Philippe de Villiers : "Hymne aux patriotes"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 95 %Défensif 5 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:15Philippe de VilliersFait
« la patrie c'est un domaine. Qu'est-ce donc un domaine ? Un sacrifice dit-il. celui-là seul qui aura compris ce que c'est qu'un domaine, qui lui aura sacrifié une part de soi »
- 0:30Philippe de VilliersFait
« Un domaine ce n'est pas la somme des intérêts. Là est l'erreur. Un domaine c'est la somme des dons. »
- 3:00Philippe de VilliersFait
« Heureux ceux qui sont morts dans une juste guerre. Heureux les épimurs et les blé moissonnés. »
- 7:00Philippe de VilliersFait
« Ne songez jamais à me venger. Je n'ai voulu que la paix et la liberté retrouvée pour la France. »
- 9:00Philippe de VilliersFait
« Mais si vous lui refusez d'aimer la France, sachez que vous n'y pouvez rien. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Il y a pour chacun d'entre nous dans le fort intime tout au fond la place pour des lieux allégoriques, pour des liens sacrés qui peuvent nous nous retenir de vaciller dans nos fidélités à la terre de nos pères. Il y a dans le fort intime des patries intimes. Encore faut-il aller les chercher quand on en a besoin pour qu'elle vous réconforte et qu'elle vous apporte la sérénité perdue. Et moi, ma première patrie intime, c'est la définition même de la patrie. Et la meilleure définition que j'ai jamais trouvé, elle est de Saintxupéri qui dit quelque part dans une phrase aujourd'hui oubliée la patrie c'est un domaine. Qu'est-ce donc un domaine ? Un sacrifice dit-il.
celui-là seul qui aura compris ce que c'est qu'un domaine, qui lui aura sacrifié une part de soi, qui aura lutté pour sa survie, qui aura peiné pour son pour l'embellir. Celui-là seul c'est ce qui est un domaine. Un domaine ce n'est pas la somme des intérêts. Là est l'erreur. Un domaine c'est la somme des dons. Saintxupéré la somme des dons. Et j'ai lu cette phrase quand j'avais 12 13 ans. Je la comprenais pas. Je l'ai comprise en fait un peu plus tard en allant vers une autre patrie intime. J'étais fasciné comme tous les enfants par les loups. Et un jour je suis tombé sur un loup qui était pas ordinaire.
Un loup qui n'était pas cruel, un loup apprivoisé par Alfred Devini, le grand poète, la mort du loup. C'est-à-dire en fait Alfred de Vini euh il a transformé un loup prédateur en un loup donateur. Avoir ce que l'on perd quand on quitte la terre. Seul le silence est grand, tout le reste est faiblesse. Fais énergiquement ta longue et lourde tâche dans la voix où le sort a voulu t'appeler puis après comme moi, souffre et meurt sans parler. Et par-delà le don, la somme des dons, il y a évidemment justement mourir sans parler.
Dans les patries intimes, il y a les patries charnelles Peggy et pour moi, le verre de Peggy qui reste dans mes patri dans mes patries intimes, c'est ce verre trop connu mais qu'on se répète en se disant c'est extraordinaire parce qu'il fait des verrs comme il rempaille des chaises. Heureux ceux qui sont morts car ils sont retournés dans la première argile, la première terre. Heureux ceux qui sont morts dans une juste guerre. Heureux les épimurs et les blé moissonnés. Les épisurs, les blé moissonnés. Qu'est-ce qu'un épiur ? C'est un héros sacrifié qui s'est sacrifié pour la France. Et là, il y a une autre patrie intime qui m'est cher.
J'ai la photocopie chez moi que je lis souvent dans mon tireurir gauche. C'est la dernière lettre d'un héros de la résistance, un héros français qui s'appelle Honoré Destendor, c'est la dernière lettre à ses enfants. Il est à Freine en prison. C'est la veille de son exécution, on vient de le prévenir. Et dans la nuit qui précède l'exécution, il décrit à ses enfants et il leur dit ceci, c'est sublime. Mais chers enfants, il me faut maintenant penser à dormir un peu. C'est demain matin. Ne songez jamais à me venger. Je n'ai voulu que la paix et la liberté retrouvée pour la France. Dites-leur, dites-leur que je meur pour elle et que j'espère que mon sacrifice servira à la France.
Je vous embrasse mes chers enfants avec ma tendresse chérie, honoré Destien d'Or, votre papa. Et cette patrie intime me fait penser à l'autre bout du maqui, dans le même maqui, quelqu'un qui pense différemment mais qui aime la France de la même manière. Aragon avec ce mot que je répète souvent, vous pouvez condamner un poète au silence et faire d'un oiseau du ciel galérien. Mais si vous lui refusez d'aimer la France, sachez que vous n'y pouvez rien. Et puis la patrie intime que je cultive lorsque je marche dans la nature, dans la campagne et j'invite tous les enfants à faire de même. On a des milliards de français sous nos parents qu'on a oublié.
et celui qui a le mieux euh repris cette idée de de la terre féconde de la terre qui féconde la mémoire, c'est Benjamin Fondane, mort à Auschwitz et qui a laissé un poème qui est arrivé jusqu'à sa famille et jusqu'à nous. C'est à vous que je parle, homme des antipodes. Je parle d'homme à homme avec le peu en moi qui demeure de l'homme, avec le peu de voix qui me reste au grosier. Un jour viendra, c'est sûr, de la soif apaisée. Nous serons au-delà du souvenir. Alors, sachez que j'avais un visage comme vous, une bouche qui priait comme vous. Quand une poussière au bien un song, j'entrais dans l'œil, il écoulait un peu de sel.
Et quand une épine mauvaise et gratinait ma peau, il coulait un son aussi rouge que l'autre. Et quand je serai sous vos pieds, un bouquet d'orti, souvenez-vous mortel de ce jour-là, que j'étais innocent et que j'avais comme vous un visage marqué par la colère. par la pitié, par la joie, un visage d'homme tout simplement.
Philippe de Villiers