Conférence de Jean-Luc Mélenchon au Salon international du livre à Turin
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Donc Jean-Luc Camel Anchon, vous le connaissez certainement, il a été candidat h trois fois pour les élections présidentielles en France. Il est leader de la France insoumise, c'est la gauche radicale française qui pour les chiffres est la gauche radicale la plus forte en Europe. Jean-Luc lors des dernières présidentielles de 2022 a frôé pour quelques voix le deuxème tour des présidentiels et j'ai regardé les chiffres tout à l'heure. s'il avait pris la moitié des voies qui sont allées au candidat du parti communiste française à l'époque avec qui après peu il a fait il s'est allié et ça arrêté lui à être disons l'autre l'autre disons candidat avec Macron pour le ballotage.
Il nous dira s'il le veut bien, il nous dira si il a l'intention de candider de faire candidat la prochaine fois aussi. Ce n'est pas pour cela qu'il était qu'il est ici. Il est ici en sa qualité de essayiste.
Ce livre Ribella TV en italien fait mieux en français c'est un essai de théorie politique, un essai qui est aussi une invitation à l'action comme il le dit. Et donc on commence de ce point-là. C'est un essai par lequel Jean-Luc s'adresse au sujet révolutionnaire.
Et bien ce sujet, il le décrit comme le nomme comme peuple. Donc ma question est la suivante. On ne comprend pas, il n'y a pas des catégories classiques dans lesquelles sujet peuple s'identifie et il ne fait pas de différence de distinction à l'intérêt du peuple entre salariés et patrons, mais la distinction que fait Jean-Luc est entre l'élite et le peuple, entre l'oligarchie et le peuple.
Je vais lui donner la parole pour commencer de ce point là de cette définition. Pourquoi et qu'est-ce que c'est que ce peuple qui est le sujet le sujet révolutionnaire d'après sa proposition ? Et je mets les écouteurs.
Merci. Bonjour tout le monde. Comme je vois peu de casque, j'en déduis qu'il y a beaucoup de francophones.
Oui. Non. Lever la main que je vois à peu près où j'en suis.
Ah oui quand même. Bon, merci pour votre invitation et aussi pour cette question. Je rêvais de pouvoir discuter du contenu théorique de ce livre.
Ce livre est un livre de théorie politique. Il concentre les enseignements politiques que j'ai rassemblé au cours de ma longue vie, mais de la période plus récente, c'est-à-dire depuis la chute de l'URSS et la montée des révolutions citoyennes en Amérique du Sud et dans le Maghreb. et par extension toutes les séquences révolutionnaires qui ont eu lieu dans plusieurs pays.
Le livre donc consacre d'importantes parties à la description et à l'analyse des processus de révolution citoyenne. Je dois vous dire que on a arrêté à un moment donné, on en était à la 29e révolution qu'on étudiait, on a dit "On arrête de travailler, on est en train de faire le boulot de la CIA, c'est-à-dire d'analyser comment les révolutions ont lieu. Les révolutions sont des processus.
Et la question qui m'est posée à l'instant sur le peuple, je la comprends. Je suis content de pouvoir y répondre parce qu'hélas ces concepts théoriques ne sont plus tellement évoqués. ne parlons pas dans les médias qui sont peuplés assez majoritairement d'ignorants, mais même dans la semaine politique où il y a de très nombreux, j'ai qualifié ça, poul d'élevage, c'est-à-dire des gens qui choisissent des carrières politiques mais n'ont aucune pensée théorique sur le sujet.
Le peuple est un mot pour être honnête qui n'est pas adapté à ma description la définition qu'on en a, c'est celle du 19e siècle. C'est la population qui fait de la politique. Alors il y a là tout le monde n'importe qui et ça donne ta question où tu me dis "Ah mais tu mets dans le même sac des employeurs et des employés, ça c'est une relation sociale, des précaires et des gens protégés, ça c'est une relation juridique.
Bref, c'est un sac. Alors il faut venir à l'origine. Je suis de culture marxiste.
J'évite de le dire parce que sinon après on passe 2 heures à expliquer quel genre de marxiste on est. disons le matérialisme euh historique. Dans le marxisme, le concept de classe n'est pas un en soi, c'est une relation sociale, une relation sociale de domination d'une catégorie sur une autre.
Celle qui est dominée et exploitée l'est parce qu'elle produit gratuitement de la richesse que l'employeur s'approprie. Voilà, c'est donc une relation sociale basée sur la domination. et l'exploitation.
Dans la conception que je développe, le peuple est un agrégat social. De ce point de vue, tu as raison. Mais ce n'est pas un agrégat social défini par autre chose que par une relation de domination et d'exploitation.
Je centralise dans la vie contemporaine les faits nouveaux qui modifient la nature du processus d'accumulation capitaliste. Au moment où Marc s'écrit, le processus est concentré dans la production de la richesse et le travail gratuit. Il y a encore des paysans très grand nombre, il y a des artisans très grand nombre et cetera.
Tout ça a disparu. Dans mon pays, il reste 400000 agriculteurs. Ils étaient 7 millions à la libération.
Il y a un nombre maintenant résiduel de commerçants et les artisans sont encore moins nombreux. Il y a donc une immense catégorie sociale qui a en commun un fait qui n'a pas été observé, ni regardé, ni compris, ni analysé, c'est que la vie sociale est devenue primo une vie urbaine. C'est en fait nouveau.
Depuis 2008, il y a plus de gens qui vivent en ville que de gens qui vivent à la campagne. Ce qui est une rupture avec des millénaires de vie de la société. Deuxièmement, il y a une population qui a doublé deux fois.
En tout cas, c'est le cas dans ma génération et je l'ai toujours dit, je ne vous souhaite pas la même chose parce que sinon ça veut dire vous serez 32000 32 milliards. Mais ça vous donne une idée de ce que ça veut dire deux fois doublé. Donc une population infiniment plus nombreuse, concentrée dans les villes et où tout le monde dépend pour la reproduction la production et la reproduction de sa vie matérielle. des réseaux collectifs.
Aucun d'entre vous n'a un poulailler à la maison. Aucun d'entre vous ne produit ses patate lui-même. Aucun d'entre vous ne produit l'eau par une source qu'il aurait sur son palier.
Vous dépendez donc pour tout l'effet essentiel de votre existence des réseaux du collectif. Dès lors, la nature de la propriété de ces réseaux modifie la relation que vous avez avec eux. Mais fondamentalement, ça reste une relation qui est au fond à ses voisines de ce qu'on poé à propos de la du conflit de classe salarié employeur.
Pourquoi Marx décrit bien le processus de l'aliénation, dépossession de soi dans le travail exploité par le capitalisme. Vous si vous avez soif, votre soif c'est vous, c'est vous-même. C'est l'affirmation de vous en tant que corps.
Et la pensée, comme vous le savez, ne sera jamais moins que le corps pensant, même si elle est toujours plus que le corps pensant. Vous êtes donc d'abord une réalité matérielle qui pour être reproduite a besoin que certaines conditions soient réunies. Et bien, imaginez-vous que vous avez soif. 2 % de manque d'eau, vous avez soif, 10 % vous commencez à délirer. 12 % vous êtes morts.
Ouvrez le robinet, il n'y a pas d'eau qui coule. Est-ce que vous n'êtes pas privé de vous-même ? Est-ce que vous n'êtes pasé ?
Et bien, tout dépend de savoir si vous avez payé la facture d'eau ou pas. Et qui vous fait payer la facture d'eau ? Dans quel rapport vous êtes dans un rapport de domination et dans un rapport d'accumulation.
Au 21e siècle, nous ne pouvons plus apprécier le processus d'accumulation capitaliste autrement que comme un processus. Ce n'est pas une chose qui a lieu à un endroit. Aujourd'hui, on se retrouve très nombreux d'écoles marxistes et de matérialisme historique à considérer que le capital est en processus.
Vous le retrouvez dans toutes sortes de catégories de pensées. Par exemple, dans la géographie critique où on ne cesse de vous expliquer qu'on ne peut rien comprendre à l'accumulation capitaliste si on ne comprend pas que c'est un processus. Regardez, vous allez acheter une voiture.
Si vous achetez la voiture, ça devient une voiture. Mais si vous ne l'achetez pas et si personne ne l'achète, c'est une ferraille. et il n'y aura aucune exploitation qui aura été réalisée puisque la plusvalue n'aura pas été réalisée.
Autrement dit, nous devons considérer la totalité de la circulation pour comprendre la nature du capitalisme de notre époque et pour comprendre la place de ce que j'appelle le peuple, c'est tous ceux qui sont mis dans la dépendance directe des réseaux du collectif. J'achève en vous disant que la partition que nous que nous mettons en scène, que je mets en scène, mais il y a d'autres que moi qui le font aujourd'hui à leur tour, c'est peuple oligarchie. l'un exploite l'autre et l'un a besoin de l'autre pour réaliser la plusvalue.
Voilà, peuple oligarchie prend la suite de bourgeois prolétaire qui lui-même a pris la suite de Serf seigneur qui lui-même a pris la suite de esclave maître des esclaves. C'est donc une nouvelle partition fondée sur une analyse du capitalisme de notre époque avec la méthode du marxisme. Voilà pourquoi c'est un nouvel acteur car tous ses comportements vont être modifiés.
L'homo urbanus n'est pas l'homo homme ou femme de du 19e siècle ni même du 20e siècle. Quand moi je suis né il y a longtemps, c'était au milieu du siècle précédent. Vous savez que dans les anglo-saxons disent before present, c'est avant 1950.
Depuis cette période, nous sommes devenus d'autres êtres humains. Depuis 2008, j'ai dit nous sommes urbains. Depuis 2009, vous avez tous des smartphones.
Mais c'est un fait absolument nouveau. Sur 8 milliards d'êtres humains, 5 milliards sont reliés entre eux. Mais c'est un changement fondamental de l'identité humaine.
Tu vois, c'est ça qui est important à comprendre. C'est à la fois des conditions nouvelles de la réalisation de l'exploitation capitaliste et deuxièmement une nouvelle condition anthropologique. Vous n'êtes pas les mêmes individus que vos parents ou vos grands-parents.
Ce foin se voit particulièrement sur le statut des femmes. Si je prends la société française, c'est seulement la deuxè génération de femmes. La 3è génération maintenant, c'est l'âge de ma petite fille.
La 3è génération qui maîtrise sa sa fécondité par les la contraception. Et c'est seulement la 2e génération depuis le droit à l'interruption volontaire de grossesse. Ceci modifie radicalement la condition de la moitié de l'humanité parce qu'une aptitude biologique cesse d'être un destin social.
Ces modifications fondamentales modifient les conditions de la pensée révolutionnaire. La pensée est très importante. D'abord pour qu'il faut de la théorie sinon l'action est confuse comme dit Kent hein.
Si vous avez pas de théorie claire, il y a pas d'action claire et puis si vous avez une action sans théorie bah elle est aveugle. Donc, il est important d'avoir des idées claires, mais c'est un concept marxiste. Je vais terminer là-dessus sur le concept marxiste.
Marx lui-même dit "La classe ouvrière est révolutionnaire ou elle n'est rien. Comment le fondateur de la pensée matérialiste peut-il mettre sur le même plan un rapport social réel et une idée à propos de ce rapport social ?" Et bien tout simplement parce que Marx avant ces mauvais catéchistes contemporains avait compris que l'être humain est un être social, c'est-à-dire un être culturel car il n'existe aucune relation sociale humaine qui ne soit en même temps une relation culturelle, notre manière de nous comporter, nos relations jusque dans les évidences naturelles les plus simples.
Par exemple, le rôle du père de famille, le patriarche. Bon et ben ici en Italie, le patriarche romain avait droit de vie et de mort sur sa femme et ses enfants. Or aujourd'hui, on pense que la famille est une structure naturelle.
Non, c'est une structure sociale et c'est une structure culturellement déterminée. C'est ça que veut dire le concept de peuple. Ah, je vous ai presque convaincu.
Non, non, non, non, non. Je ne veux pas vous arrêter mais je ne voudrais pas non plus que tu ne parles de tout le livre en répondant à une à la première question. Donc il est important de préciser ce concept de peuple parce que aujourd'hui nous assistons euh nous avons nous voyons des autocrates euh par exemple Donald Trump fait allusion toujours au peuple quand il doit mettre dans le coin les autres pouvoirs, le pouvoir judiciaire génétique.
Il dit à chaque fois je suis élu par le peuple et on a des déclarations de ce cette nature en Italie. Je ne sais pas si tu es informé mais par exemple pour prendre l'une des révolutions dont tu parles dans le livre sans faire la liste de toutes les révolutions, dans ton dans le livre, tu fais l'éloge de la bataille des gilets jaunes que nous avons connu aussi de loin en défendant surtout la bataille contre la diabolisation qui en a été faite àquelle a participé non seulement la droite parfois mais aussi une partie de la gauche. Et pourtant ce mouvement est un cas où les contradictions sont ont émergé.
Par exemple, les contradictions entre ceux qui sont engagés pour des raisons précises contre le changement climatique, la crise climatique et les raisons de ceux qui voulaient tout simplement payer moins cher le carburant. des contradictions qui ont été négligées. Par exemple, toi tu écris dans le livre par exemple qu'il a été bien pour ce la part du du mouvement de ne pas tomber comme si c'était une entrave de l'élite de discuter de la question des migrants des migration définies comme une question euh divisive euh qui divise.
Quand j'ai lu ce passage, je avoue, je me suis inquiétée. Mais le livre termine sur une proposition très avancée, celle de la créolisation de la société. Et je voudrais te donner l'occasion, si on a le temps pour une autre question après de nous raconter de cela de nous raconter de la créolisation, de quoi il s'agit.
Bon, je vais te répondre mais tu n'es pas un innocent et moi non plus. Par conséquent, si dans ta question il y a des choses qui sont des affirmations de thèse, ne compte pas sur moi pour ne pas m'en rendre compte. Je vais te donner un exemple.
Tu viens de parler des gilets jaunes. Premièrement, je ne fais jamais les loges d'aucun. Pourquoi ?
Parce que le processus révolutionnaire que contient le mouvement gilets jaune mais qui ne va pas aboutir, il est lui-même un processus. À chaque étape, la conscience collective progresse primo. Donc quand ils ont décidé, pas moi, eux sur les ronds-points, ils ont décidé, on va pas parler des migrants parce que sinon on va se disputer.
Et si on se dispute, on ne va pas pouvoir affronter le pouvoir politique sur la question qui nous intéresse, le prix du carburant. Donc, j'estime que c'est de la sagesse de leur part et ce n'est pas moi qui viendrai sur le rond-point dire "Oui, mais toi là, tu fais le mouvement mais est-ce que tu as des idées claires sur le racisme ?" Parce que c'est absurde.
Ce n'était pas le sujet. Nous regroupons par le programme, par les mots d'ordre. C'est la raison d'ailleurs pour laquelle le mouvement insoumis n'a pas de doctrine.
Il a un programme et c'est au programme qu'on adhère. Première chose. Deuxième chose, il n'y a pas de contradiction.
Et il faut faire attention à la mentalité petite bourgeoise qui est toujours av de bonnes réputations et qui voudrait que les révolution soit pure porté par des êtres purs qui ont tout de suite des idées révolutionnaires extrêmement affirmées. Non, il faut franchir toutes les étapes. Sinon, au lieu d'être l'outil de la progression révolutionnaire, on devient contre révolutionnaire.
Toi, tu n'es pas clair sur le racisme, va-ten. Toi, tu ne veux pas, tu n'es pas clair sur l'écologie, va-ten. Toi, toi, toi, toi, toi.
Et à la fin quoi ? Il reste une conception que je connais historiquement, c'est l'avant-gardisme révolutionnaire. L'avant-garde porte la conscience et elle l'injecte dans le peuple.
C'est le contraire de l'idée que nous nous portons. J'admets la différence de points de vue. Nous ne sommes pas une avant-garde révolutionnaire.
Nous sommes un mouvement d'éducation populaire qui transfère, aide le mouvement populaire réel à aller à ses objectifs. Vous voulez, camarades faire baisser le prix de des carburants et vous vous demandez comment faire. Alors il se pose la question, il bloque des routes.
Quelqu'un dit "Ah mais ça va pas, c'est illégal de bloquer la route ?" Alors les gens répondent "Mais on s'en fout, c'est nous qui décidons. Ça ça s'appelle le double pouvoir." Et ainsi la révolution citoyenne passe de le moment où le peuple s'affirme et d'ailleurs il s'affirme comme sujet politique en faisant des assemblées de rond-point.
Ensuite après avoir dit "C'est nous le peuple, il sortent le drapeau français ou le drapeau libanais ou le drapeau italien" mais pas par nationalisme pour dire le pays c'est nous, c'est pas vous. Deuxième étape, le dégagisme. C'estàdire mais qu'est-ce que tu fais encore là toi ?
Tu sais rien faire ? Tu nous as mis dans la dans la mouise, dans la dans la pagaille et tu viens encore nous dire ce qu'il faut faire. Va-ten.
Et la dernière période, c'est la période constituante. Non, on va plus faire comme ça, on va faire autrement. La révolution citoyenne est un processus et notre rôle est de l'accompagner.
Les gens ont le droit et le devoir de ne pas accepter qu'on leur fasse payer plus cher le carburant quand ils habitent dans des endroits où ils ne peuvent rien faire sans se déplacer, sans faire des dizaines de kilomètres. Et si vous venez en tant que petit bourgeois de la ville dire aux gens écoutez-vous, vous n'avez qu'à parouler comme ça vous n'allez pas polluer, d'accord ? Il faut pas manger non plus parce que et cetera et cetera.
Donc vous voyez pourquoi j'aiins ? C'est pas pour faire durer l'entretien, c'est parce que la précision conceptuelle est absolument fondamentale pour définir les tactiques qu'on met en œuvre. Voilà pourquoi vous n'avez pas compris le mouvement de BP Griot quand il a commencé.
Et ce n'est pas faute d'en avoir parlé avec plus d'un d'entre vous. Vous n'avez pas assumé par purisme la confusion que Chari, le dégagisme que portait BP Griot. Du coup, vous vous êtes mis en retrait, vous avez donné des leçons à tout le monde et le résultat, vous n'existez que lui existe.
Il faut s'insérer et aider. Je te le dis franchement, je pourrais enrober tout ça avec des beaux rubans, mais je ne le fais pas comme tu as été très franc avec moi, je le suis avec toi. La dernière question, c'est la question de la créolisation.
La politique, pardon de parler comme ça, c'est un art de réalisation. C'est comme la guerre. On connaît tous les arguments, les munitions qui va bon.
Donc c'est la manière de faire. Nous avons en face de nous des fascistes qui disent "Quelle horreur ! Les musulmans sont en train de tout envahir.
Ils vont remplacer la population de souche. Alors les Italiens comme les Français, la souche c'est compliqué. En tout cas, nous c'est très compliqué encore plus que vous hein.
Il y a pas de souche française, ça n'existe pas. Ça n'a pas arrêté de bouger. Dans notre pays jusqu'à la langue française est une invention politique.
Personne ne parlait français. C'est un roi qui a décidé que on parlerait cette langue-là. Et vous savez pourquoi ?
Pas parce qu'il l'aimait. C'était juste pour que ça soit lui qui puisse décider quand il y avait une controverse qui avait raison vu que lui parlait français et pas les autres. Et sinon, c'était le latin.
Donc nous sommes entièrement un peuple fait de mélange. La créolisation est un mot qui a été inventé par les populations des Antilles françaises, c'est-à-dire des gens qui étaient des esclaves qu'on avait ramassé partout en Afrique. Quand ils arrivaient, ils parlaient même pas la même langue entre eux, même pas.
Donc ils se comprenaient pas l'un l'autre. Ils ont inventé une langue pour rester des êtres humains, c'est-à-dire pour accomplir la fonction fondamentale d'un être humain, le lien social, je te parle, tu me réponds et cetera. Le créole est une invention et c'est à partir de cette idée l'humanité se réalise dans l'échange et elle invente que nous avons observé la réalité contemporaine en disant et bien la créolisation est un processus permanent.
Alors bon, si je voulais être très austère, je pourrais dire c'est un processus historique en telle année la non je fais pas comme ça comme militant politique. Je dis aux gens vous voulez savoir ce que c'est la créolisation ? Bon très bien.
Quel est le pal préféré des Français ? Le couscous. Tout le monde rigole.
Qui est-ce qui mange le plus de pizzas de toute l'Europe ? Les Italiens ? Non, les Français.
Alors tout le monde dit "Ah, ça c'est vrai !" Et ben voilà, vous avez compris. La créolisation, c'est un phénomène culturel, culinaire, linguistique.
Et puis en France, en 1950, un français sur 10 avait un grand-parent étranger, aujourd'hui un sur qu donc nous ne partons pas dans les grands bien sûr, on sort les grandes idées, hein, dans la bataille contre le racisme, mais on dit "Écoutez, nous là, vous êtes en train de parler de qui là ? Vous les fascistes, vous parlez de qui ? De nos petits enfants ?
Vous parlez de leur oncle, vous parlez de leur tante, vous parlez de leur grand-père. C'est à eux que vous parlez comme ça ? Parce que nous c'est nos gosses.
Donc on vous permet pas de parler comme ça. Nos gosses il remplacent personne. Ou plus exactement comme toutes les générations, nos gosses remplacent ceux qui sont en place.
Le grand remplacement est un phénomène permanent. Il ne faut donc pas reculer en faisant de la morale. C'est l'inverse.
Il faut avancer en leur disant "Mais qui tu es toi pour parler comme ça ? Qu'est-ce que tu as contre mon grand-père ?" Et toi là, combien il y en a dans cette salle pour voir qui ont un grand-père étranger.
Levez la main que je vois. Un grand-père, c'est tout d'accord. Et ben, ça fait pas beaucoup.
Vous êtes moins créolisé qu'en France. Alors, quand nous allons Je te termine là-dessus. Voilà ce que nous Bah oui, on est plein d'Italiens.
Moi-même, j'ai des ancêtres siciliens. Alors, tu vois et bien nous, quand on fait des réunions publiques qu'on va dans les quartiers populaires, alors on dit "Ah, les quartiers populaires c'est plein de musulmans, forcément c'est vous qui les avez mis là." Mais eux, ils ont rien demandé.
Ils ont pas demandé à être là. Si vous les mettez ailleurs, il sera ailleurs. D'accord.
Mais quand on y va, on fait la réunion, il y a plein de gens, on dit "Eh, les fascistes, ils disent ici, on est chez nous." Alors nous, qui est-ce qui a un grand-père étranger ? Tout le monde lève la main et les gens sont contents. "Ah, on est nombreux.
Oh, on est fort. Ce pays est à nous, non ?" Oui, oui, oui.
Alors, allez, on va tous crier. On est chez nous, on est chez nous comme les fascistes. Mais sauf que nous, on parle de notre pays et que dans la foule des gens qu'il y a là, et bien c'est des gens qui ont toujours été humiliés par les autres et pour une fois ils ne le sont pas.
Là, je sais plus s'il marche ou marche pas, il y a que moi qui parle. Alors, donc ça y est, je te rends la parole. Non, non, non.
Donc sur la créolisation, on est à profite. La la créolisation c'est le processus humain de réalisation de l'universalité de la condition humaine. Si bien que nous autres, la gauche, on a toujours tracé cette idée d'une humanité universelle, mais c'était très abstrait.
On ne sait pas quoi dire avec la vie de tous les jours où les gens sont mélangés. La créolisation répond à cette question. C'est l'universalisation concrète de la vie des êtres humains.
Voilà pourquoi à chaque fois nous devons être plus forts que les fascistes qui eux semblent se réclamer d'une évidence. L'évidence c'est nous. Le délire idéologique c'est eux.
As-tu m'applaudir ? Ben si, cert. Bah bien entendu, tu as donné une très belle réponse. [Musique] Non, je aimerais te donner la l'occasion d'expliquer en changeant de sujet ta proposition de réforme constitutionnelle de la 5e République.
C'est quelque chose qui m'intéresse beaucoup avec tout le public. Je m'apprête à t'écouter. Tu mets l'accent sur l'exigence d'en finir avec cette monarchie euh de présidentiel de disons des élections présidentielles françaises.
Vous tu te réfères à Macron mais ça va au-delà de Macron. Tu insistes énormément sur l'exigence de ramener la centralité de l'Assemblée nationale dans d'une loi proportionnelle. Euh ce qui est vrai parce que la gauche soit elle est proportionnelle, proportionnaliste ou elle n'est pas et nous sommes d'accord là-dessus.
Mais l'été dernier, après les élections législatives, tu as insisté avec la force dont tu es capable sur le fait que le Nouveau Front populaire, l'alliance que vous le rassemblement que vous avez créé a gagné les élections. Tu as dit on a gagné les élections. Macron ne respecte pas le résultat des élections.
Le nouveau franc populaire a pris 28 % prier tour et au deuxè tour des élections, il a eu le plus grand nombre des députés mais pas suffisant pour avoir la majorité et donc il fallait faire des alliances dans le respect du principe du parlementarisme de de proportionnalité de la proportionnalité il fallait faire des alliances mais vous avez dit notre programme on le touche pas on l'applique intégralement ce qui vous empêchait de faire des alliances. Il me semble qu'il y a là une contradiction mais tu vas l'éclairer certainement. Je te laisse la parole.
Merci. Bon, d'abord nous sommes proportionalistes. Toi aussi, bah nous participons aux élections comme elles ont lieu dans notre pays.
Personnellement, je suis anticapitaliste, mais je vais tous les jours au supermarché et j'achète ce qu'on me vend là, qui est plein de pesticides et de cochonnerie, toutes sortes et ensuite je permets de réaliser l'accumulation capitaliste en achetant. Nous vivons dans le monde dans lequel on est. Donc, ils ont posé une règle du jeu.
Nous gagnons, nous faisons 28 %, nous sommes en tête. Nous pensons que notre pays est une démocratie. Dans tous les pays du monde, le président ou la personne qui a ce rôle demande à la coalition majoritaire de former un gouvernement.
Tout le monde fait ça. Je veux dire, le parti de droite allemand n'a pas fait 28 %. Pourtant, c'est lui qui compose la coalition.
Alors, première question, est-ce que nous avons le droit de réclamer le gouvernement ? Oui ou non ? Oui.
Et si on nous le refuse, dans quelle situation sommes-nous ? Nous sommes dans une situation d'un coup de force. Ça s'appelle un coup de force.
Ce n'est pas moi qu'on appelle à être premier ministre. D'abord parce que les socialistes ont fiché une telle pagaille que c'était devenu impossible. Mais ce n'est pas le nouveau Front populaire et il choisit le parti qui a fait le moins de voix.
Pardon. On est quand même en droit de dire que ce n'est pas une situation normale. Et donc nous nous sommes immédiatement donnés pour objectif de faire tomber tous les gouvernements qui seraient nommés par ce président dans ces conditions.
Ça c'est la ligne stratégique et nous y sommes parvenus puisque nous avons fait tomber le premier gouvernement. C'est la première fois qu'un gouvernement tombe sous les coupts de la gauche radicale sans qu'on y tiré un coup de fusil ni un mre de barricade. C'est pas mal non ?
Bon, première chose. Deuxième chose, on me dit "Ah mais vous devez faire des alliances, pardon ?" Avec qui ?
Dites-nous avec qui pour qu'on comprenne. Nous sommes déjà toute la gauche. Qu'est-ce qu'on me demande de faire ? "De m'allier avec le centre ?" Ah ben non, ce sont les macronistes, ils ont perdu les élections.
Je dois donc me tourner vers eux et dire "Qu'est-ce que vous voulez bien qu'on garde de mon programme ?" Ils vont me répondre "Rien, évidemment." Et quand ils me diront et du vote, moi je dirai rien non plus.
Nous avons été élus sur un programme. La France, comme tous les pays démocratiques de l'Europe, crèvent de la trahison des élus. Ils proposent une chose et ensuite ils en font une autre.
La masse des gens et plus les gens sont de conditions populaires, tu vois, plus la vie est dure pour soi-même, moins tu as le temps de réfléchir à quoi faire, comment. Tu te dis "Ah, tout ça, c'est tous les mêmes. Tous, ils sont tous les mêmes.
Tout ce qui les intéresse, c'est d'avoir les bonnes places. Alors nous nous avons répondu alors qui ça allait être les macronistes ? Non, tu enlèves les macronis, qu'est-ce qui reste ?
La droite qu'on a battu à plat de couture et après l'extrême droite. Avec qui voulez-vous que je m'alie ? Avec qui ?
Ce n'est pas vrai. D'ailleurs, eux-mêmes n'avaient pas, ils ont tous dit "Mais l'enchon est trop sectaire, pardon, mais il est pas sectaire, il demande qu'on applique le programme." Alors, on m'a dit "Mais tu es trop dur, il ne faut pas dire tout le programme rien que le programme." "Alors je dis quoi ?" "Une partie du programme, celle que vous voudrez." Non, ce n'est pas possible.
Que faut-il faire ? Vous venez avec le programme devant l'assemblée et morceau par morceau, on propose au vote. Voilà, ça c'est la démocratie.
Vous n'en voulez pas, on est battu, vous en voulez. Ça s'applique. Et regarde bien ce qui s'est passé pendant le dernier budget.
Nous les insoumis, nous avons fait des dizaines de propositions. Et parmi ces dizaines de propositions, plein sont passés, ont été adoptés parce que tantôt c'était en bout de la droite qui votait avec nous. Tantôt c'était des centristes tantôt enfin bref ça passé quoi l'impôt sur la fortune l'augmentation des salaires, la manière de faire contribuer les plus riches et cetera.
Donc nous avons fait la preuve que on pouvait gagner, l'emporter, faire avancer des idées à condition de les défendre. Et tous ceux qui nous sont sautés dessus pour nous dire "Vous de arrêter ce sectarisme, c'est terrible, vous devez faire des compromis." Mais nous avons fait des compromis, nous avons présenté des amendements, certains ont été battus, d'autres ont été admis.
Et regardez bien, si la partie du budget que nous avons fait adopter avec la contribution des plus riches pour essayer de leur faire enfin payer quelque chose dans notre pays avait été appliqué et bien le budget de l'État serait revenu en dessous des 3 % qui sont exigés par l'Europe. Mais les macronistes, la droite et les fascistes eux faire payer les riches jamais. Donc ils ont préféré nous pousser à bout.
Ils ont préféré un vote qui leur a fait perdre le gouvernement plutôt que de céder sur l'idée que les plus riches devaient payer. Par conséquent, ceux qui me racontent qu'un compromis est possible ne peuvent ou bien bon sont des naïfs, on leur pardonne, ou bien sont des complices de l'adversaire. Nous ne céderons jamais.
Et nous préférons le dire parce queà la prochaine élection, nous dirons si vous voulez que notre programme s'applique en dépit du fait que les fascistes n'en veulent pas, la droite n'en veut pas, le centre n'en veut pas, le Parti socialiste n'en veut pas, les verts ne savent pas, les communistes n'en veulent pas, et bien il faut nous donner une majorité à nous. Et collectivement la conscience populaire progresse. Mais pourquoi ?
Dire aussi les choses comme elles sont. C'est parce que la dernière fois nous avons fait 22 % et que nos adversaires ont une peur bleue de nous. et qui sont obligés pour contenir ce que nous représentons de déployer une foule, que dis-je, une marée de sarcasme, de mensonges, de saloperie sur notre compte qui nous flétrissent, qui viennent jusque dans notre vie privée pour essayer de nous abattre avec des soi-disants journalistes de centre-gauche qui sont en réalité des supposs du fascisme.
Parce que qu'est-ce que ça peut bien vouloir dire quand le fascisme est en pleine et sort de venir faire la chasse d'abord à la première organisation de gauche ? Ça s'appelle être complice avec l'ennemi. Le reste flauta, ça n'a pas de sens.
Donc il faut tenir bon et ne pas lâcher. Pour moi, l'essentiel était convaincre la masse des gens que nous ne mentons pas, que nous ferons ce pourquoi ils nous ont élus. C'est fondamental.
Tu perds une fois, mais la fois d'après les gens disent "Ah, celui-là, il s'intéresse plus à ses idées qu'à son poste." Même âge me sert d'argument. J'ai 73 ans, vous croyez que je suis en train de faire une carrière mais ma vie est faite.
Mais vous avez vu quelle belle équipe nous avons constitué en France. Vous avez vu le nombre de femmes qui dirigent les grands secteurs du mouvement insoumis. Vous avez vu le nombre de personnes racisées qui ont été élus sur les contingents de la France insoumise.
Pour nous, c'est une fierté. Nous nous sentons comme le vrai peuple français. Le peuple français, il nous ressemble à nous, pas tous ces petits bourgeois ont pilé sur les bans des autres ou des grands bourgeois d'ailleurs.
Voilà pourquoi la question de la constituante pour venir à la fin de ta question parce qu'il y en avait plusieurs avant. La stratégie de la constituante est une stratégie révolutionnaire. Pourquoi ?
Parce que ça passe par les urnes, par la démocratie. Nous ne croyons à rien d'autre qu'à une victoire démocratique. J'appartiens à une génération qui a cru à la guerria urbaine et à toutes sortes de folies.
Vous autres les Italiens aussi, vous avez été assez doués pour ça. On a partagé toutes ces choses-là, on les croyait. La preuve a été faite que ça ne nous mène nulle part.
Par conséquent, il faut revenir à la phrase initiale du marxisme. L'émancipation des travailleurs sera l'œuvre des travailleurs eux-mêmes. L'émancipation du peuple sera l'œuvre du peuple lui-même.
La démocratie est une grande conquête. Ce n'est pas une concession que nous faisons à la bourgeoisie en attendant je ne sais quelle dictature. Non, c'est un bien précieux.
Quand nous sommes libres et démocratiques, nous pouvons nous défendre. Quand il y a plus de démocratie, tous nos chefs sont morts et les autres sont obligés de subir sans parler. La question de la constituante, même vous les Italiens, je sais que souvent mes camarades me disent "Attends, chez nous ça marche pas.
La constitution est très bien. On l'a mis en place à la libération, c'est une constitution antifasciste, faut pas y toucher, au contraire, faut la défendre." Je comprends ce qu'ils me disent, je comprends.
Mais je pense que vous vous trompez. Je vous le dis, je vous le dis fraternellement, il faut que le peuple lui-même fixe sa Constitution parce que quand il fixe sa Constitution, il autodéfinit qui il est, quels sont ses droits. Alors, je sais bien, il y a des fois c'est devenu délirant au Chili, ils ils ont fait une nouvelle constitution, 570 articles.
Bon c'est pas sérieux quoi de faire ça. Alors, le président aurait dû s'emmêler au lieu de rester caché dans son palais et pas vouloir s'emmêler pour pas avoir de problèmes avec la population. C'est absurde.
Et une constitution, une constituante, c'est un processus vivant avec des gens qui viennent avec un peuple qui parle. Par exemple, la Constitution en Équateur, la nouvelle constitution qu'ils avaient voté à l'époque. Les gens venaient de toutes les tribus, des Indiens, de la montagne, des paysans, des gens des villes.
Ils venaient en cortège avec des papiers, des choses pour dire "Ah, nous voulons c, nous voulons là." Et le peuple est pareil euh au Venezuela sous l'autorité de Hugo Chavez. Bon, nous il y a il y avait cette fermentation, il faut que ça bouge.
Nos camarades brésiliens ont fait une erreur en refusant le processus constituant au moment où il était demandé par le peuple lui-même. C'était vous rappelez peut-être la coupe du monde de foot, je crois. Les gens disaient quoi ?
Les Brésiliens ne sont pas contents alors qu'ils ont le foot. Qu'est-ce qu'il demande ? Des métros, des hôpitaux, des écoles ?
Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Il n'aime plus le foot. Que se passe-t-il ?
Les concepts europé centrés et méprisants s'appliquaient à mort. Mais c'était une lutte politique. Il fallait attraper ça aux cheveux et dire "Oui, oui, on est d'accord avec rien.
Donc on va faire la une constituante." Et s'il changeait la constitution, alors le pouvoir de gauche présidentiel ne dépendrait plus d'une assemblée de droite parce que là-bas, il est quasiment impossible d'arriver à trouver une majorité vu comment est faite la Constitution. Si je vous donne cet exemple, c'est pour vous montrer que je ne suis pas en train de vous parler d'un problème français.
Nous avons mis au point une stratégie révolutionnaire. On en pense qu'on en veut, qui passe par les élections et la constituante en tant que le peuple s'autoproduit politiquement. Alors en France, ça tombe spécialement bien.
L'actuelle constitution a été inventée par le général de Gaulle à un moment où il était impossible d'arriver pour lui à maîtriser la société et où on était en train d'accepter l'indépendance de l'Algérie, c'est-à-dire le retrait de 13 départements français. C'était donc un événement immense et donc il a fait le choix d'institution où le pouvoir central est très fort. Tu m'as demandé, tu m'as dit "Oui mais qu'est-ce qu'on fait ?
Tous les autocrates disent qu'il se réclament du peuple. Bon, tout à l'heure, tu m'as dit ça. Bah, je l'entends.
C'est pourquoi nous nous plaçons au-dessus de la Constitution et donc de la souveraineté du peuple la déclaration des droits de l'homme et du citoyen, c'est-à-dire de l'être humain. Oui, il y a une loi supérieure, en effet, les droits les droits de l'être humain et ensuite les constitutions s'inscrivent là-dedans. Par conséquent, tu as raison de dire qu'il faut faire très attention à ce qu'on appelle l'état de droit, la séparation des pouvoirs et cetera.
Et en France, tout ça est remis en cause. Je j'achève sur le moment politique pour qu'on le comprenne bien. Que se passe-t-il ?
Pourquoi y a-t-il des fascismes partout ? Pourquoi y a-t-il un racisme pareil ? Parce que l'Union européenne qui est composée des anciens partis pays de l'Est et de l'ouest, les deux ont subi un choc gigantesque.
À l'est, la fin du communisme, du communisme d'État et à l'ouest, la fin des acquis sociaux de la libération sous les coûts dans les deux cas du néolibéralisme, c'est-à-dire de la marchandisation absolue de la société. Nos sociétés sont complètement déstabilisées. Il n'y a plus de classe sociale ascendante.
C'est la raison pour laquelle la droite, l'oligarchie a déployé une stratégie. Le fascisme ne tombe pas du ciel. Il ne sort pas non plus des cœurs.
C'est une stratégie. Des gens ont payé, organisé des parties, acheter des journaux, acheter des télés pour injecter autant qu'il pouvait l'idée que le problème c'est pas le financier, c'est l'immigré. Voilà ce qu'ils ont fait.
Et c'est naïf d'aller dire oui mais peut-être que celui-ci quand non la vie vous fait passer par des chemins. Vous ne savez pas quand vous êtes dans le command des mortels. Que faire ?
Que comprendre ? Qu'est-ce que je peux faire d'utile pour ma famille ? Pour mes enfants ?
Alors vous écoutez. Bon alors celui de gauche, je comprends rien ce qu'il dit. Alors j'écoute celui de droite.
Il dit "Ah ben oui, mais c'est la faute des immigrés, des noirs, des Arabes, du musulmans et cetera là." Ah non non, vous exagérez. Puis après, on a quand même c'est vrai que vous savez comment ça se passe tous se passe comme ça.
Mais le point de départ c'est que la gauche parle un vocabulaire incompréhensible. Pourquoi ? Parce qu'elle dit pareil que les autres.
Elle dit "Il faut que le capitalisme avance et alors nous ferons des prises davantage pour les travailleurs." Ça c'était vrai au 20e siècle. C'était vrai peut-être au 19e siècle.
Si vous étiez pas content du patron, vous alliez assiéger sa maison. Et alors maintenant, vous allez où ? Vous allez où ? de ces Black Rock qui est l'actionnaire de votre entreprise d'aller chercher qui où ça n'existe plus tout ça.
La dynamique du capitalisme ne peut avoir qu'un seul résultat, le sacage de l'écosystème et la ruine des peuples. Point final. Et pour maintenir un système aussi absurde que celui-là, ils n'ont qu'un moyen.
Vous divisez à mort sur votre religion, sur votre couleur de peau, sur le fait que vous êtes un homme ou une femme. Il leur faut absolument exploser cette masse qu'ils ont en face d'eux. Parce que le jour où elle fait un bloc, ils sont cuits.
Et vois-tu, tout à l'heure, tu as parlé du résultat des élections. Qu'est-ce qui s'est passé ? Des masse de gens sont allés voter dans des proportions jamais vues dans les quartiers populaires.
Pourquoi ? Parce que tout le monde avait une trouille que les fascistes arrivent et les seuls qui tenaient disaient clairement ceuxa, nous on les mettra en prison avant qu'ils aient le temps de nous y mettre. Je plaisante bien sûr.
Vous comprenez ce que je veux dire ? Et bien, c'était nous. H au moins tout le monde comprenait ce qu'on disait.
Et alors on dit on va les aider ceux-là. Ils ont peur de rien, ils ont peur de personne. Ça fait 17 mois qu'on nous tape dessus avec les arguments les plus pourris parce que nous défendons la lutte du peuple palestinien contre le génocide à Gaza.
Rien ne nous fera céder. Et ils ont vu pour la première fois de leur vie des gens qui cèdent pas. Alors, ils sont là.
Quelle horreur. Voilà, je sais qu'on est d'accord. Si oui, je voulais te dire qu'en Italie, c'est la droite qui veut changer la Constitution et elle veut la changer en faveur de l'élection présidentielle.
Chez nous, ça s'appelle donc premier ministre, c'est le premier Au. Mais la Constitution italienne et bien c'est une constitution très avancée qui n'est pas appliquée, qui n'est pas mise en œuvre. C'est quelque chose de qui ressemble à la révolution.
C'est ce qui a été le plus proche de la révolution. Après les révolutions, les peuples écrivent les constitutions. Mais tant qu'il n'y a pas de révolution en en garde de notre constitution en essayant de l'appliquer.
Il nous reste 3 minutes. Je voulais te demander cependant Jean-Luc, on fait cette hypothèse là. l'hypothèse que le prochain président de la République française en attendant la modification de la constitution française s'appelle Jean-Luc Mélenchon.
Comment imaginez-vous l'Europe ? Cette Europe qui a comme priorité celle de ce armé de se réarmé dans quelle direction devrait-elle aller par contre ? Alors bon, on va laisser de côté la question de savoir qui sera le candidat des insoumis puisque moi j'ai dit que je souhaitais être remplacé et nous avons une belle équipe dans laquelle euh bon je vais vous dire le secret, il y aura un conclave et dans le conclave, nous désignerons, nous proposerons un nom et ensuite les différentes organes du mouvement insoumis se prononceront. le groupe des élus, la masse des inscrits.
Bref, voilà comment nous allons faire. Voilà comment nous allons faire et nous serons de toute façon tous d'accord. Déjà, rassurez-vous sur un point, le problème ça sera pas moi.
Parce que il y a des partis où il y en a qui veulent être frénétiquement candidats. C'est pas mon cas. Moi, j'ai déjà fait trois fois comme tu l'as dit et j'en connais le prix.
J'en connais le prix. Merci, j'ai déjà payé. Alors bon, on met ça de côté.
On dirige la France. Qu'est-ce qu'on fait ? Premièrement, on ne va pas saccager un cadre politique qui existe de coopération pour dire "On veut plus vous voir, on va pas vous parler.
C'est vrai qu'il y en a qu'on aime pas, mais bon, c'est pas le sujet. On n'est pas là pour s'aimer dans l'Union européenne. Ça c'est une blague pour que les journalistes français me courent derrière après.
Qui c'est que vous n'aimez pas ? Bon, s'intéresse toujours aux choses essentielles, les journalistes français. Bien, il faut faire une autre offre.
D'abord, il y a un principe de base. Ce que le peuple français aura décidé, nous l'appliquerons. Si ce n'est pas conforme aux règles européennes, nous demanderons optaout comme avaient fait les anglais sur le code du travail.
Donc la volonté du peuple français est plus importante que toute autre chose. Primo c'est Gundo. Il faut faire des propositions aussi.
Nous pensons que le réarmement de l'Europe est une erreur. Nous savons parfaitement que ce n'est pas vrai que l'Europe est en train d'affirmer son indépendance blab blabla par rapport aux États-Unis. C'est faux.
C'est le contraire. L'Europe qui était à genou s'est mis maintenant à plat ventre devant monsieur Trump. Trump a dit "Vous allez payer 5 % de la richesse de votre pays pour participer à l'OTAN." Et aussitôt madame VER Layen a dit nous allons faire un budget de 850 milliards ça tombe pile poil 5 %.
Et que font tous les pays européens ? Ils vont en pleurnichant au pied du maître et ils lui disent "Non, non mais ne vous fâchez pas, vous avez déjà trois bases au Groenland", disent les Danois. Vous en voulez une 4e, une 5e, une 6e sous l'eau, sur la terre, dans le ciel où vous voulez, monsieur Trump, nous sommes d'accord.
Que dit l'Union européenne ? qui protège contre l'invasion de l'Ukraine à juste titre par la Russie quand il s'agit de l'invasion par les USA, du Groenland ou du Canada. Rien.
Bouche fermée. L'anglais va voir Trump. À la sortie, les journalistes le prennent et lui disent "Alors, qu'est-ce que vous avez dit sur le Canada ?" Et l'autre, il répond "Ah, ça suffit.
Arrêtez de m'embêter. Vous voulez que je me fâche avec monsieur Trump ?" Le français il va ils sont là, ils s'enlèvent les deux Trump et Macron.
Hahah ! Quand est-ce que tu parles du Canada ? Jamais.
Quand est-ce que tu parles du Mexique ? Jamais. Il faut que ce soit moi qui aille au Canada pour dire les Français sont solidaires de l'indépendance du Canada et surtout du Québec puisque ils ont le bon goût de parler français comme nous.
Enfin à peu près. Vous voyez, c'est incroyable. Une chose pareille.
Qui c'est qui va au Mexique ? Moi et l'autre. Rien.
Pas un mot. Alors je suis devenu sans qu'on m rien demander l'autre voix de la France. Et ben ça s'est trouvé comme ça.
Qui va au Liban dire au Libanais on n'est pas d'accord pour que votre voisin vous envahisse ? Moi pas l'autre. Pourtant l'histoire de France est très liée au Liban.
C'est pour vous dire que l'indépendance de l'Europe c'est de la flû. Ça n'existe pas. Ce sont des menteurs.
Ils sont en train de s'armer, de s'équiper parce qu'ils ont en vu la prochaine guerre des Américains qui sur 235 ans d'existence en ont passé 220 à faire la guerre à quelqu'un, notamment à voler la moitié du territoire du voisin que sont les Mexicains. Les Américains sont en train de préparer la guerre avec la Chine. C'est leur seul ennemi.
C'est ça qu'il prépare. et ils sont tous en train de s'armer demain vite revenir sur les genoux de l'oncle Sam et pouvoir faire la guerre. Donc nous, on va déjà commencer par dire "Écoutez, il y a plus urgent, on est en train de perdre notre temps.
Qu'est-ce qu'on fait en Europe s'il y a des cyclones qui passent sur la façade méditerranée ?" Ah quoi ? Rien.
Ils savent pas. Ils n'y ont même pas pensé. Qu'est-ce qu'on fait contre les pesticides qui ont empoisonné toutes nos populations ?
Rien, on n'en parle pas. Qu'est-ce qu'on fait contre l'épidémie de diabète qui atteindra bientôt la moitié des habitants de mon pays ? Rien.
Et ainsi de suite. Les urgences sont les besoins humains, pas l'armement. Et ce n'est pas un point de vue seulement moral.
Je ne suis pas d'accord pour qu'on s'arme pour aller faire la guerre à la Chine. Avec la Chine, il faut discuter. Et on discute toujours avec les gens avec qui on a des difficultés parce que où on se dispute, où on discute, où on se dispute.
Mais la dispute de nos jours, c'est une dispute nucléaire. Et sans c'est pas possible pour nous. Vous vous avez 100 base des États-Unis d'Amérique, ça vous êtes certain vous êtes une cible.
Ça commence bien pour vous. Bon nous il en reste plus mais nous sommes aussi une cible. On parle des bases de l'OTAN.
Bon la 6e flotte elle a son quartier général en Italie. Vous pouvez me dire pourquoi ? Qui a besoin des bateaux de guerre américain ici ?
Pourquoi faire ? Pour affronter qui ? Dans quelle situation ?
Qu'est-ce que ça veut dire tout ça ? et on nous raconte que c'est la Russie qui va nous envahir. Il y a une personne sérieuse qui croit que la Russie va envahir la France pour lui voler la tour Effel.
On nous a déjà fait ça la dernière fois quand c'était les communistes qui étaient la frontière extérieure de l'Union européenne, c'était l'Allemagne. Et déjà on nous disait "Ah, les Russes vont venir, les Russes vont venir, ils sont jamais venus. Ils sont venus une fois, ils ont bien fait pour nous libérer à la fin de la 2e guerre mondiale." D'accord.
Oui, bah ils l'ont fait et il faut moi j'ai pas peur de le dire parce que ça fait pas ça fait pas assez décoratif. J'attends. Venez m'expliquer pourquoi ça compte pas les Russes. 21 millions de morts.
Et quand monsieur Trump fait ces phrases d'arrogant et d'ignorant qu'il est en disant que s'ils étaient pas venus, on parlerait japonais ou allemand, il ferait bien de se taire et d'essayer de servir du truc gris qu'il a sous les cheveux s'il a quelque chose dessous qui s'appelle un cerveau. Parce que la libération a été le fait de tous les peuples d'Europe qui se sont insurgés de l'intérieur et puis qui ont reçu l'aide de la victoire de Stalingrad. Bon, c'est une autre histoire, mais pour rester sur l'Europe, donc non au réarmement de l'Europe, ça n'a pas de sens, ça ne sert à rien.
Le budget qui est prévu pour se réarmer nous suffirait pour faire la transition écologique, en fait, la bifurcation écologique pour passer à 100 % de renouvelable. C'est du gâchi, c'est la dépense inutile et qui prépare la guerre aura la guerre, pas la paix. parce qu'à un moment donné, le matériel que vous avez accumulé, il faut s'en servir et ils s'en servent.
La guerre, l'économie de guerre est la réponse du capitalisme à sa propre panne. Entre 1960 et maintenant, la croissance a été divisée par de en Europe. Ce qui signifie que les capacités d'accumulation du capital ont été divisées par de ne confondez pas l'accumulation et la concentration de la richesse.
Il y a eu les deux processus en même temps. Ils ont compensé l'absence de possibilité d'accumuler du fait de la décroissance par la concentration. Certains sont devenus immensément riche et la masse de plus en plus pauvre.
En France, 5 personnes possèdent autant que 27 millions de Français. C'est la situation la plus divisée depuis la grande révolution. C'est pourquoi il faut qu'il y ait un grand changement dans notre pays qu'on appelle nous révolution.
Et pour terminer sur l'Europe, faut faire une autre offre. Qu'est-ce qu'on peut faire d'autre ? Nous refusons d'être alignés.
C'est-à-dire, qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut pas dire la neutralité. Ça veut dire que nous avons des principes politiques et qu'ils sont constants.
Qui que ce soit, nous jugeons d'après nos principes. Quand c'est les Russes, c'est pas bien d'envahir le voisin. Et quand c'est Netaniaou, c'est parfaitement supportable.
Voilà. Et donc passer non alignement et une politique alter mondialiste. Ça veut dire des coopérations avec tous les peuples du monde sans distinction sur les grands sujets, l'espace, la mer, le numérique et cetera.
Voilà comment je me représente ce que nous ferions et je suis certain que nous trouverions des alliés. Voyez-vous, on n' jamais proposé ça au peuple européen. Alors, comment peut-on dire d'avance ?
Ah mais ils voudront pas, qui voudra pas ? à droite comme d'habitude et ben il faudra trouver une autre gauche. Voilà, la vie doit être la plus forte et il faut faire confiance à l'existence et notamment aux plus jeunes générations qui elles en ont strictement rien à faire de nos histoires du passé et qui voient bien dans quel état on leur lègue le monde.
Par conséquent, ils ne peuvent faire que mieux. Inchallah. [Applaudissements] Merci.
Excuse-moi. Excuse-moi mais on me faisait des signes pour t'arrêter. Sinon, les Russes n'arrivent pas mais l'organisation.
Merci Jean-Luchan. Bienvenue en Italie. [Applaudissements]
Jean-Luc Mélenchon