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interviewCNEWS· 4 mai 2026

La grande interview : Sarah Knafo

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Et notre invitée ce matin dans la grande interview sur CNews et sur Europe 1, c'est Sarah Knafow. Bonjour ! Bonjour Laurence Carreau.

Eurodéputée Reconquête, un mot d'abord de cette rêve partie dans les environs de Bourges, qui a réuni jusqu'à ce matin des milliers de jeunes fêtards sur un site militaire dangereux. Il y a des obus qui ont été découverts sur le site. Est-ce qu'il est temps de faire respecter la loi ?

Laurent Nounia, ministre de l'Interleur, veut mieux réprimer ces fêtes sauvages, créer un délit pour ceux qui y participent. Il est temps ? Bien sûr qu'il est temps, cela va sans dire.

Ce qui a été très étonnant ces dernières heures, c'est de voir à quel point la gauche, quand il s'agissait de cette rêve partie, de ces jeunes gens qu'on voyait antifascistes, parfois détenteurs de stupéfiants, donc on ne parle pas d'enfants de cœur, de dire que c'était seulement des jeunes qui font la fête. Et quand on voit le traitement qu'ils avaient eu du canon français, vous avez vu ces images magnifiques d'ailleurs, de banquets avec des gens qui chantent, qui ont des bérets. Alors là, ça les choque, ça les dérange.

En revanche, quand ce sont des gens qui dansent sur les obus...

Ça c'est fasciste, mais pas les rêves parties. Exactement. Alors ce qui est fasciste, c'est de boire des coups entre amis en chantant des chansons.

Mais en revanche, ce qui est positif, c'est de danser sur des obus, dans l'irrespect total de la loi, sur un terrain qui ne leur appartient pas, d'ailleurs dangereux de ce qu'on entend. Donc ce deux poids de mesure, j'avoue qu'il est assez insupportable. Il y aurait une bonne manière de faire la fête.

Manon Aubry dit, ce sont seulement des jeunes qui font la fête. Moi, quand je vois, on voit les images. Quand je vois des jeunes gens qui ont des stupéfiants, qui dansent sur des obus, le symbole est terrible d'ailleurs.

On voit bien que c'est une génération qui ne respecte rien, ces gens-là. Il suffit de voir les images. En tout cas, oui, évidemment qu'il faut faire respecter la loi.

Alors créer un délit, éventuellement infliger des peines de prison, dont on sait évidemment qu'elles ne seront pas mises en application ? Il faudrait qu'elles soient mises en application. C'est un problème de l'accès judiciaire plus global.

Mais quand on voit qu'organiser une rêve-partie avec de la drogue sur un lieu militaire, c'est passible seulement de 1 500 euros d'amende. Excusez-moi, justement, je pense que pour les gens qui écoutent et qui se disent « Nous, quand on fait un dépassement de vitesse, déjà, on peut risquer de perdre notre permis, donc de perdre notre travail. » Quand on tient certains propos, on voit que la liberté d'expression est mise à mal en France.

On peut risquer jusqu'à 10 000 euros d'amende. Donc là, de se dire que c'est 1 500 euros pour ce délit-là, il y a quand même de quoi se dire que parfois l'État est impitoyable avec les honnêtes gens, est très laxiste avec ceux qui violent la loi. Manon Aubry, qui donc estime qu'on criminalise la fête, estime que Sébastien Lecornu est un délinquant, puisqu'il a appelé le 1er mai un boulanger qui avait reçu des amendes de la part des inspecteurs du travail.

Est-ce qu'encore une fois, il faut un peu raison garder, notamment sur la question du travail du 1er mai ? Il faut absolument raison garder. Alors sur cette question du 1er mai, on peut se dire qu'en effet, le problème est dans nos lois et qu'il faut les changer.

Je trouve ça aberrant de criminaliser le travail à ce point. Là, on en vient à un deuxième sujet, qui est le fait que pour le 1er mai, là encore, on doit payer une amende si on travaille, alors même que des gens, des Français, voudraient travailler, voudraient être payés double le 1er mai, pouvoir travailler ce jour-là, avec l'espoir, pourquoi pas, de s'enrichir, de pouvoir ensuite partir avec sa famille pour le 8 mai, de faire une sortie pour l'ascension, que sais-je, en tout cas être libre de pouvoir travailler. Je trouve ça aberrant qu'on criminalise le travail, alors même que notre pays a besoin de plus d'heures travaillées, que notre seule richesse, c'est le travail des Français.

Est-ce qu'on ne travaille pas assez, les Français ? Alors, collectivement, si on regarde le nombre d'heures travaillées en France, on s'aperçoit qu'il y a un nombre d'heures qui est inférieur à celui, par exemple, de l'Allemagne, mais pour une raison simple, je vais peut-être surprendre, je pense qu'il n'y a pas d'assisté en France. Il n'y a pas de fainéant.

Il n'y a pas d'assisté. Il y a un système vicié qui a créé du vice dans un pays qui n'en avait pas. Je m'explique.

Les Français sont historiquement un peuple de travailleurs. Aujourd'hui, on en parle en disant qu'ils ne travaillent pas assez, ils ne font pas assez ceci, ils ne font pas assez cela. C'est historiquement un peuple de travailleurs qui a bâti des cathédrales, qui a travaillé dans des mines, qui a fondé une industrie merveilleuse.

Comment est-ce que ce peuple-là, aussi travailleur, en vient aux statistiques qu'on pourrait donner ? C'est un système social où, quand vous êtes rationnel, vous vous dites, est-ce que je vais me lever le matin, faire un petit boulot, avoir un patron, avoir des contraintes, avoir des horaires ? Est-ce que je gagne la même chose si finalement je reste chez moi ?

Dans un système qui favorise à ce point l'inactivité, les gens sont rationnels. C'est ce système-là qu'il faut changer. Il ne faut pas culpabiliser les gens, il ne faut pas les criminaliser, au contraire.

Donc on leur retire les prestations sociales ? Il ne faut pas retirer les prestations sociales, il faut rendre le travail attractif. Il faut baisser les charges sur le travail massivement.

Il faut que le travail paye davantage. C'est le moyen par lequel, pour chacun, chacun va se dire, l'objectif, c'est de gagner ma vie, de m'enrichir, j'y arriverai par le travail beaucoup mieux que par l'inactivité. Une fois qu'on aura réussi ça, on changera totalement de modèle et à partir de là, on arrêtera les discours culpabilisateurs pour prener plutôt un discours d'enrichissement.

Alors comment est-ce qu'on baisse les charges sur le travail ? Comment est-ce qu'on fait que le travail paye mieux ? La différence entre le brut et le net, chacun le constate sur sa feuille de paye.

Il n'y a pas de anti-solution. Quand on regarde les patrons qui payent beaucoup, ils ont le sentiment d'avoir une masse salariale qui est très importante, et ils ont raison, en France la masse salariale est importante, versus le salarié qui reçoit trop peu sur son compte en banque. Là on voit un écart majeur entre le salaire qui est versé par le patron et le salaire qui est reçu par le salarié.

Il faut réduire cet écart. C'est-à-dire qu'il faut que chacun puisse gagner plus, que les salaires augmentent en France, mais pas en faisant porter une charge supplémentaire sur le patron. Alors comment ?

Il y a une solution. D'abord, c'est de comprendre que le pouvoir d'achat, ce n'est pas l'argent que l'État donne, mais l'argent qu'il ne prend pas. À partir de là, une fois qu'on a intégré ça, il faut se dire qu'il faut baisser tous les poids qui pèsent sur la richesse qu'on a créée.

Donc baisser les charges. Pour cela, il faut baisser les dépenses. Sociales et patronales.

Baisser les dépenses. Pour pouvoir baisser les impôts, pour que les Français puissent gagner plus. Il faut un plan de baisse de dépenses qui soit massif, qui nous permette ensuite de baisser les impôts.

Il faut au minimum 170 milliards de baisse de dépenses par an. Pourquoi ? Parce que c'est l'ampleur du déficit.

Avec cet argent qu'on aura retrouvé, qu'on aura économisé. Je vous donne quelques exemples. Quand même, j'ai beaucoup parlé de l'aide publique au développement.

C'est 15 milliards d'euros qu'on pourrait économiser chaque année. On peut parler du soutien aux éoliennes et peut-être qu'on y reviendra sur l'actualité en Iran et dans le détroit d'Hormuz. 8 milliards d'euros chaque année de soutien public à l'éolien.

Ça, il faut évidemment revenir dessus parce qu'en plus, ça pénalise notre outil nucléaire. Il y a un nombre de fonctionnaires qui explose en France. On a pris plus d'un million de fonctionnaires depuis les années 2000.

Je pense que si on demande aux Français est-ce qu'ils ont constaté une amélioration du service public, ils répondront non seulement non, mais ils répondront c'est pire. Donc on se rend compte qu'avec plus des mondes...

Ils veulent plus d'efficacité à l'enseignement. Je vais vous apprendre un scoop. En France, même les fonctionnaires pensent qu'il y a trop de fonctionnaires.

Un sondage qui montrait que 52% des fonctionnaires estimaient qu'il y avait trop de fonctionnaires. Donc il faut moins de fonctionnaires. Comment est-ce qu'on fait ça ?

Parce que ça peut amener 40 milliards d'économies par an, c'est quand même colossal. Comment est-ce qu'on fait ça ? Il ne s'agit pas de faire de la casse sociale, de mettre les gens au chômage, de les culpabiliser.

Ce n'est pas de la faute des fonctionnaires. Encore une fois, si le système est celui qu'il est, c'est de la faute de ce système. Comment est-ce qu'on fait ?

Vous regardez, dans toute administration, ce qu'on appelle le turnover naturel. C'est-à-dire combien de personnes partent naturellement de la vie. On ne remplace pas.

Exactement. Un départ sur deux. Ou alors ceux qui partent à la retraite, ceux qui démissionnent, ceux qui changent de poste, c'est 500 000 par an, en moyenne.

Sur ces 500 000, vous dites plus qu'un sur deux quand même, vous dites l'écrasante majorité des postes dont on juge qu'ils ne sont plus prioritaires pour l'État, qu'ils ne correspondent pas à un service public rendu aux Français, on ne les remplace pas. Et là, vous avez, en quelques années, très rapidement, un rythme de baisse du nombre de fonctionnaires importants qui permet d'aller jusqu'à 40 milliards d'économies par an. Une fois qu'on a fait toutes ces économies, je pourrais encore en citer plein, j'invite les gens à aller regarder, j'ai publié un plan d'économie, on n'aura pas le temps.

Une fois qu'on a fait toutes ces économies, on les utilise pour baisser les impôts. Il y a deux méthodes pour utiliser ces économies, soit la méthode FMI, qui consiste à dire, on va utiliser tout cet argent uniquement pour rembourser les créanciers, ce qu'il faudra faire un jour, ou alors une méthode qu'on pourrait qualifier de méthode Milley, mais qu'en réalité, on avait utilisé en France avec RUEF, qui consiste à utiliser ces économies pour baisser immédiatement les impôts. C'est celle que je préfère parce qu'elle relance l'économie, qu'elle recrée de la confiance, qu'elle donne envie de travailler et de s'enrichir.

Mais vous ne m'avez pas répondu sur la durée du temps de travail. Est-ce que les Français travaillent assez ? Est-ce qu'il faut augmenter la durée du temps de travail ou pas ?

Alors, je vous ai répondu sur ça. On revient sur les 35 heures. On travaille trop peu, mais il faut bien avoir en tête qu'il ne faut pas culpabiliser les Français sur ça.

Pour les 35 heures, je trouve ça absurde que l'État fixe une norme une fois pour toutes pour 40 millions d'actifs. Donc oui, il faudrait plutôt négocier par branche. Chaque branche sait de quoi elle a besoin.

Et on abandonne le totem des 35 heures. Absolument. Le pouvoir d'achat, vous l'avez évoqué à travers le détroit d'Hormuz.

Donald Trump lance une opération pour débloquer ce détroit d'Hormuz. Mais évidemment, il y a un risque de pénurie de carburant qui augmente. Plus le gouvernement nous dit qu'il n'y aura pas de pénurie, et plus on a de chances d'y croire.

Alors, quand on se souvient du Covid, malheureusement, on sait qu'on ne peut plus avoir une grande confiance dans la parole publique de ce gouvernement, qu'à l'ère d'Emmanuel Macron, on a le sentiment quand même que la communication dépasse la vérité. Donc, on ne va pas se fier à ce que dit le gouvernement. On va peut-être regarder quelques faits.

Premièrement, on remarque bien que nous n'avons pas la main, aujourd'hui, sur le cours mondial du pétrole. Oui, ça c'est clair. Ça, c'est un fait.

On n'a pas la main sur ça, mais en revanche, on a la main sur notre vulnérabilité à ce cours du pétrole. La question est de savoir, qu'est-ce qu'on peut faire aujourd'hui ? Un, pour éviter les faillites.

Deux, pour protéger le pouvoir d'achat des Français. Si vous regardez, sur 100 euros d'essence, vous versez 60 euros à l'État en taxes. Donc, chaque personne qui a 100 euros d'essence, évidemment, on baisse les taxes.

On baisse avec la méthode que je vous ai dit tout à l'heure. C'est-à-dire, on baisse les dépenses. Comme le nom de le Rassemblement National.

Alors, le Rassemblement National propose la baisse de la TVA, ce qui est une mesure qui est inutile pour les entreprises, puisque les entreprises, on leur reverse la TVA, donc elle est transparente pour elles. Elle n'empêchera ni les faillites et elle n'améliorera pas la compétitivité. En revanche, l'Axis, l'ex-TICPE, est payée à la fois par les particuliers et par les entreprises.

C'est la mesure que nous proposons, nous, chez Reconquête. Donc, elle coûte 12 milliards d'euros. C'est pour ça qu'il faut un plan d'économie massif, je le disais tout à l'heure.

Mais elle rend immédiatement de l'argent aux Français. Donc là, il s'agit de dire que, sur un plein d'essence, vous allez économiser. J'invite chaque personne qui nous regarde à aller sur combienjegagne.fr.

Sur ce site internet, vous mettez quel véhicule vous avez, quel est votre transport, combien de kilomètres vous faites chaque jour, et on vous dit combien vous allez économiser grâce à cette mesure. C'est une mesure qui serait rapide, qui ne nécessite pas de fonctionnaires pour la mettre en place. Peut-être que vous allez me parler des aides ciblées du gouvernement, parce que c'est ce que le gouvernement propose.

Il nous dit, alors non...

C'est suffisant ? C'est pas suffisant ? Les Français disent qu'évidemment, ça ne leur suffit pas.

C'est loin de leur dire. C'est pire qu'insuffisant, c'est nuisible. Je vais m'expliquer.

Quand vous voulez donner une aide, par exemple, on a aujourd'hui des aides au BTP, etc. Quand vous voulez donner une aide, vous allez prendre dans la poche droite de quelqu'un 100 euros pour lui reverser, ensuite dans sa poche gauche. Mais entre-temps, avant de lui reverser...

C'est le surplus de ce qu'ils ont gagné sur les taxes sur le carburant. Pour lui reverser, donc imaginons, vous prenez dans la poche droite 100 euros et vous voulez reverser dans une aide directe dans la poche gauche. Entre-temps, vous allez devoir payer des fonctionnaires pour voir si la personne est éligible.

Vous allez fixer des règles complexes, la personne va se demander si elle peut y avoir droit. D'ailleurs, je ne sais pas si vous avez regardé sur le site des aides directes, vous avez un sommaire en 13 points. Ça fait 28 pages, c'est d'une complexité sans nom.

Vous allez donc devoir payer les fonctionnaires qui vont vérifier si vous êtes éligible, puis les fonctionnaires qui vont vérifier si vous n'avez pas fraudé. Vous allez avoir des frais de gestion énormes. Et donc, sur ces 100 euros que vous avez pris dans la poche droite, finalement, vous n'allez rendre quoi ? 60 ? 80 ?

Ça dépend de combien ? Comment c'est géré ? Je propose une chose simple.

On va baisser les taxes, ils sauront quoi faire de leur argent. Donc, on baisse l'axe sur les carburants, ça fait tout de suite du pouvoir d'achat et ça empêche les faillites d'entreprises. Il y a beaucoup de choses qui se passent dans l'actualité politique.

Sarah Knafo, Jean-Luc Mélenchon s'est déclaré hier soir. Il a confirmé que son camp était prêt à partir en campagne. Nous, c'est carré, il y a une équipe, un programme, un seul candidat.

Ils sont les mieux préparés à gauche, la France Insoumise ? Écoutez, pour ce qui concerne la gauche, manifestement, ils sont ceux qui ont un projet très clair. Pour ce qui concerne la droite, je pense qu'en face, nous, chez Reconquête, nous sommes ceux qui avons le projet le plus clair parce que je considère que Jean-Luc Mélenchon, c'est l'opposé de nous en tout point.

C'est votre adversaire ? Totalement, d'un point. Et c'est ce qu'on dit chez Reconquête depuis 2021 déjà.

Donc, Jean-Luc Mélenchon, d'un point de vue économique, je l'ai entendu hier, la seule mesure qu'il a défendue, c'est le blocage des prix de Venezuela. Donc, lui, c'est le modèle Maduro, on a compris. Il veut bloquer les prix, il veut une économie communiste, il veut tout prendre.

On a aussi compris, au moment de la taxe Zuckman, à quel point la gauche pouvait aller loin dans la violation du droit de propriété. Vous vous souvenez, comme moi, de Piketty qui disait « on les arrêtera à l'aéroport s'ils ne veulent pas payer la taxe Zuckman ». C'est dans le programme encore socialiste.

On sent la machine communiste qui se met en route, comme on l'a toujours vu dans tous les pays où le communisme l'a emporté. Donc, oui, il y a un danger majeur. Sur ce point-là, économique, on est leurs meilleurs adversaires.

Sur le plan régalien, je ne vous fais pas un dessin, quand Jean-Luc Mélenchon parle de Nouvelle-France, il s'oppose aussi à Éric Zemmour qui parle de grand remplacement, lui en prônant le grand remplacement. Mais en ne se l'appliquant pas, il ne se l'applique pas lui-même. Exactement, exactement.

D'ailleurs, ce sera peut-être intéressant de voir aussi, pendant la campagne, si Jean-Luc Mélenchon sera légitime aux yeux de tous ses soutiens. Ou si, à l'inverse, on se dira déjà que lui-même, finalement, est trop de l'ancien monde et qu'il devrait être grand remplacé lui aussi, quoi qu'il en soit. Lors des échéances qui vont venir, on verra qui s'oppose frontalement à ce concept de Nouvelle-France et à ce communisme qui renaît par la voix de Jean-Luc Mélenchon, nous, on sera au rendez-vous pour nous y ouvrir.

Mais votre théorie, c'est que la gauche finira par se rallier à Jean-Luc Mélenchon, c'est ça ? Quel que soit le cas de figure ? Je n'ai pas de boule de cristal, mais généralement, ce qu'on a vu lors de ces dernières élections, c'était que Jean-Luc Mélenchon arrivait à rallier à lui, par l'effet du vote utile, les autres électeurs d'autres parties de gauche.

Pourtant, pour l'instant, dans tous les intentions de sondage, notamment un dernier sondage, Harris Interactive, c'est le Rassemblement national, que ce soit avec Marine Le Pen ou Jordan Mardiella, qui arrivent largement en tête dans les intentions de vote. L'ERN peut remporter la présidentielle, selon vous, Sarah Tafo ? Encore une fois, je n'ai pas de boule de cristal.

En revanche, ce qu'on a vu, c'est que tout ce qui se passait un an avant était très souvent démenti par l'élection qui est arrivée un an plus tard. Je vais citer quelqu'un que je n'aime pas beaucoup, mais on va le citer quand même parce que c'est important dans notre vie politique. En 2017, à la même période, Emmanuel Macron n'était même pas testé dans les sondages.

Quand il a été testé en septembre, il était à 6%. Ça vous rappellera peut-être aujourd'hui le score d'Éric Zemmour dans les mêmes sondages. Absolument.

La seule chose qu'on peut conclure, c'est qu'aujourd'hui, personne ne peut rien prévoir. On a déjà vu des gens qui étaient très hauts dans les sondages un an avant, qui se sont effondrés par l'effet d'une campagne. Je crois qu'on a cette chance en France d'avoir cette élection présidentielle qui a un pouvoir révolutionnaire énorme.

C'est-à-dire que soudain, les Français sont de nouveau révolutionnaires. Prenez la révolution. Elle peut révolutionner la vie politique.

Et tous les cinq ans, les Français sont de nouveau disponibles pour reconsidérer leur choix, écouter les programmes, se demander quel nœud est-ce qu'il faut trancher pour le pays pour les cinq années qui viennent. Donc moi, je crois beaucoup dans la surprise qu'on pourra connaître l'année prochaine. Et pour l'instant, c'est Éric Zemmour qui est bien le candidat à 2027, ce n'est pas vous.

Absolument. Alors, je ne veux pas déclarer sa candidature à sa place. Vous venez de le faire quand même.

Je me contente de dire que j'espère que ce sera lui. Une consultation, vous avez lancé une consultation des Français en ligne pour faire quoi ? Pour prendre les bonnes idées ?

Vous en avez ? Vous avez besoin de nourrir ça avec la réflexion des Français ? Alors, j'en ai, mais je n'oppose pas les bonnes idées que je peux avoir.

Les experts qui m'entourent, on a des équipes extraordinaires chez Reconquête qui travaillent sur le programme, et la nécessité de repartir des Français, de repartir des besoins des gens, et aussi l'inventivité de ce peuple français magnifique. Quand je vois ce qui me remonte, alors j'ai lancé cette consultation la semaine dernière avec Reconquête, il y a déjà 250 000 vues sur le site, il y a 3 000 contributions, il y a 9 000 Français qui ont voté sur des mesures, parce que vous soumettez des mesures sur leprogramme-pour-la-france.fr, et ensuite les gens votent, et on voit ce qui remonte.

Vous réinventez la démocratie participative de Ségolène Royal, Sarah Gnafo ? Alors, j'espère que la démocratie participative n'appartient pas à Ségolène Royal. En tout cas, vous avez raison, à droite, c'est rarissime, y compris à gauche, en réalité, ils n'écoutent pas vraiment le peuple français, ça se verrait sinon, mais vous avez raison, en politique, c'est rarissime de repartir des Français.

Moi, c'est ce que je veux faire, donc je ne demande pas aux Français de faire mon travail à ma place. En revanche, ce que je leur dis, c'est donnez-nous vos bonnes idées, donnez-nous vos problèmes, donnez-nous vos solutions. Nous, on va tout expertiser ensuite avec nos équipes chez Reconquête, on va expertiser ce que vous nous avez donné, on va le chiffrer, on va voir si juridiquement c'est faisable, avec quelle méthode, et ensuite les meilleures idées, on les intègrera à notre programme.

Deux questions pour terminer. Est-ce que vous êtes maboule, Sarah Gnafo ? Est-ce que vous faites partie de ceux qu'Emmanuel Macron a visés, en parlant de ceux qui veulent se fâcher et avoir un dialogue ferme avec l'Algérie ?

Alors manifestement, les maboules sont ceux qui défendent l'intérêt français face à l'Algérie, donc je préfère faire partie des maboules que des soumis. Et vous imaginez dans quelle catégorie je mets Emmanuel Macron. Je ne suis pas maboule, mais je sais compter.

Et quand je vois ce que l'Algérie nous coûte, à savoir près de 9 milliards d'euros par an, là je me dis qu'en revanche...

Vous agrégez beaucoup de chiffres pour arriver à ce chiffre de 9 milliards. Absolument. Si vous voulez, je peux vous dire les chiffres que j'agrège sur ce que l'Algérie nous coûte.

Mais oui, absolument. Il y a par exemple 136 millions d'aides publiques au développement qu'on a versées en 2023. Ça, c'était la réponse écrite du ministre des Affaires étrangères au journal officiel. 45 millions de factures d'impayés dans les hôpitaux par les dignitaires algériens.

Donc ça, c'est pour le seul APHP. 880 millions de fraudes aux pensions de retraite. C'est une enquête qui avait été menée qui montrait qu'il y avait 80% de fraudes sur des pensions versées parfois à des gens qui n'existent plus, des centenaires en Algérie.

Vous avez 2 milliards de manques à gagner fiscales par ce qui est envoyé. Donc ça, c'est d'après la Banque mondiale, c'est les transferts de fonds en Algérie. Vous avez 380 millions d'euros pour les étudiants algériens d'après Campus France par an.

Vous avez 1,6 milliard d'aides sociales aux personnes de nationalité algérienne. 1,5 milliard d'euros en logements sociaux avec 49% des Algériens qui vivent en HLM d'après l'INSEE. 260 millions pour les clandestins.

Je finis juste sur ce chiffre. 260 millions pour les clandestins et 2,2 milliards pour la délinquance algérienne. Tous ces chiffres qui ont été construits à partir de données officielles avec l'INSEE, avec l'administration pénitentiaire et le ministère de l'Intérieur.

Au total, c'est 9 milliards d'euros par an. Ça, ce n'est pas une opinion, c'est une addition. Donc la première des choses à se dire, c'est qu'on ne leur doit plus rien.

Ça nous coûte déjà 9 milliards d'euros par an. Il faut arrêter avec cette culpabilité. Non, on n'est pas maboule parce qu'on dit que le peuple français doit être respecté.

Ce n'est pas une insulte vis-à-vis du peuple algérien, aucunement. C'est simplement de la dignité pour notre peuple, le peuple français. Donc à partir de maintenant, on se dit qu'il faut divorcer pour de bon, qu'il faut qu'ils reprennent leurs ressortissants, les OQTF.

On a des moyens de pression qui sont colossaux. C'est un pays qui nous coûte déjà beaucoup. Et j'aimerais juste finir sur cette phrase.

On est censé avoir divorcé avec l'Algérie en 1962, sauf que le problème, c'est que c'est nous qui avons eu la garde des enfants et qui continuons de payer la pension alimentaire. Là, il y a comme un problème qu'il va falloir résoudre pour la dignité du peuple français. Dernière question, Sarah Knafo, le rapport à l'oncle sur l'audiovisuel public est publié aujourd'hui.

Il y en a déjà des extraits dans le Figaro. Est-ce que vous êtes d'accord avec toutes les mesures préconisées par le rapporteur ? Économiser un milliard d'euros, supprimer le nombre de radio et de télé, réduire le budget des jeux et des divertissements, s'assurer de l'impartialité des journalistes du service public.

Tout vous va, vous prenez tout ? D'abord, je veux féliciter Charles pour cette excellente commission d'enquête qui a permis de voir au grand jour parfois l'impunité dont certains se croyaient bénéficiaires. Deuxième chose, je suis d'accord qu'il faut aller dans ce sens-là.

En revanche, à mes yeux, l'audiovisuel public, ce n'est pas un problème de gestion, c'est un problème de raison d'être, un problème d'existence. À mes yeux, il ne faut pas seulement qu'ils dépensent mieux, il faut qu'ils n'existent plus du tout, il faut les privatiser. Il faut les anéantir ?

C'est un grand mot. France 2 existera toujours, vous aurez toujours les chaînes, elles seront privatisées. Quand on a privatisé TF1, la première chaîne, c'est devenu le groupe TF1 qui a eu encore plus de succès que quand il était dans l'escarcelle publique, qui est devenu bénéficiaire en trois ans.

Ça a permis à l'État de gagner beaucoup par la vente, puis par les recettes. Que de service public pour vous ? Que de service public, de l'audiovisuel.

L'audiovisuel public, ça a été créé dans un bien patrimonial français ? Absolument pas, au contraire, c'est devenu même le contraire d'ailleurs. Mais quand on a créé l'audiovisuel public, c'était à un moment où seul l'État avait la capacité d'investissement nécessaire pour créer des chaînes.

Aujourd'hui, n'importe qui peut créer sa chaîne avec son téléphone et son ordinateur en créant une chaîne sur YouTube. Donc on n'est plus du tout à une période où ça nécessite autant d'investissements publics. La raison d'être économique a disparu.

Par ailleurs, quand on regarde l'État français, les moyens dont on dispose, le fait que certains militaires doivent se payer leurs équipements eux-mêmes, et ça c'est beaucoup revenu dans la consultation, que les policiers vivent dans des commissariats insalubres, on se dit peut-être qu'on a un État qui priorise mal ses services, qui priorise mal le service qu'il doit rendre à sa population. Moi, je considère que le rôle de l'État n'est pas de financer Taratata ou Fort Boyard. Ou les grands documentaires historiques, ça c'est à mission de service public.

Vous avez des documentaires historiques qui sont sur d'autres chaînes. Alors en revanche, si on veut une programmation culturelle, musicale, là vous n'allez pas me dire que sur France 2, il y a des concerts filharmoniques à 20h, et que ça joue des tragédies grecques. Non, j'ai pas fait sur France 2.

Donc si on veut ça, vous avez ce qu'on appelle un cahier des charges. L'État peut fixer au repreneur un cahier des charges et lui dire par exemple, on voudrait qu'il y ait deux heures d'émissions philosophiques, deux heures régionales, culturelles. On peut fixer ça.

D'ailleurs, l'État s'est le fait à respecter parce que vous vous souvenez qu'on a quand même interdit C8 en prétextant que C8 ne respectait pas son cahier des charges. Donc il y a un pouvoir contraignant. Ça, on peut le garder.

On aura un...

Donc on garde un service public ? Ce n'est pas un service public, c'est un cahier des charges. C8, ça n'était pas un service public.

Et pourtant, C8 avait un cahier des charges. Donc on peut fixer un cahier des charges au repreneur. Comme ça, on aura les émissions dont on parle et qu'on considère d'intérêt général.

Pas de problème. En revanche, ce ne sera plus avec l'argent public qu'on pourra financer des émissions d'audiovisuel. Quand on regarde la différence entre TF1 et France 2, sincèrement, c'est difficile de la regarder.

Si on voyait les deux gris, on pourrait se demander si l'un n'était pas l'une. Donc on voit bien que sur France 2, ils ont des émissions classiques qu'on retrouverait sur une chaîne privée. Ça n'a pas de sens de financer ça avec de l'argent public.

Donc je suis pour la privatisation. Ça n'est pas qu'un problème de gestion. Sarah Knafou était notre invitée.

Merci beaucoup aux députés reconquêtes. Bonne journée à vous. Merci beaucoup.

Merci.