des réflexions sur la possibilité de travailler un deuxième pilier autour de la capitalisation. Alors, on dit, c'est un gros mot. Peu importe, vous savez, on va l'appeler fonds de soutien à la répartition. On l'appelle comme on veut. Mais globalement, c'est de mettre un deuxième pilier. Je le redis, comme ça existe par exemple pour les fonctionnaires, etc.

Mais mettons le travail, ne soyons pas dans le déni. Mais comment peut-on aujourd'hui raisonnablement dire qu'on prépare l'avenir, finalement, en mettant en difficulté les générations qui arrivent ? Je ne l'accepterai pas plus pour les finances que pour les enjeux écologiques et environnementaux.

9:43
Présentateur

Est-ce que parmi les pistes d'économie, il peut y avoir la non-indexation des pensions de retraite sur l'inflation ?

9:48
Locuteur non identifié

Bien sûr.

9:49
Présentateur

Ça, c'est à l'écriture. Bien sûr. De toutes les retraites ou des retraités les plus aisés ?

9:53
Locuteur non identifié

Plutôt, il faut toujours regarder. Là aussi, il faut mettre le curseur. Mais c'est pour ça que je vous dis, il faut poser les choses. Parce que sinon, on va être dans une bagarre entre gauche, droite, centre, à se faire des croche-pieds. Mais les Français, ils attendent autre chose aujourd'hui. Les Français, ils sont excédés. Ils sont déboussolés. Ils sont entre résignation, colère froide. Moi, je ne supporte pas cet état d'esprit. Je pense qu'il faut se ressaisir collectivement. Et pour ça, l'exemple, je le dis, il doit d'abord venir d'en haut, de tout en haut.

10:25
Présentateur

Donc d'Emmanuel Macron.

10:27
Locuteur non identifié

Bien sûr.

10:27
Jean-françois Husson

Audrey, Sébastien Lecornu devrait aussi faire des concessions sur le déficit public. Oui, François Bayrou visait un déficit à 4,6% du PIB l'an prochain. Regardez, Sébastien Lecornu a revu la copie et compte seulement atterrir sous les 5%. Ça veut dire 9 milliards d'économies à faire en moins. Un geste vers la gauche qui ne devrait pas plaire ou à l'air et ne pas vous plaire à vous, vous nous direz. Ce qui ne devrait pas plaire non plus aux Républicains, c'est que Sébastien Lecornu a prévu des mesures pour taxer les plus aisés et les grandes entreprises. Donc de nouvelles taxes.

Pas de taxes Zuckman par contre, comme le demande la gauche, mais une prolongation de la contribution des plus aisés. Et une mesure imaginée, souvenez-vous, par Michel Barnier pour l'année 2025 qui consiste à imposer à 20% minimum les contribuables qui déclarent plus de 250 000 euros par an. Le Premier ministre veut aussi cibler les holdings. Ces sociétés souvent utilisées par les grandes familles pour gérer et transmettre leur patrimoine en bénéficiant de régimes fiscaux avantageux. Eh bien, elles seraient taxées à hauteur de 2% sur leurs actifs lorsque leur bilan dépasse 2 millions d'euros.

Jean-François Husson, j'imagine que ce ne sont pas des pistes qui vous réjouissent à droite, parce que là, on parle de taxation supplémentaire, d'impôt supplémentaire.

11:39
Locuteur non identifié

Je note, on a eu le projet de loi de finances pour 2025. Et dès cet examen, il a été évoqué la préparation du PLF 2026 avec des mesures. On nous a dit, on va regarder de quelle manière on peut taxer celles et ceux qui, on appelle les super riches, les ultra riches, les super profits. À l'heure qu'il est, je n'ai pas eu d'échange jamais sur ce sujet. Donc, je rappelle comment, pour avancer sur ce sujet, il faut qu'ensemble, on pose les choses, qu'il y ait un travail préparatoire. Là, on a l'impression qu'on va abattre un atout maître un peu au dernier moment, disant de toute façon, c'est ça où il y a la censure. Mais ce n'est plus une démocratie mature.

Est-ce qu'on a aujourd'hui un niveau d'impôt raisonnable ? Écoutez, on est les champions quasiment du monde des impôts et taxes. Ça mérite plutôt qu'au moins, on arrête d'augmenter et qu'à niveau actuel, peut-être on révise, c'est-à-dire qu'on enlève des taxes et des impôts sur certains pour garder le même niveau. Mais c'est une espèce de fuite en avant. Il y a une créativité, je dirais, fiscale exceptionnelle. Mais on ferait mieux d'avoir cette même créativité pour créer de l'emploi et de la richesse. Et pour ça, moi, je ne connais rien d'autre que l'économie.

Nos agriculteurs, les travailleurs indépendants, la première entreprise de France qui sont les commerçants et artisans, les très petites entreprises et nos grands groupes.

13:19
Présentateur

Vous, vous souhaitez qu'ils sortent de ce budget un objectif de déficit à combien ?

13:22
Locuteur non identifié

Il faut qu'il soit le plus raisonnable possible. C'est quoi, le raisonnable contenu du contexte politique ? Non, mais moi, je veux bien tout. Vous savez, on a déjà des inquiétudes sur la réalisation du budget 2025. Et donc, on peut continuer dans le déni. Mais il y a un moment donné où, finalement, nos prêteurs nous mettront des conditions de plus en plus difficilement soutenables. Et à ce moment-là, les Français vont dire…

13:50
Présentateur

C'est-à-dire que pour vous, les objectifs de déficit 2025 ne seront pas tenus ?

13:53
Locuteur non identifié

Il y a quelques inquiétudes. Il y a quelques inquiétudes. Il va falloir les chasser. Et il va falloir les chasser très vite. Parce que, je le redis, on doit la vérité aux Français. Enfin, on a suffisamment dénoncé, ici au Sénat, de manière collective, dans l'intérêt de l'information qui est due aux Français à travers le travail de contrôle du Parlement et ici au Sénat. Enfin, on a parlé de la dérive des comptes publics. À l'époque, on nous a répondu, je disons, vous voyez bien de qui ça peut venir, de l'exécutif, des exécutifs sortants, qu'on était des bonimenteurs, qu'on avait des postures partisanes. Enfin, honnêtement, le Sénat a autre chose à faire que de jouer à des guerres de chiffres.

La réalité, aujourd'hui, elle est celle des comptes de l'État. Ils sont dans une situation catastrophique, insoutenable. Ça ne doit pas durer.

14:43
Présentateur

Donc, vous souhaiteriez que les 4-6 soient maintenus, vous ?

14:45
Locuteur non identifié

Il faut les maintenir en objectif.

14:46
Présentateur

Il y a un autre sujet dans ce projet de budget. Ce sont des mesures qui concernent le pouvoir d'achat des Français, Audrey.

14:53
Jean-françois Husson

En effet, Oriane, le Premier ministre pourrait proposer de baisser l'impôt sur le revenu pour les couples payés légèrement au-dessus du SMIC. Ça leur rapporterait entre 200 et 300 euros par an. Il réfléchit aussi au retour de ce qu'on a connu sous le nom des primes Macron, des primes défiscalisées. Là, ça concernerait les primes des salariés gagnant moins de trois fois le SMIC en 2026. Des mesures plutôt en direction de la gauche ? Est-ce que ça va quand même dans le bon sens, selon vous ?

15:20
Locuteur non identifié

Ça fait partie de ce que je disais tout à l'heure.

15:23
Jean-françois Husson

Il faut avoir la feuille complète.

15:25
Locuteur non identifié

Bien sûr. Moi, on voit bien qu'on a un souci sur ce qu'on appelle la SMICardisation de la société. On a de plus en plus de travailleurs, de salariés qui sont payés au SMIC, ce qui montre bien qu'on a un problème d'échelle de salaire. Et on les habille par des primes dites Macron défiscalisées et qui ne sont pas faciles à mettre en œuvre. En tous les cas, plus complexes qu'il n'y paraît parce que c'est ceux qui en bénéficient. Parce que ceux qui sont juste au-dessus, ils l'ont amère. Parce que eux, par rapport à cette prime Macron, ils se trouvent en fait pénalisés dans la revalorisation de leurs revenus.

Et finalement, les personnes qui ont des revenus bas, faibles ou en tous les cas trop bas, quand on regarde aujourd'hui par rapport aux contraintes pour vivre convenablement et dignement chaque jour, eh bien on voit bien qu'on a un resserrement qui crée des conflits et il faut tout faire. Mais ça, c'est un travail avec les partenaires sociaux. Avec les partenaires sociaux. Ils ont été enjambés, ignorés pendant trop longtemps. Eh bien il faut remettre les corps intermédiaires partout à leur place. Les élus, les élus locaux, les élus évidemment du Parlement et les forces syndicales et professionnelles. C'est indispensable.

C'est toutes ces personnes, tous ces acteurs qui font finalement vivre la société et qui, s'ils sont associés, évidemment ils prennent une part, ils ont envie qu'on avance. Et aujourd'hui la France, elle stagne, je dirais même qu'elle recule. C'est dangereux, ce n'est pas à la hauteur de mon ambition et de notre ambition qui est de faire de la France un pays qui retrouve à la fois le chemin de la réussite et sa fierté.

17:11
Présentateur

Votre collègue LR, rapporteur général du budget à l'Assemblée, Philippe Juvin, il n'est pas aussi là une baisse de la CSG, vous non plus ?

17:17
Locuteur non identifié

Ça fait partie des réflexions qu'il faut mettre sur la table.

17:23
Présentateur

Vous pensez à un compromis final possible sur ce budget ?

17:25
Locuteur non identifié

Il le faut. Dans l'intérêt de la France et des Français, mais pas à n'importe quel prix. Et surtout, il faut sortir du Colin Maillard budgétaire. C'est-à-dire ? Aujourd'hui, nous ne savons rien.

17:38
Présentateur

A priori, vous devriez en savoir plus aujourd'hui. On va voir quelles sont les conséquences du retard budgétaire pour les collectivités. On va en heure et loire. Bonjour Fabien Verdier, merci d'être avec nous. Vous êtes maire de Châteaudan, président du Mouvement pour le Développement des Villes de Sous-Préfecture. Fabien Verdier, le budget se fait attendre. Est-ce que cette incertitude pèse aussi sur vous, élus locaux ?

17:59
Invité

Oui, l'incertitude est forte. On nous a déjà baissé les dotations. Et nous, on rappelle que les villes sous préfectures, cette association que je préside de 235 villes, qu'on a des charges de centralité énormes. Alors, c'est Luneville, c'est Val-de-Briez, c'est Châteaudun, c'est Langon. Tout le monde vient chercher des services chez nous. La santé, souvent l'hôpital, les lycées, etc. Donc, on demande une DGF majorée depuis plusieurs années de 38%, parce que 365 jours par an, nos villes sous préfectures ont des charges de centralité énormes et tiennent la République.

18:26
Présentateur

La DGF, je le rappelle, c'est la dotation globale de fonctionnement, qui est la principale dotation aux collectivités. Un mot là-dessus, Jean-François Huchon ?

18:31
Locuteur non identifié

Monsieur le maire, d'abord, bonjour. J'ai vu que vous aviez bien révisé. Vous avez oublié tout le... Toutes les sous préfectures de la Marseille-Moselle. J'ai oublié tout le... Voilà, deux sur trois, je veux... Non, mais on a un problème, vous le savez, la DGF, c'est à enveloppe fermée. Et donc, une des difficultés aujourd'hui, c'est de reposer les ressources, le panier de ressources des collectivités locales, si ça doit être, à mon avis, l'objet du débat, du prochain débat présidentiel.

C'est dans quelle France voulons-nous vivre et dans quelle France réellement décentralisée, jusqu'où on met les poids et notamment ensuite, en fonction de l'organisation de la décentralisation, il faut permettre à ces collectivités, je dirais, d'assumer leurs fonctions. Effectivement, elles offrent un niveau assez important de services qui ne sont pas des services de première nécessité. Et ils permettent, surtout, toutes ces collectivités, permettent à la France d'avoir un cœur qui bat partout. Parce qu'on oublie souvent qu'autour de ces villes sous préfectures, on a aussi un tissu industriel qui est assez important. Pourquoi ?

Parce que ça fait longtemps que les industries ont déserté les villes. Donc, il faut faire attention de ne pas opposer les territoires.

19:47
Présentateur

Et Fabien Verdier, vous vous alertez. Alors, Châteaudin, c'est sous préfecture d'Or et Loire. Vous alertez sur l'agonie de ces villes moyennes, de ces sous préfectures. Est-ce que la République, elle a laissé tomber aujourd'hui ces sous préfectures ?

19:59
Invité

Oui, je pense qu'on peut le dire. Sur 20-30 ans, on a perdu les tribunaux, les maternités, souvent nos blocs chirurgicaux, chirurgie conventionnelle, tribunal prud'homme, etc. Parfois des sites militaires, basés à Yannes, à Châteaudin. On a perdu 3500 emplois en 30 ans. Pour une ville de 13200 habitants. Donc oui, la République, l'État, malheureusement, nous a laissé tomber. Et nous, on se bat pour se redynamiser. Monsieur le sénateur parlait très bien. Il faut remettre du PIB, il faut remettre du pouvoir d'achat. Dans nos villes moyennes, on peut avoir 13 000 euros de revenus médians par an dans ces villes sous préfectures.

Il faut remettre du PIB parce que nous, on demande, par exemple, pas forcément d'argent, 100 hectares de droits à construire pour faire de l'industrie. Si on redonne 100 hectares de droits à construire pour faire de l'industrie dans nos villes sous préfectures, on pourra redynamiser. Moi, j'ai par exemple une industrie qui s'appelle Safran. Il y a 400 salariés. On commence à avoir des salaires de plus de 1800, 2000 euros net par mois. Cette question du pouvoir d'achat est majeure pour nos habitants. Et je le redis, j'ai fait une tribune dans les échos, 70% de l'industrie française sont dans les villes de moins de 20 000 habitants. Ce sont nos villes sous préfectures, notamment.

21:03
Présentateur

Jean-François Huchon. Et aussi, est-ce que ça va avoir des conséquences politiques, notamment dans les urnes municipales, à la présidentielle ?

21:09
Locuteur non identifié

Ah ben écoutez, si le grand bazar actuel continue, ça va être violent. On ne va pas se raconter l'histoire.

21:15
Présentateur

Mais cet abandon des sous préfectures, comme le décrit Fabien Verdier ?

21:20
Locuteur non identifié

Sur le sujet de la santé, c'est très difficile parce qu'on va juste prendre le sujet des maternités. Aujourd'hui, il faut un certain nombre d'actes, on le voit, pour que le service reste performant. Il y a un rapport sénatorial qui a été rendu récemment, qui pose bien la question. Donc, il y a un travail à faire de manière collégiale. Mais ce qui me paraît important, c'est entre l'offre de services que j'appelle public et privé. Évidemment qu'il faut qu'ils évoluent. Vous regardez aujourd'hui, hier ou avant-hier, dans les centres huiles, on avait pléthore d'agences bancaires, d'assurance. Ce secteur, comme d'autres, s'organise parce que le numérique, le digital prend une place.

Mais je le redis, la création de richesses, et M. le maire vient de le dire, elle se fait autour de ces villes sous préfectures, de ces territoires, par l'industrie. Et pour ça, effectivement, il faut avoir de la disponibilité foncière, mais il faut aussi retrouver de la compétitivité économique. Parce qu'on n'est pas au pays des bisounours. Quand la Chine décide d'envoyer notre marché, on a plus de difficultés à lutter. Donc, effectivement, il faut aussi regarder et voir de quelle manière on peut réduire et restreindre ces importations qui font un mal terrible à nos économies.

22:35
Présentateur

Merci Fabien Verdier. Merci beaucoup d'avoir été avec nous, maire de Châteaudun. Et pour terminer, on va dans votre département, dans la préfecture, à Nancy. On retrouve Mickaël Demeau. Bonjour Mickaël. Merci d'être avec nous, directeur départemental de l'Est républicain en Meurthe-et-Moselle. Mickaël, on va continuer à parler réindustrialisation avec vous. Celle-ci, bas de l'aile, dans votre département.

22:57
Invité

Oui, alors je ne comprends pas qu'on puisse oublier Toul ce matin. Bonjour Jean-François Husson. Bonjour à tout le monde. Parce que Toul, on annonce ce matin une bonne nouvelle avec un gros investissement de la Poste à 80 millions d'euros. Mais à côté de ça, on a une industrie locale et internationale comme Pâme Saint-Gobain, comme Raflatak, comme Sauvab, qui montrent des signes d'agitation et peut-être même de faiblesse. Alors, est-ce que cette situation industrielle vous interpelle ?

23:26
Locuteur non identifié

Bonjour Mickaël, bien sûr. Je suis en contact avec le plus gros employeur privé du département, donc Renault Sauvab Abasi, qui a mis en place une chaîne pour le Renault Master électrique. Mais il faut savoir qu'aujourd'hui, ce nouveau véhicule électrique ne trouve pas sa place sur le marché, ce qui pose un problème. L'électrification à marche forcée, à mon avis, est un risque. Et en tous les cas, on voit que là, on est dans un goulot d'étranglement. Raflatak, je suis allé évidemment et très tôt à la rencontre de la représentation syndicale, qui est unie. Qui est unie.

Là, c'est le retrait d'une entreprise d'origine finlandaise qui souhaite ne laisser qu'une quarantaine d'emplois très actifs sur le territoire, ce qui n'est pas un bon signe, parce que dans ce bassin, c'est un bassin qui a connu la reconversion industrielle la plus exemplaire du département. Imaginez qu'à l'époque, c'était la patrie de Jacques Chérec, puisqu'il y avait les aciéris de Pompée, dont l'acier est aujourd'hui constitué notre si belle tour Eiffel. Eh bien, il y a une reconversion industrielle exemplaire et donc nous devons effectivement nous battre.

Et puis, parce qu'il faut terminer sur une bonne note, sur Toul, il y a une reconquête industrielle qui est menée de manière très intelligente par une union des acteurs locaux et notamment des collectivités avec le monde économique. Là, c'est des gens qui ont su profiter à la fois des atouts de la disponibilité foncière et de la desserte à la fois routière, fluviale et ferrée.

25:08
Présentateur

– Michael, vous avez une autre question sur l'utilisation des fonds publics.

25:12
Invité

– Oui, vous étiez hier au château d'Arouais qui est au sud de Nancy pour voir si l'argent public est bien utilisé dans le domaine culturel, enfin dans un certain domaine culturel. Alors, est-ce que demain, il va falloir faire comme Christelle Morencel, la présidente des Pays de Loire, l'a fait ces derniers mois, c'est-à-dire qu'il va falloir tailler dans un certain gras ?

25:31
Locuteur non identifié

– C'est sûr, moi j'ai l'habitude de dire, je file la métaphore sportive, je dis qu'il faut retrouver du muscle. Quand un sportif, dès qu'il arrête sa pratique, souvent, il reprend un peu de poids et il faut qu'il se remuscle pour retrouver de la puissance et de la vitalité. Oui, bien sûr, de toute façon, si vous voulez, il faut toujours faire des arbitrages. Quand la région Grand Est a décidé de déployer la fibre à l'habitant pour favoriser l'usage numérique dans tout le territoire, il a bien fallu qu'elle fasse arbitrage ailleurs. C'est l'avis de toute entreprise, c'est l'avis des collectivités, c'est évidemment ce que l'État va devoir faire.

26:12
Présentateur

– Merci Mickaël Demault, merci la une de l'Est républicain, c'est ce drame à Sarguemines, la jeune Sarah Nevant, qui a mis fin à ses jours samedi, mort de Sarah, son école sous le choc. C'est à la une de votre journal. Merci Mickaël Demault, merci beaucoup Jean-François Husson.

26:25
Locuteur non identifié

– Merci à vous.

26:26
Présentateur

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